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COMPACT #6 - Septembre 2000 |
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z | ||||||||||
98 Mute Slow Motion Rot (Epitath/PIAS) - 15 titres, 47m35s - Produit par Fletcher & Darian Rundall - Sortie le 7 aout 2000 Punk-rock & roll. Ces quatre américains sortent de nulle part mais font du bruit comme douze, un moyen comme un autre de se faire connaître et remarquer par un public de plus en plus large. Force est de leur reconnaître une énergie à toute épreuve ("Slow Motion Rot", "Hit You Back", "Judge And Jury") et un certain sens de la mélodie énervée ("Simpler Days", "Never Forget", "Fight Of Your Life"), le tout largement saupoudré (c'est bien simple, on ne voit plus que les têtes qui dépassent) de guitares dans tous les coins, au point que l'auditeur ébahi en arrivera à se demander si, des fois, certains as de la six-cordes n'auraient pas été appellés à la rescousse sans pour autant être crédités sur cet albumÉ Ainsi, Slow Motion Rot est revigorant et gai, le genre de disque idéal à écouter après trois heures non-stop d'Internet, de cours barbants ou de courses épuisantes à Carrefour ; 45 minutes de fun garanti sans migraineÉTS 3 - À ranger entre The Turbines et Government Issue Asolute Absolute (Glubo & Cie, GLCD006) - 5 titres - Produit par Absolute et Glubo & Cie - Sortie juin 2000 Fusion. Absolute est un groupe de fusion, et plus qu'on ne le croit ! Parce qu'au départ il était deux, Zork et Noisy Underground (N-U), orientés hardcore, qui au détour d'une même entité, à savoir le batteur GI Joe, s'est réuni pour donner naissance à ce groupe d'Epinay sur Seine. Cette formation qui se revendique fusion rock hip hop metal jungle punk ragga, a du travailler sur la base de ses diverses influences pour se consacrer à une musique qui n'attend que cela. Le résultat n'est autre qu'une alchimie entre les gros sons rock et des scratchs omniprésents qui se jouent des règles en vigueur. Au carrefour des références US, Absolute devrait facilement trouver sa place au coeur de la scène métal française. CD'O 3 - À ranger entre Incubus et Faith No More Amar Outside (WEA, 8573841092) - 13 titres, 59m23s - Produit par divers - Sortie le 4 juillet 2000 Électro pop. Après des collaborations avec Khaled et, hum, Mike Oldfield, la jeune indienne propose un premier album épaulé par Nitin Sawhney (3 titres produits) et parrainé par Talvin Singh. De Londres, où ces mélanges est-ouest fonctionnent souvent si bien, Amar dépose un recueil de morceaux qui aurait, sans difficulté, pu figurer sur le catalogue Real World. Tour à tour dansantes ou éthérées, ces chansons modernes évoquent mille influences, de Kate Bush à Everything But The Girl : parfois charmeuses et accrocheuses, à d'autres moments trop neutres et, somme toute, assez emmerdantes, comme un genre d'easy listening pour clubs (dé)branchés. Des mélopées orientalisantes (attention : Deep Forest rôde !) cristallisent l'ensemble, mais ce n'est pas toujours suffisant. MEK 2 - À ranger entre Emiliana Torrini et Assia Amen Amen (Virgin Preview) - 14 titres, 44m07s - Produit par un gros bourrin - Sortie septembre 2000 Heavitriol. Les titres, dénués de toute ambiguïté, renseignent d'emblée sur les motivations et la nature d'Amen : "Refuse Amen", "Piss Virus", "Dead On The Bible" , "Ungreatfull Dead", "Here's The Poison" ; on comprend vite que ce gang d'abrutis résolus ne cotise ni au club des poètes ni à un atelier de dentelle de Bruges. Bref, c'est du speedotrashohardcore bien épais du riff et bien fort de la gueule comme on en a entendu tant et plus depuis Slayer ou Nuclear Assault. Cela amuse cinq minutes, et puis toutes ces vaines brailleries sans imagination ni talent finissent par ennuyer ferme. À n'écouter que si vous en voulez vraiment à toute la planète ou, au moins, à vos voisins de palier. HP 1 - A ranger entre Nuclear Assault et Death Anka Anka (Envoyez La Sauce, Anko200) - 4 titres, 12m50s - Produit par l'association - Sortie le 20 juin 2000 Rock énergique. Et encore est-ce un doux euphémisme, vu que ce groupe grenoblois, sans verser dans l'amusant grindcore, ne fait pas non plus spécialement dans la dentelle : guitares agressives mordant tous les mollets qui s'approchent d'un peu trop près ; textes engagés dénonçant pêle-mêle les horreurs de la guerre, la pose de mines anti-personnels, la pollution radioactive ou autre, ainsi que les gourous de mauvaise augure annonçant des catastrophes qui prennent tout leur temps pour se réaliser ; instrumental ultra-court (la minute dépassée à grande peine d' "Adrénaline") nettoyant consciencieusement les conduits auditifs (je vous l'emballe ou c'est pour consommer ici ?)É Il semblerait que cet Anka (désolé) se soit taillé une jolie petite réputation de groupe à voir absolument sur scène, après avoir effectué les premières parties de Blankass, Marousse et autres Aston Villa ; à vérifier sans tarderÉTS 3 - À ranger entre Burning Heads et Da Wax Appliance 6 Modular Pieces (Mute/Virgin, 724384948528) - 6 titres, 28m17s - Produit par Paul Corkett & Appliance - Sortie le 13 juin 2000 Rock Expérimental. Deuxième (mini) album pour le trio d'Exeter, après un Manual paru l'année dernière et qui avait fait grande impression auprès de la presse plus ou moins bien spécialisée. La recette est restée la même, qu'ils en soient remerciés en ces quelques lignes : beaucoup d'instrumentaux (deux, en fait, ce qui fait pas mal sur six chansons !), des petits effets électroniques relaxants et servis avec une cuillère à café en lieu et place de la louche habituelle, des samplers discrets et bien polis qui ne pillent personne, des textes intéressants (ils n'auraient aucune chance dans notre belle catégorie "Variété Française"É) et une voix qui rappelle d'une façon étrangement douloureuse celle de feu Adrian Borland. Comme disent toutes les mamans du monde : "Avec de bons ingrédients, on ne peut faire que des bonnes choses !"É Appliance semble être obsédé par l'idée de simplicité et de répétition : pourvu qu'ils ne changent pas dans un proche ou même lointain avenir, cela leur va tellement bienÉ TS 3 - À ranger entre The Sound et Silicon Teens Arling & Cameron Music For Imaginary Films (Connected/PIAS, 944007020) - 14 titres, 56m33s - Produit par Arling Et Cameron - Sortie le 18 septembre 2000 Trip-Hop easy listening. Beaucoup de choses dans cet album concocté par Gerry Arling et Richard Cameron, la paire batave ayant déjà fait parler la poudre sur 6 albums (en 6 ans) et via quelques collaborations juteuses (avec Pizzicato Five sur le titre "Ariato We Love You" ou encore Fantastic Plastic Machine et son "Bachelor Pad" repris dans la B.O. du second Austin Powers), beaucoup d'idées géniales, de collages ingénieux. Beaucoup de flan aussi, car si les deux larrons assurent et assument sans défaillir le concept précis qu'ils se sont fixés (le titre est tout à fait révélateur), ils tombent néanmoins assez rapidement dans la facilité, ayant sans doute confondu easy listening et easy music. Reste cependant une succession de clins d'oeil cinématographiques (à l'intérieur du livret, chaque chanson a droit à son affiche de film !) et une créativité avec des véritables morceaux de pugnacité dedans. Virevoltant mais inégalÉ ET 3 - À ranger entre James Bonderies et Thievery Corporation Attentat Sonore Attentat Sonore (1Pact/Musisoft, 1PactCD1) - 17 titres, 74m16s - Produit par divers - Sortie le 7 aout 2000 Métal & more. La pochette de cette rondelle compilatoire est parfaitement hideuse (on vous en épargnera donc la vue), mais son contenu révèle quelques illuminations brutales et bruitistes assez rafraîchissantes et surtout révélatrices de la montée en puissance d'une scène métal française capable désormais de rivaliser avec ses collègues anglo-saxons. On retrouve ainsi des habitués tels que Oneyed Jack, Mass Hysteria ou Pleymo, mais aussi une brochette de très bonnes surprises dont un Pit Baccardi sur fond de guitares lourdes (Kick Back), 3°Est (vraiment enragés !), Enhancer et son bien-nommé "Hardcore Version Dancefloor", Aqme (dans le genre dérangés du bocal, eux se posent comme des patrons !) ou encore Tripod et le monstrueux "Serial Laveur"É Peut-être qu'entre deux hurlements et trois riffs tentaculaires se cache le futur grand groupe métalleux de demain, who knows ?É DB 2,5 - À ranger entre rage et désespoir Barenaked Ladies Maroon (Reprise/WEA) - 12 titres, 52m10s - Produit par Don Was - Sortie le 12 Septembre 2000 Country rock alternatif. Nouvel album des sympathiques Femmes Toutes Nues, quelques temps après ce Stunt qui grilla les haut-parleurs de bien des sound machines, fût certifié quadruple platine aux States et dont le single "One Week" fût élu n°1 du top 100 du vénérable magazine Billboard. Loin de se reposer sur leurs lauriers, les cinq membres multi-instrumentistes de cette formation vraiment pas comme les autres (et cette fois, c'est vrai !) enfoncent encore un peu plus le clou de leurs délires musicaux avec des titres bien barrés tels que "Too Little Too Late" (dont le riff de guitare fait immédiatement penser au "Wild Flower" du Cult), la douceureuse suffisance de "Falling For The First Time" ou bien encore l'hallucinante polka finale dénommée "Tonight Is The Night That I Fell Asleep At The Wheel" (rien que ce titre en dit long sur leur santé mentale !), presque neuf minutes de musique totalement extraterrestreÉ La production de Don Was, autre étrangeté parmi ces Aliens, loin d'étouffer les nombreuses particularités des Barenaked Ladies, en fait ressortir le côté positif et relie leurs compositions au rock & roll circus à l'aide d'une sauce bien épaisse qui les fait passer pour des êtres humains normaux et désespérement ordinaires, mais personne (ou presque) ne sera dupeÉ TS 4,5 - A ranger entre Gin Blossoms et Tragically Hip Shirley Bassey Diamonds Are Forever (EMI) - 12 titres, 57m26s - Produit par divers - Sortie le 28 août 2000 Cover. Il fallait se douter qu'après le succès de sa collaboration avec Propellerheads, Shirley Bassey (ou son manager), n'allait pas en rester là. La preuve, une kyrielle d'artistes s'associent à elle pour remettre un coup de Ripolin sur les vestiges des années fastes. Alors, assistons-nous là, à la course aux royalties ou à un exercice de style digéré aussi difficilement qu'un devoir de classe ? Le spectre du phantasme sonnant et trébuchant à beau planer, le résultat n'en demeure pas moins écoutable, voire plus si affinités. À commencer par "Where Do I Begin", "Goldfinger", "Diamonds Are Forever" remixé par Kurtis Mantronik, "Never, Never, Never" signé Groove Armada, "Spinning Wheel" par Dj Spinna ou encore le plus classique d'entre tous "Light My Fire" que Kenny Dope (des Master At Work) laisse quaisi-intact. Signalons aussi le superbe "Moonraker" de Superfunk. LE 3 - À ranger entre Propellerheads et Moloko Camille Bazbaz Une Envie De Chien (Island/Universal) - 16titres, 71m30s - Produit par Gordon Cyrus - Sortie le 5 septembre 2000 Groovy soul. Camille Bazbaz n'est pas un nouveau venu dans le paysage de la chanson française. Il fut longtemps le leader du Cri de la Mouche, un groupe de la scène alternative française qui eut son heure de gloire dans les années 80. Fasciné par la culture jamaïcaine et la soul music des 70's, il nous livre aujourd'hui un album marqué par la foi qui va droit au coeur. Sa voix dont le timbre rappelle parfois celle d'Art Mengo, nous charme par son sens du groove, une voix douce, rocailleuse et chaude. Les chansons sont bien construites, avec de vrais refrains qui décollent. Les harmonies marient les ambiances jamaïcaines, les rythmiques dub et les influences soul. Voilà un album qui saura incontestablement vous donner une "envie de chien" de vous secouer les puces sur les pistes de dance. JCM 3,5 - A ranger entre Le Cri de la Mouche et Sinclair Bellatrix It's All True (Nong/PIAS, NONG14CD) - 11 titres, 42m07s - Produit par Dan Swift - Sortie le 6 juin 2000 Pop rock des pays froids. Quelque chose comme le pendant électrique & électronique d'Abba, en quelque sorte et quand même en nettement moins douéÉ La plupart des chansons sont bien torchées et d'une lumineuse mélodicité, pas de problème, mais l'ensemble n'arrive pas à décoller de la piste et à aller se vautrer sur l'hôtel le plus proche, même quand le commandant de bord se sera endormi au bout de quelques soporifiques minutes ; une autre fois, peut-être. Ici, faute de véritable gouvernail et sans but précis, l'appareil se contente de survoler plein de courants musicaux différents sans ressentir le besoin de se poser quelque part, ce qui fait que les auditeurs de moins en moins attentifs à ce voyage immobile redescendront de la passerelle en se demandant pourquoi ils étaient venus làÉ TS 2 - À ranger entre Echobelly et Tchouc Tchouc Nougat Big Momma's House Music From The Motion Picture (Sony Music, 4987572) - 14 titres, 53m43s - Produit par Jermaine Dupri & Michael Mauldin - Sortie juillet 2000 B.O. Ben voilà, ça y est, on touche le fond : ils ont brûlé "Sledgehammer" sur l'autel du R&B ! Une ignominie à laquelle 250 000 personnes ont été confrontées en se payant une tranche de Big Mamma. En mal de tarte à la crème, de flatulences groovesques, ce public encourage l'industrie