COMPACT #25 - Eté 2002 - A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z -

16 Horsepower
Folklore
(Glitterhouse/PIAS) - 10 titres, 37m49s - Produit par 16H – Sortie le 18 juin.
www.glitterhouse.com
Folk-rock illuminé. À la première écoute, et parce que David Eugene Edwards nous a récemment gratifié d’un monumental projet parallèle, Woven Hand, ce nouveau Sixteen Horsepower paraît presque vidé de sa substance ; non pas creux, mais inhabituellement linéaire. Et puis, d’écoute en écoute, les chansons font leur chemin, insidieuses, certes toujours possédées, mais moins fulgurantes. La voix est moins habitée, quoique l’on baigne toujours allègrement dans le mystique, moins trafiquée également, à l’image d’un habillage sonore qui renoue avec une extrême simplicité, très majoritairement acoustique, comme pour mieux aller à l’essentiel et ne pas s’encombrer d’éléments futiles ou inutiles. On peut regretter la fulgurance rare de certains titres de leurs précédents albums, mais ce Folklore poursuit assez habilement le chemin emprunté, sans jamais être bâclé malgré le fait qu’il soit très proche de Woven Hand. Dommage cependant qu’il dépasse péniblement la demi-heure, c’est un peu court pour que l’univers déployé ici gagne suffisamment d’intensité pour nous satisfaire autant qu’un Low Estate par exemple. Ça n’empêche pas ce (court) disque de surnager bien au-delà du lot des sorties du moment. CG
4
À ranger à côté du DVD de La Nuit du Chasseur

3head
Blackwater
(I-Quality/Nocturne) – 2 CD, 17 titres, 79m52s – Produit par Al Macaulay & 3head - Disponible
www.3head.com
Trip-hop/dub. Le premier LP de 3head sort en France sous la forme d’un double-album, regroupant Blackwater et un CD de remixes. Mené par le batteur de Tinderstick Al Macaulay, ce groupe de Brixton apporte un souffle de créativité sur le trip-hop et le dub, qui s’enchevêtrent avec volupté et élégance, soutenus par la grâce de la violoniste Calina de la Mare, les mixages savants d’Adrian Sherwood (également co-producteur) et la voix de Ruth Rogers-Wright sur les pas de Sarah Vaughan. Si l’on est grisé par la richesse et la beauté des premiers titres, on regrette que la suite manque un peu d’ampleur et ne soit qu’un prolongement homogène de sonorités et d’ambiances semblables, sous la coupe d’un violon envahissant. Mais passons, ce n’est qu’un début, et il est déjà remarquable. CV
4
A ranger entre Adrian Sherwood et Mad Professor

69 Eyes
Paris Kills
(Roadrunner/Sony Music) - 10 titres, 42m10s - Produit par Johnny Lee Michaels - Disponible
www.69eyes.com
Metal gothic. Puisqu’ils parlent de nous, parlons d’eux ! Les coquins de 69 Eyes ont choisi d’intituler leur nouvel album Paris Kills alors autant l’avouer tout de suite, l’album pour sa part, ne tue pas autant que la ville. En glougloutant trois mots dans un français ténébreux lors de «Dance d’amour», le groupe a sans doute eu le sentiment de toucher les cimes du romantisme, mais ses morceaux restent dans la bonne moyenne du gothic agrémenté metal, sans plus. Ne vous y trompez pas non plus, 69 Eyes maîtrise fort bien son sujet : ses compos sont solides, sa production en acier, le petit brin d’énergie supplémentaire est présent aussi même si la dominante oscille entre dance et calme… Au final, on ne crie ni au génie ni au scandale : on ne crie pas du tout. C’est peut-être un signe !
HD
3
A ranger entre Tiamat et Theater Of Tragedy

Adaro
Minnenspiel
(Steamhammer/Wagram ) - 14 titres, 56m10s - Produit par Jürgen Treyz - Disponible.
www.spv.de
Siegfried électrique. Ritchie Blackmore adore ce véritable ovni, cette bande venue d'ailleurs, même si ses origines sont allemandes. Essayez donc d'imaginer un groupe de rock plutôt velu axant tous ses textes sur des récits courtois du XIIIe ( siècle, pas arrondissement...), les rédigeant en Moyen Haut Germain, langue musclée de ces temps-là, mélangeant aux guitares teigneuses des cornemuses,bombardes et autres vieilleries, et mettant en avant une jolie mais atypique joueuse de vielle électro-acoustique, manivelle et wah wah confondues. Ceci est son troisième album. Le dépaysement musical est garanti. Cette musique tient joliment la route, bien mieux par exemple qu' un Tri Yann de Celtie Centrale auquel ou pourrait le comparer. Car Adaro n'est jamais alourdi par ses sabots, lui, au contraire, et il use de sonorités et d'humeurs très souvent à mille lieues des conventions du folk rock. Si vous aimez les chocs culturels...
HP
4
A ranger entre Tri Yann et Rammstein

A filetta
Intantu
(Virgin) – 15 titres, 51m13s – Produit par Virgin - Disponible
http://corsica.sitec.fr/musiques/filetta
Voix corses. Quand une seule note de I Muvrini suffit à vous faire blêmir d’angoisse, vous ne sautez pas au plafond à la perspective de vous coltiner un album entier de voix polyphoniques corses. Groupe phare de l’île, A Filetta défend depuis 1978 le patrimoine musical régional, sans s’interdire quelques détours vers d’autres cultures proches de sa sensibilité. Ainsi, dans Intantu, les chants a capella sont tour à tour traditionnels, religieux, profanes, géorgiens, ou encore créés à partir du texte de Médée de Sénèque. Modulés tout en nuances entre douceur et intensité sans jamais en faire des kilos, ces chœurs en osmose totale, enregistrés dans un couvent, prendront aux tripes les inconditionnels. Si vous n’êtes pas de ceux-là, passez votre chemin.
CV
4
A ranger entre Speranza et A Tavagna

a-ha
Lifelines
(WEA) - 15 titres, 61m34s - Produit par Ian Caple & Martin Landquist - Disponible
www.a-ha.com
Pop variété. Avec comme emblème un chanteur à la gueule d’ange et une flopée de hits successifs qui commencent à bien dater, a-ha va certainement avoir du mal à se trouver une crédibilité rock. Pourtant, les tubes de jadis ne vinrent pas par hasard. Lifelines démontre que le groupe possède un véritable don de composition qui le guide irrésistiblement vers la mélodie imparable, destinée à marquer durablement les esprits (avec même certaines réminiscences des Beatles !). Vous en trouverez à foison sur ce nouvel album dont l’atmosphère aérée et très relax pourrait bien vous séduire, en particulier grâce à une production de type luxueuse. Il vous faudra pour cela passer par dessus certains préjugés et résister à la tentation, somme toute bien légitime, de réécouter les tubes d’antan.
HD
3,5
A ranger entre héhé et hoho

Angra
Hunters And Prey
(NTS / Wagram) - 8 titres, 38m 17s - Produit par Dennis Ward - Disponible.
www.angra.net
Bonus métallique. Stimulé par le succès sans conteste de Rebirth, les Brésiliens d'Angra ont voulu sans tarder lui donner une suite, comme un bonus reconnaissant accordé aux fans. Ils ont donc enregistré dans les mêmes conditions que l'album de résurrection ce CD qui en est la suite évidente. Au programme, quatre titres inédits (deux coups de lance-flammes, une caresse mélodique et un cocktail tropical), deux magnifiques versions acoustiques de titres antérieurs, un cover portugais d'une des nouveautés, et, melon sur le gâteau, une reprise très convaincante du "Mama" de Genesis. Tout cela constitue une délectable prime, d'autant que ce mini-album présente un Angra épuré, qui s'est déchargé ici de tous ses fastes classiques pour proposer un métal quintessencié, regroupé sur ses fondamentaux, avec un Edu en plein épanouissement et pas si éloigné que cela du meilleur des Scorpions.
HP
4
A ranger entre Scorpions et Gotthard

Véronica Antico
Les portes du ciel
(M6 Interactions) – 15 titres, 62m18s – Produit par Franck Eulry – Disponible
Chanson. On aurait pu s’abstenir de chroniquer le disque d’une petite ayant fait ses premières vocalises dans Notre Dame de Paris ou forwarder le paquet vers une rédaction moins rock & roll que celle-ci (surtout à 5 heures du bouclage). J’avoue qu’à la longue hésitation à nourrir ma platine de chansons françaises à succéder fébrilement l’envie d’écouter à quoi ça ressemblait le début d’une carrière sur Europe 1. Parce que là, c’est certain, Véronica ira très loin. Joli minois, physique d’ange, boucles sur les épaules, voix cristalline et surtout des parrains solides comme de vieux dino du show-biz, voilà ce que nous réserve le programme. Sans oublier la caution d’artistes, signant en partie le répertoire : Keren Ann, Doriand, Franck Langolff. Du beau monde pour les uns, quant aux autres, on se demande s’ils se sentiront concernés par Antico, même actuellement en ouverture des shows de Garou…
LE
2,5
A ranger entre Isabelle Boulay et Natalie Imbruglia

Arom
Jardin d’Eden
(Kwark/Fairplay) – 11 titres, 48m20s – Produit par divers – Disponible
Trip electro. À ceux n’étant pas convaincu de l’utilité, voire des débouchés, du site peoplesound.fr, sachez qu’un certain nombre d’artistes tirent leur épingle de ce cyber jeu. Puisque nous l’avons sur le bureau aujourd’hui, prenons l’exemple d’Arom, duo composé d’un ingé son et d’une comédienne. On imagine que parallèlement à leur boulot, les deux ont enregistré dans leur home studio quelques titres jetés sur la toile sans trop de conviction. Mais sur Peoplesound.fr ils toucheront leur cœur de cible, mélomane mélancolique écoutant trip hop, domwtempo ou d’autres agapes électroniques. Huit mille téléchargements plus tard, un éditeur se penche enfin sur Arom, publie Jardin d’Eden, aussitôt envoyé à la presse. Du succès underground à l’estime du grand public, il n’y a qu’un pas, que nous vous invitons à franchir…
LE
4
A ranger entre Lily Margot et Kohann

Joseph Arthur
Redemption’s Son
(Virgin) - 16 titres, 73m51s -Produit par Joseph Arthur – Disponible.
Abstract songs. Succédant au superbe Come To Where I’m From, ce Redemption’s Son explore une nouvelle facette de l’artiste, bien que ce dernier semble toujours aussi névrosé. En fait, lui ne change pas d’un iota, seule sa musique parvient à voire le bout du tunnel, on serait même tenté de dire qu’au cours de ses deux dernières années, elle s’est bonifiée, standardisée afin de sortir de ce cocon dans lequel l’artiste se mute. Entre Joseph et sa musique, il y a un no man’s land qu’aucun n’arrive à franchir sans se heurter à ces réponses d’homme désabusé, diverti uniquement par ses propres réflexions ou question… Sans oublier l’art, qui le transcende, cette culture du morbide, des ténèbres, qu’il exorcise au fusain sur ses pochettes et guitares. Voilà l’artiste tel qu’il est en face de vous lorsqu’on le rencontre… Reste son talent, la magie de ces mélodies mises en boucle et aujourd’hui l’optimisme qui s’en dégage ! Serait-ce le mixage de Tchad Blake habitué aux exigences de Pearl Jam ou Bonnie Raitt ? Ou, est-le la présence de Pat Sansone à la basse, piano et mellotron ? Toujours est-il que ce nouvel opus ne fait pas tache d’huile dans la discographie du new yorkais, bien qu’il soit délicieusement abstrait…
LE
4,5
À ranger entre Michael Hagerty et Neil Young

B.O.F. La bande du drugstore
(3B Productions/Warner Music) – 20 titres, 58m10s – Produit par divers - Disponible
www.warnermusic.fr
compil sixties. Le film de François Armanet, sorti en avril dernier sur les écrans, nous projetait au cœur de la génération des minets du drugstore, qu’épinglaient Dutronc et Lanzmann dans «Les Playboys». Ce titre est, avec «Aline» de Christophe, le seul cru français présent dans cette bande originale, qui regroupe tubes et morceaux méconnus du répertoire pop et rhythm’n’blues des années 60. On verra là avant tout un bon moyen de compléter sa collection sixties avec quelques grands classiques tels que «Chain Of Fools» par Aretha Franklin, «The Beat Goes On» de Sonny And Cher ou la version de «Gloria» des Shadows Of Knight. Les compositions plus obscures ne sont, elles, pas d’un intérêt bouleversant. Sympathique, sans plus.
CV
3
A ranger entre Otis Redding et les Shadows Of Knight

The Blasters
Testament
(Rhino/Wea) - 52 titres, 156m32s - Produit par divers - Disponible.
www.rhino.com
Roots-rock. Difficile de rêver mieux pour couvrir la carrière des Blasters que ce double-Digipak bourré à ras la couscoussière et aussi beau que bon. On en arrive presque à enrager que les Del Fuegos, qui étaient également sur Slash Records (et bien meilleurs, mais ça n’engage que moi), n’ont eu droit, eux, qu’à une petite compil’, alors que les Los Lobos ont leur coffret et les Blasters, aujourd’hui, l’un des plus beaux objets rockisants de ces dernières années. Au menu leurs trois albums studio et surtout, ô combien surtout, leur stupéfiant mini-album live, proposé ici avec trois morceaux supplémentaires du même cru (82) qui s’ajoutent à une petite poignée d’inédits studio et à une version live plus récente (85) de “Take Out Some Insurance”. Puisqu’on vous dit que c’est du tout bon !
CG
4
À ranger entre Orson Family et Fabulous Thunderbirds

David Bowie
Heathen
(Columbia/Sony) – 12 titres, 51m 42s – Produit par Tony Visconti – Disponible
www.davidbowie.com
Bowie. Avec Bowie, on est habitué aux métamorphoses, aussi percevoir sa vraie nature est une question purement rhétorique. Soniquement, pourtant, Heathen se rapproche de Hours, son album précédent, marqué par une tonalité plus intimiste que d'habitude. Mais alors que ce dernier parvenait à briller ne serait-ce que par sa volonté introspective, Heathen semble n'en avoir retenu qu'une enveloppe pour se fourvoyer dans des atmosphères dont le moins que l'on puisse dire est qu'elles sont totalement édulcorées. Les compositions sont pauvres, nudité masquée par des orchestrations grandiloquentes ("Slip Away", "Afraid, "Heathen", "Everyone Says Hi") ; quand parfois elles s'élèvent ("Sunday"), le soufflé retombe impitoyablement et les quelques tentatives crypto-glam ("Cactus", "Slow Burn") sont gâchées par des arrangements empesés. L'étonnement est d'autant plus palpable quand on sait que Bowie a sollicité son compère Toni Visconti pour assurer la production. Une reprise de Neil Young ("I've Been Waiting For You") et un titre ("A Better Future") sauvent à peu près les dégâts, le reste s'embourbe dans une vase aseptisée consternante. De celui qui fut un Maître, on savait sans doute ne plus pouvoir attendre choc épiphanique ou fulgurance, mais Heathen - Païen (sic !) - laissait espérer une célébration festive si ce n'est séditieuse ou sulfureuse. Au lieu de cela, on n’a droit qu'à une liturgie conformiste et orthodoxe, lénifiante et laborieuse. Quel paradoxe ironique que de réaliser que nous avons été régalés par cet apôtre du changement et si terriblement déçus quand celui-ci a voulu faire preuve de consistance et de profondeur…
CF
2
À éviter !

