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COMPACT #3 - Mai 2000 |
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z | ||||||||
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Aelian A Tree Under The Colours (Musea, FGBG4326AR) - 8 titres, 41m50s - Produit par Daniela Vercelli - Sortie fin mars 2000 Azzuro Prog. Les groupes italiens sont souvent remarquables, car ils conjuguent virtuosité, savoir-faire et passion. Ce quintette de Gênes n'échappe pas à la règle, et ce second album, sept ans après un premier opus oublié, permet de (re) faire connaissance avec un groupe frais et attachant. Leur rock magistralement mis en place et en son est notablement inspiré de Yes, période Trevor Rabin, mais a l'astuce de faire des oeillades judicieuses du côté du FM rock ricain façon Foreigner ou Styx, ce qui lui donne une personnalité plutôt bien dosée, et renforcée par celle d'un excellent chanteur, Mark Aixer. Tout cela est moins rossinien que PFM, moins vivaldien que Rhapsody, mais ce rock de soleil et d'azur séduit subtilement son monde. HP 3,5 - À ranger entre 90125 et Foreigner American Dog Last Of A Dying Breed (Axe Killer/Wagram, 3055922) - 10 titres, 43m37s - Produit par American Dog - Sortie avril 2000 Heavy Rock ; Depuis la nuit des temps, on connaît les bienfaits de la formule "power trio". Bien souvent une véritable machine à riffs qui vous martèle les tripes dans tous les sens. Du power trio ces chiens américains détiennent toutes les ficelles et délivre un rock mâtiné heavy, boogie et blues qui pue la sueur, le scotch et la bière ; bref un power trio comme on les aime ! Certains d'entre vous se remémorent peut-être les excellents Peer Gunt et le dommage que leurs rondelles pouvaient occasionner à nos esgourdes. On est dans le même registre. Pour les autres, sachez que ce disque est bourré de bonnes chansons que l'on sirote très fort en écoutant une bière bien fraîche. En prime des reprises de Twisted Sister, The Angels et Alice Cooper... Alors sans glace SVP hein ! PLR 3,5 - À ranger entre The Four Horsemen et Johnny Crash The Angels No Exit (Axe Killer/Wagram, 3055882) - 10 titres, 42m12s - Produit par The Angels & Mark Opitz - Sortie avril 2000 Putain de bon rock. Encore Merci ! Merci grand label français d'avoir eut la bonne idée de distribuer dans notre contrée le dernier album des The Angels et le fabuleux LiveLine de la bande aux frères Brewster. Merci enfin pour avoir décidé de sortir tous les albums du groupe dans de superbes versions agrémentées de luxueux livrets. No Exit, paru initialement en 1979, n'a pas pris une ride et botterait bien le derrière à quelques petits jeunots ! Cet album faisait suite à Face To Face et, comme son prédécesseur contient bon nombre de classiques du groupe australien. Jetez une ouie bien ouverte sur "Mr Damage", "Shadow Boxer", "Can't Shake It" et puis non, c'est trop dur, écoutez Tout en priorité ! Courez chez votre revendeur de bruits et mélodies en tout genre acquérir les albums susnommés en attendant impatiemment les prochaines rééditions. IN-DIS-PEN-SA-BLE ! PLR 5 - Encore un de ceux qu'on ne range pas Arena Immortal ? (Verglas/MSI-VGCD 019) - 7 titres, 55m18s - Produit par Clive Nolan et Simon Hanhart - ortie le 25 avril 2000 Prog Récif. Arena fut longtemps présenté comme un sous-Marillion, jusqu'au jour où son troisième album, The Visitor, s'imposa comme un disque magistral qui ne devait rien à personne. Depuis, Pointer et Nolan ont un peu remanié le groupe (nouveau chanteur, au gosier plus heavy que son prédécesseur, et nouveau bassiste), mais n'ont pas quitté leur schéma directeur, c'est-à-dire poursuivre ce qui avait été initié par Marillion du temps de "Incommunicado", et abandonné depuis, donc une prog certes classique mais judicieusement chromée sur les bords. Arena n'est toujours pas très innovateur, mais ses solides mélodies et ses sonorités raffinées ont de quoi séduire. On aurait tort de penser que c'est juste un groupe "faute de mieux", même si ce n'est ni Transatlantic ni Porcupine Tree. HP 3,5 - À ranger entre Marillion et Pendragon Ark (NTS/Wagram, 3056282) - 7 titres, 50m42s - Produit par Ark - Sortie le 10 mars 2000 Heavy évolutif. Ce trio en trois lettres procède de l'union fortuite mais féconde de deux norvégiens, John Macaluso (ex-TNT, et actuel drummer de Malmsteen) et Tore Ostby (guitariste de DC Cooper), avec le germain Jorn Lande (ténor d'Uli Roth). Des gens résolus à ne pas riffer idiots, et qui ont décidé d'apporter toute leur soif d'innovation à l'élaboration d'un heavy metal redimensionné. Objectif pleinement atteint par ce premier album vraiment enthousiasmant, où l'on admire tour à tour l'originalité indéniable du son, la voix très Coverdale de Lande (normal, il fut formé par les Snakes Moody et Marsden), le drumming réellement recherché de Macaluso. On ne peut donc que vous recommander la découverte de ce gang passionnant qui renouvelle les règles d'un hard game qu'on croyait à jamais sans surprise. HP 4 - À ranger entre King's X et Whitesnake Baby Strange No Rest For Bandits (Autoprod) - 5 titres - 21m37s - Dispo au 01.43.57.81.85 Rock. Argh, que ça fait du bien d'entendre ça, de savoir que la connection Johnny Thunders/MC5 et consorts continue de survivre en France, via des formations de cet acabit ! Le son est assez approximatif, ce qui ne gène cependant pas l'écoute de ce rock & roll pur jus, l'énergie et la bonne volonté de ces récidivistes increvables faisant plaisir à entendre. Jubilatoirement basique, la musique de Baby Strange permet de faire revivre les classiques indémodables (reprises des Stones, d'Alice Cooper ou des Heartbreakers sur scène) tout en apportant à cette grande famille quelques nouvelles giclées rock & guts du plus bel effet. Rock on !É DB 3 - À ranger entre London Cowboys et Dogs d'Amour Bentley Rhythm Ace For Your Ears Only (EMI) - 13 titres, 57m02s - Sortie le 15 mai 2000 Techno. Avec un titre qui annonce une telle couleur, il n'est guère étonnant que ce nouveau BRA soit plutôt destiné aux dance floors qu'à une écoute pantouflarde. On aurait tort pourtant de ne voir ici qu'un disque visant à faire accélérer notre rythme cardiaque ; en effet, au lieu de démultiplier les riffs électroniques, le groupe s'aventure sur des terrains bruitistes ("MadamÉ") et mêle à sa techno des saveurs calypso ("A Lot Of Stick"), ou même easy listening ("Summersong Blue") ! Voilà un album qui a pour but de s'affranchir des stéréotypes d'un genre, cela est suffisamment méritoire pour être souligné. CF 4 - À ranger entre Laurent Garnier et Chemical Brothers Eric Bibb Roadworks (Ruf/Night & Day, RUF1048) - 14 titres - 51m45s - Produit par Dave Bronze - Sortie avril 2000 Blues. Eric Bibb est un type formidable. Il a en lui, en plus d'un don pour les mélodies qui frappent aux bonnes portes, et cette voix vibrante qui nous fait décoller loin, bien loin de cette sinistre planète, une générosité doublée d'une modestie qui décuplent son oeuvre et lui confèrent une dimension sur-multipliée. Cet album, qui reprend différents enregistrements effectués l'an passé sur la route, aligne de magnifiques compositions en demi-teintes, mais aussi des morceaux traditionnels ("Tell Ol' Bill", "Candy Man", "I Want Jesus To Walk With Me" et "Goin' Down Slow") savamment ré-arrangés par notre homme, le tout à trois guitares, essentiellement acoustiques, mais aussi avec un peu de violon, de mandoline ou de slide. Réellement émouvantÉ SL 4 - À écouter les yeux fermés, avec un bon cognac Bibi Tanga Le vent qui souffle (Hipi Music/2 Good, 3349017) - 13 titres - 54m49s - Produit par Emilie Pianta - Sortie le 28 mars 2000 Bluesypop. Multi-instrumentiste couronné par le prix Sacem et le prix du public du concours de la chanson française à Tarbes, Bibi Tanga couche sur le papier musique le quotidien d'un artiste installé en Seine-Saint-Denis. Resto baskets, Rougemont la cité prison, l'histoire du vent à l'origine de nombreuses colonisations, autant de sujets avec lesquels jongle l'auteur, sur un premier opus qui n'a rien d'amateur. Sans doute, la participation de Danyo' et Isaac, respectivement bassiste et tromboniste de la Malka Family ajoute l'aplomb nécessaire à la tenue de route de l'album et sublime ces poèmes urbains teintés de sonorité jazzy. Plus qu'une simple découverte, Bibi Tanga est une révélation. LE 3 - À ranger entre Tété et FFF Big Country Driving To Damascus (SPV/Musisoft, 085-29822) - 14 titres - 67m38s - Produit par Rafe McKenna - Sortie mars 2000 Rock. Cet album de Big Country aura mis du temps à venir. Ayant sans doute traversé la Manche à la nage (il est sorti chez nos voisins anglais début septembre dernier !), cette version n'en est pas moins la troisième : après la sortie initiale, une édition digipak limitée avec une pochette différente et deux inédits, voici venu le temps de la version allemande distribuée enfin en France avec quatre autres bonus tracks ! Toujours plus respecté par ses pairs (le groupe a ouvert pour les Rolling Stones -à leur demande- une vingtaine de shows de leur dernière tournée européenne ; et a aussi joué avec Page & Plant) pour l'excellent groupe qu'il est (17 singles classés dans le top UK, quand même !). Big Country s'enlise chez nous dans de ventes de plus en plus confidentielles, faute d'une réelle promotion ou même d'un simple petit concert ici (la nouvelle tournée contourne soigneusement nos frontières), un comble quand on sait à quel point le quatuor assure sur scène ! Le contenu de ce huitième album studio aura donc bien peu d'importance, puisque de toute façon il n'intéressera qu'un groupe de gens déjà acquis à la cause du groupe. De superbes mélodies, toutefois, avec un peu moins des guitares) accordéon qu'à la flamboyante époque, mais un savoir-faire et un don d'écriture assez impressionnant. Définitivement un bien grand groupe !É CG 4,5 - À ranger pas loin de Why The Long Face ? Blues Against Racism Blues Against Racism (On A Faim ! - OAFD033) - 17 titres - 72m26s - Produit par divers - Sortie mars 2000 Le titre se suffit à lui-même. Ça commence par le discours de MLK, suivi de "We All Have De Dream" live par Little Bob ; autant dire qu'on rentre d'emblée dans le vif du sujet, à savoir non seulement un disque pour la bonne cause -car il est toujours bon de rappeler les choses essentielles-, et une collection de bonnes chansons. Hormis notre Bob et les Juju Messengers (remember leur très bon album paru l'an passé), les autres artistes présents sont des découvertes et, la plupart du temps, de très bonnes découvertes. En bonus, un livret complet présente tout ce beau monde, mais aussi quelques bonnes citations, un mini-dossier écrit spécialement et les contacts de la presse spécialisée blues. (On A Faim !, BP 166, 86004 Poitiers Cédex ou http://ipsec prod.org/oaf). SL 4 - À placer sur l'échiquier blanc et noir, jusqu'à ce qu'il devienne totalement noir ET blancÉ Bobby Hatch Bobby Hatch (Declick Productions) 7 titres - 19mn 01s -Produit par Bobby Hatch Ska. Il s'agit d'un petit album frais et sympa, qui nous vient de la région de Tours. À ce propos, Il ne faut d'ailleurs pas perdre de vue, que la grande majorité des groupes qui tournent actuellement et qui sortent des disques, notamment dans le reggae, viennent de province, et des endroits les plus reculés de l'hexagone. C'est là, que la musique vit et prend forme, et pas dans les salons parisiens des majors. Les Bobby Hatch, pour ce premier opus se sont auto produits, avec l'aide de quelques potes de la région. Cousins de La Ruda Salska, leurs débuts sont prometteurs, un reggae-ska vigoureux, un peu maladroit par moments, mais bon " on n'est pas sérieux quand on à 17 ans ". Un petit bémol quand même, leur choix de chanter en anglais n'est peut-être pas des plus judicieux vu l'accent pas terrible, terrible... C'est là bien peu de chose. Donc, si ils passent par chez vous, allez leur rendre visite ou commandez leur album à Radio Béton 9 place St Anne 37250 La Riche. NDSD 2,5 - À ranger entre La Ruda Salska et Mix Up John Brassett True Belief (Real Cash Money, RCM 52) - 11 titres, 44m07s - Produit par Didier Lamaze - Sortie le 24 novembre 99 Pop Rock. Voilà un curieux album que celui de cet Anglais méconnu. True Belief démarre en effet sur un canevas pop intimiste à saveur bucolique (voix et instrumentation claires), pour s'orienter ensuite vers des schémas d'abord légèrement "sydbarrettien" ("Go Crazy") et finalement électroniques presque dignes d'un Alan Vega assagi. Manque bien évidemment une impression de continuité qui reste, hélas insuffisamment, contrebalancée par des titres excellents, des trémolos de guitare enivrants et une simplicité réconfortante en ces temps d'inflation instrumentale. À picorer ! CF 4 - À ranger entre DB's et Devo. Till Brönner Chattin With Chet (Verve, 1575342) - 11 titres - 53m01s - Produit par Till Brönner - Sortie le 4 avril 2000 Drum & Jazz. Le trompettiste allemand choisit pour son cinquième album de rendre hommage à l'une des figures charismatiques du jazz : Chet Baker. Douze ans