vendredi 01/02, Sanseverino, Hawksley Workman, EMB, Sannois

Hawksley Workman a le vent en poupe ! Son récent passage au festival des Inrocks fut un beau succès, sa prestation à la Boule Noire une réussite tout aussi flamboyante, et tout le monde lui parle (à nous aussi) de sa présence à la une dans un certain Compact ! Il faut dire que la trombine du dandy habillé par JPG s'est étalé dans tous les recoins de France et avait de quoi attiré l'oeil ! La nouvelle tournée du bonhomme s'annonce bien au-delà de tous les espoirs esquissés et il semblerait que le satellite Workman n'ait toujours pas trouvé son orbite et continue sa course vers les étoiles… La date au Café de la Danse sera finalement un Bataclan et, à Sannois, en ce vendredi premier février, il semblerait que beaucoup plus de monde que prévu avait traversé le périphérique pour venir s'aventurer en Val d'Oise. Bien leur en a pris, car au-delà du remarquable concert offert par le Canadien, c'était aussi, pour certains, l'occasion de découvrir cette très belle salle, à la fois conviviale et techniquement irréprochable (très beau son !).

C'est Sanseverino et ses chansons swing rigolo-virevoltantes qui ouvre les hostilités. Le public ne connaît pas le répertoire, mais y plonge sans retenue, avec volupté, voire boulimie, tant la tension monte au fur et à mesure d'un set suffisamment long pour prendre la juste mesure de ce talent en devenir. Pour la séance de rattrapage, relire notre article paru dans COMPACT #16.
Arrive ensuite Hawksley, survolté comme à chacune de ses apparitions scéniques, capables d'enflammer n'importe quelles planches, même dans cette version assez minimaliste de ce qu'il peut faire sur scène (lui à la guitare, au chant, aux grimaces, etc. ; et un p'tit gars coincé derrière son clavier bontympan). Première surprise : les chansons continuent de parler d'elles-même, notre frontman de service n'ayant nul besoin d'accompagnants pour faire monter la pression. Mimiques, strip tease, petits bonds, Hawksley vit ses chansons autant qu'il les chante. Dans la salle, ce n'est que sourires (pour la plupart) et accompagnement au chant (pour ceux qui connaissent le mieux le répertoire). La prestation tient donc autant de la comédie musicale baroque que du concert rock, mais avec suffisamment de force et de sensualité pour que jamais ne soit dépassée la frontière séparant crédibilité flagrante et débilité latente. On vous avait prévenu qu'un grand Monsieur était en train d'éclore ; il a laissé, ce soir-là, quelques nouvelles écailles de sa coquille, sur la scène encore frétillante de l'EMB de Sannois.
Texte et photo : CG