SHORT MEMORY

La machine à remonter le temps s'emballe… MEK a perdu le nord plus que jamais, mais sa mémoire est intacte. Entre deux cartons, la Baule, ses archives et un faux col, il nous dépoussière une revue de presse comme au bon vieux temps.

Il y a... 17 ans !

Incroyable ! Alors que Rock & Folk, dans sa période la plus ouvertement variéto-commerciale, offre sa couverture à Renaud ("Born In France") et propose des papiers sur le Porno Rock ("Version Hard", on y revient, calmez-vous) et le Soviet Rock ("Le Look Coco", amusant), le Best du même mois (daté mars, sortie février) titre avec ceux qui, aujourd'hui même, en 2002, vont faire ou viennent de faire l'actualité de notre tout neuf millénaire !! Couv' : Sade, qui sort dans quelques jours un live et un DVD attendus par des millions de fans calmes et fidèles. Articles à l'intérieur : Indochine et New Order ! Autre titre :  "Élections : rockers à gauche ?". Reste à se demander si tout ceci, dix-sept ans plus tard, n'est pas plus la marque de notre indécrottable conservatisme, plus que l'envie profonde de soutenir, sur la durée, des artistes solides et qui méritent une loooooooongue carrière.

Morceaux choisis des réponses politiques des "rockers" (de l'époque) - élections législatives du 16 mars - entre les pages 40 et 44 de Best 212 (18ème année) : "Je vote contre la droite" (Kent, à l'époque encore Starshooter). "Je vote quelque part entre Rocard, Mourousi et Manitas De Plata" (Vincent Palmer, à l'époque encore Bijou). "Nous votons pour un gouvernement rock et nous espérons garder Jack Lang là où il est" (Indochine, à l'époque aventuriers). "Bordel de merde. Nous votons contre l'opposition actuelle. Le gouvernement à l'air d'enfiler des conneries comme des perles, mais c'est évident qu'il faut les soutenir contre ceux qui veulent la place. C'est évident et vive Badinter !" (Theo Hakola & Passion Fodder, à l'époque Orchestre Rouge). "Moi, comme à chaque fois, je vote pour Pompidou. C'est l'homme de la situation" (Antoine des Dogs, à l'époque connu et drôle).

Dans Rock & Folk, donc, à part un Renaud en grande forme qui déclare, à propos de Kate Bush qu'on lui fait écouter lors d'un blind test : "On dirait un tas de trucs mélangés. Ça aurait été la face B de Madonna que pour moi ça aurait été pareil", il y a aussi cet article putassier mais pas totalement inintéressant sur le "classé X" du rock du moment. Wasp (des hardeux grotesques), Vanity (l'une des première bombes dénichées par Little Sex Man), Frank Zappa (?) et Alice Cooper, un papier signé Philippe Blanchet, l'actuel directeur de la collection Librio Musique (on vous en apprend, des choses…). Mötley Crüe, AC/DC, Cindy Lauper (!) ou Prince, évidemment, sont les héros de cet article qui, gentiment, se moque des tendances "sex propre" des ados américains et, immédiatement alignées juste à côté, des références grossières aux Diables en tous genres. Satan, délivrez-nous de la presse à scandales !! MEK

IL y a... 19 ans !

Le début des années 80 est considéré par les "spécialistes" comme le commencement d'une certaine fin, après la mort définitive du punk et l'avènement de l'argent-roi (poncifs brevetés). Feuilletons, pour nous souvenir de quoi il en retournait réellement, deux numéros de ce qui était encore LA presse rock de l'époque : Best à ma gauche, Rock & Folk au centre.

