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COMPACT #9 - Février 2001 |
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z | ||||||||||
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Add N To (X) Add Insult To Injury (Mute/Labels/Virgin - CDSTUMM 187) - 12 titres - 63mn 27s - Produit par Dean Honer & Claydon/Shenton - Sortie le 26 0ctobre Dernière sensation électronique en date. Oui, d'accord, Ann Shenton est mignonne comme un coeur dans son costume noir agrémenté d'une cravate rouge. Mais le fait que Paul Mac Cartney (avec tout le respect qui lui est dû) ait fait chaviré des millions d'adolescentes britanniques ne l'a jamais aidé à progresser sur sa basse ! Il semblerait qu'Add N To (X), nom piqué à une ligne de commande informatique et qui leur va comme un gant plaît à un large public. Si l'on en juge par le nombre de personnes apparemment désoeuvrées qui se massent au moindre de leurs concerts (dont un donné dans un abri nucléaire désaffecté en Ecosse, lieu hautement symbolique !) et achètent religieusement leurs trois albums. Nous vivons des temps étranges où il suffit de se dandiner devant un mini Moog et quelques synthétiseurs bon marché, tout en ânonnant plus ou moins harmonieusement quelques affligeantes banalités pour décrocher le titre tant envié de Flavour Of The Month : Elie, Elie, lamma sabactani. TS 2 - À ranger entre les Residents et Silicon Teens Alerte Rouge Trop de tension (Cross records/Wagram dist. WAG 326 30620222) - 15 titres, 44m27s - Produit par Alerte Rouge - Sortie novembre 2000 Rock-Ska Franchouillard. Formé autour de Jean-Pierre Baxter, par ailleurs acteur dans de nombreuses séries télé tel Classe Mannequin sur M6 ou 25° Sud pour TF1, Alerte Rouge a déjà quatre ans d'existence et sort son premier album. La section de cuivre et le batteur ont fait leurs premières armes avec les Washington Dead Cats, groupe-culte de la scène alternative et Jean-Pierre Baxter a à son actif deux albums avec les Neurones en Folies produit par François le chanteur des Béruriers Noirs. Mélange de rock et de ska avec de fortes influences des groupes alternatifs des années quatre-vingt, Alerte Rouge lutte dans ses textes contre la pollution, la malbouffe ou la vache folle. Les morceaux sont inégaux, et on leur reprochera d'enfoncer des portes ouvertes, et un manque d'originalité musicale. N & D S-D 2,5 - À ranger entre José et Bové Attica Blues Test. Don't Test (Empire/Columbia) - 14 titres - 70m08s - Produit par Attica Blues - Sortie le 17 octobre 2000 Trip hop. On ne peut pas dire que le trio londonien arrive en terre inconnue, ce deuxième opus fait quasiment figure de relique au paysage electro. D'abord, et principalement parce que l'affaire sonne un brin "daté", que de moins en moins d'artistes se fourvoient sur les tracks dow tempo du trip hop. Attention, cela ne veut pas dire que le disque soit désuet. Arriver après la bataille, mais avec les armes pour se battre, mérite un minimum de considération. Surtout lorsque l'on claque la porte de Mo'Wax pour se consacrer à sa musique et non aux strass du label. Ainsi, programmeur, DJ et chanteuse vont voir du côté de chez Leftfield. Et làÉ Le miracle s'accomplit sous une fusion hip hop, soul, teintée d'orgue Hammond ou de caisse claire prise sur le vif. À découvrir donc. LE 3,5 - À ranger entre Morcheeba et Massive Attack THE BAND Music From The Big Pink (Capitol/EMI, 25390) - 20 titres - 73m56s - Produit par John Simon Country Rock. Tout dans la sortie originale de ce premier album du Band en 68 allait à contre-courant de ce qui gouvernait l'éthique rock and roll de l'époque. Du look du groupe à l'introduction inhabituelle (la ballade " Tears Of Rage ") et à l'absence de solos de guitare au moment où l'on ne jurait que par Beck, Clapton ou Hendrix. Tout dans Music From The Big Pink s'inscrivait dans une démarche quasiment passéiste (la country) faite d'arrangements dépouillés et d'harmonies vocales rugueuses. Pourtant, loin de proposer une image stéréotypée, le disque regorge de mélodies incomparables et énigmatiques (" The Weight ", " I Shall Be Realeased ", " This Wheel's On Fire "), soutenues par un jeu de guitare élégant (Robbie Robertson) et des arrangements mélancoliques et poignants. Ajoutons que, comme toutes les rééditions de la série, l'album a été remasterisé impeccablement et propose une bonne dose de " bonus tracks " et profitons-en pour savourer ce qui fut peut-être un des 5 meilleurs " debut albums " de l'histoire du rock. CF 4,5 - À ranger entre Dylan et Buffalo Springfield THE BAND The Band (Capitol/EMI, 25389) - 19 titres-71m 48s - Produit par The Band Country Rock. Si Music From The Big Pink fut un " debut album " sensationnel, que dire de l'immaculé The Band qui suivit en 1969 ? ! Le talent de compositeur de Robbie Robertson a ici progressé de manière invraisemblable et les cinq musiciens semblent avoir trouvé une cohésion inconnue jusqu'alors. Mais la force du disque est que, même si chaque titre peut se détacher individuellement, l'ensemble sonne mieux que la somme de toutes ses parties. The Band est à la fois organique et intime, rupestre et éthérée, empli de tonalités plaintives et nostalgiques, mais ses connotations automnales sonnaient et sonnent encore prodigieusement appropriées. Notons que le " single " " Up On Cripple Creek " donna au groupe son seul Top 30 et qu'on y trouve, entre autres pépites, l'incontournable " The Night They Dove Old Dixie Down ". CF 5 - À ranger entre Big Pink et Blonde On Blonde THE BAND Stage Fright (Capitol/EMI, 25395) - 14 titres - 35m 22s - Produit par Brian Kelley Rock. Le Band sortit Stage Fright en 1970 comme en réaction contre une adulation à laquelle il n'était pas préparé. L'album (où Todd Rundgen officie en tant qu'ingénieur du son) était donc conçu comme un disque de rock and roll, plus simple et moins " sérieux " que ses prédécesseurs. Mais le titre " Stage Fright " tout comme une composition de type " The Shape I'm In " se font l'écho de certains bouleversements qui se font jour à l'intérieur du groupe. Le résultat en est un album beaucoup plus sombre et acerbe que les précédents : si on y discerne encore une légère verve nostalgique sur des morceaux comme " Strawberry Wine ", l'atmosphère y est nettement plus remplie de cette franchise amère faite de lucidité et de désillusion. Stage Fright (" le trac ") porte bien son nom tant il témoigne de la remise en cause personnelle et musicale d'un groupe qui allait se retrouver accablé par les problèmes internes. CF 4 - À ranger entre The Byrds et Neil Young THE BAND Cahoots (Capitol/EMI, 25391) - 16 titres, 35m 22s - Produit par The Band Rock. Malgré le fait qu'il soit produit par le groupe lui-même et en dépit de son titre fédérateur ("to be in cahoots" veut dire "être de mèche"), cet album (1971) souffre des dissensions qui étaient déjà en germe dans Stage Fright. Les chansons de Robbie Roberston étaient devenues plus "laborieuses" et le reste du groupe se trouvait souvent dérouté par la complexité des arrangements et des changements d'accords. Ajoutons que le groupe se trouvait pour la première fois dans un environnement qu'il ne maîtrisait pas (le Studio Bearsville à Woodstock), ; que celui-ci n'était pas totalement opérationnel et que cela ne pouvait donc qu'entraver l'exécution des structures musicales particulièrement ardues de Robertson. Malgré ses défauts Cahoots contient néanmoins certains moments forts : "Life Is A Carnival" avec les cuivres d'Allen Toussaint et un duo entre Richard Manuel et Van Morrison, "4 % Pantomime". CF 3 - À ranger entre Grateful Dead et Alex Taylor Jeff Beck Red Room (Epic) - 10 titres- 36m22s - Produit par Jeff Beck - Sortie le 7 novembre Égarements rock. Et voici et voilà un disque court qui semble durer des heures ! Au début de l'année dernière, Who Else ! avait déjà surpris, dans son parti pris électronique, tendance (revendiquée) Prodigy. Pourquoi pas, finalement, chercher le renouvellement sur des terres réellement différentes. Quelques mois plus tôt, son apparition sur un titre d'un album solo de Brian May, l'un de ses plus fidèles admirateurs, avait agréablement surpris. Chacun des titres de Red Room, pris indépendamment, est aussi convaincant que déconcertant, mais vu d'avion, le grand guitar-hero se perd dans les méandres d'instrumentaux un peu vains, bruyants et superficiellement expérimentaux. L'amateur reste sur sa faim, tout en éprouvant un déplaisant sentiment d'agacement. MEK 1,5 - À ranger entre scie musicale et migraine Bitter Springs Best Bakers On The Island (Acualera/Poplane, NOIS116) - 17 titres - 70m42s - Produit par Mike Coe- Sortie le 13 décembre. Folk rock. Mettre la main sur les albums de Bitter Springs, c'est un peu comme un jeu de piste où l'on doit tout d'abord éplucher les catalogues des indés chaque année bissextile. Bitter Springs fait partie des combos les moins productifs du métier. Pourtant ça ne décourage pas les fans et ils ont raison, la preuve, un quatrième opus ponctue deux bonnes décennies. On y retrouve quatre nouveaux titres, mais aussi des singles de la sélection de la semaine de Melody Maker (tirés du premier album From The Parish Of Arthritis, du second Five Die Filming This Lazy Lark et de Benny Hills Wardrobe). Bon d'accord cela ressemble à une compil, mais non, y a aussi des remixes et des agapes jusqu'alors écoutables sur des LPs, Eps et autres sessions introuvables qu'ils appellent Last Party (1985-95). Bref, c'est toujours aussi bueno et l'on ne peut que conseiller l'acquisition de ce tour d'horizon très proche de Go-Betweens. LE 3,5 - À ranger entre Hefner et Buffalo Tom Frank Black & The Catholics Dog In The Sand (Cooking Vinyl/Naive) - 12 titres- 47m 33s - Produit par Frank Black - Sortie janvier 2001 Rock. Le passage de Pias à Naive est aussi celui, pour Black, d'un rock brut spontané et superbe, à un autre rock plus nuancé et plus riche, plus fouillé. Et toujours aussi superbe ! Les tempos sont encore souvent lents mais plus légers, ce qui n'empêche pas la guitare de l'homme, au son si beau, si grave, si organique, d'être toujours omniprésente. Un piano nouveau offre un relief régénérant aux éternelles compos de Black et une troublante émotion, comme un hommage aux grands aînés, court sur la plupart des titres. De ce point de vue, on repense à son premier album solo, sorti en 93. Et il y en a eu quatre depuis, dont déjà deux avec ses Catholics. Frank Black est encore et toujours un songwriter majeur. MEK 4 - À ranger entre Roxy Music et Neil Young Blue Öyster Cult Tyranny And Mutation/Secret Treaties (The Back To Black Collection No 6/Axe Killer/FGL) 2 CDs : 9 titres pour 42 mn 09s et 9 pour 42 mn 12 s Produits par Murray Krugman & Sandy Pearlman- Sortie le 1er Décembre. Hard rock flamboyant. La désormais célèbre collection toute de cuir noir vêtue fait très fort une fois de plus. À peine deux mois après le double Gary Moore, voilà que débarque sur nos platines ravies deux Blue Öyster Cult et non des moindres. Les deuxièmes et troisième albums du Culte De l'Huitre Bleue (en français dans le texte) sont considérés comme faisant partie des meilleurs. Que de merveilles dans ces deux rondelles argentées ! "Astronomy", bien sûr, chef d'oeuvre des chefs-d'oeuvre ; mais également nombre de rocks bien saignants pour l'époque (72/73), avant que le Heavy Metal ne commence à se prendre un peu trop au sérieux et à subir une nette baisse de qualité. "Wings Wetted Down" aux accents lancinants, "Seven Screaming Diz-Busters" et son accélération infernale, un "Career Of Evil" qui éveilla à la Cause pas mal de formations ultérieures, ainsi qu'une doublette miracle : "Harvester Of Eyes/Flaming Telepaths/. Les larmes monteront aux yeux des plus vieux d'entre vous rien qu'à l'évocation de ces compositions tellement magiques. Par contre, le respectable Eric Coubard ferait un très mauvais Père Noël : un seul titre bonus par disque, c'est vraiment peu, vilain ! TS 5 - À ranger entre Fire Of Unknow Origin et Imaginos Bombshell Rocks Cityrats & Alleycats (Burning Heart/PIAS, BHR121) - 13 titres - 37m59s - Produit par Mieszko Talarczyk, Mathias Farm et B.R. - Sortie novembre 2000 Punk-rock. "21st Century Riot", qui ouvre cet énergique album des Bombhell Rocks, pourrait bien être une version fin de siècle du "I Fought The Law" de Clash. Le titre lui-même semble renvoyer directement à la bande à Strummer, comme beaucoup des chansons de ce second album du quintet, mais un Clash speedé qui aurait l'énergie du hardcore sans perdre en rien l'arrogance du punk. Ces Suédois, héros impalpables et représentants magnifiques du punk rock dans toute sa modernité -et son immortalité-, se sont fait un nom sur scène. Et, en seulement cinq petites années, sont devenus les fers de lance (parmi quelques autres) d'une scène scandinave décidément bien remuante. Vivement qu'ils viennent nous botter le cul, histoire de réveiller un public frenchie un peu morne ces temps-ciÉ DB 4 - À ranger entre Clash et Bad Religion Brave Captain The Fingertip Saint Session Vol. 1 (Clearspot/EMI, EFA 21963) - 6 titres - 42m37s - Produit par Brave Captain - Sortie le 17 Novembre 2000 Folk indé. Premier volet d'un diptyque, ce six titres est assez énigmatique, à l'image de son auteur. Né en Ecosse, Brave Captain à grandit à Liverpool. Et quand bien même l'accusation de référence facile pendrait, telle une épée de Damoclès, avouons qu'il y a un soupçon de Beatles dans les compositions du monsieur, tel un petit arrière-goût indéfinissable caché derrière le fatras sonore de certains titres ("Little Buddah" par exemple). On préférera " Raining Stones" ou "Starfish" pour leur simplicité folk. Pour terminer, petit coup de gueule contre cette nouvelle manie de mettre en fin de dernière plage un titre fantôme, qui ici se résume à 15 secondes de n'importe quoi histoire de tirer la durée du CD d'une bonne quinzaine de minutes et justifier le prix d'un six titres au prix d'un LP normal. Halte à l'arnaque ! CD'O 1 - À ne pas déranger BRIGHT EYES Fever And Mirrors (Wichita/Tripsichord, WEBB001) - 12 titres -55m 02s - Produit par Mike Logis et Andy Lemaster - Sortie le 5 novembre. Lo-Fi. Le disque s'ouvre sur une voix d'enfant, prélude qui introduit un album tout auréolé d'une atmosphère de neurasthénie et de décomposition vénéneuse. Le leader de Bright Eyes, Conner Oberst, originaire du Nebraska, a reçu une éducation catholique très rigide qui explique sans doute pourquoi Fever And Mirrors se veut être une confession. Mais celle-ci, bien loin d'être cathartique, évoque plutôt angoisse, solitude et dégoût de soi. La frustration et la rage se retrouvent donc au détour de chaque morceau, amplifiées par des arrangements minimalistes et des vocaux où hantise et franchise brute se conjuguent. On se détourne ici de toute transcendance et de réconciliation avec soi-même pour effleurer plutôt les rivages de la déraison et de l'isolement. L'album se clôt sur une interview où Oberst explicite sa quête, démarche pathétique mais guère éloignée d'un panache qui confine au grandiose. CF 4 - À ranger entre Nick Cave et Berlin de Lou Reed Mel Brown Neck Bones & Caviar ( Electrofi / MSI, 3363 ) - 12 titres, 63m49s - Produit par Andrew Galloway et Sandra Tooze - Sortie octobre 2000 Blues de luxe. Mel Brown porte à jamais gravé quelque part en lui le fait d'être né à la fin des années 30 dans le delta du Mississipi. Cela vous forge un bluesman garanti d'origine. Il a traîné pendant des années sa Gibson Super 400 du Texas à la Californie, en passant par le Canada, laissant dans son sillage une série d'exemplaires albums seulement reconnus par la race restreinte de "ceux qui savent". Son truc à lui n'était pas vraiment de faire carrière, mais de se régaler à jouer le blues chaque soir dans les bars et les clubs, juste pour réchauffer l'âme du chaland assoiffé et donner à son bourbon des reflets encore plus dorés. Le vrai bluesman quoi. Les plus grands l'admirent secrètement. Les jeunots qui l'ont vu jouer dans les clubs d'Austin en sont restés sur le flanc. Sa voix est parfaite, ronde, ambrée, chaleureuse. Et ce son de guitare, oh mamma ! Un phrasé exceptionnel, une sonorité superbe, une palette de jeu d'un spectre richissime, bref le blues dans ce qu'il a de plus magique. Cet album-ci n'est pas spécialement supérieur aux autres, mais il fournira une belle occasion aux amateurs de rattraper le temps perdu. HP 4 - À ranger avec les autres albums de Mel Brown Rodoplhe Burger & Olivier Cadot On n'est pas Indiens c'est dommage (Ici d'ailleurs/Wagram, IDA015) - 5 titres - 32m15s - Produit par Dernière Bande Production - Sortie le 10 novembre. Survivance Welche. Un disque concept né lors du festival Babel à Strasbourg. À cette occasion, les deux protagonistes ont rétabli la cartographie oubliée