COMPACT #22 - Avril 2002 - A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z -

Eric Aldea
Saturno o Cipolla
(O1O1/Wagram) –7 titres, 43m36s - Produit par Eric Aldea – Disponible.
Ambient. Voici la première sortie du label 0101 (prononcez “o one, o one”), émanation du label nancéien Ici d’Ailleurs, qui ayant fait sauter la banque avec Yann Tiersen place l’argent de la culbute dans des projets électroniques moins grand public. Première sortie, donc, et un revenant, puisque le lyonnais Eric Aldea n’est autre qu’un ancien des Deity Guns et de Bästard. Il a composé des musiques pour les chorégraphies de la compagnie “La Baraka”/Abou Lagraa, et nous les présente ici. Il n’y a pas de danseur sur scène, comme lorsqu’elles ont été initialement jouées, mais Aldéa nous transporte et c’est notre âme qui virevolte au son d’une flûte nord-africaine ou des sonorités proches des BO des films de David Lynch, qui auraient croisé la route de quelque sorcier de l’électronique. Une musique idéale pour la méditation ou le cinéma mental, une invitation aux voyages immobiles. Le voyage ici coûte le prix d’un disque, mais durera toute l’année. JMG
4
À ranger entre Angelo Badalamenti et Plaid

Amor Belhom Duo
Live in Tucson
(Ici d’Ailleurs/Wagram) - 8 titres- 37m20s- produit par Jim Waters et Naïm Abor - Disponible
Post-rock franco-ricain. Le 1er septembre 2001, le parisien Naïm Amor (guitares) et le manceau Thomas Belhom (batterie, percussions) installés depuis 1997 à Tucson augmentés de trois musiciens américains (violoncelle, contrebasse et clavier) et de Valérie Leulliot, chanteuse de Autour de Lucie, donnaient au Solar Culture de Tucson, un concert emblématique et représentatif de leur musique à la fois dépouillée, belle et intrigante, dont les qualités nous avaient été révélées dans leurs deux albums précédents (Amor Belhom Duo et Wavelab). Imprégnées de country américaine, de jazz, d’influences latines, de chanson française (la reprise du classique "Un Homme Et Une Femme" de Pierre Barouh et Francis Lai), voire d’expérimentation hasardeuse, les compositions de ce duo atypique en constant équilibre entre le vieux et le nouveau monde, la tradition et l’innovation, s’imposent par leur aspect original et inclassable. Passionnant, audacieux et envoûtant, ce mini album constituera une parfaite introduction à la démarche unique de ce duo semblable à nul autre. PR
4
À ranger entre Calexico et Autour de Lucie

Erik Arnaud
Comment je vis
(Labels/Virgin) – 12 titres, 45m07 – Produit par Monte Vallier – Disponible -
Chanson rock. Le problème d’une réputation qui précède les actes est que l’on se retrouve souvent bien déçu. Ainsi en est-il d’Erik Arnaud, annoncé comme le futur de la chanson à guitares. Si les compositions sont effectivement d’une grande qualité, avec des effets de production (signés par l’ex-bassiste de Swell, Monte Vallier) et une construction originale, il n’y a pas de quoi crier à la révolution. Parlés plus que chantés, les textes noirs d’Erik plombent l’ambiance sans arriver à donner cette subtile beauté que peuvent avoir les atmosphères obscures d’un défunt Diabologum auquel on l’associe. Au final, on se retrouve avec un disque pas mal foutu, mais qui n’arrive jamais vraiment à décoller, un énième exemple d’inexplicable engouement médiatique sans réel fondement. CD’O
2
À ranger entre Diabologum et Loeil

Backstab
Aïki-taïso
(XIII Bis Records) - 13 titres, 55m15s - Produit par I. Manoutsis et A. Lessertisseur - Disponible - www.xiiibis.com
Metal français et nouveau. Commençons par une véritable révélation : la piste CD Rom et le clip du titre “L'Œil Du Clone”. Un modèle d'esthétisme, de jeu et de mise en scène. Un boulot génial qui mérite d'être signalé, soutenu et récompensé. À bon entendeur… L'album en lui même se situe dans un registre metal moderne, avec mélange de grosses guitares et de bruitages électro très "moody". Des tempos endiablés, des refrains percutants, des ruptures de rythme bien pensées, un chant offensif, des textes pas cons du tout (en français ou en anglais) et une grosse pêche, font d'Aïki-Taïso une belle entrée en matière dans un univers très intéressant. Car le point fort de Bakstab est sans doute de ne pas trop ressembler à ses congénères et d'avoir réussi une belle alliance entre agressivité, ambiance et mélodie. HD
3,5
À ranger entre metal et français

Blind Guardian
A Night At The Opera
(Virgin) - 10 titres, 67m 04s - Disponible.
Métal Scala. Le titre s'avère on ne peut mieux choisi. Il rappelle d'abord judicieusement un des meilleurs albums de Queen, et Blind Guardian, surtout par l'emploi et la sonorité de ses chœurs, se présente comme un lointain mais indiscutable descendant du gang mercurial. Ensuite, l'intitulé invite à penser -à bon droit- que l'on va ici se situer dans le créneau du progmetal, tendance lyrique. Mais voilà : Edguy ou Rhapsody ont déjà fait en beaucoup mieux ce que nous offre ici ce veilleur aveugle. Le disque est, de plus, beaucoup trop chargé, paré jusqu'à l'écœurement de chœurs et d'arrangements baroques avec un esthétisme à la crème chantilly qui rend tout cela fort indigeste. Même pour cette musique qui ne mégote ni sur l'emphase ni sur les chamarrures, il faut savoir garder mesure et sens du dosage. Tout ce qui fait cruellement défaut à Blind Guardian. HP
1,5
À ranger entre Edguy et Queen

The Chieftains
The Wide World Over
(RCA/BMG) - 19 titres, 71m25s - Produit par Gilby Clarke - disponible - www.rcaredseal-rcavictor.com
Irish. Sans doute la plus connue des formations traditionnelles irlandaises, assurément celle qui se mélange le mieux aux courants plus modernes (ici notamment avec Ziggy Marley !), probablement l’une des meilleures, les Chieftains fêtent avec ce disque pas moins de 40 ans de carrière et de fidélité à leurs origines celtiques. Cette compilation s’attarde sur les quinze dernières années et malheureusement ne remonte pas jusqu’aux glorieux débuts du groupe, à cette époque où ils furent les premiers à mélanger musique traditionnelle et chant. À Miltown et alentours, dans les sixties, on n’avait jamais entendu ça ! On retrouve ici les Corrs (bien sûr), Sinéad O’Connor (évidemment), mais aussi pas moins que les Rolling Stones, Elvis Costello, Sting, Los Lobos ou Diana Krall pour un vertiiigineux hommage aux vertes prairies irlandaises. CG
4
À ranger avec votre album souvenir de Windmill Lane