à pervertir les quelques morceaux d'anthologies qui ne prennent pas une ride. Servie à la louche, la recette nous arrive ici dans l'estomac avec l'aplomb d'un loukoum défraîchi. Inutile de rentrer dans les détails d'une indigestion si difficile que seul le pilori soulagerait. Ce funeste destin, ni la présence de Missy Elliott ou celle de Monica ne pourrait l'éviter. LE 0 - À ranger entre Rap et R&B. Black Sabbath (Tribute) Nativity In Black 2 (Divine/Priority/Virgin, 7243526095) - 15 titres, 59m11s - Produit par divers - Sortie juillet 2000 Métallitude. Second volet de l'hommage rendu à Black Sabbath, salué comme il se doit comme (sans doute) le premier groupe métal de tous les temps. Beaucoup de beau monde (Slayer, Soulfly, Pantera, Megadeth, Monster MagnetÉ), dans une ambiance beaucoup plus brutale que celle développée par le premier tome voici quelques années. Au rayon des bonnes surprises : Godsmack pour un "Sweet Leaf" (en lever de rideau) lourd et enroué ; System Of A Down qui réussit à faire swinguer "Snowblind" sans toutefois en réduire l'intensité et la puissance ; Ozzy accompagné de Primus qui ensemble s'autorisent une nouvelle visite hallucinante de "n.i.b." ; "Hand Of Doom" passé à la moulinette Slayer ; un "Under The Sun" pachydermique à souhait orchestré par Soulfly ; et Monster Magnet qui s'éclate avec "Into The Voïd" sur plus de huit minutes. Pas grand-chose à jeter en faitÉ DB 3,5 - À ranger entre le premier volume et un bon vieux live du Sabbath Brahim Dans Quel Monde On Vit (Mohican) - 11 titres, 56m02s - Produit par M'Boueke et Giovanny de la Hunda - Sortie le 10 Septembre 2000 Reggae groovy. Brahim a rodé son alchimie ragga & groove en écumant les scènes françaises au sein du Wadada Sound System. Dix ans de travail pour un premier album fraichement baptisé Dans Quel Monde On Vit . Ce disque fascine à plusieurs titres : un mélange de groove et de reggae absolument unique comme une véritable machine à danser, des arrangements de cuivres élégants et racés, un phrasé dans la lignée des authentiques taosters jamaïcains ainsi qu'une parfaite maitrise des compositions et des textes. Chacune des mélodies reposent sur des riffs nonchalants où les guitares dessinent de belles harmonies derrière l'incontournable rythmique basse/batterie. JCM 3,5 - À ranger entre Les Wailers et Marvin Gaye Francoiz Breut Vingt à Trente Mille Jours (Labels/Virgin) - 14 titres, 51m21s - Produit par Fabrice Laureau - Sortie le 19 Septembre 2000 Chanson française à textes. Non, non, ne me refaites pas le coup de l'autre jour et revenez ! On peut très bien être une chanteuse réaliste et demeurer intéressante sans devenir pontifiante et même chiante, c'est loin d'être incompatible. La bretonne Francoiz possède un joli filet de voix, elle a su s'entourer de musiciens valables, de paroliers sur mesure (pour ce deuxième album, Philippe Poirier, Katerine et Dominique A lui ont prêté main forte : où est donc passé Pascal Obistro ? Se laisserait-il dépouiller du leadership de l'écriture pour autrui sans broncher ?) et son premier disque, sorti en 1997, a suscité l'admiration de pointures telles que les Walkabouts (qui reprennent "Everyone Kisses A Stranger"), Calexico (qui s'essaient à "Ma Colère"), Giant Sand (dont le leader, Howe Gelb, lui a dédié une chanson sobrement baptisée "Letter To Francoiz") ou, plus près de nous, nos valeureux Louise Attaque, qui l'ont fait chanter en duo sur "La Plume", titre de leur excellent deuxième albumÉ C'est vrai que ce disque se laisse facilement écouter, bien calé dans un profond fauteuil et un verre de ce que vous voudrez à la main, la tête aussi vide que vous le pourrezÉ 3 - À ranger entre Françoise Hardy et Dominique A Café Oz House Remix (Wagram, 3061662) - 13 titres, 63m25s - Produit par Divers - Sortie juillet 2000 House. Un set d'une heure mené à la baguette par Miss Lith De Lanka. Voilà ce que l'on peut découvrir ici, à défaut de pouvoir se rendre dans l'un des Cafés Oz de notre capitale. Originairement implanté en Australie, l'endroit a pour vocation de drainer une clientèle en proie aux vibes nocturnes, aux festivités électro du genre de ce House Remix. Les habitués retrouveront un parfum commun au What's Up, à l'O.P.A, au Café du Trésor ou à La Fabrique, où l'on se délecte d'ambiance deep house, comme nous le propose cet album avec Martin Solveig, Ferris Bueller ou Robbie Rivera. À découvrir davantage pour le talent de la Miss que pour les morceaux choisisÉ LE 2 - À ranger entre Greg Gauthier et Martin Solveig Cocks & Cunts Underground Extreme Metal Compilation (Bleurk/Mafia Underground) - 34 titres, 73m23s - Produit par pas mal de monde - Sortie le 1 juillet 2000 Bruit & fureur. Ce collectif délicatement baptisé "Bites & Chattes" ne concerne qu'un public bien particulier, celui qui se délectait des borborygmes d'Obituary, des atrocités textuelles de Cannibal Corpse et des reprises fort réussies de Kreator. Les autres fuiront à toutes jambes dès la première "chanson", le charmant "Incinerator Of Cadaveric Leftover" des espagnols bien barrés de Haemorrage, sûr ! Rien que les noms des groupes valent leur pesant de cacahuètes : Krabathor, Depraved, Agothocles, Sublime Cadaveric Decomposition et autres Purulent Excretor !!! Quant aux compositions, elles oscillent entre 30 secondes (grindcore, donc) et les 5m27s du "Fornication Terrorists" (mais où diable vont-ils donc pêcher tout ça ?) du groupe américain Dying Foetus, en passant bien évidemment par tous les stades intermédiaires possiblesÉ Reste que presque une heure un quart d'un pareil supplice auditif n'a rien de bien encourageant ; seuls les fans les plus extrêmistes et les plus avides d'agressions sonores se précipiteront sur cette rondelle argentée et diaboliqueÉ TS 2 - À ranger entre Slowly We Rot (Obituary) et Death The Corrs In Blue (Eastwest/Warner) - 15 titres, 59m02s - Produit par divers - Sortie le 18 juillet 2000 Variété anglo-saxonne. Putain ! D'un côté, personne, à la rédaction, ne sait quoi dire de cette soupe triste et verdâtre ; d'un autre, je me dévoue tout en constatant que le bijou qu'est le dernier Midnight Oil est ignoré, presque banni des médias. Qui croire ? Les vidéos putassières de ces trois pouffiasses (trop bonnes ! me souffle un jeune voisinÉ) et de leur grossier souteneur ou bien la présence absente et un peu lourde (de sens) d'authentiques rock & rollers australiens ? La, burp, musique des Corrs est douce et câline les tympans. Les demoiselles se dandinent et chantent avec joie et conviction (trop gros, le chèque ! gémit un ami pigiste) sur des compositions sans heurts ni relief (il va vomir puis revient). Sans déconner, chef, j'peux arrêter, là ? MEK 0 - À ranger entre Shania Twain et Céline Dion Michael De Jong Immaculate Deception (Munich/Musisoft, MRCD203) - 10 titres, 60m33s - Produit par Mike Stewart - Sortie le 7 aout 2000 Folk-blues. Le visage de Michael de Jong est marqué par les années, celles passées sur les scènes du monde entier avec Albert Collins, Professor Longhair ou encore John Lee Hooker ; marqué aussi par ces chansons accouchées comme autant de batailles gagnées. Contre le temps. Et contre soi-même. Le hollandais a dû fumer du mauvais gazon, un soir plus flou que d'accoutumée, et il ne s'en est jamais remis. Tant mieux pour nous ! Plus que la déception dont il est question dans le titre, il s'agît ici presque de désenchantement. Ce disque vous collera aux basques ; poisseux et prenant, comme le furent Who's Fooling Who, Alive, Grown Man Moan et The Waiting Game , car depuis 96 le bonhomme a pris l'excellente habitude de nous revenir chaque année avec une nouvelle approche de ses turpitudes les plus profondes. Plus torturé et replié sur lui-même à chaque fois, semblant rompre mais toujours debout avec ce faciès digne d'un Pacino des grandes heures. Un véritable soldat inconnu du folk & blues dont la sensibilité, si elle est mise régulièrement à rude épreuve, semble encore pouvoir donner naissance à d'autres mélodrames orageux. Plus émotionnel, tu meurs ! D'autres l'ont déjà prouvéÉ CG 3,5 - À ranger entre Townes Van Zandt et Kevin Coyne De La Soul Art Official Intelligence : Mosaic Thump (TommyBoy/PIAS, TBCD1348) - 17 titres, 66m46s - Produit par Fletcher & Darian Rundall - Sortie le 8 aout 2000 Hip hop. Cinquième album pour De La Soul qui, depuis plus de dix ans déjà, ne cesse de se remettre en question (leur second album ne s'appelait-il pas déjà De La Soul Is Dead ?). Du graphisme (superbe livret) aux textes, qui s'éloignent encore un peu plus du sempiternel "happy-go-lucky" que sur le précédent Stakes Is High's, le trio semble toujours plus créatif et s'impose à nouveau comme l'une des têtes de file d'un style qui aurait -sans ce genre d'illuminations- tendance à s'auto-détruire pour cause de pauvreté artistique ambiante. Comme si les délires multi-pistes de Maseo, Pos et Dave ne suffisaient pas, on assiste ici à une impressionnante liste de featurings : Busta Rhymes, Mike D des Beastie Boys, Redman (sur l'incroyable single "Oooh"), Jay Dee, The Alkaholiks, Xzibi ou encore Chaka Khan. Des invités prestigieux à l'image du hip hop haut de gamme du trioÉDL 4 - À ranger au-dessus de Stakes Is High's Djam' Dom Le Partage (Chrysalis) - 15titres, 53m01s - Produit par Derek Demundo - Sortie Juillet 2000 Ragga-dub. Djam' Dom, originaire de St Anne en Guadeloupe, chante le ragga depuis 1988. Il lui aura fallu attendre 12 ans pour que sorte aujourd'hui son premier album que l'on peut classer dans le courrant reggae-soul-dub français ouvert au grand public par Sinsemillia et Pierpoljack. Une guitare, une basse, quelques percussions pour le groove, et des choeurs colorés donnent à l'arrivée 15 titres envoutants qui vous trottent encore dans la tête après la première écoute. Djam Dom a baigné dans le son de la scène rub a dub jamaïcaine des années 80. Les textes, gais et cryptés d'humour, reposent sur une toile sonore qui rivalise sans complexe avec celles des gros calibres de la production reggae jamaîcaine. Un artiste à suivre de près. JCM 4 - A ranger entre Aswad et Steel Pulse Doctor L Mountains Will Never Surrender (Sony Music, 4987572) - 10 titres, 47m13s - Produit par Franck Hedin -Sortie août 2000. Pharmacopée. Pour son nouvel opus, Liam Farrel s'entoure de Tony Allen et Clip Payne. N'y voyez pas pour autant une volonté Funkadelic à vouloir faire coexister le sens inné du tempo de l'un et le groove post-moderne de l'autre. Davantage éclairés par l'expérimentation textuelle et sonore que par les lanternes balisant un quelconque langage, les musiciens défrichent une terre inexploitée. Difficile, donc, d'y entrevoir autre chose que le reflet d'une imagination poétiquement fertile, politiquement utile. Et même si parfois l'ego démesuré de l'auteur à trop tendance à nous rappeler combien le projet reste ambitieux, l'aventure mérite une écoute attentive et permissive. LE 2,5 - À ranger entre James Baldwin et Lou Reed Everclear Songs From An American Movie, Vol. One : Learning How To Smile (Capitol/EMI, 7243-4-97061) - 12 titres, 45m23s - Produit par A.P. Alexakis - Sortie le 11 juillet 2000 Rock soft. Après la surprise initiable (mais que sont devenus les coups de semonce et les tremblements de terre de Sparkle & Fade et son successeur So Much For The Afterglow ?), il est assez plaisant de constater que les trois zigotos d'Everclear, en mettant un peu d'eau dans leur vin, sont paradoxalement passé à la vitesse supérieure et nous proposent un disque aussi riche, touffu et magistralement produit/orchestré que le nouveau Fastball, c'est dire le haut niveau atteint ! Comme si une nouvelle famille musicale débarquait sans coup férir aux États-Unis, des groupes qui allient enfin l'urgence d'un rock sans fioritures, une production ultra-pointilleuse et un sens de la mélodie digne des plus grands façonneurs pop. Le second volume, prévu pour le tout début de l'année 2001 et intitulé Good Time For A Bad Attitude (tout un programme), s'annonce un peu plus couillu, on en salive d'avanceÉ CG 4,5 - À ranger entre 54.40 et Fastball Fabe La Rage De Dire (Small, 4982562) - 16titres, 66m03s - Produit par Mc Gyver, Dj Mehdi.