après la disparition du plus mélancolique- des jazzmen, "You Don't Know What Love Is" ou "My Funny Valentine" réapparaissent sous la tutelle d'additifs électro. Inutile de crier au sacrilège, la métamorphose s'opère en douceur, marque le respect d'une nouvelle génération envers ses pères. Till alterne son jeu subtil et le chant, tout en préservant la candeur du Chet. Sauf pour Cole Porter égratigné au passage par le flow du rapper Supernatural. Malgré cela, nous pouvons parler d'un lifting audacieux dont Verve peut se vanter et qui appâtera probablement un nouveau public sur le label. LE 3,5 - À ranger entre Chet Baker et George Benson Jeff Buckley Mystery white boy (Columbia) -12 titres, 78m37s - Produit par Mary Guibert & Michael Tighe-Sortie le 10 mai 2000 Live anthologique. Les rares privilégiés qui ont eu l'immense bonheur d'assister aux extraordinaires prestations live du défunt et regretté Jeff Buckley. Lors de ses concerts au Bataclan ou à l'Olympia ont certainement encore en mémoire la puissance émotionnelle de sa présence scénique et l'intensité déchirante qui se dégageait de cette communion quasi-mystique entre l'artiste et son public pour faire de chaque spectacle un événement aussi rare qu'inoubliable. Inutile de dire que cet album de douze titres, mélange de classiques, de reprises ou d'inédits enregistrés entre 95 et 96 lors de son ultime tournée en Australie, aux USA et en Europe (avec deux morceaux played in France, l'un à Lyon, l'autre à Paris) constitue un pur joyau apte à séduire le fan le plus blasé. Échantillon concocté avec soin (la mère du chanteur et les membres de son groupe ont eux-mêmes opéré la sélection) et parfaitement représentatif du talent intuitif du bonhomme, de son génie de l'improvisation vocale. Ce disque miraculeux qui s'impose d'emblée au rang des disques live incontournables de l'histoire du rock et qui culmine par une sublime version quais a capella du "Hallelujah" de Leonard Cohen, nous fait, à chaque écoute, un peu plus mesurer la perte immense engendrée par la disparition brutale de ce talent aussi unique que bouleversant. Cet ultime et magnifique saut de l'ange procure assurément le grand frisson mais aussi une impression de grand videÉ PR 5 - À ne ranger sous aucun prétexte ! Calexico Hot Rail (City Slang/Labels/Virgin) - 14 titres, 53m21s - Produit par on ne sait pas encore qui - Sortie le 9 Mai 2000 Connection Giant Sand/Rocky Blanchette/etc. Autant dire du bon rock made in Tucson bien juteux ! Le groupe de Joey Burns et John Convertino, par ailleurs membres à part entière de Giant Sand continue sa quête du Saint Graal Texan. La durée des compositions en dit long sur la volonté de Calexico de sortir des chemins balisés. On passe de la minute intense de "Ritual Road Map" aux sept minutes et quelques de "Fade", longue errance qui laisse à penser que le groupe a franchi à de nombreuses reprises la frontière mexicaine, ces derniers temps, tout comme le laissent supposer les magnifiques instrumentaux que sont "El Picador", "Tres Avisos" et autres "Muleta", hombre hombre !!! TS 4,5 - À ranger entre le précédent et le suivant, pas moyen de faire autrement ! Chumbawamba WhatYouSeeIsWhatYouGet (EMI) - 22 titres, 47m47s - Produit par Neil Ferguson et C - Sortie le 3 mai 2000 Grande Pop. Réjouissez-vous, peuples amers ! Pas assez mais régulièrement, des groupes dits "rock" se souviennent de l'essence même de cette musique : un bluffant équilibre entre grosse déconne, désespoir et liberté créative. Évidemment, un brin de génie aide et, cela tombe vraiment bien, c'est le cas de Chumbawamba. As du gimmick mélodique qui tue (quel morceau de cet album n'est pas un single potentiel ?), artisans ouverts et heureux de brasser toutes les influences musicales possibles et imaginables (dans l'esprit, on pense à Queen), ils ont également des paroles corrosives et malignes à proposer. Le livret, passionnant, avance même quelques explications de texte politiquement incorrectes. Vendez vite, au hasard, le poussiéreux et prétentieux dernier Lou Reed et partez pour ce voyage musical authentiquement imaginatif. Extasy !!É MEK 4,5 - À ranger entre B 52's et Boss Hog Concerto Moon Rain Forest (NTS/Wagram 3056352) - 11 titres, 59m03s - Produit par Norifumi Shima et Yasuhide Okuyama - Sortie fin mars 2000 Métal Nippon. Depuis cinq ans environ, Concerto Moon s'est imposé comme l'un des groupes les plus remarquables de la scène lourde japonaise, versant heavy mélodique. Sous la houlette fébrile de son remarquable guitariste Norifumi Shima, ce quintette spectaculaire a produit trois albums studio -dont ce Rain Forest est le plus récent -et un live, que NTS a la bonne idée d'éditer tous en bloc par chez nous. Le groupe mélange astucieusement les références au symphospeed, à Rainbow et à Malmsteen, et a atteint un réel point d'achèvement avec ce Rain Forest très abouti. Depuis, le chanteur du groupe est parti, obligeant Concerto Moon à un nouveau départ, mais on ne le regrettera guère : le meilleur morceau du disque est un instrumental, c'est tout dire. Mais voilà un groupe aussi savant que sapant, à découvrir. HP 3,5 - A ranger entre Rainbow et Malmsteen D. Franck Insert Coin (S Presso/ Mélodie, SPO9CD089872) - 12 titres - 58m11s - Produit par D Franck & Vieux Cours - Sortie le 19 avril 2000 House. Depuis 93, cet originaire d'Orléans occupe la scène house locale dont il favorise le développement. Il faudra pourtant attendre novembre dernier pour que la presse se tourne vers lui ou plutôt vers son maxi Perfect Beat, programmé par les DJs français et anglais. Fort de cette expérience (confirmée une seconde fois par le maxi Not Satisfied), D. Franck réitère l'essai en produisant ce premier album dancefloor qui arrive à temps pour s'engouffrer dans le profond sillage de Superfunk, car le garçon professe une certaine préférence pour les vieilleries groove, tout comme les marseillais. Dans le genre, Insert Coin remplit au mieux sa mission, à savoir de maintenir coûte que coûte l'exaltation à son paroxysme. LE 4 - À ranger entre Silicone Soul et Superfunk Debout Sur Le Zinc Debout Sur Le Zinc (Ambre/Musisoft, MDCD 717)-13 titres, 41m10s - produit par Alain Cluseau - sortie début 2000 Chanson Française. Debout sur le zinc évolue au sein de la nouvelle chanson française, celle des Ogres de Barback, des Hurlements de Léo, ou encore des Têtes Raides dont ils partagent le côté festif et la couleur musicale. Leur nom vient d'un poème de Prévert que Reggiani chantait sur scène. Les sept musiciens tournent sans relâche depuis 97 leur mosaïque de rock, au sang mêlé de musiques Tziganes et Irlandaises avec, à l'arrivée, une couleur unique et des arrangements inventifs de violons et d'accordéons. Les textes quant à eux défilent à toute vitesse entre réalité et fiction dans un univers proche de la langue d'Audiard et de Prévert. Qu'il est beau mon bistrot de la rue de Clignancourt avec en fond sonore Debout sur le zinc. JCM 3,5 - À ranger entre nostalgie et bonne humeur The Del Lords Get Tough : The Best Of The Del Lords (Restless, Import US) - 18 titres - 73m17s - Produit par divers - Sortie fin 1999 Rock & Guts. Si vous connaissiez -et donc appréciez, il n'y a pas d'alternative- les Del Lords, vous serez on ne peut plus excités à l'idée de posséder ce best of compilatoire . Pour commencer, cela permet d'avoir sous forme de CD, les meilleures perles des deux premiers opus du groupe (jamais sortis dans ce format) mais même, si vous possédez la totale en vinyl et continuez de l'écouter, vous pourrez découvrir trois petits inédits parfaitement bien intégrés à l'ensemble (dont un titre chanté par Manny Caiati le bassiste), c'est-à-dire furieusement rock & roll !!! Bref, un flash-back agréablement équilibré et plutôt bien senti question tracklisting sur les quatre albums du groupe (Frontier Days, Johnny Comes Marching Home, Based On A True Story et Lovers Who Wander). Grandissimo !É CG 5 - À ranger avec les Del Fuegos, aussi furieux et éternelsÉ The Delgados The Great Eastern (Produit par Dave Friedman - Sortie le 18 avril 2000 Rock indépendant. Ce troisième album a mis 15 mois à voir le jour, mais cette attente valait la peine. On y trouve en effet des morceaux qui frôlent le sans faute tant leur impact émotionnel est sidérant. Alternant arrangements dépouillés et chorus explosifs, des voix fragiles narrent leurs contes, faits de vulnérabilité ("chanter faux me rappelle que je suis libre") et d'espoir ; en une prodigieuse palette de ce qui constitue les sentiments humains. Les titres sont somptueux, le savoir-faire efficace car contenu ; voilà un imaginaire auquel on ne peut qu'adhérer ! CF 4,5 - À ranger entre Velvet Underground et Flaming Lips The Delta 72 000 (Touch & Go/PIAS, G212CD) - 10 titres - 35m17s - Produit par Adam et Eve - Sortie le 27 mars 2000 Rock funky. Voilà un bien curieux groupeÉ Beaucoup de remue-méninges pour pas grand-chose serait-on tenté de dire ! Une guitare fuzz ou wah-wah qui abasourdit, au milieu d'un rock daté early seventies (72 ?), le tout enregistré au fameux studio Tongue & Groove de Philadelphie, où fut notamment mis en boîte Exile On Main Street des Stones enÉ 72 ! Bref, du vieux pour faire du neuf, mais pas réellement de fil conducteur sur cet album court qui paraît interminable et dans lequel on s'ennuie rapidement. Ça sent les fonds de tiroirs et pourtant le groupe n'avait rien sorti depuisÉ 94 (oui, quand même pas depuis 72 !). Six ans pour une demi-heure à peine passable, faut abandonner, les garsÉ ET 1,5 - À ranger entre J.Geils Band et Royal Trux Dit Terzi Dit Terzi (Boucherie/Pias)-13titres, 7m53s - produit par Gilles Martin - Sortie le 20 Mars 2000 Ethno-chanson Française. Claire Dit Terzi, ex-Forguette Mi Note signe un premier album de chanson française aux textes poétiques et sensuels sur fond d'ethno-dance. Ici, la recherche et la créativité musicale dominent et les références aux sonorités nouvelles ne manquent pas. Dès la première écoute, on sent que l'on tient quelque chose de jovial et de profond à la fois, où se mélangent avec délices les influences du chant oriental et de la langue de Voltaire. Les instruments traditionnels (guitare, dobro, appeaux et kalimba) parfumés aux couleurs électroniques nous emmènent pour un voyage au pays de la féerie. Un son et un phrasé originaux, en finesse, qui mettent en relief la délicatesse, l'intensité de l'âme et de la voix. Dans son genre, ce Dit Terzi constitue l'une des plus belle surprise du printemps. JCM 4,5 - À ranger entre Claire et Dit Terzi Djins Djins (Hammerbass Records/M10) 10 titres - 62m27s - Produit par Djins - sortie en février 2000 Dub électronique. Les plus attentifs aux nouveaux sons des soirées branchées parisiennes n'ont pu passer à côté du renouveau du dub dans le cadre de la musique "actuelle", et plus particulièrement du drum & bass. Djins, c'est Philip et Yao, deux multi-instrumentistes de talent qui ont réuni sur leur premier album éponyme un savant mélange de musique du monde et de tout ce qu'on peut trouver dans la scène underground d'aujourd'hui. Ainsi se côtoient des instruments tel qu'une kora, un violon et des cuivres sur un fond électro. De la musique à danser donc, aux sonorités cependant parfois un peu trop synthétiques, mais qui n'en dévaluent pourtant pas des titres comme "Les Frères", à découvrir absolument afin de réconcilier les plus roots avec la modernité. CD'O 3,5 - À Ranger entre Jahan et Arthur Baker Dokken Live From The Sun (Steamhammer/Musisoft, 085-21742P) - 11 titres; 69m09s - Produit par Dokken - Sortie fin mars 2000 Heavy rock US. Tiens un nouvel album live de Dokken. Mr George "Tête de Lard" Lynch encore une fois parti reformé son Lynch Mob inutile, Red Beach, autre virtuose de la six cordes arrive à sa place et du coup, comme par magie, le groupe retrouve une certaine cohésion musicale. C'est indéniable, Dokken était dans son domaine un des tous meilleurs et les compos de ce surprenant live qui font la part belle à la grande époque de la bande à Don sont là pour en apporter l'ultime preuve. Aussi, même si la musique du quatuor américain n'est peut-être plus vraiment d'actualité et que l'on sent ici ou là des petites retouches studio, il n'est pas interdit de passer un bon moment en feuilletant à nouveau quelques bons vieux moments de heavy rock US. Après tout, il n'y a pas de mal à se faire du bien ! PLR 3,5 - À ranger à la place du précédent live insipide Dr Feelgood Chess Masters (Grand/Musisoft, GrandCD23) - 14 titres - 47m53s - Produit par Jeff Eyrich - Sortie mars 2000 Potion magique. Si vous écoutez ce énième (et hautement jubilatoire) album du docteur-que-après-on-se-sent-mieux, sans lire les notes de pochette, vous ne verrez pas ce qui le différencie de ses petits camarades de classe : grattes qui démangent, rythmique qui gratte, et Robert Kane qui, sans faire oublier Lee Brilleaux (impossible !) s'impose de plus en plus comme l'unique remplaçant digne de ce nomÉ Non, vous n'y verrez d'emblée qu'un album du Feelgood de plus, et plutôt un bon ! Et