The Chronics
Make Your Move
(Bad Afro/United Music Company) - 11 titres, 31m38s - Produit par The Chronics - disponible - www.badafro.dk
Rock punchy. Ces Chronics, signés sur le hautement recommandable label Bad Afro (rien que le nom m’amuse ! Et encore, vous n’avez pas vu le logo !!!), sont de dignes représentants de la toujours aussi vivace scène scandinave. Ces quatre Suédois (du nord du pays, là où vraiment il n’y a rien d’autre à faire que du bruit dans sa cave, pendant les longues nuits de… six mois !). Aucune concession ici, que ce soit musicale (les morceaux les plus “propres” font penser à du Pretty Things surmultiplié et les incursions cuivrées à du Motown trashy !) ou sonore (production bien crade, avec guitares grésillantes et tout le tintouin). Ça tambourine les vaisseaux sanguins, ça chahute le palpitant et, heureusement pour nos pauvres âmes, le disque –qui dure à peine plus d’une demie heure, s’achève juste avant le pétage de plombs définitifs.
CG
3
À ranger avec Millencolin et Nomads

Gilby Clarke
Swag
(Spitfire/Edel) - 11 titres, 37m53s - Produit par Gilby Clarke - disponible - www.gilbyclarke.com
Rock. Pour mémoire, Gilby Clarke est bien ce petit guitariste rock qui venait aligner ses rythmiques derrière Slash, au temps où Guns & Roses était encore un top groupe. Il a été viré à point, afin d'éviter le discrédit et l'humiliation. Depuis, un anonymat relatif enveloppe son rock simple et franc, ses accords basiques et mélodiques, à mille lieues du clinquant frelaté qui permet à n'importe quelle bande de pécores de vendre des millions de disques. Swag suivra logiquement le sort de ses prédécesseurs et ne fera le bonheur que de quelques avertis téméraires, qui se reconnaissent encore dans les racines du rock et leurs évolutions les plus directes. Si vous n'êtes pas de ceux-là, misez vos boules sur le succès d'une soupçonnée reformation de Guns… On va bien rire ! HD
3
À ranger entre John Mellencamp et Guns 'n' Roses

Clinic
Walking With Thee
(Domino/Labels) - 38m, 15s - Produit par Ben Hiller - Disponible
Rock Indépendant. Ce deuxième album de Clinic peaufine quelque peu l’approche présidant au premier LP du groupe. Dans ce panorama quelque peu hétéroclite des tendances du rock alternatif, Clinic s’efforce d’être à la fois expérimental et accessible. Les morceaux sont donc le plus souvent concis tout en ménageant la volonté de rendre perméables des atmosphères. On pourrait presque évoquer une démarche de collages si les titres ne conservaient en soi une structure traditionnelle. Celle-ci permet des moments prenants et hypnotiques (“The Vulture”) ou d’autres plus directs et proches d’un punk cérébral et minimaliste (“Pet Eunoch”). Walking With Thee ne souffre ainsi d’aucun défaut irrémédiable, reste qu’il ne confirme pas les espérances de leur premier disque, le prometteur Internal Wrangler. CF
3
À ranger entre Pavement et Lupine Howl

Elvis Costello
When I Was Cruel
(Mercury/Universal) – 15 titres, 63m07s - Produit par The Imposter – Sortie mi-avril
Rock. Qu’est-il donc arrivé à Elvis Costello avec ce nouvel album ? Serait-ce son changement de label qui lui aurait à nouveau insufflé la verve et l’inspiration de ses grandes années ? Quelle nouvelle potion destinée aux quadras aurait-il dans sa poche pour donner à sa production nouvelle l’éclat de ses tendres années, les ‘Stiff/Radar years’ dont les merveilles traversent déjà trois décennies sans la moindre ride. Depuis, l’âge et la respectabilité avaient pris le pas sur l’émotion dont le clone de Buddy Holly nous avait largement gratifié durant les premières années de sa carrière. Ses escapades classiques ou avec les croutons/crooners (Tony Bennett, Burt Bacharach) nous ayant autant emballé que Stomy Bugsy avec Julio Iglesias ou Bono faisant son Sinatra. Dès “45” et son ‘stomin beat‘, Elvis remet les pendules à l’heure de My Aim Is True enchaîne avec “Spooky Girlfriend” à faire pâlir effectivement… De perfection pop. Guitares et cymbales de front entament “Tear Off your Own Head”, merveille jouissive de rock enjoué qu’on croirait échappée de chez son siamois Nick Lowe. Vous avez déjà compris qu’ici la place ne sera pas suffisante pour détailler ce disque majeur dans la discographie d’un des grands auteurs du rock anglais . Il vous faut découvrir d’urgence ces “Soul For Hire” (Ame à louer), “15 Petals” (quels cuivres et quelle bonne année pour les Roses) et autres “Episode of Blonde” (est-ce là une allusion à son disque conçu pour Wendy James dont la bio semble avoir oublié l’existence ?). Sans même s’appesantir sur les 7 minutes hypnotiques de “When I was Cruel No2”. Lorsque tu étais cruel, Elvis, nous t’aimions. C’est de nouveau le cas. Pour ceux qui sauront apprécier “When I was Cruel” est à Costello ce que “Time out of Mind” fût à Dylan. HervéD
5
À ranger entre Brutal Youth et My Aim Is True

Cotton Mather
The Big Picture
(Rainbow Quartz/Spirit of the Jungle/Wagram) - 14 titres - 41m 07s - Produit par Cotton Mather et Dave Fridman - Disponible.
Fab Four texans. Ils ont le son des Beatles, la voix des Beatles, les mélodies des Beatles et pourtant ils sont issus d’Austin, Texas… Où ils auraient pu végéter jusqu’à la fin de leurs jours si Noël Gallagher ne s’était pas penché sur leur sort en battant le rappel de la presse lors de la sortie de leur précédent et excellent Kon Tiki en 1997 (deuxième album après le quasi introuvable Cotton Is King de 1994). Tirant leur nom de celui d’un redoutable prêcheur puritain, le quatuor possède un don inné pour les mélodies accrocheuses et les compos de Robert Harrison (sic !) s’impriment instantanément dans la mémoire, gage de qualité indéniable. À l’opposé de la démarche d’un Oasis pillant sans vergogne riffs et mélodies des défunts scarabées, Cotton Mather tente, lui, de recréer l’esprit même de cette pop immédiate et insouciante qui fut l’apanage des années 60. Bénéficiant de la production luxuriante de Dave Fridman (The Flaming Lips, Mercury Rev), The Big Picture alterne morceaux rocks immédiats (“Last Of The Mohicans”, “Marathon Man”) et compostions nettement plus léchées (“Ramon Finds Waterfalls”). Plus John que Paul, entre A Hard Day’s Night et Abbey Road, voilà un disque franchement emballant qui fera verser plus d’une larme aux fans des quatre de Liverpool.
PR.
4,5
À ranger entre Lennon et McCartney

The Crash
Wildlife
(Evidence/WEA) – 11 titres, 44m 25s – Produit par Teemu Brunila – Sortie en Avril
Pop Rock. Willdlife est le deuxième album de ce trio finlandais qui s'est déjà distingué dans son pays. On peut le comprendre, dans la mesure où sa pop est à la fois gracile et sophistiquée et, en même temps, non dénuée d'une certaine énergie. Les compositions sont alambiquées par leurs orchestrations et leurs harmonies vocales, mais demeurent néanmoins directes et efficaces. La production, ample, apporte une touche d'atmosphère "épique" à ces titres sophistiqués. Celle-ci tangue alors parfois vers un certain maniérisme sirupeux mais c’est le tribut que l'on paye quand on se targue de concilier rock et préciosité. Reste que dans ce domaine de la pop commerciale The Crash ne pourra que satisfaire le grand public. CF
3
À ranger entre Suede et Eskobar