Brain Damage
Always Greener (On The Other Side)
(Bangarang/Hammerbass/Nocturne) – 10 titres, 47m20s – produit par Brain Damage – disponible
Dub. Après plusieurs écoutes, le mystère reste entier : de quelle origine pourrait bien être Brain Damage pour livrer cet album dub aux connotations tant jamaïcaines que britanniques ? Mais la biographie est toujours là pour répondre à nos interrogations les plus fondamentales, et nous apprend donc la provenance hexagonale de cet ovni duby. Hypnotique, Always Greener, composé principalement d’instrumentaux, nous emmène dans une dimension parallèle où la basse sert de guide au travers de la brousse sonore. Car ici les effets sont autant d’éléments à explorer. Naviguant entre interférences, réverbérations et space-echoes, l’auditeur se trouve soudain pris au jeu visuel induit par l’utilisation d’effets stéréo tridimensionnels. Un labyrinthe phonique où il fait bon se perdre.
CD’O
4
A ranger entre Alpha & Omega et Lab°

Brand X
The X Files
( Pangea/Muséa) - 2 cds : 10 titres, 58m01s et 13 titres, 69m03s - Produit par John Goodsall et Percy Jones - Disponible.
Www.musearecords.com
Jazz rock et l'inverse. Le britannique Brand X fut, dans les années 70, l'une des figures les plus marquantes du jazz rock européen. Il servit notamment de défouloir parallèle à la virtuosité inépuisable de Phil Collins devenu ténor de Genesis et donc frustré de batterie active. Le groupe déclina ensuite en même temps que la mode du rock jazzeux, mais le brillant guitariste John Goodsall et l'exceptionnel bassiste Percy Jones s'entêtèrent et continuèrent résolument leur périple à haute technicité. Cette double compilation rassemble d'un côté de précieux inédits ramenant à la première décennie d'activité du groupe, et de l'autre une belle fournée d'enregistrements live datant des nineties, période moins connue du groupe, mais fort consistante néanmoins. Avec au générique une belle fournée de guest stars, cette somme est évidemment réservée aux inconditionnels du jazz rock, et aux nostalgiques. Haut niveau musical garanti.
HP
3
A ranger entre Mahavishnu et Spheroe

Kevin Brown
Mojavé Dust
(Dixiefrog/Night&Day) - 12 titres, 45m21s - Produit par Alistair Hayman - Disponible.
www.thekevinbrown.com
Blues du désert. Mark Knopfler adore Kevin Brown, et particulièrement son style de slide guitar. On comprend pourquoi à l'écoute de cette petite splendeur qui doit être son cinquième album. Son bottleneck y glisse sur les cordes avec une maîtrise et une magie qui rappellent Ry Cooder au meilleur de sa forme. Quant au ton général, bluesy bien sûr, traînant, évoquant la chaleur désertique et les langueurs de véranda, il nous ramène directement à ce que JJ Cale a fait de plus moite. Et pourtant, Brown est on ne peut plus Anglais. Mais seul dans sa chambre avec sa guitare et un micro -conditions minimalistes de production de ce disque superbe- il est capable de vous faire croire que vous sirotez une Miller Lite sous le soleil de l'Arizona, à laisser vos langueurs suivre les traces du vent dans la poussière. Le blues peut être une musique extraordinairement planante, une véritable invitation au voyage. Ce disque en est une preuve supplémentaire.
HP
4,5
A ranger entre JJ Cale et Ry Cooder

Jake Burns And The Big Wheel
On Fortune Street
(EMI) – 17 titres, 74m25s – Produit par Barry Andrews – Disponible
www.slf.com
Rock. Jake Burns n'était pas que le leader de Still Little Fingers et, par conséquent, pas simplement un musicien punk. Cet album, où l'on retrouve des titres enregistrés durant les années 80, montre qu'il était un chanteur compositeur doté d'une sensibilité beaucoup plus large. Plutôt que de s'enfermer dans un rock incendiaire, il essayait ici de développer une musique plus subtile où claviers et cuivres avaient la part belle, où les compositions témoignaient de sa fixation sur Elvis Costello et où le bassiste de Jam, Bruce Foxton officiait également. À mi-chemin entre le punk et la new wave, On Fortune Street est un joli témoignage sur un certain rock anglais qui, on s'en aperçoit aujourd'hui, avait, pour Burns, une valeur autre que récréative.
CF
3
À ranger entre Elvis Costello et The Understones

La Cabra Mecanica
Vestidos De Domingo
(Alacran/East West) –10 titres – 36m41 s – Produit par Alejo Stivel - Disponible .
Rock ibérique sympathique. Les membres de La Cabra Mecanica (je vous épargne le nom de leurs deux premiers albums) sont espagnols, insouciants (du moins le semble-t-il) et le sang qui coule dans leurs veines est chaud, très chaud, ce qui entraîne une musique joyeuse et ponctuée de cuivres rutilants, un peu comme si La Mano Negra avait eu du talent, vous voyez le genre ? Lichis (pas pour moi, merci) est le leader de cette formation assise entre tradition et modernité (position des plus inconfortables) et il mélange joyeusement rock, paso doble, bossa nova, blues, tango et rumba dans ses chansons sarcastiques (mais tellement attachantes), la non-compréhension de la langue de Cervantes étant loin d’être un obstacle insurmontable…
TS
3
A ranger entre La Busqueda et une compilation de flamenco

Cannabissimo
Electro
(Le maquis/Naïve) – 13 titres, 75m15s – Produit par divers – disponible
Manifeste electro. Avec la vague sécuritaire qui déferle en France, le cannabis n’est pas prêt d’être légalisé ! Et pourtant des associations, des artistes, et quelques quidam également par leur simple consommation, nous rassurent sur un point : le fumeur de joint n’est pas un dangereux criminel ! Avec ces quinze titres inédits offerts par des artistes électroniques des plus respectables, ce second volet de Cannabissimo réjouit objectivement par son contenu aussi bien que subjectivement par son message. Le label La Maquis reste donc toujours aussi actif Entre Dub (K’n’R, Desmonds Williams, Crydamour) et down tempo (Charles Lester, Captain K Verne), cette compilation vous fera planer le temps d’un pétard entre amis ou d’un joint en solo.
CD’O
4
A ranger entre Cannabissimo I et la boîte à herbe

Chokebore
It’s A Miracle
(Pale Blue/Chronowax) - 11 titres, 38m17s - Produit par Frances Miranda - Disponible.
www.chokebore.com
Indie Rock. Le groupe qui chavire par excellence. Des mélodies qu’on croit bancales, mais qui trouvent leur chemin en prenant forme, en s’épaississant, sans jamais mettre leurs pieds sur la table tout en poussant suffisamment les meubles pour s’y faire une place de choix. Un chant qu’on pourrait imaginer quelque peu distant, mais qui finit si étroitement agglutiné à des atmosphères aussi attachantes que pesantes, aussi inéluctablement jouissives que complexes. Car Chokebore, groupe d’origine hawaïenne signant ici son cinquième album, ne choisit ni la facilité ni la futilité. Mais de sombres odyssées métalliques bien charpentées et bien épaisses d’où se dégagent des sensations d’ivresse auditive et de contagion neuronale, si tant est que cela veuille dire quelque chose !
CG
4
À ranger entre Pixies et Butthole Surfers

Classic & Troubles
On The Phone
(Outside) – 11 titres, 38m53s - Produit par CandT - Disponible.
www.classicandtroubles.com
Pub-rock. Bonne pioche pour ce trio franco-français qui sait si bien panacher son pub rock dans la grande tradition british (le doctor et les autres), avec d’autres emprunts encore plus punchy. Si les riffs claquaient un peu plus, on ne serait pas loin d’une certaine tradition australienne ou scandinave, à savoir un rock forgé dans le boogie-metal hirsute, les épanchements soniques jusqu’à plus soif et le pied au plancher tout droit dans le premier mur venu. Malheureusement, le manque de moyens évident nuit quelque peu à ce disque qui, davantage travaillé, aurait sans doute gagné en intensité autant qu’en épaisseur. Mention spéciale au (très bon) chanteur (et guitariste) qui permet aux titres les moins originaux (le morceau-titre par exemple) de prendre une autre dimension, tant il éructe et crache chaque phrase pour les rendre totalement incendiaires. Sans doute Classic & Troubles prend-t-il une toute autre dimension sur scène…
CG
3,5
À ranger entre Dr Feelgood et Webb Wilder

The D4
6Twenty
(Flying Nun/PIAS) - 12 titres, 39m29s - Produit par Bob Frisbee (sic !) - Disponible.
www.thed4.co.nz
Bâtardisation. Attention, D4 a la couleur d’un groupe de rock (assez burné, le rock), D4 pue des pieds comme un conglomérat de New York Dolls qui aurait bouffé du Iggy au p’tit déj’, mais n’en a pas la saveur, loin s’en faut. D’où la question essentielle, plus importante encore que la désormais mythique “Stones ou Beatles ?” : suffit-il de hurler “Rock’n’Roll” dans un micro pour d’emblée s’octroyer une place en première division ? Les néo-zélandais de D4 assaisonnent tant leur garage rock de solos laborieux, de vieux gimmicks glam-prout éculés, bref d’une telle pauvreté d’inspiration, que l’écoute du disque se transforme rapidement en calvaire. Dire que la bio les compare aux géniaux Radio Birdman ! Ils sont certes signés sur le label Flying Nun, mais de là à voir la vierge…
CG
0
À oublier

Deep Forest
Music detected
(Sony music) – 13 titres, 56m36s – Produit par Deep Forest
Disponible
www.sonymusic.fr/deepforest
Electro. Cinquième album studio du prolifique duo lillois, Music Detected est un élixir enivrant d’électro et de world, aussi percutant dans les rythmes dansants qu’envoûtant dans ses respirations mid-tempo. Puisant l’inspiration du côté de l’Inde, du Japon, de la Turquie, de Led Zep ou de Kraftwerk, capable de donner une dimension artistique à ses délires synthétiques avec une créativité proche des Chemical Brothers ou de Daft Punk, Deep Forest pourrait passer pour un Dead Can Dance technoïsant, s’il n’avait cette vilaine tendance à abuser des chœurs et des voix grandiloquentes. Du coup, on dérape parfois dans des caricatures à la Enigma qui gâchent le plaisir. Des petites fautes de goût épisodiques qu’on pardonne sans mal.
CV
4
A ranger entre 1 Giant Leap et Enigma

Del Amitri
Can You Do Me Good ?
(Mercury/Universal) - 12 titres, 49 m59 s - Produit par Justin Currie - Disponible .
www.delamitri.com
Rock pop classieux. Même s’ils n’ont pas l’envergure des plus grands «Del» (à savoir les Del Lords et les Del Fuegos), les Ecossais de Del Amitri tirent fort bien leur épingle (ils ont quand même 17 hits et un hymne de coupe du monde à leur actif !) du jeu de la chaise musicale : il faut dire qu’ils font partie du paysage depuis plus de quinze longues années à présent, depuis le prometteur Waking Hours qui nous fit découvrir un groupe pop racé et nerveux tout à la fois, groupe qui n’a jamais déçu ses admirateurs depuis, ou alors si peu… Ecoutez donc l’entraînant «Drunk In A Band», le curieux «Just Before You Leave» ou bien encore le long et final «Just Getting By» pour vous faire une idée du fort potentiel mélodique de cette formation méritante assez têtue pour ne jamais avoir changé de route.
TS
4
A ranger entre The Big Dish (remember ?) et The Toll .

Djambi
Reggae Do Brasil
(Active/Mosaic) – 13 titres, 47m39s – produit par Djambi – Disponible
www.mosaicmusicdistribution.com
Reggae brésilien. Djambi, ce groupe de reggae brésilien né près de Sao Paulo en 1995, nous indique sa recette pour mettre le feu : prenez la langue portugaise, ajoutez-là au reggae, vous obtiendrez dans un premier temps un dépaysement assuré. À cela, ajoutez la présence d’un ex-Wailers, le percussionniste Claudio Pépé, et vous obtiendrez un groupe atypique avec un nom respectable à l’intérieur. Le seul problème est que le tout est malheureusement une concentration de clichés jamaïcains (l’incontournable dub, le riff ska, …) et brésiliens (rythmes chaloupés sans surprise). Certes, des titres comme «Coragem» séduiront les curieux, mais ce quatrième album manque cruellement d’un petit quelque chose en plus qui ferait toute la différence.
CD’O
2
A ranger entre la Jamaïque et le Brésil

Dokken
Long Way Home
(Sanctuary/BMG) - 10 titres, 37m11s - Produit par Don Dokken - Disponible.
www.dokken.net
Dokkenerie. Dans la série " Les groupes heavy des eighties sont entrés dans la salle de réanimation", voici l'épisode Dokken. On aurait pu se réjouir de ce retour, et la superbe illustration du disque attise l'appétit. Mais le line-up n'est plus qu'à 50% d'origine, puisque George Lynch n'est pas de la fête. Certes, c'est le brillant John Norum, ex-Europe, qui œuvre aux guitares, avec le talent que l'on sait. Mais ce qu'on sait aussi, c'est que toute l'énergie de Dokken provenait du conflit permanent qui opposait les personnalités de Dokken et de Lynch. Chaque fois que ces deux ennemis intimes furent séparés, le groupe tourna à vide. C'est encore le cas ici. Voici un disque propret, compétent, mais exsangue, et sa courte durée signale assez le peu que Dokken avait ici à dire. Ce n'était pas la peine de le réveiller pour si peu....
HP
1,5
A ranger entre Scorpions et Europe

Elysium
Being Fed To Lions
(Last Call/Wagram) – 10 titres, 41m39s – Produit par Chris Joannou – Disponible
www.elysium.htmlplanet.com
Rock. Ce groupe de Sydney s'est construit sur une base : une admiration de ses trois membres pour Silverchair. À l'époque, 1997, nos musiciens ont juste 15 ans et ce n'est que peu à peu qu'ils semblent s'être affranchis de leur modèle. Bien sûr, la production du bassiste de Silverchair garantit un son immanquablement reconnaissable, mais Elysium parvient, dans un idiome forcément limité, à bâtir une musique saignante et point désagréable. Certaines compositions, sans être follement originales, se frayent même un chemin sur la route encombrée de la power-pop psychédélique ; bref voilà un disque qui pourrait compenser aisément, pour les fans de Silverchair, le silence de leur groupe favori.
CF
3
À ranger entre Silverchair et Blue Cheer

Eminem
The Eminem Show
(Aftermath Records) – 20 titres, 77m32s – Produit par Dr Dre – Disponible
D’la bastos, bb. Inclus les tueries «Without Me» et «Cleaning Out My Closet», m’assure le sticker collé au recto d’un Eminem Show, plutôt calmos dans l’genre. Savez-vous que 700 000 français ont acheté The Marshall Mathers ? Qu’il est le seul artiste de hip hop à avoir rempli Bercy (18 000 entrées) ? Les chiffres ça l’connaît bien, on ne compte plus ses disques de platine, de diamant, ni les Grammy Awards… Toujours aussi décrié par les médias américains, Eminem s’en tire assez bien par ici où, il est bon de préciser, malgré l’effort des mags spé, la moitié de ces fans n’ont pas franchement conscience de ses lyrics ou de sa provoc («White America»).On s’attendait donc à une surenchère de saloperies, un flow imbuvable, une musique quasi absente, voire une production grandiloquente comme on sait le faire aux USA. Et bien il n’en est rien, ce show surprend même par sa passivité, la finesse des arrangements arbitrés par Dr Dre. Mais n’allez pas croire que ce white trash a perdu toute sa substance…
LE
3
A ranger dans un sac US

