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Peter Gabriel, le 21 septembre à la mutualité. Reportage sur une belle soirée parisienne. Depuis 1998 et une courte participation au concert d'Amnesty International, Peter Gabriel n'était plus apparu sur une scène, occUpé par la production de son nouvel album, et par bien d'autres projets. Annoncé d'abord comme ayant lieu le 8 septembre à l'Olympia, suite à un bazar provoqué par le producteur du spectacle, le concert est reporté au 21 septembre à la mutualité. Je me retrouve avec d'autres "allumés" du grand Gabriel devant la salle, et à peine les portes ouvertes nous nous précipitons à l'intérieur, et rejoignons, ravis, le premier rang devant la scène. A 20.10, arrive le groUpe de première partie, abdellati, un chanteur marocain accompagné de musiciens multi-ethniques (chili, argentine, arménie), beau moment très acclamé. Le chanteur et ses musiciens sont terriblement impressionnés c'est leur premier concert, également impressionnés par le public qui les applaudit. A 20.40, c'est fini, la tension commence à monter, impalpable. A 20.50 le public commence à appeler : « Peter, Peter ! », . A 21.00 les lumières s'éteignent, grondement dans le public, hurlements même, on voit des ombres se dessiner, Enfin je vois Peter monter sur scène. Je le suis du regard, et vlan, il fait tomber son moniteur vidéo. Arrivée illico-presto de l'ingénieur du son qui remonte le tout, le rassure, grand sourire de Peter Gabriel qui nous annonce en français Darkness. Dès les premiers accords de guitare de David Rhodes, ça décolle. Il enchaîne sur Red Rain, repris en choeur par le public. Sur le morceau suivant, growing Up, superbe chanson sur la naissance, l'apprentissage de la vie. Le morceau suivant, downside Up tiré de oVo, est chanté en partie par mélanie, la fille de Peter Gabriel, qui nous fait une jolie prestation (jolie voix, mais un peu faible). On voit son père lever les index, peut être essaie-t-il de faire comprendre aux ingénieurs de monter le volume du micro. Sur le final, pareil les deux compères levin/rhodes nous embarquent dans une rythmique endiablée, je me dis zut, mais le batteur là dedans, il fait quoi ?? Je vois les regards que s'échangent les musiciens, amusés parfois, émus souvent. Je regrette de ne pas avoir beaucoUp écouté oVo (musique du Dome Millenium), à vrai dire, certains morceaux m'avaient beaucoUp déplu (rap). Je parviens à comprendre qu'ils disent « ovo, ovo, ovo » sur la fin. La chanson suivante, no way out, me laisse un peu froide au début, puis sur le refrain ça y est ça redécolle, ged lynch à la batterie se réveille. Je réalise qu'il y a un autre guitariste, Richard Evans, que l'on ne voit pas ni entend beaucoUp. Ensuite Peter essaie de présenter la chanson suivante, s'excuse de son français, des fans annoncent ce qu'ils veulent entendre «solsburry hill », « san jacinto ». Enfin, il retrouve la mémoire (et son français), puis annonce Mercy Street. SUperbe moment d'émotion, avec richard Evans qui joue de la flûte. Les yeux s'humidifient... Il enchaîne sur my head sounds like that, beau morceau lent du nouvel album, avec un break endiablé au milieu. Une Gabrielese qui fait acclamer le public, Les sept musiciens reprennent le choeur à la fin dans une sUperbe harmonie, et me revoilà avec les yeux qui coulent, merde, j'ai pas pris de Kleenex !!! A peine le temps de souffler, et il nous annonce que la prochaine chanson parle de la real tv. Barry williams show ! d'un seul coUp, voilà Peter Gabriel qui quitte ses claviers, harangue la foule, qui se met à délirer, à reprendre en choeur. Une fan portugaise avait emmené deux bannières où était écrit « what a show » et « showtime », que nous remuons allègrement sous les yeux amusés de Peter. Et non Peter ne nous lâche pas, enchaîne avec More than this, le public définitivement chauffé à blanc, tape dans les mains, chante. Tony Levin s'amuse, prend des photos (merci à lui !) du public. Peter se décide à nous présenter ses musiciens : Rachel Z aux claviers, qui seconde magnifiquement Peter aux claviers et au chant, Richard Evans «collaborateur de longue date », qui malheureusement est assez effacé et dont on ne parvient pas clairement à définir ce qu'il fait, Ged Lynch, enfermé