d'un territoire où l'on parlait ce patois, le welche, enclavé aujourd'hui dans les vallées alsaciennes. Encore parlé par une poignée d'irréductibles, sorte de mémoire toujours vivante et dynamique, ce langage est voué à disparaître d'ici peu. Alors pour laisser son empreinte à notre patrimoine culturel, la parole est donnée aux habitants, au chant rythmant le quotidien du vallon de la petite Lièpvre, ce lopin de terre non loin de la ferme studio de Kat Onoma. Entremêlé de textes du cru, de la voix du poète Jack Spicer, de Rodolphe, Madame Rosa ou Monsieur Humbert, ce live irréel mais authentique est magnifiquement mis en scène par les musiciens et leurs machines. On ne remixe pas, mais on met bout à bout deux mondes que tout oppose mais dont l'homme est l'unique lien et ce, avec génie. LE 4 - À ranger entre Bashung et Kat Onoma Johnny CASH American III : Solitary Man (American/Sony) - 14 titres -42m 09s - Produit par Rick Rubin- Sortie fin novembre 2000 Country Nécrologie. On sait Cash gravement malade c'est pourquoi ce Solitary Man pourrait passer pour prémonitoire. C'est peut-être ainsi qu'il faut comprendre l'ouverture de l'album (le "I Won't Back Down" de Tom Petty) tout comme la production dépouillée et quasiment funèbre entourant le disque. Pour celui-ci, si le grand Johnny s'est adjoint les services habituels de Petty et son groupe, on y trouve aussi Sheryl Crow, une autre légende de la country (Merle Haggard) et comme s'il s'agissait d'un passage de témoin en direction de l'"alternative country", la collaboration de Will Oldham. Mais si une imagerie mortifère parsème l'album, elle ne verse jamais dans le pleurnichard. La voix de l'Homme en Noir, même si elle a perdu de sa vigueur, est toujours aussi pénétrante et ses interprétations, mêmes brisées, maintiennent toujours le cap de la menace et de la virilité. À cet égard le "grand piano" ponctuant "I'm not afraid to die" sur "The Mercy Seat" témoigne, qu'à l'aube de sa carrière et de sa vie, perdurent chez Cash grandeur et majesté. CF 4 - À ranger aux côtés de Dylan Certain General Closer To The Sun (Fantastik/Wagram MusicFMS 117) -11 titres - 45m10 - Produit par Arnaud Dieterien- Sortie le 27 Novembre 2000 Cold Wave ressuscitée. Comme le dit si bien le poète, quand quelqu'un s'en va, un autre prend sa place. Le talentueux mais malchanceux Parker Dulany n'ayant pas récolté le succès qu'il était en droit d'escompter avec son groupe Mr Parker's Band, a eu une autre idée : réactiver A Certain General, histoire de voir ce qui en découlerait. Apparemment, Sprague Hollander est toujours photographe de mode, à moins qu'il fasse toujours la gueule toujours est-il qu'il n'a pas daigné faire partie de cette reformation. Phil Gammage, le fabuleux guitariste des débuts, qui fonda par la suite les Corvairs avant de commettre quelques albums solo très intuitifs a répondu présent à l'appel. Force est de constater qu'il n'a rien perdu de son percutant jeu de guitare qui illumine les onze compositions (dont "Getaway Car" présent sur Jacklighter) beaucoup plus positives et enjouées que par le passé. Même si la voix de Parker Dulany file toujours des frissons à force d'être grave et triste ; on est très loin de la beauté glaciale de November's Heat le premier A Certain General paru en 1984 qui recueillit un certain succès dans une France pour une fois en avance de deux métros sur la bonne musique de l'époque ! En fait, nous sommes plus prêts des albums Cabin Fever et Jacklighter de leurs chansons solides, certes souvent morbides, mais tellement attachantes.TS 4,5 - À ranger entre les deux premiers Band Of Outsiders Bijan Chemirani Gulistan (Jardin des roses) (l'Empreinte Digitale/distr. Harmonia Mundi, ED 13127) - 14 titres, 62m18s - Produit par Bijan Chemirani - Sortie : 10 novembre World. Gulistan (Jardin des roses) nous amène à la rencontre de l'univers musical ensorceleur de Bijan Chemirani. Pépinière de musiciens de grand talent, cet opus dont les morceaux interprétés sont des compositions traditionnelles d'un monde qui s'étend de la méditerranéenne orientale jusqu'en Iran, en passant par l'Asie mineure, L'Azarbaïdjan et l'Inde. Bijan Chemirani soutenu par son père et son frère, avec la complicité de Ross Daly, a conçu cet album comme un bouquet aux senteurs enivrantes s'échappant d'un Gulistan (un jardin de roses imaginaire). La lyre crétoise, le rarb, le saz, le reqq ou le duduk, tous les instruments utilisés dans ce premier album du sieur Chemirani, n'existe pas dans la culture occidentale. Cette musique, uniquement instrumentale et basé sur le rythme offre un voyage initiatique au Compact Man, qui n'étant pas obtus et borné sait découvrir dans la production discographique, quelques dépaysements bienvenus. N & D S-D 3,5 - À ranger entre jasmin et roses rouge Cinerama Disco Volante (Scopitones/ Mélodie, Tone004) - 11 titres - 44m33s - Produit par Steve Albini Pop alternative.Disco Volante est le quatrième album de Cinerama, quintet pop britannique fondé en 98 par l'ex-leader des Wedding Present, David Gedge. Unanimement reconnu et applaudi par la presse anglo-saxonne, c'est à des miles des guitares énervées auxquelles Gedge nous avait habituées, que se situe Cinerama. Une toile sombre d'amour déchu tapisse l'ensemble de ces compositions cousues de cordes et de cuivres langoureux, doucement soutenue par la voix limpide de Sally Murrell, co-fondatrice du groupe. On se plaît à déguster la mélancolie bleu pâle qui en émane, un peu à la manière de Belle and Sebastian, que ce soit sur le tendre "Your Charms" ou sur la version longue de "Wow", titre figurant sur leur précédent Manhattan. Mélomanes sensibles, ne pas s'abstenir. CD'O 4 - À ranger entre John Barry et Delgados Compilation Natural Blues (Wrasse/Mélodie, WRASS020) - 16 titres, 71m04s - Produit pardivers - Sortie novembre 2000 Blues. Moby est un petit futé, un as de la récup', un brocanteur de la pop synthétiqueÉ On le dit, tout le monde le dit, mais cette compilation en est la preuve incontestable, car en revenant sur une belle brochette de blueseries remontant parfois jusqu'aux années 30, elle permet entre autres de découvrir "Trouble So Hard" de Vera Hall, chant recueilli par un couple d'ethnologues passionnés, dans un champ de coton (véridique !), qui servit à Moby de point de départ à son tube interplanétaire. Une plainte éternelle qu'il a, selon les interprétations qu'on peut donner de son travail, fort justement remise au goût du jour, ou intégralement pompée. Chacun se fera sa version, ce qui est sûr c'est que "l'original", permet de comprendre mieux les choses, de même que cette compil' apporte une vision extra large de plusieurs générations de blues (Howlin' Wolf, Little Walter, Willie Dixon, Etta James, B.B. King, Louis Jordan, Bo Diddley, Buddy Guy, Albert King, et tant d'autresÉ). SL 3 - À ranger définitivement au rayon blues Compilation Playtime 3 (Adimec/Les Disques Superclasse) - 14 titres - 44m15s - Compilé par Brad Whitaker - Sortie octobre 2000 Compilation 70's funk & soul. La mode pattes d'eph' vous fait doucement rêver au retour des coiffures afro et des couleurs flashies dans la rue? Alors au lieu d'attendre les bras croisés, il est temps de rechausser vos semelles compensées et de mettre dans la platine une bonne compile qui vous enverra directement trente, voire quarante ans en arrière. Lors de votre voyage, vous croiserez Larry "T-Bird" Gordon, Alvin Cash, ou encore la caricature de James Brown, Bus People Express. Vous ne pourrez vous abstenir de danser sur la reprise "In The Bottle", signée ici Brother To Brother, ou sur "Hot Chocolate" de Chocolate Caliente. Pour résumer l'affaire, un beau recueil qui va piocher dans les catalogues oubliés et navigue habilement entre soul et funk de la belle époque. CD'O 3 - À ranger entre vos vieux vinyles. Cousteau Cousteau (Naïve, NV 3637-1) - 11 titres - 50m30s - Produit par Cousteau - Sortie le 31 octobre 2000 Crooner nouvelle génération. Imaginez l'univers de Frank Sinatra ou de Muddy Waters transposé au XXIe siècle. La même saveur douce amère aux accents mélancoliques soutenus par une voix grave et intense, celle du chanteur Liam Mc Kahey, qui nous emporte vers un monde oublié des profondeurs abyssales (d'où la référence à notre commandant) et de passions contrariées. Car la véritable force de cet album est sa construction atmosphérique au sein de laquelle rien n'est laissé au hasard : le piano sur "Your Day Will Come" est envoûtant, tout comme les cuivres semés de-ci delà. Mais le quintet est avant tout une formation classique basse/guitare/batterie jouant la carte du cool jazz ou encore celle d'une certaine forme de revival 80's. Composé par Davey Ray Moore, multi-instrumentiste, ancien clavier de The Church, et plus récemment compositeur de musique de film, l'ensemble de cet opus nous tient en haleine jusqu'à la dernière seconde. CD'O 4 - À ranger entre Scott Walker et Tindersticks Creep AC Do The Humans Kill The Earth ? (Timer/FGL/Wagram) - 11 titres - 47m10s-Produit par David Weber & Creep AC -Sortie le 01 Décembre 2000 Hardcore français expérimental. Une bien belle surprise, que cet album de Creep AC, dans lequel les guitares prédominent. Elles sont trois, ce qui n'est pas courant, tantôt furibardes, quant elles ne sont pas acoustiques, les percussions sont menées de main de maître, en lieu et place de l'habituel bûcheron. Leur musique est certes, sauvage et violente, mais jamais de façon gratuite, quand une chanson ne nécessite rien de plus qu'un lourd riff de guitare en guise d'accompagnement ("Broken Nation" en étant le parfait exemple), tout le monde s'en tient là et personne ne cherche à tirer la couverture élimée à lui. Le son est excellent, comme tout ce qui se fait en Suisse (excepté un certain chanteur dont les insondables niaiseries connaissent un grand succès en France), cet album est une franche réussite et vous pourrez voir ce quintette normand à l'oeuvre pas très loin de chez vous et dans pas longtemps, ils font le tour de l'Hexagone jusqu'à début Janvier 2001 : que demander de plus ? TS 4 - À ranger entre Chemlab et Theater Of Tragedy Crematory Believe (Nuclear Blast/Edel) -12 titres- 54m38- Production Crematory-Sortie le 11 Décembre Hard Gothique. La vie est parfois injuste avec les Compact men, qui doivent se débrouiller pour chroniquer des disques certes plaisants, mais qui manquent cruellement d'informations précises : d'où viennent les solides gaillards de Crematory ? Pourquoi ont-ils choisi un nom si rébarbatif et tellement éloigné de la qualité de leurs albums ? Comment le chanteur fait-il pour avoir une telle voix d'outre-tombe ? D'ailleurs, comment font TOUS les chanteurs de ce genre musical pour ressembler, vocalement parlant, à des cadavres fraîchement déterrés ? Est-ce leur première tentative discographique (je ne crois pas) ? Combien sont-ils ? Seul David Vincent les a vus et pas de chance pour nous, vu qu'il est l'innocente victime d'une justice aveugle, il est obligé de se planquer tout le temps. Enfin, sachez tout de même que les compositions de Crematory sont belles, ambitieuses et qu'elles ne dépareilleraient pas sur le prochain Andrew Eldritch ... TS 4,5 - À ranger entre Fields Of The Nephilim et Sisters . The Cult Rare Cult (Beggars Banquet/Labels, RC BOX 1 CD) - coffret 7 CDs, 101 titres - Produit par divers - Sortie fin novembre 2000 Rock(s). C'est monstrueux ! Tout simplement pharaonique ! Même si vous possédez la très belle série de 12 CDs avec pochette calque, il y a dans ce superbe coffret 6 CDs (+ un CD de remixes) de quoi contenter même les fans les plus extrémistes. Beaucoup de démos (enfin, des démos comme ça, bon nombre de groupes aimeraient pouvoir en faire des disques !), des inédits sortis d'on ne sait quel tiroir magique, des remixes, versions acoustiques, n'en jetez plus, les oreilles sont pleines ! Inutile de rentrer dans le détail, il faudra des semaines, voire des mois, pour tout éplucher, se gaver de chaque rareté, s'en remplir la panse jusqu'à épuisement des forces. Alors qu'on apprend parallèlement que le groupe est en studio pour peaufiner son prochain album, ce bel objet remet habilement les pendules à l'heure, pour les quelques étourdis qui avaient oublié à quel point Ian Astbury, Billy Duffy et les siens étaient des adeptes de la tuerie hi-octane, et permettra de passer l'hiver sans trop se soucier de l'absence cruelle de concerts à se mettre sous les cages à miel ou des programmes télé toujours plus débilesÉ DB 5 - À placer sur l'étagère réservée aux coffrets The Dead Cheap Fierce Panda Sampler Various Artists (Fierce Panda/PIAS-Nong 16 CD) -15 titres- 57m55s- Produit par Divers- Sortie le 27 Novembre Compilation des jours heureux. Ha, les compilations de labels indépendants, que de souvenirs plus ou moins glorieux ! En enfonçant profondément le groin dans la terre humide, on arrivait toujours à ramener à l'air libre deux ou trois véritables truffes qu'on s'empressait de déguster sur le champ, quitte à en être malade et à ne plus vouloir entendre parler de champignons avant de longs mois. Pas de raison que les choses se passent différemment avec la maison de disques joliment baptisée Fierce Panda. En laissant sur les fougères les groupes pas très intéressants que sont Bellatrix, Malluka et Mercedes, on atteint la strate où sont enfouis Coldplay, Hundred Reasons (dont le riff de guitare du titre sélectionné "Cerebra" vous fera penser à celui de "I Will Follow", première chanson du premier U2) et autres Llama Farmers (à ne surtout pas confondre avec les High Llamas, définitivement pas le même combat), formation qui commence à faire parler d'elle. Arrivés à ce stade de pur bonheur, on grouikera de satisfaction et l'on se roulera dans cette bauge musicale. TS 3,5 - À ranger entre deux compiles du regretté label Postcard. Deep Purple Who Do We Think We Are (EMI, 7243 52160723) - 14 titres, 72m33s - Produit par Martin Bitch - Sortie le 10 novembre 2000 Hard rock décapant. Grâce aux miracles de la technologie moderne et des dénicheurs de trésors inédits, justice est enfin rendue, à cet album passé quelque peu inaperçu. Cet opus qui se vendit beaucoup moins que son illustre prédécesseur studio Machine Head, lors de sa sortie en 1973. On en comprend mal la raison les compositions de Who Do We Think We Are étant au moins, de qualité égale. En effet, "Woman From Tokyo" fait la nique au riff de "Smoke", "Rat Bat Blue" réussit là où "The Mule" nous ennuyait vite, "Place In Line" se jazzifie au fur et à mesure que les minutes passent, "Mary Long" est toujours aussi drôle, "Super Trooper" & "Smooth Dancer" fonctionnent encore bien de nos jours et "Our Lady" reste une superbe ballade, pas de problème de vieillissement plus ou moins prématuré ! L'ensemble a été superbement remasterisé et quelques friandises nous sont offertes :des 99 remix des titres "Woman From Tokyo", "Our Lady" et "Rat Bat Blue", une chanson restée dans les tiroirs malgré son intérêt, appelée "Painted Horse", une writing session d'une minute de "Rat Bat Blue", un alternative bridge de "Woman >From Tokyo" et, enfin, merveille des merveilles, un long instrumental de 11' 30'' baptisé "First Day Jam" qui en dit long sur les qualités de chacun des musiciens présents ce jour-là et sur leur envie d'en découdre avec le monde entierÉ TS 5 - À ranger entre Made In Japan et la prochaine Remastered Edition Amr Diab Tamally Maak (EMI Music Arabia, 07243 528264 2 1) -10 titres, 43m20s - Produit par Mohsen Gaber & Alam El Phan Co. - Sortie : Octobre 2000 Jeel Musique. Référence majeure de la jeunesse du monde arabe, la jeel musique égyptienne a envahi l'ensemble des pays du Moyen-Orient. Cousine du Raï Algérien, celle-ci allie chanson d'amour et rythme dansant. Amr Diab diplômé de la faculté du Caire section musique dispose, à même pas quarante ans, de dix-sept albums à son actif, trois disques de platine, et s'est vu décerner un Platinum Award lors de la cérémonie des Music World de Monte-Carlo. Numéro un de la chanson au pays des pharaons, il nous offre avec Tamally maak dix chansons d'amour dans la pure lignée des chanteurs égyptiens, ponctuées de guitares espagnoles qui raviront les coeurs des jeunes filles et feront rêver les autres. Laissez-vous emporter par le charme d'Amr Diab et sa voix envoûtante et imaginez vous sur les bords du Nil, un verre de jus de fruit à la main, le soleil se coucheÉ N & D S-D 3 - À ranger entre Farid El Atrache et Takfarinas DIDO No Angel (Arista/BMG, 74320-80268-2) - 12 titres, 51m52s - Produit par Divers - Sortie le 23 janvier 2000 Chanson. À l'âge de 16 ans, Dido a flashé sur Ella Fitzgerald et elle aurait passé son enfance entre la collection de disques de son frère (Clash et Duran Duran) et la Guidhall School of Music l'ensemble de musique classique pour