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COMPACT #5 - Juillet/Aout 2000 |
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z | |||||||||
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21st Century Ska 21st Century Ska (M 21 Records)- 16 titres, 69m46s - Produit par divers - Sortie mai 2000 Skamania - Que dire de cet authentique coup de maître, qu'il n'est à conseiller aux apathiques chroniques que sous haute surveillance de leur entourage puisqu'il pourrait les rendre hyperactifs. 21st Century Ska ne laisse pas une minute de répit ni pour le coeur qui bat tout ce qu'il peut, ni pour la boîte crânienne qui fume en cherchant à repérer les éléments de cette planète d'influences. Les ingrédients empruntés au reggae, ska, big beat, etc., sont si bien accommodés, qu'ils créent les règles de leur propre gastronomie. Leur dosage est savant puisqu'on n'est jamais pleinement rassasié et toujours partiellement affamé. Indispensable aux insatiables de mouvements telluriques et aux fins gourmets amateurs de vibes exotiques. SG 4 - À ranger entre Freddy Fresh et Freestylers A Perfect Circle Mer De Noms (Virgin, 7243-8-49253) - 12 titres, 44m33s - Produit par Billy Howerdel - Sortie mai 2000 New rock - Un gros sticker annonce fièrement «Un album 100 % Rock Sound». Ça veut dire quoi ? Que c'est mal écrit et que ça s'adresse à un public d'attardés mentaux de douze ans d'âge physique et trois ans d'âge mental en moyenne ? Messieurs de Virgin, faites attention à ce que vous collez sur vos disques ! Heureusement, ce premier album du nouveau combo de Maynard James Keenan et Billy Howerdel (un abonnement gratuit au lecteur qui nous citera leur excellent combo précédent, et ce n'est pas une blague) est bien au-dessus de tout ceci et donc de tout soupçon, avec sa basse lourde, sa guitare tranchante, sa batterie discrète et donc efficace, et la voix de Billy, de plus en plus l'homme à tout (bien) faire de la bande. Au total, un magma bouillant de chez bouillant avec des vrais morceaux de rock dedans, un rock résolument classique mais définitivement moderne, à découvrir d'ici quelques jours sur la scène des Eurockéennes... DB 4 - À ranger entre Tool et Therapy? Adjabel Tanbou base Music (Autoproduit, EM70200) - 7 titres, 25m45s - Sortie mai 2000 Jazz Vaudou - Formé en 1995 par Cyril Forman alias Atissou Loko, originaire de Haïti, Adjabel distille une musique envoûtante, avec des percussions empreintes de mystère et la voix féerique de Mariam Kadi, qui chante à la manière des plus grandes dames du blues, les souffrances, les amours aussi, des femmes des colonies. Rejointe récemment par l'ancien bassiste de Trust (mais oui !), David Jacob, la formation va enregistrer un nouvel album qui devra nécessairement faire parler de lui. En attendant, cet EP live donne une première idée de l'envergure de ce groupe et de sa musique d'un métissage moderne incontournable, entre musique du monde et jazz. Disponible dans les FNAC parisiennes. CD'O 4 - À ranger entre Mapuka et Leon Parker American Psycho B.O. (Koch/Edel, EDL5049-2) - 13 titres, 59m46s - Produit par divers - Sortie juin 2000 B.O. À l'image du film qui n'est qu'une adaptation molle du bouquin culte, cette B.O. ne frappe pas aussi fort qu'on aurait pu s'y attendre. Dope en ouverture de rideau, cogne gentiment, mais un monologue (sur une musique chiante à mourir de John Cale) vient d'emblée casser le peu de rythme existant, qu'un remix foireux du «Something In The Air» de Bowie vient totalement annihiler. La suite reste entre deux eaux, avec un remix tout aussi poussif du «Watching Me Fall» de Cure, New Order qui a décidément pris un coup de vieux, Daniel Ash (zzzzzzzzz) ou encore Tom Tom Club (un remix de plus, celui de «Who Feelin' It», le pire du lot !). Donc, pas grand-chose à se mettre dans les écoutilles et c'est bien dommage... DB 1 - À ranger dans la pile des B.O. prout Anonymous Instinct (Label/Distrib, réf) - 12 titres, 38m18s Metal - Avant même de commencer l'écoute de ce troisième album des québécois qui ont récemment fêter une première décennie d'existence (où sont cachés les deux précédents cédés ?), la mention (en très gros !) de la présence derrière les manettes de Colin Richardson est un gage de qualité. Du moins de qualité sonore, car l'écoute de cet Instinct peu instinctif révèle d'emblée une pauvreté d'écriture assez déconcertante, qu'un chant sans réel relief assombrit un peu plus. Non pas que le métal-boomerang d'Anonymous soit sans vie, mais il lasse par trop de classicisme. Un comble quand on évolue dans un style musical censé défourailler à tout-va et repousser sans cesse les limites du dévergondage brutal. Ici, brutal rime trop souvent avec banal. Next! DB 2 - À ranger entre Out et autres Richardsonneries bas de gamme Ian Astbury Spirit/Light/Speed (Beggars Banquet/Labels, BBQCD208) 10 titres - 52m16s - Produit par Chris Goss et Ian Astbury - Sortie le 7 juillet 2000 Genre - Il est difficile de brûler ce qu'on a tant adoré ! Ian Astbury, voix étincelante de l'ovni Cult, sort un album solo très moyen au moment où était annoncé en grandes pompes le retour flamboyant de la bande au grand complet, avouez qu'il y a de quoi enrager ! Proche d'un pathétisme qui fait réellement mal au coeur (il faut l'entendre chanter «get high the real music yeah» sur «Back On Earth» qui ouvre l'album de façon fort peu convaincante, avec ces machines-casseroles). Beaucoup de boucles qui tournent en rond (mais oui), de sonorités stridentes assez horripilantes, quelques guitares sous-alimentées qui font d'autant plus regretter l'incendiaire Billy Duffy et, trop rarement, la voix pure de celui qui nous avait fait tant chavirer, en particulier sur le monstrueux Ceremony. Sans contestation possible la grosse déception du mois !... CG 2 - À ranger entre Daniel Chenevez et Cult Axel Boys Quartet Casino Royal (Edel/Sony, 44382) - 13 titres, 38m20s - Produit par Chris D Norgaard - Sortie en mai 2000 Swing rigolo - Ces danois bien frappés (il s'agît de leur second album) ont pris pour habitude de faire des reprises jazzy-swing de tubes modernes, ce qui permet aux pires cochonneries de ces dernières années de s'offrir une seconde jeunesse. Ainsi, des daubes infâmes comme le «Men In Black» de Will Smith, «Barbie Girl» (Aqua), «Believe» (Cher), «Don't Speak» (No Doubt), «I Will Always Love You» (Whitney Houston), «Final Countdown» (Europe) et même la «Macarena» de Los Del Rio ont droit à un lifting des plus audacieux. Même le «Nothing Else Matters» de Metallica (à écarter des autres daubes) subit le même traîtement à base de cuivres sautillants, xylophone hagard et swinguerie dodelinante. Marrant comme tout...ET 3 - À ranger entre parodie fringante et respect swinguant Baise Moi ! le son (EMI) - 16 titres, 71m47s - Produit par copulation - Sortie le 27 juin 2000 B.O.F. On se croirait dans un album de Miossec, vu qu'il y a à boire et à manger, sur ce Baise Moi : d'excellentes surprises telles que le groupe WEI JI qui signe deux titres tout en douceur («Pusher» et «Sweet Belly») et un troisième nettement plus énervé («From Cause») ; un inédit (à savoir «Goddamn City») de Seven Hate, le groupe punk grunge rock qui monte ; quelques variations instrumentales pas très bandantes d'un certain Varoun Jan ; deux électroniqueries absolument insupportables du Peuple De L'Herbe (pour les habituelles récriminations, écrire au journal qui transmettra) ; une composition hallucinante faite de sexe et de métal, à la manière du Crash de GJ Ballard, qu'il vous faut absolument écouter (ça s'appelle «Cash», c'est interprêté par un/une/des Pussy Killer et c'est, n'ayons pas peur des mots, grandiose !)... Reste deux ou trois choses, comme ce groupe qui s'appelle Season Active Disorder et dont le Compact Man ne sait pas trop quoi en penser : doit-il délivrer son venin légendaire, ou bien les porter aux nues ? Mystère... TS 3 - À ranger entre la BOF de Sombre et celle d'American Psycho Buju Banton Unchained Spirit (Epitaph/Pias) - 16 titres - 63m54s - Produit par Germain, Kelly, Steely, Clevie, Banton - Sortie le 24 Juillet Reggae Jamaïcain - Buju Banton, le mythique, la figure iconique de la Jamaïque, n'a que 27 ans. Avec son cinquième album le Deejay star offre sa voix inimitable, son timbre rauque, à des titres toujours très imprégnés de religion rastafari, d'idéaux pacifistes et d'hymnes à la femme. L'intro n'est autre qu'un chant hébreu du 23ème psaume, où l'on retrouve Peter Morgan. Entre autres collaborations, citons celles de Steven Marley, Tyrone Downie (clavier des Wailers) et Luciano (The Fire House Crew). Signalons au passage la reprise de «No More Misty Days» de Rancid. Orienté dancefloor aux teintes ragga, ce disque donne l'occasion de savoir ce qui se passe actuellement au pays du reggae. CD'O 3 - À ranger entre Chaka Demus et Cutty Ranks The Baptist Generals Dog` (Munich/Concord, MRCD 204) - 14 titres, 40m14s - Produit par le groupe - sortie juin 2000 Folk rock bien déjanté - Robert Johnson est ressuscité d'entre les morts ! Ou alors, son esprit a été invoqué par ces mystérieux Baptist Generals lors d'une de ces séances de spiritisme qui font tant rire la France Profonde (celle de Vincent Lagaf, des Guignols et des questions à 2 francs du tandem infernal PPDA/Claire Chazal) et, depuis, ledit ectoplasme ne les quitte plus d'un linceul ! Ah, c'est sûr, le son n'est pas parfait, vu que ce disque a été enregistré sur un simple quatre pistes, mais alors, que d'émotions, que de profondeur dans n'importe laquelle des quatorze chansons présentes : de quoi faire quatorze albums pour quatorze groupes de seconde division ! La notice jointe à ce compact disc parle de croisée des chemins entre Smog, Palace et Daniel Johnson mais, en fait, les Baptist Generals frappent bien plus fort que n'importe laquelle des formations citées. On sent chez eux un potentiel énorme qui pourrait se barrer dans n'importe quelle direction et ne pas se limiter au folk rock ou à la country, sûr que nous en reparlerons... TS 4 - À ranger entre le premier Violent Femmes et le Ramblin' With J L Pierce Alain Bashung Climax (Barclay/Universal, 543 648) - 38 titres - 157m20s - Produit par divers La classe à la française - Magnifique objet (petit livre cartonné avec livret de 32 pages) et beau titre -même si la double définition en ouverture vient quelque peu gâcher