pourtant, le quatuor nous propose bien plus ici, puisqu'il s'agit d'une collection de reprises du riche catalogue Chess, d'où son titre à double sens, à savoir des morceaux de Sonny Boy Williamson, Chuck Berry, Willie Dixon ou encore Doc Pomus (le rétrospectivement bien nommé "Send For The Doctor"). En prime, quelques invités de marque, dont Rick Wakeman au pianoÉ SL 4 - À ranger avec la totale Chess Echoboy Volume One (Mute/Labels, 7243 8 4908225) - 8 titres, 45m11s - Produit par Echoboy - Sortie le 25 avril 2000 Electronica. La musique électronique implique souvent que l'on privilégie l'instauration de climats à la mise en place de jaillissements. Si Echoboy ne déroge pas à cette règle (variations musicales et morceaux consistants), il parvient à s'en éloigner par une utilisation pertinente d'ajouts soniques qui, plutôt que de s'apparenter à des procédés, parviennent à éveiller attention et surprise. On l'a compris, le groupe cultive avec délices cet équilibre entre volonté expérimentale et art de ménager un esprit marqué par la pop. En s'éloignant des conventions inhérentes aux deux genres, Echoboy trace ainsi une voie qui ne peut être que bienvenue et salutaire. CF 3,5 - À ranger entre Kraftwerk & Terry Riley The For Carnation The For Carnation (Virgin/Labels, 724384893828) - 6 titres - 43m 45s - Produit par John McEntire - Sortie le 17 avril 2000 Easy Trip. L'ex-leader de Slint, Brian Mac Mahan, ouvre ici une brèche vers un univers paisible où la lenteur est portée en offrande sur l'autel de la technologie. Ébauchée dans le Kentucky en 97, puis achevée deux ans plus tard, cette marche mystique étanchera la soif des adeptes d'électro épurée, voire de pop déprimée, car le disque navigue entre les deux continents, porté par le phrasé paresseux d'un microcosme masculin. Toutefois, deux invitées féminines partagent le micro, Kim Deal des Breeders et Rachel Haden de That Dog. Une touche délicate s'accordant parfaitement aux violons, s'ajoutant à l'étrange, mais attachant projet. LE 3 - À ranger entre Jay Jay Johanson et Kashmir Frikyiwa Collection 1 (F Comm/Pias) - 9 titres - 63m18s - Produit par Cobalt - Sortie le 10 avril 2000 World & Bass. Une poignée d'artistes maliens signés sur le label Cobalt jouent la carte du remix. Entre les mains de Doctor L, Aqua Bassino ou Natty Sound System, l'initiative au demeurant banale, adopte toutefois les couleurs de la performance. En effet, il suffit de se pencher sur le résultat pour comprendre que les protagonistes ont su sauvegarder ces cartes postales intactes, en partant du principe qu'en fonction du rythme initial (issu d'instruments traditionnels), les compositions seraient dirigées vers une sonorité dub, house ou ambiant, sans être dénaturées. D'où l'originalité, voire la qualité du projet Frikyiwa, lequel accueillera mi-juin un second volet, toujours estampillé F Comm. LE 3 - À ranger entre Aqua Bassino et Geoffrey Oryema Gene Loves Jezebel Love Lies Bleeding (Triple X/Import US) - 11 titres, 57m40s - Produit par Pre Rap Brothers & Paul Wallfisch - sortie 2000 Glam Gothique. Michael Aston s'est donc également décidé, parallèlement à son frère jumeau Jay, à s'emparer du patronyme GLJ, ce qui fait qu'il y a donc aujourd'hui deux groupes du même nom. Seule différence, une inspiration, qui chez Michael, se veut moins pop et directe, ce qui donne à son ensemble une coloration plus torturée et introspective, toujours marquée par les thèmes de la décadence et de la dégradation. On peut adhérer, à ce type de mélodies saccadées et à ces vocaux alambiqués ; on peut néanmoins regretter une certaine emphase qui se fait au détriment de l'immédiateté. CF 3 - À ranger entre Bauhaus et Bowie Général Alcazar Des Sirènes Et Des Hommes (Chant Libre/MSI, CL05) - 15 titres - 45m41s - Produit par Philippe Verdier et Patrick Chenière - Sortie avril 2000 Chanson française. L'univers du Général s'épaissit avec le temps. Ses ritournelles prennent de la bouteille et sa voix, qui n'a pourtant rien d'extraordinaire, a fini par trouver sa juste place, entre une musique jouant sur les contrastes (entre minimaliste et paillardise, contenu exacerbé et ambiances "rentrées dedans"). Son point fort reste cependant des textes qui dépeignent avec humour et réaliste les sirènes et les hommes, d'où le titre de ce nouvel opus fort en gueule. La musique, elle, ne fait qu'accompagner nonchalamment ce grand auteur auquel il faudra désormais prêter la plus grande attentionÉ ET 4 - À ranger avec d'autres fortes personnalités chantantes Glassjaw Everything You Ever Wanted To Know About Silence (Roadrunner) - 12 titres, 51m42s - Produit par Ross Robinson - Sortie fin avril 2000 Néo Metal. Encore un groupe qui exulte sous la houlette de Ross Robinson, le producteur de tant de génies du métal. S'attendant à du bon, voire du très bon, on va chercher la petite bête, le truc en trop ou en moins, ce qui cloche, ce qui est bancal. Et bien, vaine recherche : ça tourne à donf' ! Une production sans faille, évidemment, et un album qu'il faut écouter très très fort pour en profiter pleinementÉ PLR 3,5 - À ranger entre Machine Head et Skilpnot Gong Zero To Infinity (Snapper Music/Fariplay, SMACD 824) - 11 titres, 68m38s - Produit par Mike Howlett & The Gong Eclective - sortie fin mars 2000 Rock Planant des Temps Anciens. À combien d'entre vous la tendre maman chérie a asséné cette vérité première : "Si tu n'aimes pas cela, n'en dégoûte pas les autres" ? Il serait tellement agréable, dans un monde idyllique où tout le monde s'aimerait d'amour tendre, de dire du bien de la reformation de Gong et de leur nouvel album, ce Zero To Infinity tellement chiant et laxatif qu'il en acquiert une irréelle beauté. Mais voilà, le monde moderne est impitoyable et la musique de Gong, en l'an 2000, ne trouvera d'écho qu'auprès de quelques babas nostalgiques, les seuls qui achètent encore les disques de l'angélique famille Descamps ou pire, Maman au secours, ramène-toi vite, ceux du Mahavishnu Orchestra ! Quelques beaux passages sont tout de même à sauver, comme ce solo éthéré de flûte durant "Tali's Song" ou bien encore les percussions enivrantes des sept minutes de "Infinitea". Le bilan est bien maigre ! TS 2 - À ranger entre leTrident Studio Sessions du M.O et un clonage de dinosaures Grandaddy The Sophtware Slump (WILL/V2, WR1012252) - 11 titres, 46m52s - Produit par Jason Lyttle - Sortie avril 2000 Pop Rock. Grandaddy est un groupe à nul autre pareil : même s'il est originaire de Californie, sa musique est avant tout rupestre, comme s'il se voulait en dehors des temps et des modes. Ici, l'on pourrait presque parler de concept album (la technologie et l'humain) mais il s'agit avant tout de passer des moments magiques teintés de nostalgie, de légères touches psychédéliques et de retour à certaines racines d'autant plus bouleversantes qu'elles demeurent pétries de justesse et de retenue. Ajoutons des arrangements qui évitent le grandiose (Jason Lyttle est un fan de ELO !) et vous obtiendrez un album féerique et atemporel ! CF 4,5 - À ranger entre Neil Young et Mercury Rev Gun Club Fire Of Love (Last Call/Wagram, LC 3057172) - 11 titres, 41m44s - Produit par Chris D et Tito Larriva- Sortie avril 2000 Rock. Il était grand temps de remasteriser et de ressortir cette giclée d'énergie froide et de rock coupant comme une lame de rasoirÉ Personne n'oubliera jamais Jeffrey Lee Pierce, mais peut-être bien que quelques fans nouveaux et mal informés ont omis de se procurer cet indispensable Fire Of Love, ou peut-être est-il devenu assez dur à dénicher ; en tout cas, un grand bravo des deux mains à Patrick Mathé (s'il pouvait faire la même chose avec les Primevals et les Sirens Of 7th AvenueÉ) de nous donner à nouveau l'occasion de nous gaver jusqu'à l'overdose de ces "Sex Beat", "Preachin' The Blues", "She's Like Heroïn To Me", "Good Bye Johnny", "Cool Drink Of Water" et autres "For The Love Of Ivy", encore merci ! À noter, pour la petite histoire, que les deux producteurs deviendront célèbres plus tard (enfin, c'est surtout valable pour le deuxième !) en tant que leaders incontestés des Divine Horsemen pour Chris D. et des Cruzados/Tito & The Tarentulas pour Tito LarrivaÉ TS 5 - À ranger entre le début de l'étagère et la réédition de Miami Hanson This Time Around (Island) - 13 titres - 51m02s - Produit par Stephen Lironi - Sortie mi-avril 2000 Pop FM. Votre serviteur, surpris à l'écoute de l'album, s'est amusé à un petit jeu, c'est-à-dire dans un premier temps faire écouter le disque à plusieurs personnes sans leur dévoiler le nom de l'artiste concerné ; puis, dans un second lieu à un panel identique mais en leur précisant bien qu'ils avaient affaire au second opus des Hanson bros. Le résultat est sans appel et prouve à quel point nous vivons au pays du fromage et des étiquettes : les premiers trouvent ça vraiment bien et se laissent agréablement bercer par la production classieuse, les compos qui coulent comme du miel dans les oreilles et l'instrumentation variée, tandis que, chez les seconds on peut lire le dégoût prononcé pour ce type de soupe dès les premiers instants. Conclusion, les frangins vont avoir un mal fou à se dépêtrer de leur image et à se faire une crédibilité "adulte", ce qui ne les empêchera certainement pas, s'ils continuent à aligner de telles réussites, de vendre leurs albums par tonnesÉ DL 3 - À ranger avec Blue Stories, son digne successeur Hepburn Hepburn (Columbia/Sony) - 12 titres - 42m43s - Sortie mars 2000 Pop américaine. Ce groupe de filles made in US a connu sa première heure de gloire grâce à la série grand-guignolesque "Buffy contre les vampires", dont les producteurs ont intégré "I Quit" dans leur bande originale. Depuis, le public teenager ne cesse de plébisciter cette formation féminine. Mais il ne faut pas en rester là. Hepburn, ce n'est pas la soupe à laquelle on aurait pu s'attendre. Ce serait plutôt la version amerloque des Coors, des mélodies pop efficaces, des textes travaillés autour de sujets chers à la variété : l'amour, les mecs, etc. Pas si mal, et même sympa. Petit hic cependant, on croirait vraiment entendre les Irlandaises (sorry pour le seul mâle), les violons en moins. Pourquoi pas. CD'O 2,5 - À ranger entre les Coors et les Coors (donc) High Tone Opus Incertum (Pias/Kubik Distribution, FX008) - 9 titres - 62m33s - Produit par Jarring Effects - Sortie le 9 mai 2000 Dub. Les habitués du Batofar connaissent déjà le talent des lyonnais, caractérisé par ce rusé mariage ethnique que représente leur vision reggae. Du reste, High Tone ne se contente pas de revisiter ce totem jamaïcain, il le détourne de Kingston pour lui insuffler les vents chauds des mille et une mélodies d'orient. Cela grâce à une formation live (basse, batterie, platines, guitare, claviers), une perception novatrice du mix, un sens international du langage électro mis au point au cours de ces deux dernières années. On s'incline donc devant ce premier album commençant par un trip "Dehli/Katmandou", s'accélérant au signal d'"Emergency", pour finir en beauté dans les vapeurs d'une séance de méditation tibétaine. LE 4 - À ranger entre Zenzile et Ethnicians Him Razorblade Romance (Terrier/BMG, 74321 75034 2) - 12 titres, 45m42s - Produit par John Fryer - Sortie le 21 mars 2000 Métal. Combo finlandais, Him se veut à la fois hardeux , romantique et torturé et son leader, Valo, est d'ailleurs chef de file du mouvement "Love Metal" ! Le titre de l'album résume à merveille cette approche et annonce justement un son plein et nuancé aux antipodes de ce que certains groupes de death métal nordiques ont l'habitude de nous offrir. Les compositions (sauf une reprise du "Wicked Game" de Chris Isaac) ne sont certes pas confondantes, mais alternent heureusement riffs incisifs et accents mélancoliques pour que l'on pardonne le manque d'originalité et la sécheresse d'inspiration. CF 2,5 - À ranger entre N.I.N. et Metallica The Hives Veni Vidi Vicious (Burning Heart/PIAS, BHR107) - 12 titres - 28m02s - Produit par Pelle - Sortie mars 2000 Garage-rock. Ça défile à cent à l'heure (pas même une demi-heure !), mais nom d'un petit colibri verdâtre, ça couscousse son auditeur en deux riffs trois braillements, et de bien belle manière ! Les Hives déclarent la guerre nucléaire (c'est eux qui le disent) à grands coups d'un garage-rock bigolo et ridonnant (ou l'inverse, on en est un peu retourné, avec toutes ces offensives soniques auxquelles on ne s'attendait pas le moins du monde !). On retrouve donc les bonnes vibrations d'autres tarés issus de Suède (Heliacopters & co) avec la bonne humeur sauce piquante ricaine des Offspring et consorts, le tout enrobé de bonnes grosses guitares. Pitié, laissez l'entonnoir à gavage d'esgourdes là où il est et balancez encore la sauce, juste une petite fois, c'est trop bon !