Cry Freedom Family
Enfin !
(Jaff/BMG) - 15 titres, 62m11s - Produit par CFF - Disponible
Groove énervé. Peut être avez-vous déjà croisé le chemin de la Cry Freedom Family qui a à leur actif plus de deux cent dates ces trois dernières années. Enfin ! est le résultat discographique de cette expérience scénique qui inscrit sur le compact disc toute l’énergie que ces quatre garçons possèdent. Leur cocktail explosif de rock dur saupoudré de dub et d’influences orientales (à écouter le très bon “Kwo Ka Sonner”, petit plaisir zouk savoureux) offre une musique originale et spécialement dédiée à ceux qui aiment les gros sons avec une pointe de décalage. CD’O
3
À ranger entre Absolute et Freedom For King Kong

A Tribute To Cure
…Imaginary Songs
(Polydor/Universal) –14 titres, 60m23s – Produit par divers - Disponible
Hommage. Essai plutôt casse-gueule pour des groupes de chez nous, que cet album-hommage à l’œuvre du talentueux Robert Smith, même si la plupart des intervenants s’en tirent avec les honneurs. Sur le podium : M et sa vision franco-anglaise de “Close To Me”, le groupe Yell et leur étonnante version glacée de “Charlotte Sometimes”, les grands gagnants de ce non-concours étant (Tulip) interprétant un “The Top” désincarné et vidé de sa substance. Le Compact Man taira poliment les noms des auteurs de quelques massacres complètement délirants et commis par des jeunes gens pourtant à la mode, n’en disons pas davantage !
Ce disque est une bonne surprise, même si Robert Smith n’en sortira certainement pas grandi… TS
3,5
À ranger avec la dernière compilation de Cure

Damon Albarn
Mali Music
(Honest Jon’s Records/EMI) - 16 titres, 57m44 s – Produit par Damon Albarn – Sortie le 1er Avril 2002
Voyage. Que les fans de Blur se calment, nous ne parlerons pas ici de l’album solo du chanteur charismatique du combo chéri des adolescentes pré pubères d’outre-manche. Non. Mali Music se déroule plutôt comme un carnet de voyage, que Damon Albarn a entrepris en juillet 2000 au Mali. Car lorsqu’il part en vacances, le sieur Damon n’emmène pas dans ses bagages comme le touriste lambda un caméscope japonais, mais un mélodica cabossé que sa tante lui avait offert pour son huitième anniversaire (supposition purement imaginaire). De ballades en rencontre, de Bamako aux villages environnants, Damon Albarn a su s’imprégner de la sensibilité et de la chaleur du peuple Malien. Ce qui révèle l’ouverture d’esprit toute neuve de celui qui, au début du succès de Blur, se déclarait très bien dans l’Angleterre de Mme Tatcher, dont il admirait la poigne de fer (il y a des choses que l’on n’oublie pas). Ceci étant dit, Mali Music est une heureuse surprise. On y croise que du beau monde : de Toumani Diabaté à Lobi Traoré et bien d’autres, et le beau Damon qui après ses expériences hip hop avec Gorillaz semble avoir découvert un univers qui l’enchante. Nous aussi. DS-D
4
À ranger entre Afrique et Occident

Del Fuegos
The Slash Years
(Slash/Warner Music/ IMPORT) – 21 titres, 70m28s – Produit par Mitchell Froom – Disponible
Rock US. Le rock made in de l’autre côté de l’Atlantique est un véritable foutoir… Trop de groupes, trop de changements de line-up, trop de disques ne sortant pas même de leur état, font qu’il est toujours plus difficile d’en dresser un véritable panorama, de savoir ce qu’il en ressort de vraiment intéressant. Et puis, parfois, les labels internationaux semblent être touchés par la grâce et signent à tour de contrat toute une ribambelle de groupes plus pertinents les uns que les autres. Ce fut le cas au début des années 80, avec l’émergence d’une scène comprenant notamment Rank & File, Del Lords, Jason & The Scorchers, Rainmakers, Bodeans ou encore ces inusables Del Fuegos, qui nous font toujours autant secouer bêtement la tête et taper du pied à ne plus en sentir nos muscles. Ce faux best of permet d’avoir sur CD le premier album, jamais sorti sous ce format, et une bonne partie du second (deux titres du troisième, aussi), ce qui en soi justifie totalement l’achat de la galette, quoique assez difficile à dénicher. Bonne chasse donc… CG
5
À ranger entre True West et J. Geils Band

Dionysos
Western Sous La Neige
(Trema) - 17 titres, 51m13s - Produit par Steve Albini – Disponible - www.dionywab.com
Pop lunaire. Le talent justifie-t-il l’auto-émasculation ? Faut-il creuser plus loin un sillon déjà bien travaillé, sous prétexte qu’il n’a pas encore été visité par d’autres kamikazes soniques ? Ce sont deux des nombreuses questions que l’on se pose à l’écoute du nouvel album de Dionysos, certes fort gouleyant (et la production de Steve Albini n’y est pour rien, curieusement), mais ô combien futile. Là-dessus, la grande force du groupe étant aussi sa futilité, il s’est lui-même tendu un piège sans se rendre compte à quel point il allait se refermer inéluctablement. Les masterisations aux studios Abbey Road et toutes les autres bidonneries pour bio n’y changeront rien : ce disque n’est qu’un écho du précédent qui, lui-même, était une déflagration de celui d’avant et ainsi de suite. Si encore le groupe y gagnait en intensité ou en quoi que ce soit, on pourrait valider cette autosuffisance (“Longboard Blues” et autres boursouflures), mais force est de reconnaître qu’ils sont sur une pente glissante et légèrement descendante. Réveillez-vous les gars, et n’oubliez pas que vos disques ne sont pas meilleurs parce qu’ils se vendent plus. Ce discours, c’est celui des maisons de disques ! Que sont devenus les Yoghurt Sessions ?…
3
À ranger entre Fantaisie et Militaire

Tanya Donelly
Beautysleep
(4AD/Labels) - 11 titres, 49m 24s - Produit par T Donelly, Matthew Ellard et Dean Fisher - Disponible
Pop Rock Allternatif. Après une absence discographique de près de 5 ans, et la naissance d’une petite fille, Tanya Donelly nous revient avec un nouvel album mélodique et éthéré. Mélodique parce que grand soin a été apporté aux compositions, et éthéré parce que la voix de la chanteuse est toujours aussi délicate et aérienne. Ce dernier aspect se retrouve même dans des morceaux plus gothiques (un “Wrap Around Skirt” sur le fil du rasoir ou “Moobeam Monkey”) qui parviennent à maintenir un équilibre entre fluidité limpide et climats plus inquiétants. Ajoutons que Mark Sandman, le chanteur de Morphine depuis décédé, contribue aux vocaux de ce dernier titre pour conclure que comme tout ce que la chanteuse a fait depuis le split des Throwing Muses, rien chez Tanya Donelly n’est anodin et ne doit être négligé. CF
3,5
À ranger entre Kristin Hersch et Juliana Hatfield

