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COMPACT #4 - Juin 2000 |
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A-Ha Minor Earth Major Sky (Warner, 857382183) - 13 titres, 58m36s - Produit par Boogieman et Roland Spremberg -Sortie Mai 2000 Pop. Années 80, suiteÉ le retour de A-Ha est aussi inattendu que sympathique.Trousseurs d'une grosse dizaine de hits mondiaux
de pop propre ("Take On Me", le premier en 86, reste sans doute le mieux gravé dans nos mémoires), le trio a su s'éclipser quelques
années, le temps qu'arrive l'inévitable vague mode des 80s qui nous assaille depuis un moment. Force est de reconnaître que le feeling
est toujours là. Les mélodies sont belles et les arrangements plutôt fins et variés. On se dit alors que la musique de A-Ha était sans
doute plus originale qu'on ne voulait bien le concéder à l'époque. Une galette soyeuse et charmeuse. Bon esprit ! MEK
3,5 - À ranger entre Duran Duran et Talk Talk Abdy Galbi (V2 music France, VVR10112492P) -11 titres, 42m54s - Produit par Safy Boutella - Sortie le 23 mai 2000 Raï - Premier opus d'Abdy, jeune auteur compositeur d'origine marocaine, Galbi n'en est pas moins étonnant de maturité. Arrangé par Safy Boutella, à qui l'on doit le meilleur de Khaled, Galbi est imprégné d'influences diverses, des harmonies occidentales se mélange au chaâbi, quelques touches de reggae et de soul agrémente cet album épicé que l'on ne peut que vous recommander. N & D S-D 3 - À ranger entre Khaled et Seba The Almighty (Sanctuary/NTS, SANC003CD ) - 13 titres, 44m55s - Produit par Ronan Mac Hugh and The Almighty - Sortie le 9 juin 2000 Heavy Exemplaire. The Almighty, souvenez-vous, fut au début des années 90 l'un des plus grands espoirs de la scène heavy british. Chacun aurait parié sa dernière enclume que ce groupe écossais -forcément inspiré- et son rouquin tatoué de leader, le suprême irlandais Ricky Warwick, seraient une des merveilles à venir de la scène métallique. Mais le bizness tout puissant -lui aussi- décida au même moment que le heavy était dépassé, qu'il fallait rapper, grunger, dancer ou crever. The Almighty a refusé de mourir, et Iron Maiden a voulu le remettre à flot, en l'emmenant notamment en tournée ce printemps. Ne loupez pas l'occasion de redécouvrir, comme sur ce disque, ce que le heavy metal peut avoir d'invincible quand il est exemplaire. Avec ces riffs taillés au coupe-ras, et cette voix profonde et viscérale qui ferait se damner un sous-diacre. Le Tout-Puissant n'a rien perdu de sa foudre. HP 4 - À ranger entre Motörhead et Blue Oyster Cult Keren Ann La Biographie de Luka Philipsen (EMI) - 13 titres, 46m37s - Produit par Benjamin Biolay et Lionel Gaillardin - Sortie mai 2000 Douce pop. Nouvelle venue dans le paysage sonore français, la jeune fille a voyagé. D'Israël, elle est ensuite allée aux États-Unis, en Hollande et, aujourd'hui, à Paris. Ce parcours donne un disque aux ambiances réellement internationales, évoquant ici Portishead, là Françoise Hardy, ailleursÉ Beth Orton. Très dépouillée, sa musique est essentiellement acoustique, quelques délicats arpèges de guitare accompagnant une voix précise, discrète et très présente à la fois. De la chanson à (joli) texte, pour sûr, parfois soutenue par quelques cordes ou instruments organiques mis en place par l'alter ego B. Biolay, subtil arrangeur devant l'éternelle (jeunesse)É Ritournelles aux contours faussement cajoleurs et impressions de vie(s) hautes en couleurs ! MEK 4 - À ranger entre Jill Caplan et Véro Ségo Apple Jelly Radio B Quatre Vingt Douze (Auto-production) - 7 titres, 27m25s Cold Wave Renaissante. La Gelée de Pommes fait partie de ce courant qui se précise de jour en jour et qui tente de faire revivre, non pas chimiquement et en laboratoire, mais bien d'une manière beaucoup plus enthousiasmante les premiers Cure, Killing Joke et autres Joy Division. Ils ont déjà sorti un album voici deux ans, le ténébreux mais passionnant The Lemon Of Lady Lurch (dont on retenait surtout deux titres : un "War" ne devant rien à U2 et un "Castaway" halluciné) et ils récidivent en nous proposant, ce coup-ci, un 7 titres entièrement maîtrisé, notamment lors d'un "Pop Star 5" torturé à souhait, un "World Awake" dont les guitares sont plus tranchantes qu'un rasoir bien aiguisé, un "Holy Thursday" beau et triste à en pleurer et un "Revolution" (aucun rapport avec les Scarabées, sauf peut-être pour la déstructuration savamment orchestrée) bien barré quand même : bribes de discours, bruits étranges non identifiables, psychotropes en tous genres, rythmes minimalistes, changements de cap incessants ; au final, six minutes dont on ressort complètement étourdi et clignant des yeux face aux feux du soleilÉ TS 4 - À ranger entre Closer et Seventeen Seconds Ayreon Universal Migrator (NTS/Wagram) - 2 CDs, 20 titres, 135m48s - Produit par Arjen Lucassen - Sortie le 26 mai 2000 Opéra Cosmique. Arjen Lucassen, le petit génie batave, s'est spécialisé dans l'opéra rock avec le projet Ayreon qui, sur des concepts savants, invite les gosiers d'une foultitude de chanteurs plus ou moins connus à interpréter les divers rôles du livret. Il a ici réalisé son magnum opus, d'ailleurs moins heavy que les premières oeuvres, avec cette imposante fresque cosmique en deux CDs, qui doit beaucoup, et même plus, à Pink Floyd et Hawkwind, mais qui n'égale ni l'un ni l'autre. Si l'on ignore ces deux références, on peut se laisser avoir par la belle mise en forme et les ambiances électroniques de ce vaste epic, mais il faut reconnaître qu'ici l'ambition du Hollandais a dépassé son talent, certes notable, mais pas si exceptionnel. La ribambelle de guest stars peut quand même impressionner. HP 3 - À ranger entre Pink Floyd et Hawkwind Babybird Bugged (Roadrunner/Sony) - 10 titres, 45m05s - Produit par Stephen Jones, Matt Hay & Luke Scott - Sortie Juin 2000 Pop Rock Miraculeuse. Comme d'habitude, pourrait-on ajouter, tant est grande l'habileté dont fait preuve Stephen Jones/Babybird quand il s'agit de composer quelques titres vite fait sur le gaz. Dépêchons-nous un peu, bordel de merde, le prochain album est programmé pour dans trois petits mois ! Ce type-là possède ce que les croyants et autres psychologiquement faibles appellent un don de Dieu. Ce petit quelque chose qui fait qu'il ne sera jamais tout à fait comme les autres et surtout pas comme l'immense majorité des songwriters, ceux à qui il faut au minimum deux semaines pleines et le noir absolu pour accoucher d'un semblant de bout de chanson ! Pour Bugged, Baby Stephen a désiré élargir non pas le cercle de ses amis, comme disait l'inimitable Sacha Guitry, mais bel et bien son champ d'action. Ce qui fait que ce, déjà, huitième album (et encore avons-nous renoncé à comptabiliser les singles depuis longtemps) ne sonne pas exactement comme ses frères aînés. Quelques incursions en territoire ennemi rap/techno/electro se font entendre de temps à autre mais bon, rien de méchant, hein, nous restons tout de même entre gentlemen adorateurs de XTCÉ TS 3,5 - À ranger entre I Was Born A Man et There's Something Goin' On Robert Belfour What's Wrong With You ? (Fat Possum/PIAS, 0336) - 9 titres, 41m34s - Produit par Matthew Johnson et Bruce Watson - Sortie le 8 Mai 2000 Vintage Blues. Robert Belfour ressemble à sa musique burinée, hors d'âge, simple et rugueuseÉ On n'est pas loin de ce que jouaient les bluesmen du Mississippi (où est né notre homme, en 1940) dans les années 20 et 30. Pas loin non plus de la grande tradition du country-blues tel qu'il était interprété -et l'est encore de temps à autre, la preuve !- par les noirs qui travaillaient dans les fermes. C'est d'une pureté déconcertante, d'un dépouillement qui frise le recueillement et l'on ne peut s'empêcher de vibrer à chacune des incantations de cet homme qui, bien que vivant à Memphis depuis plus de 40 ans n'en demeure pas moins enraciné au coeur du delta du Mississippi et de la musique qui y a pris sa source et qui continuera de résonner chez de nombreux artistes, ad vitam eternamÉ DL 3 - À ranger entre R.L.Burnside et Charlie Feathers Belle & Sebastian Fold Your Hands Child, You Walk Like A Peasant (Jeepster/PIAS) - 11 titres, 40m34s - Sortie le O5 juin 2000 Pop Ethérée. Belle Et Sébastien, quel nom ridicule quand même, presque autant que le feuilleton à trois francs avec l'ineffable Mehdi (qui, bien plus tard, opéra un surprenant et magistral retour de carrière en acceptant l'un des rôles-clef de l'hallucinante et flamboyante saga Cap Des Pins). Apparemment cela traumatisa Stuart Murdoch, Stevie Jackson, Chris Geddes et Isobel Campbell. Au point de baptiser ainsi la formation qui allait les conduire, lentement mais sûrement, sur le chemin étoilé de la reconnaissance publique et de l'agréable vente massive de petites rondelles argentéesÉ Heureusement pour eux, leur musique est touchante, de manière naïve mais tellement prenante qu'on en arrive à oublier le côté scolaire de leurs ritournelles, pour se concentrer sur leur vision peu orthodoxe de la PopÉ Définitivement un groupe à découvrir et, sûrement, à déguster sur placeÉ TS 3 - À ranger entre If You're Feelin' Sinister et The Boy With The Arab Strap Ben's Symphonic Orchestra Junk Shop (Microbe, micuk003) - 12 titres, 48m48s - Produit par Ben & away Team - Sortie le 29 mai 2000 Pop. Né de l'imagination fertile d'un Parisien, ce Junk Shop se dévore sans faim, se picole jusqu'à plus soif. Ce garçon a une approche ludique, une vision festive de la pop. D'ailleurs, ces compositions marquent l'arrivée d'un jeune loup dont l'appétit laissera probablement des séquelles dans le paysage français. Voilà tout le mal que l'on peut lui souhaiter, lui qui a compris que la mixité fait recette, que l'adjonction de xylo, flûte ou boîte à rythmes dans le breuvage habituellement british, s'il est parfaitement dosé, séduit immédiatement. L'année dernière, dans le même esprit mais d'un registre différent, 1000 Clowns avait réussi à surprendre les médias, tout en récoltant un succès modeste. Si les problèmes de distribution n'entravent pas la diffusion de cet opus, Ben pourrait bien être la découverte de ce début d'année. LE 4 - À ranger entre Quickspace et Pavement Bingo Bill Orchestra Moustaches (Noise Product Records/Tripsichord NPS OO34) - 15 titres, 47m25s - Produit par Noise Product et Le Saumon Bleu Sortie avril 2000 Télescopage Chanson Française/Rock. On trouve de tout, ces derniers temps, dans le Paysage Audio-Rock Francophone et ce ne sont pas ces superbes Moustaches qui viendront prouver le contraire ! Le Bingo Bill Orchestra existe depuis maintenant cinq bonnes années, ils ont commis un premier méfait en 98 (qui répondait au nom rigolo de Les Voisins Dînent La Fenêtre Ouverte) et voilà qu'ils récidivent en flanquant un violent et efficace coup de pied dans la fourmilière de la compassion et du désespoir sonore tellement en vogue de nos jours qu'on se sent obligé de pleurerÉ Quelques extraits de chansons pour faire plus ample connaissance : "Et je funk et je rave, je ne connais pas mes limites, je suis supertonic". Ou bien encore : "J'ai bien essayé de marcher comme un crabe de côté, au bord des galets/rochers, oh maisÉ Rien n'y fait !" Amusant, non ? Et encore, vous n'avez rien entendu . TS 3 - À ranger entre Michel Polnareff et Palace Brothers Blaze Silicon Messiah (SPV/Musisoft) - 10 titres, 51m52s - Sortie fin Mai 2000 Virage post-Iron Maiden bien négocié. Blaze Bailey revient de loin, les petits loups, de très loin même ; mais il est enfin de retour, pétillant d'idées et en pleine forme, prêt à casser la gueule au premier journaliste qui osera affirmer que son disque n'est pas terrible, ou bien ressemble un peu trop à un album de la Vierge De Fer (les rock critics sont tellement mesquins)É Au lieu de bêtement reformer son Wolfsbane d'antan, Mr Bailey a choisi la difficulté et a pris le risque de devenir le frontman d'une toute nouvelle formation, quitte à essuyer les plâtres et à repartir de zéro, attitude courageuse s'il en est. De bien belles choses au menu de ce Messie Siliconé (il ne parle quand même pas de Pamela Anderson, il n'aurait jamais osé !). Deux épopées dépassant chacune les sept minutes et baptisées respectivement "The Hunger" (furieusement exalté) et "Stare At The Sun" (plus calme et également plus intéressant), deux ou trois douceurs ("Identity", "The Brave" et, dans une moindre mesure, "The Launch"). Un savoir-faire jamais pris en défaut, une bien belle machine qui tourne sans le moindre cahotementÉ TS 4 - À ranger entre Virtual XI et le prochain album de Blaze Blonde Redhead Melody Of Certain Damaged Lemons (Touch & Go/PIAS, TG216CD) - 11 titres, 39m30s - Produit par Guy Picciotto et Ryan Hadlock - Sortie avril 2000 Pop-indie. Y'a de l'idée et ça saute aux oreilles, même si la production reste relativement plate comparativement au feu d'artifices des arrangements et autres enchevêtrements d'instruments. Toutefois, Blonde Redhead réussit à conserver intact la pureté de ses mélodies, l'apparente complexité de ses morceaux demeurant un véhicule aux émotions et non un étalage gratuit et sans vie. Reste la voix de la blonde aux cheveux rouges en question, vite lassante sur les titres les plus doux, mais rappelant parfois les Pixies lors des passages les plus énervés ("Melody Of Certain Three" par exemple). Au total, un groupe qui, s'appuyant sur la boulimie créatrice de ses copains indies, applique les bonnes vieilles recettes pop et poursuit sa recherche du mouvement perpétuel sans jamais (se et nous) lasser. Une expédition à la recherche du Graal post modern pop non vaine où, une fois la première écoute passée, les chansons n'en prennent que plus de valeur encore. À suivre de très prèsÉ ET 3,5 - À ranger entre Fugazi et Stereolab Blue Blue Nights (Discipline/MSI, DGM002) - 2 CDs, 15 titres, 106m55s - Produit par Tony Levin - Sortie début avril 2000 Rock Expert&Mental. Blue, c'est le groupe expérimental fondé par Bill Bruford et Tony Levin, avec le guitariste David Torn et le trompettiste Chris Botti. Dans ce double live, les deux ex-Crimson tentent d'approfondir encore leur démarche innovatrice en faisant exploser les limites de genre, mélangeant le jazz, le rock d'avant-garde et la musique atmosphérique européenne. Par bien des aspects, ce groupe ressemble à une sorte de laboratoire musical où l'on tente froidement les expériences les plus osées. On n'y trouve pas toujours ce que l'on cherche, évidemment, et ces disques alternent de longues phases stériles d'aventure instrumentale et, quand même, de prodigieux moments où le quatuor se trouve et vous emmène alors très haut dans l'au-delà des sons. Ceux qui détestent la trompette solo ou les improvisations scabreuses feraient mieux de s'abstenir. Pour public averti seulement. HP 2,5 - À ranger entre Miles Davis et King Crimson Bon Jovi Crush (Mercury/Universal) - 13 titres, 64m19s - Produit par Luke Ebbin, Jon Bon Jovi et Richie Sambora - Sortie le 9 Juin 2000 Rock FM. Après un intermède personnalisé vraiment réussi, mais qui n'aura -comme toute aventure solo- pas atteint les scores de vente de son groupe, Bon Jovi (l'homme) revient dans Bon Jovi(le groupe), avec un disque sans surprise. C'est-à-dire comportant autant de hits potentiels que de chansons. C'est propre (parfois trop comme sur "Thank You For Loving Me" dont les violons sont vraiment too much !) et les guitares souvent imberbes de Sambora, qui par ailleurs est un excellent technicien, peuvent faire sourire, mais dans l'ensemble, ça coule tout seul. Les midinettes vont adorer, les ex-midinettes aussi, ça leur rappellera l'époque des quelques bourrelets de moins et des concerts humides à implorer le Dieu Jon. Comme tous ceux pour qui une mélodie efficace et une belle voix font oublier la mièvrerie de textes dénués du moindre intérêt et les dorures de production qui, à force de briller, risquent de faire toc. Si Jon Bon Jovi n'était pas beau gosse, sûr qu'il se ferait autant allumer que Klaus Meine (Scorpions) qui, musicalement, s'est laissé aller au même enchaînement de sloves (comprenez slows pour amoureux potentiels). Bref, un exercice de funambule réussi de justesse ! Pas thétique, mais pas loin non plusÉ SL 3 - À ranger entre too much class et too much tout court Lori Carson Stars (Restless/Caroline, 74321732312) - 10 titres, 39m58s - Produit par Layng Martine III et Lori Carson - Sortie fin avril 2000 Folk Rock Intimiste. Nouvel album pour la belle Lori Carson et nouvelle évasion dans un monde calme et pacifié qui n'appartient décidément qu'à elle. L'une des chansons enregistrées a pour nom "Take Your Time" et c'est exactement ce qu'il faut faire : prendre son temps, bien écouter ce disque une bonne demi-douzaine de fois à la suite, tel un antique Microdisney ; ne pas hésiter à accompagner l'imprégnation et la macération d'un verre de votre alcool favori, même si c'est l'affreuse prune du grand-père qui en est d'ailleurs mort ; bien s'installer dans l'unique fauteuil (celui dans lequel vous regardiez "Cap Des Pins" fera parfaitement l'affaire) que les Chats ont daigné ne pas griffer ou honorer de quelques phéromones ; et se concentrer à fond, encore plus que pour essayer de trouver le moindre intérêt à un film de Claude Lelouch. Bien se concentrer donc pour apprécier à sa pleine mesure la musique divinement et étrangement jubilatoire de Lori CarsonÉ TS 3 - À ranger entre Cat Power et Rhoda Davis Mason Casey Reefer Smokin' Man (Dxiefrog/Night & Day) - 13 titres, 50m38s - Produit par Popa Chubby - Sortie juin 2000 Le Blues de l'Homme à l'harmonica. Dernière découverte en date de l'infatigable Popa Chubby, Mason Casey est pourtant loin du jeunot débutant qu'on pourrait supposer : il fait pleurer son harmonica dans tous les clubs de New York ayant résisté à la démolition depuis plus de sept ans, il faisait auparavant partie intégrante des mythiques Red Devils et on peut supposer qu'en remontant encore plus dans le temps, on le trouvera soufflant à s'en faire éclater les poumons dans un harmonica en plastique ! Ses copains ont pour nom Gashouse Dave, Big Ed Sullivan et Popa Chubby, son jeu est puissant et prenant, sa voix agréablement gutturale et ses compositions valent largement celles de n'importe qui d'autre dans le même style Blues Urbain en provenance directe de La Grosse Pomme. Dans ces conditions, pourquoi diable bouderions-nous un plaisir certes simple mais plus requinquant que deux flacons entiers de Tranxene ou de Temesta ? Si vous ne voulez pas être dépendant tout de suite, mettez-vous juste la chanson "Slow Down" tous les matins au petit déjeuner : d'ici quinze jours maximum, vous dévorerez vos tartines recouvertes d'une tonne de beurre avec entrain et la vie de bureau vous semblera génialissime !ÉTS 4 - À ranger entre Muddy Waters et AC/DC (c'est Popa qui le dit !) Bob Catley Legends (Frontiers/XIIIbis, FRCD038) - 10 titres, 56m16s - Produit par Gary Hughes - Sortie Mai 2000 Hard FM. Il n'est jamais très drôle de constater que, pour se raccrocher aux wagons d'un train plus vraiment en marche mais toutefois déjà loin, certains musiciens ou vocalistes qu'on a jadis aimé/adoré/adulé (selon) s'auto-parodient sans même s'en rendre compte. Ainsi, dans le cas présent, Bob Calley qui fut le chanteur émérite des géniaux Magnum, groupe totalement en marge d'un hard-rock FM alors en vogue, se voit obligé de ressortir la panoplie qui avait fait notre plaisir, à savoir des titres bien charpentés aux multiples rebondissements, une imagerie très heroïc-fantasy (Rodney Matthews, célèbre maître à dessiner, assura plusieurs de leurs pochettes) et des textes d'inspirations héroïques (ici, en partie inspirés de L'Odyssée, de Phantom Of The Paradise ou d'Iliad). Malheureusement, on n'y croit guère, sans trop savoir si nos goûts ont changé (parce que forcément c'est terriblement daté), si on fait une overdose de choeurs sirupeux ou si la simple vision de ce vieux monsieur qui tente désespérément de cacher les affres du temps derrière trois couches de fond de teint vient anéantir le peu de crédibilité qu'on lui accordait encore. Reste la voix, immuable, et certaines mélodies qui filent des frissons comme à la grande époque des Kingdom Of Madness et autres On A Storytellers NightÉ DL 2,5 - À ranger entre Magnum et "He's Back" d'Alice Cooper The Crow Salvation (Koch/Edel, 0070362ERE) - 16 titres, 71m24s - Produit par Jeff Most - Sortie Mai 2000 Métal & co. Parallèlement à la