É DB 4 - À ranger entre Lyres et Nomads Icon Icon (Axe Killer/Wagram, 3056732) - 10 titres, 37m10s - Produit par Mike Varney - Sortie avril 2000 Heavy Rock mélodique. Une excellente surprise que la réédition et la remasterisation du premier album (ne vous fiez surtout pas au look ridiculeusement glam du quintet et concentrez-vous sur la musique) d'Icon, groupe US (de Phoenix, soit la même ville qu'Alice Cooper) disparu depuis longtemps dans les impitoyables oubliettes du rock & roll circus ; une excellente surprise parce que leurs compositions toutes en muscles et en finesse valent largement la peine d'être exhumées et ramenées à la vie. Vrai, en son temps (soit 81/84), Icon aurait pu casser la baraque aussi et même mieux, parfois, que bien des formations ayant connu un succès plus ou moins mérité -mais bon, nous ne sommes pas là pour intenter des procès qui n'en finiraient pasÉ TS 3 - A ranger entre Dokken et Chastain Ignatus Le Physique (Atmosphériques/Sony Music, 2361-2) - 11 titres, 45m08s - Produit par Matthieu Ballet - sortie courant mars 2000 Rock Francais réaliste. Il serait facile et très tentant, pour un chroniqueur plus fainéant ou pressé que d'habitude, de reprocher à Ignatus de s'engouffrer dans la brèche immense creusée par le succès inattendu de Louise Attaque. Mais ce groupe était là bien avant les émules et protégés des Violent Femmes, puisqu'il sévissait simplement sous le nom Les Objets et ce, depuis 85 ! Même que le premier disque réalisé dans cette vie antérieure, La Normalité, recueillit un franc succès à l'époque, alors, hein ! Ceci écrit, il faut bien avouer qu'il existe de grandes différences entre Les Objets et Ignatus. La plus importante étant que les premiers se cantonnaient dans un cadre assez strict de rock à la française, tandis que les seconds n'hésitent pas à aller voir higher si l'herbe est plus verte : bossa-nova pour "Cette Vie", chanson réaliste très sombre et dépouillée pour "J'ai Le Vertige", et une poussée d'orientalisme à la Tanger, légitime démence pour"Ombre"É TS 3,5 - À ranger entre Les Objets et Thomas Fersen Immortal Damned In Black (SPV/OSMOSE, 084-08182) - 7 titres, 36m39s - Produit par Osmose - sortie le 27 mars 2000 Black Metal. C'est toujours très dur de chroniquer un disque d'un genre musical difficile à appréhender et duquel vous n'êtes pas expert. Il faut alors se placer dans la peau d'un passionné et essayer d'en ressortir en toute honnêteté la qualité musicale. Il faut dire que le trio norvégien fait tout pour faire apprécier sa musique et excelle dans son genre en prouvant encore une fois qu'il se place parmi les meilleurs du Black. Tous les ingrédients sont ici servis par une production énorme qui dévoile les talents de chacun des membres du groupe. Une brutalité pure, innovante et infaillible dans un genre musical auquel on reproche bien souvent de ne pas évoluer beaucoup. Un album qui fera sans aucun doute office de référence en la matière. PLR 4 - À ranger entre Marduk et Slayer Ivory Tower Beyond The Stars (NTS/Wagram, LMP 0004 018) - 10 titres, 63m08s - Produit par A.Fischer, S.Böge & F.Artmann - Sortie le 17 avril 2000 Métallemand. Second opus pour ce solide groupe de prog-métal basé autour de Kiel en Germanie, c'est l'album de la maturité. Voilà la leçon que l'on peut tirer de l'écoute de ce CD parfaitement élaboré, produit et exécuté. On peut regretter que le chant d'André Fischer demeure assez peu original, ce qui crée un déficit de personnalité chez ce groupe. Mais le reste de ce heavy mélodique ne supporte aucun reproche, tant sa mise en place est coupante à souhait, et tant le son scintille. On peut évidemment trouver dans ce secteur musical des gens meilleurs ou plus inspirés qu'Ivory Tower, mais ce gang fait indiscutablement passer un bon moment de tangage et sait même ménager quelques authentiques grands moments de passion métallisée, niveau médaille de bronze. HP 3 - À ranger entre Edguy et Stratovarius Jesus & Mary Chain The Complete John Peel Sessions (BBC/Musisoft, SFRSCD092) - 21 titres - 60m49s - Produit par divers - Sortie mars 2000 Larsen & pop. Compilant pas moins de six sessions différentes, de 84 à 89, cet album reprend le côté brouillon constaté lors des rares apparitions scéniques des frères Reid (set court bordélique et puis s'en vont). Beaucoup de larsen pour pas grand-chose, mais tout de même de belles mélodies torturées, avec la voix du Jim, cet autre Jim, qui, nonchalamment, vient déposer ses complaintes, sans fioritures. Du brut de coffrage donc, avec cette batterie minimaliste se rapprochant presque d'une boîte à rythmes, une basse qui remplit son office discrètement et le barouf des Reid brothers dessus, dessous et partout ailleurs. Dommage que ça ait pris un petit coup de vieuxÉ ET 3 - À ranger avec Psycho-Candy Jesus Volt Always Drunk, Never Sad (Outside Records, OUT580006) - 12 titres, 59m02s - Produit par Jesus Volt et Outside - Sortie le 11 avril 2000 Rock & Roll, baby ! Ce n'est pas de la zic pour musclés chevelus, mais presque. Si vous en doutez, jetez un oeil sur la capsule CD, celle-ci a bien été forgée à la poigne d'un rock sévèrement burné. Always Drunk, Never Sad désaltère, mais ne fait pas office de pilier de comptoir, ni de bouteille à la mer. Au contraire, cette turbulence est sauvagement revendiquée par un vent texan libéré par une gratte chauffée à blanc par l'atmosphère torride de ce Dieu survolté, fort en watts. Ici on ne badine pas avec le blues, enfin presque si l'on tient compte d'une reprise hallucinante, voire méconnaissable de "A Forest", jadis gémit par le Robert ébouriffé de Cure. Voilà ce que l'on appelle une résurrection ! LE 4 - À ranger entre les pompes à bières Juniper Subterfuge (XIII BIS Records 51382 MU 863) - 11 titres, 4Om44s - Produit par Zed Smon et Nille Perned - Sortie mars 2000 Pop Rock. Premier album pour ce groupe (dont le nom de baptême est un hommage direct à Donovan, le troubadour des sixties). Plus Européen que vraiment Francais, emmené par la voix délicate et la poigne de fer d'Anne Lisbet Tollanes et la guitare magique de David Barat. Pour comprendre l'engouement soudain de John Peel et de Gary Crowley, il vous faudra vous immerger complètement dans ce bain jubilatoire de onze chansons énergiques, positives et pas prétentieuses pour un sou ; après et après seulement, serez-vous en droit de décider de votre adhésion au fan-club de ce groupe dont le Parlement Européen doit être rudement fierÉ TS 3 - À ranger entre Magnapop et Sherwood Kana Kana (Pama Records) - 13 titres - 52m11s - Produit par A. Bertuzzi - Sortie début 2000 Reggae Écologique. Le créneau de Kana, c'est la Nature, avec un N majuscule. Et quel meilleur moyen que le reggae pour aborder les thèmes du respect de notre environnement, de la liberté des hommes, et bien sûr des herbes exotiques (réfléchissez, Kana, à quoi cela vous fait-il penser ?). Les textes de monsieur Zip, chanteur franco-espagnol de son état, se veulent humoristiques et le sont parfois ("Plantation"). Il reste plus crédible lorsqu'il s'aventure dans un lyrisme plus affirmé, comme dans "Le Vagabond" ou "Le Magicien". L'atout majeur de cette formation se situe surtout sur le plan musical. Elle nous offre un reggae pur tradition, ensoleillé, avec des musiciens irréprochables. À déguster à l'ombre d'un cocotier. CD'O 3,5 - À ranger entre Tryo et 38 Dub Band Kittie Spit (Epic/Sony, 497630) - 12 titres - 37m23s - Produit par GGGaRTH - Sortie fin mars 2000 Métal boucan. Il ne manquait plus que çaÉ Un groupe de filles (elles sont Canadiennes, ce qui ne nous étonnera pas plus que ça, connaissant les travers divers des donzelles là-bas) qui hurlent et massacrent leurs instruments comme les pires combos death-trucmuche-métal de l'univers ! Au secours, prétextez un sanglier sur le feu ou je ne sais quoi, mais fuyez, vite et loin, c'est tout bonnement innommable ! Même le Venom de la grande époque était plus écoutableÉ Ah oui, au cas où on ne l'aurait pas remarqué, la chanteuse tient à préciser qu'elle ne désire pas chanter comme Britney Spears !!!É DB 0 - À ranger entre martèlements et mal de crâne Kobal Massive Outcracy (Autoprod, KOB01) - 3 titres, 13m18s - Produit par Kobal (Contact M Haddad 06.81.77.04.58) Trash/Death. À mini album, mini chronique ? Que nenni ! D'autant plus qu'il serait dommage que vous passiez à côté de cette auto-production énorme. Trois titres nous direz-vous c'est peu, mais croyez-nous, il faut encourager ce groupe à persévérer afin qu'il puisse faire un peu plus long la prochaine fois. Difficile pour autant de vous décrire précisément l'univers musical de Kobal tant il utilise des influences vraiment diverses passant du death, au trash, flirtant par instants avec des réminiscences néo et power metal. Tout ce qu'on peut vous assurer, c'est que ces types ont un vrai talent et qu'il faut tout faire pour les encourager. À bon entendeur, le mieux justementÉ serait que vous écoutiez ! Et hop, on se refait un petit "Hijos De Puta"É PLR 4 - À ranger entre Sepultura et Pantera L.A. Guns A Nite On The Strip (Axe Killer/Wagram, 3057242) - 13 titres, 58m16s - Produit par Jim O'Brien - Sortie mars 2000 Heavy Rock. Quelle joie de retrouver Tracii Guns, sa gouaille, sa voix rocailleuse, ses chansons juste en-dessous de la ceinture (rien que la pochette vaut le coup d'oeil) et, surtout, le groupe qu'il forma pour se consoler de son départ "volontaire" de Guns & Roses pour cause de mésentente trop importante avec Axl Rose, éternel névrosé et psychopathe potentiel devant l'EternelÉ Ce concert a été enregistré en fin d'année dernière et la joie des musiciens -donc la nôtre- de se retrouver enfin sur une scène fait oublier les quelques imperfections techniques et les quelques couacs qui font parfois capoter légèrement deux ou trois titres ; rien de bien grave ni méchant, rassurez-vousÉ Tous les classiques du groupe sont réunis, ou presque : "The Ballad Of Jane" (émouvant), "Electric Gypsy"(somptueux), "Over The Edge" (remuant en diable) et un "Kiss My Love Goodbye" juteux à souhaitÉ TS 3 - A ranger entre les albums studio passés et ceux à venir Lacuna Coil HALF Life (Magic Arts/Edel 77238-2) - 5 titres, 20m34s - Produit par Waldemar Sorychta - sortie avril 2000 Rock Transalpin. Oubliez tous vos a priori et autres idées reçues concernant les groupes italiens. Même si certains nous ont fait beaucoup de mal par le passé, comme ces ridicules groupes de hard qui alignaient, avec la plus grande peine, quelques phrases d'un anglais un peu trop approximatif. Tout peut et doit leur être pardonné, puisqu'il existe, de nos jours, des formations de la trempe de Lacuna Coil, gang qui abrite six membres (dont un chanteur et une chanteuse possédant une superbe voix, vraiment). Le groupe en est à sa troisième production discographique avec cet HALFLife du plus bel effet, à mi-chemin entre les errances existentielles des cinglés de Christian Death et une musique un peu plus orthodoxe, genre, mmmÉ, allez, mettons Smashing Pumpkins et n'en parlons plus ! TS 3,5 - À ranger entre Christian Death et Smashing Pumpkins Les Yeux Noirs Balamouk (EMI - 724352320929) 13 titres - 46mn 45s - Produit par G. Baux/J.P. Mader Folk slave. C'est le quatrième album de ces héritiers de la tradition slave. Balamouk (la maison des fous en roumain) nous emmène vers des horizons insoupçonnés où s'entrelacent violons et accordéon. Constitué pour partie de reprises du folklore traditionnel yiddish et de compositions originales, cet opus n'en finira pas de vous surprendre. Et surpris, vous le serez notamment par la chanson " La Tendresse " popularisée dans les années cinquante par Bourvil, qui traduite en yiddish prend une dimension irréelle. Les Yeux Noirs nous offrent un voyage dans ces pays que l'actualité nous dépeint sous leurs jours les plus sombres. Ils leur rendent leurs reliefs, nous la font en couleur, ils nous plongent dans des ambiances festives et nous bercent d'atmosphères plus mélancoliques. Cela vaut le détour pour qui veut découvrir une autre facette des Balkans. Laissez-vous ensorceler par les violons des frères Slabiak et par leurs chants envoûtants. Suivez la piste sautillante du cymbalum, et, sous la neige des plaines de Macédoine vous verrez les premières fleurs s'épanouir et au loin dans la brume, apparaîtrons les contours un peu flous de la maison des fous... NDSD 3,5 - À ranger entre Goran Brekovic et Le Mystère des Voix Bulgares Linea 77 Too Much Hapiness Makes Kids Paranoïd (Earache/PIAS - MOSH 238 CDPRO) - 9 Titres, 31m02s - Produit par Dave Chang - Sortie le 22 mai 2000 Punk Hardcore bien bourrin. Et encore mesurons-nous nos propos, nous autres gentlemen et Compact MenÉ Je veux bien croire qu'il existe un public pour ce genre musical certes défoulatoire (?) au possible et même que certains groupes oeuvrant dans ce courant ne sont pas dénués d'intérêt, comme par exemple les Deftones (dont ils se réclament), Incubus, ou bien encore System Of A Down ; mais les pauvres oreilles non habituées à un tel déluge sonore se sauvent en courant et retournent habiter chez leur mère ! Comme bien trop souvent, les intros des compositions sont hyper-léchées et alléchantes, au détriment hélas du reste, qui tend à se fondre en une espèce de bouillie auditive, un magma en fusion qui aura toutes les