Entwine
Time Of Despair
(Spikefarm/XIII Bis Records) - 10 titres, 43m02s - Produit par Ansi Kippo - Disponible
www.entwine.cjb.net
Metal gothic atmosphérique. Un brin d’électro, un soupçon de gothic, des grosses guitares metal bien pesantes, un chant clair mais pas franchement joyeux, des atmosphères successives et, pour couronner le tout, des membres accoutrés en vinyle noir : pas de doute, Entwine est membre du clan metal gothic. Il ne s’en sort d’ailleurs pas trop mal, présentant un album assez constant dans la qualité, même si, à la longue, on peu lui reprocher d’être un peu prévisible. Pas écrasant de personnalité, il s’en sort à l’aise grâce à sa faculté de créer des climats successifs intéressants et une petite pointe héroïque qui jaillit parfois au détour d’un refrain plus accrocheur que la moyenne. Avec des morceaux à la fois forts et éthérés, Entwine peut séduire. À chacun de se déterminer en fonction de ce qu’il recherche.
HD
3,5
A ranger entre Theater Of Tragedy et Sentenced

Everon
Bridge
(Mascot/XIII Bis) - 12 titres, 55m58s - Produit par Oliver Philipps et Christian Moos - Disponible.
www.Everon.de
Chrome Prog. Les Allemands d'Everon sont réunis depuis dix ans, voici leur cinquième album, et il faut reconnaître que l'on ne s'était pas trop aperçu jusqu'à présent de leur existence. Cététuntor. Ces gens plus qu'avisés produisent un prog rock tout à fait persuasif, astucieusement positionné entre le versant métal où domine Dream Theater et le coteau néo-britannique sis à l'ombre géante de Fish. Du plomb, mais point trop, du lyrisme, mais pas trop non plus, de la virtuosité certes, mais jamais encombrante, des références indiscutables, mais point trop proéminentes : voilà un groupe qui a su trouver le bon set up musical. Ce juste dosage fait tout l'attrait de son rock élégant et plein d'allant. Les amateurs apprécieront.
HP
3,5
A ranger entre Dream Theater et Fish

François K
Choice : A Collection Of Classics
(Wave/Nocturne) – 22 titres, 134m07s – Produit par François Kevorkian – Disponible
Disco. Exilé à New York en pleine gloire du disco (tout comme Cerrone), François K a su s’imposer rapidement, ce qui n’est pas une mince affaire lorsqu’on connaît la jungle urbaine et les ténors du business régnant sur l’industrie du disque. Donc ce batteur (tout comme Cerrone again) joue des coudes, dirige le label Prelude, puis ce frotte aux compos de Kraftwerk, Rolling Stones, The Smith, Depeche Mode, Yazoo… C’est un succès. Son propre studio en main, il lancera son label plus tard. Ainsi à domicile, sur Wave, le frenchy déploie les grands moyens pour nous offrir un double CD en hommage aux fastueuses années disco. En invitant d’autres acteurs axés dancefloor (tout comme Cerrone avec Bob Sinclar) tel Frankie Knuckles, Lil’Louis, cet opus oscille entre set festif et soirée boule à facettes. Vraiment sympa…
LE
4
A ranger entre Masters At Work et Chic

Freedom Call
Eternity
(SPV/Wagram) - 11 titres, 48m01s - Produit par Bay, Zimmermann & Bauerfeind - Disponible
www.freedom-call.de
Metal symphonique. Une bonne petite réputation bien construite pour le précéder, et Freedom Call décolle doucement. Apôtre du speed symphonique, il s’inscrit dans l’entourage direct des Dieux du genre avec lesquels il partage des aspirations lyriques prononcées, des arrangements orchestraux pléthoriques, une rapidité et une justesse d’exécution bienvenue. Jalonnés d’accroches mélodiques splendides, les onze titres évoquent souvent Rhapsody avec toutefois un chant différent et un peu moins d’emphase. L’ensemble se révèle cependant sans reproche, sans risque particulier et surtout pas celui de décevoir les fans du style qui ne trouveront en Eternity que du bonheur à l’état pur. En peu de temps, Freedom Call est devenu une valeur sûre et reconnue dans le monde du metal symphonique. Bravo !
HD
4
A ranger entre Rhapsody et Gamma Ray

Full Cycle
Full Cycle Live
(PIAS) – 25 titres, 67m05s – Disponible
2 Step. La sortie de ce live n’a pas fait beaucoup de bruit. Car finalement que sait-on de Full Cycle en France ? Pas grand-chose finalement. Et pourtant ce live enregistré le 18 novembre 2001 lors des soirées «Sunday Social» de Bristol, est un événement, une trace discographique de l’évolution drum’n bass en 2 Step, avec la participation de ses principaux acteurs : Roni Size, Krust, DIE et SUV. Un milieu underground qui, malgré une popularité Outre-Manche, n’a pas su trouver son public en France. Pourvu d’une énorme dose d’adrénaline, généreux en beats extrêmes et sub-basse, cet album galvanise l’énergie d’un style dancefloor richissime, à découvrir de toute urgence. Seul petit bémol : l’enregistrement qui aurait pu bénéficier d’une plus grande attention. Pour le reste, no problem.
CD’O
4.5
A ranger entre Roni Size et Philli Blunt

Vincent Gallo
Recordings Of Music For Films
www.warprecordings.com
(Warp/PIAS) – 29 titres, 59m19s – Produit par V. Gallo – Disponible
Musique de film. On connaissait déjà depuis un certain moment le Vincent Gallo activiste du cinéma indépendant américain avec notamment Buffalo 66. On sait depuis l’année dernière et son premier album solo When, qu’il est également un musicien accompli, fervent d’une musique à l’esprit aussi alternatif que ses films. Ce Recordings Of Music For Film étonnera assurément celui qui y verrait un second opus du monsieur. Il s’agit ici plutôt d’un recueil sonore composé de raretés et d’inédits accumulés au fil des années, depuis les prémisses mélodiques de If You Feel Froggy, Jump, enregistré en 1979 jusqu’à la bande originale de Buffalo 66. Avec une simple guitare ou enrichies de quelques éléments subtils, Gallo nous offre une heure de bribes musicales parfois redondantes, ce qui satisfera l’amateur de musique de film tout en décevant sûrement les autres.
CD’O
2.5
A ranger entre Chet Backer et Barry Adamson

Gashouse Dave
Way Too Cool
( Dixiefrog / Night&Day ) - 11 titres, 38m 35s - Produit par David Randall Shorey - Disponible.
www.bluesweb.com
Chandler rock. Avec son physique à la John Goodman et sa musique qui fleure bon les arrière-salles de bar américain, David Randall Shorey alias Gashouse Dave figurerait dignement dans un film des frères Coen. Bluesmen atypique, il propose une musique superbement produite qui évoque tour à tour Tom Waits ou Chris Rea ( celui de Road To Hell 2...), annexe un peu de rap et beaucoup d'acid jazz et crée une ambiance unique. Le gaillard chante d'une voix riche et bougonne des textes magnifiques, dignes de Chandler, avec la nonchalance bourrue d'un Mike Hammer du rock. On finit par tomber totalement sous le charme, rude et feutré à la fois, de ce blues radicalement modernisé et interprété avec autant de savoir-faire que d'originalité. Alors que l'on nous impose tant de produits calibrés et prévisibles, il est rare - et donc précieux - de pouvoir s'offrir une musique aussi fortement personnalisée. Chapeau.
HP
4
A ranger entre Tom Waits et Chris Rea

Girls Against Boys
You Can’t Fight What You Can’t See
(Vicious Circle/Wagram) –11 titres, 41m34 s –Produit par Ted Niceley –Disponible .
www.viciouscircle.fr
Rock énervé. Retour des décapants Girls Against Boys (ex-Soulside), émigrants volontaires pour New York, après que Washington leur eût apporté de trop grosses déceptions (viré de leur label malgré la vente de plus de 100 000 exemplaires de Freak On Ica !). Ce changement d’air leur a fait le plus grand bien et ils sont à présent en pleine forme, l’œil vif et le poil luisant, un album impeccable et flambant neuf inscrit sur leur carnet de santé ; cet état des lieux et des personnes étant établi, que peuvent-ils nous apporter en ce rude 2002 ? Mmm… De grosses guitares acérées, une rythmique rarement prise en défaut et des paroles revendicatrices sans jamais devenir barbantes, qu’en pensez-vous ? Cela vous convient-il ?
TS
3
A ranger entre Minor Threat et Stabbing Westward

Tino Gonzales
A World Of Blues
(Dixiefrog/Night And Day) –10 titres, 59m46 s –Produit par Tino Gonzales –Disponible .
www.bluesweb.com
Blues rock swinguant. Tino Gonzales est un homme charmant qui vit dans le sud de la France (après avoir épousé une jolie autochtone) et qui aime les Cathares, la bonne chair et le blues par-dessus tout : pas étonnant, dans ces conditions, de le voir accélérer la sortie de ses albums, au fur et à mesure qu’il s’enfonce dans la béatitude. Sa musique respire le bonheur et la joie de vivre, même (paradoxe étonnant) quand il s’attaque à d’insolubles problèmes de société : «Lies, Lies, Lies» et «No More Misery» ressortent transfigurés de ce traitement de texte et si vous maîtrisez mal ou pas du tout l’Anglais, vous jurerez avoir affaire à de bêtes bluettes ! Quelques invités plus ou moins prestigieux ( dont Popa Chubby et Jimmy Thackery) sont venus l’épauler sur cette galette dorée et tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.
TS
3,5
A ranger entre Modern Day Hobo et un album live qui serait le bienvenu, à présent.

David Guetta
Just a little more love
(Gumprod/Virgin) – 13 titres, 49m19s – Produit par Joachim Garraud et David Guetta
Disponible
www.gumprod.com
Electro. On ne présente plus David Guetta, figure inévitable des nuits parisiennes qui, avec sa femme Cathy, a orchestré le succès du Palace, du Queen et des Bains. Inutile de préciser que son premier album est du concentré d’électro pour dancefloors, sous le règne de la house, du disco et du funk. N’y allons pas par quatre chemins, il s’agit de musique commerciale, sans personnalité, qui passait déjà dans les boîtes il y a dix ans. Plus manufacturé, tu meurs. Cela dit, pourquoi se creuser le citron à innover alors qu’il suffit de reproduire les mêmes vieilles recettes qui marchent à coup sûr ? Dommage, car deux-trois titres sur la fin révèlent un élan d’originalité aussi tardif qu’éphémère. Et si on réécoutait plutôt Fatboy Slim ?
CV
2
A ranger dans votre collection house des années 90

Guided By Voices
Universal Truths & Cycles
(Matador/PIAS) –19 titres, 46 m 34 s – Produit par Robert Pollard – Sortie le 17 Juin 2002
www.matadoreurope.com
Trésor enfoui et jalousement gardé. Comme le dit si bien lui-même Robert Pollard, Guided By Voices en chef depuis la nuit des temps, «Le nouvel album est le résultat du télescopage d’ Alien Lanes et d’Isolation Drills, soient deux disques qui n’ont pas été très faciles à mettre en boîte.» Il faut croire que ce groupe hors-normes a su surmonter toutes ces petites difficultés, tant Universal Truths & Cycles coule de source, avec ses habituelles mini-chansons («Wire Greyhounds», «Love 1», «The Ids Are Allright») venant s’intercaler entre de superbes mélodies longue distance («Storm Vibrations» et surtout «Cheyenne»), le tout s’accommodant fort bien de la forte personnalité de Mr Pollard qui rejoint dans leur quête de la pop song parfaite tous les Ray Davies, Andy Partridge et Brian Wilson de la planète.
TS
5
A ranger entre Drums And Wires (XTC) et Sweets From A Stranger (Squeeze) .

Halford
Crucible
(Sanctuary/BMG) - 12 titres, 47m02s - Sortie courant juin.
www.sanctuaryrecords.co.uk
Métal enragé. Est-il somme toute tellement besoin de se lancer dans la polémique pour comparer les mérites d'Halford sans les Priests d'un côté et de Judas Priest sans le Rob de l'autre ? Au total, la scission est fructueuse puisque nous y avons gagné deux bons groupes au lieu d'un. Si ce n'est que celui d'Halford est nettement plus agressif et moderne que l'autre. La preuve en est une fois de plus fournie par ce nouvel album enragé, mû d'un bout à l'autre par une envie carnassière de bouffer tout ce qui se présente. Rares sont les pauses dans ce marathon exalté qui nous montre un groupe atteint d'un véritable priapisme électrique : chez ces furieux-là, on ne débande jamais. La priorité est purement attilesque : foncer avant tout, brûler tout ce qui brûle, jusqu'à un épuisement qui ne vient jamais. Voilà un lavement torride qui fait sacrément du bien au corps du rocker.
HP
4
A ranger entre Megadeth et Judas Priest

Gemma Hayes
Night On My Side
(Source/Virgin) - 12 titres, 46m52s - Produit par Lindsay Turnham - Disponible
Songwriting. Catie Curtis, Alanis Morissette, Sheryl Crow, Joni Mitchell, Fiona Apple… Pas tout à fait rock, ni folk ou pop, ce Night On My Side amalgame le style de ces chanteuses de charme, plante le décor d’un quotidien qu’on imagine de prime abord, inspiré sur la route d’El Paso, alors qu’il nous arrive de Dublin ! Et via Source, label dorénavant aussi éclectique qu’électronique. «Day One» ouvre ainsi les hostilités d’abord roots (harmonica, slide), pour mieux vous surprendre et s’épanouir vers d’autres compositions plus encrées dans l’actualité grand public. Sans être un véritable fana du songwriting au féminin, Gemma se tire haut la main de cet exercice rabâché habituellement sans subtilité. Un peu comme ceux Neal Casal, son disque ne prendra pas une ride parmi nos coups de cœur.
LE
4
A ranger entre Beth Orton et Sheryl Crow

Holy Moses
Disorder Of The Order
(Century media/M10) - 12 titres, 40m49s - Produit par Andy Classen - Disponible
www.holymoses.de
Thrash. Le nom d’Holy Moses circule depuis de longues années dans le milieu metal, mais peu nombreux sont ceux qui y prêtent une réelle attention. À peine si l’on avait remarqué que le groupe s’était éclipsé entre 1994 et 2001, et qu’il confirme aujourd’hui son retour… en force. Emmené par une chanteuse parfaitement agitée, il propose un album bien plus convaincant que le EP qui l’avait précédé, dans un registre heavy/thrash pas trop linéaire. Il y a quelques bonnes idées à signaler sur ces structures archi-classiques, un petit chorus de guitare par ci, un refrain par là… et toujours ce chant furibard de la dame en colère, qui devient la caractéristique principale du groupe. Holy Moses fait de nouveau parler la poudre : que cela se sache !
HD
3,5
A ranger entre Testament et M.O.D.