É - Sortie été 2000 Rap. Avec un quatrième album, le rappeur parisien s'installe durablement dans le club des chanteurs engagés, des rappeurs à textes. Des textes intelligents et brillants qui reposent sur une ambiance groovy, cool et ragga produite par une floppée de Dj et autres sound designer. La musique est limpide, cent pour cent rap et va chercher ses racines à une époque où les beats étaient lourds, les années 80, les années Public Ennemy. Fabe possède son propre phrasé, une syncope unique et chose rare dans le monde du hip hop de vraies lignes mélodiques. Voici 16 titres dotés d'une solide dose de révolte, de cynisme, voire de morale, mais toujours teinté d'humour. La Rage De Dire est un véritable feu d'artifices qui éclaire le ciel du rap français. JCM 3 - À ranger avec Détournement De Son Fastball The Harsh Light Of Day (Hollywood/Edel/Sony) - 12 titres, 42m20s - Produit par Julian Raymond et Fastball - Sortie le 15 septembre 2000 Rock-pop. Le cas Fastball fait réfléchir, au-delà même des indéniables qualités musicales, qui mériteraient à elle seule l'écriture d'un article (on y pense, mais ça ne dépend pas que de nous), car il semblerait dans ce pays de coinçés unilatéraux qu'une formation aussi solide et talentueuse MAIS américaine n'ait pas autant de chances de réussir qu'un combo pop anglais mineur encensé par le NME. Ça rejoint un peu ce que nous évoquons dans l'une des parties de notre texte sur Coldplay ("Leurre de vérité ?"). Car oui, comme il faut s'agenouiller devant les choix interchangeables de nos voisins brittons, il est de bon ton de descendre tout ce qui vient d'Outre-Altantique et qui s'adresse là-bas plus ou moins aux étudiants des campus. Les Replacements en leur temps, Guadalcanal Diary un peu plus tard, les Goo Goo Dolls plus récemment, Soul Asylum en dehors d'un single, on pourrait en citer des centaines de ces groupes géniaux qui cartonnent là-bas et sont des parias ici. Et puis, parfois, pouf, ça explose, comme R.E.M. qui aura aligné une quantité d'albums fabuleux avant de connaître enfi la gloire. Pour ce qui est de Fastball, c'est d'autant plus rageant qu'en plus de l'élégance de leur rock (on pense de temps à autre aux Hooters ou même à Costello, pédiode mid-eighties), ce sont aussi des petits génies d'ingéniosité pop capables de vous embarquer dans leurs ritournelles aux savantes mélodies en deux accords trois refrains. À cet égard, les deux premiers morceaux de l'album ("This Is Not My Life" et "You're An Ocean") sont de véritables kaléidoscopes révélateurs des énormes possibilités du trio Texan : originaux, voire surprenants, savamment produits, immédiatement entêtants, la parfaite double introduction d'un disque qui réserve bien d'autres surprises et mériterait, on ne le dira jamais assez, de trôner en bonne place dans toute CDthèque qui se respecte. CG 5 - À ranger entre Hooters et 54.40 Bryan Ferry Slave To Love (Virgin, 724384958527) - 18 titres, 74m48s - Produit par divers - Sortie juillet 2000 Crooneritude. Parallèlement à une visite hallucinante autant qu'hallucinée des premières échauffourées glam-rock de Roxy Music (voir plus loin) parait une anthologie des roucoulades les plus cuisantes de Bryan Ferry en solo, sur laquelle on retrouve également quelques rondelles ramollo-tubesques du Roxy ("Avalon", "My Only Love", "To Turn You On", "Oh Yeah" et bien sûr leur célèbre reprise du "Jealous Guy" de Lennon). Trop propre et trop lisse pour être honnête (beaucoup de reprises pour ce compositeur de génie qui a tant contribué aux premiers disques étincelants de Roxy Music), ce Slave To Love met cependant en exergue la voix exceptionnelle du bonhomme (comment pourrait-il en être autrement, on entend souvent que ça tant l'instrumentation est mielleuse/piteuse) et sa faculté à rendre à moitié dingue les trois quarts des femmes de la planèteÉ ML 2,5 - À ranger entre cucul et concon Flor Del Fango Flor Del Fango (Edel, 0070662) - 15 titres, 46m50s - Produit par Flor Del Fango - Sortie été 2000 Escapade Mexicaine. Via leurs origines diverses et leurs voyages successifs au Sud du Mexique, les membres de ce collectif cultivent un petit coin latino, au coeur de l'hexagone. Pour la plupart membres de la culture punk rock française au sein de groupe tels Parabellum, Chihuahua ou dans un style plus bariolé P18 et la Mano Negra, ces musiciens partent en croisade en faveur des Indiens du Chiapas, une région qui est le théâtre d'une oppression gouvernementale permanente et dont les habitants subissent les vagues d'expropriations. Donc, pour sensibiliser l'opinion publique et apporter un certain soutien à cette ethnie, Flor Del Fango se produit en concert depuis trois ans et achève un premier album marginal. L'ensemble navigue entre la musique péruvienne et le rock folklorique chanté, à flor de peau, par Ana et Marucha. Histoires d'amour, messages d'espoir ou textes typiques se côtoient dans un élan de sincérité vraiment dépaysant. LE 3 - À ranger entre Mano Negra et Hermanas Ferrin The Flower Kings Space revolver (InsideOut/Wagram, 085 41222) - 10 titres, 76m17s - Produit par Don & Gepetto Azzaro - Sortie septembre 2000 Kaléidoprog. Depuis l'album de Transatlantic, on semble prendre un peu plus au sérieux les Suédois de Roine Stolt. Bon, cela ne doit pas changer pour autant les qualités et limites du progband d'Uppsala. À savoir une extrême compétence instrumentale, des idées bouillonnantes, une vraie générosité, mais aussi une musique empêtrée dans des références trop présentes et trop datées, Genesis période Foxtrot, protoYes, King Crimson. Rien n'a changé avec ce Space Revolver. L'aisance instrumentale demeure saisissante, les compositions à tiroirs regorgent de thèmes proliférants, mais le chant pendragowettonien, les déboulés de synthé lutin, les ambiances mélodiques portent toutes une marque de fabrique qui n'est pas celle des Flower Kings. C'est un peu comme chez Spock's Beard, mais en nettement moins crispant. Bref, voilà du beau boulot point trop original. À quand le Transat 2 ? HP 2,5 - À ranger entre Genesis et Pendragon Foil Never Got Hip (Mute/Virgin) - 11 titres, 46m17s - Produit par Foil & Jamie Watson - Sortie le 5 Juin 2000 Rock & roll énergétique. La biographie parle de powerpop pour qualifier la musique de Foil, mais ce terme passablement restrictif fait trop penser à une association d'adolescents plus ou moins boutonneux qui jouent encore à touche-pipi entre eux et qui passent le plus sombre de leur temps enfermé dans leur chambre, afin de se conformer en tous points aux dogmes érigés par Stephen Morrissey, leur idole de toujoursÉ Non, les quatres londoniens pure souche de ce groupe pratiquent bel et bien un rock endiablé ("Easy Life And Ignominy", "Weird Kid" et "I'll Take My Chances" en sont les exemples les plus aboutis) qui évoquera, pour les oreilles les plus érudites, les esprits des défunts The Sound et The Call et tant pis pour tous ceux et toutes celles qui ignorent tout de ces deux formations, la vie est trop courte pour écouter triste ! TS 3 - À ranger entre Into The Woods (Call) et Jeopardy (Sound) Fouta L'eau Et Le Feu (High Groove/MSI, HG 19) - 16 titres, 60m39s - Sortie juin 2000 Reggae. Originaires de Montpellier, les huit membres de Fouta ont enregistré leur premier album après cinq ans de tournées incessantes entre la France et l'Italie sous le nom de la Foutamilia. Juste quelques remaniements de line-up, et voici donc L'Eau Et Le Feu, collection de textes revendiquant l'action sociale, contestant l'injustice et le racisme par le biais de la voix ragga de Rhum J. Des paroles en français, d'autres en anglais, mais surtout de magnifiques plages dub, qui n'ont rien à envier aux songs jamaïcaines. C'est un beau travail d'accompli, et on se dit que High Groove, décidément, nous réserve d'agréables surprises. CD'O 3 - À ranger entre 38 Dub Band et Mister Gang Grand Popo Football Club Shampoo Victims (Atmosphériques/Sony, 23722) - 12 titres, 57m42s - Produit par Nicolas Errèra - Sortie le 29 août 2000 Bricotronic. "Each Finger Has An Attitude", on imagine la séance de brainstorming entre les auteurs pour trouver le titre de ce single, laché dans la nature depuis un an. Allez, rien que pour ça, on laisse le tourne-disque poursuivre son bonhomme de chemin. Et ma foi, tout n'est pas si mauvais -ou tout n'est pas si bon- en commençant par le come-back des Sparks. Faut quand même être sacrément pervers pour retrouver ce duo de déjantés, dont on ne soupçonnait plus l'existence. Il paraît que c'est une des spécialités d'Ariel WizmanÉ Si bien que plus loin, c'est au tour du répertoire français d'être revisité, et là, nous avons droit à Elli et Jacno ! Franchement, plutôt que de perdre son temps à tenter de dénicher l'album d'un pousse bouton prétentieux, optez pour le Grand Popo. LE 1 - À ranger entre Farces et Attrapes David Gray White Ladder (IHT/East West, 8573829832) - 10 titres, 52m07s - Produit par Gray/Mac Lune/Poison - Sortie Été 2000 Rock intimiste et torturé. Si l'on en croit une biographie délirante, ce disque aurait changé la vie de Bono, ci-devant chanteur de l'ancien groupe de rock U2 et l'on en arrive à supposer que son existence devait être bien vide, ces derniers temps, pour s'amouracher d'un tel non-évènement ! Cet album n'est pas mauvais, loin de là, mais il part favori pour la célèbre course mensuelle de la Next Big Thing, ce qui constitue plus un handicap qu'une réelle faveur, pas vrai ? Bien sûr, les compositions de Mr Gray sont suffisamment bien torchées pour que nous y tendions une attentive paire d'oreilles, mais le problème est ailleurs, pour paraphraser la célèbre paire d'endives qui essaient de jouer dans X-Files : le petit truc gênant, c'est que White Ladder est exactement le genre de disque qu'il est de bon ton de posséder et d'encenser en ce moment, pour faire branché dans les soirées chics du style fête estivale annuelle de maison de disques et autres concerts gratuits passés au bar sans se préoccuper un seul instant du groupe présent sur scène, surtout s'il s'agit de celui de première partie (un rock critic digne de ce nom ne doit JAMAIS manifester le moindre intérêt pour les groupes de première partie !!!), vous voyez le genre ? Brett Easton Ellis n'a rien inventé, hélasÉ TS 2,5 - À ranger entre Perry Blake et Michaël Ashton The Handsome Family In The Air (Fargo/Wagram) - 11 titres, 37m04s - Produit par Fletcher & Darian Rundall - Sortie été 2000 Country. De ce côté-ci de l'Atlantique, on a évidemment une vision déformée de la country. On s'imagine toujours une vieille outre à bière avec moustache rebelle, chapeau bien large, costard cow-boy à franges, le public et le folklore qui va avec. Ou alors une Yvette Horner locale, avec poumons retractables, le même costume, les mêmes chansons stéréotypées et la gratte à mouvement unique. Or, bien sûr, il existe des artistes et groupes qui vont bien au-delà de tout ceci, comme Handsome Family qui, derrière le jeu de mots du titre de l'album ("dans le vent") propose une country vivifiante, assez riche au niveau de l'instrumentation et bénéficiant de textes plutôt poignants. Parfois, on se dit même qu'avec une bonne omelette aux champignons qui font voir la vie en couleurs, on pourrait penser aux légendaires Orson Family qui nous avait bien fait marrer dans les années 80 (le title-track notamment). Une bonne surprise donc, dans un genre qui mériterait qu'on lui secoue plus souvent les pucesÉML 3 - À ranger en lisière du rayon country James Hardway Moors And Christians (Hydrogen Dukebox/Pias) - 10 titres, 49m43s - Produit par James Hardway- Sortie le 5 juillet 2000 Fusion. Musicalement instable, James Hardway a passé les années 80 à s'attaquer à toutes les expérimentations possibles. De la techno à l'acid house et passant par un trip reggae frôlant le mysticisme, il accumule les rencontres, les pseudos et décroche ainsi quelques records de vente, dont certains atteignent plusieurs millions d'exemplaires. Ce n'est qu'en 96 qu'il signe son premier album, toujours axé sur la mixité des genres. Trop avant-gardiste, la presse le boudera, tout comme le second (un live ésotérique sur lequel résidaient des restes sa collaboration avec Alec Empire) avant d'être unanime sur A Positive Sweat, sortie l'année dernière. L'influence jazzy se fait dorénavant présente. Aussi riche et accessible que cet opus, ce quatrième disque revisite les rythmes cubains, le ragga, en troquant le sample pour les cuivres de La Havane et les percus du maître Octavio Rodriguez. Original. LE 3 - À ranger entre Oryema et Faraco Ice T 7 Th deadly SIN (Roadrunner - RR 8614-2) - 20titres, 73m58s - Produit par DJ Ace - Sortie Été 2000 Rap. Ice T connait le métier et n'a pas besoin de s'inventer des histoires de gangs pour être crédible. Ice T vient d'un gang de Los Angeles. Certes c'était il y a plus de 20 ans, car depuis, entre deux séries TV et un album de Body Count, le robinet à dollars tourne pour lui. Même s'il vit aujourd'hui dans une somptueuse villa du côté d'Hollywood, il reste le moteur logique et cardiaque du gangsta rap. Comme la chanson d'Hallyday, Ice T ne change pas, il vieillit. En quelques mots, il plante le décors, donne le mood et lance l'action. Il puise dans l'univers des gangsters le sens de l'élégance, de la formule assassine. L'artiste rappe lentement, asséne alitérations et rimes riches qui s'entrechoquent, parle de son monde à lui, et se met en scène, en héros impeccable. JCM 3,5 - A ranger entre Body Count et Tupac Icon Night Of The Crime (Axe Killer/Wagram, 3057332) - 10 titres, 41m32s - Produit par Eddie Kramer - Sortie le 17 Juillet 2000 Rock FM mais bien énervé quand même. Réédition, quinze longues années plus tard, du second (dans le sens tristement littéral du terme : il n'y aura jamais de troisième !) album d'Icon, quintet talentueux mais malchanceux originaire de Phoënix/Arizona, soit le même bled que notre brave Alice Cooper, ce qui ne les aida pas beaucoup dans leur tentative de décrocher la queue, ou au moins quelques poils alors, de ce Mickey qui fascine tant les foules. Ils obtinrent bien quelque succès, notamment en Allemagne et en Angleterre, mais jamais aux USA, qui restèrent toujours sourds comme trente six mille pots à leurs mélodies pourtant entêtantes et bien torchées. Pour une fois qu'un groupe se réclamant de la mouvance Rock FM ne noyait