peines du monde à confondre les réfractaires du bien-fondé d'un tel albumÉ "If it's too loud, you're too old" : jamais Lemmy Kilminster n'a eu autant raison ! TS 1,5- A ranger entre le coton hydrophile et une paire de boules Quies Little Bob One Story Volume 2 (Outside Records, OUT580008) - 17 titres, 73m46s - Produit par Little Bob et Outside - Sortie le 11 avril 2000 Rock Story. Dix-sept titres et plus d'une heure de rock pour donner suite au volume 1, précédemment chroniqué. Little Bob est comme ça, généreux, un brin nostalgique, alors il réunit un florilège de ses chansons de 75 à 99, des invités tels Steve Hunter, John Earle. De quoi satisfaire chaque fan de chaque époque, s'ils existent car on s'attache si facilement au personnage qu'il est laborieux de faire un choix parmi les démo, live offerts ou les mutations du groupe. Sans parler de la fièvre de ses concertsÉ Un feu d'artifice. Impossible de le freiner dans son élan, le bonhomme sollicite constamment son public, lui raconte sa vie, ses story et le remercie en jouant sans compter presque trois heures. Alors, évidemment, on a envie de préserver ces atmosphères, de les faire partagerÉ LE 4 - À ranger entre Jesus Volt et GMT Looper The Geometrid (Jeepster/PIAS, JPRCD OO8) - 10 titres, 35m12s - Produit par Looper - Sortie le 8 mai 2000 Rock Experimental. Ce groupe est mené par Stuart David, qui officiait, voici encore quelques mois, chez les surdoués de Belle & Sebastian, donc pas vraiment dans la même catégorie, loin de là ! Autant la musique de B&S est limpide et coule de source, autant celle de Looper vous fera vous triturer les méninges, à force de vous demander où ces diables d'hommes veulent en venir, à la finÉ Attention, The Geometrid est loin d'être inintéressant, ne vous méprenez pas : les chansons contenues oscillent entre un synthétisme du plus bel effet et un petit rock tranquille, pas de quoi saturer l'ampli ni pousser les potentiomètres dans le rouge vif. Leur premier album, Up A Tree avait attiré l'attention des génialement barrés et nouvellement rock stars Flaming Lips, ce qui est un gage de qualité, convenons-en. Les Lèvres En Feu, qui ne s'enthousiasment pas facilement pour un groupe autre que le leur, les ont emmenés avec eux pour leur gigantesque tournée US et, ils ne consentiront à nous les rendre qu'à la fin de celle-ci et pas avant -après tout, ils n'ont qu'à les garder, non ? TS 2,5 - À ranger entre les Residents et Silicon Teens Russell Malone Look Who's Here (Verve, 3145435432) 10 titres, 58m11s - Produit par Tommy LiPuma - Sortie le 25 avril 2000 Jazzy. Mais aussi swing, groove ou hard-bop. Russell a bien toutes ces cordes à sa guitare, c'est en partie pour cela qu'il reste considéré comme l'un des jeunes maîtres par ses confrères. Une dextérité acquise aux côtés de Nicholas Payton, B.B. King, Kenny Barron et surtout de Diana Krall avec laquelle il a partagé l'affiche durant plusieurs années. Pour son cinquième album perso, Malone revisite Burt Bacharach, Cole Porter ou Stevie Wonder et s'en sort bien (les reprises de Wonder se transforment souvent en guimauve). Il en profite également pour glisser quelques compos de son cru, dans la lignée de Pat Metheny ou Martin Taylor. Du velours ! LE 4 - À ranger entre Kenny Burrell et Jim Hall Mary Mary Thankful (Sony/Columbia) - 14 titres, 53m50s - Produit par Warryn Campbell - Sortie le 25 avril 2000 R'n'B. "Mélodies somptueuses, aux harmonies magnifiques, à la gloire du Seigneur, créant chez l'auditeur un sentiment joyeux et apaisé". On croit rêver ! Ces quelques lignes émanent du dossier de presse envoyé pour faire la lumière sur cette galette de plastique à partager entre petits et grands, poisson rouge et teckel à poil ras. Et le pire, c'est qu'il s'agît bien d'une mixture R'n'B/gospel, terriblement mièvre. Oui, mon Dieu tout est rose, sent la roseÉ Mais au bout d'un moment, les fifilles chantant "Jésus revient", ça colle le bourdon. Dommage, car mis à part le prêchi-prêcha, l'album sonne rudement bien. Au fait, à quand l'hymne du fakir qui nous fera danser sur le charbon ardent ou la célébration de Bouddha produisant la béatitude éternelle ? SW 1,5 - À ranger entre Mary J Blige et Brandy Massilia Sound System 3968 CR 13 (Adam/Scalen, 025682) - 19 titres - 67m06s - Produit par Christian Noël et Rémy Lamblot - Sortie le 19 avril 2000 Ragga millésimé. Marseille, la plus belle ville du monde ? À écouter les Massilia et leur nouvel album, il n'y a pas à douter le moins du monde ! Aussi bien musicalement que graphiquement, au niveau de la technique que de l'esprit véhiculé (en 2CV ?), les Marseillais se rapprochent furieusement d'une certaine idée de la perfection, avec ce disque, qui non seulement s'inscrit magistralement dans l'air du temps, mais colporte aussi rythmes alambiqués et communicatifs, et une réponse drôle et enthousiaste au marasme social actuel sous forme de folklore jamaïco-marseillais du plus bel effet. Un tour de force qui permet à la troupe de se rapprocher ostensiblement de l'essence de ses shows, devenus pour un public toujours plus fidèle, des moments rares et privilégiés. Chapeau bas, messieurs ! ET 4,5 - À ranger entre les Fabulous Trobadors et Zebda Ménélik OQP (Small) -14 titres - 59m40s - sortie avril 2000 Hip Hop. Un disque d'or en poche, Bye-bye, et revoilà Ménélik avec un nouvel album racoleur tentant de rallier les incorrigibles sceptiques quant à ses qualités artistiques. Emprunts fait au passage aux musiques africaines et latino pour amateurs d'exotisme, à Aznavour ("Tu Te Laisses Aller") pour les nostalgiques en mauvais ménage avec un "Je T'aime Comme T'es " spécial minettes. Le "BB 2 BA" pour moralistes et "Pendez-les" pour anti-Front Nationalistes. Une jolie brocante à pas cher pour s'octroyer une majorité d'auditeurs. Résultat : à l'Ouest rien de nouveau, c'est écoutable mais démago. Moralité : "Potes Ou Putes", encore faudrait-il ne pas bouffer à tous les râteliers pour pouvoir revendiquer des adeptes ! SG 1 - À Ranger entre Doc Gyneco et Stumy Bugsy Mirways Production (Naïve) - 9 titres French Touch. Un peu facile de ranger tout ce qui est électro française dans cette catégorie, penserez-vous. Oui, mais certaines
musiques ne se laissent pas facilement catégoriser. Les sons de Production sont aériens, effilés, s'orientent vers plusieurs pôles
mélodiques. Car Mirways ne se revendique d'aucun style, et comme il le dit est ouvert à toutes les influences."Je sais que c'est un
vieux cliché, mais je m'intéresse à tout ce qui me touche du classique à l'électronique, en passant par la pop". Le titre le plus couru
au-delà de nos frontières l'atteste : "Disco Science" reprend le riff de "Canon Ball" version house. Son talent enfin dévoilé, le petit
frenchy a déjà été repéré par Madonna elle-même, puisqu'il composera et produira quelques titres de son prochain album. CD'O
4 - À Ranger entre Air et Laurent Garnier Mix Up Les enfants de Gondwana (Scalen - 024482-SCA/457)12 titres - 65mn 30s - Produit par Mix Up Association Reggae. Eh oui, encore un groupe de reggae qui fait parler de lui, à croire que dans nos campagnes françaises, la ganja a remplacé les cultures disons plus... traditionnelles. Les Mix Up débarquent en force, pas loin de douze musiciens sur scène et dans ce premier album, loin d'être insignifiant. Des cuivres puissants chaloupent sur une rythmique impeccable, des choeurs enchanteurs, et une voix qui a le ton juste, les Mix Up ont tout pigé au reggae de leurs aînés, l'ont assimilé et ont peaufiné une collection de douze titres qui n'ont rien à envier à personne. Seuls les textes, parfois un peu maladroits, peuvent prêter l'échine à la critique. Mais, ne boudons pas notre plaisir, Les Enfants de Gondwana est un album des plus aboutis, preuve que pour faire du reggae " roots ", on n'est pas obligé de s'exiler en Jamaïque, ni d'aller y chercher des musiciens. Les Mix Up défendent également des valeurs de solidarité et de mélanges des cultures ce à quoi nous ne pouvons qu'adhérer et nous nous joignons à eux pour dire : " Pour moi c'est très clair, je n'attends rien de l'ENA, leurs particules, leurs grands airs ne me font ni chaud, ni froid. "NDSD 3 - À ranger entre Pierpoljak et Sinsemilia Vic Moan Vic Moan (Tôt ou ard/Warner, 8573 82239 2) - 10 titres, 35m01s - Produit par Vincent Segal - Sortie début avril 2000 Art Folk. Américain vivant à Paris depuis 15 ans, Vic Moan propose une musique imprégnée de références arty (Marcel Duchamp ou Sun Ra) et d'une instrumentation à base de mandoline électrique ou de violoncelle. Compositions biscornues et arrangements minimalistes, Moan offre néanmoins une large palette sonore, bric-à-brac savoureux mêlant rythmes reggae, ballades façon Al Green ou Roy Orbison et relents cajuns. De cette atmosphère d'amateurisme musical, perce pourtant une humeur qui n'a rien du bricolage sonique ; elle nous fait au contraire regretter que cet album ne dure que 35 minutes. CF 3,5 - À ranger entre Tom Waits et Gavin Friday Mobil Session Team Hard To Get (Timer Records/Scalen) - 13 titres - 50m04s - Produit par Mobil Session Team - Sortie le 15 mars 2000 Power Pop. Les charentais signent un premier album punchy, longuement mûri au fil des centaines de concerts donnés à travers le continent. Auparavant le combo s'était frotté au CD 4 titres (par deux fois), à la foule des festivals (off ou non), sans omettre les compils, histoire de se faire les crocs. Une leçon bien assimilée par les jeunes loups, si l'on tend l'oreille vers ce cocktail de jouvence fraîchement pressuré à la force du live, pimenté par une spontanéité, plus ou moins maîtrisée, souvent éradiquée lors du fameux passage en studio. Ce qui maintient en équilibre la galette Hard To Get entre dissidence et politiquement correct, entre la force du chant anglais et la faiblesse du texte français. À découvrir au Glaz'art le 26 mai prochain. LE 3 - À ranger entre Cox et Playdoh Mojave 3 Excuses For Travellers (Virgin/Labels, 724384925529) - 10 titres - 49m40s - Produit par Mark Van Hoen - Sortie le 17 avril 2000 Easy Trip. Neil Halstead délaisse ses mélodies country au profit d'une pop feutrée, probablement inspirée par les côtes sauvages de Cornouailles où se trouve son studio. C'est d'ailleurs là que le combo avait élaboré Out OF Tune, précèdent opus, dont l'ombre plane encore. En un mot, Mojave 3 ne change pas le fond, mais la forme ; si bien que pour ce nouvel album il endosse les couleurs de l'oncle Sam, traverse les frontières. Bref, cette mixité n'est pas déplaisante même si les balades longent la péninsule anglaise, balisées par les arrangements aériens d'une gratte acoustique en provenance d'une époque résolument bab. Un moyen sûr, voire efficace, d'être à l'épreuve du temps. LE 3 - À ranger entre Granddady et Nicolai Dunger Muriel Moreno Required Elements (XIII Bis-152 442 MU 863) - 9 titres, 45m36s - produit par Muriel Moreno et Gilles Martin - sortie Avril 2000 Groove électro. On sent que l'envie de faire de la musique électronique la titillait depuis longtemps quand on découvre ici ces plages sonores bien construites, relaxantes et hypnotisantes. Aujourd'hui, exit la voix de Muriel et place à une musique nouvelle où les vocaux sont utilisés uniquement comme un morceau du puzzle. Les titres passent de climats trip hop aux ambiances colorées, un peu comme des peintures musicales aux vapeurs ragga aux transes mystiques, sur fond de groove hypnotique. Avec ce Required Elements, Muriel Moreno agit en véritable chef d'orchestre électronique, entre l'ethnomusicologue et le pirate des sons, tout en puisant son inspiration au coeur de la vie. À écouter en boucle, matin, midi et soir et il en coûtera moins à la sécurité sociale. JCM 4 - À ranger entre Daniel Chenevez et Niagara Motorpsycho Let Them Eat Cake (Alienor/PIAS, corn 01) - 9 titres, 45m41s - Produit par Motorpsycho - Sortie mars 2000 Psychedelia. Que reste-t-il de ce groupe norvégien tendance hardcore ? Les guitares ont été remplacées par des violoncelles, la démesure par des morceaux labyrinthiques, les coups de boutoir par de délicates progressions sucrées. On comprend alors que, si le titre de cet album en appelle à manger des gâteaux, il s'agit de friandises mêlées de saveurs lysergiques, d'un disque invoquant avec à propos les mânes de Brian Wilson ou Kevin Ayers. Bref on pourrait juste demander au groupe de troquer son nom pour celui, plus approprié, de la plage trois du disque : "Big Surprise" ! CF 4 - À ranger entre Syd Barrett et Mercury Rev Leona Naess Comatised (Barclay/Universal) - 12 titres, 58m21s - Produit par Tommy D & Scott Lit - Sortie le 15 mai Pop & Folk. C'est le premier album d'une jeune anglaise installée à New York pour rencontrer les bonnes personnes au bon moment. Comme (trop) souvent sur ces premiers jets hésitants entre inspiration personnelle et la volonté de satisfaire un public aussi inconnu que potentiel. L'auditeur perplexe se retrouve face à un fourre-tout d'un classicisme légèrement décourageant. Quelques grosses guitares et des mélodies simples (donc un single) pour les radios ("Anything"). Une folk inégale qui lorgne du côté de Fiona Apple ou d'Ani DiFranco à la recherche d'une éventuelle reconnaissance de la critique et un ensemble qui, somme toute, demeure en deçà de ce que Alanis Morissette, moins prétentieuse et plus sûre d'elle, propose sans détour ni mauvaise conscience. Ses influences allant "de Joy Division (?!) à Tracy Chapman en passant par Joni Mitchell", on ne peut, faute (pour l'instant) de mieux, que se laisser guider par ses mélodies souples et sympathiques, que l'on a l'impression d'avoir déjà entendu mille et une fois. MEK 1,5 - À ranger entre Suzanne Vega et Aimee Mann Nits Wool (P.I.A.S.) - 12 titres, 48m08s - Produit par Henk Hofstede - Sortie mi-Mai 2000 Musique inclassable. Le dernier rock-critic qui a essayé de coller une étiquette sur un album des Poux Hollandais est devenu fou et a fini par le bouffer fiévreusement, son sticker de malheurÉ C'est vrai, quoi, quel pourrait donc être le point commun entre Giant, Normal, Dwarf et In The Dutch Mountains, pour ne citer que deux albums dans une riche discographie nourrie au grain et élevée en plein air, hein ? Le Nits 2000 ne déroge pas aux règles immuables fixées par ses aînés : arrangements classieux et souvent farfelus (dans le bon sens du terme), textes surréalistes au point d'en filer le vertige et musique incroyablement différente de tout ce que le mainstream rock pourra jamais vous proposerÉ Si vous êtes sceptiques, vous pouvez toujours essayer l'orchestre à cordes de "Walking With Maria", les voix sépulcrales et presque effrayantes de "26A Clouds In The Sky" ou, pour les plus résistants d'entre vous, l'inextricable labyrinthe sonore de "Crime And Punishment"É Ah, on fait moins les malins, maintenant !!! 