Ignore the beat - A.P.C. dance
(A.P.C./EMI) – 12 titres, 57m26s – Produit par Bill Laswell et Jean Touitou - Sortie le 18 juin
www.apc.fr/fr/discographie1.php
Electro. Créateur de la marque de vêtements A.P.C., Jean Touitou a aussi développé une section musicale depuis 1999, avec la contribution du bassiste et producteur Bill Laswell. Ignore The Beat est un défilé de morceaux choisis, tissés sur une trame disco et house, qui n’ont pas d’autre but que de nous faire danser. Ce bel ouvrage, desservi par un mixage plat comme une limande, fait perpétuellement le yoyo entre des productions passe-partout qui sentent le réchauffé et des titres plus ambitieux et pêchus («Oriental Disco» en tête). Par ailleurs, était-il nécessaire de nous coller quatre remixes de «My Body Can’t Ignore The Beat» ? Plus proche du «prêt-à-écouter» que de la haute couture, un intermède attrayant pour les night-clubbers de l’été.
CV
3
A ranger entre Stardust et Cox6

Jack Drag
The Sun Inside
(Shifty Disco/Pop Lane) - 15 titres - 51m 09s - Produit par Jack Drag – Sortie le O4 juin 2002.
www.jackdrag.net
Mélange des genres. Jack Drag, alias John Dragonetti a franchement le moral ! Après deux albums autoproduits, une signature et un album chez AM dont il s’est fait éjecter lors de la fusion avec Universal (il faudra un jour se pencher sur tous les groupes dont l’existence a été brisée par ces grandes manœuvres qui n’ont strictement rien avoir avec l’art et la création), il a échoué vers des terres nettement plus hospitalières en la personne de Sugar Free et Shifty Disco, distribués en nos contrées par les très sympathiques et très dynamiques gens de Pop Lane (dont il faut une fois encore louer le flair et le courage pour permettre à tous ces artistes hors norme de s’exprimer). Après Soft Songs LP : Aviating, voici donc The Sun Inside, deuxième album de Jack Drag chez Shifty Disco. Et d’emblée la partie est gagnée. Jack Drag fait lui aussi partie de ces petits bricolos de génie qui, dans la brèche ouverte par Beck, nous balance une musique composée, interprétée arrangée par ses soins. Pratiquant le grand écart entre Talk Talk, De La Soul et des BOF de films indiens (sic !) la démarche de l’Américain se révèle là encore, formidablement vivante et innovante. Maniant avec dextérité l’art de l’ironie («My Favorite Hole», «Gettin’High With Jesus»), Jack Drag signe à l’instar de son homologue norvégien Kaada (voir chronique dans ce même numéro), un album goûtu et gouleyant à souhait dont les trésors cachés méritent d’être mis à jour au plus vite.
PR.
4
À ranger entre Beck et Lou Barlow

Kaada
Thank You For giving me Your Valuable Time
(EMI) - 11 titres - 43m50s - Produit par Kaada. Sortie le 18 juin 2002.
www.kaada.no
Fjord music insolite. Nom : Kaada. Prénom : John. Profession : musico déconno. Eh ben ouais, un autre petit génie venu du Nord ! De Norvège plus précisément. Organiste de profession, le bonhomme s’est adjoint les services d’une formation rock basique (basse guitare, batterie) pour nous concocter une musique bizarroïde, mélange hétéroclite de pop, d’électronica, de blues, de funk ou même de gospel. Au vu des compositions et des samples utilisés, on comprend très vite que l’ami Kaada fait une sérieuse fixette sur les musiques traditionnelles anglo-saxonnes des années 30, 40 et 50. Mais bien loin de rester prisonnier de ces influences pesantes, le Norvégien broie, triture, malaxe ces sons légendaires pour nous offrir un ensemble unique et pour le moins original. Bien loin des emprunts policés d’un Moby, Kaada joue la carte de l’irrévérence, du pied de nez rigolo. Bizarroïde, insolent, éminemment sympa, voilà un disque frais et décapant qui va bousculer vos habitudes auditives et vous emporter dans son univers emballant. «Merci de nous accorder un peu de votre temps précieux» pour lire cette chronique…
PR.
4
À ranger entre Beck et Royksopp

Kargol’s
Invertébré
(Crash/PIAS) – 14 titres, 66m16s – Produit par Pierrot – Disponible
www.kargols.com
Ska-rock français. Dans le feu de l’action scénique depuis plus de cinq ans, les six perpignanais de Kargol’s ont su peaufiner leur ska rock festif, fondé sur l’efficacité de la rythmique et la chaleur des cuivres. Sur disque, on a déjà pu vérifier par le passé que le transfert concert/studio fonctionnait sans heurt : leurs deux précédents opus, Ma J’Galère (96) et Satyagraha (99), offraient un parfait exemple des talents de métissage de ces jeunes énervés. Entre ska, rocksteady, reggae et énergie punk électrique, leurs cœurs avaient réussi à ne pas faire de choix. Avec Invertébré, les Kargol’s donnent à nouveau un coup de pied dans la fourmilière des idées reçues, et affirment de nouveau leur but avéré : mêler le maximum d’influences en conservant le maximum d’énergie.
CD’O
3
A ranger entre Ska-P et la Ruda Salska

Los de abajo
cybertropic chilango power
(Luaka bop/Virgin) – 16 titres, 40m19s – Produit par Hermandad Chirusa - Disponible
www.luakabop.com
Latino. Cela fait dix ans que ce groupe survitaminé très engagé à gauche, véhicule ses messages sur la scène mexicaine alternative. Après avoir imposé un style latino-ska énergique, qui donna naissance à un premier album en 1998, Los De Abajo a fait appel à Hermandad Chirusa, de Macaco, pour produire cette nouvelle fournée. Les influences reggae et rock, voire rap, sont toujours au rendez-vous, associées aux différentes facettes de la musique traditionnelle nationale (bolero, ranchera...), dans des compositions alertes, rythmées et chaleureuses comme il se doit. Parfois comparés aux Négresses Vertes, ces joyeux drilles ont toutefois un côté beaucoup plus «folklore latin modernisé» qui s’avère vite agaçant quand on n’est pas un grand fan du genre.
CV
2,5
A ranger entre Macaco et Manu Chao

Macka B
Live Again : Roots Ragga 2
(Ariwa/Nocturne) – 14 titres, 64m03s – Produit par Mad professor – Disponible
www.ariwa.com
Roots Ragga. Ce live enregistré aux quatre coins du Monde, de Bilbao à Bruxelles en passant par Amsterdam, retrace les grands moments de Macka B, formation britannique oeuvrant depuis 1987. Partisan d’un reggae classique serti des effets du producteur Mad Professor et The Robotiks, Macka B déverse ses textes pacifistes et engagés par l’entremise d’un flow ragga soft sans faille. Vous aurez pu les croiser en 99 sur l’album de Sinsemilia ou encore sur scène il y a quelques années, alors qu’ils connaissaient un succès certain. Maîtrisant la prestation live à la perfection, cet opus rend bien compte de l’ambiance chaleureuse que les messieurs savaient créer. Une introduction idéale pour ceux qui n’auraient encore jamais entendu parler de ces anglais au riddim impeccable.
CD’O
3.5
A ranger entre Royal Roots et Ariwa Possee

Madredeus
Electronico
(EMI) – 13 titres, 75m50s – Produit par divers. - Sortie le 18 juin
www.madredeus.net
Compil de remixes. Révélé au grand public en 1994 grâce au film de Wim Wenders, Lisbon Story, Madredeus est devenu la locomotive de la nouvelle scène portugaise, avec un fado remis au goût du jour qui connaît un succès international. Comptant déjà une dizaine d’albums à son actif, le groupe s’est attelé cette fois à un disque de remixes, exécutés par des spécialistes du genre : au total, treize titres revus et corrigés par Télépopmusik, Manitoba, Dusted (deux ex-Faithless), Craig Armstrong, Buscemi, Alpha, entre autres électro-bidouilleurs patentés. D'atmosphères aériennes en sonorités éthérées, le charme opère presque par miracle et doit plus aux finitions des maîtres d’œuvre précités qu’à la force des compositions très convenues. Bref, du beau boulot.
CV
3,5
A ranger entre latino et ambient-house

Manigance
Ange Ou Démon
(NTS/Wagram) - 12 titres, 54m57s - Produit par Manigance et Alain Ricard - Disponible.
www.manigance.net
Metal bleu. Décidément, le heavy metal français semble avoir le vent en croupe. On peut maintenant citer fièrement une bonne dizaine de groupes capables de faire aussi bien que leurs rivaux d'ailleurs. Ajoutons à la liste ce Manigance qui ne rime pas pour rien avec élégance. Voilà du heavy de belle allure, fait de superbes guitares exaspérées survolant d'immenses étendues de claviers bleutés. Un metal rock qui possède une sacrée vigueur, mais qui impressionne surtout par son sens de la mise en place millimétrée. Manigance est à classer parmi les esthètes du genre, sans pour autant se rallier franchement au prog ‘metal ni aux néoclassiques, loin de là. On décernera une mention spéciale à la qualité du chant - en français dans le texte - et à celle des paroles, qui ont de l'allure. Un groupe exaltant et raffiné à découvrir, et ,surtout, à supporter pour qu'il puisse vivre et nous régaler durablement.
HP
4
A ranger entre Savatage et Stratovarius

Maraca
Tremenda rumba
(Warner Jazz France) – 11 titres, 51m28s – Produit par Orlando Valle Maraca, Céline Chauveau - Disponible
www.maraca.cult.cu
Musique cubaine. Entouré de son groupe, Otra Vision, et d’une kyrielle de musiciens du pays, le flûtiste-chef d’orchestre Maraca, nous plonge une fois de plus dans l’ambiance torride et virevoltante de la musique afro-cubaine. Congas, cordes, cuivres, piano, bongo et maracas rivalisent d’énergie au fil des ces rumbas endiablées, véritables hymnes à la fête et à la danse qui ne s’accordent aucun temps mort. Pour ce cinquième album, Maraca s’est inspiré du travail de Salvador Gonzalez, peintre populaire de la Havane, dont les œuvres ornent d’ailleurs la pochette et le livret du disque. Des fresques chatoyantes et colorées, à l’image de ces onze compositions superbement interprétées, idéales pour les soirées estivales des rumbamaniaques.
CV
4
A ranger avec Afro Cuban All Stars

Marcel et son Orchestre
Youpii, Groovii, Heavii, Crazii, Sexii, Show !!!
(Wagram) – 25 titres, 1h18m – Produit par divers – Disponible
Live festif. Quoi de mieux pour nos entertainers lillois qu’un bon album live (double en l’occurrence), pour remettre les pendules à l’heure ? Véritables incendiaires scéniques, Marcel et son orchestre auraient même mérité un DVD pour rendre compte de l’ambiance enflammée que provoquent leurs accoutrements ridiculement féminins et rétros. Contentons-nous pour le moment de ce Youpii, etc, Show !!!. Si les titres présents ici sont principalement extraits de leur petit dernier Si T’En Reveux Y’En Re N’A, on trouve sur le deuxième CD l’hymne intemporel «Les Vaches», ainsi que ce que les assidus désignent comme des classiques «Skakaline», «La Minute de Bruit» ou encore «La Noce Action». Un album live comme si vous étiez, avec les présentations des morceaux, et tout et tout !
CD’O
3.5
A ranger entre Si T’En Reveux Y’En Re N’A et Youpi Groovy Heavy Crazy Sexy Ska Group

Marie Kiss la Joue
Henri, Valentin et les autres…
(Polydor/universal) – 10 titres, 35m33s – Produit par TSK Music – Disponible
Chanson française. On ne peut s’empêcher de penser à Enzo Enzo lorsque l’on entend Marie Kiss La Joue, on n’ira pas crier au plagiat pour autant mais à une influence plutôt de bon augure. Henri, Valentin et les autres , des gens rencontrés au hasard de son bistrot rennais préféré (Dixit la bio), ritournelles esquissées non sans malice. Histoirettes sans prétentions qui racontent le quotidien et les petits malheurs ou bonheurs, d’une “Voisine au Balcon”, d’un “Inconnu à l’agenda” d’“Henri l’Amoureux” et bien d’autres. Côté musique, c’est plutôt dépouillé, guitare acoustique et violon, qui lorgnent parfois vers le swing manouche. Le ton est léger, les paroles plutôt pas trop mal ficelées, même si l’on regrettera un manque d’originalité, on est dans la chanson rive gauche sans qu’elle soit révolutionnaire. Signe des temps ?
DS-D
2,5
À ranger entre Enzo et Enzo

Mark Olson & The Creekdippers
December’s Child
(Glitterhouse/PIAS) - 11 titres, 44m21s - Produit par Tyler Brown et Jeffrey Reed - Disponible.
www.creekdipper.com
Folk-rock. Mark Olson était des premiers Jayhawks (jusqu’en 95) et l’on remarque bien plus avec cet album qu’avec les précédents (celui-ci est le cinquième) combien il fut important dans l’élaboration d’une des plus belles trajectoires du folk-rock US de ces dernières décennies. Non pas que les précédents furent ratés, bâclés ou même décevants, mais ils n’avaient pas l’épaisseur épidermique de ce December’s Child. Hasard ou coïncidence, c’est aussi le disque des retrouvailles avec Gary Louris, qui chante et joue de la guitare acoustique sur le lumineux “Say You’ll Be Mine”, complétant ainsi, l’espace d’une chanson (la meilleure de l’album ?), les très rôdés Creekdippers, emmenés par madame Olson, une certaine Victoria Williams…
CG
4
À ranger entre Jayhawks et Russ Tolman

Mecca
Mecca
(Frontiers/XIII Bis Records) - 10 titres, 48m00s - Produit par Peterick & Millas - Disponible
www.frontiers.it
Hard FM proutprout. Si on l’avait découvert par hasard dans le milieu des années 80, cet album aurait sans doute pu passer pour une bonne production de seconde zone. Genre hard FM avec un petit son, des clichés par fournées (les chœurs qui font «hou ! hou ! » et tout et tout), une voix haut perchée etc. Difficile en revanche lorsqu’on pense que cette édition paraît en 2002, de trouver une quelconque crédibilité ou même de l’intérêt à ce disque sans saveur ni personnalité, aux sonorités largement dépassées (et à bien y regarder, tant mieux !), à moins de vouloir se fendre un peu la tronche entre amis, se rappelant le «bon vieux temps». Cette époque, c’était celle du règne des lycra moule-burnes (et moule-moules, bien sûr ! ), des permanentes bien soufflées et du rêve californien… Vraiment pas glop !
HD
1,5
A laisser chez votre disquaire

Eric Mingus
Too Many Bullets… Not Enough Soul
(Some Records/Chronowax) - 12 titres, 55m32s - Produit par Elliott Sharp - Disponible
Crossover. Pas assez rangé pour finir ses vieux jours sur la scène du Vanguard, poumon jazzy de Greenwich Village, trop barré pour les Eurockéennes de Belfort, Mingus, bassiste allumé, hante pourtant l’esprit de fans bigarrés. Débutant aux côtés de Bobby Mc Ferrin, Carla Bley ou l’extravagante Karen Mantler, il décide de changer d’air et s’envole pour l’Europe, terre d’accueil et d’exil de nombreux jazzmen mal aimés. Là, le climat lui réussit si bien que sa passion fusionne hip hop et blues, se mute en un gospel bâillonné par ce son mat, l’atmosphère sombre, particulière à ces compos. Ce Too Many Bullets, concocté avec ses nouveaux potes (dont batteur du Rollins Band) oxygène ces soirées d’été dont la chaleur à bien du mal à se faire sentir, ce mois-ci.
LE
4
A ranger entre jazz et blues