Donots
Pocketrock
(Burning Heart/PIAS) – 12 titres, 41m16s – Produit par Fabio Trentini - Disponible
Rock punchy. Dans la famille punk-rock mélodique, l’Allemagne nous présente son plus digne représentant, dont il s’agît ici du second album. Pas grand-chose à dire, si ce n’est que c’est agréablement troussé, et que les 120 concerts assurés par le groupe l’an passé, sont sans doute pour beaucoup dans la belle cohésion de l’ensemble, qui demeure finalement ce qui fait ressortir le plus les Donots du lot des punkeux du moment, de plus en plus nombreux d’ailleurs, une véritable épidémie ! De là à savoir si eux auront plus de succès que d’autres, difficile de trancher. Il faudrait pour cela qu’ils prennent un peu plus de risques et décident de secouer la pulpe d’un auditoire plus expérimenté que la bande de jeunots qui les suit pour l’instant… CG
3
À ranger entre Millencolin et Offspring

Dredg
Extended Play For The Eastern Hemisphere –EP
(Polydor/Universal) –5 titres, 15 m 10 s –Produit par Ron St Germain –Disponible - www.dredg.com
Rock expérimental. Il y a plus de lettres dans le titre que de minutes de musique contenues (ne faites surtout pas attention) dans le compact disc !!! Dredg fait partie de ces formations qui, sans se prendre vraiment au sérieux, sont persuadées que leur rôle est de secouer le cocotier de la tradition tellement fort et avec tellement d’insistance qu’il finira bien par en tomber quelque chose, bon sang de bonsoir ! Leur approche de la musique dite rock est intuitive et tout à fait personnelle, sans pour autant atteindre des sommets d’originalité : le problème est que la concurrence devient rude dans ce secteur bien particulier et que seuls les meilleurs vont pouvoir s’installer pour de bon… Ceci dit, certains passages sont bien trouvés et il faut donc attendre la sortie prochaine de leur véritable premier album pour dire quoi que ce soit de tranchant et de définitif… TS
3
À ranger entre Appliance et un Chameleons pas très inspiré pour les guitares

Echo and the Bunnymen
Live in Liverpool
(Cooking Vinyl/Naïve) - 11 titres - 69m53s - produit par Will Sergeant et Ian McCulloch - disponible.
Jurassic Dark. Ressuscités de leurs cendres Avec Evergreen, What Are You Going To Do With Your Life ? et l’excellent Flowers, Echo et ses hommes-lapins, l’un des combos phare de la new wave, nous revient ici avec son premier album live enregistré dans sa ville natale de Liverpool les 17 et 18 août 2001. Le duo originel Ian McCulloch, Will Sergeant (à nouveau fâchés avec le bassiste Les Pattison ?) s’est adjoint les services de quatre petits jeunots (Vinnie Jamieson à la batterie, Steve Flett à la basse, Ged Malley à la guitare rythmique et Ceri James aux claviers) pour revisiter le répertoire du groupe devant un public conquis d’avance. De "Rescue" en passant par "Never Stop", "Seven Seas", "The Killing Moon", "The Cutter", "Over The Wall", "Ocean Rain", j’en passe et des meilleurs, tous les incontournables sont ici au rendez-vous. Certes, pour ceux qui comme bibi, ont eu la chance de voir Echo à la grande époque (le 4 avril 1984 à l’Eldorado !!!), ces versions apparaîtront un peu molles du genou et l’absence de la frappe extraordinaire de Pete de Freitas, mort tragiquement dans un accident de moto, se fait cruellement sentir. Mais la beauté des morceaux, la belle voix (un peu fatiguée) d’Ian Mc Cullough et les guitares lyriques de Will Sergeant suffisent à faire de ce "best of live" un disque indispensable pour tous les fans d’Echo… PR
3,5
À ranger après Flowers

EchoBrain
EchoBrain
(Socadisc) - 10 titres - 47m42s - produit par Brian Joseph Dobbs et EchoBrain – disponible
Rock. Grosse surprise que le premier album du nouveau groupe de Jason Newsted, qu’on n’attendait certainement pas dans un registre aussi léché tant on sait grande son adoration de formations azimutées du type Mister Bungle (sauf le dernier morceau, “Crying Shame”, long délire déjanté). Grosse surprise donc, d’autant plus que le disque est passionnant d’un bout à l’autre, alternant mid-tempos racés et atmosphériques (“The Feeling Is Over”) et coups de boutoir autrement plus musclés. Rien ne s’apparentant à la scène metal ici, mais parfois à quelques formations bien brutales tout de même, surtout sur scène où le groupe (un trio, assez jeune, en dehors de Jason, qui n’est pas si vieux, de toute façon) est paraît-il totalement renversant. À noter, enfin, la participation sur un titre (“SuckerPunch”), de Kirk Hammett. DB
4
À ranger entre Foo Fighters et Third Eye Blind

Edgar de l’Est
Les Vacances
(Samedi Soir/Label Bleu/ Harmonia Mundi) – 12 titres, 44m48s - produit par F. Rivaleau et Bob Coke – Disponible
Chanson. Edgar de l’Est est avant tout un duo de haut vol, Isabelle Becker et Edgar Daguier qui, depuis 1995 et sa première expérience discographique, La Berlue, sème sa poésie imaginaire aux quatre coins de la France. La recette est simple : une contrebasse, une guitare sèche, un violon, une batterie et une jolie voix consistance et évocatrice… Aujourd’hui, avec ces Vacances, Edgar part sur les voies des grandes routes : la Russie et les îles, des territoires non-identifiés entre Montmartre, les pays de l’Est et l’Espagne. Dans une ambiance posée (“Barcelone”) rehaussée de quelques airs de joie (“Les Vacances”, “Louise”), Edgar de l’Est a réussi un bel album de chanson française acoustique et exotique. CD’O
3
À ranger entre Paris Combo et Pink Martini

Enola
Figurines
(Jaff/BMG) – 12 titres, 59m16s – Produit par A. Gaillet – Disponible - www.jaff.fr
Pop Rock français. Cela faisait un moment que le nom d’eNola traînait sur les lèvres des férus de scène française : pas mal de concerts, une prestance indéniable, une formation mature et efficace… Lorsque Figurines, leur premier opus, débarque sur notre bureau, un enthousiasme indéniable s’empare de nous. Pour remettre les choses à leur place, eNola est un groupe dont les deux principaux atouts sont 1/ les textes poétiques 2/ les arrangements cousus de finesse et de fil mélodique. Seulement, le chanteur Jan Fiévé n’a pas encore digéré toutes ses influences et conserve de bout en bout de l’album un ton uniforme qui fait passer Figurines à côté de la vraie réussite. Car, avouons-le, musicalement, il n’y a pas grand-chose à redire : efficaces, lyriques, chargées d’émotion, les compositions sont de vrais bijoux qui offrent de vrais espoirs d’avenir à ce jeune groupe.
3
À ranger entre Daisybox et Aston Villa