4 - À ranger entre le triple live Urk et un tableau de Salvatore Dali No Fuckin'Idea Don't Shoot The Tamed Ducks (Grain/Wake Up Records, WUROO3) - 11 titres, 22m11 s - Produit par le groupe et le label - Sortie début 2000 Punk/hardcore rigolo. Le trio de base (Fred, Fabrice & Francois. FFF ?) qui compose le groupe No Fuckin'Idea ne doit pas avoir souvent d'idées noires, du moins si l'on en juge par la musique qu'ils nous proposent, fraîche, énergique, souvent drôle et positive de bout en bout, ce qui nous change les nôtres, d'idées, et c'est loin d'être une mauvaise choseÉ Quelques intermèdes purement instrumentaux ou n'ayant strictement rien à foutre, là (l'étonnant "Cocktail", une giclée de classicisme absolu) aèrent des compositions parfois un peu trop traditionnelles dans leur développement et leur traitement. Ils font regretter de n'avoir à se mettre entre les deux oreilles (sauf accident de parcours, évidemment) qu'un mini-album d'une grosse vingtaine de minutes, mais bon, il faut bien faire avec, n'est-ce pasÉ TS 3 - À ranger entre Burning Heads et Government Issue O-Mind Life Is A Bitch And Then You Live (Shelter, 01)- 12 titres, 55m09s - Produit par Vincent Lecouplier - Sortie début 2000 Rock. Ce trio se définit comme "brut, minimal etÉ ouvert". Abondons tout de suite pour les deux premiers termes, mais mégotons sur le troisième. La musique de O-Mind est restée figée du côté du Detroit destroy fin Sixties et du rock élémentaire. Cela ne serait pas un défaut en soi si l'exécution parvenait à se hisser à la hauteur de cette auguste référence. Hélas, ce n'est pas le cas et ce que l'on serait prêt à pardonner à un groupe de débutants n'a pas de raison d'être quand il s'agit de signer un album. Reste un espoir hautement improbable : que O-Mind ait poussé le mimétisme au point de singer l'amateurisme de l'époque. CF 1,5 - À ranger entre Stooges et Blue Cheer October 31 Meet Thy Maker (Metal Blade/Musisoft, 3984-14309-2) - 7 titres, 40m06s - Produit par King Fowley - Sortie en Avril 2000 Heavy metal. À force de matraquages publicitaires en tout genre, tout le monde ou presque sait aujourd'hui à quoi correspond la date du 31 octobre outre-Atlantique. Pas besoin cependant de sortir votre plus belle citrouille du placard pour apprécier ce deuxième album du quatuor métallique. Le registre exécuté traverse les grandes périodes du heavy metal des glorieuses années d'antan et même si le tout ne décolle peut-être jamais vraiment assez, on doit reconnaître que les compos sont jouées avec un certain plaisir communicatif qui confère à l'auditeur des temps un peu plus forts comme "Meet Thy Maker", "For These Is War" et "The Verdict". En plus, pour preuve de leur bonne foi et en signe de reconnaissance, une reprise boostée du "Power & The Glory" de Saxon. Vraiment voués à la cause quoi ! PLR 1,5 - À ranger entre Verity et Bewitched One For Jude One For Jude (Autoproduction) - 5 titres, 2Om53s - Disponible Cold Wave. Un chanteur-guitariste, un deuxième guitariste à part entière, un bassiste et un batteur : il n'en faut pas plus pour ressusciter l'époque déjà lointaine des premiers singles de Joy Division, Death In June et autres And Also The Trees, époque bénie des Dieux pour les marchands de pardessus, de bottes serrées et de teintures de cheveux anthracite ! C'est loin d'être désagréable à écouter, même si, quelque part, cet exercice de style reste vain et sans véritable avenir : La Division SS s'est mué en une machine à danser plus ou moins discutable, La Mort en Juin est devenue un June Of 44 à peine écoutable et les Arbres se dessèchent, victimes d'un scandaleux oubli progressifÉ Mais bon, il y aura toujours des nostalgiques de Ian Curtis avant asphyxie et ils méritent le respectÉ TS 3 - À ranger entre Unknown Pleasures et The Green Sea One Minute Silence Buy Now...Saved Later (V2, LC 1801)- 14 titres, 57m49s - Produit par Colin Richardson - Sortie le 11 avril 2000 Rage Rock. Parmi les rares groupes qui font un peu bouger les choses sur la scène métallique anglaise, il y a indiscutablement One Minute Silence (et tout le reste est du bruitÉ). L'un des rares avec Machine Head a relevé le défi des néobarbares d'Outre-Atlantique. Ce second album confirme les âpres espoirs ressentis à l'écoute d'Available In All Colours, avec le bonus de mélodies mieux construites, de riffs vraiment réussis qui visent plus que de traumatiser leur monde, un chant entre râpeux et rapouille mûri, bref, le disque d'un groupe en plein essor où le nouveau guitariste Massy Fiocco s'est bien intégré. L'attraction principale demeure la voix de Yap, alias l'Irish Brian Barry, qui pourrait faire d'ailleurs une sacrée carrière plus tard dans un rock plus assagi, qui sait ? HP 3,5 - À ranger entre Pantera et Machine Head Orange Goblin The Big Black (Rise Above/Musisoft, RCD 211 6025 2) - 10 titres, 48m27s - Produit par Billy Anderson - Sortie le 8 mai 2000 Réchauffé. Troisième album pour le groupe de Ben Ward, autrefois connu sous le nom de Intrepid Fox et à ne surtout pas confondre avec les horribles Goblin italiens, qui signèrent la musique de presque tous les films du centimaître transalpin Dario Argento, ce sera une erreur grave, presque impardonnable ! Même si la biographie est enthousiaste, l'auditeur putatif l'est légèrement moins et reste pour le moins perplexe : qu'est-ce qu'on essaie de lui vendre, ce coup-ci, un compromis entre les Grands Anciens Planants des 70's (Amon Dull en tête) et les furieux groupes de Doom Metal d'aujourd'hui, ou quoi ? S'il est vrai que quelques-unes de leurs influences font plaisir à entendre (Black Sabbath, leurs clones dénommés Trouble, Pink Floyd et Mountain), le résultat laisse un peu à désirer, entre psychédélisme mal digéré ("Turbo-Effalunt", "You'll Never Get To The Moon In That") et titre concept bâclé et interminableÉ TS 2 - À ranger entre Hawkwind et Sweet Smoke Pantera Reinventing The Steel (EastWest) -10 titres, 43m52s - Produit par Pantera - Sortie le 28 mars 2000 Power Metal. En ce début d'année, les sorties EastWest ne font pas dans la dentelle. Nouvelle pièce au dossier déjà bruyamment chargé de Pantera. Un album fort attendu des fans de plus en plus nombreux qui ne seront pas déçus. Le groupe frappe un grand coup et revient à un style très heavy et hargneux, mais également bien plus dépouillé. Quatre années nous séparent déjà de la dernière production studio qui avait selon les dires de nombreux adeptes, un goût de "trop produit". Celui-ci est un véritable retour aux sources de la brutalité et du métal et de purs joyaux sont à découvrir sur ce nouveau méfait des Cow-boys de l'enfer qui nous surprennent par tant d'énergie et d'inspirations retrouvées. On jubile d'avance à l'idée de revoir bientôt ces forgerons en concert dans nos contrées. PLR 4 - À ranger après Cow-boys From Hell et Vulgar Display Of Power Axel Rudi Pell The Masquerade Ball (Steamhammer/Musisoft, SPV 800000255) - 10 titres, 67m49s - Produit par Axel Rudi Pell & Ulrich Poesselt - Sortie avril 2000 Hard Rock. Mine de rien, cette mascarade est déjà le onzième album du guitariste germain et non cousin. Si vous êtes fan de toutes les nouvelles tendances d'aujourd'hui, ce disque est assurémentÉ pas fait pour vous ! Axel et sa bande distillent un hard classique, même si on peut tout de même en dire qu'il est très classieux, cela reste quand même d'un autre âge et il n'y a que les amateurs du genre qui pourront apprécier cette rondelle à sa juste valeur. Il faut reconnaître qu'il y a des titres de haute facture comme "Voodoo Nights", "The Line" et "Masquarade Ball". Seulement voilà, pour les métalleux d'aujourd'hui, tout ce joli travail est un petit trop passéiste. Reste à savoir si c'est dommage ou tant mieux !?!É PLR 2,5 - À ranger entre le passé et le présent Pink Floyd Is There Anybody Out There ? The Wall Live 1980-81 (EMI, 724352356225) - 30 titres, 105m19s - Produit par james guthrie - Sortie le 3 avril 2000. Monument rock en pierres de taille. C'est l'histoire d'un mur de briques construit il y a vingt ans, un concept génial devenu mythe qui ressurgit donc dans sa version live (tournée 80-81), bénéficiant pour l'occasion d'un ravalement technologique dans les règles de l'art. L'interprétation est aussi parfaite que l'originale avec, en prime, le-petit-frisson-de-l'ambiance-concert, des arrangements superbes sur certains titres ("Mother", "Young Lust") et la présence de deux chansons évincées de l'album studio. Si on a envie de pinailler, on regrettera juste que les morceaux les plus oppressants (notamment "In the flesh") soient un chouia édulcorés par l'extrême pureté du son. Mais quelle jubilation de redécouvrir The Wall comme à la première écoute et de se dire que, décidément, cet album est une merveille hors du temps. CV 5 - À ranger pieusement avec l'intégrale des Floyd The Quiet Room Reconceive (Metal Blade/Musisoft, 3984-14294-2) - 11 titres, 54m56s - Produit par Kirby Orrick & Quiet Room - Sortie avril 2000 Metal Progressif. Aujourd'hui, beaucoup de groupes aiment à mélanger les styles et les influences, les ambiances et les genres. Si l'on devait d'emblée qualifier la musique de Quiet Room, on ressortirait alors la formule qui consiste à dire que les musiciens font un heavy métal très mélodique aux ambiances parfois très progressives. Seulement voilà, cela ne vous guidera peut-être pas plus. Alors on se contentera de dire que les titres sont tous de bons moments de métal et qu'ils sont interprétés avec un certain brio. Seul Hic, Reconceive n'est que leur deuxième album en huit années d'existence. Il va peut-être falloir faire un peu mieux pour que les protagonistes accrochent une reconnaissance plus importante, sinon ils risquent très vite de tomber dans les oubliettes. PLR 2,5 - À ranger entre Iced Earth et Dream Theater Ruby Cruiser Twelve Short Stories (Elemental Records) - 12 titres - 43m37s - produit par Chris Sheldon Folk électrique. Il faut écouter ce disque comme on découvrirait un livre. Prenez une petite ville des États-Unis, sa population représentative d'un panel d'américains moyens, et voyez de quoi il retourne. C'est pas très compliqué, cela permet d'extraire douze "histoires courtes" qui constitueront la matière exclusive des lyrics. L'idée est bonne, les textes abordent un point de vue neutre sur des fragments de la vie de gens assez hétéroclites. Pourtant la musique demeure identique d'un bout à l'autre de l'album. Un folk dans lequel la guitare électrique a sa place, une voix passe-partout, un ensemble qui aurait très bien vécu une petite extravagance çà et là. CD'O 2,5 - À ranger entre Folk et Rock Rude Boy System They Say (Small Axe) - 14 titres - 58m27s - Sortie mars 2000 Rocksteady/Ska. Cet album a une côte sympathie fort élevée. La musique est avant tout un moment de partage et de détente. RBS répond à cette attente. Avec des thèmes mélodiques entraînants, ils ont sillonné les routes d'Europe, partageant l'affiche de Dee Dee Bridgewater, celle de Saï Saï, ou encore de Rico Rodriguez. Certes, ils ne révolutionnent pas le genre, mais tel n'est pas leur but. Reprenant des patterns du rocksteady et du ska des années soixante, leurs textes (en Anglais) sont autant de mots contre un monde xénophobe et inégalitaire, que d'invitations à se laisser aller aux charmes