dans un bocal, qui ne parvient pas à faire oublier le Manu Katché de la tournée US, puis hurlements du public quand arrive le tour de David Rhodes, «un vieil ami», le public scande son prénom, et David Rhodes est tout ému. A peine c'est fini, à nouveau, hurlements et le public scande « tony, tony » avant même que Peter n'ait eu le temps de le présenter. Quand c'est au tour de Mélanie « vous ne la connaissez pas, mais moi je la connais depuis toujours », elle est très chaleureusement applaudie, son père s'incline devant elle, main sur le coeur, beau moment d'émotion. C'est reparti sur digging in the dirt, morceau que je n'aimais pas beaucoUp, bizarrement sur la tournée us, le trip caméra dans la bouche le nez boffff.... Mais là... Peter revient devant, je me mets à chanter «this time, you've gone too faaaaaaaaaaaaarrrrrrrrrrrrrrrr » puis « shut your mouth », que je lui chante les yeux dans les yeux... merde ! qu'est ce que je lui ai dit, là, de la fermer !!! Peter danse, le public hurle, chante, c'est du délire. Je jette un oeil vers la console de gauche, et je vois Dickie Chappel et un autre ingénieur qui chantent et dansent. On se dit, bon, faut quelque chose d'un peu reposant là, et il nous annonce une toute nouvelle chanson qui sera sur le prochain album (comment ça sur le prochain album ???) animal nation. Un morceau monstrueux, avec une rythmique d'enfer. Peter la dédicace aux bonobos (des singes) mime les animaux, genre oreilles de lapin, et moi, je l'imite... euhhh... je me rends compte du ridicule, mais c'est pas grave, le public part au de tour, reprend le chorus, sur la fin. La musique s'arrête, et... le public reprend le chorus. Peter étonné reprend quelques mesures a capella avec nous, puis essaie d'enchaîner... pas moyen. Allez, un effort... « à cette heure là normalement nous sommes au lit... avec notre sledgehammer ». Le public hurle, et c'est parti, ils ne nous laissent pas une minute de répit. Le trio infernal David/Peter/Tony nous fait son pas de trois, I kick the habit, etc, si on avait un peu plus de place, on ferait pareil, le Peter se déhanche, style quoi j'ai 52 ans, et alors ??? j'ai des kilos en trop, et alors, je m'en fous. Puis ils quittent la scène, déjà. Le théâtre manque de s'écrouler tellement le public crie, puis les musiciens reviennent assez rapidement. C'est parti pour in your eyes... je me mets à rêver de voir youssou'n dour monter sur scène, puis Peter attaque tout timidement la section chantée originalement par youssou, et s'excuse : « désolé youssou est pas là », ce qui fait rire le public, qui lève les bras, oh oh oh oh oh oh, Abdellati revient sur scène mais est littéralement paralysé par le trac, ne chante pas, malgré les encouragements de Peter, puis finit par se lancer. Peter annonce : « Rachel», qui du coUp prend son break en retard, prend un air complètement désespéré (il les bat ses musiciens, quand ils se trompent ???), mais nous fait un sUperbe solo. Les musiciens quittent à nouveau la scène, à nouveau hurlements du public, et Peter Gabriel revient, accompagné de Tony Levin. Il nous présente sa dernière chanson de la soirée, « father/son », qu'il dédicace à son père présent dans la salle. Ouffff ! on a le coeur qui bat, mais personne ne moufte, pas un bruit, sUperbe moment , sUperbe chanson, on voit les yeux de Peter briller, tony levin qui le regarde pour partager ce moment. A la fin, le public n'en peut plus, rend les armes. Il nous remercie « vous êtes vraiment un public formidable, merci merci » je ne peux m'empêcher de retenir un « merci à toi, Peter ! », et il part, la tête baissée. On fait un tel bruit qu'on se dit qu'il va revenir, les lumières ne se rallument pas tout de suite, on espère. Mais non, le service de sécurité nous dit de partir ; mais nous on serait bien restés là toute la nuit. Pascale Ragon |