Fatboy Slim
Live On Brighton Beach
(Southern Fried/Small) – 17 titres, 72m06s – Produit par Fatboy Slim – Disponible - www.gutterandstars.com
DJ mix on the beach. Le 6 juillet dernier, Norman Cook donnait un gigantesque concert (le meilleur de sa vie, selon lui) dans sa ville natale, déchaînant quelque trente-cinq mille adeptes. L’expérience pourrait d’ailleurs être renouvelée cette année. Premier album à voir le jour sous le propre label de Fatboy Slim, ce live nous livre sur un plateau la quintessence de ses performances électroniques, soit une heure et quart non-stop de techno impériale. Au programme, des titres remixés de Basement Jaxx, Kid Creme, Santos, Raven Maize, Roland Clark, entre autres, et trois morceaux de ses deux précédents albums : “Right Here Right Now”, “Star 69” et “Sunset (Bird Of Prey)” qui sample la voix de Jim Morrison. Indispensable aux fans, cela va sans dire ! CV
5
À ranger entre les Chemical Brothers et Basement Jaxx

Bryan Ferry
Frantic
(Virgin) - 13 titres, 48m 00s - Sortie en Avril - www.bryanferry.com
Pop/Rock. Même s’il ne l’est pas autant que Bowie, Bryan Ferry a toujours été un caméléon. Il a toujours oscillé entre un registre “crooner” et une approche plus rock, c’est cette dernière qui est la plus en évidence sur Frantic. Le début de l’album enchaîne ainsi morceaux plutôt enlevés, tamisés par une voix toujours aussi soyeuse, et étayés par les guitares aiguisées de Chris Spedding ou de Robin Trower. Entre compositions originales (plutôt inspirées) et reprises habituelles (dont deux de Bob Dylan), le chanteur démontre qu’il n’a rien perdu de son tranchant. Bien sûr, dans sa deuxième partie, le disque s’égare parfois sur des chemins pour le moins apprêtés, mais même sur ces derniers titres, Ferry évite une certaine boursouflure. Au total, pour son premier véritable album depuis des années, voilà un retour en forme qui mérite de ne pas être évité. CF
4,5
À ranger entre David Bowie et Roxy Music

Fifty One's
Mind Game
( Naïve ) - 13 titres, 51m - Produit par John W. Jones - Disponible
Métal savant. Est-ce le fait d'être né au pays du champagne qui rend Fifty One's si pétillant ? Force est de reconnaître en tout cas que ce troisième album des Chalonais ne manque ni de bouquet ni d'effervescence. En fait, voilà sans doute même là un des meilleurs albums réalisés en France ces derniers mois. La production se montre aussi parfaite que percutante. Le groupe, fort d'une expérience immédiatement sensible, met en place avec maestria un métal malin très élaboré qui doit certes pas mal à Queensrÿche, Rush ou Paradise Lost, mais fait vite oublier ses références, tant il possède un ton original et un sacré sens de l'efficacité chromée. Le chant est particulièrement à féliciter, presque autant que la personnalité indiscutable du ton musical choisi, juste dosage entre métal mord-la-cuisse ultramoderne et stratégies électropensées. Vraiment bien. HP
4
À ranger entre Paradise Lost et Queensrÿche

Giant Sand
Cover Magazine
(Thrill Jockey/Discograph) –13 titres, 62 m 13 s –Produit par Howe Gelb – Disponible - www.giantsand.com
Reprises texanes disparates. Howe Gelb, le Giant Sand en chef depuis 20 ans à présent, est décidément infatigable : entre deux albums solo (dont un, en import, qu’il assure seul au piano) et trois side projects (Band Of Rocky Blanchette, OP8, Friends Of Dean Martinez), il trouve encore le temps et l’énergie de sortir des disques de son Sable Géant, le dernier en date étant constitué de chansons d’autres artistes assez solides et intéressantes (quoique deux fois “The Beat Goes On” de Bono –non, l’autre, celui de la centenaire Cher-, franchement…), dont une version sidérante et complètement à contre-courant d’“Iron Man”, titre de Black Sabbath occulté en 1970 par le succès inconsidéré quoique planétaire de leur “Paranoïd”… La moins réussie est “Johnny Hit And Run Pauline” (des fantastiques X), mais peut-être le jugement du Compact Man est-il faussé par une allergie profonde à la voix de PJ Harvey… TS
3
À ranger entre le Fakebook de Yo La Tengo et l’album de reprises de Johnny Cash

Gorillaz
G-sides
(EMI) – 10 titres, 39m07s – Produit par Dan The Automator - www.gorillaz.com
Recyclage. Sous l’appellation G-sides, se cachent des faces B, des titres remixés, bref, les quelques raretés que compte déjà Gorillaz à son actif. Autant dire un joyeux fourre-tout musical fidèle à l’esprit du groupe, dont on retiendra une nouvelle mouture plus rap de l’incontournable tube “Clint Eastwood”, un amusant mélange de hip hop et d’easy listening (“Rock The House”) ou un curieux assemblage de trip-hop et de folklore genre western (“Left Hand Suzuki Method”). Rien n’est absolument génial là-dedans, mais une chose est sûre, ce groupe co-fondé par le chanteur de Blur a de vraies vertus récréatives. Bien fichu, sympa à écouter à l’occasion, mais cela suffit-il pour justifier un achat ? Tout dépend si vous avez aimé le premier album… CV
2,5
À ranger entre Dr Octagon et Deltron 3030

Gramophone
Gramophone
(Artisan Records/M10) - 13 titres - 53m29s - produit par John Cotton - Disponible
www.darkgramophone.co.uk
Trip-hop mystérieux. Une chanteuse à la voix sensuelle et languissante sur des rythmiques hypnotiques. Cela ne vous rappelle rien ? De Portishead (en coma dépassé ?) en passant par Goldfrapp, Archive (qui vient d’opérer un virage à 90° vers les seventies) ou Hooverphonic, les chemins de ce type de musique sont déjà bien balisés et Gramophone (Gramophonic ?), dernier venu du lot, ne fait que reprendre les formules déjà utilisées par ses prédécesseurs. Avec un certain talent indéniable d’ailleurs, dans la mesure où les treize morceaux qui composent ce disque ne manquent ni de beauté ni de classe. De tonalité souvent sombre, voire franchement lugubre (“Dead Girls Don’t Say So”), la musique de Gramophone se fait évocatrice de passions éphémères, d’amours défaits, de trahisons sentimentales. Cultivant un aspect énigmatique (peu ou pas de photos, deux concerts seulement à son actif), le trio composé de deux bidouilleurs de studio ayant œuvré dans la musique de film et d’une chanteuse néo-zélandaise, nous livre un premier album en camaïeu où les cordes se mêlent à la jolie voix de Penny McConnell et aux instruments électroniques pour former un ensemble fort plaisant à l’oreille. Gageons que les saveurs musicales capiteuses de ces amateurs de bons vins sauront vous enivrer. PR
4
À ranger entre Portishead et Hooverphonic

Grant Lee Philips
Mobilize
(Cooking Vinyl/Naïve) – 12 titres, 47m 25s –produit par G Lee Philips et Carmen Rizzo – Sortie le 2 avril
www.grantleephilips.com
Americana. Après un album minimaliste, Ladies Love Oracle, vendu uniquement sur internet, le véritable retour de Grant Lee Philips marque un nouveau départ. Les douze titres sont tout bonnement somptueux, mélodiquement et rythmiquement, les arrangements, organiques aussi bien que "programmés", sont complexes et somptueux et la voix de Philips épouse à merveille le lyrisme contenu de ce voyage au cœur de l'Amérique. Si, en effet, chaque morceau pourrait se suffire à lui-même ; pris dans leur globalité, ils offrent une unité de ton stupéfiante. Nulle monotonie pourtant, au contraire, chaque écoute révèlant de nouvelles richesses, un peu comme si ce "road album" n'épuisait jamais ses secrets et nous offrait le luxe de ne jamais s'achever. CF
5,5
À ranger entre Jeff Buclkey et David Gray