lequel elle joue du piano et du violon. L'album semble être le reflet de cette jeunesse "bigarrée" ne serait-ce que par les différents producteurs (elle-même, son frère Rollo de Faithless, Rick Nowels ou Youth) qui s'essaient à donner corps aux compositions de la chanteuse. Si sa voix n'a pas l'ampleur de celle de Fitzgerald, elle est par contre suffisamment chaleureuse et suave pour insuffler une once de sensualité. Ajoutons que les tonalités restent chaudes et l'électronique plus que discrète, que les beats sont noyés, sous des arrangements, on ne peut plus classique et l'on pourra, éventuellement, apprécier un No Angel qui, malgré son titre, sonne plus domestiqué que sulfureux. CF 2 - À ranger entre Beth Orton et Anouk Disturbed The Sickness (Giant Records/BMG, GIANT 74321 70267-2) -12 titres, 47m23s -Produit par Johnny K & Disturbed- Sortie le 22 novembre 2000 Rock en fusion douloureuse. Dérangés, les quatre Chicago Men de cette formation le sont sûrement, ainsi que tourmentés, stressés, agacés, and so on... Leurs influences renvoient à Tool et à Undertow leur album-charnière, pièce maîtresse qui n'a jamais été égalée et encore moins dépassée, même pas par leurs créateurs. Leur musique est compulsive, maladive, blême et il vous suffira de vous mettre entre les oreilles leur version tout à fait personnelle de "Shout", l'un des premiers hits de Tears For Fears, pour vous faire une idée assez valable de l'état d'esprit fébrile qui règne au sein de cette association de psychotiques surdoués. Les compositions personnelles valent, elles aussi, leur poids en entonnoirs, même si pas mal de tics et de clichés propres au genre dit fusion sont de la partie ; on ne peut pas être créatif sur tous les fronts, sauf exception, et cet album est assez intéressant pour que nous fermions les yeux sur ces détails sans importance. TS 3 - À ranger entre Undertow, et Introduce Yourself de Faith No More. DONNAS Turn 21 (Epitaph) - 14 titres, 40m56s - Produit par The Donnas Rock. Voici un quatuor féminin qui délivre avec allégresse et sans fausse honte un "no nonsense" rock and roll, bref un rock qui se veut énergique et sans arrière-pensées. Ce quatrième album, auto-produit, a été entièrement écrit par elles et il égrène sur 14 compositions survitaminées, riffs cinglants, mélodies énergiques et lyriques fleurant bon la spontanéité adolescente, et tous les stéréotypes de la "rock song" américaine. Les Donnas se veulent d'éternels teenagers, disons qu'à l'image du titre Turn 21 elles ont atteint leur majorité et une certaine maturité. CF 2,5 - À ranger entre Joan Jett et les Bangles The Doors Concerto Riders On The Storm (Decca/Universal, 467 350-2) - 9 titres, 63m53s - Produit par Jaz Coleman - Sortie octobre 2000 Massacre symphonique. Pauvre Jim Morrison ! Si avec ça il ne se retourne pas dans sa tombe, c'est qu'il a vraiment le sommeil lourd ! Quelle horreur ! Autant les métalleries un peu ballourdes du style Scorpions, Deep Purple ou Metallica passent sans trop de dégât (quoi queÉ) à la moulinette classique ; autant, visiblement, l'univers des Doors s'y prête peu. Le choix des titres est pourtant intéressant ("People Are Strange", "The End", "Spanish Caravan" et d'autres classiques), mais ni Kennedy, toujours aussi virtuose au violon, ni Jaz Coleman, qui a assuré les arrangements et l'orchestration avec l'orchestre symphonique de Prague, ne vienne sauver ce disque du désastre intégral. Non pas que tout ce joli monde ait été irrespectueux avec l'oeuvre originelle (manquerait plus que cela !), mais simplement, cet album passe complètement à côté. Et le plus fort est que, visiblement, personne n'a eu conscience de l'ultime ratage en devenirÉ SL 0 - À oublierÉ Johnny Dowd Temporary Shelter (Munich Records/Musisoft, MRCD 206) -11 titres, 56m57s- Produit par l'artiste- Sortie le 22 novembre 2000 Country plus déglinguée qu'alternative. Amateurs de chansons calibrées et musicalement correctes, passez votre chemin sans plus tarder, car vous risqueriez d'être désorientés par les disques de Johnny Dowd. Ils se suivent et demeurent des entités indépendantes les unes des autres. Johnny Guitar & Vocals n'est pas là pour nous brosser dans le sens du poil, mais plutôt pour nous le hérisser au maximum, le toilettage étant ainsi facilité. Sa musique rejoint celle des grands défricheurs de nouveaux espaces sonores mais bien rock tout de même. Un album de cette trempe mérite une écoute attentive, ce n'est définitivement pas le genre de rondelle qu'on insère dans la platine sans y prêter attention, histoire de faire le ménage en disposant d'un environnement sonore inoffensif. Non, il vous faudra du temps avant de déceler toutes les richesses de titres comme "Stumble And Fall", "Angel Eyes" ou "Death Comes Knocking", mais le jeu en vaut la chandelle et votre patience sera récompensée au centuple, believe us. TS 5 - À ranger entre Hallowed Ground et Ballad Of A Thin Line Man EIFFEL Abricotine (Labels, 039098)- 12 titres, 52m36s - Produit par Romain Humeau -Sortie le 9 janvier 2001 Cocorirock. Eiffel nous avait gratifiés voilà peu d'un maxi pop assez savoureux et vif qui, on le voit maintenant, posait les jalons d'un album encore plus pétillant. Si nos quatre petits français se réclament des Pixies, Clash ou consorts, ils ne semblent pas non plus avoir oublié de mettre dans leurs besaces, ces riffs affûtés et ces vocaux apprêtés qui nous rappellent certaines belles réalisations du "glam rock". Ajoutons que la plupart de leurs compositions sont impériales, que leurs collages sonores sont du plus bel effet ("Ô Toi") et que les lyriques, concis et intelligents, couronnent le disque d'une tonalité flamboyante ("Hype"), délicieusement décadente ("Dragqueen") et moins futile qu'on pourrait le penser ("Je Voudrais Pas Crever"). Abricotine conjugue ainsi avec bonheur dextérité "popesque" et énergie rock-and-rollienne, peut-être préfigure-t-il à cet égard la renaissance espérée des mélomanes vibrants. CF 4 - À ranger entre Ziggy et Beatles Ekova Space lullabies and other fantasmagore (Globe music/Sony music, EPC 499930-2) - 14 titres, 61m09s - Produit par Carmen Rizzo & Ekova Electro, techno pop. Difficile de définir le style d'Ekova, tant leur musique a du mal à entrer dans une classification connue à ce jour. Arach (percussions), Medhi (Oûd et programmations) et Dierdre (violoncelle, guitare et chant) explorent des chemins qui vont de l'electro à une expression plus ethnique. Venus d'horizons les plus variés (Iran, Afrique du Nord et USA), Ekova présente ici son troisième album. Ils ont choisi d'enregistrer au Portugal, car nos trois compères ont le voyage dans le sang et n'ont pas hésité à parcourir l'Europe et les Etats-Unis pour faire découvrir leur vision du monde et de la musique. Avec une bonne longueur d'avance sur leurs congénères, c'est dans un monde qui n'existe pas encore qu'ils nous entraînent et, au travers de leur regard, le futur nous semble si accueillant ! La pochette de cet opus témoigne bien de l'univers à la fois futuriste et fantasmagorique qui les habite et la voix de Dierdre a de quoi envoûter l'ensemble des spécimens mâles de la planète. Un groupe à découvrir d'urgence, pour ceux qui n'ont pas l'habitude de mettre n'importe quoi entre leurs oreilles. N & D S-D 4 - À ranger entre Natacha Atlas et Digital Bled Erasure Loveboat (Mute/Labels) - 11 titres, 44m52s - Produit par Erasure et Flood - Sortie le 31 octobre 2000 Pop mélancolique. Après des rumeurs de split, artistique et privé, Andy Bell et le petit génie des claviers Vince Clarke reviennent avec un nouvel album. Une étrange carrière de quinze années qui les mène de succès en bides. Les deux premiers albums, Wonderland (85) et The Circus (87) demeurent, à ce jour, leurs plus grandes réussites. Subtil (et dangereux) mélange entre pop légère et variété élaborée. Des mélodies imparables et des arrangements originaux. Les quatre albums suivants sont plutôt décevants, trop facilement disco et peu inspirés. Loveboat distille un parfum de nostalgie et une envie de revenir à la magie mélodique des débuts. Plus lent, plus émouvant que les dernières livraisons, il montre le duo dans une phase plus posée et plus dépouillée. Attachant, Loveboat mérite plus d'attention que son titre kitsch, qui pourrait laisser penser à une suite sans saveur. MEK 3,5 - À ranger entre Aqua et Depeche Mode Michel EYAN Concorde (Madeline/ Musisoft, MDCD 722) - 14 titres, 64m 24s - Produit par Michel Eyan- Sortie novembre 2000 Musique aléatoire. Quand on a fait le Conservatoire, qu'on se sent des affinités avec le Pink Floyd, Hendrix, Lou Reed ou Bowie et qu'on se réclame aussi des influences latines, reggae ou hip hop, il n'est guère étonnant que Concorde ne fasse pas mentir son titre et soit bâti sur le modèle d'une musique cosmopolite et oecuménique. On retrouve ainsi un album édifié, semble-t-il, sur le principe de la démarche formelle où les reprises de Gainsbourg ("Le Poinçonneur des Lilas") ou de Lennon ("Instant Karma") sont méconnaissables et (trop ?) soigneusement déconstruites, où les compositions "world" côtoient Ferré et Manset et où le bagage musical indéniable de Eyan est une porte ouverte à son goût pour l'expérimentation. Il crée ainsi un paysage décalé et un tantinet surréaliste, ne lui manque que ce grain de folie qu'il revendique fiévreusement et qui permettrait de désorganiser ce délire un tant soit peu trop orchestré. CF 3,5 - À ranger entre Zappa et Jean-Luc Ponty The Fall The Unutterable (Eagle Records/EdelEAGCD164)-15 titres, 55m42s- Produit par Grant Showbiz et Mark E.Smith -Sortie le 17 novembre 2OOO New Wave inaltérable. Drôle d'idée que de baptiser un album L'Imprononçable mais avec le sévère Mark E.Smith, il ne faut s'étonner de rien. Voilà une bonne vingtaine d'années que La Chute, toujours menée d'une main de fer dans un gant d'acier par Mr Smith et ce, quel que soit le personnel fluctuant, s'obstine à nous faire croire que la machine à remonter le temps s'est bloquée définitivement sur le rude hiver 79/80 et que Ian Curtis chante toujours au sein de Joy Division, que Gang Of Four vient de sortir son excellent jet initial, que le chanteur de Cure, autre grand Smith devant l'Eternel, est maigre comme un clou et, peut-être bien le fait le plus significatif, qu'un bon groupe doive forcément avoir l'air le plus renfrogné possible et proposer une musique absolument glaciale. Cela dit, les disques de The Fall possèdent un charme étrange et strict, à l'image de leur leader qui n'hésite jamais à cracher son venin sur tout le monde à la moindre interview accordé, pour paraphraser une bonne blague, on pourrait écrire que quand un pitbull rencontre Mark E.Smith, c'est lui qui change de trottoir ! TS 4 - À ranger entre I Am Kurious Oranj et The Marshall Plan Fatboy Slim Halfway Between The Gutter And The Stars (SMALL/Sony, 5005752) - 11 titres, 68m22s - Produit par Norman Cook - Sortie le 7 novembre 2000 Big Beat Soul. You've Come Along Baby restera indéniablement dans les mémoires. Happé par l'ampleur médiatique, Norman Cook semble n'avoir pas très bien vécu son statut de star et, revenir après un tel succès n'est pas chose aisée. S'il a cédé à la tentation de ranimer les voix du passé comme il est de bon ton de le faire de nos jours ("Talking About My Baby", poème de Jim Morrison), le monsieur continue sur sa propre voie big beat. Une touche supplémentaire de soul avec l'incomparable Macy Gray ("Love Life" et "Demons"), ainsi que quelques restes de la période old school technoïde sauront satisfaire les plus exigeants. En somme, il n'y a peut-être pas matière à sortir autant de singles que sur le précédent, mais Fatboy Slim a su conserver son identité et sa qualité, chose pas si facile. CD'O 3 - À ranger entre Freddy Fresh et Roni Size The FRANK & WALTERS Glass (Setanta/Poplane, CD079) - 12 titres, 51m47s - Produit par Rob Kirwan et Flood- Sortie novembre 2000 Indie Pop. De ce trio irlandais, on avait le souvenir d'une pop plutôt mesurée et toujours en demi-teinte, aussi Glass marque un changement de cap radical par son utilisation de l'électronique et de mélodies beaucoup plus directes. On perdra donc en subtilité et en infection pernicieuse ce que l'on gagne ici en refrains déclamatoires et en intensité sonique et tout juste retrouvera-t-on, au détour de quelques plages plus tamisées comme "New York", ces inflexions savoureuses et ces choeurs imparables qui rendaient les Frank and Walters si attachants. Notons que le groupe rend également hommage à ce grand alchimiste de la pop immaculée, Sean O'Hagan des High Llamas, mais regrettons aussi que, dans cette approche résolument commerciale, le groupe sonne plutôt presque parfois comme ces New Romantics passés de mode que comme ces artisans façonneurs d'une musique où pop et low-fi faisaient si savoureusement bon ménage. CF 3 - À ranger entre U2 et Ultravox Freak Out L'oeil Ultra Loupe (Stormy Music, LMS 03807) - 5 titres, 19m58s - Produit par M. Ambrosia - Disponible Fusion Rock Groovy. Signés par le label breton Stormy Music, qui est également celui de Merzhin, les Brestois Freak Out sortent leur premier 5 titres cet été, conquérant au fil de leurs concerts un large public avec leur rock métissé. En attendant un véritable album prévu pour le printemps prochain, les petits gars font leur chemin et peaufinent leurs nouvelles compositions. Celles présentes sur l'oeil Ultra-Loupe respirent les influences psychés, s'acoquinant ici au funk ("On Reste Zen"), s'essayant là au reggae ("L'Est et La Guérilla"), mais restent plus efficaces lorsqu'ils développent leur propre identité musicale fort intéressante, qu'on espère encore plus affirmée sur leur prochaine production. CD'O 3 - À ranger entre Match and Mix et Matmatah The Gentle Waves Swansong For You (Jeepster/PIAS, JPRCD011) - 10 titres, 36m09s - Produit par T. Doogan et G. Allen - Sortie le 6 novembre 2000 Mélodies éthérées. Signé sur Jeepster, le label de Belle and Sebastian, The Gentle Waves est le groupe parallèle d'Isobel Campbell, la moitié féminine du groupe en question. Allant, encore plus loin dans la suavité, la voix de la demoiselle se fait aérienne, et conduit instamment à l'émotion dont les amateurs ont pris l'habitude. Les compositions de ce second album solo (le premier The Green Fields Of Foreverland, sorti en avril 99) y sont toutes aussi élégamment sombres, nous transportant au coeur de cet univers doux et mélancolique, fait de violons, d'orgues et de cuivres langoureux. Un album qui séduit par sa simplicité et son charme intemporel. CD'O 4 - À ranger entre Belle et Sebastian Gibus Mix Volume 1 by Dj Kair (Barclay, 5432022) - 15 titres, 56m27s - Produit par Ramzi Atouani - Sortie le 17 octobre Mix House. Après le Queen, le Coste, le Buddah Bar, Le Gibus se jette dans la course à la compil. Oui, il s'agit bien d'une rondelle de plus à superposer au comptoir des mix divers, menés par Dj Untel ou MC Chose. Seulement là, on doit dire que pour une fois les offrandes choisies ne manquent pas de caractère. Donc, on s'incline devant Sven Love & Catalan FC, Modjo (et son "Lady" revu et corrigé par Roy Davis Jr), Busta Funk, Superfunk (sous la houlette de Junior Sanchez) ou Phunky Data. Une dominance bien frenchy qui n'est pas sans déplaire bien que torturée par un résident de ce vieux temple rock. Reste à savoir si le Gibus peut rivaliser avec le Rex. En attendant, la programmation se montre à la hauteur d'un public exigeant : Dj Sneak, Derrick Carter, Kerry Chandler. Bref, que du bon ! LE 3 - À ranger entre Paul Johnson et Marshall Jefferson Giuffria Silk And Steel (Axe Killer/Wagram, 3063662) - 11 titres, 47m09s - Produit par Gregg Giuffria & David Glen Esley - Sortie fin novembre 2000 Hard FM. On dira ce qu'on veut, mais la seconde partie des années 80 restera en matière de hard-rock tendance FM, un grand moment, avec de grands disques et de grands groupes. La technologie permettait d'incroyables débordements de synthés habilement tourmentés ou totalement furibards, et en même temps elle n'avait pas encore vampirisé la création, car c'est un peu ce qu'on a ressenti ensuite, à savoir des groupes soumis à la dictature du quadruple clavier à douze branches ou de l'ordinateur à turbotraction arrière. Alors, bien sûr, certains de ces disques ont pris un petit coup de vieux, mais parfois cette atmosphère un peu désuète, s'il elle est contrebalancée par une habile remasterisation, comme c'est le cas ici, permet de profiter pleinement des mélodies suaves, du chant à paillettes et des jolis solos proprets mais efficaces. En bonus sur la réédition de ce disque de Giuffria jusqu'alors introuvable en CD, un morceau ("Say It Ain't True") composé en 86 (deux après la sortie de ce Silk & Steel) pour la bande originale de Gotcha !