du sexe faible. Un retour vers les origines jamaïcaines qui met du baume au coeur. CD'O 3,5 - À ranger entre The Melodians et Desmond Dekker Sacred Steel Bloodlust (Metal Blade/Musisoft, 3984-14331-2) - 10 titres, 43m37s - Produit par Sacred Steel & Achim Kölher - Sortie avril 2000 Heavy Metal. "Oh Bloodlust" s'égosillait Cronos de Venom dans les années 80É "Oh Bloodlust" s'écriera le fan de métal au début de l'an 2000É Dans un registre et un domaine où il devient impossible de faire son trou, Sacred Steel frappe un grand coup et s'installe avec candeur dans les premières places du genre avec son troisième album. La tournée qui a suivi Wargods Of Metal semble avoir fait le plus grand bien au groupe qui propose aujourd'hui un heavy metal bien plus fourni que lors de ses précédents essais, mais certains d'entre vous qui auront eu la chance de découvrir le groupe live dans les festivals d'été, sauront de quoi je veux parler. Pour les autres, ce Bloodlust risque fort de vous convaincreÉ PLR 3,5 - À ranger entre Sinner et Helloween Saxon Innocence Is No Excuse (Axe Killer/Wagram, 3055522) - 12 titres, 50m55s - Produit par Simn Hanhart - Sortie Février 2000 Hard Rock. Quel plaisir de retrouver aujourd'hui dans les bacs une réédition de cet album de la bande à Biff Byford qui avait fait grand bruit à l'époque de sa sortie. Époque bénie où le métalleux ne savait plus où donner des oreilles tant les sorties étaient nombreuses. Saxon, sans jamais trop faire parler de lui, remplissait les salles de concert car sa réputation live n'était plus à faire. Cet album marquait un changement dans l'approche du groupe et allait lui permettre de faire une tournée mondiale grandiose, tandis que certains puristes de la NWOBHM en regrettaient le côté un peu plus commercial. N'empêche, on réécoute "Rockin'Again", "Devil Rides Out" "Everybody Up" et "Give It Everything You Got" et ça fonctionne aussitôt à nouveau comme par enchantement. Mais où donc avons-nous mis nos vestes cloutées ?É PLR 4 - À ranger avec les meilleurs albums du groupe Michael Schenker Adventures Of The Imagination (Steamhammer/Musisoft, SPV085-21722) - 9 titres - 53m48s - Produit par Michael Schenker et Mike Varney - Sortie avril 2000 Guitare branlette. Autant son frère -oui, celui de Scorpions-, est une crème, toujours un sourire ou un petit mot gentil, autant le Michael est une tête de c#* ! Comme en plus, c'est un invétéré poseur, prétentieux, vaniteux et qu'il se prend pour le meilleur guitariste de tous les temps et de tous les coins de l'univers, il ne donne pas particulièrement envie d'être défendu. Ainsi, quand il se lance dans un projet instrumental ronflant et redondant comme celui-ci, plus rien ne vient le sauver, pas même la présence du génial Aysley Dunbar à la batterie. Bien sûr, c'est techniquement irréprochable, mais rien n'y fait, faute d'une réelle charge émotionnelle, on s'ennuie ferme dès le second morceau (on est allés satisfaire un besoin naturel pendant le premier, en rigolant du livret ringard avec les photos de sa nana et de son marmot : Michael Schenker Junior, excusez du peu !) et l'on sort le CD de son habitacle avant même le troisièmeÉ DB 1 - À ranger avec la bande de gratteux produits par Mike Varney Shelter When 20 Summers Pass (Edel/Sony) - 12 titres, 31m18s - Produit par Ken Olden - Sortie le 25 avril 2000 Classic hardcore. Dans l'inépuisable lignée pluri-générationelle du Clash premier jet, Shelter assène un rock basique, qu'il s'agisse des mélodies, de la rythmique ou de l'ambition ! Après le relatif succès, de Beyond Planet Earth (98) -leur déjà quatrième album- et la longue tournée, débutée plusieurs années auparavant qui suivit encore plus de douze mois après, le groupe (essentiellement deux potes) se démarque un peu plus du "système" et s'en remet aux mains d'une (petite) multinationale germano-mondiale du rock indé. Le résultat sera sans doute qu'encore moins de monde sera touché par le bruit sincère et, tout compte fait, assez ordonné, de Shelter. Aussi sympathique que dispensable, pur et dur que pléonastique. Yeah !É MEK 2 - À ranger entre Blink 182 et the Peepshows Shivaree I Oughta Give You A Shot In The Head For Making Me Live In This Dump (Capitol, EMI) - 12 titres, 41m25s - Produit par Shivaree - Sortie Avril 2000 Charivarock. Rien qu'avec un titre d'album pareil on sait déjà qu'on ne va pas avoir à faire à un truc classifiable et bien calibré. Si, pour son line-up, Shivaree privilégie "un peu de guitare, un peu de chant, bruits divers, âneries soniques", il ne faut pas croire pourtant que cet amateurisme revendiqué est un bric à brac où le n'importe quoi voisinerait avec le je m'en foutisme. Voilà un disque dans lequel, au contraire, toute la gadgeterie sonore épaule à merveille les compositions formidablement structurées et où la voix chaude et sarcastique d'Ambrosia Parsley (en voilà une qu'on aimerait bien rencontrer !) évoque culot dadaïste et émotion déglinguée. Le groupe se réclame de Sun Ra, Ray Charles, Tom Waits out Gainsbourg (sic !) : il y a un peu de ça dans I Oughta Give You..., de ça et même un peu plus ! CF 4 - À ranger entre Captain Beefheart et Kevin Ayers Silmarils Vegas 76 (EastWest) -14 titres - 50m51s - Produit avec prétention - Sortie le 25 avril 2000 Foutoir . N'importe quoiÉ en pire ! Silmarils, qui s'en sortait pas trop mal en faisant du boucan (les erreurs passent plus facilement inaperçues !), a décidé de se prendre la tête, d'essayer de construire ses morceaux, d'ajouter de nouvelles sonorités, de nouvelles ambiances. L'idée est intéressante, bien entendu, mais le talent ne suit pas. Le moins que l'on puisse dire est que les morceaux sont chiants, entre musique de film oubliée jusqu'alors (heureusement !), pseudo hip-hop guitareux (ou l'inverse) avec textes engagés auxquels personne ne semble croire, pas mal de branlette au niveau des arrangements et, au bout du compte, un disque qui va plaire aux pseudo-professionnels de la profession pour son évidente ambition marketingée. Tout le monde (sauf nous, à l'évidence) va vous en vanter les mérites, certains d'entre-vous vont tomber dans le panneau et, d'ici quelques mois, ce Vegas 76 innondera les brocantes et foires à toutÉ ET 1 - À transformer en frisbee Simon Says Jump Start (Hollywood/Edel/Sony, 0121832) - 12 titres - 39m37s - Produit par Rob Cavallo - Sortie mars 2000 Punk-rock. Simon says "faut affûter ta guitare, préparer ta basse, tailler tes baguettes en pointe et boire douze cafés et fumer 3 paquets de clopes par jour pour vieillir ta voix". Simon says : "fais du bruit dans ta cave, mais pas trop longtemps quand même, faut partager avec les kids". Simon says : "Les p'tits branleurs, avec leur punk à deux balles, on les explose, notre musique, elle va vraiment arracher la gueule". Simon says : "c'est pas nécessaire d'être vulgos, mais ça fait du bien. On est jeunes, on vous emmerde et vive le boucan". Et pour finir, parce qu'on a toujours le mot de la fin, Compact a dit : "pas mal, les gars, mais va falloir bosser, parce que votre mixture punkoide n'a pas grand-chose d'original et donc d'intéressant". DB 2 - À ranger avec les autres sous-Offspring Sleater-Kinney All Hands On The Bad One (Matador/PIAS - OLE 440-2V) - 13 titres, 37m07s - Produit par John Goodmanson - Sortie le 2 mai 2000 Power Girl. Les trois Américaines (de Seattle pour être exact) qui forment le groupe S-K depuis déjà quelques années semblent faire d'immenses progrès, album après album (nous en sommes déjà au cinquième, mine de rien). Autant les deux premiers étaient quelque peu brouillons, autant les suivants ont affiché une volonté délibérée de s'affranchir de cet incessant mur du son et de survoler d'autres contrées un peu moins sauvages, sans pour autant tomber dans une soupe ou une guimauve fadasse ; rassurez-vous, nous restons en Territoire Électrifié ! TS 4 - À ranger entre Hole et Runaways The Smithereens God Save The Smithereens (Velvel, import US) - 13 titres - 41m42s - Produit par Don Fleming - Sortie fin 1999 Rock. La patte du groupe, qui n'a plus de distributeur en France, ce qui constitue une hérésie, sans parler d'un manque de succès de ce côté de l'Atlantique qui frise l'insolence, est reconnaissable dès les premiers accords. Cette guitare qui chatouille les plus imperturbables ; ces mélodies éternelles, à peine esquissées et déjà mémorisées pour la postérité. Et la voix de Pat Dinizio qui, depuis qu'il a sorti un album solo plus que recommandable, bien qu'un ton, en dessous des Smithereens (soniquement parlant), se prend pour un chanteur, et ce n'est pas de la moquerie, dans ce sens où il a réellement pris conscience de la valeur et du positionnement de son timbre si envoûtant. Au total, il en découle un album dans la droite lignée de ses petits frères, peut-être quelques décibels plus bas, mais ce que l'on perd en bruit, on le gagne en émotions. Ça s'appelle la maturité et dans le cas présent, ça fait plutôt du bien par où ça passeÉ CF 4,5 - À ranger entre Pat Dinizio solo et A Date With The Smithereens Smog Dongs Of Sevotion (Domino/Labels, WIGCD76P) - 11 titres, 61m20s - Produit par Bill Callahan - Sortie le 4 avril 2000 Rock minimaliste. On a connu Bill Callahan dans le dépouillé jusqu'à l'épure, le voilà de retour avec un album qui se veut en quelque sorte démonstratif. Importance donnée aux textes (religion, sexe, culpabilité), arrangements plus présents, le tout agrémenté d'un phrasé quasi-déclamatoire, Dongs Of Sevotion se veut une confession avec ce que ça implique d'expressionnisme. N'exagérons pas pourtant cet élan expansif : les titres (superbes !) demeurent distanciés et le ton suffisamment neutre pour que l'on reste dans le domaine de la retenue. Smog n'a pas fini d'être énigmatique, et c'est pour le mieux ! CF 4,5 - À ranger entre Lou Reed et Scorcese Stratovarius Infinite (NTS/Wagram, 3055802) - 9 titres, 49m56s - Produit par Timo Tolkki - Sortie le 25 février 2000 Orfèvrerie Heavy. La place de ce genre d'album serait finalement davantage chez un joaillier rupin de la Place Vendôme, façon Van Riff & Arpèges, que chez un disquaire, car le heavy metal de Stratovarius est travaillé à l'image des plus beaux bijoux : torsades électriques, diamants mélodiques, rivières de notes perlées. Ces Finlandais ont porté à son sommet l'art périlleux du hard symphonique et ils en font une fois de plus ici l'aveuglante démonstration. Certes, ils confondent parfois un peu mélodique et mielleux, et ressemblent ici et là à ces faiseurs de hits plombés d'Europe. Mais ce sont là les seuls reproches que l'on peut adresser à ce disque fastueux qui accomplit l'alchimie suprême de changer le fer hargneux en or bouillant. Ce genre de musique ne devrait s'estimer qu'en carats. HP 4 - À ranger entre Malmsteen et Rainbow Subcircus Are You Receiving ? (Roadrunner, RR 8566-2) -11 titres, 46m14s - Produit par Peter Collins, Chris Kimsey et Stephen Harris - Sortie fin mars 2000 Néo Glam. Malgré pas moins de trois producteurs, les Anglais de Subcircus réussissent à nous proposer un album consistant soniquement dans son approche glam. C'est déjà un mérite même si Receiving n'apporte rien de bien nouveau dans sa démarche. On doit surtout déplorer la faiblesse des compositions vainement contrebalancées par une production emphatique à la limite du maniérisme. Cela s'améliore un peu au niveau de textes qui, eux, se font convaincants, voire émouvants, par leur sobriété ; reste un album qui ne plaira qu'aux aficionados pas trop regardants. CF 2,5 - À ranger entre Suede et Placebo The Suicide Machine The Suicide Machines (Hollywood/Edel/Sony, 0121862HWR) - 14 titres - 33m47s - Produit par Julian Raymond - Sortie mars 2000 Rock US. Récemment en vadrouille chez nos amis sumos américains d'Arizona, votre serviteur eut la surprise de découvrir dans un grand magasin de disques une montagne-tour de Pise de ce Suicide Machines, assurément l'un des succès du moment là-bas. De retour dans la grisaille parisienne, après un coup d'oeil rapide à la pile de disques qui attendent patiemment d'être jugés par le tribunal Compact, la pochette rétro-rigolo saute aux yeux et une écoute attentive et curieuse s'ensuit. Bonne surprise, les Suicide Machines sont sans surprise : rock punkeux à tous les étages, guitares qui riffent en hi-fi, rythmes facilement mémorisables et enchaînement des morceaux à une vitesse désarmante. Ne manque juste que le petit plus qui transformera ce premier coup d'essai en totale réussite. À confirmer sur scèneÉ DB 3 - À ranger entre Goo Goo Dolls et Simon Says Sweet Smoke Just A Poke/Darkness To Light (Harvest, EMI, 7243 5 22641 2 4) - 8 titres, 78m15s - Produit par Rosie Schmitz - Sortie le 20 mars 2000 Jazz Rock. Sweet Smoke fut un groupe de jazz rock basé en Allemagne qui, au début des années 70, eu son heure de gloire avec l'album psychédélique Just A Poke. Constitué de deux morceaux (un par face) il cultivait effets sonores et expérimentations instrumentales. Le deuxième album s'agrémentait d'un line up élargi et d'une instrumentation hétéroclite