Les Gueules de Bois
Dans Le Blanc Des Yeux… Dans L’ombre Du Séant
www.lesgueulesdebois.com
(Athome/BMG) – 12 titres, 56m17s – Produit par Nico – sortie le 19 mars
Chanson théâtrash. Terme inventé pour la circonstance, le “Théâtrash” convient bien à la musique de ces troubadours lyonnais. Déjà dix ans de prestations en pleine rue, de fou-rires et de saouleries sympathiques. Il était donc temps de passer à l’action discographique ! C’est donc cet album qui affiche fièrement son éléphant rose qui ouvre les festivités d’une discographie que l’on espère être longue. Car, avouons-le, les albums de ces nombreux groupes de scène sont souvent bien décevants. Les Gueules de Bois, menées par Tatiana au chant et à l’accordéon, offre ainsi une occasion d’écouter un bon disque de musique festive, bénéficiant d’une excellente production, ce qui est rarement le cas. Dans ces conditions, les délires de ces ivrognes repentis deviennent de petits plaisirs à consommer sans modération. CD’O
4
À ranger entre les VRP et Bénabar

Guimo
There’s A Nip In The Air, Boy
(Disques Mobile/Chronowax) - 12 Titres, 40m50s - Produit par Guillaume Hernon – Disponible
Guitars. Bien que très court, l’album des bordelais prend des proportions hallucinantes. Ordinairement, cet effet nous saute à la tête via un import déniché sur le web, par des liens si obscurs qu’on le savoure bien avant de pouvoir le palper. Donc, pas la peine d’aller dénicher le truc indé qui fera vibrer votre intellect durant des heures nocturnes, votre bonheur se trouve là, sous vos yeux. Belle facture que cette autoproduction aux accents texans. Tout est en nuances, pesant et distordu par ce vibrato dont Lift To Experience pourrait bien déclarer la paternité. À l’opposé de ces incroyables dépressifs, Guimo baisse les watts, nous dépeint un paysage crépusculaire, plus intimiste aussi, où son anglais fait des merveilles. En Français, cela aurait peut-être fonctionné. Mais bon, nous avons là une surprise à faire partager coûte que coûte…
4
À ranger entre Calexico et Kingsbury Manx

The Icarus Line
Mono
(Sweet Nothing/United Music Company) – 13 titres, 53m50s – Disponible
www.cargorecords.co.uk
Rock de grande bourre. Ça commence par un grand cri à filer des frissons dans le dos au public le plus averti et l’on ne redescend jamais de ce monstrueux disque de furie primale et de barbarie sonore. The Icarus Line fait parler la poudre et vise le K.O. par le chaos ; ce disque n’est pas là pour vous chahuter gentiment, mais pour vous fracasser en deux et vous laisser sur le carreau. Le pire, c’est que, face à terre, agonisant, vous en redemanderez jusqu’à plus soif, tant ces compos puissamment dévergondées sont contagieuses. L’épidémie guette et l’insécurité musicale furieusement maladive de ces cinq californiens défrise d’autant plus que le groupe n’est formé que depuis deux petites années. Vivement qu’ils soient rodés !… CG
5
À ranger entre Thee Hipnotics et Therapy?

Billy Idol
VH1 Storytellers
(Capitol/EMI) –14 titres, 69 m 53 s – Produit par Bill Flanagan – Disponible .
www.billyidol.com
Légende fatiguée. Notre brave Billou (enfin, pas Mr Gates, hein) essaie de relancer la mode chiante des albums live unplugged, mini-style qui n’a jamais été franchement convaincant, mis à part le disque du Boss et peut-être celui de Cannibal Corpse (je plaisante), mais peut-être a-t-il ses raisons, après tout… D’accord, nous retrouvons avec plaisir la plus grande partie de ses succès (“Dancing With Myself”, “White Wedding”, “Flesh For Fantasy”, “Eyes Without A Face”, “Don’t Need A Gun” and so on), ainsi que deux reprises passables (dont le “L.A. Woman” des Doors), mais la sauce, l’interprétation reste statique et pas très bandante, malgré les guitares lumineuses (acoustiques mais lumineuses) du fidèle Steve Stevens et la voix toujours gouailleuse de notre Idol. Quel dommage, les enfants… TS
2,5
À ranger entre une compilation du même artiste et la tisane du soir

Immortal
Sons Of Northern Darkness
(Nuclear Blast/Edel) - 8 titres, 55m15s - Disponible - www.immortal.nu
Noir metal. Planquez gosses, femmes et caniches, car voici venir le moment de l'immolation sonore ! Immortal arrive, précédé de sa réputation teigneuse de chantre du black metal. Quelque chose a dû se produire sur l'autoroute de l'enfer : des travaux, une déviation, et voici un album accessible au peuple metal dans son ensemble. Sans rien exagérer, malgré une voix nasillarde et quelques accélérations frénétiques programmées, l'ensemble ressemble davantage à du gros heavy un peu accéléré, qu'à une torture d'ouïes par décibels interposés. Ça a marché pour Cradle Of Filth et Dimmu Borgir, ça le fera aussi pour Immortal qui, avec Sons Of Northern Darkness, s'ouvre grandes les portes de la reconnaissance. Comme si l'authenticité ne pouvait plus se trouver que dans l'extrême, lorsque celui-ci s'adoucit un peu. HD
4
À ranger entre Dimmu Borgir et Impaled Nazarene

Beto Vasquez Infinity
Infinity
(Drakkar Records/XIII Bis Records) - 10 titres, 55m15s - Produit par Beto Vasquez - Disponible - www.bvinfinity.com.ar
Atmosphérique. Est-ce par voyeurisme sonore que Beto Vasquez (Nepal) a réuni un trio de chanteuses évoluant toutes aux frontières du metal ou pour mener à bien un album concept à dominante calme ? Nul ne peut le dire encore, mais à ce petit jeu, il est bien évident que les comparaisons vont être établies. Entre Tarja Turunen (Nightwish), Candice Night (Blackmore's Night) et Sabine Edelsbacher (Edenbridge), qui remportera la palme ? Peu importe, tant on prend plaisir à entendre ces douces mélodies interprétées par des voix enjôleuses. Chaque titre est une offrande aux cordes vocales de ces dames, les arrangements, l'ambiance atmosphérique ajoutant à leur feeling naturel. Et pour rompre ce triolisme évident, Fabio Leone (Rhapsody) vient donner un coup de main sur le dernier morceau. Un bon disque. HD
3,5
À ranger entre Mike Oldfield et Nightwish