musique composée par Marco Beltrami pour le troisième volet de The Crow (sur nos écrans cet été) paraît la compil obligatoire désormais associée à tout film qui se respecte. On y retrouve quelques habitués de la "série" (Rob Zombie par exemple) mais aussi une bonne partie de la scène néo-Métal ou brancho-brutal, de Hole (la plus grande escroquerie du rock & roll au féminin ?) à Pitchshifter, en passant par les Infidels (avec Juliette Lewis en guest, et oui !), Filter (trop courte introduction), Static X (avec Burton Bell de Fear Factory), Monster Magnet (toujours aussi génial), Kid Rock (sans intérêt), Sin, Days Of The New (assez décevant) ou encore Stabbing Westward (un remix de "Waking Up Beside You". En bonus un beau livret-posterÉ DB 3 - À ranger entre White Zombie et Danzig Étienne Daho Corps & Armes (Virgin, 72438492012) - 11 titres, 58m14s - Produit par Daho et les Valentins - Sortie le 18 avril 2000 Pop-Prout. Chance à répétition ou total hasard ? On ne sait pas trop, mais force est de reconnaître que Daho a réussi le tour de force de construire une carrière fort respectable sur du vent. Le monsieur n'est pas vraiment talentueux, il n'a rien inventé et se contente de brasser de l'air (de rien), sa voix miaule à l'infini des textes généralement roucoulants et niaiseux au possible et son seul don semble de savoir s'entourer de gens dont l'utilité est pour le moins discutable (Jérôme Soligny pour ne citer que l'exemple le plus hilarant de cette cuvée 2000) ou d'anéantir les qualités des rares doués qui croisent son chemin (ici, les Valentins, qu'on préfère très largement entendre avec Bashung ou même sous leur propre nom, quand on les laisse faire un disque). Au total, une rondelle branchouille, sans saveur ni relief et aussi vite oubliée qu'écoutéeÉ TS 1 - À ranger entre auto-suffisance et Ed, l'épicier The Dandy Warhols 13 Tales From The Urban Bohemia (Capitol/EMI) - 13 titres, 56m12s - Produit par Courtney Taylor-Taylor & Gregg Williams - Sortie le 13 Juin 2000 Rock Psychédélique Divinement Inspiré. Troisième album des scandaleusement sous-estimés Dandy Warhols et toujours cette musique obsédante qui possède la qualité rare de pouvoir être prise en cours de route. Vous pouvez écouter n'importe quel morceau, il vous happera et vous enchantera, nul besoin de commencer par le premier pour vous faire une idée claire et précise de ce qui vous attendÉ Au menu, une multitude d'instruments, dont une cithare -les Dandy Warhols aiment beaucoup la cithare- et une guitare slide dont les soli ornent magnifiquement le morceau "Country Leaver". Des textes très inspirés, qui d'autre que les Dandys pourraient se permettre de composer une chanson sur Nietzsche, dites ? Des arrangements (tous les morceaux s'entremêlent et se mélangent sans la moindre honte) et de petites trouvailles sonores qui vous feront passer une petite heure magique ! Un pur chef-d'oeuvreÉ TS 5 - À ranger entre Dandys Rule Okay et The Dandy Warhols Come Down Digital Bled Caravana (SAINT GEORGE/SONY) -13 titres, 62m20s - Produit par Joäo Pedro Veloso Dub Electro Oriental. Caravana est un voyage initiatique peuplé d'ambiances orientales et africaines, tout en gardant une sonorité très urbaine. Melting pot de tout ce que la musique actuelle peut contenir d'originalité, on y croise Youcef et Aziz de l'Orchestre National de Barbès, un saxophoniste brésilien, un bassiste antillais et bien d'autres, le tout emmené par DJ Pedro qui lui est portugais. Ce mélange de racines donne un album envoûtant et étrange qui pourra déranger certains, mais tout le monde sait que lorsque les chiens aboient, la caravane passeÉNDSD 3,5 - À ranger entre désert et oasis Dirty Three Whatever You Love, You Are (Bella Union/Naive, NV3551) - 6 titres, 48m19s - Produit par Dirty Three - Sortie le 16 Mai 2000 Hypnotisme. Difficile d'appréhender la musique de Dirty Three, trio australien composé de Warren Ellis (membre des Bad Seeds), de Mick Turner (vu avec Cat Power et parfois Nick Cave) et de Jim White (rien à voir avec le compositeur américain illuminé, mais remarqué également avec Cat Power ou encore Tren Brothers). De longues chahuteries instrumentales aux confins de mélodies d'une profondeur presque maladive, qui ont de quoi filer des idées de suicide aux plus fragiles. Ces curieuses altercations entre violon, guitare et batterie surprennent d'abord, puis émerveillent un temps quand on arrive à s'y plonger, pour finalement lasser, pour cause de trop grande introversion plananteÉ ET 2 - À ranger entre morbide et passionné Duran Duran Pop Trash (Hollywood Records/Edel) - 12 titres, 44m24s - Produit par DD - Sortie le 6 juin 2000 Pop. Oui, c'est un plaisir de chroniquer le nouveau Duran Duran ! D'une part pour confirmer, si besoin était, l'ouverture d'esprit inouïe de l'équipe de Compact ; d'autre part pour rappeler la vérité, à savoir que les Duran ne "reviennent" pas des 80s, mais ont régulièrement sorti des disques depuis plus de 20 ans ; et, enfin, pour en dire plutôt du bien, de ce Pop Trash. Méprisés/ignorés par l'essentiel de la vilaine critique totalitaire rock, depuis le début, pour cause de, citons au hasard, "nullité absolue", Simon le Bon et Nick Rhodes offrent pourtant, contre vents odorants et marées de snobisme musical, une collection de chansons douces, très honnêtes et accrocheuses. Ils font partie de ces groupes suffisamment doués pour garder, au fil des ans, un son, un style et une envie de les suivre. Ce que nous faisonsÉ MEK 3,5 - À ranger entreÉ tiens, pas facileÉ Mike Eldred Trio Mike Eldred Trio (New Risin' Blues/Virgin) - 12 titres, 55m01s - Produit par Eldred - Sortie le 6 juin 2000 Boogie blues. D'entrée, le shuffle d'Eldred annonce la couleur, l'album est sacrément rock & roll. Pour cause, le guitariste affiche plusieurs shows aux côtés de Scotti Moore ou Buddy Guy, a fondé avec Lee Rocker (ex-Stray Cats) le Lee Rocker's Big Blue, avant de s'adjoindre pour ce premier album, les services d'une section rythmique ayant accompagné Setzer sur les routes. Au final, on assiste à une surenchère bluesy, rockabilly, catapultée à la force d'une Telecaster sur les traces d'Hendrix ("Pali Gap") ou d'Eddie Cochran ("My Way"). L'ambiance est survoltée, du genre sauvage, ce qui laisse présager une suite et surtout un live prometteur. À découvrir absolument. LE 4 - À ranger entre Scotti Moore et Brian Setzer Excalibur Le Concert Mythique (Epic/Sony, EPC4977012)- 16 titres, 75'23'' - Produit par Alan Simon - Sortie le 18 avril 2000 Prog Celtique. Ceux qui ne sont pas spécialistes de musique celtique, et ne connaissaient pas le Nantais Alan Simon, ont fait connaissance avec lui grâce à sa fructueuse participation au splendide dernier album de Roger Hodgson. Ils peuvent profiter de la sortie du live de son Excalibur pour apprécier plus encore la finesse de ce compositeur vraiment subtil et inspiré. Ce disque reprend en concert le concept arthurien développé sur le majestueux album-studio du même nom, avec le même défilé d'invités prestigieux (Hodgson, Lockwood, Tri Yann, Dan Ar Braz, YacoubÉ), mais avec le bonus d'une musique judicieusement amendée et plus enlevée que sur la version première (notamment grâce à l'absence de récitatifs). C'est presque aussi beau que le film magique de Boorman, c'est direÉ HP 4 - À ranger entre Alan Stivell et Supertramp Gashouse Dave The Live Adventures Of Gashouse Dave And The Hardtails (Dixiefrog/Night&Day - DFGCD8505 ) - 11 titres, 67m - Produit par Gashouse Dave - Sortie début mai 2000 Concentré de Blues. Gashouse Dave, alias Dave Randall Shorey, possède un look inoubliable au point de figurer en avant-plan dans un film de Bogart, mi Blues Brothers, mi Parrain. Mais ce n'est rien à côté de sa musique, blues velouté et sensuel, tel que ce live au Chesterfield Café lui rend hommage. La voix est parfaite, présente, sans cliché. La guitare, elle, frémit de bien-être sur un mélange parfaitement dosé de blues qui s'enroule et de Rhythm & blues qui déroule. On croirait presque retrouver le magistral Electric Flag dans cette façon féline et voluptueuse dont Dave et son groupe irréprochable vous hypnotisent en black & white. Ce qui est le plus attrayant chez ce gaillard est l'étonnante et singulière personnalité qu'il confère à sa musique, même sur des reprises pourtant bien fréquentées. Frissons garantis, mesdames. HP 4 - À ranger entre Mike Bloomfield et Albert King. Green Lizard Identity (Double T) - 12 titres, 53m01s - Produit par Clif Norell - Sortie le 2 mai 2000 Rock. Hollandais, sur la route depuis plus de six ans, Green Lizard est une formation européenne de plus -et tant mieux. Cette avalanche de groupes plus ou moins nordiques, aux sons et inspirations ouvertement variées, finira par nous offrir une véritable et durable alternative aux champions anglo-saxons. Ici, les guitares solides ou aériennes soutiennent des mélodies aussi classiques qu'immédiatement mémorisables. Du rock & roll sans détour, peut-être un peu trop traditionnel pour séduire les amateurs d'avant-garde, mais fichtrement éprouvant. Le genre de formation qu'on a immédiatement envie de découvrir sur scène -ce que pas mal de français avaient déjà eu l'occasion de faire dès 96, peu avant The Nine EP. Un parcours à la Paradise Lost n'est pas exclure à l'écoute de ce subtil équilibre entre "envolées" nostalgiques et production recherchée (cordes). MEK 3,5 - À ranger entre Idlewild et Stereophonics Françoise Hardy Clair-obscur (Virgin) - 13 titres, 48m12s - Produit par Jean-Pierre Sabar - Sortie le 3 mai 2000 Variété vieillotte. Comme ils vont êtreÉ surpris, ceux qui avaient (tant) aimé la pop énergique parfois, langoureuse le plus souvent, des albums précédentsÉ N'évoquons alors que du bout de la plume le superbe Le Danger (96), album rock, oui, qui la proposait posant sa voix émouvante sur des guitares rêches et des mélodies solides (signées Alain Lubrano et Rodolphe Burger). Cette fois, les deux musiciens cités apparaissent pourtant encore, plus furtivement, et c'est avec un calme trop calme qu'elle nous donne rendez-vous. Un album "adulte", sans doute, avec des duos branchés (Iggy Pop, Daho) et une désagréable impression d'anachronisme, dans les arrangements notamment. Cela plaira