COMPACT #24 - Juin 2002 - A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z -

100 Grammes de Têtes
Tit’Jamaïque
www.100g.fr.st
(Crash/PIAS) – 14 titres, 58m31s – Produit par les 100 grammes – Disponible
Métissage jamaïcain. Bon d’accord, avec un nom pareil, ces joyeux lurons ne doivent pas avoir grand-chose dans le cerveau ou les poches un peu lourdes ! Mais voilà, leur musique est encore, et toujours aussi entraînante. Victime d’un succès d’estime d’envergure, ils durent abandonner un temps la route pour se consacrer à ce second album studio, troisième après l’excellent Qui Ska, live qui nous fait encore danser dans les chaumières friandes de sons chaleureux ou autres soirées conviviales et enfumées. Car la qualité est indéniablement présente : entre ska et reggae 60s et métissages divers (salsa et bossa), nos petites têtes françaises nous emmènent en voyage à moindre frais et sans décalage horaire. Alors on persiste, les 100 Grammes sont aussi bons sur album que sur scène. Un vrai plaisir.
CD’O
4
A ranger entre 38 Dub Band et Rude Boy System

A Place Called Jamaïca
A Place Called Jamaïca
(Makasound/M10) – 18 titres, 60m43s – Produit par D. Harriot – Disponible
www.makasound.com
Compilation Reggae. En Jamaïque, les producteurs, musiciens de surcroît, sont des stars, leur travail étant incessamment mis en perspective par rapport à l’évolution des musiques de l’île. Une attitude plus que légitime qui se traduit par une avalanche de compilations dédiées à chacun d’eux, souvent pour le meilleur, rarement pour le pire. A Place Called Jamaïca est ainsi consacrée aux productions de Derrick Harriott entre 1960 et 70. Chanteur, producteur de reprises R&B et évidemment de reggae, il a permis à quelques grands noms jamaïcains de voir leur célébrité grandir : Horace Andy, Keith & Tex, Earl Sixteen… Cette compilation réunit ainsi une heure de tunes reggae, rocksteady et ska délectables, issus d’une des plus belles périodes du genre. Un régal de titres oldies à déguster sans modération.
CD’O
4
A ranger entre For a Few Dollars More et Island 40 Vol.1

About a Boy
B.O.F.
(XL –Delabel-Virgin) - 16 titres - 50m57s - Produit Tom Rothrock et Badly Drawn Boy – Disponible.
www.badlydrawnboy.co.uk
Musique de film emballante. Après un premier disque renversant de beauté, Diamond Gough alias Badly Drawn Boy (nom emprunté à un personnage d’émission pour mômes très populaire outre –Manche) récidive en signant la musique originale de About a boy, film british interprété par Hugh Grant et adapté d’un roman de Nick Hornby. Moins fou, moins aventureux que The Hour Of Bewliderbeast, l’album nous dévoile une facette plus acoustique, plus dépouillée du personnage. À l’image de «Exit Stage Right» , le court instrumental qui ouvre cette B.O.F., l’atmosphère est ici nettement plus calme et c’est d’autant plus magnifique ! On songe souvent à Nick Drake dans la beauté dépouillée de la plupart des compositions et même si le bonhomme fait quelques incursions bien vues dans les rythmiques jazzy («River, Sea Ocean») ou pop-rock («A Peak You Reach», «File Me Away»), l’ensemble dégage une tonalité apaisée, presque sereine. Coiffé de son indéracinable bonnet, Diamond Gough fait passer avec une aisance déconcertante sa capacité incroyable à digérer tous les genres musicaux pour forger un style qui lui est propre. D’une simplicité et d’un charme indéniable, la musique de Diamond Gough s’impose instantanément à l’oreille par son originalité et le charme opère durablement. Mine de rien, voilà l’une des plus belles B.O.F de cette année 2002.
PR.
5
À ranger après The Hour Of Bewilderbeast

Agent K
Feed The Cat
(Laws of Motion/Discograph) – 12 titres, 70m07s – Produit par K. Tatham – Disponible
www.lawsofmotion.com
électro. Agent K est issu de la scène britannique qui répond au doux nom de West London, mouvement marqué dans les années 90 par le développement d’un acid jazz efficace et mené aujourd’hui par les membres du label Nuphonic ou encore de Modadji. Une scène ancrée dans une ville où l’électronique n’a plus à acquérir ses lettres de noblesse et dont les expérimentations sont encore et toujours les bienvenues. C’est ainsi que des producteurs tels que Kaidi Tatham, alias Agent K, ont pu faire évoluer leurs compétences aux côtés de nombreux artistes (Bugz In The Attic, Neon Phusion ou IG Culture) avant de prendre le chemin du studio pour y enregistrer leur propre album solo. Un album pour connaisseurs toutefois, où broken beat, nu-jazz et voix soul se mêlent à volonté et où la production, finement ciselée, laisse percevoir les talents du monsieur.
CD’O
3
A ranger entre Modadji et Bugz In The Attic

All Covered In Punk
20 Classic Covers
(EMI) –20 titres, 74m22s – Produit par divers – Disponible
www.emi.com
Reprises rigolotes. Une façon joyeuse et bordélique de célébrer les 25 ans du mouvement Punk : on picore en remontant le temps des enregistrements de titres très connus (entre autres : «Nights In White Satin», «Have You Ever Seen The Rain», «River Deep Moutain High», «Eloïse») par des formations qui ne le sont pas moins (en vrac : les Stranglers, les Ramones, les Dead Kennedys, les Saints et les Sex Pistols, pour ce qui concerne la première division). Le principe étant d’obtenir, au final, les versions les moins fidèles possible aux originaux. On inclut un joli livret explicatif contenant un bref laïus sur chacun des intervenants et, surtout, on fait bien gaffe à laisser le mot de la fin au regretté Sid Vicious et à sa vision très très personnelle du célèbre (un peu trop ?) «My Way» : fou rires garantis…
TS
5
A ranger entre les Bidochons et la vieille compilation Mon Grand Frère Est Un Rocker

Arjen Anthony Lucassen's Star One
Space Metal
(NTS/Wagram) - 2 CDs : 10 titres, 55m49s et 7 titres, 40m55s - Produit par A.A. Lucassen - Disponible. www.insideout.de
Heavy cosmique. La plongée dans l'espace hawkwindien de son opéra métallique Universal Migrator, a donné l'envie à Lucassen, le maître d'Ayreon, de poursuivre plus délibérément dans cette voie. Il a donc créé ce Star One voué au space metal, avec comme toujours une pléïade d'invités pour le seconder (Russel Allen, Damian Wilson, Gary Wehrkamp et le space baron Dave Brock en personne). Sur un fond de prog metal bien moderne et plus hérissé de la crête que dans Universal Migrator, Lucassen joue au Surfer d'Argent en se rappelant soigneusement Pink Floyd, le premier UFO et surtout Hawkwind, influence majeure, auquel est d'ailleurs dédié un transcendant medley qui illumine le CD bonus. Tout cela se déguste avec beaucoup de plaisir, même si le propos n'est pas d'une fracassante originalité. Un joli petit tour en Silver Machine.
HP
3,5
A ranger entre Hawkwind et Pink Floyd

Artsruni
Cruzaid
(Muséa) - 8 titres, 47m26s - Produit par Arman Padaryan - Disponible.
www.musearecords.com
Prog arménienne. L'Arménie, cela existe. Plutôt vers l'Est. Et le prog rock existe en Arménie aussi. Prendre la même direction. Vahan Artsruni est un éclectique compositeur, assez connu du côté d'Erevan. Il a œuvré dans diverses directions depuis bientôt vingt ans, et sa plus récente expérience est ce prog band à son nom. Mêlant d'obligatoires influences anglaises (surtout Camel dans l'emploi abondant de la flûte) et des emprunts plus ou moins voyants à la tradition locale, ce gang volontairement dénué de claviers - chose très rare en progressive - propose un rock élégant, au vol léger et assez racé, mêlant des mélodies torsadées à des rythmiques au juste dosage jazz rock. Bref, Artsruni, qui célèbre ici les 1700 ans de chrétienté en Arménie, a donc d'autres attraits que le seul fait d'être arménien.
HP
2,5
A ranger entre Gordon Giltrap et Camel

Audience
Some Lovely Hands On Dry Skins
(Primeros Pasitos/Pop Lane) - 8 titres, 39m05s - Produit par Jose Lastra -Disponible
www.primerospasitos.com
Country Alternative. Signés sur un label de Palma de Majorque, les musiciens d’Audience sont natifs de Bilbao. Leur musique, même si elle se réclame de là scène posthardcore, puise plutôt du côté de la country alternative tant elle est étayée par une instrumentation avant tout acoustique et des tempos moyens parfois évocateurs de la sonorité Tex-Mex. Bref s’il faut chercher une inspiration chez Audience, c’est du côté du Sud des USA qu’il faut se tourner, plus particulièrement vers des groupes comme Calexico ou Giant Sand. Si l’on prend en compte ces influences, il faut bien avouer que rien de foncièrement nouveau ne se détache donc de l’album. L’interprétation est même parfois si chaotique (“ Fake Star ”) qu’on a du mal à y trouver les climats qu'Audience peine à véhiculer. Alors puisqu’il n’a rien d’original, on peut facilement préférer les originaux.
CF
2,5
A ranger entre Calexico et Giant Sand

Bad Company
Merchants Of Cool
(Sanctuary/BMG) - 14 titres, 71m12s - Produit par Bad Company - Sortie le 20 Mai 2002. www.sanctuaryrecordsgroup.co.uk
Hard Classique. Comme leur mythe s'avère bien trop lourd à porter pour leurs fléchissantes épaules, bien des groupes ont trouvé une solution intermédiaire entre le Greatest Hits trop facile et la reformation effarante : le best of… live, qui permet d'exploiter sa légende sur une tournée sans avoir à se presser le citron à écrire un nouveau répertoire forcément moins prestigieux que l'ancien. Procédé plus ou moins discutable. Bad Company nous avait déjà joué ce tour-là en 1993, mais, comble de honte, sans Paul Rodgers, ce qui avait abouti à un bien triste résultat. Le Cryin' Free Man est heureusement bien présent sur cette nouvelle anthologie en public, et c'est cette fois avec un réel plaisir que l'on se laisse succomber une fois de plus au charme inoxydable de ces éternelles romances chromées qui firent la gloire du groupe dans la seconde moitié des seventies.
HP
3,5
A ranger entre Free et Foreigner

Breed 77
Breed 77
(Infernal/United Music Company) - 11 titres, 53m40s – Produit par Paul Hoare – Disponible. www.breed77.net
Metal nouveau. Scotché, je suis scotché ! Breed 77 est aussi brutal que mélodique, aussi inventif que respectueux de ses aînés, aussi surprenant que familier. C’est bien simple, si le terme n’avait pas été tant galvaudé par une presse spécialisée en perpétuelle quête de sensations fortes, nous pourrions qualifier cette ébouriffante galette de bombe. Car, pour défriser, elle défrise ! Que les vieux hardeux s’accrochent à leur moumoute, l’onde de choc approche ! Et ça va faire mal, parce qu’avec un disque de cette teneur, sûr que les zigues ne vont pas en rester là. Sans contestation possible, l’achat impératif et obligatoire de tout amateur de férocité domptée qui se respecte. Une bombe, qu’on vous dit…
CG
5
À ranger entre Mother Tongue et Monster Magnet

The Breeders
Title TK
(4AD/Labels) 12 titres, 38m 03s – Produit par Kim Deal – Sortie le 21 mai
http://www.4ad.com/artists/breeders/index.htm
Pop Rock alternative. Le dernier album des Breeders, Last Splash avec son hit "Cannonball", date de 1993. Depuis, le groupe a connu maintes vicissitudes et de nombreux changements de line-up. Pour ce retour longtemps perçu comme utopique, un peu comme celui d’Elastica, le combo (qui comprend désormais Kim et Kelly Deal, Josephine Wiggs et Jim McPherson) a choisi de renouveler partiellement ce qui a constitué le succès de ces transfuges des Pixies. La production par exemple est extrêmement dépouillée, minimaliste pourrait-on dire, aux antipodes du son plus plein qui caractérisait le LP précédent. À cet égard le fait d'utiliser Steve Albini comme ingénieur principal se justifie peu dans la mesure où les Breeders semblent se réfugier derrière des tonalités plus chaotiques et noisy. Celles-ci sont renforcées par des compositions où, plutôt que d'opter un aspect pop, le groupe privilégie refrains biscornus et changements de rythme dissonants. Quelques titres essaient d'inverser la tendance par leurs atmosphères plus tamisées ("Off You", "Put On A Side") ou un obsédant mantra psychédélique (l'excellent "The She"), mais force est de dire que notre quatuor, mis à part des vocaux cultivant ingénuité et naïveté, emprunte une démarche qui paraît être celle qui prédominait chez les Pixies. On est en droit de préférer les originaux tout comme se justifie parfaitement le fait de considérer qu'une aussi longue attente méritait autre chose que cette semi-déception, plutôt laborieuse en fin de compte.
CF
3,5
À ranger entre Throwing Muses et Veruca Salt

Broken Edge
Obey And Conform
(Thundering Records/Musea) - 10 titres, 43m25s - Produit par François Janin et Stéphane Buriez - Disponible - www.brokenedge.com
Power thrash. Souvent et pour diverses raisons des plus évidentes aux moins avouables, les représentants tricolores sont traités avec des pincettes par la presse spécialisée. Ce ne sera pas le cas ici, puisque Broken Edge n’a nul besoin de délicatesse : ce groupe enfonce tout sur son passage et n’a pour autre vocation que de vous bourrer les conduits auditifs de riffs épais et de colère sonore ciblée power metal. Broken Edge connaît son affaire et il le prouve. Son assurance lui permet de proposer dix titres assez novateurs dans le genre, garantis sans complexe, produits avec talent par d’anciens Loudblast et interprétés avec violence et sérénité par un groupe manifestement sûr de son fait. Ce n’est pas de la prétention mais de la confiance justifiée, qui mérite la vôtre en retour.
HD
4
À ranger avec les meilleurs disques de metal made in France.