le plaisir de ceux qui avaient «compris»), mais au final une simple compil', quoique double, qui reprend dans le désordre (c'est le cas de le dire) les plus belles rengaines du monsieur, avec en bonus des nouvelles versions de certains de ses classiques repris avec des gens comme Marc Ribot («À Ostende», «Les Grands Voyageurs»), M («What's In A Bird», franchement râté), Noir Désir («Volontaire», curieux mariage presque contre-nature alors qu'on l'aurait imaginé plus «coulé»), Rachid Taha («Ode À La Vie», bonne idée !) ou encore Rodolphe Burger, peut-être notre plus exceptionnel magicien national actuel, pour une transformation réussie de «Samuel Hall». Un joyeux foutoir donc qui, alors qu'il a été pensé et conçu avec une évidente méticulosité, ne semble pas réellement suivre une logique... logique. L'auditeur se retrouve alors piégé, car si ce Climax est pratiquement à considérer comme d'utilité publique, il n'en reste pas moins nettement dispensable... CG 3 - À ranger entre l'inutile et l'agréable George Benson Absolute Benson (Verve/Universal, 5438402) - 10 titres - 56m04s - Produit par Tommy LiPuma - Sortie le 14 juin 2000 Jazzy - Entendre Benson chanter le ghetto laisse perplexe. L'imaginer sur le remix «El Barrio» signé Kenny «Dope» Gonzales et Little Louis Vega des Masters At Work finit par désarçonner. L'entrée en matière surprend sans ôter le moindre plaisir à ce retour. Non, le bougre n'est pas sénile, bien au contraire, il rassure rapidement l'auditeur quant aux morceaux de choix interprétés à l'occasion. Notamment en compagnie du pianiste Joe Sample, largement mis à l'honneur au cours de quatre de ses compositions. Autres invités, mais cette fois virtuels, Stevie Wonder, Ray Charles et Marc Antoine finissent également dans les griffes du guitariste et comme toujours, c'est un plaisir. LE 4 - Arrangé entre deux sessions Berthet Pudeurs (Barclay, 7933) - 12 titres, 50m01s - Produit par Berthet - Sortie juin 2000 Chanson - Accompagné de sa parolière Valérie Fauchet et de sa guitare, Pierre-Olivier Berthet sillonne la France depuis maintenant onze ans, remportant en 99 le trophée Radio France. À la croisée de ses premières idylles musicales de jeunesse, de Brel, Reggiani à AC/DC et Deep Purple, ce premier opus flirte avec la chanson populaire tout en s'acoquinant avec les guitares électriques et des arrangements rock du plus bel effet. Quelques maladresses cependant, une voix qui s'enfuie par moments, des textes qui manquent de maturité, mais le tout est soutenu par une musique qui fait de ce premier album une première tentative agréable. On attend la suite. CD'O 2 - À ranger entre Miossec et Souchon Big Tobacco Songs By Joe Pernice (Glitterhouse/PIAS - GRCD488) - 9 titres, 37m47s - Produit par Thom Monahan - Sortie juin 2000 Connection Palace Brothers/Pernice Brothers & Co - Le gars Joe Pernice ne tient pas en place, ou alors il n'a que la musique dans sa vie ! Après quelques années d'existence et trois albums en compagnie des Scud Mountain Boys, voilà que cet estimable groupe se désagrège ; pas découragé pour autant, Joe remonte aussitôt une nouvelle formation baptisée The Pernice Brothers (toujours en activité à l'heure où que je vous cause, même si le deuxième album tarde à voir le jour) et enregistre le somptueux Overcome By Hapyness pour le célèbre label Sub Pop, puis embraye sur le projet Chappaquiddick Skyline (!) en compagnie de quelques frères Pernice et de John Crooke du groupe Jolene, avant de s'attaquer à son premier jet en solo, ce Big Tobacco qu'il est si agréable d'insérer dans la platine CD : chansons qui prennent leur temps, quitte à s'arrêter en cours de route pour cueillir de petites fleurs ; instruments en nombre réduit mais fort bien utilisés (guitares/basse/batterie, on n'a jamais fait mieux !), une douceur de vivre qu'il nous fait généreusement partager et quelques invités de marque en provenance directe de Whiskeytown, Sea Of Cortez et autres Tappan Zee... TS 4 - A ranger entre Daniel Johnston et Palace . Brassy Got It Made (Virgin/Labels, 724384943127) - 17 titres, 41m38s - Produit par Brassy - Sortie le 23 mai 2000 Hip Rock - Un raccourci de rock et de hip hop que prend Brassy pour se faufiler au travers d'une hype urbaine. L'initiative est punchy, le groupe armé de guitares rentre-dedans mais sans fioritures, du style B52's. Sans oublier l'artillerie lourde en scratchs. Un heureux mariage encensé par nos confrères d'outre-manche, puisque NME à élu single de la semaine «Work It Out».En effet, l'alchimie fonctionne et les genres cohabitent dans ce compromis rock incroyablement proche des prestations live (limites punk) de Boss Hog et surtout, côté chant, de la voix de Cristina Martinez. La similitude est trompeuse ; du reste, nous pourrions préférer ce Got It Made à l'inégal et poussif Whiteout. LE 3 - À ranger entre Boss Hog et Lynnfield Pioneers Brooklyn Funk Essentials Make Them Like It (Black Plastic/PIAS, 345-0031) - 13 titres - 67m22s - Produit par Lati Kronlund - Sortie juin 2000 Groove mutant - Contrairement à ce que pourrait laisser supposer la mixture subtilement aliénante de ces onze Brooklyn Funk Essentials, ils ne viennent pas d'une lointaine planète, mais des quatre coins de la nôtre : Puerto Rico, Nouvelle-Orléans, Suède, Jamaïque... C'est ce mélange de styles et d'origines qui fait de ces poètes d'un nouveau genre les détenteurs d'un cocktail inédit à base de soul, ragga, funk, drum & bass et même de jazz. Du groove au sens le plus étendu, avec un éventail sonore encore plus ouvert que sur leurs deux précédents opus, via quelques légers emprunts électroniques. Un disque à vivre plus qu'à raconter... ET 3 - À ranger entre Parliament et Maceo Parker Built To Spill Live (City Slang/Labels, 7243-8492852) - 9 titres - 71m51s - Produit par Phil Ek - Sortie le 9 mai 2000 Rock - Si vous aimez le rock à forte dose guitaristique, vous allez en avoir pour votre pognon ! Des guitares, sur ce disque, il y en a carrément dans tous les coins et tous les sens ! Des «qui grattent» (normal), des «qui pleurent» (et c'est joli-joli), des «qui se promènent là pour faire chier le monde» (tant mieux) et des «qui servent strictement à rien» (mais putain que ça fait du bien par où ça passe !). Ainsi, les meilleurs titres des trois premiers albums de Built To Spill s'étirent et s'allongent à n'en plus finir (on pense parfois à Neil Young, beau compliment) avec (justement) une reprise mercenaire et magnifique du «Cortez The Killer» du vieux Young... Un vrai bon disque live, bien au-dessus de l'habituel lot d'albums que les groupes sortent pour honorer des fins de contrat...DB 4 - À ranger pas loin du Live Rust de Neil Young Paul Burch Blue Notes (Dixiefrog/Night & Day, DFGCD8499) 12 titres - 48m03s - Produit par Paul Burch et George Bradfute - Sortie début juin 2000 Country - En attendant son adaptation musicale du dernier bouquin de Tony Earley, Jim The Boy, prévue pour le mois d'Octobre, à l'occasion du festival des Livres du Sud, qui aura lieu à Nashville, Paul Burch continue de travailler au corps les bonnes vieilles habitudes country, en se fichant suffisamment des sentiers rabbatus pour faire dresser l'oreille, mais malheureusement en restant encore trop ancré dans un traditionnalisme gluant qui rend l'ensemble de ce troisième album enregistré avec The WPA Ballclub rapidement lassant. On lui préfèrera le traitement plus radical développé par son groupe Lambchop... SL 2,5 - À ranger entre Lambchop et Josh Rouse Rodolphe Burger L'Homme Usé (EMI) - 5 titres - 27m40s - Produit par Rodolphe Burger, Doctor L, Alex Gopher - Sortie début juin 2000 Burger King - Lettre à Rodolphe. La solitude te pèse. Ton talent, car il faut parler de talent (désolé) explose en permanence, tant et si bien que tu crois que ta seule petite personne physique ne peut tout contenir, tout retenir, tout définir. Il te faut partager, mélanger, alléger, propager. Mais tu n'as pas besoin de ces acolytes d'un jour, d'un mois, d'une vie, aussi talentueux soient-ils. Les Gopher, Doctor L et cetera... Le moule a été cassé, à toi d'en éparpiller les morceaux. En attendant tes prochaines facéties salutaires, nous nous contenterons de ce remix gopherien et dispensable de «L'Homme Usé», de tes deux dernières consultations en date auprès de ton docteur préféré et de ces deux inédits qui méritaient/méritent bien mieux que de pourrir dans un vieux tiroir. Gloire à toi... CG 4 - À ranger entre pluie de météores et stock de phrases John Cale B.O. Saint-Cyr (Archipel 35/Virgin, 849545-2) - 11 titres - 38m06s - Produit par John Cale - Sortie mai 2000 B.O. - Le moins que l'on puisse dire de la carrière de John Cale, c'est qu'elle est furieusement irrégulière. Le bonhomme, sûr de son talent (certain), déambule au gré des projets, semblant à peine se concentrer le temps d'un disque sur une idée bien précise. Dans l'exercice de la B.O. ramollo, il s'en sort plutôt pas trop mal, car, avec pour cadre le sujet et les ambiances du film de Patricia Mazuy, il ne peut pas laisser libre cours à l'habituelle intellectuallisation galopante d'une musique à la vivacité inversement proportionnelle. Pas mal de trompette, des percus, violoncelles et autres flûtes, pas très rock & roll tout ça, mais suffisamment frais et court (le disque n'atteint pas les 40 minutes) pour passer (en fond sonore)... ET 2 - À ranger (définitivement) rayon B.O. Chemlab East Side Militia (Invisible Records/Caroline) - 15 titres, 60m08s - Produit par Critter & Chemlab - Sortie mai 2000 Rock indus déjanté - Ça cogite sec, dans les cerveaux des musiciens basés à Chicago, on dirait. On forme un groupe protoïde dont la tête bicéphale sera constituée de Dylan Thomas More (tous les programming, sampling, arrangements et compositions) et de Jared (voix, scratches, lyrics et un peu de guitare), on répète quelques morceaux malades au fond d'une cave sombre et fumante, on prend contact avec Martin Atkins, le gourou de tout ce qui se fait de bizarre dans le rock US, on s'arrange pour qu'il vous signe sur son label Invisible et qu'il consente à vous filer un coup de main pour la production et le tour est joué... East Side Militia voit le jour, commence à trouver son public et... arrive en Europe quatre longues années plus tard ! Et oui, cet album n'est pas d'une actualité brûlante, mais Chemlab est tellement spécial et aborde