donc beaucoup, on peut d'ailleurs déjà lire ici ou là que c'est "son meilleur disque depuis 20 ans". Une affaire de goûtÉ ou de mode ? MEK 0,5 - À ranger entre Art Mengo et Jane Birkin Heliogabale Mobile Home (Capitol/EMI) - 9 titres, 49m20s - Produit par Al Sutton - Sortie le 14 Mars 2000 Trip-Rock. Pffuit ! Dans le genre torturé en recherche de branchouillitude, Heliogabale se pose comme sérieux candidat ! Il leur est impossible de composer une chanson qui ne soit pas volontairement bancale, tant leur désir de paraître décalé est évident. Seul hic -mais il est de taille- l'auditeur sans repère prend la poudre d'escampette et n'attend plus qu'une chose : qu'on vienne le délivrer et qu'on arrête là les souffrances qu'il supporte depuis d'interminables minutes. À côté, le bambou sous les ongles et autres sadiqueries perpétuées par les japonais pendant la seconde guerre mondiale, c'est du pipi de caribou verdâtre ! Pour amateurs de bruits de casserole dissonants seulementÉ ET 1 À ranger entre Purr et impur Glenn Hughes Return Of Crystal Karma (SPV/Musisoft) - 10 titres, 51m01s - Produit par Glenn Hughes - Sortie le 19 juin 2000 Rock 70s. Après le péchu et accrocheur The Way It Is, il y a un an et demi, c'est le cinquième album solo de l'ancien pilier guitarisco-bassiste de Deep Purple (pour vous la faire courte). On est, cette fois, un peu déçu de ne pas retrouver la modernité que le musicien "à la grande voix" avait réussie à insuffler à son dernier solo. Return Of Crystal Karma n'est que l'ersatz d'un rock (ba)lourd et sophistiqué, tristement anachronique, sans chansons bluffantes ou arrangements créateurs. La pêche demeure, ça cogne, ce sera toujours mieux que Kula Shaker & Co, mais l'on en détourne vite l'oreilleÉ So sorry ! MEK 1 - À ranger entre The Law et Whitesnake The International Noise Conspiracy Survival Sickness (Burning Heart/PIAS) - 13 titres, 39m52s - Produit par Jari Haapalainen - Sortie mai 2000 Swedish rock. Mais où vont-ils les chercher tous ces groupes suédois aussi diaboliquement furibards que soniquement débridés ? Burning Heart Records, label des Heliacopters et des Nomads ne cesse de nous surprendre, et il ne se passe pas un numéro de Compact sans que le label nous assène une bonne claque derrière la nuque. À croire qu'une grande conspiration du bruit est réellement en marche dans le grand Nord et que rien ni personne au monde n'y mettra fin. Les ingrédients de ce Survival Sickness sont donc un garage-rock ultra-vitaminé, aux guitares acérées, à l'humour dégoulinant et aux goods vibes nourris au bon grain, celui des vieux punks à jamais rabougris et des grands frères vikings encore ou non en activité. Let it roll !É DB 3 - À ranger entre Peepshows et The Hives Java Hawaï (Small/Sony) - 13 titres, 49m21s - sortie le 10 mai 2000 Pop rap folklo. Saluons tout d'abord la tentative fort louable de Java d'insuffler au rap commercial d'aujourd'hui une bouffée d'authenticité, à l'aide d'accordéons et autres instruments traditionnels du folklore français. Mais pourquoi vouloir tant s'introduire dans la veine des Ménélik et compagnie, au lieu de creuser un peu plus profond leurs tentatives de chansons réalistes ? On a l'impression que Java hésite entre deux courants, essaie de les assembler sans y parvenir. Cela donne quelque chose d'asymétrique, oscillant entre des textes pseudo rappés qui se veulent drôles sans y parvenir, et des chansons érotiques à la manière du premier Tanger, mais qui faute d'atteindre leur cible, deviennent salaces. CD'O 1,5 - À ranger entre Tanger et Doc gyneco Steve Johnson Blues Distortion (New Risin' Blues/Virgin) - 13 titres, 57m13s - Produit par Steve Johnson - Sortie le 16 mai 2000 Blues. Voilà le retour du restaurateur d'oeuvres d'art féru de blues qui, tout comme Popa, insuffle une nouvelle énergie dans les rues de New York. Déjà, l'année dernière, il avait avec Blue Guitar réunit un bel échantillonnage de son savoir-faire : bottleneck, slide, le coeur du Delta battait encore. Pour ce quatrième opus, il réitère ses prouesses avec cependant un léger changement quant au grain de sa voix. C'est vrai que Johnson marche sur les tremolos de Gibbons et ce n'est pas sans déplaire. D'ailleurs, ce nouveau ton se colle mieux à ses compos puisqu'il faut tout de même le préciser, le guitariste signe la plupart des textes (alors que ses collègues se contentent de reprises), avec ici une exception, "Stop Messing Round" de Peter Greene. Une valeur sûre. LE 3,5 - À ranger entre Johnny Winter et Bill Perry KING CRIMSON ConstruKCtion Of Light ( Virgin Preview) - 10 titres, 49'43" - Produit par King Crimson - Sortie le 10 Mai. Rock d'avant-garde. A présent qu'il en a fini avec sa phase de fractalisation - comprenez l'éparpillement volontaire du groupe en sous unités expérimentales pour créer de nouveaux espaces créatifs. Toutes choses résumées dans le très intrigant coffret The Projekcts - King Crimson nous revient non plus sous l'aspect jumeau du double trio de Thrak, mais sous la forme d'un quatuor réduit au rectangle Fripp/Belew/Mastelotto/Gunn. Quatuor qui cache d'ailleurs narquoisement une foule de sous-groupes à géométrie variable, fractalisation oblige... Cela dit, c'est bien un Crimson fidèle à lui-même que nous retrouvons, celui que nous avons toujours adoré, le Crimson tragique, innovateur, provocateur, ultraviolent et hyperintellectuel qu'il n'a jamais cessé d'être. Et, comme à chaque fois, on se dit que voilà un disque comme jamais le groupe n'en a fait, puisqu'il ne s'est jamais répété, et qui est pourtant on ne peut plus caractéristique du groupe de Fripp. Du "ProzaCK Blues" à l'extatique virulence qui fait un écho lointain à "21st Century Schizoïd Man" au phénoménal "FraCKtured" aux crescendos dramatiques en passant par ce chef d'oeuvre qu'est la suite de "Lark's". Tout ici intrigue et fascine, traumatise et séduit, comme a toujours su le faire ce cher Crimso. La première écoute perturbe et dérange, la seconde convainc déjà que l'album est majeur, ce que n'était pas Thrak. Il y a ici moins de chant, plus de détermination, beaucoup d'extravagants entrelacements de torses guitares et de rythmes houleux, et l'impression que le groupe, réajusté par ses expérimentations antérieures, a retrouvé toute son olympienne puissance. Il n'existe qu'un groupe comme celui-là, alors, savourez-le comme tel. HP 4,5 - À ranger entre Lark's Tongues et Discipline King's X Please Come HomeÉ Mr Bulbous (Metal Blade/Musisoft, 398414298) - 10 titres, 44m55s - Produit par ty Tabor et King's X- Sortie le 23 Mai 2000 Hard évolutif. Douze ans que ça dure ! King's X, trio bigarré fait du hard sans en avoir la couleur, de l'ultra-démonstratif sans même se forcer, du riff camouflé sous mélodies cosmiquesÉ Et avec une belle régularité, puisque ce Please Come HomeÉ est leur huitième album en douze ans d'existence. Une régularité qu'on retrouve également dans des albums d'un rare équilibre où rien n'est jamais laissé au hasard, que ce soit la production (toujours impec), les compos (qui défrisent sauvagement ou chahutent gentiment, selon les cas, mais ne laissent jamais personne indemne) et l'instrumentation, partagée à trois avec le même savoir-faire évident. Du hard hybride, en quelque sorte, qui s'auto-génère hors des sentiers battus et rabattus. À célébrer comme tel. DB 4 - À ranger entre Mr Bungle et Dan Reed Network Karim Albert Kook Je Roule Vers Toi (Magic Blues/Dixiefrog/Night - And Day, DFGCD8504) - 12 titres, 54m56s - Produit par Hélios Vidal- Sortie mi-Mai 2000 Blues Cuivré & Généreux. On ne peut pas dire que KAK ait choisi un chemin facile à arpenter : nord-africain mais peu porté sur le raï, paralysé des jambes pour avoir joué avec de l'eau sale étant petit (!) mais plein de vie et d'énergie, sûr que la vie ne doit pas être tendre tous les jours pour ce pauvre AlbertÉ Heureusement pour lui, ce qui le sauve et lui évite de sombrer dans l'apitoiement de soi même, c'est son amour avec un A pour le Blues et le Rock et ce, depuis qu'on lui a offert un transistor pour ses neuf ans. Il découvre ainsi, ébahi et la bave aux lèvres (enfin, peut-être pas, après tout), les Beatles, les Rolling Stones et Jimi Hendrix pratiquement en même temps, découvertes qui changeront sa vie à tout jamais. C'est la guitare dénichée pour lui aux Puces par son grand frère qui achèvera de le convaincre, plus tard il deviendra un guitariste de blues renommé, handicap ou pas ! Premières armes, premiers concerts en compagnie de Bill Thomas, Luther Allison et Patrick Verbeke : ce dernier sera tellement impressionné par sa manière de jouer qu'il le signera illico presto sur son label, ce Magic Blues qui fait tellement de choses pour la bonne musique et lui fera enregistrer un premier album, Les Choses Ressemblent à Ca, avant d'en arriver aux choses sérieuses avec ce second disque assez exaltantÉ TS 3 - À ranger entre Van Wilks et Neal Black Phil Lee The Mighty King Of Love (Shanachie/Socadisc, 5740) - 13 titres, 49m39s - Produit par Richard Bennett - Sortie mars 2000 Rock countrysant. Un songwriter de plus, vous dites-vous. D'accord, mais comme pour tous les songwriters de la planète qui se respectent, Phil Lee met en lumière son univers. Un microcosme non dénué d'intérêt avec son soft rock mâtiné de country, qui mérite de ce point de vue de toucher les gens qui ont la même sensibilité. Car il s'agît bien ici de sensibilité et non de savoir-faire, vue que les morceaux se tiennent bien, ont du corps et contiennent leur lot de prouesses guitaristiques et de rythmiques carrées-collées. Tout au long de Mighty King Of Love, on pense à pas mal de monde, pour finalement, une fois arrivé au terminus de cette succession de mid-tempos épicés juste ce qu'il faut, ne penser qu'à un tout concret et indéfinissable correspondant à l'entité Phil Lee. Une bonne surprise doncÉ SL 3 - À ranger entre Hank Williams senior et junior et Keith Richards Live Human Elefish Jellyphant (Matador/PIAS) - 16 titres, 73m18s - Sortie le 6 Juin 2000 Jazz-rock instrumental difficilement supportable. Bon sang, et les scientifiques qui pensaient que ce genre musical, le Jazz Rock, s'était éteint depuis la sortie du dernier disque d'Herbie Hancock ! Deux possibilités, soit