Mother Tongue
Streetlight
(Noisolution/United Musics Company) - 13 titres, 38m52s - Produit par Mother Tongue - Disponible.
www.mothertongue.net
Rock lourd. Ta mère en tongues, le retour ! Alors qu’on avait trop rapidement placé ce groupe dans la longue liste des combos massacrés par le géant Sony, plus doué à tuer le génie dans l’œuf qu’à quoi que ce soit d’autre, après pourtant un sublime album de rock poisseux, lourd et hors normes (et accessoirement une toute aussi chavirante première partie mondiale de The Cult, notamment à l’Elysée-Montmartre), voilà qu’il débarque à nouveau sans coup férir, certes légèrement moins affûté qu’en 94 avec son premier album éponyme, mais avec toujours des arguments de poids : guitares plombées, rythmiques bulldozer et chanteur qui gueule son mal de vivre (on se souvient encore de lui braillant à s’en faire péter les poumons “Come On, Daddy, fuck me” sur l’un des morceaux-phare du premier opus). Enfin du rock qui régurgite et trépigne autant qu’il s’attache à nous décoller les oreilles, à défendre comme tel !
CG
3,5
À ranger entre Queens Of The Stone Age et Masters Of Reality

My Dying Bride
Voice Of The Wretched (live)
(Peaceville/Wagram) - 10 titres, 48m01s - Produit par divers - Disponible
www.mydyingbride.org
Metal extrêmo-gothico-dépressif. Si vous êtes d’humeur guillerette, que la vie vous sourit, évitez alors scrupuleusement d’infliger à vos oreilles l’écoute de ce live de My Dying Bride. Sa noirceur ne pourrait que vous saisir instantanément, vous gâchant probablement la journée. Si en revanche, vous êtes à la recherche d’une musique profonde et lourde de conséquences, dotée de qualités émotionnelles incontestables, vous avez trouvé en The Voice Of The Wretched le vecteur idéal. Trop mésestimé dans nos contrées, My Dying Bride a pourtant un répertoire riche, des titres aux arrangements impeccables et grandiloquents, un fond harmonique brillant, des voix death et profondes… tout pour faire voyager l’auditeur dans une spirale originale autant qu’infernale. Et même sur un live, la magie opère à fond.
HD
4
A ranger entre Anathema et Moonspell

New Bled Electro Vibrations
Mixed by DJ Awal
(Virgin) –14 titres, 76m35s – Produit par DJ Awal – sortie le 18 juin
Oriental-Nu-Sound. C’est nouveau c’est issu de la musique du bled, et c’est fait pour danser. Bien piètre résumé New Bled Vibrations, c’est beaucoup plus que ça. New Bled organise des soirées dans la capitale depuis 1998 notamment au Divan du Monde, et ça marche. Premier album issu de ce mouvement qui se veut l’héritier de l’Asian Vibe britannique, on pourra y retrouver DJ Awal et DJ Ali mixant rythmes Gnaouis, Alaoui, Kabyles travaillés en version dub house ou techno. D’aucuns crieront au scandale, vu le traitement qui est fait de leur musique trad, mais bon faut pas vous énervez, il ne s’agit que de musique à danser ! Music cadencées. Les autres se réjouiront de pouvoir continuer la fête chez eux et se passeront en boucle les boucles de samples de cette musique enivrante qui mêle raï, Chaâbi, Jeel et musiques urbaines.
DS-D
3
À ranger entre Electro et Raï.

Niagara
Flammes
(Polydor/universal) – CD1 : 18 titres, 68m 44s) – CD 2 : 14 titres, 77m 40s – Produit par Daniel Chenevez – Disponible
www.niagaramusic.com
Pop Sucrée. Digipack cartonné, livret de plus de quarante pages avec textes et photos, pour cette première compilation des succès du duo rennais, Polydor n’a pas fait les choses à moitié. Si on y ajoute un deuxième CD comprenant des versions longues (des fois que l’on soit un peu frustré), une VHS et un DVD recensant les clips du couple, et quelques concerts, on comprend qu’il s’agît d’une mine d’or pour les fans, sûrement très nombreux, quand on sait que leurs quinze singles et quatre albums se sont vendus à deux millions et demi d’exemplaires. On y retrouve avec plaisir la belle Muriel mise en scène par son compagnon, en sorte d’égérie, tout droit sortie d’une bande dessinée, en Barbarella explosive, sensuelle et sexy. En huit années d’existence Daniel Chenevez et Muriel Moreno ont accumulé les tubes et marqués la fin des années quatre-vingt. Lorsque l’on passe cet album sur la platine, on se rend compte que l’on connaît toutes les chansons. Et l’on comprend pourquoi le groupe a eu tellement de succès, que l’on aime ou pas on est obligés de constater que les chansons sont efficaces pour le moins. Ils ont traversé grosso modo, une décennie de 1980 à 1990, en étant le reflet de leur époque, énervés parfois, désespérés, ironiques, à la mode, branchouilles, décalés, sixties, seventies. Une drôle d’époque au demeurant, ritournelle sucrée à leurs débuts, personne n’a oublié leur “Tchiki boum”, un premier tube léger paru en 1985. Puis c’est “L’Amour à la Plage”, en 86, un peu décalé, un zeste acidulé, retube, qu’ils enchaîneront ainsi que les concerts jusqu’à leur séparation en 1993. Dès 1988 on assiste à un changement radical et de pop sucrée ils passent à un style plus rock, teinté de soul aux riffs carrément heavy métal et les propos deviennent plus noirs. On se souvient des “Flammes de L’Enfer”, tube puis de “J’ai Vu” tiré de l’album Religion sorti en 1990, retube puis de “Un Million d’Années” tiré de La Vérité, encore au sommet des charts, leur dernier album paru en 92. Un album que l’on à plaisir à écouter, même s’ils n’ont pas inventé la poudre. Nostalgie quand tu nous tiens !
DS-D
3
À ranger entre Elli Meideros et Étienne Daho.

Nortec Collective
The Tijuana Session vol.1
(Naive) - 14 titres, 69m08s - Produit divers - Disponible
www.norteccollective.com
Mixicains. On ne peut pas être plus clair que le titre voire plus explicite que le nom de ce collectif ! En deux lignes vous aurez compris que designers, producteurs, musiciens, architectes et créateurs de mode sont à l’origine de cette galette mexicaine. Et que celle-ci fait référence à la folie électronique ayant gagnée ces tex-mex des quartiers chics. Par contre, le mystère subsiste quant à l’origine des morceaux, si du creuset traditionnel ils sont tombés dans le robot mixeur d’un DJ ou si ceux-ci résument un choc culturel en marche, fortement influencé par leur oncle d’Amérique. Ambigu, l’album joue néanmoins sur ces rythmes électro, les cuivres et ce groove nonchalant dont on imagine qu’à l’écoute, nombreux seront les partisans. Un instant de farniente bien cosy.
LE
3
À ranger entre Percubada et Capubara

Nos années punk
1977/1980
(EMI) - 12 titres, 40m49s - Produit par divers - Disponible
Punk, bien sûr. Cette compilation, c’est un peu comme lorsque, au cours de votre mariage, des proches bien attentionnés ont préparé un petit film sur lequel on vous revoit, déguisé en Maya l’abeille ! le but étant ici de retrouver tous nos courageux représentants de punk rock français ces temps lointains. Un petit tour d’horizon sympathique, bien agencé, qui nous renvoie (entre autres) les effluves de Starshooter, Asphalt Jungle, Guilty Razors et même de l’excellent Metal Urbain. Un tour d’horizon de connaisseur assez complet, qui remet en mémoire des instantanés dont certains ont bien mal vieillis, mais qui représentent une époque épique à vocation défoulante, dont il n’y a pas à avoir honte aujourd’hui. Et puis, d’abord, j’étais pas Maya l’abeille, moi : j’étais un bourdon !
HD
4
A ranger avec vos albums de l’époque

Opus Akoben
Raw Life
(Indigo/Label Bleu) – 15 titres, 75m19s – &Mac185;roduit par Opus Akoben – Disponible
www.divinecipher.com/opusakoben/
Hip-Hop. Même s'il se veut virulent et engagé, le rap de Opus Akoben se veut exempt de toute démarche agressive. Cela se au niveau des vocaux (plutôt suaves), de l'instrumentation (éclectique et jazzy ne serait-ce que par l'utilisation du saxophone) et des compositions (aux accents "soul" vivement prononcés). Si le groupe a d'ailleurs signé avec un label de jazz, c'est justement pour pouvoir faire perdurer l'esprit d'innovation qui le caractérise. Ce deuxième album y parvient plutôt bien, il allie en effet diversité musicale et cohésion sonore ; il prouve ainsi que le hip-hop de se résume pas aux incantations éructantes et à la provocation gratuite.
CF
3,5
À ranger entre Last Poets et James Brown

Otep
Sevas Tra
(EMI) - 13 titres, 61m12s - Produit par Terry Date - Disponible
www.otep.com
Death metal à rebondissements. Si le death metal est en général un style musical assez bourrin, Otep prouve qu’il n’est pas un âne et propose un album tout en nuances. Comment ? En cassant ses cavalcades rythmiques et ses vocaux hargneux par des plages atmosphériques fort inquiétantes qui confèrent à Sevas Tra des allures de peinture sonore tout à fait captivante. Il y a un aspect fascinant à se plonger dans ce torrent de puissance, à nager dans le tumulte dont émerge une chanteuse passablement énervée, à profiter des quelques moments de répits même s’ils sont toujours suivis de chutes vertigineuses et de rapides bouillonnants. On ressort complètement éclaboussé par la personnalité de Otep, qui mérite indiscutablement que l’on suive son cours un moment. Un condensé d’idées violentes.
HD
4
A ranger entre Death et Savior Machine

P18
Electropica
(Tabata Tour/Virgin) – 11 titres, 54m19s - Produit par Tabata Tour – Disponible
Electro Salsa. Belle surprise que ce nouvel album du combo, bien meilleur que le premier qui manquait un peu de pêche. Le premier opus date d’il y a trois ans et s’intitulait Urban Cuban. P18 s’est formé à cette époque lors d’une rencontre à la Havane de Tom Darnal ex-clavier de l’inénarrable Mano Negra et la famille Teuntor. Après avoir tourné un peu partout pendant deux ans, P18, composé alors de 10 musiciens et danseurs se pose pour concocter ce nouvel album. Electropica est la somme des expériences vécues, et outre les instrumentalistes de la tournée, d’autres rencontrés au détour du chemin, d’autres sont venus apporter leur contribution à cet album. En effet, en plus de Femi Kuti venu souffler dans son sax pour l’occasion sur “Chango”, on retrouvera le percu Raul Enrique Hernandez Alvarez qui chante sur “Entre Sol Y Palmeras” et bien d’autres. Pour les amateurs d’électro, jazz, world mâtiné de salsa. À découvrir sur scène, le premier juin à Orléans, le 2 à Perpignan, désolé on ne peut pas vous donner toutes les dates, les bougres tournent sans discontinuer jusqu’au 22 août où ils devraient se produirent au festival Lowlands.
DS-D
3
À ranger entre Mano et Zuco

Tito Paris
Guilhermina
(Universal Classics) – 10 titres, 53m30s – Produit par T. Paris – Disponible
www.universal.fr
musique capverdienne. La musique adoucit les mœurs, une assertion pas toujours fondée qui toutefois se vérifie avec Guilhermina et son savant mélange de bossa capverdienne et de ballades savamment arrangées. Après quatre années de silence discographique, le multi-instrumentiste Tito Paris est de retour avec cet opus délicatement agrémenté d’un quatuor à cordes, donnant ainsi une ampleur d’autant plus dense à sa musique déjà riche de cuivres, accordéon et section rythmique irréprochables. Le seul reproche que l’on pourrait adresser à cet ancien arrangeur de Cesaria Evora, qui a aujourd’hui vingt ans de carrière derrière lui, est de nous avoir honorés d’uniquement quatre albums, dont l’excellent live, Graça De Tchega, sorti en 1998. Mais le meilleur reste à venir.
CD’O
4
A ranger entre Cesaria Evora et Bana

Paris Yard
Dubvisions
(Hammerbass/Nocturne) – 13 titres, 44m38s – produit par Djins – Disponible
Dub. L’époque est aux projets parallèles. Djins, alias Philippe et Yao, qui nous avaient déjà honorés d’un excellent album éponyme, reviennent aujourd’hui sous le doux nom de Paris Yard. Enrichi de la participation des Anglais Brother Culture et Ghetto Priest, des Français Steps Uphorns et des Libériens Diabate, Dubvisions joue les funambules ethniques sans complexe. Quelques bribes de musique du monde, un son urbain ralenti et des grooves profonds, cet album revient à une forme plus populaire de dub électronique, offrant des morceaux plus ouverts comme «Love». Paris Yard s’est construit son propre terrain de jeu sonore, invitant l’imagination de l’auditeur à parcourir avec eux leur monde onirique. Moins roots que Djins, peut-être un peu moins excitant aussi, cet opus est à écouter en attendant le vrai retour de nos faiseurs de sons.
CD’O
2.5
A ranger entre Djins et Baby G

Pete
Pete.
(WEA) - 10 titres, 43m09s - Produit par Ross Hogarth - Disponible
www.petenoise.com
Néo rock/metal. Enfermez une bande de jeunes dans une maison du New Jersey, mettez à leur disposition quelques instruments de base et laissez-les mariner pendant de longues semaines : vous obtiendrez neuf fois sur dix ce qui suit. Un groupe de rock pesant, qui noie ses refrains dans des guitares lancinantes, empruntant au grunge sa tristesse et au metal une part de son agressivité. Tel est Pete, groupe conventionnel de notre temps, qui n’a rien fait de mal ni grand-chose de bien non plus, comme en témoigne ce premier album. Ça se laisse entendre plus qu’écouter, de trop rares moments dégagent quelque émotion, mais l’ensemble reflète l’ennui de cette jeunesse américaine désœuvrée et dont on aurait bien envie de botter le cul ! De là à cautionner en achetant l’album…
HD
2
A ranger entre Pearl Jam et Stone Temple Pilots

Le Peuple de l’Herbe
P.H. Test/Two
(Supadope/PIAS) – 15 titres, 58m46s – Produit par le Peuple de l’Herbe – Disponible
Break Beat funky. «En tout, ils sont quatre et ils jouent absolument tout en live. C’est une tempête de rythme, d’humour et d’amour. Voici le Peuple de l’Herbe». Voici comment débute ce second opus de notre tribu verdoyante. Une introduction qui mérite toutefois quelques développements. Avant de sortir leur premier LP, Triple Zéro, en juin 2000, DJ Pee et DJ Stani, duo instigateur du groupe, nous avaient honorés de deux maxis fort remarqués au sein de la caste des fureteurs de petits vinyles merveilleux. Gravissant une à une les marches de l’underground sans se laisser corrompre une seconde, ils décrochent en mars dernier une des populaires victoires de la musique en tant que meilleure «découverte scène». Une alchimie live qui se traduira par l’arrivée sur nos platines en juin 2002 de l’étonnant PH Test/Two. Les gars ont assurément pris de la maturité, les morceaux jouant définitivement à cache-cache avec les étiquettes prêtes-à-coller. Enrichi de l’arrivée leurs confrères DJ N’Zeng à la batterie et de DJ Psychotick à la trompette, ainsi que des participations vocales de JC 001 et UK Apache, le style du Peuple synthétise à la perfection break beat, drum’n bass, hip hop, jungle ragga, dub, le tout passé au shaker de ces DJays inventifs. Appréhendé dans son ensemble, P.H. Test/Two est une expérience exceptionnelle en matière de dance music française : un set explosif de «swing herbivore» et de «mix groovambar» d’une heure dans votre salon. C’est pas beau la vie ?!
CD’O
4
A ranger entre Jamalski et Photek