pas toutes ses compositions sous des flots de claviers plus ou moins intempestifs, la reconnaissance ne vint jamais au rendez-vous, la garce véroléeÉ Pourtant, Icon avait tout pour réussir : deux guitaristes dont un hors-pair, une bonne section rhtymique, un chanteur possédant une voix agréable et qui ne HURLAIT pas, des chansons intéressantes -en tout cas pas trop tartes- et un son puissant (si si, c'est souvent important) ; mais rien n'y fit et après une ultime tentative de tournée intensive, ils passèrent l'éponge et Dieu seul sait (peut-être aussi Eric Coubard, à vérifier) ce qu'ils ont bien pu devenirÉ TS 3,5 - À ranger entre leur premier album et un Nightranger Rickie Lee Jones It's Like This (Epic) - 11 titres, 37m35s - Produit par Rickie Lee Jones - Sortie le 12 septembre 2000 Roadmovie. Sa carrière fut toujours en marge d'un univers qu'elle ne cesse d'épier. Des plaisirs du jazz en passant par une pop céleste, Rickie Lee Jones goûte à tous ces mets délicats sans crier gare, avec toutefois en dénominateur commun, un sens inouï pour écorcher la vie de sa voix souvent à la limite. Certains aiment à la comparer à Tricky, acteur taciturne du trip hop ayant toujours le dernier mot avec ses maux. Comme lui, Rickie se plaît à tailler dans le vif d'une poésie itinérante, urbaineÉ N'oublions pas son idylle avec Tom Waits, une marque au fer rouge dont on nous prive ici, puisqu'elle délaisse ses compos au profit de reprises de chansons signées Steely Dan, Marvin Gaye, Chaplin, Sinatra ou The Beatles. Seule consolation, un duo en compagnie de Joe Jackson ouvre et conclue ce voyage. LE 2,5 - À ranger entre Stina Nordenstam et Helen Merrill Kanjar'oc Kamino Real - Match Retour (Globe Music/Sony Music EPC4986742) - 12 titres, 64m03s - Produit par Serge Devesvre et Christian Noël - Sortie été 2000 Fusion Occitane. On compte en France de nombreuses régions développant un sens aïgue de la revendication identitaire. Certains choisissent la politique, d'autres la culture, et en particulier la musique. Que dire sinon tant mieux ! À l'image de leurs collègues marseillais Massilia Sound System, qui participent notamment au titre «Sang Dou Pople», ou encore Dupain (présent sur «Original Port-de-Bocan»), ces amateurs de fusion souvent très électrique revendiquent le métissage au travers de l'affirmation de leur propre style. Leurs compositions revisitent les thèmes musicaux des quatre coins du monde, sous la forme de voyages virtuels, comme cette «Vie d'Artiste» en partance de Bristol direction New York pour un trip hop made in le port de boucaires. On part pour Tripoli, Beyrouth, Marrakech, Ibiza et bien entendu Kingston, en compagnie de la voix de Chap's et la compagnie Kanjar'oc. CD'O 3 - À ranger entre Dupain et Massilia Sound System L.A. Zoo Led Boots (Music Avenue/M10, 250029) - 12 titres, 64m48s - Produit par Bunny Brunel - Sortie fin juin 2000 rock bluesy & jazzy. These led boots are made for rockin'É Ouais, facile, mais bon, ça colle plutôt bien aux premières secondes de ce disque où, en lieu et place du déluge de guitares attendu (nouveau projet de Vivian Campbell) un harmonica tente de faire bouger le bocal à vase qui nous tient lieu de cerveau. Ensuite, ça dérape profondément dans l'horripilante démonstration technique et on se rend compte que Bunny Brunel, bassiste ayant entre autres accompagné Al Jarreau, Herbie Hancock, Stanley Clarke et Chick Corea a eu davantage la main mise sur l'album (qu'il produit pas ailleurs) que son compagnon d'armes. Un nouveau disque de musiciens pour musiciens donc, plutôt réussi en la matière, mais particulièrement fastidieux dans le cas contraire, pour ne pas dire chiatique à mourir d'ennui. Mince, on avait promis de ne pas le dire !É DB 2 - À écouter entre deux jams (for musicians only) K.D. Lang Invicible Summer (WEA) - 11 titres, 42m13s - Produit par Damian Legassick - Sortie le 20 juin 2000 Lounge pop. Presque 20 ans, aujourd'hui, que la canadienne cherche sa voie musicale exacte, le genre qui lui correspondrait le mieux. Aurait-elle enfin trouvé ? Il semble, en tout cas, que sa générosité de songwriter et son plaisir palpable à chanter soient au top. L'esprit du livret est à l'unisson de ces ritournelles faussement légères et estivales : tons orangés, sourires épanouis, béatitudeÉ On dirait une nouvelle production de Burgalat, ce qui implique, avant le talent, une sorte de French Touch branchée dans la nostalgie des ambiances et la lenteur des tempos. K.D. Lang, authentiquement, est allée tout au sud, toucher le fond de la Californie pour y (re)trouver un art de vivre hors du temps et un océan aux embruns sucrés-salés. MEK 3,5 - À ranger entre Michelle Shocked et Brenda Lee Les 100 grammes de têtes Qui Ska ? Version Studio (Crash Disques/PIAS, 28) - 12 titres, 48m57s - produit par Pierre Le Berrigaud - Sortie Juillet 2000 Ska jazzy. Parmi la multitude de disques sur le marché, certains se distinguent pour des raisons souvent diverses. Avec un nom pareil, 100 Grammes de Têtes, au début, on était sceptique ! Et puis, un soir de fête, on introduit l'album dans la platine, histoire de mettre un peu d'ambiance. Et là, révélation, ce disque n'est pas comme les autres. Cette excellente formation cuivrée séduit par son dynamisme et sa musique festive. Même si les paroles ne sont pas signées Verlaine, les compositions de ces huit musiciens de Catalogne nous mettent du baume au coeur. Après un premier opus live en distribution directe, ainsi que les premières parties des U-Roy, Wailers et autres pointures en la matière, les joyeux fêtards se lancent dans l'aventure studio, et sortent vainqueurs ! CD'O 3,5 - À ranger entre 38 Dub Band et Les Fils De Teuhpu Liquido At The Rocks (Virgin) - 11 titres, 46m22s - Produit par O.L.A.F. Opal - Sortie le 01 Août 2000 Pop rock. Suite à un premier album sortit l'année dernière et un tube, "Narcotic", naviguant dangereusement entre rock, pop et variété (sans jamais rompre, notez), revoilà nos amis allemands, qui confirment un certain talent à suivre la mode US du rock noisy mais pas trop ; savoir composer des mélodies faciles évoquant, plus ou moins consciemment, ceci ou cela ; imposer un son de synthé tout con tout naze, qui devient vite tout charmant tout attachant. Pas mal de diversité, aussi, de titres volontairement plus complexes et, au bout du compte, malgré de gênants airs de déjà-entendu, une gaieté et une intelligence de jeu plutôt convaincantes. Essai transformé, à suivre aussi, donc !É MEK 3 - À ranger entre Green Day et Offspring Mansun Little Kix (Parlophone/EMI) - 11 titres, 52m22s - Produit par Question Mark (c'est une blague, hein) - Sortie le 14 Août 2OOO Rock épique.Le groupe le plus bizarre, le plus authentiquement barge de toute la scène brit-pop est de retour, un étincelant troisième album sous le bras ; largement de quoi consoler leurs fans éperdus qui en avaient un peu marre de se passer Six et Attack Of The Green Lantern en une insupportable boucle. Mais voici 52 précieuses minutes de matériel flambant neuf, d'émotions hautement mélodiques et de chansons qui pourraient rendre vert de jalousie Paul Mac Cartney lui-même, si seulement il condescendait à redescendre parmi nous autres, pauvres Terriens, Terriennes et Divers d'humble extraction. Le programme de ce Little Kix est foutrement réjouissant : des larmes de joie ("I Can Only Disappoint U", "Soundtrack 4 2 Lovers"), de vraies larmes salées ("Comes As No Surprise", "Until The Next Life") et des sensations bizarrement indéterminables ("Electric Man", "Goodbye", "We Are The Boys" et un prenant "Forgive Me") : avouez que vous ne trouverez pas tout ceci sur le dernier (censuré)É TS 4,5 - À ranger entre Dog Star Man (Suede) et le premier Stone Roses Brian May Furia (EMI) - 21 titres, 42m12s - Produit par Brian May - Sortie le 8 août 2000 B.O.F. "Beaucoup d'éléments m'ont séduit dans Furia, surtout son aspect anti-hollywoodien". Ainsi parle le guitariste de la Reine décapitée voilà presque dix ans aujourd'hui. Compositeur principal de la bande-son de Highlander (86), May reprend, avec succès, le périlleux exercice de la musique de film. Les mauvaises langues auront beau insister sur la grandiloquence des arrangements (orchestre et guitare électrique) et la naïveté mélodique propres aux compos du musicien, force est de reconnaître qu'à 53 ans, l'homme Brian n'a perdu ni la foi, ni l'inspiration. Séduit par l'histoire d'amour futuriste et stylée (entre Besson et Carax) du jeune cinéaste Alexandre Aja, May n'est pas peu fier de signer la musique d'un film européen (qui plus est français !), à côté de sa reprise de "Have A Cigar", avec les Foo Fighters, sur la B.O. de M.I. 2. Profondément émouvante, la musique de Furia se suffit à elle-même tant elle dégage de bonnes et sincères vibrations. MEK 3,5 - À ranger entre Nutella et Foret Noire Modest Mouse The Moon & Antartica (Matador/PIAS - OLE 450-2v) - 15 titres, 59m43s - Produit par Brian Deck - Sortie le 3 Juillet 2000 Rock sans tape-à-l'oeil. Donc authentiquement intéressant ! Cette Souris Modeste en est à sa quatrième meule de gruyère de qualité supérieure et on croise discrètement les doigts pour que ces incisives ne s'émoussent pas trop vite et que son appétit soit de plus en plus féroce, tant le plaisir procuré par ses élucubrations musicales est grand. Ces chansons champêtres (c'est sûrement une souris des champs, à en juger par certains intitulés : "3rd Planet", "Dark Center Of The Universe", "The Stars Are Projectors") rappellent d'une façon lancinante Stephen Fievet qui se produisait sous le nom de scène de LMNOP et qui sortit trois albums passionnants sur le génialissime label New Rose. Autant écrire que les amateurs de décibels et d'effets en tous genres peuvent tranquillement passer leur chemin : les gentlemen & women resteront pour se délecter de ces délicieuses seynettes légèrement électrifiées, souvent amusantes (notamment un jubilatoire "I Came As A Rat"), mais valant toujours le coup d'oreilleÉTS 4 - A ranger entre les REM d'avant les dollars et les Feelies Monaco Monaco (Papillon Records/Roadrunner) - 10 titres, 52m29s - Produit par Peter Hook & David Potts - Sortie le 4 Septembre 2000 Rock à tendance synthétique. Le Monaco nouveau est arrivé et il est encore plus intéressant que le premier du nom, ce Music For Pleasure qui nous avait tant plu en 1997, avec ses morceaux accrocheurs, ses refrains entêtants et sa pop superbement post-moderne. Monaco, puisque ce tome II est dépourvu du moindre titre, va encore plus loin dans les passages joyeusement dance sans être le moins du monde à la mode, toutes les chansons enregistrées sont des tubes en puissance (surtout "I' ve Got A Feeling", "Ballroom" et le superbe "Marine") et on sent que le Peter Hook s'amuse comme un petit fou en compagnie de son complice David Potts (en fait les deux seuls membres permanents de Monaco, exception faite pour les concerts durant lesquels ils s'adjoignent les services de musiciens occasionnels), bien loin de la triste ambiance qui semble régner au sein de New Order, qui d'ailleurs espace de plus en plus les albums, état de fait qui avait déjà pousser le Captain Hook à fonder Revenge en 1990, avant de réaliser que la musique de cette nouvelle formation ne lui convenait guèreÉ Un bon album, donc, plein de surprises et de positivité, affaire à suivreÉ 3,5 - À ranger entre Republic (New Order) et Saint-Etienne Motley Crue New Tattoo (Virgin) - 12 titres, 47m53s - Produit par un producteur - Sortie Septembre 2000 Hard pas hard. Les gars de Motley Crüe auraient pu s'abstenir de ce pathétique et nième retour. Dans l'histoire récente du groupe, surtout faite de longues éclipses et de silences génés, Generation Swine, en 97, était somme toute décent. Mais ce New Tattoo se signale comme un vrai désastre. Il sonne à mi-chemin entre du AC/DC sortant d'une cuite de trois jours et un Bon Jovi pas en forme. Une sorte de FM hard sans rage ni corps, sans cÏur ni tripes, un truc philosophiquement crucial puisqu'il montre qu'on peut très bien exister tout en étant inexistant. Ce n'est pas ce disque qui va redonner un peu de lustre à la réputation bien ternie de ce groupe vidé de toute substance. HP 0,5 - A ranger entre vide et néant My Morning Jacket The Tennessee Fire (Darla/PIAS, 449 2089 20) - 16 titres, 57m36s - Produit par John Bernard Mac Quade III - Sortie le 7 Août 2000 Country plus ou moins alternative. Enfin, c'est eux qui tiennent absolument à faire partie du mouvement Americana, mais la filiation avec des groupes tels que Whiskeytown et autres Two Dollars Guitar est loin d'être évidente et c'est plutôt une bonne nouvelle ; qui a besoin d'un Wilco supplémentaire ? En fait, en écoutant ce Feu du Tennessee, on pense plutôt aux défunts et mal connus Galaxy 500, ou bien encore au Loner (Neil Young pour les non-initiés) période "Harvest/Harvest Moon/After The Gold Rush" (oui, je sais, cela nous donne une assez longue période -et alors ?), autant dire en pleine dépression post-paternité foirée, ou en tout cas très mal assuméeÉ Leur country rock est volontairement minimaliste, mais cela ne gâche en rien le plaisir de l'écoute de ce disque, car ces quatre petits gars du Kentucky possèdent ce petit quelque chose qui fait qu'un groupe se détache du