quelques membres plus chanceux que leurs congénères ont réussi à passer entre les mailles de l'impitoyable filet de la sélection naturelle. Ou alors les blouses blanches précitées s'amusent comme des petits fous, dans leurs laboratoires capitonnés, à cloner un reste de sperme de Sun Ra, un jet de salive du Mahavisnu Orchestra. Ils travaillent sûrement a quelque chose du genre, dans un but pas très clair. Celui de faire revivre les pénibles solos de batteries d'une demi-heure minimum, les cuivres assourdissants qui se déclenchent pour un oui ou un non. Ou alors veulent-ils ressusciter les guitares qui ne s'adressent qu'à elles-mêmes, montrant un mépris sans borne pour l'auditeur confus qui se demande ce qu'il fout là ! Vraiment, qui peut encore écouter ce genre de production en l'an 2000 ? De plus, c'est interminable : une heure un quart sans le moindre repère ! TS 1 - À ranger entre les vinyles poussiéreux d'Ash Ra Tempel et la sortie la plus proche Lorenzo Ism (Draft Recordings/M10, Indigo89722) - 14 titres, 70m34s - Produit par Lorenzo - Sortie le 18 avril 2000 House. L'équipage de l'USS Enterprise est mis à contribution pour l'intro et plus précisément le flegme du plus célèbre des vulcains (guess who ?). Un clin d'oeil dont raffole le duo antinomique Yoshino et Tim Bernhardt, inspiré par le septième art. Si bien que leur album assemble, titre par titre, une succession de plans, entrecoupés parfois de dialogues ou d'ambiances dignes d'un scénario SF. Petit à petit, la deep house s'éclipse pour faire place net à la programmation plus atmosphérique, voire éthérée, que porte le ressac d'une mer samplée. Ism rentre alors dans un schéma si linéaire, qu'une écoute prolongée s'apparenterait à une cure de ProzacÉ Limite soporifique. LE 2,5 - À ranger entre Kevin Yost et Phunky Data Los Fabulosos Cadillacs La Marcha Del Colazo Solitario (Ariola/BMG, 7423169437) - 16 titres, 56m40s - Produit par L.F.C. - Sortie le avril 2000 Salsa-jazzy-pop-etc. Difficile de décrire la musique des Fabulosos Cadillacs, héros en leur pays (l'Argentine) et auteurs de pas moins de 12 albums, sans parler d'un palmarès scénique hallucinant, avec quelques 1300 concerts, dont 8 tournées sud-américaines. Et ce n'est pas tout, car leur savoureux mélange de musiques latines (salsa en tête), de percussions afro-cubaines, de cuivres ivres, de bandonéon et d'emprunts occidentaux (de vagues accents pop, un peu de jazz et quelques ébouriffantes incursions rock) fonctionne tout autant sur disque, avec déjà 4 millions de rondelles vendues de par le monde et un très mérité grammy de "meilleur album de rock latino" récolté pour le prédécesseur de ce superbe La Marcha Del Colazo SolitarioÉ ET 4 - À ranger entre mondo et latino Madinka Love Concept (Autoproduction) - 8 titres, 30m20s - Produit par Stéphane Pantel - Contact : 2 rue Vlaminck, 91350 Grigny. Pop-wave. Ce groupe dont le chanteur fait immédiatement penser à Nicola Sirkis d'Indochine (mêmes intonations, même façon de faire traîner la voix, dans la plus pure tradition new waveuse estampillée mid-eighties) a ouvert certains concerts de la dernière tournéeÉ d'Indochine. Et sans copierÉ Indochine à outrance, il n'en demeure pas moins un ersatz plus ou moins déguisé deÉ Indochine ! Cela dit, la production encore approximative (c'est une autoprod', ils sont donc excusés) laisse passer certaines petites imperfections qui, du coup, et pas si paradoxalement que ça, donnent du relief et un certain charme à ce mini-album somme toute assez prometteurÉ ML 2,5 - À ranger avecÉ Indochine Matchbox 20 Mad Season by Matchbox 20 (Atlantic/East West) - 13 titres, 56m05s - Produit par Matt Serletic - Sortie le 23 mai 2000 Pop. Quand les Américains font de la pop, cela donne Matchbox 20, un pop corn saupoudré de rock FM. Et, la recette fait des miracles outre-Atlantique puisque le groupe a vendu son premier et précédent opus à plus de dix millions d'exemplaires (Yourself Or Someone Like You). Alors forcément, on ne peut que se pencher sur le sort de ces garçons et plus particulièrement sur celui du chanteur, Rob Thomas. Ce dernier collectionne les grammy Awards comme en témoigne la dernière cérémonie où Rob se positionne juste derrière Carlos Santana (normal, il partage le succès de "Smooth"). Sans oublier les nominations pour meilleur groupe et songwriter de l'année. Pourquoi pas, leurs compos sont bien ficelées, mais un brin mélo ! LE 3 - À ranger entre Soul Asylum et Jump Little Children Mini Machine Rastaïolo Pastamuffin (BMG - LC 00316) - 11 titres, 47m44s - sortie le 6 juin 2000 Électro Ragga. Toasters contemporains, Willy Wizz et Gilles Gambino, alias Mini Machine, utilisent le reggae dans son acceptation la plus large (à la fois dub, électro, ska, ragga) pour s'amuser avec leurs textes drôles et leurs expériences phoniques. À la manière des ragga baletti du Sud, ils font la fête en chanson sans se soucier d'un quelconque purisme. Baignant dans la musique depuis leur plus jeune âge, les deux confrères savent ce qu'ils font. Leurs compositions flirtent avec des rythmes connus de tous, et ils réussissent à faire un album populaire dans le bon sens du terme, c'est-à-dire accessible à tous, en mélangeant les sons d'hier avec les instruments d'aujourd'hui. CD'O 3 - À ranger entre Massilia Sound System et Marcel et son orchestre Ian Moore And All The Colors (Koch/Socadisc, KocCD8062) - 13 titres, 52m45s - Produit par Joe Chiccarelli, Mark Addison et Ian Moore - Sortie fin avril 2000 Pluri-rock. Ian Moore, guitariste texan, a enregistré son dernier album en date, chez lui, à Austin, avec son groupe habituel auquel est venue se joindre Nina Singh, percussionniste world bien connue. Rien de bien neuf sous le soleil texan, puisque à son habitude le bonhomme s'évertue à mélanger les genres (blues, rock, country, heavy, pop, world) au point d'en perdre rapidement son identité, si toutefois il en avait une. Un disque patchwork donc, qui s'écoute sans déplaisir, mais dont l'intérêt reste très limité. De son titre, "And All The Colors", on ne retiendra finalement que l'ouverture d'esprit d'un musicien plutôt doué qui ne sait pas trop sur quelle corde danserÉ SL 1,5 - À oublier, en attendant mieux Moroder (Giorgio) - A Tribute To DJ Empire Presents (Capitol/EMI) - 18 titres, 69m32s - Produit par divers - Sortie le 28 Mars 2000 Machines vs Humans. Déjà, que certains aient pu vénérer Giorgio Moroder du temps de sa "splendeur" est quelque chose qui nous dépasse ! Un type qui, au-delà de sa "musique" même, ose plaquer des bip-bip-tut-tut sur Metropolis, le chef d'oeuvre de Fritz Lang, ne peut être qu'un ignare irrespectueux qui n'a rien compris àÉ à la musique, tiens, pardi ! Et, en plus, qu'une bande de DJs de plutôt bonne renommée tels que Mogwai, Roger Sanchez ou Todd Terry décident de lui rendre hommage, c'est à ne plus rien y comprendre. C'est un peu comme si Laurent Garnier ou Air décidait de s'atteler à un tribute à Jean-Michel Jarre ! Parmi les temps "forts" de cette rondelle insupportable, le massacre de "The Chase" issue de la B.O. de Midnight Express (et c'est le premier single, tant qu'à faire !), remixé par Jam et Spoon ; et "Last Night", chose assez infâme en collaboration avec Gloria Gaynor, la star du disco qu'on retrouve décidément partout, un inédit de circonstance aussi dispensable que le resteÉ ET 0 - À ranger dans le même panier de crabes que Jean-Michel Jarre Motörhead We Are Motörhead (SPV/Musisoft, SPV085-21822) - 10 titres, 38m27s - Produit juste de qu'il faut - Sortie le 15 mai 2000 Rock ultime. Monstrueusement jouissif ! Motörhead revient une fois de plus, mais ce coup-ci avec des intentions d'une clarté évidente. Cet album au titre on ne peut plus explicite gicle de tout bord, arrache ce qui dépasse et assure le Mach 3 sans sourciller ! D'emblée, "See Me Burning", qui ouvre les hostilités, parait plus rapide et brutal que "Overkill" qui, jusqu'à présent, constituait quelque part une espèce de point de non-retour. Les autres morceaux n'épargnent pas plus l'auditeur qui, cloué sur son siège, assiste impuissant à une débauche d'énergie comme aucun autre groupe n'est capable d'en produire. Un retour vers le futur hallucinant pour un Motörhead qui, ces dernières années, semblait bien avoir du mal à retrouver le feu sacré ; un feu sacré qui habite tant et si bien ce We Are Motörhead qu'il peut en prendre des allures de dernier album. Si c'est le cas, Lemmy & co peuvent s'en retourner la tête haute, la boucle est bouclée et de sacrément belle manière !É DB 4 - À ranger entre Ace Of Spades et Overkill Mount Pilot Mount Pilot (Doolittle/Import US, 542359039) - 12 titres, 43m58s - Produit par Dan Baird - Disponible Rock US. Avant même d'écouter ne serait-ce qu'un morceau du premier album éponyme de ce quatuor texan, un indice titille la curiosité des amateurs de rock US, à savoir la présence de Dan Baird (ex-Georgia Satellites) à la production, mais aussi en guitariste de secours, aussi bien acoustique qu'électrique. Une présence qui rassure sur la qualité du produit qui, effectivement sort du lot de ce que les States nous ont proposé de mieux ces derniers temps. Beaucoup de guitares, affalées les unes sur les autres, sans grande originalité certes, mais avec un savoir-faire plus que respectable de la part de ces quatre types venus de nulle part. Bref, un disque comme on les aime ici, franc du collier, se laissant peu aller aux coups de boutoir stériles, toutefois sans détour, avec de belles mélodies et un chant en parfaite adéquation avec tout ça. À découvrir si vous êtes amateur du genreÉ SL 3,5 - A ranger entre Counting Crows et Jayhawks Nelson Nelson (La Barakason) - 5 titres, 24m38s - Autoproduction - Sortie avril 2000 Rock Francais Inventif. On ne saurait mieux dire, tant le potentiel qui se dégage de ces nouveaux venus (à ne surtout pas confondre avec les défunts Double Nelson) sent bon le renouveau d'un rock & roll du terroir qui a un peu trop tendance à se mordre la queue, ces dernières années, il était temps ! Certains collègues plus fainéants qu'un nid de couleuvres ont eu vite fait de leur trouver un air de famille avec les bruyants Deftones ou les surestimés Red Hot Chili Peppers, mais, en fait, il