Pills
Cosmic Carnival
(Island/Universal) - 16 titres, 50m10s - Produit par P Fondation - Disponible
www.pills.fr
Disque alcalin. Bien sentis, les albums de Pills le sont toujours, du moins les précédents opus n’iront pas à l’encontre de ce premier sentiment recueilli sur le vif d’une écoute loud & clear. Contrairement à ses congénères, le gars se fait plutôt discret et tant mieux : la surprise reste ainsi de taille à chacune de ses sorties. Là, il revient avec de nouvelles munitions dans son carcan, qu’il décoche au fil d’une heure plutôt éclectique par rapport au clonage faisant rage de ce côté-ci de la Manche. Une pointe de gratte saturée, les vocaux de Mud Bone en dose homéopathique, vocoder en embuscade, le tout orchestré sous le bpm d’une house débridée, ce Cosmic Carnival s’inscrit donc en digne successeur de Musicsoldia, disque qu’on ne se lasse pas de redécouvrir.
LE
3,5
À ranger entre Underworld et i cube

Porno Chic 02
Porno Chic 02
(Distance/Nextmusic) - 12 titres, 58m45s - Produit par divers - Disponible
Beat trip. Au risque de voir les rayons house music envahis par une horde de satires en imperméable, Distance pousse la provoc plus loin que ses camarades en intitulant Porno Chic ce qui ne devrait être à l’origine qu’un private joke aux autres albums lounge des salons privés. Les watts muselés, c’est vrai que l’atmosphère ‘chandelier et water bed’ fait un appel du pied, surtout avec ces vocaux susurrés si chaudement dans le creux de l’oreille. En voiture par contre, la sieste vous guette ! À la campagne, vous enfilerez votre jogging et, les orteilles dans l’herbe, vous enchaînerez le kata tels ces groupes new age dans Central Park… Alors faites bien gaffe à l’endroit où vous déciderez de vous laisser bercer par les titres deep house, mixé par les kings Of Tomorrow, Kevin Yost ou Soul Makerz…
LE
2,5
A ranger entre Ta Chi Chuan et danse

Primal Fear
Black Sun
(NTS/Wagram) - 13 titres, 57m01s - Produit par Mat Sinner - Disponible
www.primalfear.de
Heavy Metal. Dans le genre sans surprise, Primal Fear pourrait carrément passer pour un modèle, voire un exemple. Parmi les formations pratiquant un heavy metal s’inscrivant dans la généalogie directe de Judas Priest aussi. Pas de déviation, tout va droit au but. Ralf Scheepers possède une voix caractéristique de ce heavy pur et dur, performante, agressive et aiguë. Le problème, c’est que les morceaux ne se démarquent pas vraiment les uns des autres. C’est du solide, du compact (!), du teuton, du bien fait, mais vraiment pas de l’original. Black Sun vaut par conséquent autant que ses prédécesseurs, l’effet de nouveauté et quelques refrains mémorables en moins. Le groupe assure le coup, remplit son contrat et permet à ses aficionados de faire le plein de gros riffs. C’est déjà ça.
HD
3,5
A ranger entre Judas et Priest

Ramone (Marky) And The Speed Kings
No If’s, And’s Or But’s
(White Jazz / United Musics Company) - 15 titres, 32m33s - Produit par Nick Cooper et Marky Ramone - Disponible.
www.mnw.com
Rock ‘n’ Rage. Bonne pioche que le nouveau Marky Ramone, sans doute son meilleur effort depuis la fermeture de la maison-mère. Il faut dire que les Speed Kings qui l’accompagnent ici, sont autrement plus efficaces dans le riff paralysant, le larsen furibard et le chant tout en poésie déclamatoire de Nick Cooper (“Fuck Shit Up”, “R’n’R Asshole”, “Fuck Me” et j’en passe) que ses précédents Intruders. Ceci est leur premier album ensemble et, comme ils le disent eux-mêmes, on y retrouve mêlé les influences du trash rock US et de ses meilleurs représentants européens. Difficile de faire plus rentre-dedans et jubilatoire en même temps, une véritable cure de jouvence où pourront se baigner goulûment tous les enfants du punk craspec d’hier et d’aujourd’hui…
CG
3,5
À ranger entre Intruders et Ramainz

Ramones (Tribute)
The Songs Ramones The Same
(White Jazz / United Musics Company) - 19 titres, 53m49s - Produit par divers - Disponible. www.mnw.com
Gabba gabba hey. Il y a des signes qui ne trompent pas ! Tandis que la plupart des nombreux albums hommage aux Ramones sont de joyeux ratages à peine audibles, tout ici laissait supposer que la rondelle était bien au-dessus du lot, ce qu’elle est assurément, disons-le tout de go. Déjà, le label qui produit, White Jazz Records, est l’une des écuries les plus excitantes basées à Stockholm, incontestablement la ville la plus remuante au monde en la matière ! Ensuite, les participants, parmi lesquels on remarque le retour d’entre les morts de D.A.D., les intouchables Nomads, les désormais incontournables Hellacopters, les Dictators, Backyard Babies, Danko Jones, Maryslim, Toilet Boys et même Wayne Kramer, habitué aux gestes de ce type… Et puis les titres choisis, classiques et ultra-classiques, de “Blitzkrieg Bop” à “Rockaway Beach”, en passant par “No I Wanna Sniff Some Glue” et autres “Bonzo Goes To Bitburg”. Que du tout bon !
CG
3,5
À ranger you known where !

Charlotte Rampling
Comme une femme
(Inca) – 10 titres + 3 bonus tracks, 46m01s – Produit par Gérard Bikialo - Disponible
www.incamusic.com
Chansons douces. Il suffit d’avoir entendu une seule réplique de Charlotte Rampling au cinéma pour garder à jamais en mémoire son timbre grave, sensuel, ensorcelant. Sur un disque c’est une autre histoire. Certes, l’actrice parle davantage qu’elle ne chante sur ces treize titres, mais quand il lui arrive d’entonner certains passages, sa voix est mal assurée, maladroite et, pour tout dire, pas hyper convaincante. Musicalement, l’album s’emmitoufle dans l’indolence de ballades jazzy piano-bar et de variétés gentiment surannées aux nappes de violons langoureuses. L’ensemble n’est pas déplaisant mais terriblement monotone et seul le premier titre (repris aussi dans l’un des trois bonus tracks en anglais) suscite un certain enthousiasme. Ensuite, on s’endort peu à peu.
CV
2
A ranger entre variétés jazzy et chanson française

Reindeer Section
Son Of Evil Reindeer
(PIAS) – 12 titres, 40m48s – Produit par G. Lightbody – Sortie le 17 juin 2002
Soft indie pop. Moins d’un an après leur première collaboration, l’équipe formidable de Reindeer Section s’est réunie à nouveau pour nous honorer de ce Son Of Evil Reindeer. Aux avants-postes, on retrouve évidemment Gary Lightbody, instigateur de notre histoire, mais aussi Adrian Moffat d’Arab Strap, John Cummings de Mogwai, Colin Macintyre de Mull Historical Society, et Richard Colburn, Mick Cooke and Bob Kildea de Belle & Sebastian. Le super groupe venu de Glasgow s’enrichit d’ailleurs, sur ce nouvel opus, de la venue de Norman Blake (Teenage Fanclub) et de Robby Wamble (Idlewild) donnant deux arguments supplémentaires à cet album qui n’en avait pas besoin. Léger, facile et plaisant, les Ecossais réinvestissent le concept pop la tête haute. Son Of Evil Reindeer est un parfait album de printemps qui, on l’espère, rencontrera enfin son public francophone.
CD’O
4
A ranger entre Arab Strap et Belle & Sebastian

Jonathan Richman
The Best Of
(Rounder/Next) - 22 titres, 70m17s - Produit par divers - Disponible.
www.rounder.com
Rock. Le sérieux de la collection “Rounder Heritage”, dont il s’agît ici de la trentième référence, n’est plus à prouver. On y retrouve l’ex-Modern Lovers, un fidèle du label, pour un best of assez habile, même s’il ne propose pas le moindre inédit ou même ersatz de fonds de tiroir live. D’abord, l’objet est un beau Digipak, les notes sont passionnantes (un texte signé par mister Richman himself, puis un autre de Brennan Totten, qui produisit ou co-produisit six de ses albums). Et puis on y retrouve tout ce qui fait la force du bonhomme : de bonnes vieilles effluves rock ‘n’ roll, un chant habité très en avant dans la grande tradition des mid-fifties, et un certain don de la communion swinguante (ça veut rien dire, mais c’est très joli). Jamais renversant, Jonathan Richman ne peut cependant laisser insensible quiconque s’inscrit dans la grande famille rock.
CG
3,5
À ranger entre Modern Lovers et Alex Chilton

Bruce Robison
Country Sunshine
(CRS/Next) – 11 titres, 42m01s – Produit par Bruce Robison – Disponible
www.brucerobison.com
Country Rock. Bruce Robison est d'Austin. Plutôt connu comme songwriter (Lee Ann Womack, Tim McGraw), il signe sur ce nouvel album solo des titres où il s'assure la collaboration de Kenny Malone (Tony Joe White) à la batterie et du guitariste de Linda Ronstadt et de Warren Zevon, Dan Dugmore. Son inspiration, lyrique aussi bien que musicale, reste essentiellement traditionnelle (road songs, ballades sentimentales) et ne brille donc pas par son originalité. Reste qu'il est un chanteur plus que compétent, que ses compositions sont touchantes et au-dessus de la moyenne. La production, basique, est efficace. Bref si Country Sunshine ne révolutionne pas le genre, il lui apporte une subtilité qui évacue largement certains clichés.
CF
3
À ranger entre Warren Zevon et Barefoot Jerry

Rose Bonbon
Open All Night
(Le Maquis/Naïve) –16 titres, 63m36 s – Production diversifiée et sortie imminente.
Compilation bien venue et bien foutue. Excellente idée que de faire revivre ce mythique night-club parisien dont la programmation ne faiblit jamais entre 1978 et la fermeture définitive de ce repaire de rock-critics d’une mauvaise foi à toute épreuve… Au menu : des groupes célèbres (Indochine, Rita Mitsouko, La Souris Déglinguée), d’anciennes gloires rangées des voitures depuis (Marquis De Sade, Orchestre Rouge, Taxi Girl) et de bonnes formations n’ayant jamais eu la chance de rencontrer les bonnes personnes aux bons endroits (Ici Paris, Modern Guys, Electric Callas et Kas Product en tête), les malchanceux…Donc, il faut ressortir les costumes fluos agrémentés de minces cravates en cuir et se précipiter sur la piste de danse rachitique, en essayant d’oublier que, depuis, le temps a rempli sa cruelle besogne !
TS
4
A ranger entre vos premières lettres d’amour et de vieux numéros de Rock & Folk

Maïdi Roth
Polaroïd
(Mercury/Universal) – 10 titres, 36m28s – Produit par Renaud Létang - Sortie le 18 juin
www.maidiroth.com (en construction)
Pop. L’interprète du film Héroïnes, qui chantait dans l’ombre de Virginie Ledoyen, c’était elle. Depuis, Maïdi Roth a aussi participé aux tournages et aux B.O. de quelques longs métrages (Taxi 2, Wasabi...), avant de réaliser son premier album avec la complicité de Frank Pilant et Renaud Létang. Le premier est guitariste-mixeur d’Aston Villa, le second a produit Souchon, Manu Chao, Jean-Louis Aubert et... Aston Villa. Cette association triangulaire donne à l’arrivée un mélange de pop frenchy et de rock velléitaire extrêmement bien foutu, aux mélodies aguicheuses, aux arrangements léchés qui ont tout pour séduire, mais bien trop civilisé pour déclencher la moindre réaction épidermique. Dommage, car l’auteur-compositrice a du talent à revendre.
CV
3,5
A ranger entre Zazie et Aston Villa

Kevin Salem
Ecstatic
(fargo/Night & Day) - 11 titres, 51m36s – Produit par Kevin Salem – Disponible
www.fargorecords.com
Songwriter. Après deux albums remarqués, Kevin Salem, abandonné par son label Roadrunner s’est tourné vers la production (Chocolate Genius, Giant Sand…). Chose curieuse pour celui que Rolling Stone avait élu “meilleur songwriter de l’année” à l’occasion de la sortie de son premier album Soma City, mais les aléas du bizness sont… Impénétrables. Avec Ecstatic, son troisième album Kevin Salem a choisi de frapper fort et de prouver à son public le sort profondément injuste qui lui a été réservé. Fargo, son nouveau label ne s’y est pas trompé en commercialisant cet opus attachant et de grande qualité. On pense à un Costello au meilleur de sa forme, celui de King of America notamment (“The medecin down”, “magnetic”). Mais surtout Kevin Salem a un talent qui lui est propre et sait trousser quelques ritournelles indispensables sans jamais tomber dans les travers du formatage FM. Un album que l’on ne peut que recommander à tous ceux désireux de (re)découvrir un véritable songwriter.
DS-D
4,5
À ranger entre Elvis Costello et Paul Westerberg

Satisfaction
Like A Rolling Stone
(Outside) – 14 titres, 60m00s - Produit par erreur - Disponible.
www.satisfaction.t2u.com
Flagellation. Il y a pire que l’album tribute : le tribute band ! Surtout dans le cas présent, car le domaine pillé est assez intouchable (les habituels “Brown Sugar”, “Satisfaction”, “Paint It Black”, “Jumpin’ Jack Flash”, et même “Angie”, palme de la mascarade photocopiée) et surtout a déjà été maintes fois pompé, repompé, etc. Pire que les Shadoks ! Pour couronner le tout, le chanteur se paluche vraiment (sans doute en se regardant dans la glace) et les guitares sont d’une tristesse désopilante. Quel ennui… Même si vous vous êtes autoproclamé number one fan des Stones dans votre région ou que vous avez été la huit cent douzième maîtresse de Jagger, ce disque n’éveillera chez vous, au mieux, qu’un petit rictus d’amusement. On trouve des boîtiers cristal de rechange bien meilleur marché… CG
0,5
À ranger entre pierres qui rouillent et bières sans mousse