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Idlewild, Nada Surf et Supergrass, Fête de la musique Vendredi 21 juin : pour une fois, c'est vraiment le premier jour de l'été. Il fait beau et les menaces d'orage semblent s'être estompées pour de bon. ça tombe bien, c'est aussi la Fête de la Musique. Pour l'occasion, Oui FM organise un concert devant son Q.G., dans une ruelle pavée à quelques mètres de la Bastille. Seuls les veinards munis d'une invitation (à savoir des auditeurs de la radio et des journalistes) pourront y accéder. Au programme, trois groupes : Idlewild, Nada Surf et Supergrass. C'est Idlewild qui ouvre le bal, avec un enthousiasme et un dynamisme rafraîchissants, mais ça ne suffit pas à faire digérer un répertoire aussi académique que son interprétation. Tu te dis que ça fait un peu débutants qui se prennent pour Nirvana, sauf qu'ils ne sont ni débutants, ni Nirvana. Pas terrible-terrible tout ça... Trois quart d'heure d'attente, meublés par les interventions de deux DJs, seront nécessaires à l'installation du matos pour le groupe suivant. Nada Surf déboule enfin sur scène, juste à temps pour t'extirper d'un état semi-comateux. Mais dès les premiers accords, les basses poussées à donf' comme on a rarement entendu, te torpillent le gosier. Les vibrations dignes d'une éruption strombolienne te donnent l'impression qu'on t'a encastré la tête dans un réacteur de Boeing après t'avoir fait avaler un marteau-piqueur. Ce n'est plus de la musique, c'est du bruit, avec larsens offerts en cadeau de bienvenue. Tous aux abris ! Tu pars t'exiler au fond de la rue en te demandant quel est l'intérêt de saturer le son à ce point. Ouf, ça fait du bien quand ça s'arrête. Re-trois quatre d'heure d'attente. Le miracle qu'on espérait tant se produit, Supergrass apparaît. Avec une assurance souveraine et une décontraction juvénile, les Anglais alternent les succès des trois précédents albums ("Pumping On Your Stereo", "Lose It", "Mary", "Richard III", "Moving"...) et les nouveaux titres alléchants du prochain, à paraître en septembre. Ici, pas de problème d'acoustique ; la performance, teigneuse, grisante, est impeccable - comme d'hab' - et la voix de Gaz Coombes au meilleur de sa forme. Le seul éternel défaut de Supergrass est la brièveté de ses shows. A peine commence-t-on à se régaler que le groupe a déjà mis les voiles. Et là tu te retrouves en plan, avec ce sentiment jubilatoire et hyper frustrant d'avoir capté un minuscule fragment de bonheur phonique. CV
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Le Rock dans Tous ces états 2002 Bonne pioche pour le festival d'Evreux qui, cette année, affichait complet le vendredi ET le samedi. Il faut dire que son intelligente programmation (Noir Désir le premier soir), son habile mixage sonore et surtout son aspect plus convivial que les marées humaines estivales, en ont fait un des passages obligés de tout mélomane vadrouilleur qui se respecte. Cette année, peu de "petits groupes" et malheureusement, pas de "bons petits groupes", les Lobsters From Mars (vendredi) et Burn Hollywood Burn (samedi) rivalisant dans le boucan insupportable, avec une mention spéciale pour les seconds qui, en un morceau à peine, ont réussi à mettre quasiment tout le monde d'accord : au secours, les enfants et les Compact Men d'abord !Parmi les déceptions, pour rester dans un registre négatif : The Music, sans relief et assez somnolent avec, il est vrai, un chanteur souffrant ; Alec Empire, bourrin, répétitif et sans aucune originalité ; Dirty Three, qui n'arrive pas à recréer totalement sur scène la magie hypnotique de ses disques ; AM 60, aussitôt écouté aussitôt oublié ; Archive qui, à force de retourner sa veste, ne sait plus trop o donner de la mélodie, trop inégal et prétentieux pour être totalement honnête ; et Sinclair, définitivement variétoche et insipide, malgré un backing band assez punchy, preuve supplémentaire qu'on bon groupe ne fait pas spécialement de bonnes chansons De l'autre côté de la barrière, entre confirmations et bonnes surprises, on aura remarqué l'excellente prestation de Frandol, "à domicile", qui aurait mérité un meilleur horaire et qu'on espère voir à nouveau l'an prochain ; Mardi Gras BB et le Jim Murple Memorial, tous deux vraiment show, show, show ; Dionysos, toujours de plus en plus rock sur scène, à des années-lumière d'un dernier album alambiqué et poussif ; Stanley Beckford et Tiken Jah Fakoly, à l'image de leurs disques, colorés et enivrants ; sans oublier Trail Of Dead qui, dans un fulgurant moment de grâce, aura rappelé à certains les grandes heures du Hsker Du de Bob Mould. Tout en haut du panier, l'on retrouve Joseph