faisant la part belle à des influences asiatiques nées d'un voyage en Inde. Cette réédition ne plaira qu'aux fans du Mahavishnu Orchestra et aux nostalgiques d'une époque décidément bien datée ! CF 3 - À ranger entre shiloms et chemises à fleurs Systraia Bi Mila (High Groove/MSI) - 13 titres - 46m01s - Sortie mars 2000 Rock Basque. Systraia est un groupe de scène, de ceux que l'on rencontre dans les fêtes villageoises du Sud. Au fil de leurs prestations, ils se sont construit une réputation de fauteurs de bruits populaires, notamment avec la reprise de "Mexico" qui figure sur ce nouvel album, leur quatrième. Puisant dans les ressources du punk, du ska et même de la musique latine, les chansons sont interprétées en Français (avec l'accent du pays s'il vous plaît), en Espagnol et en Basque. Seulement, sous prétexte d'être festif, le tout est parfois un peu trop bruyant. Mais pour un ou deux titres, cela passe sans problème. CD'O 2,5 - À ranger entre Louis Mariano et Skunk TDO International (Hipi Music) - 12 titres - 64m11s - Disponible Compilation House. TDO, décodé cela donne "Truc De Ouf", est une addition inspirée de douze titres house, dont deux Klément Julienne, cinq Madioko (dont "Lelele" et " Flamengo" featuring Jay Murphy), et quelques autres venus tout droit du cercle fermé des ex-membres ou amis de la Malka Family, fer de lance de la Funk à Paris il y a quelque temps déjà. Cette compilation, deuxième sortie du nouveau label Hipi Music, est ainsi l'occasion de se retrouver entre potes et de partager ses dernières sensations électroniques. Compilé par Isaac, l'album a été réalisé par Madioko, comprenez Isaac + Dany'o. Bien utile pour mettre un peu d'ambiance dans une soirée lorsqu'on n'est pas DJ. CD'O 3,5 - À ranger entre Armando et Moby Tempus Fugit The Dawn After the Storm (Rock Symphony/Muséa, RSLN 032) - 9 titres, 57m24s - Produit par Tempus Fugit - Sortie fin mars 2000 Prog de Janeiro. Si les quatre esthètes de Tempus Fugit nichent à Jacarepagua, banlieue de Rio, leur musique a certainement plus à voir avec Camel qu'avec la samba. Sous la direction d'un brillant claviériste, compositeur au nom prédestiné d'André Mello, voilà des gens peu préoccupés de la mode latino, mais plutôt amourachés de mélodies européennes qui rappellent beaucoup celles d'Andrew Latimer, et même une certaine école prog française de jadis (Terpandre, ShylockÉ). Certes quelques jolies espagnolades de guitare acoustique viennent donner à cette musique surtout instrumentale quelques colorations hispaniques, mais pour le reste, voilà un joli prog rock certes peu révolutionnaire, mais assez réussi, et surtout magistralement joué sur des instruments millésimés par ces Brésiliens très doués. HP 3 - À ranger entre Camel et Chick Corea TéTé TéTé (Autoproduit, Sony Music Publishing) - 4 titres, 21m49s - produit par Andy Lyden et TéTé - Sortie Mars 2000 Néo-Folk. Voici un one man band à lui tout seul, un artiste à la démarche pour le moins surprenante. Imaginez un jeune homme né de père Sénégalais et de mère Antillaise, jouant de la guitare, du tchi tchi, et chantant divinement bien. Vous aurez alors une petite idée de ce premier 4 titre éponyme. Un folk doux et débraillé qui oscille entre Woodie Guthrie, Ben Harper et Keziah Jones, c'est un peu facile pour les étiquettes, mais c'est vraiment ça. Ici, tout est sensuel et tonique, ça ondule, ça s'entrechoque entre frappés de cordes et mots d'amour sauvages. TéTé s'amuse avec le son et les voix de tête sur des mélodies pop aux sonorités blues. Vous pourrez le juger sur pièce puisqu'il est en tournée à travers toute la France. En attendant, ce TéTé va retourner tous les amateurs du genre. JCM 4,5 - À ranger entre Ben Harper et Keziah Jones Nico Wayne Toussaint Blasting The Blues (Dixiefrog/MSI, DFGCD 8502) - 12 titres, 58m44 s - Produit par Brad Moe et Roger Dubost - sortie mars 2000 Blues Boogie Rock. Que des bonnes choses à se mettre sous l'oreille, dans ce Blasting The Blues : de l'harmonica en veux-tu en voilà (NWT semble être vraiment amoureux de ce mini-instrument à vent), des guitares comme s'il pleuvait des cordes. Acoustiques/électriques/slide et même un rutilant dobro, un binôme basse/batterie (enfin, deux binômes, vu qu'une moitié de l'album a été enregistrée à Minneapolis et l'autre quelque part en France) qui assure tranquillement et des chansons d'amour douces sans devenir niaises, un véritable régal, le velours non pas de l'estomac, mais du conduit auditifÉ À noter une véritable perle rare, c'est-à-dire le titre final "I'm In Love"É TS 3,5 - À ranger entre Terry Lee Hale et Poppa Chubby Transatlantic Stolt Morse Portnoy Trewavas (NTS/Wagram, 3057422) - 6 titres, 77m14s - Produit par Transatlantic - Sortie début avril 2000 Prog de Luxe. Le titre se charge des présentations : cela ressemble assez à un supergroupe de niveau 2, ce qui n'exclut pas le talent, on va le voir, pour compenser le déficit de prestige. Sous la houlette de l'inépuisable Drum Theater Portnoy, voilà donc un Marillion, un Spock's Beard et un Flower Kings conviés à un sommet en prog majeure. Et le résultat est tout à fait éblouissant. À commencer par une suite de trente minutes pour mettre tout le monde à l'aise, et pour finir une reprise épique du "In Held (Twas) In I" qui avait fait les beaux jours du Procol Harum live. Entre les deux, un prolifique assemblage de mélodies, d'humeurs, d'ambiances, fortement inspirées du Yes le plus classique, et avec une multitude de réminiscences de toute l'immense culture prog de ces quatre brillants sujets. L'album est riche et dense, musicalement exceptionnel, et bourré d'idées, le genre de gros ouvrage pour lequel des semaines d'écoute béate sont nécessaires, tant ces quatre-là avaient des choses à se dire et à partager. On se demande comment Neal Morse peut rester dans le banal Spock's Beard, lui qui est si convaincant en solo ou ici. On a même l'impression que dans la catalyse de cette rencontre fulgurante, ces musiciens moins reconnus comme Stolt ou Trewavas se sont franchement transcendés. Ce qui n'était au départ qu'une jam d'esthètes a abouti à la construction d'un monument. On risque d'en reparler. HP 4,5 - À ranger entre Yes et Jethro Tull Trust Ni Dieu Ni Maître (NBKB/XIIIbis, 5262912) - 12 titres - 45m54s - Produit par Norbert Krief - Sortie mars 2000 Holding. Est-ce bien raisonnable ? Avec tout le respect qu'on peut avoir pour ce qu'a représenté le groupe par le passé, et certains de ses albums qui ont définitivement marqué une époque, ce énième retour sur le devant (?) de la scène est pathétique et sans grand intérêt. Musicalement pauvre, ce disque dodeline entre un métal façon vieille école qui ennuie par trop de conformisme et des sonorités plus récentes mal digérées pour être bien assimilées et donc particulièrement inintéressantes. Ne reste plus que les textes, engagés, rengagez-vous qu'ils disaient ; à tel point que Bernie, vite rattrapé par le système, ne semble pas y croire lui-même. Bref, ça sonne faux, bidon, tocÉ Une simple histoire de fric ? Pour nostalgiques obstinés seulementÉ DB 1 - À enterrer avec un vieux bulldozer rouillé Anne Watts/Boister Song Of The Smoke (Last Call/Wagram, 3057162) - 12 titres, 36m44s - Produit par Topher Sisson - Sortie fin mars 2000 Cabarock. On aurait tort de voir en Anne Watts une émule de Marianne Faithfull, car si elle s'inspire de l'atmosphère cabaret propre à Brecht, elle chante principalement des compositions originales et se veut également influencée par divers courants allant du jazz (Coltrane) à la musique classique (Bartok). Voilà pourquoi son univers, tout expressionniste qu'il soit, est suffisamment ample pour ne pas s'égarer dans les climats décadents de la République de Weimar ; et voilà pourquoi sa musique transcende les clichés un peu trop ressassés du bastringue de l'Ange Bleu. Voluptueux ! CF 4 - À ranger entre Satie et Kurt Weill Paul Weller Heliocentric (Island/Universal)10 titres, 48m08s - Produit par Paul Weller & Brendan Lynch - Sortie le 17 avril 2000 Paul Wellerie. Les disques de Paul se suivent et s'éloignent de plus en plus (qui a crié "enfin" ?) d'un funk blanc, pour se rapprocher d'un rock & roll parfaitement jouissif et maîtrisé dont lui seul possède la recette exacteÉ Pour ce nouvel album, Mr Weller s'est acoquiné avec deux Ocean Colour Scene et, surtout, avec Robert Kirby, l'homme des arrangements musicaux des deux premiers Nick Drake (ce qui ne rajeunit personne !). Il lui a confié la direction d'un orchestre comprenant douze instruments à cordes, trois à vent et trois cuivres, ce qui nous vaut des choses aussi ravissantes que "There's No Drinking After You're Dead", "Sweet Pea, My Sweet Pea" ou bien encore "A Whale's Tale"É De la bien belle ouvrage, qui réconciliera enfin les deux fractions qui s'opposaient depuis les morts successives de ses deux groupes précédents. TS 4 - À ranger entre Paul et Weller Snowy White Melting (Blueside/MSI, BLSCD06/00) - 11 titres - 58m18s - Produit par Snowy White - Sortie mars 2000 Soft rock. Snowy White est devenu un maître en camouflage. Difficile de passer davantage inaperçu. Déjà presque invisible lorsqu'il caracole en haut des charts (et le monsieur a quand même fait un énorme hit, remember ?!?), il devient totalement impalpable lorsqu'il s'agit de sortir un projet perso moins ambitieux commercialement parlant mais néanmoins plus que recommandable artistiquement. Le plaisir de jouer, évident, reste le seul moteur de cette nouvelle brochette de compositions cristallines et virevoltantes, rappelant de plus en plus Dire Straits (la construction est similaire, autour d'une gratte qui butine sans cesse), avec en prime deux reprises, dont un "Little Wing" (Hendrix) plutôt bien torché. Bref, un disque qui, sans être indispensable, s'écoute et se réécoute sans déplaisir. SL 3- À ranger entre Dire Straits et un Gary Moore low fat Whitesnake 87/Slip Of The Tongue (Axe Killer/Wagram) - 26 titres, 119m57s - Produit par Mike Stone Enterprises - Sortie avril 2000 Pièce De Collection. Axe Killer continue en beauté la magnifique collection "Back To Black" (après le Queensryche, le Scorpions et en attendant un prometteur double Saxon) avec ce double Whitesnake (à noter que la même maison de disques possède déjà, à son catalogue, la réédition augmentée d'inédits du Ready And Willing du même Serpent Blanc) composé de 87 et du génialissime Slip Of The Tongue, soit deux albums gorgés de blues-rock jusqu'à plus soif comme même Whitesnake ne sait plus en faire de nos jours ! Quant au personnel présent, tenez-vous bien, on commence les présentations : Adrain Vandenberg/Vivian Campbell et Steve Vaï aux guitares (enfin, un pour chaque disque, n'exagérez pas non plus !) le Seigneur David Coverdale à la Voix, Rudy Sarzo à la basse et Tommy Aldridge à la batterie pour les deux enregistrements ; alléchant, non ? Définitivement une pièce maîtresseÉ TS 5 - À ranger entre le numéro 2 et le numéro 4 de cette collection Woozy Woozy (Last Call/Wagram, 3057402) - 10 titres, 36m14s - Produit par Woozy - Sortie avril 2000 Pop Rock. Est-ce parce que les membres de Woozy habitent, l'un à New York, l'autre à L.A que cet album est si malaisément définissable ? On a, en effet, affaire à deux musiciens incontestablement (sur) doués, compositeurs émérites qui semblent enfiler les perles mélodiques comme d'aucuns accumuleraient les banalités ! Il y a assurément de quoi être estomaqué devant cette aisance musicale, empruntant à chaque genre (pop, rock, minimalismeÉ) et y greffant trouvailles et originalité ; on est donc effectivement confondu même si on déplore, rançon de la facilité, un léger manque d'identité. Restent cependant deux gaillards à surveiller de près ! CF 4,5 - À ranger entre Dico et Encyclo Rocks Neil Young Silver & Gold (Reprise/WEA) - 10 titres - 39m15s - Produit par Neil Young et Ben Keith - Sortie le 5 mai 2000 Folk & rock. "Good to see you again"É C'est par ces quelques mots que débute la nouvelle pierre angulaire de l'édifice Neil Young. Le songwriter le plus remuant de l"univers revient avec ce Silver & Gold à la case soft-folk roucoulant et transpireux, le genre de truc "utoporel" qui chamboule tant et si bien qu'on en perd son latinÉ et son français ! Un harmonica éparpillé, une slide toute en douceur, une guitare cristalline comme jamais et la voix de Neil, sublime ! Après le retour tonitruant de Crosby, Stills, Nash & Young l'an passé, le Neil n'en finit donc pas de nous surprendre et c'est tant mieux ! Seule imperfection notoire : la durée évidemment trop courte de ce disque étincelant, mais comme le bonhomme a l'habitude de privilégier le qualitatif au quantatif et qu'il continue de sortir ses albums assez proches les uns des autres, on ne pourra aucunement lui en vouloir. Dites monsieur Neil Young, quand est-ce que vous viendrez pour un concert -ou mieux, une tournée- chez nous, tout seul avec votre guitare et vos belles mélodies ?É CG 4 - À ranger avec les autres albums 'calmes" du monsieur |
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