É DB 2,5 - À ranger entre House Of Lord et Angel Gorky's Zygotic Mynci The Blue Trees (Mantra/Labels, MNTCDM 1023) -8 titres, 23m31s- Produit par Gorwel Owen et le groupe - Sortie le 20 novembre 2000 Rock acoustique et dépouillé. Ce groupe gallois, au nom définitivement imprononçable, cherche depuis le début de sa carrière, à atteindre et rejoindre la beauté aride mais parfaite des disques fonctionnant en parfaite autocratie, loin de toutes mode et autres concessions commerciales. Un mystère aux yeux et aux oreilles des incroyants, de tous ceux qui ont persuadé qu'un album digne de ce nom doit posséder un son énorme et inclure une douzaine de samples, des invités prestigieusement ennuyeux et un hit en rotation intense sur la bande FM. Non, vous n'entendrez jamais les GZM (ha, c'est mieux ainsi !) à la radio et c'est plutôt bien, car de cette façon, rien ni personne ne pourra jamais les corrompre. Leurs chansons sont tellement limpides qu'elles en paraissent simples, mais méfiez-vous des apparences : la simplicité n'est pas si facile à concrétiser. TS 4 - À ranger entre les disques de Rainer Placek et un bon vieux Nits . Steve Hackett Feedback ( Camino / MSI) - 8 titres, 37m22s - Produit par Steve Hackett & Brian May - Sortie Octobre 2000 Pop prog. Les morceaux précieux qui composent cet album bleuté étaient demeurés dans les tiroirs de Steve Hackett depuis 1986. Il a décidé de les exhumer aujourd'hui pour notre plus grand bonheur. Il aurait peut-être pu le faire plus tôt, mais, connaissant l'homme, on peut imaginer que quelques scrupules le retenaient à publier ces bandes un rien trop pop à son goût plus mature. En fait, le disque se situe au carrefour d'un prog rock british bien classique et celle d'une pop plus enlevée façon Kansas. L'album démarre même par un pastiche à peine déguisé de "Layla", c'est dire... Mais les gens de qualité se retrouvent toujours à un grand niveau, même quand ils ont l'impression de s'amuser. Et c'est d'autant plus vrai que Steve Hackett est ici joliment entouré par un Brian May toujours aussi volubile, par Bonnie Tyler et Chris Thompson, le chanteur du Manfred Mann's Earth Band. Belle affiche, qui suffit à faire d'un album à vocation mineure un bon moment de musique quand même. Ce n'est certes pas ce que Hackett a fait de plus inspiré, de plus technique ou de plus profond, mais c'est en tout cas très séduisant pour l'oreille de n'importe quel amateur de belle prog bien tempérée. HP 3,5 - À ranger entre Genesis et Kansas Helloween The Dark Ride (Nuclear Blast/Edel/Sony, 27361 64802) - 12 titres, 52m45s - Produit par Roy Z & Charlie Bauerfeind- Sortie le 31 octobre 2OOO Speed Metal du bon vieux temps. Cela fait vraiment plaisir de retrouver les sympathiques Allemands d'Helloween en pleine forme et, surtout, en pleine veine créatrice, vu que leurs deux albums précédents n'étaient pas de franches et loyales réussites ! Mais tout leur est pardonné avec The Dark Ride, véritable concentré de chansons puissantes qui seront reprises en choeur par une foule en délire (ou quelque chose dans ce genre), surtout trois. "All Over The Nations" va faire un malheur sur les ondes FM spécialisées, "Salvation" est plus calme et introspectif, mais tout de même bien musclé et un "The Dark Ride", non content de flirter avec les neuf minutes, se paye en plus le culot d'être d'humeur changeante à plusieurs reprises. Quoique le reste de ce disque ne soit pas mal du tout non plus, mais bon, il faut bien faire un choix, aussi cruel soit-il ... Helloween est redevenu ce groupe qui nous plaisait tellement du temps de leur Keeper Of The Seven Keys, Part I & II, qu'ils en soient ici publiquement remerciés. TS 3,5 - À ranger entre Keeper Of The Seven Keys et Metal Jukebox Her Space Holiday Home Is Where You Hang Yourself (Wichita/Tripsichord, WEBB002) - 11 titres, 45m31s - Produit par Marc Bianchi - Sortie le 5 décembre 2000 Lo-Fi. Il est étonnant de penser que Monsieur HSH (Marc Bianchi) ait fait partie de la scène hardcore de San Francisco. En effet, cet album mélange subtilement guitares acoustiques langoureuses et ambiances électroniques discrètes et tamisées. Les vocaux sont chuchotés, les claviers lancinants et somnambulesques et les beats paresseux et ensommeillés. De ces refrains introspectifs se dégage un sentiment de rituel fataliste et de dignité dans la tristesse, comme si, par-delà ces mélodrames funestes et ces convulsions semblables à des mantras, pouvait s'échapper une sérénité enrichie par sa propre mélancolie chagrine. On remercie alors ces arpèges délicats et hypnotiques ainsi que ces samples spartiates qui nous font miroiter ainsi tous les trésors enfouis sous les ténèbres et la neurasthénie. CF 4 - À ranger entre Sparklehorse et Spiritualized John Hiatt Crossing Muddy Waters (Sanctuary, Import UK) - 11 titres, 38m00s - Produit par Justin Niebank - Sortie octobre 2000 Roots. Avant même de déposer la galette dans l'habitacle prévu à cet effet, le titre de ce nouvel album de John Hiatt sous-entend que le songwriter -toujours plus injustement méconnu au fur et à mesure que le temps passe et que sa discographie s'épaissit- a délaissé l'espace d'un petit plaisir (presque) solitaire ses envies de rock mastodonte mais mélodique, pour des sonorités plus proches de ses racines du moment. Des montagnes russes entre fureur rock et passages plus calmes qui caractérisent parfaitement les multiples facettes du bonhomme. On se souvient encore avec des frissons dans le dos du sublissime Walk On, paru voici quelques années, avant un énième retour vers des sonorités plus rentre-dedans. Beaucoup de guitares acoustiques sur ce disque, de mandoline (parfois électrique), de 12 cordes (ce son !), un peu de tambourin, de slide aussiÉ John Hiatt amalgame tout ceci, et beaucoup d'autres éléments encore (sa voix, notamment, qu'il module avec de plus en plus d'assurance, comme sur le magnifique morceau qui donne son titre à l'album -on comprend pourquoi !), ce qui rend Crossing Muddy Waters aussi prenant que les précédents (disons depuis au moins quinze ans qu'il enchaîne les sans faute avec une belle régularité), même s'il est beaucoup moins démonstratif qu'à l'accoutumée. Preuve supplémentaire qu'un grand talent n'a nul besoin d'artifices démesurés ou d'une production tapageuse pour faire parler la poudre. CG 5 - À ranger entre Slow Turning et Walk On Higelin Live 2000 (Tot ou Tard/WEA, 8573846582) - 11 titres, 76m56s - Produit par Dominique Mahut - Sortie novembre 2000 Higel toute l'année. Higelin, après une carrière qu'on ne présente plus, et une tournée suite à la sortie de Paradis Païen d'une centaine de dates, comprime, condense, malaxe ses chansons, anciennes ou plus récentes, pour un live simple (il aurait pu nous sortir un triple CD ou un coffret qu'on l'aurait accepté avec le même enthousiasme) à la belle densité. L'humeur bohème, un tantinet chafouine, Higelin sert le bonheur, ouvre les coeurs au sien (de coeurÉ et de bonheur, aussi, d'ailleurs !), lève le pied avec son éternelle ode à la paresse, assure la poésie du quotidien, le besoin de l'inutile, et l'utilité de l'envie. Le musicien est homme et le compositeur humain, les orchestrations se moquent des habitudes, forcément mauvaises, et le disque déroule ses notes éparpillées, estampillées, détrempées, détrompées, entamées, rétamées, irradiées, et plus, car forcément, affinités, vents contraires et grains de folieÉ CG 4 - Franchement, range-t-on Higelin ? In The Mood For Love B.O.F (Black 2 Pictures/Virgin) - 21 titres, 48m27 s - Produit par Wong Kar-Wai Dépaysement assuré. Je ne sais pas trop ce que donne le film, mais s'il est à l'image (sic) de sa musique, le spectateur doit oublier ses petits soucis personnels pendant le temps de la projection et même après, pour peu que la magie agisse encore un peu ... Vrai, ce genre de disque vous repose les oreilles et se promène bien loin des grosses guitares et des batteries assourdissantes habituelles. Toute expérience étant bonne à vivre, vous seriez avisés de vous procurer cette rondelle orientale aussi bien qu'argentée et de la déguster à petites doses en guise de salutaire sevrage ! Wong Kar-Wai, le grand ordonnateur de ce projet, a sélectionné une mosaïque de musiques made in années 60 qui nous promènent de Hong Kong à Singapour, en passant par le Cambodge, sur fond de radio days, opéras traditionnels et ritournelles en vogue à cette époque et cet endroit. Le fil rouge, le thème principal est un air de valse emprunté au film Yumeji et c'est une bien belle façon de laisser son imagination vagabonder au gré de la pellicule ... TS 3,5 - À ranger entre V.Cosma et J.Goldsmith Tony Iommi Iommi (Virgin) - 10 titres, 51m06s - Produit par Bob Marlette - Sortie le 31 octobre Rocks. Lâchons-le d'emblée : ce disque est un pur régal. Non seulement le légendaire guitariste de Black Sabbath a su torcher de vraies et solides compos pour ce premier exercice en solo (enregistré sur trois ans pendant la dernière et triomphale tournée de BS), mais il y a convié, pour de substantielles et souvent majeures participations, un gratin rock'n'roll de tout premier choix. Skin, Dave Grohl, Billy Corgan, Henry Rollins, son vieux pote Brian May (sur 3 titres), Ian Astbury, Matt Cameron et Ozzy Osbourne !! Réussir à éviter le méga boeuf méga chiant est d'autant plus méritoire. Iommi : du gros rock old school qui se frotte à des énergies plus récentes, pour un résultat pétaradant, électrifiant et enthousiasmant. Fingers high ! MEK 4,5 - À ranger entre six cordes en or Joe Jackson Night & Day II (Sony Classical) - 10 titres, 46m21s - Produit par Joe Jackson - Sortie le 30 octobre 2000 Pop élégante. Quatre albums en quatre ans, déjà, chez Sony Classical et le premier qui tente explicitement un retour vers le succès. Passons sur le titre, écho outrageusement commercial au bijou de 82 et délectons-nous de la musique. Malgré un effort de simplification de la matière et un ensemble plus pop que ne l'étaient les précédentes livraisons (qui, pop, ne l'étaient point du tout), Night & Day II demeure complexe, bien au-delà d'un seul genre et souvent passionnant. Marianne Faithfull fait un passage remarquable sur le mélancolique "Love Got Lost" et Graham Maby (basse) est de retour. Jackson aborde aujourd'hui New York en habitué. Il n'est plus le petit Anglais qui débarque. Il y confirme sa relation d'amour-haine pour la mégapole, même si une profonde affection finit par l'emporter. À quand Big World II ? MEK 4 - À ranger entre chien et loup Jay Jay Johanson La confusion des genres (BMG) - 9 titres, 21m34s - Produit par JJJ et Erik Jansson - Sortie le 7 novembre 2000 B.O.F. La musique d'un film, à en croire JJJ, est soit un recyclage bâclé de (ses) mélodies déjà existantes, soit quelques thèmes simplistes et très répétitifs. Un ensemble peu épuisant, peu long et peu convaincant. LaÉ confusion des genres ? Quelques petits bruits de synthés insipides évoquant plutôt un Scary Movie du pauvre, un remix pénible du beau "Alone Again", un "Seven Inch", hispanisant, qui ferait une jolie face B, quelques discrètes et maladroites notes de pianoÉ En d'autres termes, cette déroutante parenthèse présente peu d'intérêt, semble inachevée et ne donne envie que de retourner au sublime Poison. À moins que le (premier) film de Ilan Duran Cohen ne soit un chef-d'oeuvreÉ MEK 1 - À ranger entre Michel Lai et Francis Legrand Kemuri Senka Senrui (Roadrunner)- 15 titres, 46m40s - Produit par Kemuri et 49 Integration - Sortie décembre 2000 Ska-punk édulcoré. Ça balance pas mal, derrière le soleil levantÉ Ici, le terme de "punk" est à peu près aussi approprié que pour Offspring (sans doute encore moins). Il s'agit plus d'une certaine idée des rythmes et des arrangements, simplistes, que d'un état d'esprit. Troisième album de ce groupe à succèsÉ chez eux (comme la terre entière au Japon), ils se sont également fait remarquer ces dernières années sur les college radios US. Bon accueil, ventes honorables. Pas agressifs pour un accord, ces punks du nouveau millénaire arrosent leurs petits hymnes super speed de cuivres ska 60s convenus. Recherchent-ils l'originalité ? Sans doute pas, plutôt l'efficacité, l'application des bonnes recettes des aînés ou confrères anglo-saxons et l'ensemble est invariablement gai et festifÉ MEK 2 - À ranger entre The Suicide Machines et Regg'lyss Sonny Landreth Levee Town (Dixiefrog/Night & Day, DFGCD8512) - 12 titres, 55m57s - Produit par Mike Post, R.S. Field et Sonny Landreth - Sortie novembre 2000 Rock US. Le public Français découvrit, souvent même sans le savoir, la patte de Sonny Landreth, demi-Dieu du bottleneck, sur l'album Osez Joséphine de Bashung, en 91. Mais Landreth n'est pas qu'une fine gâchette qu'on peut s'acheter le temps d'un morceau ou d'un disque, même s'il fit ses premières armes dans le mythique Red Hot Louisiana Band de Clifton Chenier, dont il fut le tout premier musicien blanc, et qu'on a pu le découvrir aux côtés de John Hiatt, d'abord en première partie à l'époque où Sonny officiait dans un groupe appelé Bayou Rhythm (c'était en 88) puis carrément avec Hiatt sur l'album Slow Turning, en 92. Cet album annonça l'arrivée imminente du premier vrai album solo de Landreth, l'immortel Outward Bound (92 également) qui fut suivi du tout aussi efficace South of I-10 en 95. Aujourd'hui, toujours épaulé à la production par R.S. Field, avec en ligne de mire le même souci de nous plonger dans le sud profond et ses ambiances mystérieuses (un petit coup de zydeco, au passage, et toujours de la slide, en veux-tu, en voilà), Sonny Landreth nous livre encore fumant un disque d'une teneur assez ébouriffante. On y retrouve intacte la patte reconnaissable entre toutes du bonhomme et, histoire de boucler une première boucle, un certain John Hiatt en invité sur le morceau qui ouvre l'album et lui donne son titreÉ CG 4 - À ranger entre Outward Bound et Crossing Muddy Waters Larmousse Tape (City Slang/Labels/Virgin CITY SLANG 7243 8504252 2) - 4 titres, 40m 51s - Produit par Guy Fixsen - Sortie le 31 octobre 2000 Rock planant expérimental. Avec leur nom à consonance francophone on jurerait avoir droit au 53e groupe de fusion frenchie de la saison. Les deux membres qui constituent l'entité Larmousse, Cliff Henderson & Scott Wallace, sont britanniques jusqu'au bout des ongles et naviguent dans des eaux précédemment empruntées par les glorieux Red House Painters. Leur musique est calme, introspective et n'a pas été vraiment conçue pour être un jour proposée à un public, quel que soit ce dernier. Ayant envoyé, plus par politesse qu'autre chose, deux démos de plus d'une heure chacune à leurs deux labels préférés, ils ont eu l'agréable surprise de se voir convoqués illico presto par City Slang qui les a expédiés dans un studio de Glasgow en compagnie de Guy Fixsen, de l'étonnant groupe Laïka. Le résultat : quatre longues compositions "Static Phase", "A Universal Hello", "Relics & Artefacts" et l'interminable "Tape", treize minutes de pur bonheur virginal et initiatiqueÉ TS 3 - À ranger entre Red House Painters et Van Der Graaf Generator Lina Stranger On Earth (Atlantic/East West) - 14 titres, 55m32s - Produit par T-House et Jeeve R&B. Auteur compositeur, Lina commence par écrire pour des pointures telles que Keesha, Tony Braxton, ou encore Whitney Houston. Elle rencontre alors son producteur, T-House, et décide, malgré plusieurs propositions d'intégrer certaines formations garanties disque d'or, de partir seule dans l'aventure. Influencée par les grandes voix féminines du swing, de Sarah Vaughan à Dinah Washington, c'est avec originalité qu'elle mélange sur son premier album, Stranger On Earth, les rythmes hip hop et jazzy à son chant lyrique rappelant Lena Horne. Évocateur et empli de références multiples, se pourrait-il qu'enfin le R&B retrouve un second souffle, cherchant dans ses racines le renouveau inespéré ? C'est en tout cas avec espoir que l'on écoute ce premier opus annoncé pour 2001. CD'O 3 - À ranger entre Billie Holiday et Destiny's Child Llama Farmers El Toppo (Virgin/Labels, BBQCD217) - 11 titres, 42m57s - Produit par Clive Martin Rock mélodique. Il est assez étonnant d'écouter ce disque puis d'apprendre par la suite qu'il est l'oeuvre de quatre jeunes londoniens dont le plus âgé n'a que 21 ans. Car la maturité est là, présente sur chaque plage, et l'efficacité qui en découle pourrait bien rendre jalouses quelques têtes poivre et sel. Par-delà les étiquettes prêtes à l'emploi dont on les affuble, qu'elles soient pop ou punk, difficile d'identifier avec certitude la provenance d'El Toppo. L'énergie est présente, la voix lyrique et les lignes mélodiques semblent être la visée principale de Bernie Simpson (auteur-chanteur) et ses camarades William Briggs, Brooke Rogers, et Jenni Simpson. C'est sur ce fond que s'inscrit la