l'indus d'une manière tellement biscornue qu'on ne pouvait pas ne pas vous en toucher quelques mots... TS 3 - A ranger entre Foetus At The Wheel et Burn Out At The Hydrogen Bar Chemlab 2 Burn Out At The Hydrogen Bar (Invisible Records/Caroline) - 15 titres, 53m27s - Produit par Critter & Chemlab - sortie mai 2000 Rock indus déjanté II - Cet album-là n'est que de l'année dernière, génial, non ? Entretemps, même si le duo Dylan/Jared a su rester immuable, on ne peut pas en dire autant des musiciens supplétifs qui ont été totalement remaniés, ce qui pourrait expliquer l'énorme différence de son (beaucoup plus clair et «léger») et d'inspiration (plus gaie, en tout cas beaucoup moins morbide que par le passé), on croirait presque avoir affaire à une formation homonyme qui n'aura pas engagé le traditionnel procès ! Reste que nous sommes toujours entre amateurs de musique radicalement différente, aucun doute possible là-dessus : si vous ne deviez écouter qu'un seul titre de ce disque pour vous faire une idée de l'ensemble, piochez donc «Summer Of Hate», parfait raccourci de tout ce dont Chemlab est capable... TS 3,5 - A ranger entre East Side Militia et un Chemlab inconnu par ici Clinic Internal Wrangler (Domino/Labels/, 72438483172 6) - 14 titres, 31m32s - Produit par Gareth Jones & Clinic - Sortie début juin Rock radicalement et volontairement différent - Un peu trop, même, pour nos pauvres conduits auditifs qui ont bien appris le caniveau et ont parfois du mal à suivre le rythme concassé qui fait tout le charme de Clinic. Pas de problème, on nage là dans des eaux complètement inconnues : profondeur abyssale («Earth Angel», «The Return Of Evil Bill») qu'on n'aura pas le courage d'aller mesurer, requins fortement suspects («Internal Wrangler», «The Second Line») qui s'approchent dangeureusement de nos carcasses frémissantes et vagues («Voodoo Wop», «Hippy Death Suite» et surtout le court mais délirant «C.Q.») ressemblant plus à un tsunami (raz-de-marée pour les non-abonnés) qu'aux vaguelettes de nos côtes bretonnes -le retour sur la terre ferme n'est pas garanti du tout, désolé pour vous ! Reste un putain d'album envoûtant qui remonte sans la moindre hésitation et à contresens, de surcroit, l'autoroute du conformisme musical, chapeau ! TS 4 - À ranger entre les Residents et les premiers singles de Clinic Coldplay Coldplay (EMI) - 11 titres, 41m38s - Produit par Ken Nelson - sortie le 11 juillet 2000 Pop - Voilà le genre de merveille qui chamboule vos références en trente secondes. Coldplay redonne un nouveau souffle à cette britpop depuis peu sous le joug du mid-tempo, voire domptée par Muse ou Travis dont les guitares de l'un et les ballades de l'autre font vibrer une jeunesse esseulée. Certes, le combo se faufile dans cette moyenne d'âge, la vingtaine, mais marque une longueur d'avance sur la meute ; là on ne joue pas dans la même cour, on évolue dans une dimension parallèle où chaque note, chaque titre glace, file la chair de poule. Un tour de force dû à cette voix puissante et ces riffs éthérés emprunts à une référence trop évidente pour la citer. Peu importe, nous pouvons parler d'exploit puisqu'il y a deux ans, le groupe n'existait pas ! LE 5 - À ranger entre The Dandy Warhols et Six By Seven Crease Vindication (Roadrunner) - 13 titres, 51m01s Produit par Paul Trust .- Sortie juillet Rock post grunge - Dans la série «On n'a pas eu de chance jusqu'à présent, mais c'est en train de s'arranger»; laissez-moi vous présenter Crease, groupe de Floride. Ils débutent sous le nom d'Excessive et quand ils commencent à se forger une solide réputation scénique, leur bassiste les quitte pour se marier. Greg les rejoint alors, Crease se forme, un contrat est signé avec un label indépendant, un premier disque (Interference) est enregistré et quand il remporte la catégorie de «meilleur album indé de l'Etat de Floride», le susdit label les lâche sans prévenir. On récupère ses esprits, on décide de retourner en studio, mais l'argent se met à manquer au bout de cinq chansons et l'album espéré se transforme en EP ! Heureusement pour eux, la suite des évènements est nettement plus réjouissante. L'EP en question est repéré par un animateur radio qui se met à passer en boucle le morceau «Frustration». Devant le succès obtenu, la radio en question organise un concert de Crease devant 8000 personnes enthousiastes, puis un festival devant 35 OOO. Dans son coin, Crease commence à vendre plus de disques que Kid Rock ou Metallica, donc tout plein de concerts en première partie de groupes tels que Our Lady Peace, Buckcherry et les Goo Goo Dolls ; puis, enfin, signature avec Roadrunner qui les renvoie illico presto en studio, dans le but de réenregistrer et étoffer Six Pack Shy Of Pretty (nom de l'EP) qui deviendra ce Vindication que vous tenez entre vos mains douteuses et que vous pouvez maintenant écouter...TS 3,5 - A ranger entre Pearl Jam et Alice In Chains Curtis Newton Curtis Newton (Auto-production) - 6 titres, 23 m08s - Produit par l'association - Disponible Pop Rock Frenchie - But chic, serions-nous tentés d'ajouter, tellement le potentiel de ce nouvel espoir du rock francais régional est important : bonnes compositions, guitares tout-à-fait correctes, voix agréables et gimmicks sonores des plus rigolos, surtout lors de la chanson éponyme (le-title track, quoi) qui vous transportera dans un bon vieux film des années cinquante, avec le regrettable John Wayne dans le rôle du héros pur jus ! Il semblerait qu'un album soit en préparation, même qu'on pourrait le voir arriver dans les bacs à la rentrée et pour une nouvelle, c'est une bonne nouvelle, comme on dit à La Poste, univers glauque, mystérieux mais plein de surprises dont je vous parlerai un jour, si vous le demandez par écrit... Définitivement une des réjouissances de cet été ! TS 4 - À ranger entre Curtis et Newton Dakota Suite Signal Hill (Glitterhouse/PIAS, GRCD492) - 10 titres, 43m28s - Produit par erreur - Sortie juin 2000 Low-prout - Suite des aventures dakotesquement chiantes d'un des groupes les plus insupportables de l'écurie Glitterhouse (qui pointe bon avant-dernier devant les pathétiques Knife On The Water). C'est pompeux, intello, mamouthesque, horripilant ! Une longue plainte, tranchée en dix morceaux, avec pour chacun la même dose de ronfleries capables d'arrêter net un troupeau de bisons. Un chanteur qui se prend les vocaux dans le paillasson, une orchestration pauvre malgré l'amalgame d'instruments qui s'y entasse mollement et, au final, l'impossibilité (sauf sous la torture) d'écouter plus de deux morceaux d'affilée... Chris Hooson, leader du groupe, signale que cet album représente le meilleur de Dakota Suite. On ose à peine imaginer leur «pire» ! SL 1 - À ranger avec Knife On The Water The Damage Manual The Damage Manual (Invisible Records)- 7 titres, 31m58s - Produit par Martin Atkins Rock Expérimental - Comment pourrait-il en être autrement, quand on réunit dans un studio d'enregistrement quatre personnes aussi différentes et délétères que Jah Wobble (PIL, Invaders Of The Heart), Chris Connelly (Revolting Cocks, Ministry), Geordie Walker (Killing Joke depuis la nuit des temps) et Martin Atkins (tous les groupes cités plus Pigface et Nine Inch Nails), membre à part entière de ce club de lunatiques, en plus d'être le producteur et le propriétaite de la maison de disques de tout ce beau linge ? Le résultat de ces croisements contre nature en dit long sur leurs états mentaux respectifs : les morceaux (soit ultra-courts soit super-longs) se barrent dans toutes les directions possible, sauf bien sûr celle qu'on aimerait les voir emprunter ; l'instrumentation se rapproche plus du sonar militaire que de la sainte trilogie guitare/basse/batterie ; quant aux voix vraiment bizzarroïdes, elles sont souvent couvertes par des effets sonores incongrus ! TS 3 - À ranger entre les earlies Sonic Youth et une camisole de force . De/Vison Void (WEA) - 11 titres, 58m41s - Produit par D/V et Georg Kaleve - Sortie juin 2000 Pop prog - Voilà plus de douze années que De/Vision existe en Allemagne et c'est l'année dernière, avec leur cinquième album Monosex, qu'ils se firent enfin connaître d'un plus large public. Leur musique, hypnotique et mélodieuse, mêlant avec talent guitares, lourdes rythmiques et subtils synthétiseurs, devrait pouvoir trouver son public chez nous. Les membres du groupe sont les premiers (fait rare !) à tenter de simplifier la définition que l'on voudrait leur accoler : de l'electropop influencée par la techno, la trance et le crossover. Ce dernier terme, volontairement plus vague, est, finalement, celui qui leur va le mieux. C'est aussi celui que leurs détracteurs mettent en avant pour dénoncer un salmigondis peu digeste et dénué d'émotion organique. MEK 3 - À ranger entre Paradise Lost et V.A.S.T. Deap Pop Club Superpower (Wom/Socadisc) - 12 titres, 54m14s - Produit par DPC et Fred Norguet - Sortie le 15 mai 2000 Power pop - Après un premier hippie 6 titres en Juin 99 chez Buzz Off, DPC poursuit sa route, fraîchement mais intensivement tracée, par de fréquents concerts et un «vrai» premier album. Au programme : textes en anglais et mélodies angoissées, guitares à gogo et énergie constante. On peut regretter, d'ailleurs, que cette pêche rock (très) bienvenue empêche, parfois, d'entendre des compos un peu moins référencées. Cependant, électricité rime ici avec efficacité et la courte, mais solide, expérience des 4 garçons (deux grosses années) leur permet de pouvoir proposer un album auto-produit qui n'a rien a envier aux jets initiaux des formations plus rapidement distribuées commercialement. Ce qui devrait leur arriver rapidement... MEK 3,5 - À ranger entre Da Wax et Quicksand Deftones White Pony (Maverick/WEA)- 11 titres, 48m53s - Produit par Terry Date & Deftones- Sortie le 20 juin 2000 Fusion Elégante - La musique des Deftones, chouchoux des concerts parisiens, s'affine d'album en album : autant Adrenaline , le jet initial paru voilà déjà cinq ans, faisait quand même un peu mal aux oreilles, autant Around The Fur, le suivant, commencait à se démarquer et à aborder de nouveaux territoires sonores. Suivit un mini CD en public (décliné en plusieurs versions) exclusivement réservé au public francais, avant d'en arriver à ce White Pony qui consacre définitivement les Deftones comme un groupe