troupeau et s'en va brouter l'herbe un peu plus haut, un peu plus loin, s'éloignant ostensiblement de la masse bovine ou ovine ou caprine afin de digérer tranquillement ses influences. Une bien belle réussite et une vraie nouveauté, bravo ! TS 4 - A ranger entre On Fire (Galaxy 500) et Harvest (Young) Nder & Setsima Group Pansement (Night & Day/ Setsima Production, AFD 003) - 13 titres - Produit par Timour Cardenas et Alioune Mbaye Nder - Sortie été 2000 Musique sénégalaise. Alioune Mbaye Nder est une superstar au Sénégal depuis l'été 1999 et son tube "Pansement", qui a littéralement envahi les ondes et les discothèques du pays. Chanteur de Lemzo Diamono en 91, il crée en 95 son propre groupe, Le Setsima. Aujourd'hui diffusé aux quatre coins du monde, et en France par Night and Day, Nder offre sur cet album les plus grands succès qui ont marqué sa carrière et par là même les influences majeures d'un Sénégal musicalement méconnu et pourtant si riche. On y retrouve des invités de marque dont Manu Dibango, Jean-Philippe Rykiel ou Mokhtar Samba, acteurs pour quelques minutes de ses histoires de la vie quotidienne, entre disputes conjugales et lutte contre la drogue. CD'O 3 - À ranger entre Youssou N'Dour et Manu Di Bango One's Again Les Cartes Du Destin (Autoproduit, ASI,B52) - 13 Titres - Sortie en Juin 2000 Roots Reaggae. La France s'est découvert, en ce début de millénaire, l'âme jamaïcaine. Il y en a partout, sur scène et dans les bacs. Et comme dans toute profusion, il y a du bon et du moins bon. Deux critères cautionnent un disque : la qualité musicale et son accord avec la philosophie du genre. One's Again et les neuf musiciens qui le composent répondent à ces deux exigences, à l'esprit zion du reggae à la sauce frenchy et aux vibes roots. Des textes aux prérogatives sociales, peace and love dans la cité, amour dans les coeursÉ Pour une première tentative, c'est bien réussi. Il manque simplement un petit quelque chose de plus personnel pour que cette jeune formation des Hauts-de-Seine se démarque réellement du lot. CD'O 2,5 - À ranger entre Kana et Positive Radical Sound Orange Street Step In (Small Axe/Tripsichord) - 12 titres, 50m33s - Produit par Albert Milauchian et Thierry Arnold - Sortie juillet 2000 Ska/Reggae & more. Les Orange Street sont onze et cela s'entend : instrumentation riche, sonorités mouvantes et morceaux qui dodelinent gaiement entre roots, dub, ska, reggae et rocksteady. Un mélange assez réussi mais pas très pimenté et en définitive assez bancal. Beaucoup de parties instrumentales étirées en longueur sans réelle nécessité, une voix juste mais sans intérêt véritable et des cuivres qui manquent singulièrement de peps semblent vouloir annihiler la bonne volonté évidente de ce groupe qui s'est forgé une réputation scénique assez solide depuis sa création en 97. Sans doute ce cocktail coloré supporte-t-il mieux l'ivresse du contact avec le public que le passage par la case studio. Correct, sans plusÉ DL 2 - À ranger entre New York Ska Jazz Ensemble et K2R Riddim Jimmy Page & Black Crowes Live At The Greek (SPV/Wagram, 09172022) - 20 titres, 111m16s - Produit par Kevin Shirley - Sortie le 7 aout 2000 Classic revisited. Oh putain, voilà de quoi redonner des tiags de vingt ans à tous les amoureux de Led Zep ! Plus fort encore que la réunion (trop ?) tardive de Page et Plant, voici que le Jimmy s'offre un backing band d'exception pour se remettre quelques tranches du fameux dirigeable entre les esgourdes. Rich Robinson et Audley Freed assurent le mur de guitares derrière, donnant à l'ensemble un aplomb impressionnant ; la rythmique pétarade sans jamais trop en faire (de ce côté-là, impossible d'égaler la formation d'origine, autant s'abstenir) et Chris Robinson chante Plant presque mieux que Plant lui-même, un comble, on se croirait dans la quatrième dimension !!! La bonne nouvelle sera double pour vous, futurs amoureux de ce live incendiaire, puisque le disque -longtemps disponible uniquement sur internet- débarque dans les bacs, et que les Crowes et le Jimmy vont venir assurer quelques demonstrations de bon ton sur nos planches hexagonales, dont un rendez-vous au Zénith parisien qui s'annonce d'ores et déjà fumeux et fumantÉ Pour ce qui est du contenu des (presque) deux heures du disque, rien que des standards de blues et, surtout, ô combien surtout, une flopée de titres de Led Zep à tomber par terre : "Heartbreaker", "Whole Lotta Love", "Ten Years Gone", "The Lemon Song", "Celebration Day", "Hey Hey What Can I Do", "Your Time Is Gonna Come", etc., etc. Est-il besoin de dire quoi que ce soit d'autre pour que vous compreniez l'importance et l'utilité d'ordre public de la double-rondelle ?É CG 4,5 - À ranger entre le pirate de la Cigale (Page/Plant) et The Song Remains The Same Le peuple de l'herbe Triplezéro (Supaddope/PIAS France, 345.0033.21) - 11 titres, 39m20s - produit par le peuple de l'herbe - Sortie juillet 2000 Hip Hop Dubisant. La musique est en pleine évolution. Certains diront que tout à déjà été fait, que donc les nouveaux artistes ne seraient en général que des plagiaires avertis. D'autres enfin avoueront qu'il n'est pas donné à tout le monde de jongler avec les genres, et d'en sortir un style qui tienne la route. Le hip hop d'aujourd'hui se gorge bien entendu des sons ragga et électro, mais n'hésite pas à aller faire un tour du côté du dub ou de la funk. DJ Stani et DJ Pee, pilotes aux commandes du Peuple de l'Herbe, nous offrent avec Triplezéro une belle illustration de ce savant cocktail. On remarquera surtout l'utilisation des scratchs et autres samples, toujours justement équilibrés, pour une destination connue des amateurs de verdure. CD'O 3,5 - A ranger entre High Tone Et Improvisator Dub Phoënix United (Source/Labels) - 10 titres, 37m58s - Produit par Phoënix, Alf & Alex Firia - Sortie le 12 Juin 2000 Funk-rock. Décidemment, les groupes français modernes sont bien plus talentueux que leurs glorieux ancêtres, dont le seul mérite, en fait, consistait à défricher des territoires restés inconnus jusque là ; sûr que les Triangle, Dynasty Crisis et autres Trust ont une sale mine à côté des prodiges en herbes de l'an 2OOO, désolé pour eux ! Ces quatre parisiens ont acheté un shaker géant et ils y ont fait rentrer, de gré ou de force, des entités aussi différentes que Serge Gainsbourg, AC/DC, les meilleurs moments de la House, Michaël Jackson, un peu de country, Gil Scott-Heron, un soupçon de blues, Bob Dylan et Ennio Bourricone (ou Morricone, je ne sais jamais). Ils ont secoué tout çà longuement et vigoureusement, avant de laisser cette étrange expérience génétique baptisée United savourer la lumière du jour, sous les hourras de l'assistance survoltée. Les titres enregistrés sont étonnants de fraîcheur et de maturité et ils réconcilierront les plus réticents (so do I) avec ce genre approximatif appellé Dance, qu'elle soit Funk ou encore Soul, notamment lors d'un long (plus de neuf minutes)"Funky Squaredance" entraînant et jubilatoire à souhait, impecÉ TS 4 - À ranger exactement entre Air et les Variations Platypus Ice Cycles (InsideOut/SPV/Wagram, 085 31962) - 8 titres,46m02s - Produit par Platypus - Sortie fin août 2000 Rock avancé. Platypus, c'est un des noms de l'ornithorynque, mais c'est aussi celui du prog gang formé par Ty Tabor, guitariste de King's X et ici chanteur, John Myung et Derek Sherinian, de Dream Theater et Rod Morgenstein, drummer de Dixie Dregs. Une sorte de petit supergroupe pour une mégamusique, dont voici le second album. Et quel choc ! Quelle force dans ce team culotté et puissant qui possède un son réellement unique et ouvre une porte nouvelle pour le courant progressiste. Imaginez un Marillion surmusclé, des Nits tragiques, un Floyd ténébreux, un Crimson basique, des atmosphères lourdes et prenantes faites de guitares pesantes et de claviers hantés. C'est tout cela , Platypus, avec en prime un sérieux sens de l'humour et la capacité d'exceller autant dans les chansons que dans les instrumentaux. Ice Cycles s'impose du coup comme un album remarquable, d'une fraîcheur de ton fort revigorante. À découvrir vite fait si vous ignoriez l'existence de ce groupe. HP 4,5 - À ranger entre Amon Düül II et Blue Oyster Cult Poro Eskañol Vol 2 & 3 (High Groove/MSI, HG21) - 32 titres, 54m21s - Compilé par Otto Von Stroheim et Christopher R. Jennings. Sortie juillet 2000 Compilations. Voici la suite du recueil américain de ska hispanique. Le second volet de Poro Eskañol donne un aperçu de ce que les muchachos américains font en la matière : très orienté latin vibrations, ce ska-là est des plus rafraîchissants. Un peu bossa par ci avec Yeska, un peu salsa par là avec Hepcat. Toute la saveur d'un genre apprécié par le Sud de l'autre continent. Cette ouverture se constate également sur le troisième volume, espèce de catalogue mondial du latin ska. Du Mexique en passant par les Philippines, l'Allemagne et l'Argentine, la France y a aussi ses représentants avec Marcel et son Orchestre et les Caméléons. Un échantillonnage savant qui servira de repère au ska man globe trotter. CD'O 3 - À ranger entre ses encyclopédies phoniques. Denez Prigent Irvi (Barclay, 7935) - 10 titres, 48m 18s - Produit par Laurent Colla - Sortie Été 2000 Chanson celtique. Denez Prigent perpétue la tradition du folklore et du chant breton à sa manière, avec un son et une voix originales. À l'adolescence, il découvre la langue de sa grand-mère et ne s'en remettra jamais. La force et la dramaturgie qui se dégagent des chants sacrés bretons, ces "Gwerz" (chant de douleur), le fascinent. Ce deuxième album s'inscrit dans cette tradition, ce qui lui donne ce côté magique et intemporel. La voix forte, sensible, dessine de belles mélodies surprenantes et fabrique des images sonores jusque là peu entendues par le grand public. La musique est nourrie de flûtes, violons, séquences électroniques qui nous emménent pour un long voyage initiatique, comme un retour aux sources de l'humanité. Un disque authentique. JCM 3 - À ranger au rayon celte et breton Porcupine Tree Lightbulb Sun (Kscope/MSI, SMACD 827) - 10 titres, 56m20s - Produit par Steven Wilson - Sortie juin 2000. Rock inclassable. Dissipons d'abord toute équivoque, pour faire plaisir à Steven Wilson autant que pour éviter tout malentendu : ceci n'est pas un album de prog rock et n'est pas spécialement destiné à son public. En fait, Porcupine Tree est presque devenu aussi inclassable que Moby. C'est du Wilson, unpoincétou. Mais on peut quand même dire que ce Wilson-ci ressemble de plus en plus à un Roger Waters de l'entre-deux-siècles, ne serait-ce que pour son goût prononcé pour les trames acoustiques et les mélodies spatiodylaniennes. Mais il faut dire aussi que si les Beatles existaient encore, leur musique ressemblerait probablement assez à celle-ci. Autant de références luxueuses qui donnent une idée du niveau élevé de cet album élégant. Certains le trouveront quand même un peu trop quiet. À part les crimsoniennes crispations de "Hate Song" et "Russia On Ice", on a connu Porcupine Tree plus audacieux et plus aventurier. Cette relative sagesse est le seul défaut de cet album précieux et soigné, faute d'être exalté ou intense. Désormais, Wilson semble choyer les modes mineurs et les pastels d'humeur. Ca n'est pas mal non plusÉ HP 4 - À ranger entre Pink Floyd et Moby Ramses Genoux À Terre (PIAS, 942.0027.28) - 12titres, 42m28s - Produit par Fred et Pascal Ianigro - Sortie fin juin 2000 Chanson rock. Les Ramses, originaires de la région ouest, viennent de sortir un troisième album très réussi. La pochette illustre bien l'atmosphère de leurs chansons populaires sur fond d'ambiance de féria de bars. Cet album en décalage total avec ce que l'on entend sur les radios, nous livre quelque chose de léger, quelque chose qui réchauffe le coeur et les trippes. C'est la vie, avec ses joies et ses pleurs. On retrouve ici les odeurs et les couleurs des ports du Nord, ses intensités dramatiques, teinté de mélancolie et de joie de vivre. Ramses serait quelque part entre Les Hurlements de Léo et LesTêtes Raides avec des textes réalistes, bien écrits.Toutefois ce collectif prends toute sa dimention sur scène. Ne ratez pas leur spectacle, c'est un régal. JCM 3,5 - À ranger entre Les Têtes Raides et Les Hurlements de Léo Rancid Rancid (Epitath/PIAS, 0427-2) - 22 titres, 38m22s - Produit par Fletcher & Darian Rundall - Sortie en août 2000 Ultra-Punk. Rancid continue de perpétuer ce punk hyper-speed sans faux-col qui l'a immédiatement fait sortir du lot de conglomérats bruitistes évoluant dans la même catégorie. Pas de gras, mais du pur premium, avec rythmique supersonique, quelques mots braillés à rendre sourds et muets ; et, pouf, on passe au morceau suivant ! Après 40 minutes à ce rythme, l'écoute d'un seul titre des Ramones (titres qui pourtant dépassent rarement les deux minutes et quelques) paraît être un long fleuve tranquille. Ainsi, Rancid postule-t-il sans presque aucune concurrence au titre du dernier groupe résolument punk qui sache un tant soit peu jouer. Comme en plus, les quatre larrons sont passés maîtres en la matière et savent accomoder quelques onces de mélodie (si peu) à leurs percutantes vociférations, ce nouvel opus gagne encore en maturité, les