production très soignée de Clive Martin, que l'on connaissait en France pour sa collaboration avec Dolly. On ne s'ennuie à aucun moment, ce qui est une belle preuve de réussite. CD'O 4 - À ranger entre Ash et Kings Of Convenience Los Guanches de Santiago de Cuba Son de los brujos (Yerba Buena/Virgin, 7243 849144 2 4) - 16 titres, 71m02s - Produit Armando Machado Nuevoson cubain. Los Guanches se sont formés en 93 à Santiago, une ville qui fut le berceau de groupes de légende comme le Cuarteto Patria ou Compay Segundo. Ce qui personnalise le relais d'une génération à l'autre de la scène musicale traditionnelle de Santiago est le renouveau de la guaracha et du son, et Los Guanches n'échappent pas à la règle mêlant tradition et innovation avec brio. Quant au nom du groupe, il fait référence aux premiers habitants des îles Canaries, ils incorporent d'ailleurs à leur composition les techniques de sifflement que ce peuple utilisait. Son De Los Brugos est un album festif qui donne envie de se trémousser au son de certains styles un peu délaissés ces temps derniers, le danzon, le cumbia-son et le bolero-son. Les textes sont pleins de sous-entendus, jouant avec la notion cubaine du romantisme, si en plus ils sont drôles que demande le peuple ! Rien de plus, en ces temps de frimas, quand la température monte de quelques degrés forcément on est preneurs. N & D S-D 3 - À ranger entre Compay Secundo et Cuarteto Patria Arthur Louis Knockin' On Heaven's Door (Music Avenue/M10, 250043) - 9 titres, 36m02s - Produit par Arthur Louis - Ressortie octobre 2000 Blues-rock-reggaeisant. Le mec qui ne sait pas que Clapton joue sur le disque, c'est qu'il a de la m#@o! dans les yeuxÉ On ne voit que lui, plus presque que le nom d'Arthur Louis, Jamaïcain exilé en Angleterre que tout le monde a oublié ! Enfin, si ça peut permettre à plus de monde de redécouvrir ce disque sorti en 76 (la remasterisation est correcte, sans plus), tant mieux, après tout, il en faut aussi pour les plus curieux ! Clapton joue effectivement sur sept des neuf morceaux, la plupart du temps sans réel génie, mais avec suffisamment d'insistance pour qu'on reconnaissance son style, à défaut de vraiment entendre son talent. La présence de Gene Chandler au chant sur "The Dealer" a au moins autant d'importance. À noter par ailleurs une version très reggae du "Knockin' On Heaven's Door" qui résonne de longues minutes après la fin de l'écoute du disque, tandis que le reste du disque, lui, a pratiquement déjà été oubliéÉ Pour la petite histoire, cette version a tellement éclaté Clapton (qui d'ailleurs est très bon sur ce titre) qu'il a décidé un peu plus tard de la réenregistrer pour lui, en réutilisant une partie des arrangements d'Arthur Louis. Petit malin, va !É SL 1,5 - À ranger entre rock et reggae Magic ! 1990-2000 : 10 ans de Pop Moderne (Wagram) - 31 titres, 51m01s - Produit par Divers - Sortie le 17 novembre 2000 Compilation. Pas la peine de tirer dans les pattes de Magic !, même si parfois nos opinions diffèrent, la Revue Pop Moderne défend sa boutique telle que nous défendons notre enseigne : avec les tripes. Rien à voir donc avec certains mensuels poussiéreux. Alors on dit happy birthday et bon vent au mag puisqu'il fête dix années de good vibes. Une opportunité que saisi le staff pour nous concocter une compilation, deux CDs à remonter le temps, histoire de vérifier si nous ne sommes pas passés à côté d'une révélation. Car il ne s'agit pas ici d'une enfilade de singles, de rondelles sans la moindre saveur, ni bonheur, mais des titres sur lesquels la rédaction a braqué ses projecteurs afin d'aiguiser la curiosité du chaland souvent aveuglé par le hit des clubs. Ainsi cohabitent Gus Gus, New Order, Garbage, A Reminiscent Drive, Tarwater, Nada Surf, Primal Scream, The Apartments ("All The Time In The World "), Merz, Lambchop, Day One ("Bedroom Dancing "), Grandaddy. Que du bon ! Seul bémol à l'histoire, rien ne fait état d'une quelconque sortie en 90 ou 91. Quant au premier volume, il s'ouvre sur la présence contestable de Dominique A. LE 4 - À ranger au rayon des archives Taj Mahal & The Phantom Blues Band Shoutin' In Key - Live (Hannibal/Night & Day, HNCD1452) - 13 titres, 55m39s - Produit par Tony Braunagel - Sortie octobre 2000 Blues. Taj Mahal sur scène, avec son Phantom Blues Band, c'est le blues dans tout ce qu'il peut avoir d'emphatique. De l'orgue-chewing gum qui colle aux basques, de l'harmonica oxydé et des cuivres redondants qui, au mieux, font davantage penser à une parodie des Blues Brothers qu'à quoi que ce soit d'autre ! Annoncé comme ça, ça ressemble à un immense gâchis, mais ce qu'on regrette avant tout, c'est que ce grand bonhomme se contente de peu alors qu'il peut et sait repousser les limites du grandiose quand il en prend la peineÉ Le public, lui, est immédiatement et littéralement emballé, et même si le concert ne décolle jamais réellement, il faut avouer que le blues carré de Mahal (pour moitié des reprises, dont un "Ain't That A Lot Of Love" qui sort du lot) frappe à la bonne porte, même s'il ne surpasse en rien celui de milliards de formations passées, présentes et sans doute futures. Pourquoi alors acheter cet album plutôt qu'un autre ? Oui, pourquoi, Après toutÉ SL 2 - À ranger entre déjà entendu et trop entendu Mahotella Queens Sebai bai (Label bleu/Harmonia Mundi distr. LBLC 2571 HM 83) - 13 titres, 45m28s - Produit par C. Mousset & P. Teissier African Groove. Après avoir vécu une année difficile suite au décès de plusieurs membres du groupe dont le guitariste Marks Mankwane, les Mahotella Queens sont à nouveau sur le devant de la scène avec Sebai bai. Hilda, Mildred et Nobesuthu les trois "Queens" font partie de la légende de la musique Sud-Africaine et ont inventé dans les années 60 le "Mbaquanga", mélange de musiques traditionnelles, de jazz sud-africain, de soul et de rhythm and blues. Héroïnes de la lutte contre l'apartheid, elles furent pendant les années de répression, les idoles de la communauté noire et les fers de lance de la résistance culturelle au régime raciste en place. Avec Sebai bai, c'est le grand retour de cette musique énergique, ancrée dans le continent africain, avec de fortes ouvertures sur la musique occidentale. Les Mahotella Queens se sont entourés de jeunes musiciens du cru, pour un album entièrement dédié aux trois membres du groupe disparus, témoignant de la vitalité d'une culture attaquée par l'uniformisation et la mondialisation. Nouveau groupe et nouvelle aventure, pour ces trois grandes dames qui n'ont pas désappris la lutte. N & D S-D 3,5 - À ranger entre Myriam Makeba et Dorothy Masuka Stephen Malkmus Stephen Malkmus (Domino/Labels) - 14 titres, 43m23's - Produit par Stephen Malkmus- Sortie le 13 février 2001 Indie Rock. Les Pavement seraient, selon les dires de leur maison de disques, séparés définitivement séparés et leur leader volerait de ses propres ailes dorénavant. Cette livraison solo porte pourtant indubitablement la marque du groupe : chansons fracturées et low fi, constellées de feedbacks inattendus, de vocaux au phrasé tantôt laconique, tantôt ironique et paroles toujours aussi cryptiques. Les compositions, à l'image du dernier album du groupe Terror Twilight, se révèlent ainsi de plus en plus aventureuses (révélatrices ?) et éclectiques, jonglant entre efficacité et démarche d'amateur, une faculté qui ne s'acquiert qu'avec l'expérience, ce dont Malkmus n'est visiblement pas dépourvu. Au total voilà un disque éponyme qui reflète maturation et maturité : peut-être sera-ce le chemin vers une plus grande (auto-) révélation. CF 3 - À ranger entre Sebadoh et Catherine Wheel Jay Mascis & The Fog More Light (City Slang/Labels, 724385028328) - 11 titres, 43m30s - Produit par Jay et sa bande de tospos - Sortie le 17 octobre 2000 Rock US. Il y a une évidente volonté de décompression de la part de l'ancien porte-voix de Dinosaur Jr avec ce disque qui, s'il frappe toujours à la même (bonne) porte, paraît d'emblée "relâché", presque anodin l'espace des deux premières écoutes. Volontairement effacé, mais de façon trompeuse comme on peut s'en rendre compte au fur à mesure que l'on entre vraiment dans ce disque lumineux, Mascis n'en demeure pas moins un chanteur au timbre arraché qui fait penser irrémédiablement à d'autres écorchés, Soul Asylum en tête. Plus décontracté, il abandonne ça et là quelques ritournelles à peine achevées, des petits bouts de rien qu'il transforme en deux accords trois modulations en lingots d'or. Mais More Light n'est pas que légèreté, il fouille également en profondeur, projetant sur rondelle plastique une vision plus intimiste de l'univers d'un Jay Mascis qui réussit à se découvrir suffisamment pour rendre le disque attachant, mais qui parallèlement évolue avec assez de retenue pour ne pas perdre son évidente bonne humeur du moment. Un vrai beau disque faussement calme (et même passablement énervé, par instants) qui rendit les habitants de "Bob's Place" (nom donné par Mascis à son studio, à cause de son chien Bob) totalement sauvages, dixit les intéressés eux-mêmes. En tout cas, une bien belle bouffée d'air frais pour un genre musical, le rock typiquement US, qui aime écrire son histoire sur de si beaux paradoxes, et qui aurait plutôt tendance à s'auto-désagréger ces derniers temps avec les longues absences (Soul AsylumÉ), les récents abandons (Buffalo Tom ou Dinosaur Jr, justement) et les fins qu'on n'acceptera jamais (Replacements, of courseÉ)É CG 4 - À ranger entre Paul Westerberg et Soul Asylum Midnight Movers Up Now ! (Happy Hour Productions hhp012) - 5 titres, 20m38s - Produit par Midnight Movers Rock français sous influence Australienne. Les quatre normands qui constituent ce brand new combo ont sûrement beaucoup écouté Died Pretty, les New Christs, Radio Birdman et autres Hoodoo Gurus ; on a connu de bien pires influences ! Leur rock est habile, bien enlevé, de bonne facture, mais un peu court, vingt minutes, cela passe drôlement vite, quand on est en bonne compagnie ! Mais ce n'est pas vraiment de leur faute, ils le précisent en anglais dans le livret intérieur de cet album riquiqui : " produced, arranged and paid for by Midnight Movers without any help". Tout le malheur du rock français de bonne qualité est résumé en ces quelques mots sibyllins : démerdez-vous tous seuls et n'empêchez pas les erreurs de la nature telles que Pascal Obistro, Céline Dion et autres "chanteuses" au regard dénué de toute intelligence (l'amour rend non seulement aveugle mais débile léger, à trop haute dose) de s'en mettre plein les poches et de bénéficier de conditions d'enregistrement sans commune mesure avec les "disques" qui en résultent ... TS 3,5 - À ranger entre Detritus (New Christs) et un bon vieux Fixed-Up . MIDTOWN Save The World, Lose The Girl (Burning Heart/Epitaph, BHR 125) - 12 titres, 38m 47s - Produit par Mark Trombino Rock. Midtown est un quatuor américain originaire du New Jersey qui écume la scène punk locale depuis 1988. Sur cet album produit par Mark Trombino (Blink 182) celui-ci s'est efforcé de dégrossir un peu le stylisme outrageux du combo et de lui procurer plus de concision rythmique et une profondeur harmonique qu'il ne connaissait pas auparavant. Si les titres punks restent déclamatoires et pétris d'énergie ils sont dorénavant parsemés d'éléments plus rock ("Just Like Rock ‘n' Roll"), de refrains plus pop ("Let's Go") ou même de climats carrément introspectifs ("No Place Felles Like Home"). Save The World, Lose The Girl ne prétend certes pas révolutionner la musique, il se mesure simplement à l'aulne de ces hymnes ombrageux où la passion fait peu à peu place à des couplets plus mesurés mais toujours vibrants. CF 2,5 - À ranger entre Clash et Smithereens The Mission Ever After Live (Receiver Records/PIAS, RRCD 294) - 17 titres, 76m34 s - Produit par Wayne Hussey- Sortie le 4 décembre 2000 Rock gothique autant qu'héroïque. Quel plaisir que de voir cette excellente formation sortir enfin du cycle infernal de ses compilations nombriliques et de moins en moins intéressantes ! Ce n'est pas encore du matériel neuf, mis à part "Crazy Horses", le titre final en studio qui est en fait une reprise des oubliés Osmond Brothers (trio de frangins qui sévissait au début des seventies) mais c'est assez récent quand même. Wayne Hussey a compulsé fiévreusement ses archives sonores du "Resurrection Tour" que The Mission effectua l'an dernier en compagnie de Gene Loves Jezebel et de Mike Peters (quelle affiche, mes aïeux !) et a réussi à en tirer la quintessence. Un "Tower Of Strengh" aux percussions impressionnantes, un "Butterfly On The Wheel" poignant, un "Swoon" entraînant, un "Beyond The Pale" aux allures d'hymne, un "Deliverance" déliquescent et quelques reprises bien senties : le "1969" des Stooges, le "Like A Hurricane" de Neil Young et un "Can't Help Falling In Love" qui se demandait ce qu'il foutait là ! "Daddy's Gone To Heaven Now" eût été le bienvenu mais bon, on ne peut pas tout avoir, n'est-ce pas ? Il ne reste plus qu'à espérer que tout ceci aura donné envie à Wayne de réactiver son excellente Mission pour une durée indéterminée, le plus longtemps possible ! TS 4 - À ranger entre God's Own Medecine et No Snow, No Show (For The Eskimos) Tony Montana Tombstone Shuffle (Axe Killer/Wagram, 3064532) - 12 titres, 52m54s - Produit par Tony Montana - Sortie janvier 2001 Heavy blues rock. Oh, la belle surprise que voilàÉ On savait que Tony Montana n'avait pas son médiator dans sa poche, on savait aussi que question gueulante, il pouvait en montrer à plus d'un, mais de là à le voir débarquer avec un album de cette teneur. Les chansons datent de 96, mais n'ont rien perdu de leur mordant. Ce qui surprend le plus, c'est l'indéniable équilibre qui règne sur ce Tombstone Shuffle qui, contrairement à un disque d'Aerosmith, pour citer un exemple plus ou moins comparable, ne pêche pas par sa surproduction. Tous les instruments sont bien en place et si, on en prend plein les esgourdes, c'est avant tout grâce à l'indéniable savoir-faire du monsieur qui, petit malin qu'il est s'amuse, sans toutefois réellement s'aventurer en terrain inconnu, à nous promener et nous surprendre à chaque coin de rayon laserÉ DB 4 - À ranger entre Tesla et Great White Fermin Muguruza FM 99.00 Dub Manifest (Esan Ozenki Records, EO184CD) - 10 titres, 50m30s - Produit par Fermin Muguruza Rock-Ska Festif. Ancien leader de Kortaku et de Negu Gorriak, Fermin Muguruza revient parmi-nous avec ce FM 99.00 Dub Manifest qu'il a rodé en tournée. Haut-parleur de toute une génération basque, cet artiste rebelle engagé sur de nombreux fronts a choisi l'Euskara (la langue basque) pour s'exprimer dans des textes empreints de revendications et d'espoir. Sa musique fusion de rock et de ska, épicé de fortes couleurs méditerranéennes renforce la teneur de ses propos. Beaucoup d'invités dans cet album, Wagner, Eneko de Bap !!, et Zebda, ce qui n'est pas étonnant, puisque l'on perçoit un cousinage tant dans la musique que dans l'engagement. Ils sont d'ailleurs venus prêter leurs voix, et font les choeurs sur certains titres. En tout cas après l'écoute de l'album, on a envie de clamer avec lui Besta Bai borroka ere bai ! (la fête oui mais la lutte aussiÉ) N & D S-D 4 - À ranger entre Zebda et Manu Chao NAP À l'intérieur de nous (Arista/BMG, 74321 784742) - 15 titres, 60m59s - Produit par Sulee B Wax, Bilal, José Chekara - Sortie fin octobre Rap. À l'intérieur de nous est le second album des Strasbourgeois du Neuhof, il est, comme le suggère son titre, plus intimiste que le premier. Dans cet opus, les New African Poet se dévoilent un peu plus, racontent leur quartier, leur enfance, et la spiritualité dans laquelle ils puisent leur force. Le succès de leur premier album les conduit à côtoyer le monde du show bizz, et les méandres de l'industrie du disque, qu'ils ne loupent pas dans "La crise", une satire pas piquée des hannetons. Des morceaux plus cinglants, en tout cas très poignants, "Trop quartier", "Grandir" et "Ghetto Gothique" viennent témoigner, sans fards d'une vie pas toujours facile. On souffle un peu avec des titres comme, "Afrique éternelle" ou "Espérances" dans lequel Wallen vient poser sa voix cristalline. Les musiques sont signées Don Lab, Sulee B. Wax et Bilal comme dans leur premier opus. Le tout est emballé et mixé à New York par le talentueux Prince Charles Alexander (Puff Daddy, Oxmo Puccino). N & D S-D 3 - À ranger entre K.D.D et Passi Jeb-Loy Nichols Just What Time It Is (Ryko/Rough Trade-RCD 10605) - 13 titres, 50 mn 45 s - Produit par JL Nichols, Wayne Nunes & Ewan Pearson Sortie le 20 Novembre 2000 Folk rock nonchalant. Il est bien agréable de se promener le long des treize plages imaginées par Jeb-Loy Nichols, les mains dans les poches d'un bermuda ridiculement bariolé, sans penser à autre chose qu'à la prochaine occasion de rencontrer une jeune fille innocente et de lui expliquer que, franchement, elle était faite pour ce moment béni entre tous et qui va changer radicalement le cours de sa vie si bien organisée. Le temps se couvre parfois sur ces grèves ("Summer Came", " Say Goodbye To Christopher"), mais rien de bien méchant ; le soleil finira bien par revenir ("Heaven Right Here", "She Reminded Me") afin que nous puissions profiter pleinement de cette belle journée et, lorsque la nuit sera enfin venue ("Midnight (All Night Long)","Sadly Sometimes"), il sera temps de rentrer au campement avec la jeune fille en question dont le quotient intellectuel aura été jaugé par quelques questions perspicaces vite éludées ; mais bon, après tout, on n'est pas là pour philosopher. TS 3 - À ranger entre Townes Van Zandt et Lee Hazlewood Nine Inch Nails Things Falling Apart (Nothing/Universal, 4907442) - 10 titres, 53m28s - Produit par divers - Sortie novembre 2000 Indus mix. Trent Reznor préfère le mot "manipulation" à celui de "remix"É Ce qui est sûr, c'est que tripatouillées de la sorte, ces quelques chansons n'en prennent que plus d'ampleur, même si jamais on ne retrouve la force de concision et la puissance des originaux. Les sons sont majoritairement sourds, les beats se font souvent lourds, mais l'impact reste impressionnant, les distorsions majoritaires et l'ambiance générale ultra maladive, sombre et compulsive. Nine Inch Nails s'enfonce dans les crânes, cogne fort, sans pitié pour les âmes les plus sensibles, et le mieux est encore de ne pas opposer de résistance, car l'assimilation n'en est alors que plus douloureuse. Un disque bien dans son temps, en sommeÉ DB 3,5 - À ranger à côté de Fragile Novastar Novastar (Warner) - 10 titres, 36m36s - Produit par Wouter Van Belle Petite pop ampoulée. Retour vers le passéÉ Ces années 80 sur lesquelles on crache tant avaient, évidemment, généré autant de bonnes vibrations que les autres et autant d'erreurs, mais les bouffons officiels du rock en décident parfois autrementÉ Bref, ici, le rock héroïque (qui se cherche une place) entre Spear Of Destiny et The Alarm, pointe à nouveau le bout de son (gros et long) nez via un Hollandais, le chanteur/guitariste Joost Zweegers, à l'origine du projet Novastar. On y a échappé de justesse le 7 novembre dernier, en première partie de K's Choice et ce fut l'immense Frank Black qui les dégagea à la guitare levée. Aut' chose !