Best tirait alors à 160 000 exemplaires (impossible aujourd'hui pour qui que ce soit, même en rêve) et proposait, en décembre 82, une couverture marronâtre pas belle avec Angus Young tout en bas et presque les deux tiers restants avec les noms des artistes articlés. Mais qui donc, alors ? Duran Duran ? Nena ? The Rolling Stones ??!! Point : Dire Straits, Deep Purple, Asia, Dexys Midnight Runners, Gogo's, Reggae : Jamaïque 82, La Souris Déglinguée, Blessed Virgins, Carte de Séjour (Rachid ! Déjà !!) et, of course, AC/DC. À la plume, cohabitaient, notamment, Hervé "prog" Picart, Patrick "drog" Eudeline (aujourd'hui R&F), Francis Dordor (Inrocks) et Sacha Reins (Elle). Grande Époque : Fin, mais encore Grande Époque quand même, Il y avait toujours : le poster double-face (Beatles/Pat Benatar, ça ne s'invente pas !!), la double-page du cultissime magasin d'imports Juke Box (Montparnasse) et la simple de New Rose, des pubs pour "Samson, le vrai tabac à rouler hollandais" et aussi pour tout plein de tee-shirts sur lesquels, vraiment classe, tu peux imprimer le motif que tu veux (Scorpions, Telephone, un squelette), les articles où y a (beaucoup) plus de texte que d'image, la rubrique hexagonale "le rock d'ici" (avec une photo de Laurence "libération" Romance avec Radio Romance, son groupe pop lillois), "In The City", la rubrique outre-Manche de Youri Lenquette, l'alors incontournable "Bestop" : les albums et singles favoris des lecteurs, "il y a dix ans" (tiens...) et la playlist d'un mec connu et... 19 chroniques de disques !

Et l'autre, alors ? Alors là, oui, certes, un certain virage "commercial" (qui lui sera d'ailleurs, rapidement, presque fatal) semble s'amorcer : Kim Wilde fait la couverture de Rock & Folk (février 83) !! Elle est absolument adorable, d'ailleurs, mais, mais... Autres titres : Dire Straits (re), Ozzy (ça doit être Osbourne, c'est pour "ceux qui savent"), Rainbow et Randy Newman. Ni rock, ni folk, alors ?!? (non, je sais, j'exagère). Dedans, y a plein de pages (50 de plus que Best) pour un franc de moins (Best est à 10 francs), la très belle et regrettée rubrique live "Vibrations" (avec, tiens donc, une grande photo d'Angus Young), 48 chroniques de disques (ah ! mieux !!), une chronique assassine d'un 45 tours de Kim Wilde par Michka "dictionnaire du rock" Assayas, les deux pages de "Erudit Rock" (des lecteurs impatients et incapables d'attendre l'arrivée du net recherchent des discographies rares et / ou exhaustives), les longues pages du long "Courrier des lecteurs" (où votre serviteur débuta, si l'on peut dire, en septembre 81, tout tout petit, donc), les denses et nombreuses pages d'encadrés de news, avec toujours une ou deux photos un-peu-de-cul-mais-pas-trop-quand-même, Laurent Chalumeau (plus tard les textes d'Antoine de Caunes sur C+), qui est celui qui signe l'article de couv', mais aussi la bédé de Serge Clerc et les articles-nouvelles de Philippe Garnier. Depuis, il s'appelle Manoeuvre, ce sont des éditos et on ne sait toujours pas à combien sa gazette tire...

IL Y A DEUX ANS : Novembre 99

La presse anglaise, d'abord !

Mojo, la revue plus spécialisée parallèle à la bible Q (mais toutes deux tenues par EMAP), revient sur Jimi Hendrix, pour un"Black Power Special !". Le titre de l'article, "Fighting Man", dit déjà beaucoup sur l'anglais qui gravit la colline britannique pour mieux redescendre la montagne américaine. 10 pages denses où se croisent les "black hippies", le "summer of love" des blancs et les hurlements de sa guitare évoquant, si souvent à l'époque et de façon unique et troublante, les cris et les pleurs de l'engagement US au Vietnam.