plages les plus longues ("Let Me Go" par exemple) laissant même entrevoir un véritable talent de composition qui, mériterait, pourquoi pas, d'essayer, une fois, pour voir, d'enregistrer, une vraie chanson. DB 3,5 - À ranger entre Rance et Acid Randall & Hopkirk (Deceased) The Soundtrack (Mercury Island, 5425552) - 13 titres, 54m47s - Produit par Nick Angel - Sortie été 2000 B.O. Deux comiques anglais font ressurgir des années soixante une série culte dont les écrans français ont été épargnés, Randall & Hopkirk. Enfin pour le moment, car n'oublions pas que seulement quelques brasses nous séparent de nos voisins. Bref, nos zygomatiques ne devraient par tarder à frémir grâce à cette drolesque adaptation (paraît-il) ; en attendant, le meilleur moyen d'en faire la promotion est de diligenter, çà et là, une bande originale soignée dans le genre clubber branchouillard. Dans la poêle à frire, nous retiendrons un inédit de Basement Jaxx, de Pulp, Spacek (plutôt moyen), The Orb (un peu mieux), Beta Band (b+), The Charlatans (comme leur nom l'indique), Talvin Singh (indian sounds) ou Emiliana Torrini. MouaisÉ LE 2 - À ranger entre plateau TV et electro libre Remember Shakti The Believer (Verve/Universal, 5490442) - 6 titres, 77m14s - Produit par John McLaughlin - Sortie mi-septembre 2000 Jazz. Enregistré au cours de l'European Summer Tour, ce live capture un instant rare et précieux, dont John McLaughlin nous avait en 1997 délivré les prémices, lors de la tournée commémorant le cinquantenaire de l'indépendance de l'Inde. Le choc est immense, la fusion entre un jazz débridé et la tradition indienne gèle toute notion de temps. Il semblait difficile d'en rester là, particulièrement pour le guitariste, ancien disciple de Sri Shinmoy. The Believer poursuit donc l'oeuvre commencée des années auparavant, mais cette fois en compagnie de nouveaux maîtres, de demi-dieux comme l'ont été leurs pères. Zakir Hussain, fils du tabliste penjabi de Ravi Shankar en est la preuve vivante, en sublimant l'art du tabla. Tout comme Selva Ganesh, fils de Vikku Vinayakaram, le meilleur joueur de kanjira de sa génération ; ou U. Shrinivas, ce prodige de la mandoline électrifiée dont la rapidité laisse souvent perplexe McLaughlin. Un album indispensable. LE 5 - À ranger entre Monts et Merveilles The Reverend Horton Heat Spend A Night In A Box (Time Bomb/BMG, 7432175347) - 14 titres, 48m51s - Produit par Paul Leary - Sortie juillet 2000 Swamp punkabilly. Oh, la belle claque que voilà ! Pour son sixième album, notre révérend préféré s'autorise une visite encore plus pernicieuse de toutes les bonnes vieilles recettes rock usées jusqu'à la corde (surf, punk, rockab', swamp, boogie woogie, swing et même un chouille de country et de blues) en leur insufflant une énergie et une fraîcheur comparables, dans un autre style, aux meilleurs albums des Cramps. C'est irrévérencieux autant que traditionaliste et, surtout, ça dépote bien au-delà de la moyenne actuelle. On frise même l'apoplexie à plusieurs reprises et les quelques secondes de blanc entre chaque morceau nous permettent à peine de reprendre notre respiration. Ça suinte la culterie de bazar et le bric à brac swinguant, mais putain que c'est bien foutu et communicatif. Sortez vos pompes tarantula en daim bi-colore, la nuit va être longueÉ SL 4 - À ranger entre Big Rude Jake et Mike Ness Roxy Music The Early Years (Virgin, 7243849440) - 16 titres, 79m27s - Produit par Roxy Music - Sortie été 2000 Glam éternel. Enfin une compil' qui ne trompe pas sur la marchandise : Early Years s'efforce effectivement de retracer au mieux les débuts magnifiques de la bande à Eno, Ferry & co (seuls les trois premiers albums sont condensés, l'excellent Country Life n'ayant pas même le droit d'être de la fête !) et, surtout, la remasterisation (HDCD) annoncée est vraiment à la hauteur. Les instruments sont bien détachés les uns des autres ("Re-Make / Re-Model" par exemple, gagne encore en intensité) et il apparait encore plus clairement que Roxy Music, souvent oublié des médias dans l'histoire courte et pailletée du glam-rock, n'en est peut-être pas le représentant le plus digne (à cause de son revirement guimauve au milieu des seventies) mais mérite néanmoins sa place tout en haut de la liste des plus beaux fleurons du genre. Mieux qu'un flash-back revigorant, un vrai disque indispensable pour qui n'a pas les trois albums représentés (Roxy Music, For Your Pleasure et Stranded, pour mémoire)É ML 4,5 - À ranger entre un Bowie 70's et votre T.Rex favori Todd Rundgren One Long Year (Artemis/Epic, 498775) - 10 titres, 42m47s - Produit par Todd Rundgren - Sortie juillet 2000 Punk-rock & roll. Une voix féminine nous annonce notre arrivée dans l'ère interactive et Todd Rundgren sur ce premier morceau ("I Hate My Fuckin' ISP") semble manier avec une si belle ironie tout le vocabulaire technologique actuel (qu'il déteste soit-disant mais utilise plutôt bien), un morceau bourré de colère (de petits sigles apposés aux différents titres différencient leurs respectives humeurs, rigolo mais un peu restrictif) qui semble insuffler une seconde jeunesse à ce multi-cartes de la création-composition-production. Et l'album va se dérouler ainsi, fidèle à un certain style connoté seventies ("Where Does The Time Go ?") mais avec quelques intrusions modernes qui s'amenuisent au fur et à mesure, ce qui rend l'écoute de la seconde partie du disque beaucoup plus difficile, en particulier un "Love Of The Common Man" ringard au possible que Tom Jones lui-même n'oserait pas chanter (encore queÉ) ou encore la boucle insipide de l'instrumental "Mary And The Holy Ghost" (mais bouclez-la cette boucle, bon sang !). Même le bien-nommé "Yer Fast (And I Like It", pourtant bourrin de chez bourrin, n'arrivera pas à nous sortir de la torpeur maussade dans laquelle Rundgren, dont le génie est toutefois palpable à chaque instant, nous a plongé bien malgré luiÉ ET 2,5 - À ranger entre Data et daté Ryker's From The Cradle To The Grave (Century Media/Edel)- 2CDs, 33 titres, 98m16s - Produit par le groupe - Sortie le 17 Juillet 2000 Hardcore pas trop brutal. Si,si, cela existe et les allemands de Ryker's en sont la preuve vivante ! À l'exemple des joyeusement dérangés membres de Scarve, ils incorporent quelques touches de grind, death et autres mind core dans leur metal somme toute assez classique et le mélange des genres fonctionne étonnament bien, en tout cas assez bien pour que l'auditeur ne s'ennuie pas, même s'il n'est pas habituellement friand de ce genre de réjouissances sonores. Ah oui, petite précision : ce disque est en public, un public largement conquis à leur cause (cela s'entend) et qui est visiblement ravi de participer à l'enregistrement du fameux live, élèment indispensable de toute carrière de (hard)rocker qui se respecte. Ainsi, les Ryker's ont décidé de franchir le cap, après sept ans de bons et loyaux services et la bagatelle de 5 CDs 1/2 en guise de carte de visite et, franchement, ils s'en tirent avec les honneurs, vu que ce créneau musical ultra-limité contient plus de bourrins que tous les amateurs de Doom-Like réunis ! TS 3 - À ranger entre le Fuck You d'Overkill et le double Live At The Inferno des rigolos Raven Samiam Astray (Burning Heart/PIAS, BHR119) - 12 titres, 43m57s - Produit par Tim O'Heirr - Sortie le 28 aout 2000 Hi-Octane Rock. Samiam est un groupe exemplaire. Inusable (visage haut et médiator agile depuis 1988 !), persévérant (leur album précédent a été bloqué deux ans par Atlantic -qui l'avait produit- avant de sortir chez Burning Heart et d'être un énorme succès outre-Atlantique, tant pis pour ces boudeurs de major qui font de la retention d'intelligence !!!), ancré dans une tradition d'un rock US fort en gueule et haut en décibels (de Soul Asylum aux Replacements, en passant par Social Distortion ou Bad Religion, pour n'en citer que quelques-uns parmi nos préférés), franc du collier, direct du reste et froncièrement inattaquable quant à ses motivations soniques. Astray n'étonnera donc personne et c'est tant mieux, vivement la prochaine non-surprise signée Samiam !É CG 4 - À ranger entre Bad Religion et The Replacements Savel Notes Personnes (XIII Bis/M10, 152802 MU 863) - 12 titres, 31m43s - Produit par Savel - Sortie été 2000 Chanson pop. Voici un subtil mélange d'instruments accoustiques (guitares, basse, violon), de mélodies hypnotiques enrobant une voix douce et feutrée. Si l'esprit musicale rejoint le courrant minimaliste des Dominique A, Mathieu Boggaerts et autre Katherine, Savel fait de l'essentiel avec ce dont il dispose : des arrangements simples et discrets, des mélodies originales, des sons surprenants sur lesquels se pose un phrasé personnel occillant entre le parlé et le chanté. Côté textes, l'apreté des mots colle parfaitement à l'ambiance générale, avec une certaine pudeur qui caractérise l'univers romantique de l'artiste. Avec ce Notes Personnes on sent quelque chose qui s'apparente à de la maturité, comme la naissance d'un futur grand de la chanson française. JCM 3 - À ranger entre Dominique A et Katerine Scorpions/Berliner Philharmoniker Moment Of Glory (EMI) - 10 titres, 61m17s - Produit par Scorpions & Christian Kolonovits - Sortie le 27 juin 2000 Rock Orchestra. Alors bon. HeuÉ Comment direÉ Simplifions : entre 72 et 79, Ulrich Roth ("le fils caché de Jeff Beck et de Jimi Hendrix", dixit, en 80, notre Hervé Picart préféré dans son Hard Rock tome I) propulsa le groupe allemand vers des espaces soniques que seul Michael Schenker, qui disparut également du groupe avant les 80s, pouvait concurrencer. Klaus Meine, cependant, chanteur de hard rock à la voix si particulière, demeura et demeure encore. AlorsÉ Que penser de cet ersatz du coup "classique" que nous assena Metallica il y a un an ? Pas grand-chose, si ce n'est la même chose. Les mélodies (années 8O surtout) demeurent solides, mais boursouflées par trop de lourdeur. Un tel disque ne marchera pas, on le sait. Libération aussi (c'est pour cela qu'ils chient encore plus dessus) et l'on se demande, dépité : quel intérêt ?ÉMEK 1 - À ranger entre Verdi et Verdun The Brian Setzer Orchestra Vavoom ! (Interscope/Universal, 490733) - 14 titres, 43m25s - Produit par Peter Collins - Sortie le 8 aout 2000 Swing. Suite au succès remporté par le précédent Dirty Boogie (double-platine aux États-Unis, avec un Grammy Award à la clef), Brian Setzer déclara à qui voulut l'entendre qu'il désirait évoluer, ne pas simplement reproduire le même disque à l'infini, être davantage ancré dans le présent, car selon lui, le swing est aussi un genre en perpétuelle mutation. En définitive, il nous offre ce Vavoom qui s'il fait effectivement un pas en avant, en fait aussi deux en arrière. Setzer chercherait-il à nous encÉ ? Impensable de la part de cet artiste intègre qui pourtant nous a trompé sur la marchandise et nous propose une variante de Dirty Boogie, peut-être même plus ancré dans la tradition encore (beaucoup de clins d'oeil, pas mal de reprises). Reste cependant la verve de notre guitariste, épaulé solidement par un big band de 17 musiciens, ce qui suffira amplement à notre plaisir. CG 3 - À ranger entre Stray Cats et Big Rude Jake Sex And The City B.O. (Eastwest/Warner) - 13 titres, 53m05s - Produit par divers - Sortie le 27 juin 2000 Fourre-tout. Bande originale de la série US (carton de la chaîne câblée Téva), ce ramassis désormais trop habituel de titres plus ou moins inédits et plus ou moins tubesques devrait, une fois de plus, faire les beaux jours de la maison de disques. Les tubes : Moloko ("The Time is Now") et Tom Jones ("Sex Bomb"). Deux gros calibres pop peu contournables. Les inédits : Joan Osborne, Imani Coppola, Aimee Mann ou Missy Elliott. Des dames, des dames talentueuses, des voix de femmes indépendantes et affirmées, comme les héroïnes de la série, dis-donc ! Ah, détail : un pourcentage impressionnant de lecteurs ne reçoit pas Téva et ignore la série. Panique au QG de la maison de disques trop gourmandeÉ MEK 1,5 - À ranger entre Friends et Buffy Shaltai Home Grown (Autoprod, contact :01.42.51.16.96) - 15 titres, 40m12s - Produit par Patrick Chevalot - Sortie été 2000 Folk-Punk Acoustique à l'Ivresse Chantante. Certains d'entre vous se souviennent peut-être d'une cassette démo assez déconcertante (et forcément prometteuse) sur laquelle Shaltai s'amusait à malmener quelques classiques (notamment à rendre Pink Floyd méconnaissable). D'autres les ont sans doute déjà applaudi dans l'un ou l'autre des nombreux rades (bretons pour la plupart) où le groupe s'est produit. Ce qui est sûr, c'est qu'avec son expérience de groupe (et ses expériences respectives de musiciens), Shaltai monte en puissance, petit à petit, au point de ressembler aujourd'hui à quelque chose comme le meilleur groupe français pas encore signé par une maison de disques (ce qui ne saurait tarder car ces gens ont généralement de grandes antennes -et certains lisent même la presse spécialisée qui s'intéresse de plus en plus au cas de force majeure -et de farce mineure, car les Shaltai sans donner dans le rigolo-foireux, semblent être de joyeux drilles). Ceci étant dit, le système n'est pas très friant de formations sur lesquelles il est difficile d'apposer une jolie étiquette ; et