É Hors sujet lorsqu'il se dit autant influencé par Crowded House que par Police, le p'tit gars n'offre, à l'arrivée, pas grand-chose à se mettre sous la dent, si ce n'est quelques mélodies rances et variéteuses. Next ! MEK 0,5 - À ranger entre Simple Minds et A-Ha Nucleus Roots Nucleus Roots (Nucleus Prod/2Good, PJP 001) - 14 titres, 50m29s - Produit par Dreadymix - Sortie le 8 décembre 2000 Roots Dub. Formé à Manchester en 1995, Nucleus Roots explose cette année, avec notamment une prestation fort remarquée au festival de Glastonburry, qui leur valut la consécration du Meilleur Espoir. Mélange impeccable d'un son live roots dub, assuré par Dub Dadda, et de chants riches et profonds, il semblerait que le reggae anglais renaisse enfin de ses cendres. On retrouve avec plaisir les good vibes des années 70, durant lesquelles sonnaient les heures de gloire de Steel Pulse ou Aswad, assurées par une production de qualité. Mis en appétit par le titre live "Zion Part 3", c'est avec impatience qu'il faudra attendre février afin découvrir les sessions live des Britanniques sur notre sol. À ne pas perdre de vue. CD'O 4 - À ranger entre Steel Pulse et Aswad. Ozric Tentacles The Hidden Step ( Stretchy / MSI CD3 ) - 7 titres, 47m10s - Produit par Ozric Tentacles - Sortie octobre 2000 Tapis Volant Electrique. Est-il encore besoin de présenter cette jouissive bande de zozos rétrogrades complètement allumés qui composent Ozric, c'est le fantôme de Gong qui ferait de l'agriculture bio, mais pas pour l'unique appétit de laitues. C'est l'esprit "spatiodélirant" d'Hawkwind revenu hanté le monde frigide des computers. En fait, ce groupe est un paradoxe temporel à lui tout seul : il n'y a en effet pas plus passéiste que ces nostalgiques des seventies qui doivent vénérer des statuettes de Steve Hillage, et pourtant, si vous placez les morceaux de cet album dans la plus ultra moderniste des compiles de techno, vous n'y verrez que du feu. À force de remonter le passé, qui doit être bouclé, ces gaillards sont parvenus à être, on ne peut plus de leur temps. Un comble jubilatoire. Bref, ce énième album de ces pilotes de tapis volant est un régal dans le genre épopée hypnotique, coulée cosmicobariolée et new age cadencé en giga hertz. En plus, ils jouent bougrement bien, ces rêveurs éthérés pour X Files pluridimensionnels, cela ne rigole pas côté technique. Bref, voilà exactement de quoi faire un groupe culte. Dans cinquante ans, d'autres allumés se réclameront forcément d'Ozric. HP 4 - À ranger entre Gong et Hawkwind Pain Of Salvation The Perfect Element I ( InsideOut /Wagram 085 41282 ) - 12 titres, 72m42s - Produit par Pain Of Salvation - Sortie octobre 2000 Rock vraiment progressif. Cela faisait déjà quelques lunes que l'on tenait à l'oeil et à l'oreille ce groupe de Suédois enragés. Deux concept-albums pas banals avaient éveillé notre curiosité. Il manquait un disque vraiment décisif pour s'enthousiasmer tout à fait. Céfé. Ce troisième opus, en fait la première partie d'un oeuvre plus vaste, nous offre vraiment ce que nous espérions de ces Nordiques inventifs, à savoir une musique d'une terrible puissance de persuasion, qui emprunte au prog metal toute sa force de frappe, mais surtout une musique réellement créative, innovante, car aucun groupe de prog metal n'avait sonné ainsi. La musique de Pain Of Salvation est un somptueux tohu-bohu de sensations et de musiques diverses, une synthèse hétéroclite et proliférante, capable de marier dans le même morceau le heavy le plus lesté de la burne, le rap qui dérape et des élans émouvants à la Yes. Avec ces gaillards, on traverse un charivari étonnant de couleurs, d'humeurs, cocktail vertigineux qui démontre que le prog rock peut réellement progresser, comme sa vocation le lui impose, et comme sa réalité le contredit trop souvent. Il y a des groupes comme cela qui secouent salutairement les routines sonores : Dream Theater, Vanden Plas, ajoutez à la liste Pain Of Salvation. Comme aurait dit Salvador Dali, c'est traumatiquement beau. HP 4.5 - À ranger entre Dream Theater et Red Hot Chili Peppers Pennywise Live @ The Key Club (Epitath/PIAS 6598-2) - 18 titres, 51m49 s - Produit par Pennywise - Sortie le 21 novembre 2000 Punk rock bien vivant. Déjà dix ans que Pennywise colporte la bonne parole du punk rock, de pubs enfumés en salles de concerts plus ou moins importantes et pour marquer cet approximatif anniversaire, le groupe a décidé d'enregistrer un album en public, au grand contentement de leurs fans de plus en plus nombreux et enthousiastes. Endroit choisi : le Key Club de Los Angeles, lieu hautement symbolique puisque Pennywise y donna son tout premier set à la fin de 1989. Un seul concert, devant plus de 6OO personnes acquises à la cause -d'autant plus que la liste des morceaux joués ce soir-là avait été façonnée d'avance par les fidèles informatisés à qui un bref e-mail avait demandé de décrire la set list idéale selon eux ; pas d'overdub, aucune tricherie et une énergie communicative ; bref, un moment privilégié pour qui est sous le charme des rudes mélodies pennywisiennes et une bonne leçon de rock and roll pour tous les autres... TS 3 - À ranger entre le mini-album live des Deftones et un Pro-Pain pas trop barbant . Elisa Point La panoplie des heures heureuses (/Distr. M10-320432 M753) - 18 titres, 67m59s - Produit par Elisa Point et Gérald Smith- Disponible Chanson Française. La panoplie des heures heureuses est le quatrième album d'Elisa point. Et c'est loin de la fureur médiatique et des émissions faire-valoir du petit écran, que la belle poursuit son petit bonhomme de chemin. Elle nous a ciselée dix-huit petites ballades sensuelles chuchotées avec malice, qui nous immergent dans un univers très personnel. Les textes de la dame accrochent l'oreille comme autant de courts-métrages tournés un jour de pluie. "Un p'tit marron, sur tes cernes un bleu, tendre châtaigne, d'une boxe amoureuse, tout n'est pas rose, plutôt vert de gris." Les mots s'entrechoquent sur des musiques subtiles et aériennes, quelque chose de Jean Guidoni ou même de la grande Jeanne Moreau transparaît dans cet opus rafraîchissant qui nous fait découvrir le monde selon Elisa. N & D S-D 3 - À ranger entre Jane Birkin et Jeanne Moreau Primal Fear Nuclear Fire (Nuclear Blast/Edel) - 12 titres, 52m 48s - Produit à la chaîne - Sortie courant décembre 2000 Heavy metal mélodique. Cette appellation ne vous rappelle rien ? Quand on adule à ce point les héros de la new wave of british heavy metal d'il y a une vingtaine d'années, on ne triche pas et l'on s'appelle Primal Maiden, ou bien encore Iron Fear, enfin quelque chose dans ce style ! Oui, le quintette qui compose cette "Peur Primale" piquerait bien Eddie la mascotte à ses légitimes propriétaires, s'ils osaient ; mais voilà, la dévotion que leur inspire le groupe de Dickinson, Harris & Co les paralyserait sur place, bien avant qu'ils ne parviennent à leurs fins. Ceci étant écrit, il faut avouer que c'est rudement bien fait et que ce "Feu Nucléaire" vous fera passer cinquante agréables minutes, même si nous sommes en présence d'une contrefaçon manifeste : il faut remonter à Kingdom Come et son plagiat éhonté de Led Zeppelin pour retrouver pareille trace de scandale ! Si au moins les albums de Primal Fear étaient moins chers que ceux d'Iron Maiden, un semblant de justice serait établi, mais comme c'est plutôt le contraireÉ TS 2,5 - À ranger entre The Number Of The Beast et les précédents Primal Fear Pro-Pain Round 6 (Raw Head/Nuclear-Blast/Edel) - 13 titres, 38m34s - Produit par Pro-Pain - Sortie le 4décembre 2000 Hardcore brutal. Les Pro-Pain vivent dans un monde effrayant, basé sur la haine et la violence, aussi bien physique que verbale. L'auditeur intéressé par ce déferlement de riffs simples mais efficaces soutenus par une batterie tenant plus du marteau piqueur que d'autre chose doit donc, pour son propre salut, posséder deux choses vitales : d'une part, un coeur bien accroché et pouvant soutenir ces rythmes concassés et, d'autre part, une paire d'oreilles supportant les décibels à haute dose, sous peine d'encourir un endommagement certain de ses organesÉ Bon, c'est sûr, ce genre musical a su trouver son public, mais Hélène Ségara aussi et l'on ne peut pourtant pas dire que c'est une preuve de bon goût, pas vrai ? Mince, les gars, la vie reste belle, pas la peine de faire autant de bruit pour rien ... TS 2 - À ranger entre leurs précédents méfaits. Qui Sème Le Vent QSV (Flying B/2 Good Distribution, FB0300QSV) - 11 titres, 54m52s - Produit par Flying B - Sortie le 20 octobre 2000 Fanfare. Dans le même esprit que l'excellent Mardi Gras BB, ce Big Band nous en met plein les esgourdes. Non seulement ça joue fort mais en plus, ça joue bien. D'ailleurs, ils ont tous écumé les concours de la région parisienne et remporté le stock de médailles qui va avec. À la différence des teutons cités ci-dessus, ces quatorze musiciens étendent leur répertoire au jazz (par exemple Wayne Shorter), au hip hop, en passant par la case salsa. Non, le groupe ne se cherche pas une identité, il exploite simplement tous les clichés festifs dont seule une section de cuivre peut en incarner les stigmates. Deux titres live terminent l'album. Une autre référence vient alors à l'esprit et l'on pense à Gil Fuller & The Monterey Jazz Festival OrchestraÉ LE 3 - À ranger entre Lalo Schiffrin et Mardi Gras BB R.L. Burnside Wish I Was In Heaven Sitting Down (Fat Possum/PIAS, 0332-2) - 11 titres, 60m56s - Produit par divers - Sortie novembre 2000 Modern Old Blues. R.L. Burnside se joue des apparences. Visiblement hors d'âge, comme cette image un peu figée que nous avons des bluesmen d'entre deux guerres, il trimballe sa carcasse bluesy avec une fragilité travaillée au corps et aux cris. Mais il n'est pas le premier venu -même s'il ne débuta sa carrière qu'à 40 ans passés et, du haut de ses 73 printemps actuels, travaille une insouciance faite d'ouvertures scratchées sur un monde plus coloré, se souciant peu d'apporter au blues et à son public certes fidèle mais ô combien figé quelques nouveaux paradoxes musicaux à appréhender, déflorer, si ce n'est à comprendre. Burnside s'amuse des distorsions, des espaces-temps incontrôlés (les contrôlent-ils d'ailleurs est-on en droit de se demander ?), s'amuse des modes mineures pour en faire un art majeur, le tout, parsemé de guitares cristallines et virevoltantes car, au-delà de toute notion de mélange scratch/electronica/blues, le bonhomme est un putain de guitariste. ET 4 - À ranger entre Come On In et Too Bad Jim Rage Against The Machine Renegades (Epic/Sony, 4999921) - 12 titres, 60m36s - Produit par Rick Rubin et RATM - Sortie fin novembre 2000 Fusion Rap-Métal. Rage Against The Machine qui ne sera plus, du moins sous sa forme initiale, Zack De La Rocha étant parti sous d'autres cieux, se fait un dernier petit plaisir, avec ce disque où le groupe reprend 12 morceaux de son choix, en plongeant dans ses favoris en matière de rap, funk et rockÉ S'y côtoient notamment l'excellent "Renegades Of Funk" d'Afrika Bambaataa (premier single), "Beautiful World" de Devo, "Kick Out The Jams" du MC5 dans une version tout simplement incendiaire, "Down On The Street" des Stooges pour un passage à la moulinette RATM tout aussi gratiné, "I'm Housin'" d'EPMD, "The Ghost Of Tom Joad" de Springsteen complètement transfiguré ou encore "Maggie's Farm" de Dylan. Tous ces titres ont bien sûr été choisis autant pour la portée sociale de leurs textes que pour leur musique originelle, le tout donnant un témoignage brut et assez savoureux. À noter un livret très contestataire (dont nous vous laissons découvrir le contenu, assez drôle) et, pour la première édition, deux titres live cachésÉ DB 4 - À ranger entre Cypress Hill et MC5 Rod Au Bout D'Ma Ligne (Dixiefrog/Night And Day, DFGCD 8506) - 10 titres, 38m32s - Produit par Stéphane Piot & Rod Barthet - Sortie le 27 novembre 2000 French Blues d'excellente facture. Little Rod a trois ans quand il assiste à son premier concert, le Deep Purple de la grande époque : 1973 ; suivront le punk et le hardcore qui le poussent à fonder Final Blast, son premier groupe, à l'âge encore tendre de 14 ans. Le blues viendra avec les découvertes successives de Jimi Hendrix, des Yardbirds, de Lightnin' Hopkins et de Stevie Ray Vaughan. Il s'y donne à fond et n'en ressortira que nanti de la première mouture de Rod & The Shotgun Blues, avec qui il s'envolera pour San Francisco et découvrira sur place les gloires locales que sont Tommy Castro, Harvey Mandel et Jim Guyett. Il finira par jammer avec tout ce beau monde et une chose en entraînant une autre, un premier album verra le jour en 93, Let's Boogie, suivi de Mr Alligator deux ans plus tard ; un dernier disque sera enregistré à San Francisco en 98, avant qu'un destin malicieux ne lui fasse rencontrer le redoutable Boris Bergman, père spirituel de tous les Obispo de l'Hexagone et auteur de presque toutes les élucubrations textuelles d'Alain Bashung, la belle affaireÉ Enfermé en studio avec cette Hydre de Lerne, il arrivera quand même à écrire la chanson appelée "Un Homme Ordinaire", la plus belle réussite de ce disque et la preuve flagrante que Rod Barthet peut très bien se débrouiller seulÉ TS 4 - À ranger entre Tommy Castro et Van Wilks . La Ruda Salska En Concert (Yelen/Sony YEL_500633/2) - 19 titres, 74m23s - Produit par Nicolas Rouvière et La Ruda Salska - Sortie 31 octobre Rock Steady - Ska. La Ruda Salska a écumé les salles de l'Hexagone pendant près d'une année, s'arrêtant juste pour souffler quelques jours. Cet album qui sent bon la sueur et la bonne humeur vient témoigner de leurs prestations scéniques, volcaniques et euphorisantes. Dix-neuf titres représentant un condensé de leurs deux albums, Le Prix du Silence et l'Art de la Joie auquel ils ont ajouté deux inédits. Affichant complet sur presque l'ensemble des dates, ils n'en gardent pas moins un oeil lucide sur leur carrière. À ceux qui ont eu le bonheur de les voir sur scène, cet opus ne pourra qu'estampiller de mémorables instants. Pour les autres (mais où étiez-vous ?), il ne restera qu'à attendre qu'ils aient fini de nous mitonner leur troisième album-studio avant de les voir reprendre la route. Ils pourront de toute façon se consoler en écoutant ce live qui retranscrit