Arthur et les fabuleux BellRays qui font l'objet, chacun de leur côté, d'un résumé séparé. Enfin, ce tour d'horizon ne serait pas complet sans la prestation assez médiocre de Kid Loco, définitivement pas fait pour la scène ; la performance moyenne de Miossec, qu'on pardonne car il nous a parfois habitué à bien pire ; un Chokebore curieusement presque sans vie, manquant de répondant mais assurant cependant un set malin et assez captivant, au final ; et Noir Désir, toujours à la recherche de son ombre, pas spécialement aidé par un public exagérément enthousiaste et handicapé par des choix hasardeux, une guitare souvent trop en avant et un manque de cohésion d'ensemble qui est triste à entendre pour qui a eu la chance de voir les Bordelais sur les planches lors des tournées précédentes CG Joseph Arthur Allez, le souvenir d'un mauvais live de Joseph Arthur : ??? Ben oui, même en l'ayant maté une bonne dizaine de fois, impossible de remonter à la surface le souvenir d'une pitoyable josepherie. Pourtant le bougre possédait tous les atouts pour aller droit dans le mur, que ce soit avec son foutu caractère de diva mou du genou ou ses exigences techniques auxquelles aucun ingé son n'aimerait se frotter l'échine. Aujourd'hui, le bonhomme opte pour l'alternance (pas au point d'affirmer qu'il tourne au Cherry Coke). Même radicalement, à la voir parler aux gosses d'Evreux entre sa loge Trigano et la scène ! Incroyable mais pourtant véridique, JA a mis de l'eau dans son jaja et le résultat vaut son pesant de cacahuète : doux comme un agneau fraîchement shampouiné, il déambule le cheveu hirsute, sert des louches puis joue sans se préoccuper du prochain combo sur le programme. Ce fut l'une des bonnes surprises de la manifestation (particulièrement plombée par le prix du kebab -made in Evreux- à 6 Euros !), son set déborda allègrement sur celui du voisin au grand bonheur des fans. Parce que des fans, ils en avaient à Evreux et par milliers ! Gonflé à donf' par ces bonnes vibes, le show démarra par la mise en place de ses propres samples, toujours sous l'oeil médusé d'un premier rang découvrant l'envers d'un décor que les derniers arrivés auront du mal à capter à 100 mètres de l'estrade. Singles en brochette, chapeau cow-boy, harmonica en embuscade C'est un Joseph Arthur millésimé auquel nous avons droit cet après-midi. L'ambiance sera enfin à son paroxysme (fifilles hystériques, nuage de photographes, bouffées de ganja) avec l'entrée en matière de son groupe, LE petit plus rénovant complètement l'univers du songwriter (enfin de près, sur le stand de Compact on papote sans sourciller à la variation de tempo). A sa gauche un bassiste, derrière le batteur, JA pousse encore plus loin le répertoire de son dernier album, pas si neurasthénique que ça. Comment ne pas succomber, ce mec a du talent à revendre ? A Evreux, ils étaient nombreux à en redemander Et si Joseph revenait l'année prochaine ? LE THE BELLRAYS Le festival d'Evreux conserve taille humaine malgré son succès grandissant et une programmation assez finaude entre mégastars saoulantes (Noir Désir), prétendues révélations sans avenir (The Music) et furie rock galvanisée (And You Will Know Us By The Trail Of Dead). Mais surtout, certains (me, myself and I) n'avaient fait le déplacement ce vendredi que pour voir enfin sur scène les supposés foudroyants BELLRAYS dont les 2 premiers albums (Let It Blast et Grand Fury) laissaient penser à un retour inespéré du rock le plus primal entendu depuis les secondes déflagrations pub-rock (Doctor Feelgood, Eddie and The Hot Rods ). Il faut dire qu'après un premier passage dans le club (L'abordage) dirigé par le programmateur du festival, le potentiel du groupe sur une grande scène n'a visiblement pas échappé à cet homme visiblement bien inspiré. Ce vendredi 28 juin, ceux qui ont encore un coeur, une âme et un esprit libre ont tous perçu ce qu'est l'essence même du rock, cette bête sauvage qui depuis 50 ans se régénère pour rendre un monde taré à peu près supportable. La nuit vient de tomber sur les ébats reggae du nouveau Alpha Blondy (Tiken Jah) quand Lisa Kekaula prend possession de la scène avec ses 3 soldats d'élite. Dès le refrain du 1er morceau, sa voix impériale (la sexualité de Tina, la profondeur