LE PHANTOM
DE LA BOULE NOIRE
Le 13
mai, quelques dizaines de curieux invités par la maison de
disques attendent pendant 45 minutes ce nouveau combo américain
après avoir essuyé un orage presque tropical sur le
trottoir de La Cigale. L'album délicieusement pop et nostalgique
produit par Mitchell "Crowded House" Froom et Tchad
"K's Choice" Blake révèle quelques bonnes
chansons dont l'entêtant "California", mais il n'y
a pas de quoi perturber le fantôme de Lennon. Les jeunes slackers
arrivent enfin sur scène et, surprise, le son est énorme,
lourdement appuyé et le rythme gorgé de doses de testostérone
absentes de l'album. On pense très sûrement à
une power-pop originelle, des Plimsouls à 20/20 ou The Knack.
Le batteur martèle sans économie comme un Keith Moon
rondouillard, le chanteur/guitariste s'époumone comme celui
des Stereophonics tandis que l'autre guitariste vire, tourne,
s'échine sur le manche de son outil comme un Cobain en grande
forme. Au début, on est sympathiquement amusé de voir
cette joyeuse débauche d'énergie qui effraie les emballés
par la douceur printanière de l'album. Au fur et à mesure,
on sent passer une onde Pixies/Nirvana et quand le chanteur traverse
la salle pour aller se percher, le regard en coin, sur la barrière
de la console-son, on jurerait qu'il reproduit volontairement la pose
d'Iggy au recto de la pochette de "Raw Power". Guitare pendue
devant le batteur qui la martèle avec ses baguettes, guitare
qui s'explose par terre, fûts emmenés au milieu de la
scène par le batteur épuisé, les Phantom Planet
ont eu raison de prendre le parti pris de la sauvagerie sur scène.
S'ils avaient joué dans le ton de l'album, le bar aurait eu
du succès. Ce soir-là, les curieux sont restés
rivés à la scène. Avaient-Ils vu un quelconque
fantôme ? HD