La Q, jamais en reste lorsqu'il s'agit de produire "la couv' impossible", offre à ses lecteurs internationaux une Shania Twain au ventre aussi plat et lisse que sa musique : "Confessions Of A Pop Diva". Plus en profondeur, l'interview de Joe Strummer par les lecteurs nourrit quelques perles comme : "Quand Andy Warhol est venu nous rencontrer (cette rencontre avec les Clash eu lieu au Studio 54, à New York, en 79), il venait me voir, moi, comme un mineur ("a coal miner") qu'ils auraient pris en stop sur l'autoroute en s'exclamant : Wouah ! Quel charmant sauvage ! Aucun dialogue ne fut possible et je me suis dit : qu'ils aillent se faire foutre, lui et son monde !"

Le Melody Maker, peu de mois avant de se faire phagocyter par le NME, annonce à ses lecteurs que dès la semaine suivante, l'hebdomadaire change de format, plus petit, plus fin et plus coloré. Cela achèvera en quelque sorte leurs souffrances et, en attendant cette piégée bonne nouvelle, c'est la tronche de Dave Grohl, pour les Foo Fighters, qui annonce, surexcité, l'imminente tournée du trio : "C'est trop sympa d'avoir envie de gerber avant chaque putain de show !"

Back to France !

Best, désormais dirigé par les frères Lamet, poursuit, pour encore quelques courts mois, sa mission rock à paillettes qui en fit sourire plus d'un. Couverture Texas et, reconnaissons-le, une belle série d'une vingtaine d'interviews grands-angles, dont celles de Sinclair, Red Hot Chili Peppers, Thiéfaine ou encore… Emmanuelle Béart (?!) : "J'avais un peu la trouille en acceptant cette interview parce que je connais votre journal. Les gens qui parlent de musique ne sont pas des néophytes, mais de vrais mélomanes. Et moi, non.".

Le numéro 7 de Music Up ! fut sans doute le plus osé, mais également l'un des plus passionnés. Alors que sur la couverture (sublime, ben oui, encore une fois !!) on nous annonce (avec raison) des articles forts sur Joe Strummer, David Bowie, Zebda, les Foo Fighters et Aston Villa, c'est Mel C, oui, la Sporty Spice, qui découvre son minois "punkie power" pour défendre un disque solo pop de bonne tenue et une série de concerts efficaces et pas si propres que ça. Au cours d'une rencontre londonienne posée et sincère, elle confit : "J'espère juste qu'avant d'ouvrir le feu, (les) esprits étroits me laisseront une petite chance de m'exprimer."

Rock Sound cogne fort avec Rage Against The Machine ("Pro Zach Nation", putain de titre, ça) et des papiers sur Bush, Burning Heads, Incubus ou encore Blink 182 ("Rage Tendre", pas mal non plus). Et puis, c'est vrai, deux posters géants de Korn et de Coal Chamber !

Sur trois semaines, les Inrockuptibles ouvrent sur The Clash ("comment quatre têtes brûlées ont dynamité les barrières du rock"), la comédienne Anna Thomson ("héroïne trash et glamour") et le réalisateur Michael Moore ("tout n'est pas à vendre : à la veille de Seattle, quelques portraits de résistants à la mondialisation"). Une gazette politique qui conserve, de façon toujours plus énigmatique (et injuste !) sa réputation de canard rock (moins de 20 pages consacrées à la musique - leur musique -  en moyenne, sur 80)

 

IL Y A… 4 ANS : Septembre 97

Couv' commune pour la Q et Rock & Folk ! Plus exactement, au plus fort de l'été (rappelons que datés du mois suivant, les magazines mensuels sortent en réalité le mois précédent, vous le saviez, ça…), c'est Oasis qui occupe l'essentiel de l'espace rédactionnel de la presse rock mondiale. Be Here Now, troisième album. Défoncés 25 heures sur 24, au bord du split, les deux frangins Gallagher étalent leur hargne d'humoristes cocaïno-houblonnée lors d'interviews fleuves. Noel : "Je n'aime pas le Japon. Ça pue, le Japon". Liam : "On écrit pour la scène, pas pour les connards de la radio". Dans la Q, le pertinent journaliste Phil Sutcliffe retrace sur 12 pages la saga de l'année et demie précédente, après la sortie du deuxième album : les concerts aux États-Unis, les mariages "secrets", l'île Moustique avec Johnny Depp et Kate Moss et le soutient à Tony Blair.