d'Aretha et l'attaque d'Otis) hurle "I wanna change the world, I wanna be the one". Mais c'est déjà fait Lisa ! Avec un physique qui ne doit rien à Hale Berry, une coupe afro latérale, une robe serrée sur ses rondeurs, Lisa la noire et ses guerriers blancs invente une composition inédite de nos jours dans le domaine du rock. Pendant une petite heure, le groupe lancé comme un missile sol-air va déverser un torrent de lave soul-punk, réminiscence du MC5 mais sans les échappées free à la Sun Ra, s'accordant de temps en temps un break de batterie (le crâne du batteur fume dans la clarté des lumières) ou une accalmie rythmique. Les morceaux s'enchaînent en 3-4 sans intervention parlée et sur le dernier titre, Lisa présente les musiciens et termine cette fusion électrique par quelques "we are the BellRays" que nous ne sommes pas prêts d'oublier. Qu'un groupe comme les BellRays existe est déjà en soi une victoire sur les bouffons comme le maire U.M.P. de la ville (pas le médecin, le malade) qui enrageait auprès d'un journaliste de la présence des stands Attac sur le périmètre du festival avant de quitter les lieux sans mettre les pieds sur la pelouse pour rejoindre son perchoir ridicule de retraité de l'Intérieur. Que les BellRays soient à ce point irréprochables et conséquents, qu'ils viennent d'Amérique, qu'ils n'aient pas encore de distribution décente en France malgré l'intérêt de quelques fouineurs au flair sûr et un deal avec Poptones en Angleterre (le même label que les Hives), qu'ils soient présents à l'affiche des Eurockéennes et d'Evreux, qu'ils aient un tourneur local (bravo Jean-Luc Jousse) et le soutien des meilleurs rock-critiques, laisse espérer quelques moments de félicité ultérieurs. Le présent du Rock and Roll s'appelle THE BELLRAYS. HD
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OASIS DANS LA CANICULE LYONNAISE Il fait 39 degrés ce lundi 17 juin dans la capitale des Gaules. La firme du Soleil Levant a envoyé la presse pour assister au seul concert français des frères Gallagher d'ici à la rentrée et en apéritif de leur nouvel et honorable effort, Heathen Chemistry. Nous arrivons malheureusement trop tard pour entendre le set complet des prodigieux suédois THE SOUNDTRACK OF OUR LIVES. Nous n'aurons le loisir d'entendre et voir que deux titres extraordinaires dont un morceau pendant lequel le chanteur barbu, habillé comme un moine viking, fera asseoir la salle avant de relancer sa machine à rocker aux accents libératoires hérités des seventies. Il y a chez eux un plaisir, une joie et une liberté de jeu et de présence, inédit dans cette époque débile qui voudrait qu'on se passionne pour savoir quelle bernique, du neu-neu Debré ou au goitreux Balladur, va tenir le perchoir de l'assemblée. Enfin Oasis donc, aborde le Transbordeur (très bonne salle dont on rêverait à Paris) dans une chaleur moite, digne des soirées d'été new-yorkaises avec leur morgue habituelle. Liam a pris du muscle (et un peu de bide) mais garde la pose des bras dans le dos, le tambourin dans une main et cest parti pendant 90 minutes pour illustrer le mot en fond de scène : EXIST. Non ce n'est pas une faute d'orthographe sur EXIT et Oasis a la forme, celle du meilleur best of du rock anglais en activité. Tout y passe dans une version moins sonique que la dernière prestation française avant Neil Young à Bercy : les Beatles, les Stones aussi, Status Quo un peu, Gary Glitter toujours (Hello, I'm Back), Slade avec un zeste de rock américain en pompant sur "Hung In A Bad Place" l'intro du "No Fun" des Stooges. Nous aurons le privilège d'une version grandiose de "Don't Look Back In Anger" ainsi qu'une reprise respectueuse et rafraîchissante du "My Generation" des Who (au cas o il y aurait des très jeunes) en final. Pas de rappel et c'est bien comme ça. Le retour sur Paris sera pénible pour certains atteignant les 4H30 de retard du fait d'un (nouvelle terminologie SNCF) -tout est possible, mais pas d'arriver à l'heure, accident de personne'. Un suicidé transformé en burger kingsize en langage normal. HD |