Iron Maiden
Live At Rock In Rio
(EMI) - 19 titres, 119m04s - Produit par Kevin Shirley - Disponible - www.ironmaiden.com
Hard rock. Il est des albums qui font office de démonstration. Live At Rock In Rio est de ceux-là, avec en adjuvant, un parfum de revanche personnelle pour le chanteur Bruce Dickinson, qui signe son retour dans le groupe, enfonçant toutes les prestations de Blaze Bayley, courageux volontaire qui lui avait succédé, et qui se trouve renvoyé au statut d'intérimaire anecdotique. Bénéficiant d'une production de haut niveau, les 19 morceaux qui composent ce double CD brillent aussi par une interprétation intense et passionnée, présidée par une rare justesse. Le but du jeu n'est à ce moment plus de savoir ce que l'on pense de ce live véritablement conquérant, mais de tenter d'en distinguer le sommet. Pour le Compact Man de faction, le podium se compose de “The Clansman”, “Fear Of The Dark” et “Run To The Hills”. Et pour vous ? HD
5
À ranger entre Amour, Gloire, et Beauté

Jack
The End Of The Way It’s Always Been
(Ceépuscule/Pop Lane) - 9 titres, 60m 58s - Produit par Matthew Scott - Sortie le 19 mars
http://www.geocities.com/Paris/Cathedral/9666/jack.html
Pop de Chambre. Alors que, sur ses précédents albums, le groupe faisait continuellement une fixation sur Scott Walker et ses collages expérimentaux, Jack sort un album au titre révélateur, car marquant un changement drastique par rapport à ses opus précédents. Bien sûr, l’on retrouve ici les mêmes envolées emphatiques et les orchestrations luxuriantes, mais le son privilégie une approche plus directe. Les guitares sont étoffées, des bribes électroniques font leur apparition et ses ajouts, plutôt que de brider ce qui faisait la richesse du groupe, ont l’avantage de rendre encore plus prononcées les tonalités baroques dont Jack est porteur. La dramatisation s’est donc accentuée tout en se parant de couleurs moins éthérées. Au total, The End…, plus que faire un bilan, marque le signe d’un nouveau départ pour le moins palpitant. et enivrant. CF
5
À ranger entre Tindersticks et Divine Comedy

Bob James
Restoration. The Best Of
(Warner Jazz) – 2 CDs, 28 titres – Compilation produite par Matt Pierson – Disponible.
www.bobjames.com.
Claviériste de jazz. Le nom de Bob James doit dire quelque chose aux connaisseurs de la cause jazz d’obédience californienne, aux férus de la chose s’il en reste encore. Pour les autres qui voudraient faire une plonger dans cette musique jazzy sucrée, séance de rattrapage avec cette double compilation, pleine de morceaux au sons ronds et à la batterie au groove imparable (Steve Gadd ou Doc Giibs s’y collent sur quelques morceaux) Même si la plupart des morceaux sont instrumentaux, les chanson (“Storm Warning” avec Hillary James) tiennent la route et pour ceux qui aiment les crossovers marrants, on conseillera d’écouter directement "Farandole (L’Arlésienne suite N° 2)", qui est un morceau de Georges Bizet accommodé à la sauce Bob James. Un claviériste dont les orgues et le piano, joué avec agilité, vieillissent mieux que les pochettes, de celles criardes des années 80. Un peu dans le genre de celles de Supertramp, groupe dont la musique de Bob James peu aussi être en partie rapprochée. JMG
2
À ranger entre Michel Jonasz et Toto

Jason & The Scorchers
Wildfires & Misfires
(YepRoc / Import US) – 19 titres, 71m54s – Produit par Divers – Disponible
www.jasonringenberg.com
Country Punk. Vingt ans que ça dure… Avec un petit intermède certes (première partie des nineties), mais vingt ans que Jason et ses écorcheurs assurent à eux seuls la pérennité d’un style qu’ils ont sans doute inventé (le country punk, on n’a pas trouvé plus juste patronyme) et pour lequel ils demeurent la représentation la plus excitante, aussi bien sur disques (qui se font rares) que sur scène (ah, Jason & The Scorchers, sur scène !). Cet album regroupe son lot d’inédits, alternative takes et titres live pas piqués des dromadaires, histoire de fêter dignement cet anniversaire. La sélection a été assurée par Jason himself et on y retrouve notamment une version hallucinante du “Absolutely Sweet Marie”, déjà gravé par la bande au moins trois fois, mais jamais avec une telle furie contagieuse. Et le reste suit, avec autant de pertinence, indispensable à tout fan du groupe. Et ils sont bien plus nombreux que ce que les maisons de disques semblent penser, même ici en France… CG
5
À ranger entre Reckless Country Soul et Midnight Roads & Stage Scenes

Karuan
Dohuki Ballet
(Sunshine Entreprises/Discograph) – 11 titres, 51m16s – Produit par Karuan – Disponible
www.sunshine.at
Ethno electro. Né en 1976 à Vienne de parents kurdes, Karuan a conservé de ses origines un attrait certain pour les rythmes orientaux et le chant traditionnel. Mélangées aux sonorités électroniques, ses influences prennent une allure novatrice. Sa musique, loin des facilités éthno-machin-chose, met en avant les cithares et flûtes orientales, tout en privilégiant une production de grande qualité. Signé sur le label autrichien Sunshine Entreprises, encore trop inconnu dans nos contrées, mais définitivement incontournable en matière de fusion world et electro (flamenco avec Madrid de los Austrias, inclassable avec Frankie Valentine), Karuan assure avec The Dohuki Ballet un premier album charmant, certes encore un rien jeune, mais très prometteur et fort agréable. CD’O
3.5
À ranger entre Julien Loureau et Aalfa

Kemar
Prénom Betty
(Barclay/Universal) - 11 titres, 45m47s – Produit par Kemar – Sortie le 2 Avril 2002
Chanson Electro. On se souvient de Kemar Gulbenkian officiant au sein des No One Is Innocent, en tant que chanteur charismatique. Après deux albums intenses, le combo disparaît, s’ajoutant à la liste déjà trop longue des espoirs avortés. Pour ce premier projet en solitaire, Kemar a su s’entourer de quelques valeurs sûres : Dominique Dalcan, les Valentins et autres. En revanche, oubliées les stridences et l’urgence des années No One, l’ambiance est plus feutrée, samples et boucles électro enrobant l’architecture d’un opus des plus attachants. Après une plongée dans “l’Underground” il est temps pour lui de remonter à la surface pour prendre cette bouffée “d’Oxygène” indispensable à la vie : “Pour rentrer dans l’arène, j’ai invoqué les dieux à perdre à haleine”. Prénom Betty dévoile un homme sensible, que les fracas précédents laissaient déjà entrevoir. Le Bashung de Fantaisie Militaire et de Chatterton n’est pas loin (“Dévoile”), mais ce n’est qu’une piste parmi d’autres, l’homme ne se laissant pas si aisément cerner. Ce qui fait de Prénom Betty, un disque pas forcément facile, ni évident à la première écoute, mais qui demande de prendre son temps pour l’apprivoiser. Peu de chance donc qu’il tourne en boucle sur les playlists des radios généralistes, mais est-ce un mal ? Et ne serait-ce pas là un gage de qualité ? Entre chanson et electro, Kemar navigue à vue et ce premier album pourrait bien révéler un être discret et torturé enfin en pleine lumière : “Non, ne m’en veut pas, si je dévoile en moi, la nuit interdite ou j’ai crié de joie”. Kemar Gulbenkian se place d’ores et déjà au niveau des grands. À découvrir d’urgence.
DS-D
4,5
À ranger entre dEus et Bashung