bien l'ambiance survoltée, un seul petit bémol la production trop léchéeÉ De quoi se plaint-on ? N & D S-D 4 - À ranger entre Le Prix du Silence et l'Art de la Joie Calvin Russell Crossroad Live (Last Call/Sony, 5010962) - 16 titres, 68m39s - Produit par Daniel Laurent - Sortie le 31 octobre 2000 Roots. La récente tournée acoustique de Calvin Russell était pour lui l'occasion et l'opportunité de présenter certains de ses morceaux tels qu'il les avait imaginés, seul avec sa guitare, avant que les musiciens et les producteurs ne se les approprient. On retrouve ainsi sur ce disque la quintessence de cette tournée avec certaines de ses chansons fétiches ("One Meatball", "A Crack In Time", "Soldier", "Wild Wild West", "Crossroads", "Time Flies"É), où l'on retrouve la patte inimitable de ce grand monsieur et, surtout ô combien surtout, sa désormais célèbre voix rocailleuse et ensorceleuse. Stetson bas, Calvin, on attend la suite (sans doute à nouveau électrifiée, avec tout ce que cela impliqueÉ) sans la moindre patienceÉ CG 4 - À ranger entre Soldier et Songs From The Fourth World The Saints Spit The Blues Out (Last Call/Wagram, 3063722) - 14 titres, 50m43 s - Produit par Lurax Debris - Sortie le 12 Novembre 2000 Saints, différent des autres. Pour le coup, Chris Bailey s'est fait deux petits plaisirs coup sur coup, d'abord en intégrant - du moins pour le moment - le boss de son label français, Patrick Mathé, en tant qu'harmoniciste à plein temps et guitariste occasionnel, ensuite, en reprenant sur le nouvel album de son groupe, quelques standards de ce blues qu'il aime tant. "Before You Accuse Me" d'Elias Mac Daniels, "It Hurts Me Too" d'Elmore James, "I Want To Be With You Tonight" de James Moore et un petit "Who's Been Talking" de Chester Burnett, histoire de faire bonne figure devant le monde. Les compositions personnelles restantes sont beaucoup plus calmes et introspectives qu'à l'accoutumée, mais elles sont superbes quand même, tel ce "Spit The Blues Out" dépassant les six minutes, ou bien encore "The Beginning Of A Beautiful Friendship Louis", amusant intermède avant de passer aux choses plus sérieuses -en tout cas, plus carrées et rentre-dedans. Au final, un nouveau Saints qui n'a pas à rougir de la comparaison avec ses illustres grands frères, même si sa texture en est à des années-lumièreÊ! TS 4 - À ranger entre Ramblin' Jeffrey Lee Pierce et, Howlin' Henri Salvador Chambre avec vue (Virgin/Source, 724385024726) - 13 titres, 44m59s - Produit par Marc di Dominico - Sortie le 17 octobre 2000 Bossa. Et dire qu'il s'apprêtait à partire la retraiteÉ C'était sans compter sur l'opiniâtreté de deux producteurs n'ayant pas froid aux yeux et se moquant de l'étiquette folklo épinglée dans le dos du pauvre Henri. Une rencontre, des compos signées, Keren Ann, Art Mengo, des pointures du jazz telles l'harmoniciste Thoots Thielmans, le batteur Régis Ceccarelli et voilà la voix de "Syracuse" ressuscitée. Un retour aux sources bossa nova, sirupeux, mielleux à en coller le vague à l'âme. Salvador revient de loin et c'est tant mieux. Quant au public, lui, ne se trompe jamais puisqu'il s'est déjà occupé de faire disparaître du marché quelque 160.000 albums dès sa sortie. Un pari gagné pour ceux qui ont su redonner sa chance au crooner, un bras d'honneur aux autres qui lui ont tourné le dos. Encore bravo ! LE 4 - À ranger entre Màrcio Faraco et Chico Buarque Paul Simon You're The One (WEA) - 11 titres, 44m09s - Produit par Paul Simon - Sortie le 3 octobre Chansonnettes. Pas sympas et sans doute sourds, ceux qui, d'un geste condescendant, alignent sur le même plan Sting, Peter Gabriel ou Paul Simon. Le premier et le dernier, admettons, et ce nouvel album de Paul Simon repousse les limites de leur combat cosy de petits-bourgeois new-yorkais : lequel parviendra à endormir l'auditeur avant l'autre ? Dire que ce disque est ennuyeux et daté, mou et niais devrait suffire. Nous serions vilains d'écrire cela, sur le dos de "l'un des maîtres de la profession" (voir bio) ? Ah bonÉ On retrouve sur You're The One des bribes de l'inspiration néo-world du vieil homme (autre chose chez le Gab, merde !) et quelques échos poussifs au plus convaincant Graceland (85). Précisions : les fans (qui ? où ?) aimeront beaucoup et le songwriting de Simon demeure très personnel. Ah bon : ben alors ??!É MEK 1 - À ranger avec les précédents. Spearmint Oklahoma ! (Hitback/Poplane) - 9 titres, 32m12s - Produit par John Etkin Bell - Sortie en novembre 2000 Pop indé. Sur des airs faussement guillerets, Shirley Lee, chanteur et auteur de Spearmint, conte l'Angleterre des laissés-pour-compte, les petites familles tristes et désunies, l'alcoolisme etÉ Noël. À la manière du Parklife de Blur ou de certains titres de Pulp, le quatuor ausculte son propre bout de trottoir comme savent si bien le faire les anglo-saxons de manière générale. Un peu maso, mais sain, une leçon dont nous autres, latins non-voyants, tirons rarement de nouvelles idées. Oklahoma ! est doux, parfois évocateur de Simon & Garfunkel ("I Went Away"), ailleurs de They Might Be Giants ("The Locomotion") et souvent doucement poétique. La période de Noël, arrière-plan des textes et des mélodies, est intrinsèquement génératrice de rêves doux-amers. MEK 3,5 - À ranger entre Blur et Beautiful South The STRANGLERS Live (SPV, 085-71052-P) - 25 titres, 87m50's - Produit par Max Bisgrove - Sortie le 29 janvier 2001 Néo New Wave. Voilà un double live qui a certainement pour raison d'être le fait de rôder le nouveau "line up". Le guitariste John Ellis est parti et le groupe a recruté Baz Warne à sa place et même un chanteur, Paul Roberts après avoir auditionné, entre autres, l'ex-Damned Dave Vanian. Cet étoffement a entraîné la disparition de la section de cuivres qui tournait précédemment avec les Stranglers mais il n'est pas certain que l'on y gagne encore au change car ce qui caractérisait les prestations du groupe, à savoir hargne et virulence, sonne ici curieusement fade et aplati. On n'ira pas jusqu'à oser dire que le combo semble s'ennuyer aussi nous bornerons-nous à mettre cette impression sur le compte du rodage. Sinon, rien dans cette resucée des meilleurs titres de leur carrière ne mérite le déplacement ; reste à espérer un nouvel album plus consistant et à patienter en écoutant plutôt un de leurs Best Of. CF 2 - À ranger entre 2 compilations. Svek After The Rain (Virgin/Labels, 724385002922) - 12 titres, 56m27s - Produit par Divers - Sortie le 31 octobre 2000 Jazzotronic. Label situé à Stockholm, Svek est aussi l'oeuvre de Stephan Grieder, à qui nous devons récemment le remix de Garnier "The Man With The Red Face". Outre une préférence marquée pour la house d'une facture plus traditionnelle, ce Franco-Suisse s'évertue à redéfinir le patrimoine sonore que scandinave. Tout d'abord en écartant une fortuite expérimentation trop underground pour être appréciée, afin de révéler au public, une génération montante influencée par la scène Jazzy. Ainsi, le CD ouvre la compilation sur Joe Mull, producteur suédois et boss du label Inside. Considéré comme un fervent défenseur de la techno old school, il signe ici un aparté très cosy. Tout comme Jesper Dahlbäck. Ensuite Tonny Svensson et Jens Mike de Copenhague nous livrent leur prochain single prochainement disponible sur Jazzanova Records. Bref, ce disque propose une fusion mélodique, éclectique, où les vocaux se mêlent au savoir faire drum & bass, techno ou hip hop de certains protagonistes. LE 4 - À ranger entre Thievery Corporation et Kevin Yost Keith Sweat Didn't See Me Coming (EastWest, 7559625152) - 17 titres, 60m02s - Produit par Divers - Sortie le 14 novembre 2000 R'N'B. Le voilà le septième album du king SweatÉ Une balle tirée en direction des jeunots grappillant les restes qu'il sème depuis des lustres, alors que certains bambins qui peuplent le top ten aujourd'hui, étaient encore au berceau. Faut pas pousser, lui gravit les échelons à la force de ses albums tous aussi excellents les uns que les autres. Allez, au hasard, citons Keep It Comin' ou Still In The Game, des chefs d'oeuvres dans le genre guimauve sans édulcorant, produit 100 % suave de chez suave, du sugar à l'état bio. Jetez un oeil sur le gaillard et vous comprendrez que c'est du sérieux, de la haute couture mélodique et non du prêt à porter rythmique. Là, il s'offre quelques pointures pour l'accompagner, du style Busta Rhymes, Rah Digga ou Lil' Mo. HumÉ Rien n'est comparable. SW 4 - À ranger entre Craig David et SFP Téléphone Live 81 (EMI, 5308472) - 14 titres, 61m29s - Produit par Glyn Johns - Sortie le 28 novembre 2000 Rock d'ici. Au-delà de l'évidente opération de marketing (après les compiles et la compile des compiles, très fort !), ce live permet non pas d'effacer le vieux fantasme d'un retour du groupe et donc d'un vrai nouvel album studio, mais procure au moins le plaisir (non négligeable) d'avoir (enfin) un live de Téléphone digne de ce nom, car n'oublions pas que le double sorti après Un Autre Monde l'avait été sans l'accord du groupe et avec une production assez moyenne. Ici, c'est Glyn Johns (qu'on ne présente plus, producteur des quatre premiers Led Zep, des Stones, mais aussi d'Un Autre Monde, justement) qui s'y colle et le résultat est tout simplement enragé. Comme en plus, il s'agît d'un live reprenant trois mythiques concerts de 81 (Palais des Sports de St-Ouen, Olympia et Palais des Sports de Versailles), on a droit à un condensé du meilleur des trois premiers albums : "Crache Ton Venin", "Au Coeur De La Nuit", "Tu Vas Me Manquer", "La Bombe Humaine", "Le Silence", "Fleur De Ma Ville", "Hygiaphone", "Téléphomme", etc. SL 4 - À ranger entre Crache Ton Venin et Au Coeur De La Nuit Les Têtes Brulées Bikutsi fever (Best of) (Africa Fête Diffusion /Night & Day, AFD004 ND215) - 12 titres, 60m58s - Produit par divers - Sortie le 20 novembre Groove Africain. Après quatre albums qui firent des Têtes Brûlées un des groupes les plus innovants du Cameroun, voici qu'arrive dans nos bacs Bikutsi Fever le best of de cette formation existant depuis 1988. Surnommés les punks Africain, ils nous offrent un mélange de rock, de funk et de musique traditionnelle africaine. L'album contenant cinq morceaux live, on pourra deviner l'impact de nos lascars sur une scène, l'image en moins, et là, on perd quelque chose, car leur spectacle vaut le détour. Bikutsi fever nous donne une vision globale de ce collectif à géométrie variable formé autour de Jean-Marie Ahanda initiateur d'un courant musical qui inspira notamment Paul Simon. Laissez-vous emporter par la fièvre du "Bikuti" (frappe les pieds sur le sol) sans pour autant vous mettre à mal avec vos voisins. N & D S-D 3,5 - À ranger avec leurs autres albums. Têtes Raides Gratte Poil (Fko/Tôt ou Tard, 8573-84536-2) - 19 titres, 48m58s - Produit par Ian Caple Chanson réaliste. Après avoir redonné à la chanson française héritière de Jacques Brel et des fanfares de nos guinguettes une seconde jeunesse, Christian Olivier et consorts affirment fièrement sur ce septième album-studio leur style imité mais jamais égalé. On y trouve l'excellent duo électrique avec Noir Désir, "L'Identité", le duo, mais également des invités de talent (Yann Tiersen et Jean Corti l'accordéoniste de J. Brel), qui mettent leurs pattes aux musiques oscillant entre valse, tango et java des quelque 19 titres. Si leur précédent Chamboultou avait marqué un virage approximatif par rapport à une époque plus ancienne (peut être la plus riche, on pense à Fleurs d'Yeux, Le Bout Du Toit), Gratte Poil semble être plus abouti dans cette nouvelle quête de l'acquis. CD'O 4 - À ranger entre La Tordue et Casse-Pipe Serge Teyssot-Gay On croit qu'on en est sorti (Barclay/Universal, 8075 LC00126) - 11 titres, 40m13s - Produit par Serge Teyssot-Gay Rock expérimental. On ne présente plus Serge Teyssot-Gay, l'homme sans qui Noir Désir perdrait sa substance, sa moelle épinière, cela dit sans rien renier au talent de ses comparses. Dans Silence Radio son premier opus, dans lequel il avait écrit textes, musiques et joué l'ensemble des instruments, notre homme s'était essayé à un rock bruitiste, bien loin des contingences commerciales. Avec, On croit qu'on en est sorti, il a choisi de nous concocter un concept album basé sur les textes de Georges Hyvernaud, écrivain oublié, mort en 1983 à l'âge de quatre-vingt un ans. À mi-chemin, entre le Worst Class Scenario, de Deus et Can, groupe-culte des seventies, pour ceux qui ont l'âge de s'en souvenir, les morceaux de Sergio nous transporte dans un univers étrange, mais tellement réel. Les mots de Georges Hyvernaud lui colle si bien à la peau qu'ils semblent avoir été écrit pour lui. Un grand disque, que bien sur, l'on n'entendra pas sur les ondes radiophoniques, mais que nous vous conseillons vivement de posséder, ne serait-ce que pour garder foi en l'homme. N & D S-D 4,5 - À ranger entre Deus et Rodolphe Burger Therapy? A Retrospective, 1990-2000 (Epitath/PIAS)- 22 titres, 78m26s - Produit par divers - Sortie novembre 2000 Grosses coucougnes. Il y a bien longtemps que nous autres, pauvres Compact Men, avons totalement abandonné l'idée d'éventuellement comprendre un tant soit peu comment fonctionnait le marché du disque ou même d'essayer d'y déceler une quelconque logique. Prenons le cas qui nous intéresse aujourd'hui, à savoir Therapy?É Pourquoi le groupe a-t-il explosé littéralement avec l'album Troublegum, certes excellent, pour ensuite retomber progressivement dans l'anonymat alors que leurs disques restent tous sans exception de petits brûlots incisifs et rentre-dedans (Suicide Pact - You First, le dernier en date, est une pure tuerie !) ?É Un mystère parmi tant d'autres. Cette compilation rétrospective n'y apportera pas de réponse, mais permettra aux nombreux d'entre vous qui ont, du coup, loupé certains des épisodes précédents de revenir sur l'essentiel de l'essentiel de cette formation irlandaise unique en son genre (brutal, le genre). Pour les plus fans, à noter une version collector avec un second CD regroupant six morceaux rares : faces B de singles, tribute aux Misfits et des versions différentes de "Isolation " et "Lunacy Booth ", le tout présente dans un très beau digipakÉ CG 4 - À ranger entre Babyteeth et Suicide Pact - you First Devin Townsend Physicist (Inside Out/SPV) - 12 titres, 51m8s - Produit par l'artiste - Sortie le 27 novembre 2000 Hard Patchwork. Devin Townsend se fit connaître en assurant le chant sur l'excellent album Sex And Religion de Steve Vaï, puis il continua son petit bonhomme de chemin en tournant avec Aerosmith, avant de rejoindre les valeureux mais défunts Wildhearts en tant que second guitariste, ce qui ne l'empêcha pas de monter son premier projet solo, Strapping Young Lad ; trois albums de SYL et divers prêts de main-forte (notamment pour Front Line Assembly et les Tribute to Rush & Judas Priest) plus tard, il décida qu'il était temps de faire des disques sous son vrai nom et il en profita pour fonder son propre label, Hevy Devy Records. Un homme très occupé, que ce Devin Townsend ! Et cela se ressent dans sa musique qui, si elle se barre dans pas mal de directions à la fois, retrouve toujours le chemin de la maison et reste sous contrôle constant : vous allez vous régaler à essayer de démêler les styles en présenceÉ TS 4 - À ranger entre Steve Vaï et Strapping Young La . The Toy Dolls Anniversary Anthems (Receiver/PIAS RRCD290) - 15 titres, 37m00s - Produit par Michael Algar - Sortie le 23 octobre 2000 Rigolo punk-rock. 20 ans que les Toy Dolls écument les scènes avec leur barnum punk & roll, incroyable mais vrai ! Cet Anniversary Anthems bien nommé, qui démarre par une valse d'anniversaire (justement) assez déconcertante, dans la lignée des meilleures blagues foireuses et furieuses de ces cramés notoires, est leur premier disque enregistré en studio depuis 3 ans (le groupe tourne sans cesse) et force est de reconnaître qu'ils y ont mis toute leur énergie vrombissante et leur imagerie bariolée, avec notamment une reprise du "Livin' La Vida Loca" de Ricky Martin à en pisser dans son froc. C'est toujours aussi drôle et ça bastonne toujours autant, que demande le peuple ?