semblerait qu'il faille remonter bien plus loin dans le temps pour trouver l'équivalent à Nelson : est-ce que quelqu'un se souvient encore de ces super combos qui fleurissaient voilà un bon quart de siècle, ces Cream, Blind Faith et autres Frost ? Ce n'est quand même pas un hasard si Pascal (guitares) vient de la pop, Nico (basse et chant) du metal et Lionel (batterie -comment le saviez-vous) du blues ; ou alors, le hasard fait rudement bien les choses, parfoisÉ TS 3 - À ranger entre Rock And Roll Music et Disraëli Gears No Fun At All State Of Flow (Burning Heart/PIAS, BHR108) - 12 titres, 47m25s - Produit par P.O. Seather et NFAA - Sortie Mai 2000 Punk-Hardcore. Avec un nom sans aucun doute sous forme de clin d'oeil au fameux "No Fun" des Stooges, ces NFAA signent ici un quatrième album en demi-teinte et d'ailleurs plutôt dans une veine rigolarde pour ados rois de la glisse qu'un réel hommage à l'ancienne garde iguanesque. Non pas que leurs intentions semblent déplacées, mais leur punk couillu n'apporte strictement rien à un genre déjà fortement atrophié et s'englue même dans des morceaux trop complexes pour être totalement honnêtes. On préférera les expéditions gabba-gabbaesques des Ramones, par exemple, qui, eux, ne nous laissaient pas le temps de nous poser des questionsÉ DB 2 - À ranger entre Poison Idea et NOFX Noonday Underground Self-Assembly (M21/Socadisc - M21 CD 001) - 12 titres, 34m34s - Produit par Simon Dine - Sortie mai 2000 Pop électronique. Tristounette et légèrement ennuyeuse, serait-on enclin à ajouter, les soirs de méchante humeur. Seulement voilà, les matins de bonne humeur, on se remet le CD, histoire de voir si la chronique ne va pas trop tomber à côté et là, bingo, on change légèrement d'avis : tiens, après tout, les titres "London" et "Hello" valent largement ce qui passe sur les pistes de danse, dans la série "Je me trémousse afin de perdre quelques kilos superflus" ; la voix de Daisy Martey sur "The Hooded Claw", "Where Have They Gone" et "We Saw The Midnight" est très excitante et languissante ; les arrangements discret mais efficaces de Simon Dine (l'homme à tout faire de Noonday Underground) sur "Rock Steady", "On Sunday Noon" et "Never Go Away" sont de véritables petites mécaniques de précision, und so weiterÉ Mais le soir revient, la migraine également et on recommence à ne pas aimer cet album au sujet duquel il est décidément difficile de donner son avisÉ TS 2 - À ranger entre Saint-Etienne et B. Movie Heather Nova Wonderlust (V2) - 14 titres, 69m43s - Sortie le 27 jui 2000 Pop rock. Ceux qui, il y a presque deux ans, avaient eu la chance d'assister au concert Ouï FM que donna la jeune femme au New Morning comprendront. Les autres ne pourront que saliver en attendant que la jolie jeune fille revienne fouler quelques planches européennes (pas avant 2001). Wonderlust est fidèle à cette précédente tournée qui la vit chanter merveilleusement (une voix splendide, chaude et enfin reconnaissable dans le flot confus d'organes féminins de ces dernières annéesÉ), soutenue par un groupe serré, rock et efficace (et sachant s'effacer pour quelques titres chant-guitare frissonnants à souhaits), le tout pour défendre Siren, son deuxième album. Le prochain sortira à la fin de cette année. MEK 4 - À ranger entre Tori Amos et Fiona Apple Omar & The Howlers Live At The Opera House (Provogue/MSI, PRD 71222) - 11 titres, 49m46s - Produit par Wink Ewing - Sortie fin avril 2000 Rock Garanti Véritable. Ah, Austin ! Ville bénie où il pousse des guitares aux balcons comme des géraniums en Alsace. On ne compte plus le nombre de groupes exemplaires issus des clubs bien échauffés de cette enclave salutaire au milieu de Countryland. Le rock doit beaucoup à ce coin de Texas. Parmi les groupes les plus notables de cette scène prolifique, il faut évidemment saluer Omar et ses Howlers, qui y firent les chauds jours des années 80. Si l'on cherche un groupe capable de quintessencier en lui tout ce qu'est le rock, le voilà, un peu comme Dr.Feelgood ou Angel City en leurs temps. Ce live, enregistré à Austin même pendant la période dorée du gang, en 1987, en apporte une preuve supplémentaire, par son essentielle simplicité, sa chaleur de tous les instants, son feeling subjuguant car non démonstratif et ses compositions superbes de persuasion. Omar fait partie des grands groupes-culte de notre musique, assurément. HP 4,5 - À ranger entre Rock et Roll Orwell Orwell (Europop 2000/Poplane) - 7 titres - 26m10s - Sortie le 29 mai 2000 Pop. Les autoprod françaises gagnent du terrain sur les blockbusters. Il suffit de se pencher un peu sur leurs cas pour s'apercevoir que nous sommes à des kilomètres des sessions suées à grosses gouttes, au fond d'une cave. Aujourd'hui, ces artisans du son rivalisent avec les grands, ne souffrent plus de la médiocrité des enregistrements, font montre d'originalité, de talent. Alors quoi de plus logique que de se laisser engouffrer dans ce vent de liberté, d'encourager la confection de friandises tel Orwell (ex PS Goodbye), un bombec anglais idéal pour les amateurs de sensations fraîches. Pour une fois, on ne rechigne pas à l'écoute des textes ou des mélodies légères, délicatement enrichies en violon. LE 4 - À ranger entre Daho et Fersen Patrice Ancient Spirit (Small/Sony) - 16 titres, 52m58s - Sortie le 06 juin 200 Reggae Dub. Son mini album de l'année dernière fut une véritable découverte, quatre titres magnifiques sur lesquels était distillée la voix reggae du jeune Patrice, fils de l'écrivain Gaston Bart-Williams. Cet Ancient Spirit reprend «Wonder», «Million Miles» et «Love», en les explorant sous de nouveaux angles. L'ensemble de ces nouvelles compositions recherche des sonorités neuves du côté Hip Hop du reggae, des orientations jazz avec un peu de drum'n bass. Beaucoup plus expérimental que sa première mouture, on pourra regretter l'aspect authentique de l'acoustique et la simplicité des débuts. Cependant Ancient Spirit reste un bel album, où le chant nous transporte malgré nous vers le soleil de Jamaïque et conserve une véritable aura. CD'O 4 - À ranger entre Hathaway et Terry Callier Petit Vodo Sixty Nine Stereovox (Vicious Circle/PIAS) - 11 titres, 42m08s - Produit par Sébastien Chevalier - Sortie avril 2000 Électro Bricolage & Rock Artisanal. Maman, c'est génial, les défuntes et honteusement sous-estimées Sirens Of 7th Avenue viennent de se réincarner dans le corps frêle et malingre d'un Bordelais de génie surnommé Petit Vodo et qui joue de presque tout sur son disque, attention, la liste est impressionnante : guitars (seul un certain Bling lui file un coup de main sur le titre "Ladies In My Head"), drums, vocals, mister 12 % (???), radio, harmonicas, samplers, scratches, space echo & kettle -rien que cela !É45 années de rock and roll s'entrechoquent, s'interpénètrent et forniquent en toute liberté sur cette magistrale preuve que non, tout n'avait pas encore été dit, même qu'apparemment, il reste des horizons vierges à explorer. Bon sang, quelle claque, enfin une vraie oeuvre extra-terrestre. TS 5 - À ranger entre les Sirens et R. Stevie Moore Pekah Machine + De Coeur = Soleil (Barclay/Universal) -28 titres, 121mn - Réalisé par Pierpoljak et Leroy "Horsemouth" Wallace Reggae Music. Le titre de cette compilation, + de coeur=soleil annonce la couleur, il est question ici de partage et d'émotion. Deux CD, vingt-huit titres, quatorze artistes issus d'horizons différents, des anciens comme de jeunes talents. PierPolJak, Pékah pour l'occasion nous donne dans cet album sa vision du Reggae en Français. Saluons ce disque qui permet de faire découvrir à un plus large public des vocalistes et des toasters qui se produisent habituellement en sound-system. Un double album vendu au prix d'un simple et qui vous permettra de patienter jusqu'a la tournée prévue pour cet été, sur lequel brillera un peu du soleil Jamaïquain. N & D S-D 4 - À ranger entre coeur et soleil Popa Chubby How A White Boy Get The Blues ? (Dixiefrog/Night & Day, DFGCD8500) - 10 titres, 51m19s - Produit par Popa - Sortie le 20 avril 2000 NY City Blues. Comment ne pas s'emballer au vu de ce moment rock & roll ? À chaque fois qu'il affrète pour l'hexagone ses galettes de blues, notre vocabulaire en perd le Nord et le cerveau émet des cliquetis nerveux à la recherche d'éloges dignes de ce quintal électrique. Et si le talent du Monsieur nous taraude l'esprit depuis Music Up !, n'y voyez aucun parti pris, on ne peut que s'incliner devant ce génie. Alors quoi de neuf depuis Brooklyn Basement Blues ? Que du bon, en commençant par la prod plus soignée que jamais, d'ailleurs c'est à croire qu'il fallait en arriver là pour que le grizzly libère sa force. Ce n'est pas tout puisque le bougre se fait aussi remarquer via la diversité de ses compos, rien ne se ressemble, ne laisse de glace. Un régal ! LE 5 - À ranger entre Steve Johnson et Freddie King Dee Dee Ramone Hop Around (Corazong/Musidisc) - 15 titres, 32m33s - Produit par Chris Spedding - Sortie Mai 2000 Punk-rock. Un jour, le tout-puissant Dieu des Décibels s'est penché sur le berceau de la famille Ramones et leur a donné le don du "1-2-3-4-let's go" magique et du "gabba gabba hey" à multi-vitesses. C'est ainsi que pendant plus de deux décennies régnèrent en maîtres les faux-frères Ramones, faussement stupides et réellement timbrés. Après une quantité délirante de morceaux dépassant rarement les trois minutes, concentré pur jus de punk-rock azimuté et sans faux col, voici que la famille explose et que chacun décide de faire son bruit à lui dans son propre placard à balais. Comme chacun avait le don sacré, c'est avec une verve identique et sans faille que chaque Ramone balance sa giclée de rock & roll. Le Dee Dee, qui s'est adjoint ici les services de vieux briscards tels que Chris Spedding (production mais aussi un peu d'orgue et un coup de paluche à la guitare), n'est pas non plus en reste avec ce disque digne de la tradition ramonienne, dans lequel on fait la connaissance de Barbara Ramone, punkette de 20 piges à peine, qui mérite elle aussi son entrée dans la famille ; et par la grande porte s. v.p. ! DB 3 - À ranger dans la famille Ramones Red Cardell Rock & Roll Comédie (Capitol/EMI) - 