important et à suivre, le genre de combo avec qui il faudra désormais compter... Bien sûr, quelques chansons sont encore un peu braillardes («Fieticeira», «Elite», «Korea» et «Teenager») mais certaines autres tranchent littéralement : un «Digital Bath» tout en douceur, un «Passenger» qui surprendra plus d'un fan, un «Change (House Of Flies)» choisi comme premier single et comme titre interprêté lors de leur passage au NPA musical du 13 Juin et, surtout, un «Pink Maggot» de 7 mn et demie secoué, cahotant mais tellement prenant... TS 4 - À ranger entre Around The Fur et le prochain déjà attendu . Dilated Peoples The Platform (Capitol Records, 5233102) - 16 titres, 64m20s - Produit par Dilated Peoples - Sortie juin 2000 Hip Hop - Ce collectif opte pour une formation axée autour d'un DJ et de deux MC. C'est lors d'un DJ et de deux MC. C'est lors d'une série de freestyles au Hip Hop Shop de L.A que Rakaa et Evidence décident de former un groupe que vient rejoindre DJ Babu. L'objectif est de proposer un large échantillonnage de prestations, que ce soit en matière de beat ou de textes engagés. Pour parvenir à un équilibre, être considéré comme un tout, aucun domaine de prédilection n'est choisi. Au flow scandé par les deux MC, Babu mêle savamment son travail de sculpteur de sonorités toujours agrémentées de scratchs assassins. Une cuisine maîtrisée à laquelle Babu, maître saucier de qualité donne sa saveur. SG 2,5 - À ranger entre EPMD et Run DMC Dj Quik Balance & options (BMG 07822 164192) - 20 titres, 70m41s - Produit par DJ Quik - Sortie juin 2000 Groove électronique - 0n connaît DJ Quik principalement pour avoir produit R. Kelly, Tupac et Deborah Cox. Balance & Options est pourtant son cinquième opus. Le temps de prendre quelques distances avec le gangsta rap américain et de revenir à un R&B plus cool, loin du très dur Quik Is The Name de 91. L'accent est ici mis sur les arrangements instrumentaux. Toujours assez électronique, on y constate pourtant la présence d'un orchestre. Entre autres collaborations, on retrouve sur l'album les homeboys Suga Free, AMG, Hi C et Mausberg, mais également les improbables Erick Sermon et KAM (« U Ain't Fresh «), Shock G et Money B de Digital Underground (« Do Wutcha Want «). CD'O 2 - À ranger entre Will Smith et 2Pac Dupain L'Usina (Virgin)-11 titres, 58m14s - produit par Dupain - Sortie fin mai 2000 Rock occitan - Originaires du Languedoc-Roussilon les trois Dupain peaufinent une musique entre flamenco et rock ouvrier fait de samples et de vielle à roue. Leur univers construit autour du chant aux accents chaoui, napolitain et gitan doublé de sons futuristes et percussions moyenâgeuses fait un véritable carton à chaque concert. La particularité de ce nouvel album à l'identité forte se trouve dans les 11 textes en occitan rédigés entre 1860 et 1920 par différents auteurs qui témoignent de la situation de la classe ouvrière au siècle dernier. Le mélange des styles musicaux souligne avec force les sentiments de ces hommes révoltés, avec leurs mots à eux, des mots brûlants, toujours d'actualité. Un album moderne qui correspond bien à l'ére du temps. JCM 4 - A ranger entre Hier et Aujourd'hui Bob Dylan The Best Of Volume 2 (Columbia/Sony, 498361) - 19 titres, 95m54s - Produit par divers - Sortie fin mai 2000 Dylan - Après les trois volumes Greatest Hits et en attendant une nouvelle série de compils sous une appellation tout aussi originale, ou une éventuelle anthologie, voici venue le temps des best of. Le système ne change pas : un inédit pour attirer le fan (ici le très bon «Things Have Changed», enregistré en 99 pour la B.O. de Wonder Boys, pas un vrai inédit donc !), une poignée de titres live («Highlands» sur plus de 11 minutes et un superbe «Blowin' In The Wind», tous deux avec un son assez moyen) et, pour le reste, le sempiternel mélange de vieilleries (on commence par «A Hard Rain's A-Gonna Fall» de 63) et de choses plus récentes («Not Dark Yet» présent sur le revigorant Time Out Of Mind), avec quelques classiques obligatoires («Hurricane», «Highway 61 Revisited»...). À grignoter en attendant la venue du monsieur sur les planches (à la rentrée ?) SL 3 - À ranger avec les innombrables autres compils du bonhomme Steve Earle Transcendental Blues (Epic/Sony) - 15 titres, 49m56s - Sortie le 9 juin 2000 CountryBlues Rock transcendental - Steve Earle reste une valeur sûre en ces temps troublés : sens de la mélodie instantanée, genre Andy Partridge avec des bottes en caoutchouc toutes crottées ; une voix râpeuse et gutturale à souhait, style Alice Cooper qui vient de s'acheter un ranch avec deux cent têtes de bétail promises à un avenir funeste dans son restaurant à grillades ; et guitares incendiaires à tous les étages, histoire de pouvoir accueillir tous les Whiskeytown, Two Dollars Guitar, Wilco et autres Straw (quelqu'un connait-il cet excellent groupe passé inapercu ?) blessés de la création... Steve Earle oeuvre dans un registre archi-classique, c'est sûr, mais il le fait tellement bien et il met tant de coeur à l'ouvrage qu'on marche à tous les coups, impossible de ne pas tomber dans la combine et de ne pas attendre la suite, la langue pendante... TS 3,5 - A ranger avec les meilleures pousses de la Country Alternative Eminem The Marshall Mathers LP (Interscope/Universal, 490629) - 17 titres, 72m17s - Produit par Dr. Dre - Sortie mai 2000 Rap 2.0. - Si vous pensez (comme une bonne partie de notre rédaction) que le rap est limité, tant musicalement qu'humainement, vous risquez de devoir sérieusement retourner votre veste à l'écoute de ce monstrueux nouvel album d'Eminem, l'un des rares rappeurs blancs (mais le groupe qui l'accompagne est composé exclusivement d'artistes noirs) à faire son trou, et à juste raison, tant et si bien que si on le laisse jouer avec nos tympans sur ce rythme-là, il aura vite fait d'exploser littéralement, et ce bien au-delà du simple amateur de rap. De vrais mélodies, de vrais musiciens, une production hors pair (Dr. Dre qui s'y colle, son album à lui, sorti fin 99, étant également une petite merveille) et, surtout, des textes qui s'envolent à des années-lumières des habituelles revendications socio-anti-tout, même si à force de taper sur tout le monde, l'Eminem se retrouve régulièrement avec quelques associations sur le dos. Seule réelle faute de goût, mais elle est bien évidemment pardonnable : la photo centrale du livret représentant la bande au complet avec leurs belles dégaines de rappeurs des bacs à sable toutes propres et toutes neuves. Qu'importe, let the music play !... ET 4 - À déranger les (mauvaises) habitudes Marcio Faraco Giranda (Verve/Universal, 543 559-2) - 11 titres - 45m38s Ronde brésilienne - Parfois, il faut attendre des années dans l'ombre, à patienter, peaufiner ce qui ne sera peut-être jamais un disque. Et puis, la chance, le destin ou tout simplement le talent (ici un peu de tout ceci) fait dévier une route et découvrir un grand bonhomme. C'est l'histoire ordinaire de Marcia Faraco, musicien extraordinaire qui a choisi de s'expatrier à Paris pour mieux ressentir ses racines brésiliennes. Un paradoxe habilement digéré pour cet esthète à la voix fragile et aux compositions doucereuses que le public français a pu découvrir lors de l'émission Taratata aux côtés de Chico Buarque (qui lui répond ici en reprenant en duo le superbe «Giranda» qui donne son nom au disque et le débute) ou sur scène en première partie du Trio Esperança. Léger comme l'air de rien et aérien comme tout... DL 4 - À ranger entre Chico Buarque et Joao Gilberto Les fils de Teuhpu La Schneck (Small Axe/Tripsichord) - 11 titres, 52m16s - Produit par les Fils de Teuhpu - Sortie mai 2000 Musique Joviale - Dans un temps pas si éloigné, les orchestres étaient là pour décoincer nos zygomatiques, dynamiter nos préoccupations quotidiennes. Armées d'une section cuivres offensive, les guitares, contrebasse et batterie mènent une lutte sans merci contre l'apathie et les idées noires. Un combat qui ne pourrait se gagner sans des textes qui portent l'uniforme de la dérision. C'est gai, très (un peu trop ?) énergique, on remue du ska, du funk ou du punk, on en prend plein la tête. De la bonne humeur en galette, à prescrire au petit-déjeuner mais à proscrire avant d'aller se coucher. CD'O 3 - À ranger entre Systraia et Skunk French Dub Connection Vol 2 (Echo Beach, 032) - 13 titres, 74m56s - Produit par divers - Disponible Compilation Dub - Avec le développement des musiques électroniques, le dub a gravi une à une les marches de la reconnaissance. Cette musique jamaïcaine des années 70 s'est rapidement imprégné des rythmes digitaux, tout en conservant sa propre identité. Aux côtés d'artistes tels que St Germain ou High Tone, les spécialistes français du genre se sont réunis sur cette compilation pour donner une vue d'ensemble assez juste, mais très jungle, de ce qui se passe actuellement sur le sol hexagonal. Les néophytes découvriront Djins, Lab (avec un remix inédit) ou encore les Improvisators Dub, treize groupes au total. Les connaisseurs s'épargneront des allers-retours fastidieux vers leur platine. CD'O 3 - À ranger entre Zenzile et High Tone Peter Gabriel Ovo (Virgin) - 12 titres, 59' 03s - Produit par PG - Sortie le 13 juin 2000 Synthèse - Support musical du «Millenium Show» de Greenwich, Ovo est, pour son auteur avant tout, un album à part entière. Depuis deux années, Gabriel travaillait de front sur Up, qui devait être son nouvel album et sur cette musique d'un nouveau genre ; il décida de ne se consacrer qu'au deuxième projet. Ovo est un impressionnant résumé des multiples influences du bonhomme : les percussions, d'abord, puis le mélange des sons, du plus primitif au plus industriel, en passant par ce don pop, si l'on peut dire, cette grâce de la mélodie ultime («Downside Up», «Make Tomorrow»). Il n'y chante entièrement que sur un morceau et, sur les autres, ses thèmes musicaux si reconnaissables sont repris par quelques-unes des voix hors-pair du Royaume... (voir interview). Ovo est bel et bien l'album du brassage des cultures musicales, au sens noble et élévateur du terme, que Peter Gabriel construit, patiemment, depuis plus de vingt ans. Le mélange parfait ? MEK 5 - À ranger entre Passion et Us Galactic Cowboys Let It Go (Metal Blade/Musisoft) - 17 titres - 74m02s - Produit par Wally Farkas - Sortie juin 