Cam
Soulshine
(Columbia/Sony) - 15 titres, 56m58 s - Produit par Cam – Sortie le 4 juin
Good Soul. Avec l’émergence et l’engouement qui s’en suivit, d’artistes délaissant les platines pour se convertir à une musique plus organique, il fallait s’attendre à voir réapparaître Cam. Le dernier concert parisien de Llorca avec Snooze et Ready Made FC à l’affiche, démontre bien que la scène française évolue plus vite que les tendances tout en drainant un public de masse. Aux machines se mariaient saxo ou vocaux féminins. Habituellement présenté via ses mix ou albums technoïde, Cam s’attelle aujourd’hui à la rude tâche de revoir sa copie afin d’en filtrer le meilleur de ses collaborations, de ses inspirations. Un travail qu’il a surmonté en laissant au vestiaire une part de créativité. A priori, un mal nécessaire puisqu’un nouveau Cam est né. Cet album est incontestablement son meilleur à ce jour, du moins le plus abouti.
3,5
A ranger entre Shazz et Llorca

Canadian racer
Canadian racer
(Follow me) – 14 titres, 51m59s – Produit par divers
Disponible - www.followme.fr
Compil soul. Dans la famille «compil pour soirées revival», en voici une qui fera le bonheur des amateurs de funk version seventies. Une de plus, serait-on tenté de dire. Pas tout à fait : ici, point de grands noms motowniens, pas l’ombre d’un Stevie Wonder ou d’un Sly à l’horizon, mais, comme l’indique le communiqué de presse, des artistes tous issus de la scène canadienne, qui «n’ont connu qu’une carrière éphémère, parfois même pas de carrière du tout». Guitares wahwah, orgue psychédélique, cuivres bouillonnants, basse à donf’, ces quatorze raretés des années 60-70, pour la plupart uniquement instrumentales, réservent plutôt de bons moments, naviguant entre soul, funk et jazz dans le genre BOF de séries B. La qualité du son laisse, hélas, à désirer.
CV
3
A ranger avec les autres compils soul-funk

Jerry Cantrell
Degradation Trip
(Roadrunne /Sony Music) - 14 titres, 72m22s - Produit par Jerry Cantrell - Disponible
www.roadrunnerrecords.com
Déprimé. Ceux qui n’ont jamais pu blairer Alice In Chains à cause de son côté pleurnichard, ne portent certainement pas Jerry Cantrell en haute estime. Même si l’on peut comprendre cette envie de vouloir achever les suppliants, il faut reconnaître que l’homme a dans sa tête de bien belles idées mélodiques. Certes, la réaction positive n’est toujours pas au programme de Degradation Trip le bien nommé, mais ce dernier fourmille de passages assez jouissifs durant lesquels les pleurs rejoignent une belle emphase, parfaitement illustrée par des chœurs superbes. Le monde du grunge a refermé ses portes, mais l’esprit demeure, porté par quelques farouches défenseurs, comme Cantrell. Et tant que ce dernier continuera de se plaindre en musique avec autant de talent, c’est qu’il ne sera pas mort.
HD
3
A ranger entre Alice In Chains et Black Sabbath

Champeta Criolla vol.2
Champeta Criolla vol.2
(Palenque Records) – 25 titres, 73m53s – Compilation réalisée par Lucas Silva, Chawala, Yamiro Marin – Disponible - www.mondomix.org
World Music. Courant phare de la musique afro-colombienne, la champeta est un mélange festif de soukous, de Highlife, de Mbaqanga, d’afrobeat, de ragga, de socca et de calypso, entre autres rythmes qui font vibrer les Caraïbes. Conforté par le succès d’une première compil sortie en 1998, le label spécialisé Palenque Records récidive avec un deuxième volume riche en vitamines. L’ambiance est à la danse, à la joie de vivre, aux chansons entraînantes et gorgées de soleil. Quand on n’y connaît pas grand chose (car avouons-le, c’est pas trop la tasse de thé de la maison) on a le sentiment que ça se rapproche davantage de Kassav que de Femi Kuti. En une phrase comme en mille, si vous êtes allergiques au zouk, fuyez à grandes enjambées. Sinon, régalez-vous.
CV
3
A ranger entre océan et ciel bleu

Etienne Charry
Aube radieuse, serpent en flammes
www.tricatel.com
(Tricatel/Wagram) – 13 titres, 50m17s - produit par E. Charry – disponible
pop expérimentale. Le label Tricatel et Bertrand Burgalat, ne sont pas en manque d’originalité et d’audace. Ancrée dans le baroque des années 80 et de ses préciosités intemporelles, la fine équipe ne se lasse pas des artistes en marge comme Etienne Charry, et de leur musique sans étiquette. Aube Radieuse, Serpent En Flammes est un parfait exemple de pop sans format, utilisant le collage avec habileté («Lettre Anonyme»), lui préférant parfois les compositions instrumentales loufoques («Aube Radieuse») ou les chansons si ringardes qu’elles en deviennent cultes («Osmose»). À base de claviers Bontampi et de guitares déglinguées, Charry abuse un peu, mais c’est pour le plus grand plaisir des amateurs de kitcheries !
CD’O
3
A ranger entre X Ray Pop et Julien Ribot

Jeanne Cherhal
Jeanne Cherhal
(Tôt ou Tard/WEA) – 13 titres, 58m25s – Produit par Philippe Henry – Disponible
www.totoutard.fr
Chanson piano. Vous appréciez les atmosphères piano-bar, les chanteuses au caractère bien trempé et les textes qui ne parlent pas que de la pluie et du beau temps ? Alors vous aimerez sûrement le disque de Jeanne Cherhal, nantaise de vingt-quatre ans, qui préfère de loin s’appesantir sur les histoires de Monsieur Durand, avec son air pince-sans-rire, que de jouer les prophètes apocalyptiques d’une société décadente comme certains jeunes rockeurs du moment. Enregistré lors d’un concert à l’Olympic de Nantes l’année passée, ce premier opus éponyme traduit avec pertinence l’ambiance décontractée de cabaret qu’instaure notre troubadour lors de ses prestations. Vous pourrez le vérifier par vous-même si vous êtes aux alentours de l’Européen à Paris entre le 30 avril et le 25 mai.
CD’O
3.5
A ranger entre Charlotte Julian et Marie-Paule Belle

Christian Death

Jamie Clarke's Perfect
Nobody Is Perfect
(SPV/Wagram) - 13 titres, 47m 43s - Produit par Jamie Clarke - Disponible.
www.spv.de
Gigue irlandobosniaque. Jamie Clarke s'était illustré, on s'en souvient, au sein des éthyliques Pogues, les rois du punk rock celtique mal peigné. Sa rencontre en Allemagne avec le véloce accordéoniste bosniaque Pedja Zaric lui a donné l'envie de remettre cela sous forme de ce qu'il faut bien définir comme un power trio celtique. Dans la lignée zigzagante des inoubliables Pogues, ces trois gaillards proposent donc un émoustillant festival de gigues électriques du plus remuant effet. La voix canaille de Clarke forme un duo on ne peut plus savoureux avec l'accordéon virevoltant de son balkanique comparse, sacrément doué celui-là. Cela donne au total un album fort réjouissant, que l'on déguste joyeusement en se plongeant les babines dans la mousse amicale d'une Draught Guinness bien tiède. Faites-vous cette fête.
HP
4
A ranger entre les Pogues et The Men They Couldn't Hang

Karin Clercq
Femme X
(Pias/Sony) - 13 titres, 48m21 s - Produit par Guillaume Jouan – Disponible - www.karinclerq.com
Chansons. Comme tant d’autres albums mis en scène par un duo, l’un musicien, l’autre chanteuse, celui-ci n’échappe pas aux conséquences d’une fortuite rencontre. Auparavant, Guillaume marchait dans les pas de Miossec, tandis que Karin, comédienne bruxelloise, battait la mesure avant le lever de rideau… Les deux se sont croisés, leurs univers se sont liés au fur que Femme X s’écrivait. Instantanés pris au cours des années écoulées, frissons ou désir accompli, ces sentiments résonnent, s’entrechoquent sur les riffs et violons d’un disque pas aussi gai qu’il en a l’air. Ce n’est ni du rock, encore moins de la variété ou une ode à la vie. Non, Femme X appartiendrait à un nouveau genre musical, un docu drama où l’on confesse faits-divers et fantasmes.
LE
2,5
A ranger entre Keren Ann et Lily Margot

Coal Chamber
Dark Days
(Roadrunner/Sony Music) - 12 titres, 41m22s - Produit par Ross Hogarth - Disponible
www.coalchamber.com
Néo metal. Lorsque l’on a surfé au plus haut d’une vague, il faut s’attendre, un jour ou l’autre lorsque celle-ci retombe, à devoir souquer ferme pour se maintenir à flot. Trop tôt catapulté en haut de l’affiche, Coal Chamber est attendu au tournant et son Dark Days pourrait bien rapidement vérifier la pertinence de son intitulé. Pourtant, dans un registre néo-metal affirmé, avec guitares super balourdes et ajouts de production électronique, il parvient à dégager une ambiance générale plutôt convaincante. Certes, on a connu plus digeste que cet étalage de raideur riffée, mais la personnalité du groupe semble ressortir de plus en plus. L’originalité n’est pas bien loin, et Dark Days mérite plus de considération que le statut collé arbitrairement à son auteur, peut le laisser supposer.
HD
3,5
A ranger entre Machine Head et Pantera

Joe Cocker
Respect Yourself
(EMI) - 11 titres, 48m 43s - Sortie courant mai.
Rhizome'n'blues. Certains croient ne plus rien avoir à attendre de Joe Cocker depuis qu'il a marqué l'histoire de son hurlement woodstockien. Et le plaisir, alors ? Car chaque album qu'il sort, même s'il ne va pas révolutionner l'histoire de la miouzique, vous apporte immanquablement votre comptant de content. Celui-ci ne faillit pas à la règle : rhythm'n'blues aussi torrides qu'authentiques, slows râleurs à faire fondre le cuir d'un rhinocéros impassible, rocks de toujours et toujours rock : Cocker connaît par cœur le chemin du bonheur musical. Il le parcourt une nouvelle fois sans rechigner, avec une inépuisable générosité. Comme la plus vivace des plantes hurleuses, il développe son increvable rhizome dans les couches les plus fertiles du rock vrai. Juste pour cinquante minutes de plaisir sans ambition ni concept-alibi, un plaisir hors de mode c'est vrai, mais quel plaisir !
HP
3,5
A ranger entre Van Morrison et Zucchero

Phil Cody
Big Slow Mover
(Munich/Socadisc) –13 titres, 47m41 s – Produit par Rami Jaffee & Ethan Johns –Disponible - www.philcody.com
Folk rock organisé. Le Commander Cody (sans ses Lost Planet Airmen) en est déjà à son deuxième album et son univers musical devient de plus en plus précis : textes grinçants, guitares amicales et un petit je ne sais quoi d’Américain à tous les étages. Ce serait dû à la coproduction de Rami Jaffee, l’homme aux claviers des Wallflowers, vous êtes sûr ? Ce ne serait pas plutôt la présence d’Emmylou Harris, qui ravira les oreilles poilues mais sensibles à ce genre d’arguments countrysant ? Sans être haletant, ce disque trouvera sa place dans votre discothèque au rayon songwriters US talentueux (en partant du principe que ce rayon existe, hein) et vous le sortirez de temps en temps, histoire de faire le point sur vos connaissances dans ce domaine…
TS
3
A ranger entre Steve Earle et un bon vieux Flying Burritos Brothers

The Cooper Temple cause
(BMG) – 11 titres - 55m24s - Produit par Paul Corkett - Disponible.
www.thecoopertemplecause.com
Psyché déclics. Ceux qui, comme moi, étaient présents le 10 novembre 2001 à la Cigale pour le Festival des Inrocks, ont sans doute été fortement impressionnés par la prestation scénique ébouriffante de ce jeune groupe de Reading composé de 6 membres et dont la musique débridée mélange de rock, pop psychédélique et électro, fait penser à un accouplement monstrueux entre The Verve, Primal Scream, les Stooges et Led Zep ! Produit par Paul Corkett (Nick Cave, Suede, Placebo), ce premier album ne retranscrit certes que partiellement la sauvagerie débridée et l’aventurisme décomplexé du groupe sur scène. N’empêche que cette alternance décapante de morceaux bruts de décoffrage comme «Panzer Attack» (du Motorhead sous acide), de balades déjantées comme «Who Needs Ennemies» (du Verve sous amphés) ou de délires psychédéliques comme «Murder Song» (du Pink Floyd sous speed) s’avère hautement jouissive. Dépassant d’ores et déjà son statut éphémère de dernière sensation pop en date en provenance d’outre-Manche, The Cooper Temple Cause (appel aux lecteurs : d’où vient ce nom énigmatique ? ) s’impose avec cette première livraison comme un groupe possédant déjà sa patte, sa griffe semblable à nulle autre. Bref, rien que du bon et vous l’aurez compris, le Compact Man Rossferatu adhère sans réserve à la cause du Temple Cooper…
PR
5
À ranger entre Punk et Floyd