14 titres, 47m59s - Produit par Mike Butcher - Sortie le 13 Juin 2000 Folk-rock breton. Quatrième album pour le groupe quimpérois qui semble avoir perdu le fil conducteur d'une évolution jusqu'alors assez logique et se mord la queue. La production, trop propre, de Mike Butcher (Marvin Gaye, Rod Stewart) les dessert finalement plus qu'elle ne les porte, faisant de ce Rock & Roll Comédie une mauvaise farce plus proche de la nouvelle chanson française que du rock. Pompeux, pour ne pas dire lourds, les 14 titres de l'album défilent dans une pesanteur qui n'a rien d'orageuse, mais dont la moiteur confine à l'ennui rapide et irrémédiable. Red Cardell ayant toujours été davantage convaincant sur scène, on vous conseille donc d'aller découvrir ces nouvelles compos lors de leur prochaine tournéeÉ DL 2 - À ranger entre Thiéfaine et le folklore breton Marc Ribot Muy Divertido ! (Atlantic/WEA Jazz, 7567832932) - 10 titres, 42m44s - Produit par JD Foster - Sortie le 24 mai 2000 Latino Rock. Marc Ribot met en scène une carte postale cubaine pour le moins originale. Tout d'abord parce qu'il ne s'agit pas ici d'un ténor susurrant les bienfaits du soleil de la Havane, mais plutôt d'un guitariste américain dont le coeur lorgne du côté des plages cubaines. D'où ce cocktail salsa matiné de guitares texanes digne d'une B.O. labelisé Tarantino, probablement inspirée par ses sessions avec Tom Waits, Costello, Wilson Pickett ou Chocolate Genius. Forcément, on ne sort pas indemne de ces expériences, alors Ribot s'entoure de pointures telles Brad Jones, bassiste de The Jazz Passengers et du batteur du Miami Sound MachineÉ Les Los Cubanos Postizos. Non, ce n'est pas une farce, mais une version mutante d'un rock western latino dissident plutôt bien emballé. LE 3 - À ranger entre Carlos Santana et Lounge Lizards Jason Ringenberg A Pocketful Of Soul (Dixiefrog/Night & Day) - 12 titres, 34m08s - Produit par Jason Ringenberg - Sortie le 6 Juin 2000 Country-folk. Jason Ringenberg, souverain des écorcheurs en son royaume, Stetson vissé sur le crâne et panoplie cow-singer vous présente Rosie, son poulet préféré, mais aussi sa première collection de chansons perso. Ça fleure bon la ferme, le foin humide, les bonnes odeurs de volailles qui gambadent et les vieilles ritournelles country & folkeuses comme seuls les États-Unis savent en générer. Curieusement -car Jason est un vrai passionné de musique qui connaît sur le bout du médiator tous ses aînés-, l'album (court mais sans le moindre faux pas) ne contient que deux reprises (dont une superbe du "Trail Of Tears" des trop rares Guadalcanal Diary -oui, le groupe existe encore, ils ont sorti un live voici un an et demi), le reste étant constitué de compos du monsieur, le tout dans une veine ultra-acoustique, avec parfois un violon, un harmonica ou de très faibles percus. Essentiel car sans aucune prise de têteÉ CG 4 - À ranger entre Jason & The Scorchers et Hank III Romanthony R.Hide In Plain Site (BMRecords/Pias, 941001520) - 11 titres, 69m46s - Produit par Romanthony - Sortie le 27 mars 2000 Groovy. Pendant des années, ses vinyles ont semé le doute dans l'esprit des fans de Prince : des tirages limités, pour ne pas dire confidentiels, un sens du groove quasiment estampillé du love symbol et surtout une voix qui entretenait la légende. Et si Prince s'essayait à la house ? Il aura fallu quelques brèves apparitions en public (dernièrement au Printemps de Bourges) pour s'apercevoir que Roman Anthony More ne vient pas de Minneapolis, mais du New Jersey et qu'il a été bercé par James Brown, George Clinton et le R&B. La house reste aussi l'un de ses domaines de prédilection, si bien qu'il produit deux titres du prochain album de Daft Punk. Pour l'instant, nous découvrons un disque bigarré où toutes les tendances (les siennes) fusionnent. LE 3,5 - À ranger entre Prince et Josh Wink Saint Etienne Sound Of Water (Virgin Labels, MNTCD1018) - 10 titres, 42m51s - Produit par Saint Etienne - Sortie le 25 mai 2000 Easy Pop. Si les précédentes prods de St Etienne marquaient au fer rouge la vache à lait house, aujourd'hui le trio se faufile vers une porte de sortie pop, tout en préservant quelques rictus synthétiquement corrects. Ainsi, Sound Of Water se laisse bercer par un nappage easy listenning, fait figure de mer d'huile face au typhon up tempo édité habituellement par Labels, sans doute grâce à cette voix enfantine, doucereuse, qui caractérise Sarah Cracknell (tout comme Annelie, la norvégienne de Bel Canto). Déjà, avec leur premier album (en 91), le combo affichait une certaine mélancolie dont raffolent les pays nordiques. Ici, ce sentiment est renforcé par la poigne de Jez Williams (guitariste de Doves) et les arrangements de Sean O'Hagan (High Llamas/Stereolab). LE 4 - À ranger entre Air et Hooverphonic Seba Éwa ! (Naïve, NV3631-1 AD 076) -12 titres, 50m37s - Produit par Seba - Sortie 21 mars 2000 Raï. Depuis cinq générations, les Seba animent des fêtes de village et forment des orchestres. Six frères vivant en France perpétuent la tradition familiale pour notre plus grand bonheur. Cet album a d'abord été autoproduit et distribué dans les épiceries rebeus, saluons à ce sujet leur titre phare Ben Ali rendant hommage à cette catégorie socioprofessionnelle bien souvent oubliée. Aujourd'hui, vous pourrez trouver Éwa dans tous les bacs grâce à Naïve. Un raï moderne et original, fait de Seba un groupe très attachant. Groupe de scène s'il en est, ses musiciens ont eut le talent de retranscrire sur CD, toute la magie de leurs concerts. Longue vie à eux. N & D S-D 4 - À ranger entre l'ONB et Raï Kum Michaël J. Sheehy Sweet Blue Gene (Beggars Banquet/Labels/Virgin, BBOCD 216) - 12 titres, 39m58s - Produit par Michael J. Sheehy - Sortie avril 2000 Pop intimiste. Comme dit le proverbe : chassez le naturel et il revient au galop ! Le tendre Michaël s'est débarrassé de son ancien groupe, le pourtant superbe Dream City Film Club, mais c'est pour mieux nous proposer une musique encore plus sombre et évanescente ; comme quoi ce type-là ne nous écrira jamais une bête chanson d'amour (ou alors, la belle qui lui fera pousser de profonds soupirs mourra du cancer avant la fin du disque !) et c'est tant mieux pour tout le monde ; qui a besoin de néo-Peter & Sloane ? Son Sweet Blue Gene (amusant jeu de mots) est tout en retenue et en dépouillement, encore plus triste et beau que les enregistrements solo du regretté Adrian Borland, il fallait oser ! D'ailleurs, il faut plus parler de miniatures figées dans le temps et dans un alanguissement indicible que de véritables chansons. Souvent, un filet de piano ou un accord de guitare plaqué sur une guitare acoustique lui suffiront pour pousser sa voix grave et profonde dans ses derniers retranchements. TS 4 - À ranger entre Burning Blue Soul et Winter Silent Poets To Come (Yellow/East West, 8573823152) - 11 titres, 57m11s - Produit par Michiharu Shimoda - Sortie le 29 avril 2000 Trip Hop. Une vague électro en provenance directe du pays du soleil levant, gorgée d'exotisme, lancinante à souhait, importée par la Yellow prod. Silent Poets nous présente son sixième opus, en mêlant l'accent jazzy au flow d'un hip hop new yorkais, en invitant Terry Hall ou Everton Nelson, arrangeur/violoniste apprécié par Björk, Sakamoto, StingÉ L'alchimie s'opère en douceur, grave une perception pacifiste, voire zen, d'une technologie au service d'harmonies délicieuses, transmute le disque en un précieux métal. To Come pourrait même avoir une vertu thérapeutique, celle de ressourcer, d'oxygéner à pleins poumons des organes trop souvent asphyxiés. LE 4 - À ranger entre Third Eye Foundation et Kid Loco Sinsemilia Tout c'qu'on a (Epic/Sony) - 13 titres - sortie le 13 juin 2000 Reggea Ska. Sinsemilia fut l'une des premières formations francophones à faire parler d'elle et à imposer le reggae sur le devant de la scène Hexagonale. Après avoir vendu 200 000 exemplaires de Résistances, les grenoblois reviennent avec un troisième album énergique qui groove une fois de plus avec les vibes ska et reggae. Les treize titres qui composent cet opus s'inscrivent toujours dans la volonté de faire passer le message de la fraternité et de la paix. Par souci de sincérité, nous ne parlerons pas ici du son, l'enregistrement cassette fourni par la maison de disque étant tout simplement inaudible. Toutefois, si vous aimez Sinsemilia, il n'y a aucune raison d'être déçu. CD'O 3 - À ranger entre Mix Up et Tryo The Skatalites Vs Laurel Aitken The Clash Of The Ska Titans (Moon Ska/MSI, MOONCD047) - 11 titres, 46m32s - Produit par Victor Rice - Sortie Mai 2000 Ska. Bien plus qu'un combat, la collaboration de Laurel Aitken, considérée par beaucoup -et à raison- comme l'un des parrains du Ska old school, avec les Skatalites, formation mythique inépuisable, a des allures de réunion de famille avec d'un côté le groupe instrumental le plus coté de chaque coin de la Jamaïque (ils ont quand même joué entre autres avec Bob Marley, Jimmy Cliff ou Peter Tosh) et de la planète qui l'entoure ; et de l'autre, la voix chaude et immuable de celui qui n'a jamais déçu ses fans depuis ses débutsÉ en 1958 ! Au total, onze titres dont trois morceaux live enregistrés lors de leur tournée commune en 96, pour moitié issus du répertoire d'Aitken, dont des nouvelles compos communicatives au possible : "Bad Minded Woman", "It's Too Late" ou "Sugar Sugar", écrit pour Doreen Shafter, qui apparaît d'ailleurs en guest vocalist sur cette dernière gâterie. DL 3 - À ranger entre Skatalites etÉ Laurel Aitken (fastoche !) Spock's Beard Don't Try This At Home (SPV/InsideOut, 085 41162 ) - 6 titres, 50m18s - Produit par Spock's Beard - Sortie début avril 2000 Prog rame. Spock's Beard en live n'est guère plus convaincant qu'il ne l'est en studio. On se voit confronter à la même musique brillamment interprétée, mais dénuée de toute originalité, et plus grave, de toute passion. Tout ici fut entendu de nombreuses fois ailleurs, et de manière plus inspirée. On se demande vraiment pourquoi Neal Morse s'attarde dans ce vain équipage : il ferait mieux de se consacrer à plein temps à Transatlantic, qui flatte bien mieux son talent. Surtout, suivez le conseil donné par le titre et