Musique Info fait une partie de sa une avec Joe Jackson, qui revient avec le surprenant (et magnifique !) Heaven and Hell. "Je veux simplement être moi-même plutôt que me plier à des conventions. (…) La musique que je fais aujourd'hui, je ne sais même pas exactement ce que c'est. Quel genre ? Quel style ? Et je ne veux pas le savoir", déclare le génial iconoclaste anglais.

Rock Style, qui était basé à Besançon, a malheureusement disparu peu après. Presque trois années, pourtant, de bons et loyaux services rendus aux groupes et aux musiques rock dont on parle moins, comme le rock progressif, notamment. En couv' de ce numéro de rentrée (daté octobre, donc, vous suivez toujours…) la nouvelle formule Genesis, avec Ray Wilson (ex-Stilskin) au chant. Qui d'autre aurait osé, franchement ?!

Best, enfin, fait honneur aux malins Silmarils : "Contrairement à Prodigy, Chemical Brothers ou même Ministry, on est un groupe qui incorpore des machines sur un tissu instrumental traditionnel. Eux font l'inverse", déclarent-ils à Daniel Stéveniers, alors que Claude Freilich livre une interview longue durée des trop rares Sparks. Christophe Goffette, lui, entre deux bouclages, rend visite à Little Bob, aux studios Davout, pendant l'enregistrement du majeur Blue Stories, aux cotés des guitaristes Serge Teyssot-Gay, Olivier Durand et J.J. Holiday. Ah oui, et puis, toujours dans Best… un certain Sam Lowry signe la chronique du nouvel Oasis : "Que voulez-vous que nous rajoutions ? (…) Ceux qui adoraient adoreront encore plus, ceux que ça énervait râleront davantage (et) ceux qui veulent y entrevoir une baisse de régime pourront la déceler (…)" ! Sacré Chr… Sacré Sam !

Juillet 98

En couv' des Inrocks, ce qui allait devenir rapidement (jusqu'à aujourd'hui) l'une des modes les plus discutables de ces dernières années : le porno. Photo orange et floue, une fille dont la tête nous échappe se doigte. Trop fort, l'Art ! En vrac, des sommités culturelles comme Catherine Breillat (Romance), Marc Dorcel ou Coralie (la porn star co-réalisatrice de Baise-Moi) sont longuement interviewées. D'autres pages, toutes aussi bavardes, dissertent avec subtilité et, surtout, beaucoup d'intérêt, sur le "sexe sale", sado-maso, bruto-scato-dégradant. Trop fort, la merde et les bougies ! Enfin, histoire d'être sûr et certain de bien rentabiliser le numéro et, d'autre part, de renvoyer l'ascenseur aux proxos qui détruisent bien profondément la vie de 99% de ces filles si bandantes, une pleine page (la 27) fait la pub pour les répondeurs X dont, habituellement, on trouve surtout les coordonnées sur les palissades pourries qui closent les terrains très vagues.

Les autres journaux dits "de musique" parlent, vous allez être surpris, de musique, eux !! Hard & Heavy sort un hors-série sanglant sur le black métal (Cradle Of Filth en couv'). Rock & Folk titre sur les deux fils Lennon (Sean et Julian) - entre temps plus que sur la touche - et, côté sorties, mettent en avant le sublime The Black Light de Calexico. L'autre actualité, c'est la sortie du deuxième album solo de Brian May, le guitariste de Queen. À l'honneur du "Cash For Questions" de la Q british, il fait la une de Best: "Elton John a dit que nous étions une voiture grand luxe, une vraie Lamborghini. Je pense qu'il a tort. Queen, c'était quatre Lamborghini, avec quatre pilotes allant dans des directions différentes. Et si l'un des conducteurs s'en va, il est impossible de le remplacer".