Coparck
Birds, Happiness & Still Not Worried
(Labels) – 15 titres, 50m 50s – Produit par Coparck – Disponible
http://www.coparck.nl
Pop/Rock. Coparck est un groupe originaire d'Amsterdam, opérationnel depuis 99, dont on pourrait qualifier la musique de pop/rock atmosphérique. Il ne s'agit pas pour le combo de proposer des refrains immédiats mais plutôt de nous installer dans des ambiances diverses mais souvent contemplatives. Pour cela on décèle des éléments empruntés à la musique classique, à l'easy listening, au trip-hop ou au jazz. À base de piano ou même de cuivres, Birds, Happiness & Still Not Worried, s'emploie à véhiculer des climats perturbants ou doux-amers. Il n'y parvient que partiellement, desservi par un chanteur dont la voix, fragile manque singulièrement de profondeur et des compositions un peu trop dénuées de puissance émotionnelle.
CF
3
À ranger entre Ben Folds Five et Madrugagda

Cousteau
Sirena
(Palm/Naïve) - 12 titres, 53m 15s - Produit par divers - Sortie le 10 juin
http://www.cousteau.tv/
Pop de Chambre. Un premier album éponyme avait installé Cousteau dans la lignée de ces groupes nous proposant une pop sophistiquée, proche de la musique classique non pas tellement par les arrangements mais cette emphase stylistique héritière d’un ensemble comme Procol Harum. Peu d’évolutions sur Sirena, si ce n’est peut-être une légère mise en avant de la guitare et un son un peu moins gracile. Pour le reste les titres privilégient harmonie et délicatesse et climats faussement langoureux -ce que le groupe nomme le “ sleazy (glauque) listening ”. Les vocaux restent toujours évocateurs de Scott Walker, bref Cousteau s’acquitte de sa tâche avec constance et pertinence. Là encore pourtant l’emphase demeure un peu trop stylisée, comme si ce dernier élément, strictement formel, prenant le pas sur une plus profonde substance.
CF
3,5
A ranger entre Tindersticks et Perry Blake

December Wolves
Blasterpiece Theatre
(Wicked World/M10) –11 titres, 41m11s – Produit par un inconscient . Disponible
www.decemberwolves.com
Hardcore glacial. Le nom de cette formation de Boston est superbe, mais sa musique et son point de vue sont loin d’être encourageants : pour ce groupe présent à l’appel depuis 1998, le monde n’est qu’un vaste cimetière totalement dénué d’intérêt et ses compositions glaceraient le sang des plus endurcis d’entre nous. A manier avec toutes les précautions nécessaires ! Sans blague, les chansons sont sinistres et leurs orchestrations vous laisseront perplexes tant elles sont déroutantes et morbides (à côté, les membres de Cannibal Corpse et/ou de Suffocation ne sont que d’innocents bambins !). «Porn Again Christian», «Desperately Seeking Satan», «Sharing Needles» et «To Kill… Again» : que des raisons de se réjouir et de se faire un petit barbecue à base de restes humains purulents, entre amis !
TS
4
A ranger entre une scie à métaux et un tube de barbituriques .

Vincent Delerm
Vincent Delerm
(Tôt ou Tard/Warner) – 11 titres, 34m04s – produit par C. Wambergue – Disponible
www.totoutard.com
ChansonOn ne sait pas du tout d’où sort Vincent Delerm…. Auteur et compositeur de ce joli premier album, on sent en lui les potentialités d’un véritable faiseur de chansons aiguisées sur le fil de l’humour noir et de l’ironie révélatrice, comme le témoignent l’excellent «Cosmopolitan» ou encore «Tes Parents». À travers des déclarations excentriques, des monologues expansifs ou même des citations de presse féminine, notre homme, fort d’une orchestration légère et acoustique, livre un album intimiste et profond qui a la grande qualité de ne pas se prendre trop au sérieux. Cadeau bonus, la participation d’Irène Jacob en guest star de ce générique musical.
CD’O
4
A ranger entre Thierry Stremler et Dominique A

Dot Allison
We Are Science
(Mantra/Labels) – 10 titres, 47m 48s – Produit par, entre autres, Dave Fridmann et Keith Tenniswood - Sortie le 21 mai 2002 - http://www.theprimalscream.com/dotallison/index.html
Trip-Hop. Trois ans après Afterglow, Dot Allison revient avec un nouvel album orienté vers l'électronica. C'est un retour à ses premières amours témoins son premier groupe, One Dove, ou sa collaboration avec Deah In Vegas et Massive Attack. We Are Science n'est pourtant pas strictement électronique. La chanteuse élargit sa palette vers des tonalités acoustiques ("Wishing Stone"), des atmosphères tendues par des cordes ("Performance") et certains titres ("Strung Out") ont même une rythmique carrément rock. C'est toute la qualité du disque de savoir alterner les climats sans pour autant oublier de soigner les compositions comme les pulsations électro de "I Think I Love You". Au total We Are Science prouve qu'il n'est dépourvu ni d'âme ni même de conscience. CF
4
À ranger entre Portishead et Violet Indiana

Doves
The Last Broadcast
(EMI) - 12 titres, 54m01 s - Produit par Doves – Disponible
www.doves.net
Pop. L’album à ne pas manquer ce mois-ci, le voilà. Rares sont les groupes pouvant susciter deux fois de suite un tel enthousiasme. Et nous ne sommes pas les seuls, à en juger ce titre : How They Became The New Radiohead, en couverture de N.M.E. il y a quelques semaines… Même si le magazine n’y va pas par quatre chemins, la parallèle évoqué se justifie incontestablement si l’on met bout-à-bout Lost Souls (premier opus), et The Last Broadcast, qui n’annonce en rien une interruption de programme. De Radiohead, le trio ne partage qu’un goût immodéré pour les guitares, voire ce sens aigu de l’arrangement planant. Seulement, à la différence Thom Yorke, Jimi Goodwin a su garder les pieds sur Terre et la tête dans les nuances. Oui, Doves maîtrise à travers ses deux volets ce génie anglais, cette pop convoitée, jalousée par tous, et s’offre de surcroît le luxe de canaliser d’autres influences plus subtiles comme la country ou la folk music. Voilà un disque qu’on écoutera longtemps (sans forcément mettre les watts), que l’on inscrit illico à notre longue liste de références “à ranger entre”. A ce jeu, on se permettra d’ailleurs de rajouter que Neil Young, Echo & The Bunnymen ou encore Morrissey, ne sont pas si loin.
LE
5
A ranger entre Coldplay et Archive

Down II
Abustle In Your Hedgerow…
(Elektra) - 15 titres, 66m04s - Produit par Warren Riker & Down - Disponible
www.Down-music.com
Metal à part. Avant toute autre chose, Down est le jouet de Phil Anselmo, chanteur caractériel adulé pour ses performances dans Pantera. Et musicalement, on peut trouver une paternité avec le registre habituel du bonhomme, mais pas uniquement. Voici en effet un album dont le principal objectif semble être celui de rudoyer sévèrement l’auditeur. Les guitares sont à la fois méchantes et chaleureuses avec des relents seventies transcendés par l’attaque et le son délibérément organique. On sent la machine redoutable, mais elle évite en souplesse les poncifs pour mieux libérer son originalité. Chaque morceau possède une petite touche spéciale qui vous filera certainement l’envie d’y revenir. Du metal à part, finalement guidé par la passion et l’intelligence. Ça ne vous fait pas envie ?
HD
4
A ranger entre Pantera et Machine Head

Dupain
Camina
www.dupainweb.com
(Virgin) - 11 titres, 41m59s – Produit par M-A Moreau et V. Segal – Sortie fin mai 2002
Musique méridionale. Marseille, ce n’est pas qu’une Canebière désenchantée et un accent chaleureux. C’est aussi et surtout la ville des métissages et de la langue occitane, de la poésie de troubadours et de la musique. Aux côtés de groupes folkloriques comme la Talvera, Dupain fait revivre la vielle à roue, la mandole ou le tambourin, en parvenant à s’affranchir des clichés qui leur collent à la peau. Pour ce nouvel album, le trio devient quatuor et s’enrichit de participations prestigieuses : celle de Bumcello, à savoir Cyril Atef et Vincent Segal, respectivement batteur/percussionniste et contrebassiste que l’on ne présente plus. Camina n’en ressort que plus puissant, allant chercher dans ses racines italiennes et arabes l’inspiration de ses mélodies mélancoliques et atypiques. Un surprenant album en demi-teinte, une belle invitation au voyage.
CD’O
4
A ranger entre La Talvera et Bumcello

Fabulous Thunderbirds
Live
(Sanctuary/BMG) - 14 titres, 60m52s – Produit par Ed Cherney – Disponible.
www.fabulousthunderbirds.com
Fab Five. Impressionnant, c’est le premier mot qui vient à l’esprit. Jimmie Vaughan n’est plus là, mais les Fabulous Thunderbirds sont toujours au top et, contrairement à certains de la même famille rhythm & roots qui se contentent de ronronner, ils assurent le grand spectacle, avec pyrotechnie guitaristique, piano montagnes russes et cuivres virevoltants. Et plus on avance dans l’album –et donc dans le concert- plus l’admirable machine en route fait des étincelles. Beaucoup de reprises (“Wrap It Up”, “She’s Tough”, “Look Watcha Done”, “Early Every Morning”, etc.), mais suffisamment de titres originaux signés Kim Wilson pour personnaliser l’ensemble, dont un “Tuff Enuff” particulièrement savoureux.
CG
4
À ranger entre Blues Brothers et Jimmie Vaughan

Fantomas
The Director’s Cuts
(Ipecac/Import US) - 16 titres, 38m53s – Produit par Mike Patton – Disponible.
www.ipecac.com
Rock US. Les fous sont lâchés ! Encore plus barré que Mister Bungle, Fantomas (l’autre autre projet de Mike Patton, de feu-Faith No More) s’offre ici une visite guidée de quelques musiques de films, du Parrain aux Nerfs à Vif, en passant par Charade ou Henry : Portrait of a serial Killer. Difficile de faire plus barje ! Sans filet, l’on passe ainsi du metal le plus extrémiste (Dave Lombardo est dans la bande et cela s’entend ! ) à des ambiances totalement crépusculaires ou à des ovnis musicaux non identifiés. Les pauvres Henry Mancini, John Barry et consorts doivent s’en retourner dans leur tombe ! Les préférences de votre serviteur vont à Rosemary’s Baby (hallucinant) et La Nuit Du Chasseur (version remix assez obsédante). Dommage que la rondelle soit si difficile à dénicher par chez nous…
CG
4
À ranger entre Mister Bungle et votre vidéothèque

Les Fils de Teuhpu
Comptant
(Small Axe/Tripsichord) – 14 titres, 59m 23s - Produit par David Molina – Disponible
Fanfare cosmopolite. Ne vous laissez pas avoir pas ce patronyme qui inciterait n’importe qui à intégrer les Fils de Teuhpu au courant punk-core. Et malgré un esprit rebelle bien présent qui les pousse à décliner valse, salsa et musiques des îles sous des formes encore inédites, le truc de ces petits farceurs est davantage le soubaphone, cuivre imposant remplaçant la basse, que la guitare déchirée. Quoi que… Car sur ce second opus, ces messieurs branchent les amplis à donf sur «A l’Attaq» et poussent davantage la chansonnette déjantée, à base de «couin, couin» et «A walis et futuna tout nu sur ton futon», que sur leur précédent et drôlissime La Schnek. Bref, pour ceux qui veulent des textes engagés, allez voir ailleurs. Mais pour ceux qui aiment faire la fête, pas de doute, les saxos, trompettes et trombones sauront activer votre sens de l’humour et vous rendre Content.
CD’O
3.5
A ranger entre Ceux Qui Marchent Debout et Les Chevals

Gainsbourg (Tribute)
Made In Japan
(Mantra/Wagram) - 10 titres, 40m17s – Produit par divers – Disponible.
www.musiccentury.com
Japanisation. Trop drôle ! Une bande de Japonais, tous plus inconnus ici les uns que les autres (et sans doute même là-bas) s’évertue à massacrer quelques grands classiques de Gainsbourg (“Requiem Pour Un Con”, “Sea, Sex & Sun”, “Poupée De Cire”, “Le Poinçonneur Des Lilas”…), avec une assez déconcertante pauvreté d’imagination concernant les arrangements, et des versions japonaises à s’en faire péter la gaine ! C’est un peu comme dans l’avion, quand vous zappez les différentes versions audio d’un film, histoire de vous marrer (Depardieu en espagnol, De Niro en italien…) et de passer le temps : c’est rigolo cinq minutes, mais bien rapidement intenable…
CG
1
À ranger entre le Muppets Show et Gainsbourg bien barré

Kenny Garrett
Happy People
(Warner Jazz) – 1 CD, 11 titres, 61m33s – Produit par Marcus Miller et Kenny Garrett – Disponible. www.wbjazz.com
Jazz enlevé. Enregistré à Los Angeles mais dédié à tous ceux qui ont perdu la vie dans les attentats du WTC à New York (Garrett y mettait la dernière main lors du drame), cet album est bien singulier : d’abord parce que, malgré sa dédicace, son titre est «les gens heureux», et que cela peut paraître incongru d’associer bonheur et victimes dans un livret de disque. Mais la musique que prodigue Garrett est d’une bienfaisance rare, et elle se veut peut être un baume au cœur dont les USA ont besoin après Ground Zero. Le sax de Kenny, impérial, respire la joie de vivre. Qu’il joue avec un sax alto ou soprano, ses notes s’envolent, et il nous transporte sur chaque titre. Enregistré avec son quartet (Vernell Brown au piano, Chris Dave à la batterie, Charnett Moffett à la basse), plus quelques invités, dont le vibraphoniste Bobby Hutcherson, ce disque est de ceux qu’on écoute une fois et qu’on ne lâche plus …