n'emportez pas ça chez vous. HP 1 - À ranger entre du sous-Genesis et de l'infra-Yes Subway Superautomatic (Dry Records)- 12 titres, 45 m46s - Autoproduction - Disponible Rock Francais Féminin. Bon, évidemment, vu comme ca, le lecteur va penser avoir affaire à l'équivalent local de Hole ou des Breeders, mais il n'en est rien, rassurez-vous, les quatre filles qui guitarent, bassent, drumment et chantent dans Subway ont d'autres ambitions et, surtout, d'autres sources d'inspiration, à l'image de ces premières parties prestigieuses qu'elles ont déjà effectué : New Model Army, Offspring, Nada Surf etÉ Indochine ! Les atouts de cette jeune (on ne peut pas écrire "nouvelle", vu qu'elles avaient déjà enregistré un premier album dans le passé) formation sont des voix acidulées et haut perchées, des guitares énervées qui virevoltent dans tous les sens et des chansons qui, si elles parlent presque exclusivement d'amours ratées et de vie quotidienne, possèdent néanmoins un charme fou et une certaine classe qui les distinguent des autres rock apprenties de notre beau pays. À noter un émouvant hommage à Janis Joplin (avec des vrais morceaux de voix dedans !) sobrement baptisé "Janis". TS 4 - À ranger entre Noir Désir et Skunk Anansie T-Model Ford She Ain't One Of Your'n (Fat Possum/Epitath/PIAS) - 12 titres, 37m10s - Produit par Matthew Johnson & Bruce Watson - Sortie mai 2000 Blues superbement traditionnel. T-Model Ford, bluesman noir et foutrement doué, est un personnage hors du commun. Il n'a jamais mis les pieds à l'école, n'a jamais lu un livre de sa vie (peut-être parce qu'il ne sait ni lire ni écrire), il a (paraît-il) tué un homme et purgé une lourde peine de prison pour cet acte lourd de conséquences. Sa dernière cuite vraiment mémorable remonte aux années 40s (bon sang, cela lui fait quel âge) il se balade toujours avec un couteau dans sa poche et sa guitare qu'il a amoureusement surnommé "Black Nanny", il a effectué de triomphales tournées au Japon, en Australie et aux USA. Il va bientôt être la figure de proue du blues documentaire "Tsk Tsk Tsk : The Fat Possum Story". Il a approché la mort de très près à plusieurs reprises et il en est à son troisième album. Il y a sûrement des curriculum vitae moins remplis ! Au menu : du blues, du blues et encore du blues ; mais alors, du royal, celui avec le poulet, les merguez, les boulettes et les morceaux de mouton. TS 3 - À ranger entre Robert Johnson et Hank Williams Tanger Le Détroit (Mercury/Universal - 542311-2) - 14 titres, 63m31s - Produit par Gary Lucas et Philippe Pigeard - Sortie fin avril 2000 Chanson Francaise Rock de qualité. Le nouvel album de ce groupe définitivement et délibérément pas comme les autres est beaucoup plus accessible que les deux précédents : textes moins hermétiques, musique plus rentre-dedans (souvent à la limite du pur rock & roll), format standard -à savoir les trois minutes trente réglementaires- plus souvent utilisé et respecté, gros son et grosse production (assurée par Gary Lucas, le guitariste du dernier Captain Beefheart Magic Band, producteur de renom depuis son travail sur le Grace du regretté Jeff Buckley). Attention, il n'est nulle part écrit que Tanger sombre dans la facilité, hein, ne vous méprenez pas : leur rencontre avec les musiciens de Dar Gwana les a poussé à triturer d'une drôle de manière le classique "Marianne" de Leonard Cohen, ou bien encore à enregistrer ensemble d'hallucinantes "Tanjah Vibes"(presque six minutes de pur délire instrumental) et la suite finale, ce long morceau baptisé "Aux Lumières De Six Heures" ne consentira à cohabiter avec les autres chansons qui hantent votre cerveau qu'après de longues et harassantes heures d'écoute et de négociations. TS 3 - À "ranger" entre La Mémoire Insoluble et le prochain Tribe Of Gypsies III (Sanctuary/NTS-Wagram) - 11 titres,44m48s - Produit par Roy Z - Sortie le 2 Juin 2000 Rock Latino. Carlos Santana peut enfin, autant pour lui que pour nous, prendre une retraite tardive mais largement méritée ! La nouvelle garde du rock latin, au sang si chaud et aux guitares si entraînantes, est là, prête à reprendre le flambeau et à transmettre aux futures générations les Tables de la Loi Chicano : de belles chansons ("The Flower", "It Don't Bother Me") tu écriras, avec une profonde voix de gorge ("Rays Of Sun", "What Cha Want") tu les chanteras, des rythmes languissants et de nombreuses percussions tu ajouteras ("Up", "Better Days" ) et, surtout, le plus fidèle aux Grands Anciens ("Dreams" et toutes les autres) tu resteras. Excusas ! Où en étions-nous restés ? Ha oui, la nouvelle garde du rock latin. Le plus étonnant, c'est que le groupe de Roy Z (bien connu pour son travail avec Rob Halford, Bruce Dickinson et présentement Helloween) frappe un grand coup là où on ne l'attendait pas du tout : tous les hardos du monde doivent en être babas ! TS 4 - À ranger entre le Tribe Of Gypsies II et le Tribe Of Gypsies IV Uncommonmenfrommars Welcome ToÉ (Cascade Productions/Wagram, 3058422) - 7 titres, 18m18s - Produit par Préhisto' Records & La Cascade - Sortie début mai 2000 Punk Rock Energique. Ce groupe au nom improbable à moins d'en séparer les différents segments (et encore vous sera-t-il épargné le titre de l'album dans sa totalité : il faut le lire pour le croire !) s'est constitué quand les trois frères Trint, Daff & Ed, après une jeunesse insouciante passée à Washington, ont sagement suivi leurs parents frenchies qui commencaient à souffrir un peu trop du mal du pays. À peine débarqués en terre étrangère, ils s'acoquinent avec un certain Big Jim et ne tardent pas à former ces Hommes Hors Du Commun Venant De Mars, la plus grosse rigolade (dans le bon sens du terme, évidemment) de ces six derniers mois : pas de prise de tête sur la manière dont l'Homme court à sa perte, pas de message lourdingue dont tout le monde se contrefout royalement ; non, du punk rock mélodique teinté de ska et de reggae exécuté pour le fun (une notion qui a presque complètement disparu du vocabulaire et de la vie de tous les jours, le FUN !) et avec un savoir-faire certain. Il ne nous reste plus qu'à prier pour que ces Hommes, se plaisent sur notre planète et ne retournent jamais sur Mars. TS 3 - À ranger entre Man Or Astroman ? et Burning Heads Armand Van Helden Killing Puritans (EastWest) - 11 titres, 73m52s - Produit par Van Helden - Sortie le 26 mai 2000 Freestyle. On savait déjà que la forte personnalité de Van Helden jouait le rôle du grain de sable dans les rouages du paysage électro, alors il n'y a rien de surprenant à découvrir un album très perso, loin des précédentes agapes métamorphosées en fonds de commerce du réseau FM. Et si l'on tient compte de ces derniers exploits tubesques, ce Killing Puritans pourrait éradiquer tel un désherbant, les jeunes pousses adeptes du clubbing. Ici, l'auteur se moque des standards, abuse d'un retour au hip hop, ignore le groove au profit d'une inspiration minimaliste qu'il fait tourner en boucle sur des titres avoisinant les dix minutes. En gros, il s'amuse (et c'est bien le seul) à pousser le traitement jusqu'à l'ivresse du ras-le-bol, voire l'extrême perplexité. LE 2 - À ranger entre Freestyler et Mr Oizo Stevie Ray Vaughan and The Double Trouble Blues At Sunrise (Legacy/Epic, 4978582) - 10 titres, 70m29s - Produit par divers - Sortie le 29 avril 2000 Blues. Calmez-vous, ce n'est pas un nouvel album, mais une compilation des titres de Soul To Soul, In Step, The Sky Is Crying, Couldn't Stand The Weather et Texas Flood.. Ce qui ne représente aucun intérêt car sortis de leur contexte respectif les morceaux perdent une part d'histoire, celle du guitariste. Ainsi, sur dix titres, seules trois surprises s'ajoutent au rayon des archives : "Tin Pan Alley", version live enregistrée à Montreaux en 85 ; "Texas Flood", extirpé de la vidéo du Live At The El Macambo (ce n'est pas le meilleur passage) ; et "Blues At Sunrise", session live aux côtés d'Albert King. Là, on préférera nettement écouter l'excellent intégral du show TV, capturé sur In Session. Il serait temps de dénicher de véritables perles rares, plutôt que de jouer avec les nerfs des aficionados ! LE 4 - À ranger entre Greatest Hits et The Real Deal, vol. 2 Various Artists Manifeste (APC/Pias) -14 titres, 7Omn 26s- Réalisé par Jean Touitou Compil. Vous ne verrez pas sur le petit écran de promo forcenée pour cette compil, car elle ne contient aucun tube, ni aucune star faisant la une des magazines. Rassemblement bizarre et hétéroclite d'artistes de qualité mais au succès confidentiel, si l'on excepte ce grand monsieur qu'est Lili Boniche. Ce Manifeste semble n'avoir qu'un seul but, faire plaisir à son initiateur.Jean Touitou, couturier hors norme, et tant passionné de musique qu'il ajouta un département musical à son atelier de création textile. On peut reprocher a cet album, s'il ne manque pas d'intérêt, son manque d'homogénéité et se demander quel public il peut bien rencontrer. N & D S-D 2 - À rangerÉ (à vous de voir) Carl Verheyen Atlas Overload (Provogue/MSI, PRD 71272) - 11 titres, 53m26s - Produit par Carl Verheyen- Sortie début mai 2000 Guitarock. On pouvait craindre le pire : encore un de ses exercices de branlette guitaristique pour musicien surdoué désireux d'étaler ses prouesses, le genre de truc heavy clean à la Satriani ou pire. Ménon ménon, cédutoubon. Dès le premier morceau, de suaves références à Sonny Landreth viennent suggérer que ce Verheyen est plus malin que beaucoup de ses confrères guitar-heroes trop enflés d'eux-mêmes. La suite se déroule avec élégance et sans ennui : la voix est bonne, la guitare surprend en évitant judicieusement tous les exercices trop convenus, les mélodies se montrent aérées, parfois aériennes; et même si tout cela ne manifeste une personnalité ni marquée ni marquante, on se laisse divertir joliment. HP 3 - À ranger entre ses Fender The Workhorse Movement Sons Of The Pionners (Roadrunner)- 14 titres, 47m38s - Produit par Santos - Sortie début Juin 2000 Fusion Intelligente. Si, cela existe et The Workhorse Movement en est l'une des meilleures preuves en circulation ! Il semble que, parfois, la fumette à très fortes et fréquentes doses produise des effets bénéfiques : | |||||||||||