É DB 3 - À ranger entre rire et pogo Trade Live At The Queen (Omnisounds/EMI, 5297392) - 14 titres,71m47s - Produit par Divers - Sortie le 17 octobre 2000 Mix. Outre-Manche, les soirées Trade cartonnent, d'ailleurs l'underground british n'hésite pas à les consacrer comme étant le top du top en matière de défrichage sonique, voire de labo expérimental house. Et, le rendez-vous rassemble à chaque fois un bon paquet de noctambules, au point qu'il propage cette folie douce à travers le globe. Eh oui, dorénavant beaucoup de capitales succombent à l'armée de résidents made in Trade. Cette année, le Queen accueille pour une seconde saison (un samedi par mois) l'habileté incontestable de ces maîtres de cérémonies, tel Alan Thompson, ici aux manettes de cette compilation (assez speed dans le genre). Plutôt que de détailler l'exercice, on préférera conseiller cette galette vitaminique aux fanas du clubbing, eux saurons à quoi s'attendre. LE 2,5 - À ranger entre DJ Rush et Gibus Mix John Trap Love Birth Ghosts And Everything (c/o T. Lucas-29690 Huelgoat/ 02 98 99 70 26) - 14 titres, 53m04s-Autoproduit - Sortie novembre 2000 Rock expérimental. Pseudonyme original et poétique d'un quintette de musiciens bretons, John Trap se dit valser "entre Magma et PJ Harvey". Intéressante approcheÉ Privilégiant les atmosphères décalées, éthérées, à la fois lourdes et aériennes, la lenteur envoûtante de la plupart des compos fonctionne bien. Elle (Céline) chante en anglais, d'une voix souple et rauque. Ils se présentèrent devant un plus large public que celui de leurs MJC habituelles (le 13 janvier prochain à Morlaix !) lors de la finale du tremplin des Jeunes Charrues. Issus de divers groupes locaux avant de sortir un premier EP en octobre 99, ils mêlent habilement inspirations prog du début des 70s et rudesse et dépouillement d'un rock actuel, étrange et déjanté. Et très maîtrisé. À suivre de prèsÉ MEK 3 - À ranger entre The Amps et Siouxie & The Banshees Trio Soledonna Le meilleur des Nouvelles Polyphonies Corses (Philips/Universal, 468 100-2) - 18 titres, 59m16s - Produit par divers - Sortie 7 novembre 2000 Polyphonies corses. Première compilation pour ces trois femmes qui nous viennent de cette île qui fait si souvent la une de l'actualité, hélas pas pour la beauté de ses paysages. Le trio Soledonna (les filles du soleil) composé de Lydia et Patrizia Poli et de Patrizia Gattaceca existe depuis bientôt dix ans, crée d'abord sous le nom des Nouvelles Polyphonies Corses puis sous celui de Soledonna. Ce trio chante depuis toujours un répertoire transmis par tradition orale. Toute la magie méditerranéenne opère par la voix de ces avants gardistes qui, il y a quelques années bousculèrent la tradition en chantant la polyphonie en public, domaine qui était jusqu'à lors uniquement réservé aux hommes. À découvrir. N & D S-D 3,5 - À ranger entre I Muvrini et les Polyphonies Corses Denis Tshibayi Nge Na Munu (Bayelou Music/Distr-M10 320482 M765) - 13 titres, 53m59s - Produit par N'kouka Batenda, Adrian Sherwood et Skip McDonald Pop Africaine. C'est à quatorze ans, que Denis Tshibayi compose "Moninga Alingi Yo, Yo Pe Linga Me", le Docteur Nico reprit le morceau et en fit un succès international. Ensuite, notre homme balance entre une carrière de journaliste et d'informaticien pour revenir à la musique. Il fonde un premier groupe "The Best" avec son ami Lokua Kanza à la guitare, deux albums en résulteront. C'est ensuite sous le pseudo de Bibi Den's qu'il enregistre trois opus, et c'est de son véritable patronyme qu'il signe Nge Na Munu. Même s'il nous transporte à travers cette terre africaine, si fertile et riche de talents, il ne s'agit pas ici de musique traditionnelle, mais bien de pop. Pop que Tshibayi a peaufinée au fil du temps et qui est un peu une synthèse de diverses influences glanées lors de collaborations avec de nombreux artistes. Nge Na Munu est le fruit d'un travail collectif entre ses trois producteurs et arrangeurs et Ahmed Barry musicien guinéen de talent. Denis Tshibayi, sorte de crooner Africain nous promène dans son univers ou la devise pourrait être : "La vie est belle telle qu'elle est !". Un bien joli programme ! N & D S-D 3 - À ranger entre Telek et Lokua Kanza Turn Antisocial (Infectious/PIAS) - 11 titres, 40m37s - Produit par Hugh Jones Rock. Surprenant ! De maturité, de contrastes, de finesse de compositions, de talentÉ Ollie Cole, leader du trio, affirme haut et fort sa certitude que Turn percera vite et restera : il se pourrait bien qu'il ait raison. L'électricité déchire l'air, on s'y habitue, quand soudain des douceurs empoisonnées ("Gav & Anne") tranchent et évoquent, enfin dignement, Radiohead !É Le plus intéressant est sans doute, sur un premier album, une aussi précoce facilité à digérer leurs influences américaines et anglaises. Squeeze, Elliot Smith, on pense à quelques grands des deux bords. Une colère rock, une tornade viscérale qui, au fur et à mesure que le disque tourne, devient de plus en plus intérieure, retenue, jusqu'à, à nouveau, exploser sur un "I Still Believe" très Manic Street Preachers. Aussi. MEK 4 - À ranger entre Idlewild et The Auteurs The Twilight Singers Twilight (Columbia/Sony -500632/2) - 12 titres, 47m59s - Produit par Greg Dulli & Fila Brazillia - Sortie le 24 Novembre 2000 Concept album ambitieux. Greg Dulli, chanteur des plus qu'intéressants Afghan Whigs, a transvasé dans sa première superproduction en solitaire tous les thèmes et les ambiances qui lui sont chers et qu'il n'aurait jamais pu inscrire au menu d'un album de son groupe, réputation de durs à cuire aidant mal, parfois. On sent que le bonhomme s'est investi totalement dans ce voyage crépusculaire et fantomatique qui débute par les présentations avec le "Twilite Kid" et qui nous fera rencontrer des gens plus ou moins attachants -le pire étant atteint avec "Verti-Marte" et ses phrases assassines en français du style, je cite : "au revoir, enculé"- dans des endroits superbement désertiques, avant qu'un "Twilight" final n'intime l'ordre implicite aux caravanes de rentrer au campement. La musique est calme, même si traversée parfois d'éclairs blancs de frustration et l'on pense irrésistiblement à cet autre groupe américain important, ces Smashing Pumpkins qui viennent de tirer leur ultime révérence, tout en réussissant à niquer leur maison de disques, d'une façon magistrale qui fera jurisprudence. Musique calme, donc, mais d'une profondeur et d'une richesse telles qu'il vous faudra des heures d'écoute attentive, avant d'en saisir les tenants et les aboutissants : nous n'avons pas là à faire au premier venu. TS 3,5 - À ranger entre Mellon Collie et, The Wall The Urge Too Much Stereo (Immortal/Virgin) - 11 titres, 37m 23s - Produit par Clif Magness - Sortie le 2 octobre 2000 Rock heureux. En tournée avec US Crush, ce jeune groupe originaire du Missouri (Saint Louis, exactement) propose là son troisième album. Le premier date de 96. Lourds, déconneurs, rapides, énergiques, volontaires, contagieuxÉ tels sont les qualificatifs qui traversent spontanément l'esprit à l'écoute de cette gaie galette. "Four Letters And Two Words", le single, n'a rien a envier aux meilleurs et aux plus commerciaux des Red Hots. Efficacité et qualité, deux facettes trop souvent antagonistes chez beaucoup de groupes, qui pensent à leur réputation avant leur plaisir à jouer. "Liar Liar" est l'un de ces titres plus aériens, une douce mélodie comme guide et une rythmique gentiment funky en toile de fond. Too Much Stereo offre un tableau très séduisant. MEK 4 - À ranger entre Living Colour et Faith No More V-Twin Free The Twin (Domino/Labels, 7243 8504872 2) - 10 titres, 46m28's - Produit par Divers - Sortie le 31 octobre 2000 Pop/Rock. Il ne s'agit pas ici d'un album mais d'une compilation de ce collectif rock écossais dont un des membres est Chris Geddes, le clavier de Belle et Sebastien. Ce disque est donc plus une présentation qu'un opus véritable et à cet égard il souffre de son éclectisme qui le voit osciller entre pop rock, pure et dure ("Delinquency") et climats "ambient" ou fleurant le psychédélisme ("In The Land Of The Pharaons"). Comme pour mieux souligner ce côté décousu, on a souvent droit aux mêmes titres "bénéficiant" d'interprétations alternatives, bref ce Free The Twin se présente surtout comme un avant-goût d'un album devant sortir début 2001. C'est à cet égard qu'on peut lui accorder une oreille distraite en attendant quelque chose d'un peu plus consistant. CF 2 - À ranger entre Belle et Sebastien et Mogwai Venus The Man Who Was Already Dead (EMI, 724353044923) - 8 titres, 50m00s - Produit par Gianni Cicchi - Sortie le 21 novembre 2000 Pop Symphonique. Le Royal Circus de Bruxelles, le 26 septembre dernier. Venus accepte l'invitation du festival Les Nuits Botanique et, pour l'occasion, opère d'un lifting philharmonique leurs compositions. Vingt-deux musiciens disposés en cercle redonnent ainsi une nouvelle vie à Welcome To The Modern Dance Hall. Une dimension plus humaine, voire mélancolique, plus mélodieuse aussi. Par perfectionnisme, le groupe ne laissera que huit titres sur l'album, amputant d'une bonne vingtaine de minutes cette mise en scène sobre, où les responsabilités sont partagées entre le combo et le chef d'orchestre, comme Marc Huygens nous l'expliquait à l'issue du concert : "Nous n'avons pas travaillé avec nos yeux comme les autres l'ont fait en suivant le chef d'orchestre. Si nous l'avions suivi, nous n'aurions jamais été dans le temps. Malgré ça, ils ne se sont pas mal adaptés à nous, bien que parfois ils soient un peu en décalage vis-à-vis du batteur." Quoi qu'il en soit, l'essai est marqué et ce live diffuse dans l'atmosphère une essence d'une beauté enivrante. LE 4 - À ranger entre pop et concerto The Wallflowers Breach (Interscope/Universal, 4907452) - 10 titres, 42m51s - Produit par Andrew Slater & Michael Penn - Sortie le 9 novembre 2000 Rock-Folk. On parle souvent de "disque tout en finesse". Avec le nouvel opus des Wallflowers, les mots ne peuvent être mieux choisis, tant tout le disque repose sur des petits riens. Des petits riens que beaucoup n'ont pas pris la peine de remarquer car, cet album comme beaucoup d'autres, ne se laisse pas appréhender par le premier venu. Il se mérite. Il faut l'amadouer, faire preuve de patience, s'accrocher aux mélodies pour lire entre les lignes, décortiquer les chansons au casque, seul dans le noir, pour en comprendre toute la portée. Visiblement, nos confrères n'ont pas fait cet effort (encore faut-il qu'ils en soient capables, ce dont nous ne pouvons être certains), cataloguant, au mieux, ce Breach de disque anodin. Ce qui est sûr, c'est qu'il est loin d'être aussi lisible que le précédent, qui avait cartonné Outre-Atlantique et gentiment marchoté en Europe, ce qui n'enlève en rien aucune de ses qualités, qui sont avant tout une production ronde et douce, des morceaux construits par strates, empilées ou non, de belles guitares, des mélodies faussement nonchalantes et la voix de Dylan junior (Jakob de son prénom) toujours aussi envoûtante. Les paysages défilent, plus extra larges les uns que les autres (pour qui sait ouvrir les yeux autant que les oreilles), faisant de ce Breach le road album tranquille de la fin de l'annéeÉCG 4 - À ranger entre Tom Petty et l'album précédent Washington Dead Cats Live At The Frankenstein Odeon (Dare Dare/Last Call 3057842) - 7 titres, 26m01s - Produit par Mat Firehair & David Cook - Sortie le 29 novembre 2000 Rockabilly des temps anciens. Curieuse façon de revenir dans le monde des vivants, que de proposer un mini-album en public, huit longues années après leur dernier et mémorable album studio. Ce Whatchamacallit qui nous fit tant espérer, en cette formation d'irréductibles, refusant de chanter la moindre strophe en français ou d'aligner un riff de guitare postérieur à 1958, surtout que les conditions d'enregistrement de cette presque demi-heure d'anthologie sont loin d'être idéales ! Enfin bon, c'est eux qui voient, hein ; s'ils sont persuadés que les fans vont rentrer au bercail à cette occasion, après tout, pourquoi pas ? Surtout que les Washington Dead Cats ont toujours été un formidable groupe de scène (avec lancer de légumes dans les premiers rangs, les jours de très grande forme !), possédant une fougue et une jeunesse d'esprit rarement vu depuis leur disparition prématurée, après cinq petits disques - dont deux compilations - et puis s'en vont. Il est bien agréable de constater que leur séjour en terre humide ne leur a pas putréfié les neurones : tout fonctionne encore bien, à nous d'en profiterÉ TS 3 - À ranger entre leur Go Vegetables Go et les Happy Drivers Western Special Hot Jamaïcan Mixture (Zig Zag records/Tripsichord dist. ZZ 03) - 13 titres, 53m04s - Produit par Western Special Reggae-Ska. La scène Reggae-Ska est si foisonnante en France, qu'il ne se passe pas un mois sans qu'éclose un nouveau groupe ou que sorte une nouvelle galette. On ne s'en plaindra pas, d'autant que la production actuelle est d'une qualité plus qu'honorable. Les Western Special ont choisi de coller aux racines du reggae, de s'inspirer de la old school en s'appuyant sur des textes au débit saccadé, inspirés des sound-systems. Nos compères de Western Special avec Hot Jamaïcan Mixture nous délivrent là, leur deuxième album un savoureux mélange de sonorités Jamaïcaine, agrémenté d'une section de cuivres des plus efficaces. La mixité des voix ne vous laissera pas indifférents, laissez-vous danser ! N & D S-D 3,5 - À ranger entre Jim Murple Memorial et Rude Boy System Whistler Faith In The Morning (Wija/Labels, 7243 8502192 3) - 12 titres, 38m43s - Produit par Whistler - Sortie le 14 octobre 2000 Pop acoustique. Si la pop de Whistler semble placide et emprunte de fraîcheur matinale, c'est de façon trompeuse et pour mieux masquer, sous une fausse indolence, des climats plus mélancoliques voire délétères. Dans un rendu, qui oscille entre fragilité acoustique et voix gracile (la chanteuse Kerry Shaw), il y a ces constructions méticuleuses et ces arrangements à fleur de peau qui drainent glaciation et solitude ("Sad Song") et toute une palette instrumentale qui permet au groupe de dépasser le stade du minimalisme low fi (carillons de "Happiness", orchestration de "I Saw You") ou de l'intimisme bucolique (la guitare de "Watches of Switzerland", le feedback de "You And Me"). Whistler poursuit donc sa progression, à mi-chemin de lignes de guitare radieuses et d'attaques de violon virevoltantes et, quand elle reste suspendue dans l'espace comme sur l'immaculé "Don't Forget Me Forever", c'est pour mieux nous faire partager les joies toujours douces amères de la Grâce et de la Félicité. CF 3,5 - À ranger entre Nick Drake et The Sundays Willard Grant Conspiracy Everything's Fine (Slow River/Ryko/HarmoniaMundi, SRRCD 58) - 11 titres, 41m14s - Produit par Weiss, Linnane,Fisher - Sortie le 13 novembre 2000 Country alternative. Ce disque fait certainement partie de la playlist actuelle du magazine spécialisé No Depression ! Everything's Fine fait suite à l'album Mojave qui a enflammé Boston et fait écrire à The Independent que cette production était "très à l'aise aux côtés de Smog, Wilco et les autres classiques américains de l'année". À l'origine, Willard Grant Conspiracy n'était composé que du leader Robert Fisher et de son partenaire, le compositeur Paul Austin, mais, le succès grandissant et le bouche-à-oreille fonctionnant, ils ont vite été rejoints par pas mal de prétendants tels que Peter Linnane au piano à queue, Terri Moeller à la batterie, Pete Sutton à la basse et tellement d'autres que cette liste en deviendrait vite énervante ; les somptueuses chansons ont été écrites dans des endroits aussi différents que le Nevada juste avant Noël, en Georgie sous une pluie chaude et battante, dans un petit restaurant ayant la particularité de servir le café le plus dégueulasse au monde (à vérifier quand même), ou dans les reflets changeants de l'eau du Mississippi ; tous ces voyages immobiles se retrouvent le long de ces onze compositions qui prennent leur temps et le nôtre, cool. TS 3,5 - À ranger entre Summer Teeth (Wilco) et le premier Whiskeytown. Neil Young Road Rock Volume 1 (Reprise/Warner) - 8 titres, 64m29s - Produit par NY et Ben Keith - Sortie fin novembre 2000 Live. Les premiers accords de "Cowgirl In The Sand" (18 minutes !!) résonnent dans le bide en un quart de seconde. Magnifique, émouvant. Plus d'entrechats avec Pearl Jam, plus de tentatives rockabillies un peu foireuses : voilà un moment maintenant, en particulier depuis l'inusable et majeur Mirror Ball (95), que Neil Young se repaît d'un rock rêche et basique, toutes tripes dehors. Ici, la volonté affirmée de supprimer tout artifice qui gênerait, d'une quelconque manière, la transmission directe de l'émotion instrumentale débouche sur un problème de son : certains apprécieront peut-être la "non-production" de ce disque (on frôle le mono !), la voix pas toujours perceptible du grand songwriter et un certain flou sonore, comme sur un très vieux vinyle ! Moins rock que folk et r'n'b, Road Rock VI ne décolle pas toujours, mais reste un disque authentique et débordant de (bonne) foi. L'apparition de Chrissie Hynde sur "All Along The Watchtower" ne gâche rien. MEK 3 - À ranger entre The Heartbreakers et Crazy Horse |
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