JMG
5
À ranger entre Joshua Redman et Mark Turner

Roland Gift
Roland Gift
(MCA-Universal) - 11 titres – 45m41s - Produit par David Z & Ben Barson – Disponible. www.rolandgift.com
Jeune et joli cannibale. Après quelques apparitions cinématographiques (Sammie et Rosie s’envoient en l’air de Stephen Frears, Tin Men de Barry Levinson), l’ex leader des Fine Young Cannibals nous livre un premier album solo de bon goût où l’on retrouve avec plaisir la voix nasillarde caractéristique du bonhomme et le style pop-rock soul de son ancien groupe. À cette différence près que la production ayant été confiée à l’américain David Z, l’un des grands gourous du groove contemporain, l’ensemble apparaît souvent trop léché, presque variétoche et l’on se prend presque à regretter le côté immédiat et abrasif des premiers enregistrements des FYC. Cette petite réserve étant faite, force est de reconnaître que les compos sont souvent belles, imparables et tubesques («It’s Only Money», «Lady DJ») et que les arrangements mettent parfaitement en valeur les talents vocaux du bonhomme. Ciblé charts ricains, voilà un album aussi plaisant et agréable que peu aventureux et qui devrait faire un malheur outre-Atlantique. En fin de compte, ces chansons de Roland ne manquent pas de corps…
PR.
3
À ranger entre Marvin Gaye et Otis Redding

Gnawa Diffusion
Live DZ
(Tchookar/Next Music) – CD1 : 8 titres, 44m 05s – CD2 : 9 titres, 39m 39s - Produit par Gnawa Diffusion – Disponible
Reggae engagé ou enragé. Cet album live d’Amazigh Kateb et de son gang est une aventure. Après la sortie de son deuxième opus Bab El Oued-Kingston, en 1999, le combo traîne ses guêtres dans l’hexagone et en Europe. L’année 2000, les Gnawi des montagnes entament un voyage musical à la rencontre des peuples d’Afrique et de Mésopotamie. Ils rencontreront dans le désordre des Irakiens épuisés par les frappes qui ont anéanti Bagdad et affamés ses habitants par l’embargo qui sévit là-bas. Ils iront également à la rencontre des Soudanais, des Yéménites, des Syriens et des habitants d’Érythrée. Tous leurs réserveront un accueil chaleureux. C’est à Alger qu’ils termineront leur périple et qu’ils enregistreront ce live, d’où son nom, live-DZ, l’abréviation d’El djazaïr, Algérie en français. En mai 2001 les voilà dans la capitale qui a vu naître Amazigh, le leader du groupe. À Alger c’est le coup de théâtre : le groupe se trouve au milieu d’une actualité brûlante. En Kabylie un jeune lycéen tombe sous les balles de la gendarmerie. Dans les rues c’est l’émeute. On compte plus de cent morts et des milliers de blessés. Gnawa Diffusion monte sur scène et rend hommage aux émeutiers en chantant le poing en l’air pour Massinissa, le jeune homme assassiné par la dictature en place. La radio nationale qui avait prévu de retransmettre le concert stoppe la retransmission au troisième titre. Cela n’empêche pas le groupe de continuer son concert. Au-delà du plaisir que l’on a de retrouver la chaleur du groupe sur scène, cet album est un témoignage vibrant d’une époque troublée par les cris de peuples qui essaient de se soulever contre les tyrannies qui les oppressent.
DS-D
4
À ranger entre Géographie et Histoire

Goo Goo Dolls
Gutterflower
(WEA) - 12 titres, 41m45s – Produit par Rob Cavallo & Goo Goo Dolls – Sortie fin mai.
www.googoodolls.com
Rock US. Le moins que l’on puisse dire est que si la machine Goo Goo Dolls a eu du mal à démarrer (des débuts assez chaotiques, avec un changement de maison de disques à chaque album), elle s’est rapidement et formidablement bien calée dès qu’elle eut appris le bon fonctionnement de la fontaine à tubes. Ainsi, ce nouvel album (leur septième, mine de rien) a les avantages et les inconvénients de tous ces groupes qui n’ont plus la force, ou le courage, ou l’envie, d’explorer de nouveaux territoires. Rzeznik & co se contentent alors de reprendre les mêmes ingrédients (rock énergique, mais passe partout, chansons calibrées, mélodies accrocheuses…). On est bien loin des reprises déjantées (“Don’t Fear The Reaper”, “Sunshine Of Your Love”, “Down On The Corner”, “Gimme Shelter”) des débuts. Dommage…
CG
3,5
À ranger entre Tsars et Soul Asylum

Hadacol
All In Your Head
(Slewfoot/Next Music) – 13 titres, 39m 59s – Poduit par Lou Whitney et Hadacol – Disponible - http://www.hadacol.com/
Country Rock. Ils récusent l'étiquette "alternative country" et leur nom vient d'un breuvage alcoolique qui sponsorisait Hank Williams. On ne peut dire pourtant que la musique de Hadacol se réfugie dans la country traditionnelle. Elle est en effet électrique à souhait, évocatrice de Neil Young quand il abandonne toute retenue acoustique ("All In Your Head"), et le plus souvent parcourue d'éclairs de causticité que l'on retrouve plutôt chez les Violent Femmes que chez les rejetons de Garth Brooks. All In Your Head est un savoureux mélange de couleurs roots ("Be With You") et d'attaques rock (la version électrifiante du classique "Little Sadie"). Il serait malvenu de le négliger car il témoigne d'une acidité guère éloignée des meilleurs refrains punks. CF
4,5
À ranger entre Jayhawks et Cracker

Corey Harris
Downhome Sophisticate
(Rounder/Next) - 18 titres, 69m59s – Produit par Corey Harris et Jamal Millner – Disponible. www.rounder.com
Melting-Folk. Le nouveau Corey Harris commence comme un savant enfilage de perles blues-folk, que ne renierait pas un Ben Harper au meilleur de sa forme (période premier album donc, en plus électrique), pour s’enliser petit à petit dans une espèce de mixture difficilement digeste. Non pas que la belle ouverture du disque révèle un douteux laisser-aller de la part du bonhomme, mais l’orientation des premiers morceaux est empreinte d’un si bel esprit que voir ensuite son auteur s’engluer dans du reggae de supermarché, du gospel jazzy ou une ballade piano-prout façon Henri Salvador de douzième zone, fait sincèrement mal au cœur. Il n’est rien de pire que de sentir qu’on passe de justesse à côté d’un bon disque et ce Downhome Sophisticate aurait certainement pu être un disque immense…
CG
3
À ranger entre Ben Harper et un vieux mixer hors d’âge

Gordon Haskell
Harry’s Bar
(Eastwest) – 12 titres, 53m58s – Produit par Gordon Haskell
Sortie le 4 juin - www.haskell.co.uk
Soupe. Auteur d’une demi-douzaine d’albums, membre éphémère de King Crimson en 1970, Gordon Haskell connaît un nouveau souffle en Angleterre avec son Harry’s Bar. Ce disque, il a voulu l’enregistrer «à l’ancienne», comme au bon vieux temps de Ray Charles ou de Nat King Cole. Les chansons lui ont été inspirées par tous les gens qu’il rencontrait dans les bars où il se produisait. Haskell n’aime pas beaucoup les rock stars et la musique actuelle. Ça se voit, cet opus paraît avoir cent ans d’âge. Fort bien réalisé au demeurant, il nous propose une brochette de variétés américaines vieillottes, tendance folk, jazzy, country ou soul, qui défilent tranquillement dans les méandres de nos oreilles indifférentes, trop jeunes sans doute.
CV
2
A ranger dans la soupière

Lee Hazelwood
For Every Solution There’s A Problem
(City Slang/Labels/Virgin) -10 titres, 36m11s - Produit par l’artiste - Sortie le 4 juin
www.cityslang.com
Folk Rock des temps anciens. Le mythique Lee Hazelwood est de retour, lui qui naquit en 1929 et commença sa fructueuse carrière comme DJ, passant les premiers 45 tours d’Elvis Presley en 55, soit bien avant que l’adulation mystique ne tombe sur les épaules du King… Il commit nombre d’albums (quand son métier de producteur lui en laissait le temps) entre les 60s et l’aube des 80s, avant de disparaître corps et âme on ne sait trop où et d’être repéré par le label Rhino (qui nous bombarda de nombreuses rééditions), puis remis sur les rails par le batteur de Sonic Youth, Steve Shelley en personne ! Vint alors sa signature avec City Slang, à qui il a offert, en guise de dot, ce recueil de chansons restées inédites jusque-là… Vous êtes prévenus, c’est très calme et la musique du Maître ne ravira que ses inconditionnels…
TS
5
A ranger entre Cowboy In Sueden et le Grevious Angel de Graham Parsons .

Honcho
Corporate Rock
(Water Dragon) - 11 titres, 46m54s – Produit par Hugo Alvarstein – Disponible.
www.on.to/honcho
Stoner. Ces Norvégiens, entre stoner bien stone et rock heavy très heavy, pourraient bien faire parler d’eux au-delà des habituelles hordes de barbares jamais rassasiés de gros riffs calibrés, s’ils continuent à déverser rythmiques lourdes, murs de guitares et hurlantes façon Ozzy troisième génération. Surtout que Honcho est tout sauf figé, comme le prouve certains emprunts plus psyché, des influences résolument rivées vers les seventies ou cette faculté qu’ils ont de malaxer les sonorités pour les rendre successivement métalliques, poisseuses ou hors des limites de vitesse autorisées. Grosse baffe sonique !…
CG
3,5
À ranger entre Monster Magnet et Sparzanza

Hundred Reasons
Ideas Above Our Station
(Columbia/Sony) –12 titres, 38m51 s – Produit par Dave Sardy – Disponible
www.hundredreasons.com
Nouvelle sensation posthardcore. Ce titre est mérité, une fois n’étant pas coutume ! Le rock de cette récente formation britannique, s’il reste basique avec sa basse, sa batterie, son chanteur et ses deux guitaristes, est très agréablement vitaminé. Pas au point de devenir assourdissant, mais assez pour ne pas être confondu avec de la pop. Les chansons enregistrées possèdent ce petit je ne sais quoi qui fait qu’on n’a pas envie de ranger cette rondelle argentée immédiatement. On veut savoir d’où vient cette étrange impression de découvrir à nouveau The Sound ou The Call, en un poil plus énervé tout de même… Certains groupes plus connus ne s’y sont pas trompés et ont invité 100 Reasons à ouvrir pour eux, comme Incubus, The Lost Prophets ou bien encore les péteux de Muse. Il n’y a pas de fumée sans feu ! TS
4
A ranger entre From The Lion’s Mouth (The Sound) et Headswim, en moins déprimant .

Index
Liber Secundus
(Muséa) - 7 titres, 63m15s - Produit par Index - Disponible.
www.rocksymphony.com
Prog Do Brazil. Si vous écoutez cet album d'Index en ignorant de qui il s'agit et sans regarder le livret, vous serez certainement à mille lieues un quart de supposer qu'il s'agit là d'un groupe prog brésilien. Totalement inspiré des modèles britanniques les plus classiques du genre, et sans le moindre regard sur le patrimoine musical brésilien, les quatre membres d'Index délivrent une musique sans rapport avec son contexte national. N'attendez donc pas un disque de fusion. Par contre, le talent de ces jeunes gens est évident, en particulier celui de leur leader et guitariste Junior Jones, ainsi que celui de leur volubile pianiste. Ce qui fait que leur musique vivace et sincère s'écoute volontiers, en dépit de son absence totale d'originalité, si l'on excepte la couleur particulière du chant en portugais.
HP
3
A ranger entre Cast et Cactus Peyotes

Iron Savior
Condition Red
(Noise Records/BMG) - 13 titres, 46m24s - Produit par Piet Sielck - Disponible
www.noiserecords.com/ironsavior
Heavy metal. Furieusement heavy. Ainsi pourrait-on qualifier Iron Savior, gang sans peur et pas sans saveur, dirigé de mains de maître par Piet Sielck, jadis producteur, aujourd’hui compositeur, chanteur et guitariste. Condition Red a tout pour vaincre : un gavage de riffs puissants, une saillie de refrains mémorables et une tartine de vocaux enragés. Certifié 100% pur metal dégraissé de toute ringardise, l’album ne renouvelle en rien le style, mais il le régénère sincèrement. Iron Savior progresse dans l’introspection de son art et le départ de Kai Hansen, retourné se consacrer exclusivement à son Gamma Ray, n’a pas changé la direction du groupe. Indiscutablement, sa conviction, sa rigueur et son talent naturel, font qu’Iron Savior possède tous les atouts pour faire la différence avec le reste de la meute.
HD
4,5
A ranger entre Judas Priest et Running Wild

Jon Spencer Blues Explosion
Plastic Fang
(Mute/Labels/Virgin) –12 titres, 47m24 s – Produit par Steve Jordan . Disponible .
www.labels.tm.fr
Pure giclée de rock ‘n’ roll. Le gars Jon Spencer, le petit malin, a vite su se rendre indispensable à tous les amateurs de vrai rock viril et transpirant sous les aisselles ! Les disques de son groupe sont toujours de grands moments de bonheur électrique et les chansons enregistrées sont, à chaque fois, tellement haletantes qu’on déteste quand l’une d’entre elles se termine, persuadés que nous sommes que la prochaine sera forcément moins réussie… Même si on se met le doigt dans l’œil jusqu’au coude tellement c’est faux ! Vrai, il faudrait encore tellement plus de formations de ce genre, true rock for true people, loin des modes ridicules, des alliances contre nature et des concepts nauséabonds. Que tout le monde en prenne de la graine, nom d’un chien galeux mais enragé !
TS
5
A ranger entre Cramps et Ramones