2000 Metal - Sixième album pour ces cowboys d'outre-Rock qui maîtrisent leur art avec brio, élégance et humour. Sans jamais s'éloigner des rivages riffants d'un métal de plus en plus convenu, le trio se joue des habitudes forcément mauvaises d'un genre qui se mord le médiator, en allant en permanence à contre-courant alternatif, de quoi rebrousser la toison de tous les moquette-men à clous. Un esprit expérimental qui cependant ne laisse pas libre cours au débridage forcené, mais reste dans les limites de l'intelligence mélodique, avec toujours un refrain accrocheur pour contrebalancer une ossature déséquilibrée, ou un bon vieux solo des familles pour remettre tout le monde sur le chemin rectiligne d'un rock couillu autant que millimétré. Du bel ouvrage ! DB 3 - À ranger entre convenances et pertinences Gata Negra Cage Of Stars (Telescopic/Scalen - PIC2) - 12 titres, 46m54s - Produit par Al Smith & Norm Fagg - Sortie juin 2000 Road musique torturée - Apparemment, respirer l'air de Perth, charmante bourgade australienne en bord de mer, n'engendre pas les mêmes effets sur tout le monde. The Church, Dirty Three, Gata Negra : ils sont tous de Perth et ils ne se ressemblent pas du tout ! Dans le cas qui nous intéresse, Gata Negra c'est surtout Cat Hope (Cat Power, Cat Hope... ne manque plus que Catwoman pour complèter la collection !), chanteuse/compositeuse qui s'est longtemps produite seule avec sa basse bourrée d'effets et sa voix grave au possible. Elle a été rejointe, pour ce projet, par deux multi-instrumentistes doués, ayant les mêmes influences (en vrac : Portishead, Liza Germano, Low et les musiques de films) et amoureux comme elle d'une certaine vision de la musique telle qu'elle devrait être, à savoir malaxée, destructurée et offrant le maximum de dépaysement possible à l'auditeur déconcerté par tant de richesses insoupconnées et de directions possibles au même moment... TS 3 - A ranger entre le premier Portishead et un Giant Sand des grands jours The Gathering If Then Else (Magic Arts/Edel) - 11 titres, 52m56s - Produit par Attie Bauw - Sortie le 3 Juillet 2000 Pop rock - Dans la grande famille des groupes dans lesquels c'est une fille qui chante, The Gathering s'en sort plutôt bien, loin devant les surmédiatisés et, peut-être bien, surestimés Texas ; il faut dire qu'ils ne cherchent pas à atteindre le sommet des charts à tout prix, quitte à ratisser le plus large possible et c'est sûrement ce petit détail qui fait toute la différence... La Réunion est loin d'en être à son coup d'essai, puisqu'ils se sont fait remarquer voilà déjà cinq ans avec l'album Mandylion, premier disque en compagnie de la charmante chanteuse Anneke Van Giersberg et premier coup au coeur des amoureux/ses de chansons pop-rock finement troussées. Suivront Nighttime Birds, How To Mesure A Planet ? et le live Superheat au début de ce nouveau siècle (enfin, suivant la version officielle) avant d'en arriver à ce If Then Else qui ravira les afficionados du groupe et laissera de marbre tous les Laurent Erre de la planète, rien de nouveau sous le soleil... TS 3 - A ranger entre les Cranberries et Magnapop Bebel Gilberto Tanto Tempo (Crammed Discs/WEA, 8573827912) 11 titres, 41m05s - Produit par Suba - Sortie fin mai 2000 Neo Bossa. - Tanto Tempo... Tant de temps à échapper à la pression d'un succès familiale. Il aura fallu plus de 25 ans à la chanteuse pour enregistrer ce premier album solo, et poursuivre ainsi une tradition dont son père Joao Gilberto et son oncle Chico Buarque sont les principaux acteurs. Sans oublier sa mère à qui Bebel doit sa première apparition sur scène aux côtés de Stan Getz. Durant cette longue période, elle a travaillé avec David Byrne ou collaboré à plusieurs compilations brésiliennes, d'où ce goût prononcé pour les reprises des années soixante signées Gilberto Gil, Buarque, et l'alternance du chant anglais ou portugais. Ajoutons à cela les percussions de Carlinhos Brown et l'intervention de The Thievery Corporation et l'on obtient un disque mêlant tradition et modernisme. LE 4 - À ranger entre Gilberto et Getz Good Rats Cover Of Night (Frontiers/XIIIbis, FRCD O48) - 12 titres, 47m59s - Produit par Brian Mc Gee - sortie mai 2000 Rock & Roll limite hard - Il suffisait d'évoquer, lors d'un précédent Compact, les groupes hard italiens qui nous firent tellement trembler à la fin des années 80 pour se voir refiler deux chroniques du même tonneau ! Remarquez, il semblerait que les formations transalpines aient effectué d'énormes progrès, à en juger par ces Good Rats qui nous proposent un rock lourd, rentre-dedans et garanti sans la moindre prise de tête, just for fun ! Leur anglais ne prête même plus à sourire, de qui allons-nous donc nous moquer, à présent, si les cancres deviennent les premiers de la classe ? Les quelques mesures de piano disséminées sur certains titres (notamment un «Feelin' Good Again» du plus bel effet) ne feront que nous réconcilier encore plus avec ces combos et, avec un peu de chance, on pourra peut-être leur refiler nos Trust nationaux contre leurs Good Rats, qu'en pensez-vous ? TS 3 - A ranger entre Anvil et Chateau Grand Slang Grand Slang (Virgin/Labels, 724384928223) - 11 titres, 49m06s - Produit par City Slang - sortie le 23 mai 2000 Pop en stock - C'est Yo La Tengo qui ouvre la compil du label City Slang, par une version de «From A Motel 6» qui somnolait dans les cartons depuis la sortie de Painful, en 93. Puis, Salaryman poursuit par un extrait de leur second opus où l'electronica et le rock fusionnent, avant de décoller pour Chicago, la ville d'où le collectif Tortoise distille son post-rock. Ici, il s'agit d'un single commercialisé lors de la tournée 98. Toujours au rayon des perles rares, nous retrouvons Calexico plongé dans l'ambiance rock & mariachi d'un titre figurant sur un EP vinyle... Un régal. Ce n'est pas tout, la version instrumentale du remix de «Up With People» de Lambchop tirée elle aussi d'un EP limité s'offre une part du gâteau. Tout comme Larmousse, Wheat et la nouvelle vague allemande To Rococo Rot et Schneider TM. LE 4 - À ranger entre Electro Pop et Rock Peter Green with Nigel Watson Splinter Group Hot Foot Powder (Snapper/Wagram, SMACD828) - 13 titres - 42m56s - Produit par Roger Cotton, Nigel Watson et Peter Green - Sortie mai 2000 Blues - Du delta à la ville, plus qu'un simple come-back à répétition, c'est une réssurection à laquelle nous assistons ! Peter Green qu'on croyait perdu, corps et guitare(s), ne cesse de surprendre, toujours meilleur dans son interptétation et fin dans son toucher. Après un Robert Johnson Songbook encore dans toutes les mémoires, voilà le gros lutin de retour avec, histoire d'enfoncer un peu plus le clou, une nouvelle brochette de covers illuminées et respectueuses (respectables donc) du grand Robert. Pour ce faire, le splinter group est accompagné de quelques pointures dont les noms suffisent à évoquer l'importance de la chose : Dr. John, Buddy Guy, Joe Louis Walker, Otis Rush, Honey Boy Edwards (84 ans !!!) et Hubert Sumlin. Est-il nécessaire d'en dire plus ou bien les connaisseurs sont-ils déjà en train d'exploser tous les comptes-tours de leur moyen de locomotion respectif pour filer jusqu'à leur revendeur préféré ? Hein ? Y'a déjà plus personne de l'autre côté de la feuille de papier. Bon, je me le remets aussi dans mon coin... SL 4 - À ranger entre Fleetwood Mac et Robert Johnson Hardcore Superstar Bad Sneakers And A Pina Colada (Music For Nations/Musisoft, CDMFN256) - 13 titres - 44m48s - Sortie fin mai 2000 Métal-punk - Le nom est bien trouvé et les arguments de l'attachée de presse pour attirer notre attention (fatiguée en cette fin de saison) sur les atoûts régénérants de ce nouveau combo sont sidérants : «Oui, tu verras, le chanteur a un top-look !». Ça ne s'invente pas ! Bon, difficile de juger le méga-cool-groove de son slip kangourou à paillettes, mais question musique, ça vaut déjà le déplacement ! Ces mecs sont tombés dans la grande marmite du métal craspec quand ils étaient petits et c'est festin à chaque repas ! Des riffs graisseux sur fond de rythmique cambouis, avec un chanteur dont la voix laisse supposer qu'il fait définitivement plus attention à sa garde-robe qu'à sa santé. Ça sent (façon de parler) le grand consommateur de l'habituel cocktail whisky, clopes & café (et plus si affinités). Au total, 13 façons différentes de diffuser le même rock bastringue. À une époque où les Smack, Hanoi Rocks et autres Dogs d'Amour semblent avoir totalement disparu de la circulation, c'est plus qu'une bonne nouvelle !...DB 4 - À ranger entre Backsliders (les finlandais, pas les français) et Dogs d'Amour Hechos Contra El Decoro Linea De Fuga (Esan Ozenki, EO174) - 11 titres, 45m02s - Produit par Enzo Rizzo et HDC - Sortie le 21 juin 2000 Hip Hop Ispanomélodique - 95 : Début du collectif à Madrid. 