Michael Schenker
Thank You 2
(Steamhammer/Wagram) - 11 titres, 45m10s- Produit par Michael Schenker - Disponible.
www.michaelschenker.com
Acoustic hero. Il y a de cela quelques années, Michael Schenker, le blond virtuose d'UFO, des Scorpions et de MSG, nous avait gratifiés d'une récréation unplugged nommée Thank You. L'homme s'était régalé à jouer débranché et les fans avaient apprécié. Il remet cela ici. Ce genre de disque instrumental et acoustique peut, suivant les humeurs et les auditeurs, agacer ou ravir. Les inconditionnels de la pesanteur électrique et du rock chanté vont détester. Les esprits plus ouverts apprécieront l'indéniable qualité mélodique de ces compositions. Car il ne s'agit pas ici d'un déballage technique fastidieux, mais de ce qui ressemblerait à des chansons sans voix où la guitare se charge d'assurer elle-même des couplets et refrains sans paroles. Bon, cela peut s'assimiler à de la musique de fond mais il se trouve qu'on a parfois besoin de beaux fonds de musique pour se tapisser la vie. Anecdotique, mais joli.
HP
2,5
A ranger entre Mike Oldfield et Gordon Giltrap

Sentenced
The Cold White Light
(Century Media/M10) - 11 titres, 45m37s - Produit par ? - Disponible
www.sentenced.org
Metal et un fond de gothic. Depuis le temps qu’il clame son mal de vivre à travers son metal d’inspiration gothic, on finirait presque par ne plus y croire. Pourtant Sentenced, fin représentant du metal finlandais, continue son chemin en mariant avec réussite les aspirations suicidaires les plus noires, le punch brillant et la mélodie magnifique. Ce nouvel album dégage une fourmilière de sentiments puissants et tristes, de la poésie contrebalancée par la rage de s’en sortir, une tranche de pure jouissance auditive. Comme les romantiques, le groupe semble trouver la beauté dans la souffrance et la déprime. Sentenced a une forte personnalité et son art mérite d’être reconnu. Et s’il faut en passer par là pour entendre de tels albums, on aurait presque la cruauté de souhaiter qu’il souffre encore longtemps ainsi !
HD
4,5
A ranger entre rage et désespoir

Seven Hate
Matching The Profile
(At(h)ome/BMG) - 11 titres, 35m01s - Produit par André Gielen - Disponible.
www.sevenhate.com
Punk rock. En freinant un peu les tempos, sans brider son jeu mais en évitant la gratuité de débordements qui cachaient jusqu’alors autant son manque d’expérience que sa carence en maturité technique, Seven Hate a fait un grand pas en avant. Un pas de géant, même ! Aujourd’hui, son punk mâtiné de pop dure offre de nouveaux horizons, de nouvelles perspectives. Tout n’est pas encore parfait. Le disque tourne un peu court et tous les morceaux n’ont pas la même cohésion, mais le combo évolue et évolue bien. André Gielen, qui a produit la galette, et qui nous avait habitué lui aussi à des performances autrement plus métalliques (Lofofora notamment), réussit également le tour de force de combiner turbo-rythmes, riffs tranchants et mélodies addictives. À confirmer sur scène…
CG
3
À ranger entre Sugar et Happy Hate Me Nots

Shivaree
Rough Dreams
(Capitol/EMI) - 12 t_itres, 39m 00s - Produit Mickey P - Sortie le 11 juin
http://www.shivaree.btinternet.co.uk/
Pop/Rock Alternative. I Oughtta Give You a Shot in the Head for Making Me Live in This Dump, le premier album de Shivaree avait étonné et séduit par ses références une musique easy-listening mâtinée d’inflexions langoureuses jazzy et servie par la voix d’Ambrosia Parsley, susurrante, enfantine et sexy à la fois, et surtout des compositions hors pairs. Ce nouvel opus dont le titre, Rough Dreams, serait une référence à Otis Redding, s’emploie à poursuivre dans la même veine. Il va donc s’évertuer à déployer les mêmes climats enfumés et ces atmosphères équivoques qui ornaient les éléments du précédent opus. A cet égard, et si l’album n’était qu’une redite, on ne pourrait qu’être déçu. Non pas parce qu’il s’agit d’une répétition (après tout pourquoi pas ? ) mais parce que les compositions de Rough Dreams ne sont pas à la hauteur du premier disque et que l’ensemble tourne un peu à vide. Fort heureusement il ne s’agit pas ici que d’une resucée et la chanteuse a eu l’intelligence de compenser ce qui aurait pu prêter préjudice à l’album en y introduisant des compositions aux humeurs plus hétérogènes. “John” ou “Flycatcher” apportent ainsi, fort judicieusement, des tonalités cabaret empruntés réminiscentes de Brecht ou MarianneFaithfull et un titre comme “Queen-Sized Tom” introduit habilement des procédés de dissonance qui, tout légers qu’ils peuvent être, accentuent avec bonheur ce que le répertoire de la vocaliste peut avoir de perturbant. Rough Dreams oscille par conséquent entre ces deux registres, pas franchement une déception, mais pas non plus une complète confirmation ; un album dont on peut souhaiter qu’il ne soit donc qu’une transition.
CF
3,5
A ranger entre Garbage et Tom Waits

Simon Says
Shut Your Breath
(Hollywood Records / WEA) - 12 titres, 52m45s - Produit par Mark Needham & Simon Says - Disponible
www.thesays.com
Néo rock électrique. À la différence de beaucoup de formations rôdant dans son secteur musical (qui approche de la surpopulation, ce qui est vraisemblablement annonciateur d’un proche déclin), Simon Says porte bien son nom et a des choses à dire. Sa tension s’exprime d’autant mieux qu’il expose ses idées mélodiques et de production, en arrangeant les sons à sa convenance, calibrant ses guitares, sa saturation, afin de faire s’éveiller l’intérêt de l’auditeur à chaque instant. Il joue sur les contrastes pour mieux faire ressortir sa rage, se tapit un moment dans le calme, avant qu’une poignée de riffs ne viennent vous saisir à la glotte, d’un bondissement imparable. Suffisamment créatif pour être retenu, Simon Says peut même remporter la timbale commerciale. Par les temps qui courent, rien n’est impossible.
HD
4
A ranger entre Alien Ant Farm et Nickelback

Martin Solveig
Sur la terre
(ElectroULM/Universal) - 12 titres, 58m45s - Produit par divers - Disponible
Turntables. Le voilà, on l’tient celui qui donna naissance au plus gonflant single de l’histoire : «Edony». Souvenez-vous, dès que vous mettiez le pied dans un bar, une boite ou écoutiez la radio, il y avait ce morceau house mixant percu afro, doublé d’une intro ridicule. Bonjour le matraquage ! Tant mieux pour Martin, parisien malin ayant su faire mouche avant la sortie de ce premier album. On craignait que le reste des titres ne soit du même acabit. Et, à mon grand bonheur, il n’en est rien ! Plutôt deep house, high quality de surcroît, le set diffuse comme un parfum estival, des effluves de la scène garage US, un penchant pour le groove et les années funk qu’un de ses amis, Bob Sinclar, porte en guise d’étendard. Pour clubbers, évidemment…
LE
3
A ranger entre Bob Sinclar et Frederic Galliano

Sonic Youth
Murray Street
(Polydor/Universal) –7 titres, 45 m 34 s – Produit par le groupe –Sortie le 11 Juin 2002- www.sonicyouth.com
Rock anciennement extrémiste. Hé oui : les tournevis dans les guitares, les duos avec Lyndia Lunch ou Brigitte Fontaine, les cris stridents sur fond de musique épouvantablement déstructurée, tout ça c’est du passé ! Place nette est faite à quelque chose de beaucoup plus subtilement dérangeant, tout en conservant les apparences d’une affligeante banalité. Les chansons se raccourcissent (excepté «Rain On Tin» qui frôle les 8 mn, « Sympathy For The Strawberry » qui dépasse les 9 et « Karen » qui culmine à 11’10’’ !), mais elles se radicalisent également : par exemple, « Empty Page » et « Radical Adults » ne paient pas de mine, mais si vous les écoutez en boucle, vous finirez par percevoir une étrange menace planant alentour…
TS
4
A ranger entre A Thousand Leaves et le prochain

Soulfly
III
(Roadrunner/Sony Music) - 10 titres, 42m10s - Produit par Max Cavalera - Disponible
www.soulfly.com
Metal tribal. Pour savoir ce qui se passe dans la tête du sympathique Max cavalera, rien de tel que de s’envoyer sa dernière production discographique, histoire de faire le point après son départ de Sepultura et tous les avatars de sa vie mouvementée. Paradoxalement, III est l’album le plus varié, mais aussi certainement le plus apaisé du groupe. Les rythmes tribaux rivalisent souvent avec ce chant death caractéristique, la violence sonore toujours présente, engage un duel avec le mysticisme et les ambiances aériennes, Max et son groupe créent un climat d’ensemble complètement unique et terriblement séduisant. Soulfly a une âme et ceux qui ont pu un jour en douter, n’ont qu’à croiser leurs sens avec ce nouvel album, pour retourner leur opinion. Un vrai bon disque, chargé de feeling.
HD
4,5
A ranger entre le rayon metal et le rayon tribal

Soundtrack Of Our Lives
Behind The Music
(WEA) - 16 titres, 50m10s - Produit par le groupe - Disponible
Northem Oldies. Encore un de ces disques dont on a l’étrange sensation d’avoir écouté mille fois chaque recoin… Pourtant, on crie au génie dans toutes les rédactions que ce soit en France ou ailleurs : c’est le combo suédois le plus hype du moment ! Pas auprès de tous, SOOL n’irrigue que la peau d’croco de stoners ou nostalgiques des Stooges (et j’en passe faute de place) en proie à de répétitives crises de larmes. Pensez donc, un rock de v’lours, laminé par des gimmicks éculés, vient frapper la mémoire de ces quinqua toujours en bisbille avec la pop, voire en guerre avec les autres jeunots hors catégorie. Ouais, ce disque est bien ficelé, il fera un tabac chez les ayatollahs du rock. Les autres, moins burinés, le trouveront chiant, c’est certain.
LE
2
À ranger entre Rock & Folk et Compact

Space Monkeys vs Gorillaz
Laika Come Home
(Parlophone/EMI) – 12 titres, 69m34s – Produit par Dan The Automator, T. Cirling et J. Cox- Disponible
www.gorillaz.com
remixs rubbadub. Ah, la bande de petits farceurs ! «Mais qu’est-ce exactement que ce Laika Come Home ? » est-on légitimement en droit de se demander lorsque nous voyons arriver cette galette sans aucune précision. The Space Monkeys, formation rock électro d’outre-Atlantique aurait-elle quelque chose à voir avec notre histoire? Peu sûr, car l’album que nous sommes en train d’écouter est un pur moment de ruggadub, les morceaux originaux ayant tellement perdu de leur matière première qu’ils n’ont pas osé garder les mêmes titres. Dan The Automator, omniprésent, mais sous différents pseudos (Lovage étant le dernier en cours), depuis le succès de Gorillaz, est évidemment de la partie. Un jeu de déconstruction amusant, mais quand s’arrêteront-ils de décliner ce projet pour enfin nous livrer une suite digne de ce son ?
CD’O
3.5
A ranger entre l’album, le vrai et celui de remixes.

Spider-Man
Music From And Inspired BY
(Columbia / Sony Music) - 19 titres, 61m34s - Produit par divers - Disponible - www.columbiarecords.com/spider-man
Lycra moulant. Spiderman a usé sa tenue en lycra moulant sur les façades des buildings du monde entier depuis de très longues années. Sur des musiques érotiques, bien de leur temps. Et comme l’heure est au metal, rien d’étonnant de voir que pour la récente édition du film, la bande son vire aussi largement de ce côté avec Sum41, Jerry Cantrell, Alien Ant Farm, The Strokes ou les inévitables Aerosmith qui reprennent d’ailleurs le thème principal. Ces derniers ne font toutefois pas oublier les vénérables Ramones, qui s’étaient aussi livrés à l’exercice avec beaucoup de réussite. Ces 19 titres extraits ou inspirés du film sont plutôt bien foutus, souvent anecdotiques, toujours estampillés 2002. À signaler pour finir, une belle jaquette avec le super héros en relief ! Cool !
HD
3
A ranger entre deux buildings

Stereotyp
My Sound
(G-Stoned/Discograph) – 11 titres, 58m45s – Produit par Stereotyp – Disponible
www.g-stoned.com
raga tech. Stefan Morth, ce producteur viennois que le public des dancefloor commence à bien connaître, est celui qui se cache derrière Stereotyp. Fort d’un précédent maxi incontournable avec Tikiman, celui-ci nous revient avec un album aux résonances davantage tech que dub. Une surprise lorsque l’on sait que Stereotyp est le petit protégé de Peter Kruder, fondateur du label G-stoned avec son co-équipier Richard Dorfmeister. Le chant jamaïcain de Tikiman, MC trigger et de Collage, les voix soul de Cesar, Hubert Tubbs, Colee Royce et Sugar B sont ici mis en relief par un traitement breakbeat à couper au couteau, des sonorités certes dures, mais incontestablement efficaces. Le mélange voix/production léchée fonctionne sans problème. À découvrir.
CD’O
4
A ranger entre Tikiman et Agent K

V/A
Saint-Germain-des-Prés Café II
www.music.fr
(Wagram) – 18 titres, 77m46s – Compilé par O. Delachanal – Disponible
Compilation Nu-Jazz. Dans la série «on ne change pas une formule qui gagne», Wagram electronic sort le second volume Saint-Germain-des-Prés, première galette compilée lancée il y a moins d’un an. Entre temps, le prolifique label aura fait le tour des tendances club berlinoises et parisiennes, tâté de la french house, jeté une oreille experte à l’easy-listening… Avec ce second volet, l’exploration electro-jazz se fait moins évidente : moins de grands noms fédérateurs que son grand frère mais un track-listing plus pointu, offrant une vitrine aussi fidèle que faire ce peut sur un seul disque. Du nu-jazz soul (Herbie Hancock «The Essence») sexy à l’électro-jazz évanescent (Ashley Slater «Private Sunshine»), cet album est à conseiller à ceux qui ne veulent plus que leurs invités s’endorment aux premières notes de leurs compil’ Lounge soporifiques.
CD’O
4
A ranger entre le premier et le suivant

Big Ed Sullivan
Run The Border
(Dixiefrog/Night&Day) - 13 titres, 53m59s - Produit par Popa Chubby - Disponible - www.popachubby.com
Riff’n’Blues. Hormis la même passion à chatouiller le blues sous les fenêtres de l’Empire State Building et éventuellement une carrure de déménageur, les point communs entre Popa et Big Ed s’arrêtent là. D’ailleurs ce n’est plus un secret pour personne, ces frères ennemis de l’écurie New York City Blues se tiennent mutuellement en joue à l’ombre des micros, Telecaster en embuscade d’un côté, rafale de Flying-V de l’autre. Donc pas de pugilat ici où, en bon pro, Big Ed serre les dents et lâche sa hargne sur 80% des titres dont il est l’auteur (les autres étant des reprises de Slim Harpo, K.C. Douglas). À l’instar de son boss, tout passe en douceur, sans rouler des mécaniques, ce qui ménage nos tympans tout en flattant une soudaine envie de blues (à la sauce spagetto sur «Run The Border»).
LE
3,5
A ranger entre John Hiatt et Van Wilks