Kaipa
Notes From The Past
(InsideOut/Wagram) - 11 titres, 79m 09s - Produit par Hans Lundin - Disponible.
www.insideout.de
Prog nordique. Si les Flower Kings sont les leaders incontestés du prog rock scandinave, Kaipa risque fort de disputer cette prédominance. Mais la concurrence sera amicale puisque la moitié de cet élégant duo cousin, est justement constituée par Roine Stolt lui-même, venu s'investir totalement dans ce projet initié par son ami Hans Lundin, remarquable claviériste et compositeur plus que doué. Quelques autres invités tout aussi compétents contribuent à ce magnifique album de progressive on ne peut plus classique, fort proche dans l'esprit du premier Genesis, de Camel, de Greenslade, mais avec suffisamment de fraîcheur et de modernité pour ne pas paraître trop nostalgique. La musique proposée est un superbe développement de la ligne musicale d'un Selling England By The Pound, jusqu'à la chlorophyllienne pochette. A découvrir absolument.
HP
4,5
A ranger entre Genesis et Greenslade

Kaolin
Allez
(Barclay/Universal) – 12 titres, 63m00s – Produit par Les Valentins
Disponible - www.kaolin.fr.st
Rock. Premier LP pour ce groupe de Montluçon qui revendique en vrac l’influence de Mogwai, Tortoise, Pavement et Radiohead (Placebo n’est pas loin non plus). C’est vrai que Kaolin a l’art de conjuguer un romantisme écorché et des grattes lourdes, survoltées, qui s’imposent crescendo au fil des morceaux. C’est vrai aussi que les vocaux se hissent parfois dans les aigus avec les nuances d’un Thom Yorke et que certaines fulgurances mélodiques rappellent The Bends. Un potentiel et un talent évidents s’esquissent sur une bonne moitié de l’album. Après, c’est une affaire de dosage avec quelques nappages de cordes excessifs sur les titres intimistes, des solos de guitares limite abrutissants et pas très originaux sur d’autres. Inégal mais hyper prometteur.
CV
3,5
A ranger pas loin de Mogwai et Radiohead

Steve Kilbey
Dabble
(Karmic Hit/Import Australie) - 14 titres, 58m20s – Produit par Steve Kilbey – Disponible. www.karmichit.com
Aussie Rock. Le fan de The Church qui cherche à tout posséder, albums solos et projets parallèles, doit d’abord prévoir un budget annuel assez conséquent ; puis, surtout, s’armer de la plus grandes des patiences (surtout quand il faut parfois des mois pour dénicher un disque –payé une fortune- qui n’est qu’un flot d’expérimentations hasardeuses). Heureusement, l’ensemble reste généralement d’un très bon niveau, comme cet album studio de Kilbey, probablement son meilleur à son jour, qui renvoie aux arrangements classieux d’un Heyday, avec une multiplication des textures bien plus éloquente, grâce essentiellement à une variété d’instruments plus large encore (mandoline, slide, dobro, Tone generator, percussions, etc.). Précieux et régénérant, un bien beau disque…
CG
4,5
À ranger entre Earthed et Unearthed

Killswitch Engage
Alive Or Just Breathing
(Roadrunner/Sony Music) - 12 titres, 44m54s - Disponible
www.Killswitchengage.com
Néo metal. Bon, alors on est bien d’accord, hein : toi tu gueules, et les guitares, elles suivent. On fait des breaks, hein ? C’est moderne, ça les breaks. Cool ! Et puis on fait bien des bonnes rythmiques bien lourdes, hein. Et toi tu gueules, hein ? T’oublies pas ! Et puis, il faut le gros son, deep et tout. Hé, et pour faire original, t’as qu’à chanter un peu. Par moments, hein, pas trop, sinon c’est plus du metal. T’façon, derrière, y’aura toujours la machine à riffs, t’inquiète. Là j’sens qu’on est bien barré, on va l’avoir l’contrat. Et pour le nom, on choisit quoi ? Kill The Speed ? Non, ça craint. Killswitch, c’est mieux. Et comme on est engagés Killswitch Engage. Cool ! J’te dis, elles vont tomber les chroniques, hein ! Tiens, en vlà une ! Fais voir la note ?
HD
2
A ranger entre P.O.D et Pantera

Kotipelto
Waiting For The Dawn
(Century Media/M10) - 12 titres, 54m - Produit par divers - Disponible
www.kotipelto.com
Heavy metal mélodique. L’album de Kotipelto, engendré par Timo du même nom, de son état chanteur de Stratovarius, se présente comme une véritable affirmation d’identité. Oui, Kotipelto vénère le metal et les douze compos de cet album en sont la représentation la plus indiscutable. Dans un registre heavy et mélodique, guidé par un concept ayant trait à l’histoire égyptienne, Timo expose ses splendides capacités vocales et prouve qu’il peut être aussi un compositeur de talent. Waiting For The Dawn ne souffre d’aucun ralentissement, c’est un disque plein, diaboliquement accrocheur et remarquablement maîtrisé, ce qui n’est pas étonnant si l’on en juge par la qualité des intervenants venus prêter main forte à Kotipelto pour l’occasion. Enfin un album solo qui a du sens et dont on se souviendra.
HD
4
A ranger entre Stratovarius et Iron Maiden

Kraftwerk
The Radioactive Tribute To
(Mantra/FGL) –14 titres, 72m01 s . Produit par Thierry Wolf en personne - Disponible
Hommage anecdotique. Dommage, quel dommage ! L’idée était pourtant intéressante sur le papier : faire reprendre les chansons les plus connues («Radioactivity», «Autobahn», «Trans Europe Express», «Tour de France», «The Robots», plus quelques-unes moins bandantes) des précurseurs allemands formant Kraftwerk depuis plus de vingt-cinq ans à présent, par de jeunes pousses électroniques japonaises (dont une entité baptisée Senor Coconuts, livrant trois destructurations maladives) n’ayant pas tellement de rapport ou d’accointances avec ces cyber casques à pointes. Il fallait oser, franchement ! Oui mais voilà : loin d’embarquer à bord d’un TGV, nous voilà prisonniers d’un tortillard omnibus desservant des stations tellement mornes qu’on n’a plus qu’une hâte : arriver enfin.
TS
1
A ranger entre les originaux et une pilule à effacer les souvenirs .

Boby Lapointe
Comprend qui peut !
(Mercury/Universal) - 21 titres, 48m05s – Produit par divers – Disponible
Chanson loufoque. Avec une carrière musicale somme toute assez courte (douze ans) et une cinquantaine de chansons à son actif, Boby Lapointe a marqué la chanson française d’une empreinte indélébile faite d’humour noir et de jeux de mots fantaisistes. Sur cette compilation, Mercury (la maison de disques de Star Truc et de Pop Machin, mais aussi et heureusement de Christophe) a réuni l’ensemble des tubes de ce grand monsieur. Car la quasi-totalité des titres de Boby Lapointe furent des succès, des chansons décalées certes, mais populaires quand même. Quelques fois imité mais jamais égalé dans ses jeux de mots prodigieux, Boby Lapointe restera un personnage à part, sorte d’ovni débarqué sur la planète France à la fin des années cinquante. Nul doute qu’il dût s’y trouver un peu à l’étroit. En 1968, Boby Lapointe délaisse la chanson, se consacre aux mathématiques et met au point le système bi-binaire, qui lui vaudra un succès d'estime auprès de la communauté scientifique. Après quelques apparitions au cinéma (La veuve Couderc, Les choses de la vie, Max et les ferrailleurs...), il apparaît pour la dernière fois sur scène, à Bobino durant l’hiver 1971. Il mourra l’année suivante et nous laisse une collection de petits chefs d’œuvres musicaux dont on ne se lasse pas.
DS-D
5
À écouter avec délectation

Last Tribe
Witch Dance
(Frontier Records / XIII Bis Records) - 11 titres, 57m19s - Produit par Anders Theander - Disponible - www.frontiers.it
Speed prog’. En voici un qui, dans l’engorgement avéré du speed mélodique à tendance progressif, n’a pas oublié d’être profondément rasoir. L’archétype même du groupe pas mauvais mais plat comme une limande, qui vous tapisse les oreilles de tous les clichés possibles et imaginables et dont on ne peut pourtant pas dire qu’il a bâclé son travail. C’est bien dommage d’ailleurs, car s’il n’y avait ces idées mélodiques intéressantes, cette production correcte, ces deux ou trois refrains bien balancés et ces ajouts de claviers plutôt pertinents, on n’aurait pas hésité à allumer le bûcher. Last Tribe y échappera donc, mais restera emprisonné avec ses congénères et d’éventuels accros absolus du style, lesquels ne manqueront pas de l’encenser à la place du reste du monde, totalement indifférent.
HD
2,5
A ranger entre At Vance et Symphony X

Little Axe
Hard Grind
(On U Sound/Nocturne) – 11 titres, 48m41s – Produit par A. Sherwood – Disponible
Dub Blues. Little Axe, aka Skip Mc Donald, ne fait pas du reggae comme les autres. Et si Adrain Sherwood est de la partie, ne vous attendez pas à découvrir un artiste puriste du dub jamaïcain. Non, il s’agit davantage d’un projet où le blues reprend ses droits et, bien que métissé par des influences gospel, funk et rock, se mue en musique apatride. Après avoir formé le groupe The Entertainers et participé à l’album culte The Message de Grandmaster Flash, l’américain se voit proposer par le pape du dub britannique Adrian Sherwood de monter Little Axe en 92. S’en suivront deux albums The Wolf That House Built (94) et Slow Fuse (96), puis six ans plus tard, ce Hard Grind, ballade subtile au milieu des genres, entre production dub et harmonica blues. Beau crossover.
CD’O
3.5
A ranger entre Rick Lunetta et Wayne Hussey

Looper
The Snare
(Mute/Labels) – 10 titres, 40m03s – produit par T. Doogan, W. Deans et R. Rankin – sortie le 27 mai 2002 - www.labels.tm.fr / www.mute.com
Pop électro. En trois albums et quatre ans d’existence, Looper, le projet devenu groupe de l’ex-bassiste de Belle & Sebastian, a su créer sa propre identité, loin de la mélancolie cotonneuse de ses anciens compères. Après un essai plus ou moins réussi d’introduction de beats électroniques sur The Geometrid, Stuart David a enfin trouvé le compromis idéal entre rythmique programmée et arrangements de cuivres et de cordes, sans perdre une once de son efficacité lyrique. Tempo ralenti, voix suaves, The Snare s’apparente à ces disques qui marquent le tournant d’une carrière. Dans l’expectative d’un possible retournement de situation, c’est avec volupté que l’on entre au sein de ce tout récent Looper, le cœur empli d’une émotion non dissimulée.
CD’O
4.5
A ranger entre Beth Orton et Will Oldham

Mael
L’extrême arrogance du poisson rouge
(EMI) – 12 titres, 39m53s – Produit par A L’Abordage
Sortie le 22 mai - www.emi.fr
Chanson française/folk. Il aime Nick Drake, le tuba, et récolter du miel. Etrange spécimen que ce Mael, chansonnier des temps modernes qui colle sa poésie naïve sur des compositions pop folk bon enfant. On ne trouvera rien d’extrême ni d’arrogant dans ce premier album, qui dégage une sorte de gaieté désenchantée : des textes plus graves qu’ils n’en ont l’air, une musique tranquille et pimpante, dans le sillage de Donovan, du sous-marin jaune des Beatles, des après-midi ensoleillés des Kinks et parfois du folklore juif, avec violon, clarinette et accordéon à la clé. On pourrait craindre que ce parti-pris tourne un peu en rond, mais des titres comme «D5» nous démontrent à temps que ce poisson rouge sait aussi nager dans des eaux plus troublantes. Une très bonne surprise.
CV
4
A ranger entre Donovan et Nick Drake

Manowar
Warriors Of The World
(NTS/Wagram) - 11 titres - Sortie le 27 mai
www.nuclearblast.de
Heavy velu. Les héros musclés de Manowar sont donc toujours sur la brèche, taillant leur route furibarde à grands coups de riffs barbares et de métal épique. Mais si l'on a le malheur d'écouter ce nouvel album après celui de Rhapsody, autre paladin du heavy héroïque, on trouve soudain le metal velu de Manowar bizarrement anémique. Ces gaillards n'ont pourtant rien changé à leurs vigoureuses recettes, mais il se trouve que depuis le temps de leurs hauts faits, on a fait plus fort, plus vite, plus musclé et plus virtuose. On ne peut pas dire que Manowar soit ici défaillant, mais il paraît assurément surpassé. C'est tout le problème des groupes qui bâtissent leur légende sur l'esbrouffe et la surenchère : ils finissent toujours par trouver un crocodile qui a une plus grande gueule qu'eux...
HP
2
A ranger entre Schwarzenegger et Vandamme