96 : Des musiciens d'Argentine et d'Italie rejoignent HCD. Dans une perspective hip hop, leur musique s'enrichit de résonances ska, acid-jazz, reggae et samba. On serait presque jaloux de cette richesse au coeur d'un mouvement qui semble évoluer partout hors de nos frontières ! Si l'espagnol vous inspire autant que le chinois, chaque titre est traduit en français dans le livret. On peut ainsi apprécier les textes intelligents d'Angel Luis Lara «El Ruso», évoquant la guerre, la mort, l'immigration, tout en finesse : «Je ne dis jamais que ma chanson est une chanson de protestation ; je veux toujours que ce soit elle qui le dise dans le calme de l'après-midi serein, comme dans l'aube froide ou dans la déserte tombée de la nuit». CD'O 3,5 - À ranger entre Sergent Garcia et Rezerv Don Henley Inside Job (WEA) - 13 titres, 70m05s - produit par DH et Stan Lynch - Sortie le 23 mai 2000 Cool rock - Ah ! La voix des Eagles ! Absent des studios depuis presque 12 ans, le monsieur, symbole d'un rock californien devenu presque caricatural (et démodé), tente de prouver que tout n'est pas fini, pour lui et ses amis crooners/compositeurs. Il est, alors, d'autant plus plaisant de conclure qu'il y arrive en grande partie. Certes, il faut attendre le morceau-titre pour vraiment vibrer (plage 7...), le début de l'album étant plus anodin, quoi que sincère et communicatif. À la tête d'une fondation défendant la nature via de multiples supports médiatiques, sir Henley a compris à temps le sens de l'expression «la mort par le show business» et n'entre en studio que lorsqu'il le désire vraiment. Luxe... Calme et volupté de ces nouvelles compos aux signatures diverses, offrant un panorama homogène des inspirations telluriques et éternelles du musicien. MEK 3,5 - À ranger entre Glenn Frey et Bryan Adams David Holmes Bow Down To The Exit Sign (Go Beat/Barclay) - 15 titres, 55m15s - Produit par David Holmes, Phil Mossman, Darren Morris - Sortie début juin 2000 Rock - De Lets Get Killed, il ne reste que les dialogues, sorte d'interlude glissée entre deux délires electro. Pour le reste, le New Yorkais a décidé de revoir sa copie, de continuer son ascension dans le 7e art où il a déjà signé quelques BO. L'expérience ne l'a pas laissé indemne et aujourd'hui il se jette corps et âme dans un concept visant à créer un disque autour d'un scénario dont les répliques intègrent les pistes, tel les scènes d'un long métrage. À ses côtés, Bob Gellespie de Primal Scream produit deux titres, tout comme Jon Spencer attelé à «Bad Thing» une chanson influencée par Dr John. Le résultat fait penser à Neil Young ou Tom Waits, en plus disjoncté. LE 3,5 - À ranger entre Velvet Underground et Jim Jarmush Houellebecq Présence Humaine (Tricatel) - 10titres, 45m00s - produit par Bertrand Burgalat - Sortie mai Chanson française - Bertrand Burgalat fondateur du label Tricatel et Michel Houllebecq, auteur de romans à succés, viennent de concrétiser un projet ambitieux de poésie mise en musique. Burgalat et sa musique au design moderne des années 70 fait partie de ses alchimistes sonores qui nous emménent vers des contrées musicales aux paysages fantasmagoriques où l'imaginaire de chacun peut vagabonder selon ses humeurs et son rythme. A mi-chemin entre un rap mou dicté par une voix qui rappelle Gainsbourg ou Lavilliers, et la bande-son d'un film des 70's composé par le groupe pop Eiffel, cet album ressemble à de longues plages musicales qui voguent au gré de l'instant, comme hors de l'espace et du temps. Présence Humaine va réconcilier les fans de rock expérimental et le public littéraire. JCM 4 - A ranger entre Programme et Schizothrope Iron Maiden Brave New World (EMI, 7243-5-26605) - 10 titres 67m03s - Produit par Kevin Shirley et Steve Harris - Sortie le 9 juin 2000 Heavy-mortel - Après quelques secondes qui laissent planer un léger doute sur le bon équilibre de la production (son sourd de la batterie, basse un peu forte) on rentre finalement dans ce nouvel album de la vierge de fer. Une vierge maintes fois déflorée mais toujours pétillante, avec ces changements de rythme si caractéristiques et ces guitares s'accouplant sans aucune pudeur (trois gratteux, ça commence à se sentir). Malheureusement, Brave New World parait parfois laborieux, presque bâclé pour mieux renaître sur scène (pas de surprise mais gros concert à Bercy le 14 juin dernier). Bref, pas le grand retour attendu, mais une très honnête et logique suite de l'aventure Maiden avec Dickinson. Ces types seraient sans doute réellement possédés par le pas-bô-cornu s'ils étaient capables de faire deux fois Killers et Number Of The Beast dans leur misérable vie ici-bas... DB 3 - À ranger entre Fear Of The Dark et No Prayer For The Dying Jacks Smiles (Fines Lames/Sophiane Productions, FLP003) - 13 titres, 47m27s - Produit par Denis Clavaizolle et Bruno Chabrol - Sortie mai 2000 Pop Frenchie - Les groupes issus de l'hexagone sont de plus en plus doués, semble-t-il : les Jacks viennent juste de naître et ils nous manquent déjà quand on retire leur album de la platine CD forcément poussiéreuse ! Il faut dire que les membres de cette brand new formation ne sont pas les premiers venus : Jacques (Jacks ?) Daumail (guitare/chant) est un dessinateur et chroniqueur de bandes dessinées, Denis Clavaizolle (claviers, guitare, mandoline, choeurs) est l'arrangeur des musiques de Jean-Louis Murat (Rrrrzzzz...) depuis une douzaine d'années et le joli dessin qui orne la pochette est un original de Jean-Pierre Gibrat, bien connu dans la BD ! Les réussites les plus franches sont «Save My Soul», ballade énervée de toute beauté ; «Beside My Smile» et son côté countrysant ; et «Our Last Embers» pour la déchirante romance que cette chanson nous propose... TS 3 - A ranger entre Gamine et Mister Moonlight Joe Jackson Summer In The City (Sony Classical) - 13 titres, 55m06s - Produit par JJ et Sheldon Steiger - Sortie en juin 2000 Another perfect LIVE - N'en déplaise aux grincheux trisomiquement amoureux des «premiers albums only» (dans le cas du Joe, Look Sharp en 79), voilà un artiste qui, à chaque nouvel enregistrement, poursuit un chemin à la fois semé d'embûches et onctueux comme au premier jour !... En 88, JJ sort un premier album live qui, sur 4 faces, retrace six années de tournées sublimes (80-86), essentiellement rock, mais pas seulement. Aujourd'hui, entre un album concept (Heaven & Hell, 97), une symphonie (Symphony n°1, l'année dernière) et la promesse (inquiétante ?) d'un Night & Day II (à la fin de cette année), il nous offre ce très réjouissant live en trio, enregistré dans de petits clubs bondés de NY, l'été 99. Il y retrouvait ses plus fidèles complices, le batteur Gary Burke et le bassiste Graham Maby, pour des versions punchy et légères de «Another World», «Home Town», mais aussi «Eleanor Rigby» ou «For Your Love», magiquement mêlé à «Fools In Love». La voix, magistrale, du compositeur de Portsmouth achève l'émotion constante de ce disque indispensable. MEK 5 - À ranger entre Billy Page et Steely Dan The Jayhawks Smile (Columbia/Sony, 4979712) - 13 titres 53m22s - Produit par Bob Ezrin - Sortie début juin 2000 Rock-folk US - Quelle curieuse idée de la part des Jayhawks que de vouloir, dixit Marc Pearlman himself, «faire un album plus rythmique et donner l'envie aux gens de se trémousser» ! Curieux quand on sait à quel point les pepites contenues dans leurs précédents efforts (surtout sur Tomorrow The Green Grass et Sound Of Lies, les deux plus récents) donnent irrémédiablement envie de taper du pied, de pousser vaguement la chansonnette en accompagnement de cette myriade de mélodies automatiquement mémorisables ; voire, pour les plus inhibés d'entre nous, de se jeter sur les rideaux les plus proches dans un chaos de gargarismes barbares entre le cri de guerre ramonesque et la plainte du Marsupilami en rut. Bref, les Jayhawks n'ont jamais rien eu à se reprocher et, pourtant, ils osent sur certains titres remplacer la formidable osmose qui les caractérisait par des rythmiques-toc qui n'apportent rien et enlèvent même plutôt une partie de ce qui faisait leur charme. Heureusement, cela ne concerne que quelques morceaux («Somewhere In Ohio», «Life Floats By»...) et, finalement, n'altère que très peu la grande qualité de ces nouvelles compositions. À déguster à la Boule Noire le 18 juillet prochain. CG 3,5 - À ranger avec les autres, en léger retrait Michael Katon The Rage Called Rock & Roll (Provogue/MSI, PRD71172) - 47m37s - Produit par Michael Katon - Sortie fin mai 2000 Boogie-rock - Slide furieuse, tempos hirsutes, riffs bulldozer et voix qui ne cesse de rappeler que rage et rock & roll ne font qu'un, comme le souligne fort justement le titre de cet énième album d'un Michael Katon définitivement increvable. Ce mec-là a pactisé avec le diable (on peut d'ailleurs lire sur ses médiators : Michael Katon, Hell, USA !), peu savent ériger de tels murs de reverb avec leur Strat. Et ça dure depuis 1983 !!! Hors des circuits habituels, souvent dans des clubs dont personne n'a jamais entendu parler et que seul notre homme arpente. Et puis, de temps à autre, avec un album-comète qui imperturbablement plonge dans l'essence même d'un boogie-rock communicatif qui donne irrémédiablement envie de se réincarner en kangourou sous acide. Épuisant. et jubilatoire... SL 4 - À ranger entre rock et roll Kerplunk Wicked Joy (Arising Attitude/Addict - ADDO27) - 6 titres, 30m05s - Produit par André Gielen - Disponible Power Metal Core - Enfin de bonnes nouvelles en provenance du front hardcore franchouillard ! Kerplunk affirme de plus en plus sa propre personnalité, après trois démos remarquées en leur temps et 80 concerts en compagnie de Out, Arkangel, Shovel et autres Grimskunk... Le temps du premier (mini) album est venu et le groupe originaire de Besançon s'en tire avec les honneurs : les six compositions enregistrées (enfin, cinq plus le remix du titre «Hardcore Faith», tout un programme !) tiennent parfaitement la route, le son est ENORME et le savoir-faire des musiciens présents n'est vraiment plus à démontrer : ce Wicked Joy est une petite merveille de brutalité canalisée et d'agressions sonores en tous genres, un exemple pour les futures générations d'apprenti-hardcoreux... TS 3 - A ranger entre les défunts Pungy Sticks et un bon vieux D.O.A. B.B. King & Eric Clapton Riding With The King (Reprise/WEA, 9362-47612) - 12 titres 61m21s - Produit par Eric Clapton et Simon Climie - Sortie le 9 juin 2000 Festival blues - À force de se croiser sur scène, sur film (Blues Brothers 2000) ou pour des hommages (Stevie Ray Vaughan), on pouvait rêver (sans grand espoir) à une réunion sur disque de Dieu le père et de B.B. le roi... Et puis, les rêves deviennent parfois de troublantes réalités, comme cette rencontre sublime d'Eric Clapton et B.B. King (qui assure le chant sans partage) pour douze titres incendiaires, parmi lesquels «Riding With The King» donc, de John Hiatt (quand allons-nous saluer à sa juste démesure le talent immense de ce monsieur gigantesque ?) ; «Key To The Highway», le classique de Big Bill Broonzy ; «Three O' Clock Blues», qui lança la carrière de B.B.King dans les années 50 ; «Hold On I'm Coming», l'hymne soul de Sam & Dave, remis au goût du blues pour la circonstance ; ou encore «When My Heart Beats Like A Hammer», sans doute la plus belle ballade écrite par B.B. à ce jour. Rien de composé par Eric Clapton, mais une présence énorme aux côtés de celui qui l'a tant influencé... Un grand moment.SL 4 - À ranger entre B.B. King et Clapton (facile) King Size Wake Up ! (distribué par Scalen) - 17 titres 56m23s - Produit par Peter Deimel - Sortie second semestre 2000 Rock inusable - Ils vénèrent les Thugs, regrettent leur abandon, leur dédicacent un morceau et espèrent bien reprendre à leur compte le flambeau d'un rock cocoricesque qui, s'il