Rock Sound titre sur Korn pour la sortie imminente de Follow The Leader, agrémenté d'un "dossier" déclinant les compagnons de la plus ou moins première heure du groupe leader : Deftones, bien sûr, mais aussi Limp Bizkit ou encore Coal Chamber. Enfin, feu Rockmixer (de François Jouffa et Christian Eudeline) offre une couv' courageuse avec Sonic Youth et, à l'intérieur, de l'éclectique comme on l'aime ici, de Dolly à Tricky, de Blondie à Zézé Mago.

 

Juillet 99

Le quatrième numéro de Music Up ! est une belle bombe estivale (on va se gêner pour le rappeler !). Jamiroquai est en première page (magnifique cliché de Vincent Lignier), juste avant 149 autres (pages), dont les inoubliables 200 chroniques de disques… Également une impressionnante branlée d'interviews d'artistes aussi différents que Rodolphe Burger, Marilyn Manson, Kid Loco, LTNO, David Bowie ou encore Sloy et Paul Westerberg ! Le CD-Rom, quant à lui, regorge de vidéos rares et de reportages inédits sur les musiciens qui font l'actualité.

Au même moment, outre-Manche, Q Magazine fait sa couverture avec les Corrs !! Rappelons à ceux d'entre-vous qui l'auraient oublié ou, why not, qui ne le sauraient pas, que les grandsbretons nos amis et voisins ont toujours su s'ouvrir sans honte ni préjugés sur tout ce qui fait leur actualité musicale, d'où une presse chaque année plus épaisse, variée et peu coûteuse. Derrière le quatuor irlandais guimauve, de longs et intéressants papiers sur Blur, Suede, Supergrass et Orbital remettent finalement les pendules rock à l'heure…

Dans l'hexagone, Magic mets les Chemical Brothers bien en avant, tout comme Rock & Folk, d'ailleurs. "On espère que nos disques sont joués même dans les clubs où le big beat est banni", déclarent-ils chez Phil Manoeuvre. "On voulait un disque qui flatte l'oreille de l'auditeur, ce qui nous a poussés à emprunter cette direction plus organique…" ajoutent-ils pour Chris Basterra.  Et force est de reconnaître, ce que nous-mêmes faisions sans hésiter, au même moment, dans Music Up !, que Surrender est un putain de grand disque.

 

Juin 2000…

L'incontournable Q Magazine anglais titre : "Les 100 meilleurs albums british (dans le texte) de tous les temps !" À l'arrivée : 6 Beatles, 4 Bowie, 3 Rolling Stones, 2 Radiohead… et un Duran Duran ! Quelques pages, également, au début de la revue, dans lesquelles Shirley Manson (Garbage) se lâche grave : "Jennifer Lopez, descends de tes grands chevaux et viens bouffer ta merde, comme nous tous. Une jolie frimousse que j'ai tout de même bien envie de claquer !" Alors que Compact (numéro 3 !) offre sa couv' à Eagle-Eye Cherry pour un second album aussi tubesque que le précédent, Rock & Folk, lui, publie une interview fleuve de monsieur Alain Bashung. On y apprend, notamment, qu'à juste titre, il se méfie "des gens extravagants qui font une musique conventionnelle". Quant au Philou, magnanime, il conclue son incontournable édito par ces mots clefs et pertinents : "De tout temps, Rock & Folk a puisé ses futurs attaquants dans l'inépuisable vivier du courrier. Nous y croyons, nous vous attendons, nous vous publierons et plus si but marqué". MEK