Miguel Migs
Nude Tempo One
www.the-raft.com/nakedmusic
(Naked Music/Labels) – 16 titres, 71m54s – Compilé par M.Migs – Disponible
Compilation down-tempo. Premier volume d’une série de compilations où un producteur aura carte blanche et affichera sa spécialité, Nude Tempo One met en avant la sélection down-tempo du DJ américain Miguel Migs. Réputé pour ses sets éclectiques, Migs livre ici un tracklisting orienté deep-house et ambiance sexy avec une préférence certaine pour les voix féminines, ainsi que le prouve la présence de Blue Six, Lisa Shaw et Satin Souls. On y retrouve également quelques stars du genre comme Kerry Chandler avec un titre plus up-tempo mais efficace. En seize titres, cet ancien MC de sound system charme avec ses plages sonores langoureuses sans toutefois rivaliser d’originalité. Cette compilation s’écoute toutefois avec un plaisir avéré et devrait être idéale pour les après-midi languissantes de chaleur estivale.
CD’O
3
A ranger entre Cafe Del Mare et Nirvana Lounge

The Movies
In One Era Out The Other
(Houston Party/Pop Lane) – 10 titres, 27m02s – Produit par Jonathan Krierik – Sortie le 25 mai - http://www.houstonpartyrecords.com/home/
Indie Pop. The Movies est originaire de Los Angeles mais sa musique n'a rien à voir avec l'évocation ensoleillée que beaucoup de groupes du cru en font. Ce premier, et bien court, album baigne plutôt dans des climats sombres qui semblent en fait tout droit sortis de la new wave des années 80. On pense à Joy Divison ou à Cure ("Autograph") ou à ces combos doux-amers comme Elysyan Fields, s'acharnant à distiller atmosphères à la fois éthérées et inquiétantes ("Truth Knocking"). Parfois, sur "Pass The Music", les mélodies se font plus romantiques, reste que, même dans ces envolées émotives, In One Era Out The Other se réfère à un L.A. nocturne, bref à la ville dans ce qu'elle a de plus obscur plutôt qu'au surf et à l'indolence.CF
3
À ranger entre Velvet Underground et The Fall

Moxie
Broken fantasy
(62 TV/Discograph) – 12 titres, 47m42s – Produit par Jim Putman - Disponible
www.moxieclub.be
Pop. En 1995, trois graphistes bruxellois fans des Pixies décident, avec deux autres comparses, de se mettre à la musique. Après un EP mitonné avec le producteur de dEUS et un premier LP, Blue Sky Maybe, ils font appel à Jim Putman, leader de Radar Bros, pour le deuxième, Broken Fantasy. De la fantaisie, il y en a, avec des échappées vers une pop new wave bien portante très eighties, relayées par des morceaux plus mélodiques aux guitares mélancoliques, dans l’esprit des Breeders, l’agressivité en moins. Les nostalgiques de cette époque ont de grandes chances de se laisser séduire, ceux qui en sont revenus iront voir ailleurs ce qui se passe, car douze titres uniformes, c’est un peu long… surtout quand l’interprétation manque de caractère.
CV
2,5
A ranger entre Blonde Redhead et les Breeders

Mr Neveux
Damn It !
(Microbe/Discographe) - 10 titres, 47m19 s - Produit par Mr Neveux et Analog Bay – Disponible
Expérimenpop. À l’origine de la création du label Microbe, sur lequel figure en autres Ben’s Symphonic Orchestra, Mr Neveux touche à tout, conjugue le son à l’image en étendant son rayon d’action au-delà des clivages sonores. Du septième art à la musique il n’y a qu’un pas que les protagonistes franchissent (car Mr Neveux n’est pas l’œuvre d’une pensée unique) tout au long de cet album découpé selon un scénario plus ou moins savoureux, mêlant une pop nordique aux climats électro. Réalisé par Jimi Tenor, ce Damn It ! tournerait au concept ou animerait une rétrospective de Nosferatu, alors qu’ici les Français évoluent vers le kitchissime, façonnent un disque si hybride qu’il paraîtra également confus au néophyte. D’ailleurs au final, on peut difficilement s’en faire une opinion véritablement tranchée !
LE
2,5
À ranger entre kitch et pop

Myracle Brah
Super Automatic
(Rainbow Quartz/Spirit of the Jungle) -14 titres - 42m - produit par Dave Nadchosky. Sortie le 3 mai 2002.
www.spiritofthejungle.com
Pop ricaine gouleyante. Prenez un zeste de The Byrds, un soupçon des Beatles, une pincée des La’s, surpoudrez le tout d’une lampée de Big Star, de REM et des Posies et vous obtiendrez Super Automatic, compilation choisie des trois précédents albums de Myracle Brah (le «soutif miracle» après le Wonder Bra ?) projet parallèle d’Andy Bopp, leader et compositeur des défunts Lovenut perdus corps et âmes après que leur label Interscope ait été englouti dans L’univers sale. Guitares chaleureuses, vocaux enjôleurs aux accents lennoniens et surtout, superbes mélodies pour une musique d’une beauté immaculée qui a parfaitement su digérer ses influences pour atteindre une sérénité et une plénitude communicatives. Alternance de balades ensoleillées et de morceaux nettement plus agressifs aux riffs affûtés, Super Atomatic (for the people ?) est un échantillon parfait de la musique raffinée et rafraîchissante de Miracle Brah qui ravira tous les amateurs de ces colliers de perles pop de plus en plus rares par les temps qui courent. PR
4,5
A ranger entre The Byrds et les La’s

The National Trust
Dekkagar
(Thrill Jockey/Discograph) - 9 titres - 52m - Produit par Brian Deck & Neil Rosario - Disponible.
Ricains planants. Formé autour du duo Neil Rosario et Andy Cunningham, auxquels se sont adjoints les percussionnistes Brian Deck et Bryan Aldrin, le bassiste Doug Demers et les chanteurs/guitaristes/organistes Mark Henning et Russell Baseman, The National Trust pratique une musique pop sophistiquée, élégante et ambitieuse, à grand renforts d’orchestrations alambiquées, de voix éthérées qui brodent sur des textes métaphoriques et un brin baba cool («From Seven To Mars»). Influencé par une certaine tradition folk rock américaine (De Jefferson Starship en passant par Ozark Mountain Daredevils ou Pablo Cruise), The National Trust, à l’image de son nom, ratisse large côté influences mais parvient grâce au talent des deux bonshommes à dégager un style intrinsèque à mi-chemin entre tradition et aventurisme qui reste toujours agréable à l’oreille. Et même si l’ensemble respire à plein nez le travail minutieux de fêlés du studio (pas moins de 7O pistes dont 35 de voix pour un seul morceau ! ) il n’en dégage pas moins une impression de légèreté aérienne éminemment plaisante qui en fera un disque printanier idéal… PR
4
A ranger entre Pink Floyd & Beach Boys

Jeb Loy Nichols
Esay Now
(Ryko/Naïve) - 13 titres, 43m 54s - Produit par Jeb Loy Nichols - Sortie le 4 juin
www.jebloynichols.com
Americana. Il serait difficile d’accoler un genre à ce jeune auteur-compositeur, dans la mesure où il semble s’emparer de toutes les facettes des musiques populaires américaines. Sa voix est veloutée, suave même parfois, et son répertoire emprunte au folk, à la country et même à la soul. Production plutôt dépouillée, atmosphères doucement funky, Easy Now joue la carte d’un laid-back qui semble s’accorder avec son arrivée dans une petite structure après un premier album sur une major. Ses petites vignettes littéraires sont agréables, sans plus, elles évoquent avec pertinence une nostalgie qui ne verse pourtant pas dans une mélancolie trop prégnante ; reste qu’il manque à cette approche primitive un peu de muscle et de saveur pour pouvoir réellement décoller.
CF
3
A ranger entre Mark Knopfler et James Taylor

Nine Inch Nails
And All That Could Have Been - NIN Live
(Nothing/Universal) - 16 titres, 66m04s - Produit par Trent Reznor - Disponible
www.nin.com
Metal techno indus légendaire. Le metal techno indus de Nine Inch Nails ne semble pas à proprement parler taillé pour passer avec succès l’expérience du live. Pourtant, au fil des années, ce précurseur devenu mastodonte incontournable de son genre musical, a su s’imposer aussi en public. Aidé par la personnalité pétulante et envahissante de son leader Trent Reznor, cinglé notoire et génie sans faillir, NIN a imposé un son, une image, une marque. Ce live a des allures de récital voire de mise au point. Il présente seize titres à forte teneur énergétique, un groupe positivement déchaîné, une audience mal mixée (trop en retrait) et, d’une manière générale, un incommensurable déballage d’idées gagnantes. L’ordinateur apprivoisé au service de la musique radicale. Une bonne leçon de metal camouflé, adapté et paré pour le futur.
HD
4
A ranger entre passé, présent et avenir

Paraffine
22 :22
www.paraffine.net
(Timer Records/M10) – 13 titres, 66m25s – Produit par L. Ze Fish – Disponible
Neo-Metal. On entend dire depuis quelques temps que le rock est mort… C’est à se demander si ceux qui le prétendent écoutent un peu les productions actuelles françaises et internationales car, comme tout se transforme, le rock prend ses aises avec les nouvelles technologies sans perdre son intégrité spirituelle. On l’a vu avec Pleymo, et bien d’autres avant eux, les kids ne sont pas las de plébisciter ces nouvelles formations. En tout cas on l’espère pour les jeunes grenoblois de Paraffine qui signent avec 22:22 un album néo-metal emprunt de gros riffs de guitares et de sons électroniques incandescents. Ajoutez à cela des textes travaillés ainsi que des arrangements bien trouvés et vous tiendrez peut-être la digne relève frenchy d’un courant en pleine ascension.
CD’O
3
A ranger entre Pleymo et Oneyed Jack

Paul Oakenfold
Bunkka
(Perfecto/PIAS) – 11 titres, 51m47s – Produit par P. Oakenfold – Disponible
Electro vocal. On pourrait croire qu’une mode est en train de s’installer dans l’establishment électronique : chaque DJ/remixeur y va de son album perso, renversant les rôles du compositeur anonyme et de l’interprète superstar. C’est donc au tour de Paul Oakenfold, producteur occasionnel de U2, remixeur de New Order, Snoop Doggy Dog ou The Cure, de nous livrer sa galette perso avec son nom dessus. Mais en bon concepteur, il partage l’affiche avec certaines grandes figures de la scène internationale : le désormais habituel Tricky qui ne se lasse plus de collaborer aux projets d’autrui, la voix délicate d’Emiliana Torrini, Grant Lee Phillips, Ice Cube… Pas nécessairement incontournable, Bunkka nous offre cependant de bons moments comme cette version d’un instrumental de la grandiose B.O. du film «Requiem For A Dream» intitulé ici «Zoo York».
CD’O
3
Entre Tricky et Timo Maas

Pere Ubu
St Arkansas
(Glitterhouse/PIAS) – 10 titres, 41m41s – Produit par David Thomas – Sortie le 18 juin
http://www.dnai.com/~obo/ubu/
Rock expérimental. Pere Ubu s'est formé en 75, séparé en 82 puis reformé de 87 à 95. Entre temps, son leader, David Thomas, a poursuivi une carrière solo illuminée, faite de théories messianiques et couronnée par des expérimentations au formalisme sonique visionnaire. St Arkansas, enregistré par Pere Ubu, se caractérise par un retour à la démarche originelle du combo, alliage de sonorités industrielles et de violente discordance urbaine. On retrouve donc rythmes fracturés notoires et compositions cryptiques faites de tension, visant à étouffer le concept même de mélodie. Thomas a assez de bouteille pour qu'on ne puisse l'accuser d'être un poseur. Voilà un artiste comme investi d'une mission : sa consistance ne peut donc être que saluée, voire louée.CF
4
À ranger entre Devo et Public Image

Sam Phillips
Fan Dance
(Nonesuch/Warner) - 12 titres, 33m09s - Disponible
www.warnermusic.com
Pop intimiste. On a connu la malicieuse Sam Phillips, il y a de cela huit ans, du temps de l'excellent Martinis & Bikinis, faisant défiler de sa voix narquoise de délectables petits instantanés rock sur une musique multiforme et franchement colorée. L'influence mélodique des Beatles était alors évidente, et bienvenue. C'est toujours le cas sur ce nouvel album, mais le décor musical s'est fait beaucoup plus minimaliste - peu d'électricité, quelques trames sonores acoustiques et pas du tout typées "rock" tissent une toile de fond élémentaire - et la voix de la dame s'est faite plus opaque. Mais son charme est toujours aussi fascinant, comme celui de ses textes de chat, griffes et coussinets, fausse candeur et caresses aigres. L'intimisme autant que l'intimité désormais adoptés, donnent à la dame un supplément de profondeur tout à fait appréciable. Et l'envoûtement se fait. Absolument déconseillé aux fans de Britney Spears.
HP
4
A ranger entre les Beatles et Shawn Colwyn

Thomas Pitiot
Le tramway du bonheur
(T’inquiète Productions/Productions Spéciales) - 12 titres, 59m 59s – Produit par Thomas Pitiot – disponible _ www.thomaspitiot.com
Chanson. Les influences revendiquées par Thomas Pitiot sont aussi diverses qu’éclectiques : Jacques Prévert, NTM, Georges Brassens, Erik Satie ou Touré Kounda. Pourtant Le tramway du bonheur n’est pas un album fourre tout, mais diffuse plutôt un rayon de soleil dans la chanson française si souvent dévoyée. Enfant de la Seine St Denis, Thomas Pitiot a su intégrer dans son parcours musical tous les airs entendus ici ou là, dans son quartier. Mixité de cœur, mais aussi mixité instrumentale font de ce tramway du bonheur, un album aussi atypique qu’attachant. Les textes empreints d’une grande générosité et d’une ouverture d’esprit inespérée par les temps qui courent, nous baladent dans cette banlieue nord de la capitale généralement mise à l’index par les médias et les ronds de cuir, mais où se développe aussi une vraie solidarité. Un premier album encourageant, qui redonne foi en l’homme.
DS-D
3,5
À ranger entre Dick Annegarn et Prévert