n'a pas grand rapport avec le hardcore mélodique des angevins, n'en mérite pas moins votre pleine attention. Les influences avouées du trio King Size, qui signe là son sixième album depuis l'initial More Soul en 1990 (belle résistance aux affres du temps et aux quotas en faveur de la langue française), n'en sont pas moins respectables, même si la plupart de ceux qu'ils citent (Metallica, Sly & The Family Stone, Klaus Schulze ou Abba, pour citer des exemples très extrêmes) n'ont que peu de rapport avec leur melting-pot rock & roll aux légers accents psyché et aux atmosphères définitivement ancrées dans les late seventies. Lester Bangs aurait adoré, pour sûr... DL 3 - Difficile à ranger, mais définitivement dans la famille rock La Talvera Pampaligòssa (Crash, CD25) - 18 titres, 56m50s - Produit par La Talvera - Sortie mai Folklore Occitan - Dans l'esprit de la chanson traditionnelle, La Talvera perpétue l'humour et la gaieté occitane avec ce quatrième album. Céline Ricard chante dans la langue de son pays des textes drôles et incisifs (traduits dans le livret) de sa voix enfantine qui chatouille les oreilles. Un recueil de poèmes supporté par des instruments folkloriques tels que la cornemuse de la Montagne Noire ou le chalumeau joué par le musicologue ethnologue Daniel Loddo, déjà rencontré aux côtés de Claude Sicre avant l'aventure des Fabulous Trobadors en 86. La présence çà et là de samples en provenance directe de la Phocéenne du Dub, la boîte de prod des collègues de Massilia Sound System, font de ce disque un objet intempestif qui séduira les adorateurs de Rabelais. CD'O 3 - À ranger entre excitant et occitan La Trabant Mécanique Musicale (OÏBO/Universal)- 14 titres, 62m31s - produit par Sébastien Libolt et Yannick Jory - Sortie le 5 juin 2000 Chanson française - Voici14 titres aux images poétiques fortes qu'il est urgent de graver sur le support de votre choix et d'écouter les yeux fermés, calé dans un bon fauteuil. Au fur et à mesure que les morceaux défilent le fauteuil devient cette trabant lâchée sur les petites routes de France vous laissant sur une intense sensation de fraicheur et de bonheur mélangé. Mécanique Musicale nous enméne en ballade sur les chemins d'une création sensible et délicate. Tout est douceur, volupté et ressemble à une musique venue des cieux. Le collectif a construit une bande son où viennent se poser piano, saxophone, accordéon, marimba, jouets et voix. La poêsie ne s'explique pas, ne se calcule pas et cet album est un étonnant exercice de style qui va en surprendre plus d'un. JCM 3,5 - A ranger entre Comelade et Tiersen Betty Lavette Souvenirs (Art&Soul/Mélodie, 851012) - 18 titres - 57m24s Soul - Il est assez délirant (disons même consternant) de constater que Betty Lavette et son superbe brin de voix rauque à souhait n'ont jamais rencontré de réel succès en 35 années d'une carrière bien remplie (entre autres sur les labels Atco, Epic et... Motown, et oui !). Ce disque qui compile huit singles et une douzaine de titres enregistrés en 72 pour Atlantic (dont dix étaient restés inédits jusqu'alors, une honte !) permettent donc le meilleur des flash-backs sur la présence très émotionnelle de la Dame, et son timbre puissant et aéré, dans un registre très classique de soul «sudiste» (entendez par là «soul venant du sud des États-Unis»)É SL 3 - À ranger avec les meilleures soul singers de chez Motown Lekuk 40 La Récup' (Cip/MSI, GLQ2000) - 22 titres, 70m41s - Produit par divers - Sortie en juin 2000 Rock Poétikurbain - Non, les poètes ne sont pas morts. Ils ont changé de style pour rester incognito, c'est tout ! En voici d'ailleurs, avec un double album vraiment séduisant. Le premier est acoustique, le quotidien y est passé au crible. Réalisme, humour noir et autodérision sont au rendez-vous. Ce sont de véritables gourmandises pour auditeurs amateurs d'artistes en verve, à écouter seul avec soi-même pour en savourer toutes les nuances textuelles... Le second est électrique et pédagogique. Il permet d'appréhender scratch, mix et autres prouesses techniques comme moyens d'expression en faveur de l'émotion. Pour tous les insensibles à la modernité musicale. À consommer avec exagération ! SG 4 - À ranger entre Michel Houellebecq et Rodolphe Burger Liberator Too Much Of Everything (Burning Heart/PIAS, BHR115) - 11 titres - 38m47s - Produit par Kalle Käks - Sortie le 5 juin 2000 Ska-rock - Les sept mercenaires de Liberator viennent de Malmö en Suède et font partie de la nouvelle scène ska locale, à côté de groupes tels que Chickenpox, Stiff Breeze ou encore les inénarrables Tic Tox, des bons petits vikings biberonnés aux Specials, The Beat et autres Madness, mais qui ouvrent un peu plus leur ska que la plupart de leurs voisins de chambrée. Un peu de tout donc, du reggae, de la pop, mais finalement rien de très extraordinaire au menu de ce Too Much Of Everything qui porte bien mal son nom. En effet, ce troisième album de Liberator se fait essentiellement remarquer par sa pauvreté ambiante, avec pas même 40 minutes à se mettre dans les cages à miel, et rien de bien transcendent qui se dégage d'un lot finalement bien fade...ET 2 - À ranger entre Rocket From The Crypt et Tic Tox Merzhin Pleine Lune (BMG, 74321766442) - 12 titres, 45m08s - Produit par divers - Sortie début juin 2000 Rock celtique humoristique - Avec les six jeunes membres de ce groupe originaire de Landerneau, continuons la lutte : sauvons «Les Nains De Jardin» ! Il y a des priorités dans la vie et pour Merzhin, ce sont les mélodies agréables et dynamiques, accompagnées de textes drôles et gais jouant à l'occasion avec les sonorités. Inscrits dans la lignée déjà bien installée du rock celtique, il n'y a pas de grandes innovations, si ce n'est la réactualisation d'une bombarde (ancêtre du hautbois) qui donne le ton de l'album. Le résultat obtenu est simple mais efficace, on ne se masturbe pas le cerveau, mais le plaisir est au rendez-vous. À déguster plutôt lors de soirée entre amis Korrigans autour d'une bouteille de Chuchen. SG 3 - À ranger entre Billy Ze Kick et Matmatah Midnight Oil The Real Thing (Columbia/Sony) - 14 titres - 62m19s - Produit par divers - Sortie le 10 juillet 2000 Rock - «The Real Thing» qui ouvre les hostilités débute de façon presque anodine, avec ces arpèges lisses, mais l'invitation («come and see the real thing») prend rapidement du relief, avec une instrumentation plus couillue qui renvoie au meilleur du meilleur groupe australien de la catégorie poids moyens (entre les poids lourds Angels et AC/DC et les poids plumes Church ou Died Pretty, le kilo-étalon étant bien sûr le volume sonore dégagé et non la qualité des combos en question) : changements de rythmes, guitares cristallines ou ravagées, gros son mais jamais enflé, des textes très huitième degré ou au contraire définitivement ancrés dans leur époque, et une assurance tous risques d'un bloc de musiciens unis pour le meilleur... et le meilleur ! «Say Your Prayers» et «Spirit Of The Age», deux autres inédits, poursuivent l'exploration d'un univers proche de ce que le groupe faisait au milieu des années 80, et puis c'est au tour d'une bien belle brochette de morceaux live et souvent unplugged de s'enchaîner. Des tubes cousus d'or comme «The Dead Heart» et «Blue Sky Mine» ou des titres moins connus du grand public, et cette faculté (propre à leurs prestations, qu'elles soient à dominante électrique ou acoustique) à faire monter l'intensité au fur et à mesure, ici jusqu'à une triplette de rêve composée de «U.S. Forces» (grandiose !), «Warakurna» (immense !!) et «Truganini» (pharaonesque !!!). Et puis, pour ne pas mourir idiot, un ultime inédit, «The Last Of The Diggers»... Vivement que la bande prenne un peu plus en considération ses fans européens et a fortiori français et viennent nous rendre visite. Depuis leur monumental concert de l'Elysée-Montmartre, ils nous manquent de plus en plus cruellement... CG 5 - À ranger entre vérités vraies Morcheeba Fragments Of Freedom (China Records/WEA) - 12 titres, 44m32s - Produit par Morcheeba - Sortie le 18 juillet 2000 Neo Pop - Apparemment, Morcheeba demeure en perpétuelle mutation et ce, depuis Big Calm, où le combo se frottait aux joies de la programmation. Un million de ventes plus tard, fort d'une tournée mondiale plus que satisfaisante, le groupe revient avec un nouvel opus préparé à la maison. Vu le résultat, on s'interroge sur les effets secondaires engendrés par un équilibre alimentaire riche en Dragibus ; un an de studio équivaut à quelques mois en orbite ! Un voyage spatio-temporel à travers la nébuleuse disco, la planète rap ou funk, dont le passager ressort hébété, les yeux en spirale et le sourire psyché : mais où est passé Morcheeba ? Si le décollage secoue, l'amerrissage en eaux troubles anéantit toute chance de survie. Dommage. LE 2 - À ranger entre 1980 et 2001 Muki Quiet Riot (Mantra/Labels, 724384948627) - 12 titres, 63m09s - Produit par Muki - Sortie le 30 mai 2000 Groovin' - Si le premier titre revisite le célèbre Just A Poke de Sweet Smoke (dans l'esprit) le reste de l'album affiche une nette prédilection pour la fusion jazz/funk matinée d'électronique. Un éclectisme déjà présent dans Cabin Fever, le précédent opus soutenu ardemment par quelques DJs soucieux de conclure leur set en douceur. Aujourd'hui, le duo ne change pas la recette et adjoint à ce cocktail pour nostalgiques des années 80, un soupçon de trip hop, drum & bass ou bossa nova, mêlant instrumentaux et morceaux chantés. Il en émane une atmosphère planante, un parfum estival idéal pour les adeptes du cool toujours à la recherche d'un paysage paisible, hors du temps. LE 3,5 - À ranger entre Brooklin Funk Essential et Fink Nightwish Wishmaster (XIIIbis/M10, 153762) - 11 titres, 53m41s - Produit par Nightwish et Tero Kinnunen - Sortie le 25 mai 2000 Heavy mélodique - À chaque fois, c'est la même salade... On se laisse emporter par les intros flamboyantes de ces nordiques talentueux (ils sont finlandais), toutes guitares dehors, avant de retomber dans le doute sur l'intérêt de la chose dès que la dénommée Tarja se met à chanter. Plus insupportable que la Castafiore et toutes les Esmeralda de la planète réunies, elle transforme de bien agréables brulots heavy en d'atroces souffrances auditives. Pitié, les gars, jetez-là au fond d'oubliettes inconnues de tous