Sven Väth
Fire
(Virgin/Labels) - 9 titres, 70m02s - Produit par divers- Disponible
www.virgin.de
Technoïde. Un nouvel album sans grand intérêt, si ce n’est celui de vous coller un méga mal de crâne. D’une intro plutôt lente (par rapport à la normale pratiquée par ses camarades de jeu), Fire s’active soudainement jusqu’à nous propulser à mach 1dans son décor high-tech : prière de vous munir d’un sac à gerbouille durant le voyage, le bpm vous met le cœur à l’envers. Quant à l’escale offerte gracieusement par Väth airlines via ce “Je t’aime… Moi non plus” repris entre deux piou-piou synthétiques, elle finit d’achever notre bonne volonté. Pouah… pas bien, ce Sven Väth. A priori pas encore remis d’un trip aux amphet’, le garçon reste scotché dans une transe électronique sans limite, inodore et sans saveur. Mais à qui s’adresse ce genre d’ovni ?
LE
1
À ranger entre Mekka et PPK

Temple Of Sound
First Edition
(Wagram) – 12 titres, 59m04s – Produit par Temple of Sound – disponible
world electro. Temple of Sound est le collectif britannique né des cendres du célèbre Transglobal Underground. S’y retrouvent Neil Sparkes, artiste et percussionniste, ainsi que Count Dubulah, producteurs. Cette réédition permet d’approcher au plus près des motivations artistiques de ce duo qui n’hésite pas à faire appel aux chanteurs les plus respectables de la world music afin de donner forme à leur rêve : mêler les vibrations du monde entier. De l’Afrique («Real World» avec Doudou N’Diaye), en passant par l’Amérique latine grâce à Julianna et «Chica Bonita», ainsi que par la Jamaïque et LKJ sur «Dub Colossus» et on en oublie (Natacha Atlas, Jah Wobble, J.J. Burnel, …), cette First Edition ravit par son dosage savant de production électro et de connotations exotiques affriolantes.
CD’O
4
A ranger entre Transglobal Underground et Jah Wobble

The The
45 RPM
(Epic/Sony) - 23 titres, 120m15s - Produit par divers - Disponible.
www.thethe.com
Perfect day. Après des années d’attente, voici que sort enfin cet éclaireur sous forme de compilation (un CD simple, avec quatre alternative versions un peu rares et deux inédits admirablement bien torchés, et une version double reprenant en CD bonus huit remixes parmi les plus juteux de la bande à Matt Johnson) d’une longue série de ressorties et de coffrets. Les quatre albums Epic vont y passer, ainsi que des inédits live et les innombrables bonus tracks et versions différentes qui jalonnent la riche discographie de The The. Terminé le plaisir rare de la collectionnite aiguë autant qu’éreintante, voici enfin que se profile du côté de nos faisceaux laser, la totale exhaustivité The Theienne à laquelle aspire toute personne s’étant jetée corps et âme dans l’univers unique de ce groupe qui ne l’est pas moins. Vivement la suite !
CG
4,5
À ranger entre Infected et Dis-Infected

Twenty Four Hour Party People
B.O.F.
(London Records-WEA) - 18 titres - 77m58s - Produit par Pete Tong et Anthony Wison. Disponible.
www.fhm.com/24hourpartypeople
Baggy nostalgie. À l’origine, un (bon) bouquin de Tony Wilson (boss du légendaire Factory Records puis, avec ses potes de New Order, proprio de l’Hacienda, boite culte de Manchester et temple de la musique baggy des années 90) librement adapté au ciné par l’éclectique (et souvent excellent) Michael Winterbottom. Si nous reviendrons sur Twenty Four Party People (le film) lors de sortie à la rentrée, inutile d’attendre septembre pour se précipiter sur cette BO infernale qui, de Joy Division en passant par les Sex Pistols, Happy Mondays, The Clash, les Buzzcocks sans oublier, of course, New Order et les vilains petits canards (connards ?) d’Happy Mondays, brasse magnifiquement toute l’histoire du rock et de la dance music anglaise des années 80 et 90. Ajoutez à cette liste impressionnante un inédit de New Order produit par les Chemical Brothers, une version du «New Dawn Fades» de Joy Division par Moby et New Order, et vous aurez vite compris que ce disque incontournable bourré jusqu'à plus soif (près de 78 minutes ! ) donne vraiment envie de faire la teuf… 24 heures sur 24 !
PR.
5
A ranger entre vos DVD

Urban Wheels
Be Part Of History !
(F Com/Pias) – 11 titres, 75m37s – Produit par divers – Disponible
Rollin’songs. Après la compil bistrot, voilà la compil rando ! Et le plus surprenant c’est qu’elle nous vient d’un label généralement habitué pour ces perles électroniques… A priori, on assiste ici à l’extension d’un catalogue pourtant bien consistant. Mais kezako, une compilation rando ? Sur le thème de Pari Roller, réunion incontournable où parfois 15 000 gus sillonnent les rues de Paris le vendredi soir où plus calmement le dimanche, Be Part Of History ! est CD du patineur branché, introduit quelques prises de son live de ce free wheeling urbain. Ça tape large, de Sanseverino à Jurassic 5, en passant par Royksopp, Aretha Franklin, High Tone ou des artistes F Com du genre Frédéric Galliano, Alexkid. C’est tout bête, il fallait juste y penser !
LE
3
A ranger entre Abec 7 et 2pac

Verve Remixed
Remixed
(Verve/Universal Jazz) - 12 titres, 69m30s - Produit par divers- Disponible - www.vervemusicgroup.com
Mixe Jazz. On suppose que St Germain aura entraîné dans son sillage moult révolutions artistiques au sein des labels jazz, que se soit chez Blue Note ou Verve, puisque depuis le succès planétaire de Tourist la note blue se drape d’un voile électro. Tantôt downtempo ou ici up-tempo, on assiste ainsi au lifting de certains classiques qu’on aurait eu bien du mal à imaginer bidouillés version house music. Passé au tamis d’une sélection pointilleuse, un pourcentage minime de ces nouveautés subsiste, dont ce Remixed. En vis-à-vis du Unmixed -CD proposant les titres dans leur originalité- ce Verce Remixed invite Thievery Corporation à revisiter Astrud Gilberto, Rea & Christian/Dinah Washington, De-Phazz/Ella Fitzgerald, Tricky/Billie Holiday ou encore les Masters At Work/ Nina Simone… Une rencontre originale pour un résultat remarquable.
LE
4
À ranger entre Jazz et House

Voodoo Smile
All Behind You
(Brennus / Muséa) - 13 titres, 65m50s - Produit par ? - Disponible – www.voodoosmile.net
Rock hard. Si vous avez vu cet album chroniqué dans notre précédent numéro, sachez qu’une erreur technique a abouti au mélange de deux chroniques et que All Behind You ne méritait en rien le commentaire, d’ailleurs vide de sens et pour cause, qui lui a été attribué. Voodoo Smile nous amène un franc sourire typiquement US. Comme le gros rock qu’il expose treize titres durant sur cet album aux sonorités surprenantes. On se délecte d’une prestation à la fois simple et bigrement efficace, de titres parsemés de refrains judicieux, de chœurs idéalement placés, sur une production plus qu’honorable. Bien sûr, on n’atteint pas le summum de l’originalité, mais on apprécie cette énergie naturelle et ces harmonies pertinentes qui finissent par nous faire oublier l’origine même du groupe. Car Voodoo Smile est français, mais il a parfaitement assimilé ses influences pour les retourner à son avantage. Avec en prime une belle reprise du «Rebel Yell» de Billy Idol, un autre sourire marquant.
HD
3,5
A ranger entre Dokken et Van Halen

Waldeck
The Night Garden Reflowered
(Dope Noir/Discograph) – 11 titres, 58m23s – Produit par divers – disponible
Remix. Sous l’avalanche des albums remixés dont nous sommes les victimes ces derniers temps, certaines productions ont toutefois le mérite de nous surprendre. Ainsi notre ambassadeur de musique sombre et mélancolique, à savoir Waldeck, a eu la riche idée d’envoyer les titres de son dernier opus, Garden Night, nourrir l’imagination fertile de divers producteurs, donnant ainsi naissance à un second opus qui n’a plus grand-chose à voir avec son modèle. Parmi les célébrités, nous retrouvons notre Kid Loco national, avec une version acidulée de «I Talk To The Wind», ainsi que l’interprétation nerveuse que Matthew Herbert fait de «Tears Running Dry». Les autres participants au jeu ne sont pas en reste : tour à tour groovy ou jazzy, l’ensemble se tient comme un album à part entière, fort réussi en l’occurrence.
CD’O
4
A ranger entre Waldeck et son ombre

WASP
Dying For The World
( Sanctuary/BMG ) - 10 titres, 50m 43s - Produit par WASP - Sortie courant juin.
www.sanctuaryrecords.co.uk
Métal régénéré. On assiste actuellement à la résurrection de toute la scène US heavy des eighties, cette génération que le grunge avait tuée en plein essor, trop vite, trop tôt. Et revoilà Manowar, Dokken et les autres. Parmi ces retours, on pouvait tout craindre ou tout espérer de celui de ces grands agités de WASP. Et ce sont les espoirs qui se trouvent affermis par ce brillant album. On n'en attendait même pas tant de la bande à Blackie Lawless. Quelques riffs convenus pour soutenir leurs légendaires outrances auraient suffi. Mais non, voilà un disque superbement composé, démarqué aussi bien de la nostalgie que de la veule copie des métalliers actuels, un disque original, bien conçu, réellement vécu jusqu'à la plus profonde fibre. Il y a vraiment un souffle authentique qui passe dans les riffs marquants de cet album qui est peut-être un des meilleurs que le groupe ait jamais faits. C'est dans les vieux tonneaux qu'on met la meilleure poudre, dira tout bon pirate.
HP
4
A ranger entre Motörhead et The Almighty

Roger Waters
Flickering Flame
(Columbia/Sony Music) - 12 titres, 61m34s - Produit par divers - Disponible - www.roger-waters.com
Légende. En poussant l’intégrité aux frontières de l’intégrisme et la droiture aux limites de la rigidité, Roger Waters s’est construit une image plutôt originale. Comme son œuvre d’ailleurs. Cette compilation reprend quelques titres sélectionnés suivant des critères très incertains (comment choisir un extrait d’un album concept ? ) que l’artiste a dévoilés au fil de sa carrière solo. Un bref résumé qui laisse percevoir du cœur, de l’audace, un talent d’écrivain indéniable et de compositeur insatiable. Deux titres démo viennent agrémenter le tout, mais ne font que combler très partiellement l’attente d’un véritable nouvel album. En attendant, Flikering Flame se pose comme un jalon, une marque anodine sur un parcours que l’on espère encore riche en émotions. Réveille-toi créateur, ils sont devenus fous !
HD
4
À ranger dans la disco du monsieur

Jane Weaver
Like An Aspen Leaf
(Bright Star/PIAS) – 7 titres, 26m 19s – Produit par Jane Weaver Weaver – Disponible
www.janeweaver.com
Folk gothic. Cette jeune chanteuse s’est ouverte à la musique à l’écoute du “Wuthering Heights” de Kate Bush. Si, effectivement, ses compositions visent à véhiculer une atmosphère gothico-éthérée, on ne trouve pas chez Weaver d’arrangements luxuriants et polis. La production, en dépit de l’emploi d’instruments à cordes, est au contraire minimaliste, s’attachant plus à révéler fractures et failles que sophistication aérienne. Les atmosphères, encouragées par une voix diaphane, se veulent ainsi oniriques et baignent dans des climats troubles et inquiétants. Malgré sa brièveté, ce mini-album ne remporte pourtant pas l’adhésion : seul le chaloupé “The Heart That Buckeld You”, surnage. C’est peu pour le sauver de sa langueur monotone.
CF
2,5
A ranger entre Mazzy Star et Cat Power

Brian Wilson
Pet Sounds Live
( Sanctuary/BMG ) - 14 titres, 43m 09s - Produit par Brian Wilson - Sortie fin juin. www.brianwilson.com
Culte revival. Pet Sounds demeure le chef-d'œuvre absolu des Beach Boys, un miracle de mélodie et d'inventivité fait en 1966 mais passé sans problème d'usure à l'éternité. Personne ne peut y toucher. Sauf évidemment son propre créateur, le génial mais lunatique Brian Wilson, qui fut compositeur, producteur et seul maître à bord de cet opus maître. Lors de sa dernière tournée, il rejoua l'album mythique en entier. La performance ravit tellement les fans et l'auteur que ce Live en a résulté, remake en direct et trente-six ans plus tard de l'intouchable merveille. Etait-ce bien nécessaire ? L'éclairage est un peu différent, l'instrumentation plus moderne, la voix de Brian ( ici forcément seul lead vocalist, ce qui n'était pas le cas) s'est opacifiée -moins céleste mais plus émouvante- mais au total, on préférera réécouter l'original car ce live n'apporte rien de plus. Tout était déjà dit.
HP
3
A ranger entre Pet Sounds le vrai et Good Vibrations

Marva Wright
Glitter Queen
(Isabel Records/Night & Day) – 10 titres, 52m29s – Produit par Didier Tricard – Disponible
Blues. On aurait bien aimé en savoir plus sur l’incroyable laps de temps séparant cette sortie et l’enregistrement fait en 92, à l’occasion de la venue en France de la chanteuse. Hormis un imbroglio juridique, on voit difficilement ce qui aurait pu ternir le succès d’un tel disque. Et dire que Wright vint au blues à la fin des années 80, en répondant simplement à une annonce ! Car chez les Wright, on est plutôt du genre gospel, mais ça on l’aurait deviné sans l’aide d’une fiche d’état civil. En ouverture de Koko Taylor, Linda Hopkins, Jimmy Page, elle laissera les premières parties pour débuter sa nouvelle vie en tant que choriste pour Joe Cocker ou Glen Campbell. Ce Glitter Queen intervient après Heartbreakin’ Woman (Tipitina Records). Un pur bonheur. Toutefois, nous n’avions pas attendu son apparition pour s’incliner devant une telle personnalité. Didier Tricard ne s’était pas trompé en offrant aux fans de blues ce qu’il avait pressenti comme le début d’une belle carrière, qu’on observe chaotiquement selon les labels (Mardi Gras Records, Aim Records).
LE
4
A ranger entre Annie Laurie et Sophia Nelson

Zuco 103
Tales of High Fever
(Crammed/Wagram) - 14 titres, 61m18s – Produit par Zuco 103– Disponible
www.ziriguiboum.com
Nu Brasilian Sound. Tales of High Fever est le second album de Zuco 103, leur premier opus Outro Lado ayant ouvert la brèche et l’assurant d’une bonne place dans la mouvance du Nu Bresilian Sound. Les Zuco 103 persistent et signent avec cette nouvelle galette, une fusion plutôt réussie de rythmes traditionnels brésiliens, d’afro beat de jazz et d’electro. 13 titres font ces Tales of High Fever, toujours emmenés par la voix sensuelle de Lilian Viera, qui paraphe également les textes. On retrouve Stefan Schmid aux claviers et à la programmation ainsi que Stefan Kruger à la batterie et à la programmation. Trois musiciens qui les accompagnent dans leurs concerts sont également présents sur ce disque : Has Bangert à la basse, Kid Sublime aux platines et Claus Tofft aux percussions. Cocktail à danser, ou à siroter tranquillement affalé sur une chaise longue, alangui au soleil en profitant des beaux jours annoncés. Vous les retrouverez probablement sur votre route, les Zuco quittant souvent Amsterdam, leur base, pour sillonner les routes.
DS-D
3
À ranger entre Amsterdam et Brasilia