Pony Club
Home Truths
(Setanta/PIAS) - 12 titres, 52m 46s - Produit par Pony Club - Disponible
www.ponyclub.tv
Indie Pop ; Sous le nom de Pony Club, on trouve Mark Cullen, un Irlandais originaire de Dublin. Home Truths est donc une œuvre totalement solo dans la mesure où elle a été également enregistrée au moyen d’un ordinateur. Le résultat n’en est pas pour autant contrasté dans la mesure où le premier élément permet d’accentuer émotion et intimisme, alors que le recours à l’informatique n’implique pas, ici, nécessairement un rendu artificiel. On a en effet droit à un disque à la fois profondément organique et lyrique, servi par des compositions majestueuses qui évoquent parfois même Brian Wilson (“Fuck With My Heart”). Si le disque effleure parfois une emphase quelque peu précieuse, il n’y tombe toutefois pas grâce à une production minimaliste et sobre qui permet à Home Truths de faire preuve d’équilibre réussi entre amateurisme et sophistication. CF
3
A ranger entre Divine Comedy et Ben Chrisptohers

Porcupine Tree
Stars Die / The Delerium Years
(Delerium/Kscope/Wagram) - 2 CDs : 10 titres, 73m01s et 11 titres, 73m 32s - Produit par Steven Wilson - Disponible. www.porcupinetree.com
Prog millésimée. Alors que Porcupine Tree entame la troisième phase de sa carrière en entrant dans une major, voici un opportun coup de rétroviseur qui permet de réviser ce que furent les premières années du groupe, passées sur le label Delerium de 91 à 97. Extraits des premiers albums, remixes, inédits, faces B oubliées de singles et d'Ep, voici un précieux récapitulatif pour bien prendre la mesure de la puissante créativité de Steven Wilson. Le tout accompagné d'un livret plus que conséquent. Le premier CD couvre les trois premières années, du temps où le groupe se résumait au seul Wilson et où il ambitionnait de rivaliser avec le post-psychédélique Ozric Tentacles. Le second est consacré à la naissance du groupe en tant que tel, et à ce prodigieux essor de son inventivité qui l'a mené au premier rang des groupes progressistes de la dernière génération. Une somme impressionnante.
HP
4,5
A ranger entre Ozric Tentacles et Massive Attack

Prince Far I
Psalms For I
(Pressure Sound/Nocturne) – 11 titres, 35m – Produit par L. Perry et A. Ellis – Disponible - www.pressure.co.uk
Roots Reggae. On ne pourra pas retracer la carrière entière de Prince Far I, né Michael Williams, faute de place. Seulement en indiquer les moments essentiels : débute à Studio One à la fin des 60’s sous le nom de King Cry-Cry, en 77, il prend le nom qu’on lui connaît et enregistre quatorze album en six ans avant d’être assassiné le 15 septembre 83 dans les rues de Kingston. Une perte considérable pour le reggae roots, alors qu’il venait de réussir à faire passer son message religieux de l’autre côté de l’Atlantique. Psalms For I, comme son nom l’indique, est une compilation regroupant les plus célèbres psaumes enregistrés avec deux sections rythmiques de poids : The Upsetters et The Aggravators. Entre dub et pur reggae roots, Prince Far I n’a pas encore fini de faire parler de lui.
CD’O
3.5
A ranger entre Burning Spear et Winston Rodney

Rae & Christian
Nocturnal Activity
(Grand Central/PIAS) – 12 titres, 60m21s – Produit par divers – Disponible
www.grandcentralrecords.co.uk
Remixes. L’album du duo mancunien Rae & Christian, Sleepwalking, sortait en début d’année dernière sous les feux des projecteurs de la scène électro, sans toutefois connaître le même succès public que Northen Sulphuric Soul, et c’est bien dommage. Voici peut-être une occasion de se rattraper avec cet album de remix où l’on retrouve tous les joyaux qui composaient l’original : «Not Just Anybody» chanté par la voix d’ange de Kate Rogers et remixé par Atjazz ou encore «Get A Life», très beau morceau acoustique laissant la part belle à son invité, Bobby Womack. Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore les productions du duo, on ne peut que leur conseiller de commencer par les originaux, mais cet album peut être une bonne introduction.
CD’O
3.5
A ranger entre les deux albums originaux de R&C

Rage
Unity
(SPV/Wagram) - 11 titres, 50m31s - Produit par Charlie Bauerfeind - Disponible - www.spv.de
Metal allemand. Avec les albums XIII et Ghost, Rage avait donné une véritable leçon de vrai metal symphonique. Mais voilà : sans son orchestre, le groupe redevient rapidement ce qu’il avait toujours été, à savoir un honnête représentant du heavy metal germanique, plutôt doué quand il s’agit de donner naissance à de bons refrains. Unity manque tout simplement de brio, même s’il présente certaines caractéristiques d’un bon album… C’est impardonnable quand on sait ce dont sont capables Peavy Wagner et les siens. Et si quelques poussées mystiques dirigées par des musiciens excellents techniciens jalonnent les morceaux, la qualité reste très inégale et la majorité, trop dépouillée, ne saurait suffire à notre bonheur. Et pour une fois, c’est rage qui nous met au désespoir !
HD
3
A ranger entre Running Wild et Rush

Renaud
Boucan d’Enfer
(Virgin) - 14 titres, 53m 05s – Produit par Jean-Pierre Bucolo – Sortie le 28 mai - www.renaud-le-renard.com
Chanson. Inattendu, Boucan d’Enfer scelle le retour de Renaud à la chanson après plusieurs années d’absence. On imaginait le bonhomme parti sur les océans, fuyant une pression médiatique qu’il a toujours vilipendée. Que nenni, Renaud était bien à l’abri au fond d’un bistrot parisien comme il l’explique dans “Tout arrêter”. La femme de sa vie l’a quitté après vingt ans de vie commune et l’essentiel de l’album tourne autour de ce thème. Boucan d’Enfer incarne avant tout le grand cri d’amour et de désespoir mêlés d’un Renaud blessé. Assisté de Jean-Pierre Bucolo et Alain Lanty pour les musiques, Renaud n’a rien perdu de sa verve même s’il explique qu’à bientôt cinquante ans il n’a plus envie de se révolter comme il y a quelques années ( “Miss Maggie”, “Triviale Poursuite” etc). Le 11 septembre lui a quand même inspiré “Manhattan-Kaboul” en duo avec Axelle Red, mais même ce morceau reste en demi-teinte. Renaud n’est plus tout à fait le révolté qu’il fut naguère. Non, Renaud a les boules, sa Domino est parti, lassée de ce Mister Renard pochetron et désabusé, mais elle aimera toujours Renaud, et nous aussi.
DS-D
3,5
À ranger avec la discographie du Monsieur

Rhapsody
Power Of The Dragonflame
(NTS) - 10 titres, 61m06s - Produit par Sascha Paeth et Rhapsody - Disponible.
www.limb-music.de
Heavy épique. On peut dire qu'avec ce nouvel album, les maestros italiens du riff épique ont atteint leur point d'achèvement. La synthèse qu'ils ont savamment opérée entre prog metal à la Durandal, emprunts classiques, souffle d'opéra et carnage électrique, trouve ici son plus parfait équilibre. Le lien est cette fois parfait entre les différents éléments d'un heavy metal qui paraissait jadis pittoresquement hétéroclite, et qui est devenu aujourd'hui du grand art. Tout cela s'écoute comme du Verdi des temps post-atomiques, les chœurs guerriers vous font frissonner l'échine, les sprints furibards des solistes donnent le tournis et on a l'impression d'assister à un film héroïco-musical quelque part entre Conan le Barbare et Dario Argento. Un tel sommet laisse présager à présent la nécessité d'un prochain renouvellement d'inspiration si Rhapsody veut conserver tout son impact, mais régalons-nous pour l'heure de ce grand numéro de cuirassiers funambules.
HP
4,5
A ranger entre Manowar et Angra

Rose Tattoo
Pain
(SPV/Wagram) - 16 titres, 58m 40s - Produit par Rainer Hänsel - Sortie courant mai.
www.spv.de
Rock exemplaire. En 2000, pour célébrer leurs vingt cinq années d'existence, Angry Anderson et sa bande de flibustiers enluminés avaient accepté de venir rejouer en Allemagne, où ils n'étaient pas venus depuis 20 ans. L'existence du groupe était devenue intermittente et le groupe ne savait pas trop comment il serait accueilli. Ce fut un triomphe, un double live incandescent contenant tous leurs classiques en fut extrait : le groupe s'était rendu compte qu'il pouvait y croire encore et le public qu'il avait toujours besoin de ses tatoués favoris. Remis en confiance, Anderson, Wells & Co ont donc cette fois réalisé un véritable nouvel album, 16 titres tout nouveaux, fulgurants et radicaux, gorgés de fièvre et de fureur, lacérés d'une slide ravageuse, un monument qui est l'exemple même de l'inépuisable vitalité du rock le plus essentiel. La recette de ces australopithèques bariolés est vraiment des plus basiques: on prend un riff élémentaire, quelques accords bien aiguisés, et l'on vous monte cela avec l'énergie de désespérés, au point d'en faire finalement une montagne, à l'instar de "The Devil Does It Well", sorte d'Annapurna électrique, et seul titre un peu long d'un disque qui irait plutôt à l'essentiel dans des morceaux condensés qui n'excèdent pas trois minutes. Mais ce sont souvent trois minutes de rage qui contiennent tous les ingrédients primordiaux du rock'n'roll le plus enthousiasmant. Etre magistral sans pour autant ne vouloir donner aucune leçon, voilà la cinglante ambition de ce disque qui vous redonne vraiment une folle joie d'exister.
HP
5
A ranger entre Faces et Humble Pie

Jimmy Scott
But Beautiful
(Milestone/Warner) – 1 CD, 10 titres, 54m09s -Produit par Todd Barkan – Disponible. www.fantasyjazz.com
Jazz grande classe. Très classe. Voilà ce qui vient directement à l’esprit à l'écoute de ce jazz au son bien balancé, des chansons smooth à l'ambiance super léchée. Un orchestre qui joue délicatement, des arrangements comme il faut, c’est déjà un plaisir et surtout, surtout … il y la voix phénoménale d’androgynie de Jimmy Scott. Une voix masculine hors norme : faites un blind test et vous verrez que l’on vous citera des noms de femmes pour la qualifier. Vieux monsieur pas du tout fatigué, qui pousse la chansonnette avec une grâce époustouflante, Jimmy Scott a commencé sa carrière en 1948 grâce au vibraphoniste Lionel Hampton, a sombré dans l’oubli avant d’être redécouvert en 1992… On pense donc à Salvador, au Buena Vista Social Club ou aux Cool Cronners. Et puis non, on les oublie vite ces autres exemples de papys musiciens car Jimmy Scott, c’est encore autre chose. Un cran au-dessus tellement c’est classe !
JMG
4,5
À ranger entre Ruth Brown et Shirley Horn

Sirenia
At Sixes And Sevens
(Napalm / M10) - 9 titres, 54m - Produit par Reesnes & Veland - Disponible
www.napalmrecords.com
Deep metal gothic. Cet album est celui d’un évadé de Tristania, valeur montante de la scène metal gothic. Et à vrai dire, la première partie des raisons invoquées pour son départ, les éternelles divergences musicales, semblent devenir instantanément caduques à l’écoute de l’album de son nouveau groupe. On croirait davantage la seconde : différents humains (traduire vraisemblablement par «sombre histoire de fesses»). Car Sirenia a tout de Tristania : un son profond, des passages allégrement heavy, des influences gothic très marquées, des voix masculines fortes alternées avec d’autres féminines autant que liturgiques, et des chœurs d’église. At Sixes And Sevens ne manque pourtant pas d’attrait et Sirenia se présente déjà comme un futur maître dans son domaine musical de prédilection.
HD
3,5
A ranger entre Tristania et Dark Tranquility

Skatalites
From Paris With Love
(Celluloid/Mélodie) – 15 titres, 63m36s – Produit par B.Oldfield et B. Castro – Disponible
Légende ska. L’initiative du projet a de quoi séduire : enregistrer dans des conditions optimales, celle du célèbre studio Davoult, les morceaux qui ont fait ce que le ska est aujourd’hui. Et l’entreprise est finalement fort réussie, bien que la production soit un tantinet trop propre. Nos papys Jamaïcains ont encore de beaux restes, et le prouvent sur cette interprétation de standards comme «Guns Of Navarone», «Trip To Mars», où les solos de cuivres laissent rêveur quant aux belles années de la musique instrumentale jamaïcaine. L’histoire est longue, on vous en contera quelques lignes prochainement. Mais sachez simplement que ces vétérans ont tout simplement inventé le reggae. Pas une mince affaire ! Voici donc l’occasion pour ceux qui ne les connaîtraient pas encore, de prendre contact avec ce monument que sont les Skatalites.
CD’O
4
A ranger entre The Supersonics et Soul Vendors

Slaid Cleaves
For The Brave And Free
(Continental Song City/Next Music) – 17 titres, 51m 47s – Produit par Slaid Cleaves – Disponible - http://www.slaid.com/
Folk Rock. La musique de cet artiste d'Austin est enracinée dans le folk et la country traditionnelles. Réputé se faire le chantre de l'Americana, ce diplômé en philosophie offre ici une sorte de road album évoquant à la fois Hank Williams et le Bruce Springsteen de Nebraska. For The Brave And Free était déjà sorti en 1993 et il est réédité ici agrémenté de quelques demos inédites. Le répertoire se concentre sur une Amérique intime s'attachant aux gens, le plus souvent les laissés pour compte, dans la plus grande tradition des musiques popularisées par Woody Guthrie ou Tom Paxton. Cleaves y ajoute sa propre sensibilité littéraire, mais ses compositions ne sont pas assez mémorables pour espérer toucher plus que les esprits suffisamment éclairés.CF
3
À ranger entre Joe Ely et Lucinda Williams