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Gemma Hayes Nous sommes le 5 juin, deux événements s'emparent de Dublin : le match Irelande/Allemagne et le concert de Gemma Hayes. Chacun fait la une de la presse, dans sa catégorie respective, c'est dire si le patriotisme bat son plein. à cela s'ajoute un climat méditerranéen rarissime à cette latitude. Pas de doute, certaines divinités veillent à faire de ce jour, un instant mémorable même si la Guinness tourne au vinaigre. Une semi-victoire en poche, le peuple descend dans la rue à moitié torpillé, squatte instantanément les parcs et pubs, si bien qu'on ne donne pas cher du reste de la nuit, particulièrement du show prévu au Spirit. Il n'en est rien, la salle située dans le centre ville affiche sold-out, amis, curieux, fans se pressent religieusement face à la scène Gemma avance, n'ose regarder la foule (très timide la belle !), puis entame le set illico. Des arrangements de l'album subsiste un accent folk, toutefois moins marqué que sur Night On My Side, d'ailleurs la guitare acoustique n'apparaît qu'en second plan de ce rock de v'lours. Gemma électrise avant tout son répertoire essentiellement composé de love songs, une surprise que l'audience fête une pinte à la main, filet de mousse tombant sur les pompes. Pourtant chaque titre de l'album est méconnaissable dans cette configuration live, comment en si peu de temps, les uns ou les autres peuvent-ils sur le bout des lèvres chantonner "Day One", "My God" ? On mesure alors la popularité de la chanteuse alors qu'en France sa notoriété ne décolle pas franchement (faute à pas d'chance). Peut-être est-ce une question de temps, parce que côté physique Une prochaine tournée changera probablement la donne vu le peps et avec quelle poigne elle dirige son quintet, comme si ce show clôturait plusieurs mois de tournée. Reste à espérer que ses prochains concerts seront plus longs que celui-ci qui, en dépit de standing ovations, ne dépassera pas l'heure. Au moins, ça laisse de quoi entamer une troisème mi-temps. LE |
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David Bowie à l'Olympia Le concert show-biz o le tout Paris se presse se prostitue pour avoir une place, se morfond de ne pas y être est donc le concert de Bowie à l'Olympia, faute de grand raout de stade (U2, AC/DC, Stones etc) en ce début d'été. Quelques chanteurs de variété, quelques animateurs TV, beaucoup de journalistes, tout le staff Sony et Virgin EMI ( à cause de Raphael, une sorte de Saez light sans sucre) et des fans qui se sont rués sur la vente des billets de ce qui à l'origine devait être un show-case. Devant le coût de l'événement et le cachet de la star, le tout s'est transformé en une grosse machine médiatique pour prouver que l'ex-idole glam peut encore remplir une salle de 2500. Bel effort ! Pendant quelques 90 minutes, Bowie et son groupe poussif vont égrener quelques chansons du nouvel album soporifique (Heaten) et une brochette de ses tubes : une version FM de "Heroes" qui démarre comme " Every Breath You Take " de Police, l'ignoble " Let's Dance ", une des pires chansons apparues sur la planète, "Fame" et son groove anémique, l'épouvantable autre tube avec "China Girl", une reprise sans intérêt des Pixies si ce n'est pour Frank Black, et un final poussif avec "Ziggy Stardust" pour compléter un tableau nostalgique dénué de la moindre parcelle de vie. En costume noir et blanc, épais comme un éclat de cure-dents, avec la grâce d'un vieux beau qui se dandine chez Castel, Bowie se la joue sans risque, loin des éclats de sa gloire passée, épaulé par des musiciens compétents mais définitivement ennuyeux (Gail Ann Dorsey, la bassiste pieds nus ressemble de loin à Brigitte Fontaine). La salle semble ravie mais pas déchaînée par ce spectacle customisé comme une vieille DS qui ne sera plus jamais le bolide de Schumacher. Et on sait bien que ce n'est pas un coup de peinture qui empêche la rouille d'avancer. Chanteur au registre limité, Bowie est souvent faux, toujours aux taquets, incapable de pousser son organe vers les sommets que certaines chansons exigent. Ce n'est pas le manque d'électricité d'un groupe fonctionnaire qui peut pallier à cette lacune. En sortant, je croise quelques jeunes fanas dépités d'avoir payé, attendu, s'être fait labellisés Bowie par un bracelet pour accéder à la nef du futur élu de la reine pour l'anoblissement. HD |
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