et ne faites désormais que des instrumentaux... DB 1 - À ranger entre Stratovarius et Darwoods My Betrothed NOFX Pump Up The Valuum (Epitath/PIAS) - 14 titres, 31m42s - Produit par Fat Mike - Sortie en Août Punk Rock heureux de vivre - Les «Sans Effets Spéciaux» en sont déjà à leur huitième album (enfin, le terme album est peut-être un tantinet exagéré, vu que les disques de NOFX durent de 18 à 32 minutes !) pour le respectable label Epitath et on attend toujours vainement la moindre baisse de régime, le moindre remplissage qui fera dire aux culs serrés : «Ça y est, ce groupe a atteint ses limites et n'a plus d'idées...» ZOB !!! C'est toujours aussi drôle, aussi rapidement mais divinement troussé, c'est toujours garanti 100% sans gras (ce quatuor devrait assurer les pubs de Slim Fast et autres Sveltesse) et c'est toujours une excellente thérapie contre les idées noires. Ecoutez donc des chansons telles que «Clams Have Feelings Too (Actually They Don't)», «Thank God It's Monday», «What's The Matter With Parents Today ?», ou bien encore l'hilarant «Theme From A NOFX Album» et revenez-nous en pleine forme, le moral gonflé à bloc... TS 4 - A ranger entre Punk In Drublic et Heavy Petting Zoo North Mississippi Allstars Shake Hands With Shorty (Blanco Y Negro/WEA) - 10 titres, 54m17s - Produit par Dickinson brothers - Sortie le 30 mai 2000 Delta blues revisité Waouh, la claque ! Les frères Dickinson, fils de Jim, producteur à toute heure (Replacements, Beck, Jon Spencer, Willy DeVille, Lucinda Williams...) et figure de proue d'un certain savoir-faire US, portent décidément bien leur nom ! Une slide extraterrestre, l'art du bottleneck poussé dans ses plus profonds retranchements, des voix dans le ton et juste ce qu'il faut de mandoline et de guitare acoustique pour sucrer cette brochette de reprises, dont trois morceaux de R.L. Burnside (on retrouve d'ailleurs dans la longue liste de guests, outre Alvin Youngblood hart, Jimbo Mathus ou Steve Selvidge, Garry et Cedric Burnside, descendants directs de qui vous savez). Une preuve supplémentaire que le blues et tous ses satellites se portent à merveille... SL 4 - À ranger entre Jim Keltner et Fred McDowell Sinead O' Connor Faith and Courage (Eastwest, 7567-83337-2) - 13 titres, 55m57s - Produit par divers - Sortie le 13 juin 2000 Melting pop(o) - Beau titre, s'il en est... Plutôt difficile de retrouver ici la hargne et le rock énergique (et brillant) de 1987 (The Lion and the Cobra) ou même du deuxième album (90) ; les scandales de tous poils, plus ou moins suscités par la chanteuse elle-même depuis dix ans, auraient-ils bouffé toute la foi et le courage fictivement revendiqués sur ce cinquième cédé ? Profondément déçus (car, en plus, il faut attendre longtemps à chaque fois !), nous comprenons d'autant moins ce que Brian Eno ou Dave Steward (qui co-signe 3 titres parmi les moins insupportables) sont venus produire (avec, aussi, Wyclef Jean !!) dans cette galère en perdition. En 97, le nul et creux ep Gospel Oak (l'inénarrable «Petit Poulet» included) nous avait déjà échaudé. Plus jamais les mélodies magiques et la voix qui fait pleurer, alors ? Dans les Monoprix, ça tourne déjà en boucle... MEK 1 - À ranger entre La leçon de piano et Titanic Pearl Jam Binaural (Epic/Sony, 494590) - 13 titres, 52m06s - Produit par Brendan O'Brien - Sortie le 16 mai 2000 Grungerie - La recette commence à être connue, passée et repassée, usée, délavée, transparente même parfois. Pearl Jam qui fait du Pearl Jam qui faisait du Pearl Jam, etc., les bons coups aussi ont une date limite de conservation et là, ça commence à sentir sérieusement le sapin ! Et quand bien même ça cogne fort, on s'ennuie à la limite du baillement frénétique ! Et la voix toujours aussi chaude -et parfois troublante- de Vedder n'y peut rien. Le groupe se prend les pieds dans le tapis poussiéreux de son auto-suffisance, ne sachant pas faire la différence entre un morceau abouti (où ça ?) et un brouhaha en chantier ; plus personne ne semblant capable de faire le ménage entre mélodies accrocheuses (oui, il y en a, mais trop peu) et remplissage nauséeux (il y en a aussi, beaucoup trop). Au revoir, messieurs, la route en votre compagnie fut souvent bien agréable, mais on va vous laisser faire de l'auto-stop maintenant, parce que quand y'en a marre, y'en a marre !... DB 2 - À ranger entre déja entendu et trop entendu Percubaba Percubaba (FOUTADAWA, 02)- 12 titres, 71m56s - Produit par Percubaba - Disponible Reggae Ragga - Dans la veine très prolifique du reggae français, les groupes sont nombreux. Mais la qualité est là. De la recherche musicale, de l'idée dans les textes, pour une fois que mode ne rime pas avec daube ! Percubaba, question musique, avec le quatuor classique guitare/basse/batterie/claviers, c'est une section cuivres dense et intense, sax, trombone et trompette, et surtout ,comme son nom l'indique, des percus implacables : des congas et des djembés qui font exploser la rythmique. Pour les textes, les voix de Bidou, Dup & Gaston, racontent sur le ton de la désinvolture comment faire pour résister face aux problèmes de la société qui est, comme on le sait, impitoyable, tout en restant zen. Yeah man... CD'O 3 - À ranger entre Sinsemilia et 38 Dub Band Claudia Phillips Personal Legends (Helios/M10) - 11 titres, 47m52s - Produit par Christophe Jacquelin - Disponible Chanson de geste - Vous souvenez-vous de ce hit de la dernière année des 80s, ce «Quel Souci (La Boëtie)» que nous avons tous fredonné ? Hé bien, la charmante voix acidulée qui sussurait ces affriolantes bêtises était celle de Claudia Phillips, oui monsieur ! Ah bon, vous aussi, vous vous en foutez ? Plus sérieusement, mis à part cet organe (la voix, bien sûr, bande d'obsédés) bien exploité et un savoir-faire certain dans l'écriture des chansons, il est assez difficile de porter les couleurs de cet album, vu qu'elles sont plutôt dans le genre grisâtre. Les titres ont une certaine et fâcheuse tendance à se ressembler un peu trop, les orchestrations n'ont rien de bien palpitant et un effet dangeureusement hypnotique se dégage de l'ensemble : définitivement pas le compact à mettre dans le lecteur de la voiture pour une longue route ! Désolé, mais n'est pas «Personal» ou «Legend» qui veut... Reste un titre beaucoup plus intéressant et intriguant que les autres, «Anatomy Of A Family» que ca s'appelle et c'est vraiment très bienÉ TS 1 - À ranger entre une compil des 80s et Fiona Apple Phunky Data 38 (Sekence/Edel, 0070282ERE) - 12 titres, 65m50s - Produit par Phunky Data - sortie le 23 mai 2000 House - Séance de rattrapage pour les grenoblois Kiko et Olivier Raymond. Nous sommes passés à côté de ce pur monument house à sa sortie et il ne fallait sous aucun prétexte laisser s'échapper une fois de plus, l'occasion de rendre hommage aux deux Français. D'ailleurs, nous ne sommes pas les seuls à nous intéresser au phénomène puisque les habitués de FG s'en prennent plein les oreillettes avec le single «Hard Night», diffusé à longueur de journée. Bon, d'accord, le tout sent le clubbing estival, mais peu importe, l'arrivée de ce deuxième albums conforte le duo dans son entreprise groovy, teintée funky. LE 4 - À ranger entre Kojak et Jeff Mils POOKA Monday Mourning (Telescopic/Scalen, PIC1) - 5 titres, 20m - Produit par Joe Leach - Sortie mai 2000 Folk Rock Acoustique - Retour des deux charmantes demoiselles irlandaises de Pooka, auteurs (auteuses ? autrices ?) d'un réussi Spinning (bien qu'il ne s'agisse là nullement de leur premier disque, elles avaient enregistré le prometteur Pooka en 94) voilà trois ans, album qui leur attira les faveurs des Levellers, d'Everything But The Girl, de Rob Ellis (batteur de PJ Harvey) et... des Inrockuptibles, on peut tomber plus mal ! Ce Monday Mourning n'est qu'un apéritif, à la limite un hors-d'oeuvre, destiné à faire patienter (jusqu'à la sortie du plat de résistance + fromage + dessert, tout ceci étant prévu pour cette riante année 2000) les personnes étant tombées sous le charme de leurs voix acidulées, de leurs mélodies entêtantes et de leurs guitares 100 % en bois naturel ; des personnes de bon goût et aux choix sûrs, quoi... C'est beau, c'est triste, c'est cristallin, c'est éthéré et on ne peut plus additif... Alors gare ! TS 3,5 - À ranger entre September 67 et Lori Carson Ian Pooley Since Then (V2) - 12 titres, 75m42s - Produit par Ian Pooley - Sortie le 16 aôut 2000 House - Changement de décor pour le teuton, Meridian figurera toujours parmi les surprises house de 98, mais Since Then annonce un passage à la vitesse supérieure. Il n'est plus question des mélodies entêtantes qui ont fait le succès du sublime «What's Your Number», mais de savoir-faire, voire d'une réelle passion pour la deep house, délicatement susurrée ça et là par des chanteuses portugaises. Du Brésil aux vibes de Detroit, il n'y a qu'un pas, comme en témoigne ce single très ‘'clubbing'' «900 Degrees» incarnant une technique mise au service de Daft Punk, Dee-Lite ou The Cardigans, le temps d'un remix. Une reconnaissance qui ne fait que marquer le début d'une nouvelle référence house. LE 4 - À ranger entre Germanique et Baléarique The popes Holloway Boulevard (Snapper/Wagram, 3056562) - 16 titres - 54m10s - Produit par Sarge & The Popes - Sortie mai 2000 Irish toffee - Ces mecs-là sont l'incarnation vivante de la musique irlandaise moderne dans tout ce qu'elle peut avoir de vivace, de respectueuse (on ne s'éloigne jamais beaucoup de l'ambiance des pubs et de son folklore), de solide (pour la sortie de l'album, le groupe a invité son public à un marathon, en enchaînant six concerts d'une heure chacun dans six pubs différents, sur Holloway Boulevard, rue londonienne qui donne son titre à l'album, yipee !) et aussi d'ouverte (par exemple sur le titre «Vaya Con Dios» et son folklore mexicain teinté de bière brûne -ce qui ne gâche rien). Les Popes, groupe articulé autour du guitariste des Pogues (Paul McGuiness, qui assure aussi le chant), créé pour épauler (c'est le cas de le dire !) Shane Mac Gowan (qui a composé, chanté et produit un morceau, «Chino's Place») sur l'album The Snake en 94, puis sur scène, vole aujourd'hui de ses propres rengaines et propose ainsi le meilleur de la culture irlandaise dans son versant rock. SL 3 - À ranger à la suite des Pogues Posh Innocent (Coffee/Conco | ||||||||||