Shaltai n'est pas aisément classifiable. Entre des titres qui rappellent forcément la grande époque du rock alternatif des années 80 (background oblige), d'autres qui revisitent des morceaux traditionnels (dont "Little Sadie"), un "Maniak" vaguement plus pop mais avec pour trame un violon frénétique, une reprise du "I Can"t Be Satisfied" de Muddy Waters frissonnante, ou encore "L'Autre Rivage", titre nageant entre deux eaux troublantes, Shaltai pose son jeu en toute sénérité, abattant la carte de l'instrumentation sans limite (Dobro, Accordéon, Violon, Contrebasse, Mandoline, Batterie et plein de guitares, souvent acoustiques), au profit d'un melting-pot festif et communicatif. À découvrir donc (et protéger comme l'espèce rare qu'il est)É CG 4 - À découvrir, acheter, écouter cent fois, puis à ranger Lonnie Shields Midnight Delight (Rooster Blues Records/Musisoft, RBLU2633) - 11 titres, 43m48s - Produit par Jim O'Neal - Sortie août 2000 Blues From Helena. Identique à la plupart de ces villes frappées par la misère, en plein coeur du Delta, cette bourgade voit ses musiciens se carapater vers Memphis, davantage propice au business. Presque tous, car les plus opiniâtres, dont Lonnie Shields, vivotent de ces petits jobs qui, accumulés, permettent de joindre les deux bouts, voire d'enregistrer une poignée de compositions perso. Tour à Tour charpentier, couvreur, peintre ou cordonnier, ce dernier participa même à la réfection de l'unique studio de sa ville avec l'aide d'autres gratteux fauchés. Avec ça, on pourrait s'attendre à découvrir le fruit d'une existence " à la dure'', un blues eccorché vif, des plus traditionnels. Il n'en est rien, le guitariste préférant jouer la carte du cool et de la soul musicÉ made in Missisippi. LE 3 - À ranger entre Marvin Gaye et Leon Russell Sigur Ros Agaetis Byrjun (Fat Cat Record/Pias) - 10 titres, 71m59s - Produit par Ken Thomas - Sortie le 21 août 2000 Mid-Tempo. Si les Islandais assurent la première partie des dates parisiennes de Radiohead, ce n'est pas le fruit du hasard, Sigur Ros s'inscrit dans la lignée des groupes pop dont les festivals nous ont abreuvé tout l'été. Toutefois, à la différence de leurs camarades de scène, une certaine prédisposition pour les ambiances religieuses les détache du lot. Sur ce deuxième album, ciselé de nuances, le chant monastique islandais s'empare de l'atmosphère, tente une percée à travers les nappes électriques d'une guitare mineure, selon les titres. Il en résulte une certaine douceur, une lenteur hypnotique à laquelle leurs congénères ont succombé. Sorti chez eux l'année dernière, le disque à été récompensé par cinq Awards dont ceux du meilleur album et du meilleur groupe. Envoûtant. LE 4 - À ranger entre Mojave 3 et The For Carnation Simentera Cabo Verde En Serenato (Mélodie, 79614) - 15 titres, 70m59s - Produit par Fletcher & Darian Rundall - Sortie été 2000 Musique(s) du Cap Vert. Les îles du Cap Vert forment un endroit unique au monde, si proches de l'Afrique mais appartenant déjà à un tout autre univers. Il n'est pas étonnant que ce lieu magique, aux paysages, couleurs et odeurs multiples, soit le berceau d'une activité musicale totalement exacerbée renvoyant les innombrables images de cet archipel féérique. Les congas et autres djembés se font discrets, les cuivres farceurs, les guitares acoustiques étincelantes, les harmonies vocales omniprésentes et si l'on sent parfois encore en filigrane une faible influence d'un certain sens du baroque digne des Portuguais (les anciens colonisateurs du Cap Vert), on pense aussi pas mal à leurs cousins brésiliens. Au total quinze titres qui illumineront votre vie l'espace d'une heure, y trotteront bien plus encore, et vous donneront irrémédiablement envie de voyager, là-bas ou ailleursÉ DL 3,5 - À ranger entre Terre et Mer Singers & Players Staggerings heights (On U Sound) - 8 titres, 41m50s - Produit par Adrian Sherwood - Sortie été 2000 Reggae. Le label On U Sound a eu la bonne idée de sortir de ses tiroirs, des bandes qui valent aujourd'hui leur pesant d'or. Dans les années 80, Adrian Sherwood invitait régulièrement des toasters, des musiciens de studio, à poser leurs lignes de basses, leurs voix, leurs rythmiques qu'il assemblait et mixait selon son inspiration, sans toujours savoir ce qu'il en ferait. Depuis, Prince Far I, Mickey Dread et Bim Sherman sont devenus des légendes. Démonstration claire qu'Adrian Sherwood avait du flair et que son travail sortirait un jour où l'autre de l'anonymat posant les bases d'un reggae universel et fédérateur. Impossible de passer à côté de ces pulsations étirées, de cette structure basse-batterie fluide et efficace. Cet album appartient déjà à l'histoire du reggae contemporain. JCM 3 - À ranger dans la collection On U Sound Skunk Diskak vol.1 Euskal Ska Eta Reggae (Skunk Dikak/Tripsichord, 001) - 18 titres - 68m19s - compilé par Skunk - Sortie été 2000 Compilation reggae/ska. À l'origine, il y avait Skunk, groupe phénomène du Pays Basque. Vint ensuite la maison de disque Skunk Diskak qui, vous l'aurez compris, est à l'initiative du groupe ci-dessus cité. Et dans ces terres riches en talents, où les collègues se soutiennent entre eux, naquît un premier projet ambitieux : réunir sur un disque les plus représentatifs des crossovers Jamaïque/Basque. Bien que non exhaustive (comment pourrait-elle l'être ?), cette compilation séduit à la fois par son côté "dans le vent", à savoir le reggae encore et toujours, et la touche exotique, mêlant chants français et basque (si si). On y retrouve évidemment Skunk ainsi que de plus petites formations, telles Titak ! ou Yassa, qui groove aux sons des good vibes. CD'O 3 - À ranger entre A French Reggae Party et le second volet à venir Solidays L'album (Solidarité Sida/BMG, 74321767612) - 14 titres, 62m09s - Produit par divers - Sortie juillet 2000 Bonne causerie. On ne peut pas trouver meilleure cause et comme le problème demeure énorme, il faut ratisser large, d'où une "affiche" pour le moins large, passant sans faillir de Faudel à Paul Personne, de Bruel à Renaud Hantson, de Ute Lemper à Matmatah ou encore de Khaled à Hallyday seniorÉ Parmi les morceaux qui nous ont chatouillé le plus les oreilles à la rédaction et notre sensibilité automatiquement plus rock que celle du public visé, on notera principalement -en oubliant bien vite le single racoleur et rassembleur de rigueur ("Qui Sait ?" = Peter Gabriel + Bruel + Lââm + Faudel + Eicher + Axelle Red + etc.)- la version française du "Streets Of Philadelphia" par Aubert et Bruel (intéressant mais assez fade) ; le bien-nommé "Tel Père, Tel Fils" par Louis Chédid et bien son rejeton qu'on M tant ; Jojo qui accompagne Zucchero sur son "Mama" (et oui, ça passe plutôt bien !) ; Goldman, Jones et De Palmas qui même en faisant de tout leur possible, n'arrivent pas à massacrer totalement le "Proud Mary" de Creedence Clearwater Revival ; une version live du "Twist & Shout" des Beatles par Matmatah (mariage curieux mais qui fonctionne plutôt correctement) ; Danny Brillant qui égratigne gentiment "Le Poinçonneur Des Lilas" de l'ami-Gainsbarre ; et, véritable et unique grand moment du disque, "Sympathy For The Devil" par Louis Bertignac et Paul Personne qui, malgré un mixage très plat et l'accent rigolo-toc de nos deux compères, frappe à la bonne porteÉ CG 2,5 - À ranger dans votre boite familiale de préservatifs NF Soulfly Primitive (Roadrunner/Sony) - 12 titres, 52m21s - Produit par Toby Wright - Sortie septembre 2000 Métal monumental. Beaucoup ne donnaient pas cher de la peau de Max Cavalera après son départ de Sepultura. Et pourtant le brésilien hurleur a su démontrer dès le premier album éponyme de Soulfly que, putain, nom d'un calamar clouté, le fou-furieux de la bande, c'était bel et bien lui ! Ce n'est pas ce Primitive au titre évocateur ("Back To The Primitive", qui ouvre les hostilités, est un modèle du genreÉ primitif !) qui viendra changer la donne. Bien au contraire, ce second album s'avère bien plus varié et abouti et paraît même encore plus agressif ("Terrorist" est une vraie bombe !), difficile à dire quand on atteint ce niveau de décibels hurlantesÉ Ce qui est sûr, c'est qu'entre deux fuck dégoulinants, trois riffs enragés et quelques invités de bon ton (Tom Araya de Slayer, Chino des Deftones, Corey n°8 de Slipknot et Grady de Will Haven), Max et son Soulfly réussissent le pari de s'imposer en indéniables maîtres d'un métal de l'extrêmeÉ DB 4 - À ranger entre Sepultura et un bon vieux Slayer Stampin' Ground Carved From Empty Words (Century Media/Edel) - 10 titres, 36m36s - Produit par Dave Chang - Sortie le 17 Juillet 2000 Metal hardcore. Si vous croyez que c'est si facile de définir un groupe qui fait du potin comme cinquante et dont le chanteur postillonne dans le micro pendant 36 minutes, sachez qu'un concours de rock critic est organisé chaque année par ce magazine méritant et que vous êtes tous et toutes invités à vous y inscrire -le plus tôt sera le mieuxÉ Pour en revenir à nos électriques moutons, apprenez que les Stompin' Ground sont britanniques (chose loin d'être évidente à l'écoute de leur musique), qu'ils existent depuis 1995, qu'ils en sont à leur quatrième véritable album et qu'ils ont essuyé les plâtres pour des formations telles que One Minute Silence, Freebase, Unborn, Above All, Withdrawn, Unite et leurs idoles de toujours Cause For Alarm -il leur est même arrivé de voler la vedette au groupe principal de la soirée ; dans d'autres milieux, on appelle ceci mordre la main qui vous nourrit, non ? Voici ce qu'il en est des informations les concernant ; maintenant, quant à savoir si vous allez les apprécier ou pas, cela reste une affaire entre vos oreilles, votre conscience et vousÉTS 2 - À ranger entre Sick Of It All et One Eyed Jack Sunny Day Real Estate The Rising Tide (Time Bomb/BMG, 7093043541) - 11 titres, 52m06s - Produit par Lou Giordano - Sortie le 26 juin 2000 Rock. Voilà l'archetype parfait du disque irritantÉ Dès qu'un morceau chatouille un peu nos tympans rendus fragiles par une rentrée musicale gargantuesque, le très enjoué "Snibe" par exemple, il est irrémédiablement suivi d'un titre totalement foireux ("The Ocean", dans cet exemple précis) qui donne envie d'arrêter là la rondelle et de ne plus jamais y prêter attention. Ainsi, on passe de la bonne humeur communicative au poussif mastodonesque ou de la technique au seul profit de l'émotion au nombrilisme musical le plus creux. En définitive, Nate Mendel (parti former les Foo Fighters alors que Sunny Day Real Estate avait splitté et jamais rentré au bercail) manque cruellement au combo et la proportion des moments qui imposent le respect est bien trop congrue pour faire oublier les passages les plus lassants. Une demi-réussite ou un semi-échec, au choix, mais en tout cas, un disque qui loupe totalement sa cible. C'est d'autant plus irritant que surnage cette sensation confuse que, quelque part, nous sommes passés très près d'un grand momentÉCG 2,5 - À ranger entre Live et Mineral Thin Lizzy One Night Only (SPV/Wagram, 085 21992 ) - 13 titres, 70m56s - Produit par John Sykes et Scott Gorham - Sortie fin août 2000 Metal Inoxydable. Comme on était sur le point d'oublier Thin Lizzy, deux disques, ce live et un tribute, viennent à point nous rappeler tout ce que nous devons à Phil Lynott et la Fine Babette. Ce live réalisé par un groupe provisoirement ressuscité présente la garantie d'un membre historique, Scott Gorham, et de deux actionnaires certifiés, John Sykes et Darren Wharton, le clavier, qui furent des dernières aventures de Thin Lizzy avant la séparation de 83 et l'amer décès de Phil Lynott en 86. Les compositions millésimées de ce dernier, qui constituent l'intégralité de ce CD, n'ont rien perdu de leur magnétisme ambré, et apparaissent même magnifiées par un son bien plus gros et percutant que celui de jadis. Du coup, ce live s'impose comme un disque excellent, avec un John Sykes fort convaincant au chant, et des guitares aussi splendides que celles d'origine. Une très bonne surprise que ce disque généreux et pétulant qui ne sent pas un instant le cadavre. 4,5 - À ranger entre Bad Reputation et Life Thin Lizzy (Tribute) Killers On The Loose Again (Axe Killer/Wagram 3061682 ) - 13 titres, 54m15s - Produit par Lea Hart - Sortie Août 2000. Heavy Hommage. En parallèle au live majeur réalisé par les rescapés de Thin Lizzy, voici donc un tribute bienvenu qui recoupe certes le CD en public mais le complète par la reprise de titres différents. Cela dit, cet hommage sincère et convaincant souffre de deux défauts. L'un est de ne pas soutenir une écoute comparée avec le live des Lizzies, parce qu'il se contente d'être propre et juste, là où les autres sont débordants de verve, de jus et de générosité. Le second handicap vient de l'absence de grands talents à l'affiche. On n'a ici que des troisièmes couteaux à l'oeuvre : ce ne sont pas Phil Campbell, Paul Dianno, Nicky Moore ou Bernie Torme qui vont ameuter les foules. Tout cela se situe donc à un niveau honnête mais modeste, et manque de prestige et d'audace. Phil Lynott méritait quand même un plus conséquent hommage. 