Soma 10
Soma 10
(Soma/ Labels) – 23 titres, 143m57s – Produit par divers – disponible
House. Pour célébrer leurs dix années d’activisme, le label écossais Soma sort cette compilation sur laquelle figure les principaux artistes qui ont fait son renom : Daft Punk, Silicone Soul, Scott Grooves, Chaser et bien sûr Slam. Outre l’imposant avantage de retrouver sur un même double CD certains titres jusque là uniquement disponibles en vinyle, cette mise au point donne l’occasion d’apprécier durant plus de deux heures quelques un des titres house les plus divers (tech house, abstract, popisante… ) et pas des moins efficaces, comme l’excellent «Mothership ReConnection» de Scott Grooves avec les participations des icônes Parliament/Funkadelic. C’est aussi le moment idéal de découvrir l’un des catalogues les plus qualitatifs de house britannique et de danser sans relâche jusqu’au bout de la nuit.
CD’O
4
A ranger entre Daft Punk et Scott Grooves

Chris Spedding
One Step Ahead Of The Blues
(Last Call/Wagram)-12 titres, 46 m 20 s – Produit par Philippe Raul – Disponible .
www.chrisspedding.com
Pêche à la ligne. L’un des seuls vrais guitar heroes encore en activité a décidé de se la couler douce pour son nouvel album (serait-ce Alex Chilton qui lui aurait soufflé cette idée) et de reprendre quelques titres bluesy qui, on le suppose, lui tiennent à cœur et lui trottent dans la tête telles des épines dans le pied depuis quelques temps –cela fait tellement de bien de se gratter, n’est-ce pas ? Au programme (en mettant de côté «Dollar Of My Pain», seule nouvelle chanson écrite par l’ex-Sharks) : du JJCale, du Jimi Hendrix, du Jaggers/Richards («No Expectations», comme Calvin Russell !), de l’Allen Toussaint, du Doc Pomus et, joyau de la Couronne, un splendide «Albatross» muet, signé Peter Alan Green… TS
4
A ranger entre le dernier Calvin Russell (Rebel Radio) et Never Mind The Bollocks

The Strawberry Smell
Odorama
(Rainbow Quartz-Spirit of Jungle) - 13 titres - 50m57s - Produit par Anna Löjik ( ?) et Nuum Ayrik ( ?) – Disponible. www.superhomard.com
popodorante. La tendance se confirme, se développe, s’amplifie ! Nos braves petits combos frenchies sont désormais capables de tenir la dragée haute à leurs homologues anglo-saxons. Preuve en est ce premier opus de The Strawberry Smell, groupe avignonnais aux parfums fort enivrants. Costards futuristes à la Devo sur la pochette et musique pop teintée d’électronique avec des nappes d’orgue Hammond et de synthés déglingués à la Magazine (grand groupe ignoré celui-là ! ) pour des mélodies hyper affûtées (« Zensong # 9 », «Slave Of The Time») qui évoquent Cotton Maher, leurs potes de label, les Small Faces et bien sûr les Fab Four dans des harmonies vocales hyper chiadées. Et la petite mécanique fonctionne à plein régime puisque le groupe est en train de faire une percée notable en Angleterre comme aux USA et même au Japon ! Enregistré dans le studio-laboratoire du groupe, Superhomard, Odorama accomplit l’exploit de trouver un équilibre quasi parfait entre rétro sixties-eighties de bon aloi et modernisme décomplexé. Alors emboîtons le pas des critiques fort élogieuses de la presse british et affirmons que nous tenons là un excellent album… En audiorama ! PR.
4
À ranger entre Magazine et les Beatles

The Streets
Original Pirate Material
www.the-streets.co.uk
(Locked On/WEA) – 14 titres, 47m29s – Produit par M. Skinner – Disponible
Hip Hop. Ce jeune rappeur anglais n’a que 21 ans et a déjà conquis l’estime des médias britanniques, du NME au Times. Ce n’est pas un argument en soi, certes, mais une information qui nous invite à une écoute attentive et nous fait mesurer la différence qu’il existe avec ceux d’Outre-Manche. Plus lisse qu’Eminem, Mike Skinner incarne à sa manière la classe moyenne Anglaise, entre vie quotidienne, anecdotes de comptoirs et histoires de dérives. Si le début de l’album est un rien mou, les choses deviennent intéressantes lorsque notre éphèbe devient tour à tour sentimental avec «It’s Too Late», puis incisif avec l’excellent «Too Much Brandy». Entre 2 step et rap doucereux, The Streets nous emmène dans les rues claires des faubourgs policés de Birmingham.
CD’O
3,5
A ranger entre Eminem et So Solid Crew

The Tea Servants
Higher
(Houston Party/Pop Lane) – 11 titres, 44m53s – Produit par The Tea Servant – Disponible - www.houstonpartyrecords.com
Pop. Si l'on pense au nom de ce groupe pop et si l'on vous dit que la voix du chanteur rappelle immanquablement Ray Davies, vous allez immédiatement penser qu'il s'agit d'un de ces nouveaux combos issus de Grande-Bretagne. Erreur fatale puisque ce quatuor nous vient d'Espagne. On a droit à de jolies petites vignettes, souvent enjouées, aux refrains qui semblent inconséquents mais qui sont diaboliquement efficaces. Les morceaux sont tonitruants ("I Wanna Be JJ Johanson"), d'une préciosité très British ("City Of Cats") ou, comme sur "Full Of Monsters", plus rugueuses. Mais le groupe ne se limite pas à nous délivrer des illustrations irréfléchies, "She's Getting Higher" le voit s'aventurer sur des terrains extravagants prouvant qu'il sait faire preuve d'esprit.
CF
4
À ranger entre Kinks et XTC

Tears In X-Ray Eyes
Half-Life
(Test Tube/Pop Lane) – 10 titres, 39m08s – Produit par Tim Closs – Disqponible
www.tearsinxrayesyes.com
Indie Pop. Derrière ce nom, on trouve Tim Closs, musicien qui se situe dans la tradition des singers-songwriters et que l'on compare outre-manche à Morrissey. Sa musique est à prédominance acoustique, intimiste et éthérée, et servie par une voix en falsetto qu'il n'utilise qu'avec parcimonie. Les compositions sont tendres et émouvantes, parfois même prenantes (l'excellent "Nature's Valentine") et bien que dépouillée, la production sait se montrer ample grâce à un usage judicieux et discret d'un écho sur les vocaux. Dernière particularité, les sonorités, plutôt métalliques, des guitares ; elles permettent à Half-Life de se tenir à l'écart du revival acoustique perse et augurent peut-être d'envolées encore plus dignes d'éloges.
CF
3,5
À ranger entre Ben Christopher et Badly Drawn Boy

Terranova
B-Sides & Remix Sessions
www.copasetik.com
(Copasetik/Wagram) – 16 Titres, 77m58s - Produit par divers – Disponible
Remix et raretés. Soyons clairs d’emblée, cet album comblera les fans du groupe germanique, mais peut-être moins les néophytes, malgré les collaborations et remixes de prestige : Tricky, Stereo MC’s ou le team Prozac. Avec son abstract hip-hop, Terranova a su séduire une large frange de la presse spécialisée internationale tout en conservant une identité forte de producteurs incorruptibles. Certes, de très bons moments figurent sur cet opus, à l’image du remix de leur célébrissime «Chase Of Blues» par The Psychinauts. Mais l’original reste définitivement plus convaincant. Quant aux B-Sides, elles conservent un aspect anecdotique dont on pourra facilement se passer en attendant le prochain véritable album de Terranova.
CD’O
2
A mettre de côté en attendant la suite

Total Lee
The Songs Of Lee Hazelwood
(Labels/Virgin) -16 titres, 58m56s - Sortie le 4 juin
www.cityslang.com
Hommage respectueux. C’était plus ou moins inévitable : il était écrit qu’un beau jour, les représentants les plus talentueux de la nouvelle vague de songwriters et formations anglo-saxonnes (la fameuse exception culturelle française étant ici la présence de Kid Loco) reprendraient les chansons les plus fameuses de cet homme qui les influença tant, et nous pouvons donc nous régaler de versions lumineuses de «Some Velvet Morning» par les Webb Brothers, «The Railroad» (excellent !) par St-Thomas, «My Autumn’s Done Come» par les délicats Tindersticks, d’un minuscule «I’m Glad I Never» par Lambchop et de tant d’autres petites merveilles que cette liste en devient vite fastidieuse… Un véritable régal en ces temps troublés, une oasis de paix dans cette jungle métallique, une raison de croire encore et toujours en l’Homme. Arrêtez-moi si j’en fais trop, hein !
TS
4
A ranger entre les originaux et les compilations Sweet Relief I & II .

Tram
A Kind Of Closure
(Setanta/PIAS) – 11 titres, 47m16s – Produit par Dimitri Tikovoi – Disponible
www.tram.org.uk
Lo Fi. Sur un de ses albums précédents, un des morceaux de Tram s'appelait "Nothing Left To Say" et il est vrai que, de prime abord, la musique du groupe semble privilégier intimisme et retenue. Sur ce nouveau disque pourtant, on aurait tort de ne voir que romantisme étouffé. Les orchestrations (cordes et cuivres) sont en effet riches et subtils et concourent à distiller des climats cinématographiques et spatiaux. Simplement ces effets privilégient plutôt le ralenti que le panoramique, et, si espace il y a, ils s'emploient à combiner atmosphères éthérées et douloureuses. Les vocaux restent toujours délicats sans tomber dans la préciosité, comme quoi A Kind Of Closure, tout ampoulé qu'il soit, pratique à merveille l'art du sous-entendu. CF
4
À ranger entre Smog et Spain

Trashmonkeys
Clubtown
www.trashmonkeys.com
(Acid Jazz/Nocturne) – 12 titres, 38m13s – Fralick/Riedel/Core – Disponible
Oldy garage. Sous des airs proprets, Trashmonkeys, le quatuor mi-anglais mi-allemand, cache bien son jeu. Reprenant à son compte les influences garage des années 60 et le punk de la fin des 70s, le combo, mené par le chanteur-guitariste Andreas-Gregor Wolfinger, s’amuse à y incorporer un esprit pop sans souci des convenances. Claviers en avant, rythmique rock, ces compositions sortent de l’ordinaire brit-pop actuel, plus affairé à cloner ses rivaux d’outre-Atlantique, pas toujours pour le meilleur. Ici pas vraiment de prise de risque quant aux textes, mais une vision très personnelle du passé musical des membres du groupe, à base d’énergie pure et dure. Une initiative qui devrait plaire aux nostalgiques de l’époque postpunk et aux amateurs de sons rétros.
CD’O
3
A ranger entre The Hellacopters et The Hives

Tricky
Tricky, a ruff guide to...
(Island/Universal) – 17 titres, 65m24s – Produit par Tricky + divers.
Sortie le 28 mai - http://hollywoodrecords.go.com/tricky
Compil. Bon nombre de fans considèrent que le premier album de Tricky reste, à ce jour, son meilleur et que le dernier en date est le plus accessible, pour ne pas dire commercial. Qu’ils se réjouissent : ce best of fait la part belle à Maxinquaye (six titres au total), tandis que Blowback, paru sur un autre label, brille par son absence. A Ruff Guide To... reflète assez fidèlement un parcours sinueux aux frontières du hip-hop et du rock, à travers les sentiers d’un trip-hop inventif et sensuel (Maxinquaye), puis déstructuré (Nearly God, deuxième album non officiel), qui déboucheront sur des labyrinthes plus sombres et torturés (Pre-Millenium Tension, Angels With Dirty Faces), éclectiques et mélodiques (Juxtapose). Inégal, mais recommandable.
CV
4
A ranger entre Massive Attack et Howie B.

Ty Tabor
Safety
(SPV/Wagram) - 10 titres, 45m46s - Produit par Ty Tabor - Disponible.
www.insideout.de
Pop noble. Ty Tabor dispose, on le sait, de plus de six cordes à sa guitare. En plus de son indéfectible participation au fécond et imprévisible King's X, il multiplie les expériences, souvent avec réussite. En voici une de plus à son actif, qui se situe pourtant bien loin du metal expérimental et du prog rock, puisqu'il s'agit ici d'un album de pop rock. Juste de la pop, simple et limpide, avec une voix tout en douceur, des mélodies qui coulent, des chansons qui séduisent tranquillement. Mais surtout de la pop noble, c'est-à-dire sans ficelles trop grosses ni racolage visqueux, sans paillettes recouvre-vide, bref de la pop comme on ne sait plus trop en faire, puisque le vocable de "pop" a pris depuis quelques temps de bien démagogiques et putassières résonances. Ici, on renoue, dans un lexique plus moderne, avec la pop racée des Beatles ou des Kinks. C'est juste joli et sans conséquence, mais c'est joliment joli.
HP
3,5
A ranger dans le tiroir aux dentelles

Uncle Tupelo
89/93 : An Anthology
(Legacy/Sony) - 21 titres, 71m36s – Produit par divers – Disponible.
www.sonymusic.com
Rock-country US. Entre classisisme et modernité, Uncle Tupelo s’est réapproprié tout un pan de la musique américaine, pour en faire ressortir l’essence la plus incandescente. Jay Farrar et Jeff Tweedy, entité bicéphale parfaite (au sens partage des tâches) a ainsi réinventé la