3 - À ranger entre deux photos de Lynott Third Eye Blind Blue (Elektra/East West, 7559 6241 52) - 13 titres, 63m38s - Produit par divers- Sortie le 17 Juillet 2000 Rock difficilement classifiable. Ainsi en va-t-il avec tous les groupes vraiment intéressants : on admire leur musique, on en tombe raide dingue au point de ne plus pouvoir écouter autre chose et on reste impuissant à décrire leur démarche aux copains vaguement compatissants, c'est la vie !É Les Third Eye Blind n'en sont pas à leur coup d'essai, loin de là, mais ce nouvel album se révèle encore plus passionnant que leurs efforts précédents. Sur treize chansons enregistrées, il n'y en a pas deux qui se ressemblent, ce qui est plutôt rare de nos jours. Mieux encore, ils se permettent d'aborder plein de styles différents avec la même déconcertante aisance et encore plus fort, la cerise sur la chantilly sur la grosse part de gâteau, ils remettent au goût du jour l'amusante mode de la ghost track planquée en fin de parcours. Il vous faudra donc patienter un bon quart d'heure après la dernière note de "Darwin" pour la découvrir enfin, mais je vous assure que votre angélique patience sera largement récompensée, pas de problèmeÉ TS 4 - À ranger entre Giant Sand et Guadalcanal Diary Joe Lynn Turner Holy Man (Axe Killer/Wagram, 0681 17) - 13 titres, 57m49s - Produit par Bob Held et Joe Lynn Turner - Sortie fin août 2000. Hard Pur Jus. Joe Lynn Turner a surtout connu la gloire en servant de ténor au Rainbow de Ritchie le Blackmore. Mais il a toujours eu la réputation d'un second couteau, le remplaçant de luxe qu'on convoque quand on n'a plus personne pour s'égosiller sur ses riffs. On pouvait donc douter de l'intérêt de cet album solo. On navétor. Drôlement bien ficelé, son album, au JLT. Du hard certes classique, mais bien ajusté, bien senti, bien mené, et avec sincérité. En plus, le répertoire évolue joliment suivant le guitariste avec qui le héros du jour a composé les morceaux : très purple quand il collabore avec le nippon débridé Akira Kajiyama, plus funky lorsqu'il oeuvre avec Joe Bonamassa, et toujours juteux et plein de coeur. Bonne surprise. HP 3,5 - À ranger entre Rainbow et Bad Company U.S. Crush U.S. Crush (Immortal Records/Virgin) - 15 titres, 48m45s - Produit par Jim Pratt - Sortie le 14 juin 2000 Rock. Pas facile de dégager ce CD fuckinguement addictif de la platine, d'ailleurs, il paraît qu'il s'y colle volontairement. Bien sûr, mais oui, évidemment, ce type de rock mélodique, efficace, lourd et bandant, parfait pour la bande-son de Buffy ou de Charmed, on le connaît bien ! Ici, cependant, il semble que les cinq lascars d'Orange (Californie) aient d'emblée (c'est un premier album) visé haut et juste. Pas simplement la mise en boîte d'un bon groupe de scène local, non, plutôt l'énergie et le talent sans retenue de U.S. Crush, pas loin d'un certain punk rock anar à la Jesus Lizard. Et puis, quelques hurlements proches de ceux de Bloodhound Gang, entre ironie cinglante et way of life authentiquement déjanté. Peu disent mieux. MEK 3,5 - À ranger entre Deftones et The Driven UFO Covenant (SPV/Wagram, 087 21892) - 11 titres, 48m43s + CD bonus 7 titres, 34m04s - Produit par UFO et Mike Varney - Sortie août 2000 Hard déco. Histoire tourmentée que celle du magnifique UFO, toujours secouée entre les egos rétifs, les querelles, les coups de poing, les dérives vers les produits vertigineux et les épisodiques réconciliations. Après des années de divorce, le magistral ovni du hard s'était déjà joliment reformé en 93, avant de céder à nouveau à d'intestines querelles. Revoilà une fois de plus rabibochés Mogg, Way, Schenker augmentés d'Aynsley Dunbar, quel line-up, et le quatuor volant montre ici qu'il n'a rien perdu de sa patte magique : riffs somptueux, chant parfait, mélodies astucieuses et agrippantes, on passe un sacré bon moment à l'écoute de ce hard on ne peut plus classique et pourtant sans rides apparentes. Avec en bonus un official bootleg live pour compléter ce vol de luxe. HP 3,5 - À ranger entre Obsession et No Place To Run Vast Music For People (Elektra/East West) - 12 titres, 40m36s - Produit par Jon Crosby - Sortie le 11 Septembre 2000 Soft rock inspiré. Les membres de Vast sont des personnes aux goûts sûrs et bien affinés, si l'on en juge par l'ampleur symphonique dégagée par leur deuxième album, après un Visual Audio Sensory Theater qui en avait fait frémir plus d'un, dont un certain Lars Ulrich qui n'hésitait pas à déclarer, à l'époque, que ce disque constituait le meilleur premier album qu'il ait entendu depuis très longtempsÉ Il faut bien avouer que ce Music For People (clin d'oeil à Depeche Mode, idoles de leur insouciante jeunesse ?) possède bien des qualités : musique sombrement riche -un peu à la manière des antédiluviens premiers The Sound- et obsédante, orchestrations diverses et raffinées, textes voulant dire quelque chose (vraiment quelque chose) et, surtout, un Jon Crosby homme-orchestre : il écrit les chansons et les mélodies de Vast, il joue de la guitare électrique, il chante ses compositions, il produit les disques de son groupe et il assure la promotion. Probable que, quand tout le monde est sorti du studio, il passe un coup de balai, ramasse les dizaines de canettes de bière vides et qu'il jette un dernier et long regard circulaire avant de couper l'électricité et d'aller se coucher quelques petites heuresÉ TS 4 - À ranger entre Mansun et le U2 période Boy/October Vivid Sundown To Sunrise (Virgin) - 11 titres, 49m13s - Produit par Peter Walsh et Vivid - Sortie été 2000 Rock. Derrière ce jeune groupe allemand et ce deuxième album, un producteur : Peter Walsh, qui travailla un temps avec Simple Minds. Peut-être espère-t-il que Vivid casse, à son tour, la baraque rockÉ Pas sûr, pourtant, à entendre ce rock sympathique mais daté, bien fichu mais finalement sans grand intérêt. À l'image de ces kyrielles de rock & roll bands US qui vivent le temps d'un titre gravé sur une énième B.O. de série TV à succès, Vivid risque d'avoir du mal à impressionner qui que ce soit. C'est d'autant plus rageant qu'il ne leur manque, parfois, qu'une petite étincelle, un brin d'originalité supplémentaire pour se démarquer. Et vraiment démarrer. MEK 1 - À ranger entre The Opposition et A-ha Von Magnet El Planeta (XIIIbis/M10, KK 186) - 12 titres, 66m34s - Produit par Norscq - Sortie le 4 septembre 2000 Dadart. Von magnet regroupe 5 passionnés de musique, d'image, de théâtre et d'art plastique, animés par le désir de créer et d'innover. À ce titre, leur musique ressemble à une véritable bande son dadaïste où tout est bon pour explorer les possibles. El Planeta est une pièce musicale, un concert performance, joué, échantillonné et projeté sur écran, qui met en situation une tribu déracinée de la fin du millénaire. Ce disque fascinant et complexe propage à la fois un sentiment de sérénité et d'anxiété. Les voix murmurées et les arrangements décalés sont un mélange de samples et d'instruments acoustiques intelligemment dosés par Norscq. Les basses fréquences sont omniprésentes sur fond de bidouillage éléctro-techno et nous emportent vers une transe légère et envoûtante. JCM 2,5 - À ranger entre Les Astéroïdes et Norman Loy The Wailers Live In Jamaica (Night & Day, NDCD076) - 11 titres, 61m25s - Produit par Aston Barrett - Sortie le 10 juillet 2000 Reggae. Les Wailers sur scène, bon an mal an, c'est quand même toujours quelque chose d'assez exceptionnel, comme leur grande tournée estivale l'a une nouvelle fois prouvé (plus de 20 dates !). Bien sûr -et même si c'est mission impossible-, il vaut mieux oublier une bonne fois pour toute le grand Bob (surtout quand on écoute le très moyen Al Anderson qui, au moins n'essaye pas de copier le maître, manquerait plus que ça !), même sous les coups de paluches à quatre griffes de l'inéffable Aston Barrett (qui dirige là, sept membres ayant tous jouer à un moment ou un autre avec Marley, beau casting !), fidèle au poste ; et surtout quand en fin de disque/concert la joyeuse troupe se fend d'un très beau "No Woman No Cry". La légende n'a donc presque pas pris de rides, malgré une baisse de régime assez évidente. Finalement, les Wailers restent les Wailers, et on ne leur en demande pas plusÉ SL 3 - À ranger entre (grosse) tradition et (petite) trahison Charlie Watts & Jim Keltner Projec (CyberOctave/Virgin, 7243848695) - 9 titres, 54m50s - Produit par Charlie Watts & Philippe Chauveau - Sortie juillet 2000 Tchak poum à l'infini. Quand deux batteurs de légende se rencontrent (pour le Watts, inutile d'en rajouter ; Keltner, lui, a notamment accompagné Joe le Cocker et Crosby & co), devinez de quoi ils causent ? Vous y êtes ? Voici donc le projet le plus farfelu de l'ami Charlie, qui nous avait davantage habitué à ses escapades jazzy ronflantes. De la batterie à tous les étages donc, des percus partout autour, quelques petits ajouts (piano, flute, programmingÉ), des ambiances variées et pour chaque morceau (qui porte le nom du batteur qui en a influencé l'atmosphère et le contenu : Kenny Clarke, Elvin Suite, Shelly Manne, Tony Williams, Roy Haynes, etc.) la visite sous apnée d'un monde à part. Bien évidemment, l'exercice de style s'adresse avant toute chose aux batteurs, mais risque néanmoins d'intéresser quelques auditeurs lambda. ET 2,5 - À ranger au chaud dans une grosse caisse molletonnée Chris Whitley Perfect Day (Fargo/Wagram, FA20059) - 11 titres, 38m58s - Produit par Craig Street - Sortie le 15 septembre 2000 Vibrant hommage à usage interne. Ceci est un beau jour pour mourir. Un jour parfait. C'est sans doute avec cette impression transformée en envie (ou l'inverse) que Chris Whitley, un beau matin (parfait donc) décida qu'il allait s'adonner au jeu de la collection de reprises, mais en y apposant bien plus de mystérieuses contradictions encore que pour ses précédentes livraisons, au risque de surprendre un public peu habitué à un tel débalage de sensations (très) fortes. Car il s'agît bel et bien d'un de ces disques (rares et donc à honorer comme tel) qui vous bouleversent irrémédiablement (si vous osez vraiment y pénétrer corps et âme) ou vous passent totalement à côté des oreilles (dans tous les autres cas). Du choix d'une production minimaliste (Craig Street, connu pour son travail dans le milieu du jazz) à celui d'être accompagné par Billy Martin et Chris Wood (paire bien connue des amateurs du label Blue Note, à qui l'on doit également la partie la plus ombrageuse du sublime dernier album d'Iggy Pop), en passant par la liste -courte mais impressionnante- des artistes repris (Dylan à deux reprises, Hendrix, Doors, Robert Johnson, Lou Reed, Howlin' Wolf, Muddy Waters, Willie DixonÉ), tout dans ce Perfect Day reflète le talent d'adaptation de Whitley, son jeu de guitare tout en déflagrations sourdes, sa voix perdue dans l'infini de vibrations marécageuses et, en définitive, la beauté impalpable d'un album qui, s'il ne culminera pas dans un quelconque top prout, restera un moment privilégié pour les derniers aventuriers de l'émotion perdueÉ CG 4,5 - À ranger entre Willy DeVille et Avenue B d'Iggy Pop The Wisdom Of Harry House Of Binary (Matador/PIAS, OLE 414-2v) - 14 titres, 46m46s - Produit par Peter Astor - Sortie le 28 Août 2000 Electroniquerie décevante. Bon sang, que mange-t-il et qu'écoute-t-il, le Peter Astor, en ce moment, pour nous pondre des albums aussi lourds et assommants ? Ah, on est loin de The Loft, son premier groupe du début des 80's qui nous mit la puce à l'oreille ; et à des années-lumière de ses fabuleux Weather Prophets et de leur obssession pour la pluie ; l'obssession actuelle de Mr Astor semble plutôt être que son auditoire s'endorme au plus vite ! Ce qui s'est passé, c'est que notre brave Peter en avait un peu marre de sa façon de composer. Il créait les mélodies et les textes tout seul sur sa guitare acoustique, puis peaufinait le tout en studio et avec son groupe au grand complet. Un jour de lassitude plus importante qu'à l'accoutumée et pour notre poignant malheur, il traîna dans un pub londonien qui passait en boucle de la Jungle et de la Drum & Bass et cette andouille tomba raide dingue amoureux de ce style "musical", ce qui nous vaut à présent l'immense honneur de devoir supporter cette crise existentielle en serrant les dents (et surtout les oreilles), en pensant à autre chose et en attendant des jours forcément meilleursÉ TS 1,5 - À ranger entre Vegas et B Movie Zenzile Zenzile meets Jamika (Crash Disques/PIAS, CrashCD27) - 6 titres, 42m30s - Produit par Zenzile - Sortie juillet 2000 Dub. Au printemps dernier, leur premier album mettait en joue les pessimistes nés, les réfractaires de tout bois, tous les ayatollahs pro-jamaïcainsÉ Zenzile allait s'engouffrer dans la brèche du dub avec brio. Et l'on ne soulignera jamais assez que cet album est indispensable à qui veut s'ouvrir l'esprit vers un reggae contemporain. Une musique sans frontière que le combo colporte jusqu'à Bamako, en passant par les plus grandes manifestations musicales de l'hexagone. Pour l'heure, les angevins ouvrent leur répertoire à Jamika, une déesse américaine rencontrée lors d'une joute électronique improvisée du côté de la Tamise. L'alchimie émerveille, diffuse l'exotisme d'un flow sensuel étiré le temps d'un mini LP. LE 3 - À ranger entre Kingston et Angers |
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