Kev Russell’s Junker
Buttermilk & Rifles
(Munich/Socadisc) – 13 titres, 44m24s – Produit par Stewball et Massa Dunlap - Disponible
www.munichrecords.com
Déglinguerie folk-rock. Ce groupe, en fait l’émanation perso du leader des Gourds, formation ayant déjà sorti cinq albums sur le même label, se targue de différencier une chanson éducative d’une chanson qu’il ne le serait pas (avec la bobine de Pavlov, dans un autre coin du livret). L’éducation se fait bien sûr par chemins détournés, c’est à dire en évitant les sentiers maintes et maintes fois battus et rabattus, mais sans trop s’en éloigner tout de même, afin que les repères soient encore visibles. Il est bien plus difficile de déstabiliser un auditeur sans trop s’éloigner de balises tangibles, et Kev Russell’s Junker nous joue des tours en multiples détours, passant d’un rigolard et décalé “Virgin Of The Cobra”, à un presque trop rudimentaire et établi “Twilight Of Song”, puis à un “I’m A Robot” enjoué et cuivré, et ainsi de suite. En définitive, la tête nous tourne et sans que ce Buttermilk & Rifles soit totalement renversant, il se prend si peu au sérieux qu’il en devient aussi attachant qu’amusant. CG
4
À ranger entre The Gourds et Calexico

KG
Greatest Hits
(Gooom/Chronowax) - 9 titres, 56m34s - Compilé par Jean-Philippe Talaga - Disponible.
www.gooom.com
Hard électronique. Cet album est un peu surprenant, dans la mesure où le label Gooom est un label techno, et qu’ici dans les quatre premiers morceaux, la musique est faite avec de vrais morceaux de guitares dedans, plus hard que de la techno. C’est que les Strasbourgeois de KG se sont cherchés : ils ont d’abord donné dans la noisy pop (influences Jesus and Mary Chain ou Sonic Youth) avant de passer à l’électronique il y a trois ans. Depuis, ils pratiquent l’électro cold wave, avec un son un peu Cabaret Voltaire ou OMD, sombre et détraquée. Difficile de savoir ce qu’en penseraient les fondateurs du groupe : il paraît qu’il y a eu tellement de “turn over” parmi les membres que plus aucun n’en fait partie aujourd’hui. Mais l’esprit semble malgré tout se perpétuer avec un mot d’ordre : noirceur (cf la pochette si sombre qu’elle fait concurrence à celle du “black album” de Metallica) et faire le plus de bruit possible. Attention à ne pas fâcher les voisins… JMG
3
À ranger entre Cabaret Voltaire et My Bloody Valentine

King Diamond
Abigail II, The Revenge
(Metal Blade/M10) –13 titres, 53m10s – Produit par Kol Marshall, King Diamond & Andy LaRocque . Disponible
www.kingdiamond.com
Suite métallique à succès. Sans blague, Abigail II, The Revenge, on jurerait un nouvel épisode des aventures musclées de Rocky Balboa, non ? Ceci écrit, il faut avouer que cette vengeance arrive presque à surclasser l’Abigail premier du nom, tant King Diamond–le chanteur a su gardé intact le potentiel horrifique de cette pourtant classique histoire de revenants… Il est tout fier de nous présenter son nouveau batteur, l’efficace Matt Thompson et d’annoncer le retour au bercail d’Hal Patino, le bassiste de la première heure présent sur le tome 1 consacré à cette décidément peu chanceuse Abigail ; l’alchimie a fonctionné parfaitement entre ces trois hommes et les deux valeureux guitaristes que demeurent Andy LaRocque et Mike Wead et nous salivons déjà comme de joufflus porcelets à la perspective pas si éloignée d’un possible Abigail III, le retour du fils de la vengeance de la mort… TS
4
À ranger entre Abigail (comment faire autrement ?) et Them, autre réussite sur le même thème

King Riddim
La Jungle
(Vibration/Mosaic) - 12 titres, 49m13s - Produit par F. Schmit et L. Campion - Disponible
Reggae français. Il existe deux grands obstacles à franchir avant d’apprécier le premier album des normands de King Riddim. Tout d’abord, il s’agit encore de ce fameux reggae à la française, comprenez des textes “engagés” prônant une justice universelle, la fin de ce honteux racisme ; bref, une morale certes fort louable, mais un rien lassante. Ensuite, il faut aller au-delà de cette hideuse pochette (mais pourquoi tant de haine ?!). Une fois le disque bien installé dans la platine, il faut avouer que la musique de King Riddim est parfaitement interprétée par des musiciens avertis et que les titres en anglais s’écoutent avec plaisir. On traverse les genres jamaïcains, du calypso au dub, sans voir le temps passer. CD&Mac226;O
3
À ranger entre K2R Riddim et Percubaba

The Kinks (Tribute)
This Is Where I Belong
(Ryko/Naïve)– 16- titres, 50m 27s – Produit par Divers – Sortie le 1° avril
www.ryko.com
Kronikes. Ah les Kinks ! Un des groupes les plus doués des 60’s. Ah Ray Davies ! Un compositeur incomparable, chroniqueur social digne d’un Dickens. Cet hommage prend le parti de ne pas s’emparer uniquement des titres les plus connusdu groupe et fait découvrir l’invraisemblable richesse de son répertoire. Richesse des “lyrics”, mais aussi faconde mélodique et extraordinaire amplitude musicale : elle permet un “No Return” sous forme de bossa nova ou un “Well Respected Man” qui se dégage du sarcasme british original pour s’engouffrer avec fluidité dans le minimalisme de Josh Rouse. Ces seize titres sont des recréations avant d’être des copies conformes, une compilation intelligente donc ; mais avec les Kinks peut-on vraiment se fourvoyer ? CF
5
À ranger sous la rubrique THE KINKS FOREVER !

Kosheen
Resist
(Arista/BMG) - 16 titres, 62m41s - Produit par Decoder & Substance -Disponible
www.kosheen.com
Drum&Bass vocale. Après avoir hanté des années durant les freeparties de Bristol et de Galles, Darren Decoder et Markee Substance ont envisagé depuis trois ans la possibilité de donner naissance à leur propre projet, après avoir rencontré la chanteuse Sian Evans. Le trio sort un premier EP l’année passée, “Hide U”, et rafle le prix du meilleur single Drum&Bass en Angleterre. Le public accro au break beat attendait donc avec impatience leur premier LP. La question est la suivante : se peut-il qu&Mac226;un disque si racoleur, hésitant entre pop et production spé, satisfasse sa patience ? Avouons ainsi une certaine déception, quand bien même certaines plages relèvent le niveau et prouvent que Kosheen aurait pu nous livrer un album plus pointu. Tant pis ! CD&Mac226;O
2
À ranger entre Portishead et Everything But The Girl

Last Torridas
Last Torridas
(Deadline/United Music Company) – 10 titres, 41m53s – Produit par David Weber – Disponible
High-Octane Rock. Le rock qui dépote au féminin a toujours été parsemé de groupes géniaux (Girlschool, L7…) et d’autres pour qui il ne manque pas grand-chose (Bikini Kill, X Syndicate…). Dans le cas de ce groupe suisse, à l’instar de leurs compatriotes les malheureusement défuntes Skirt, on passe effectivement très près de l’exploit, ce qui rend, finalement, l’écoute du disque assez pénible. Quand les guitares touchent au but, ensorceleuses et bouillonnantes, c’est la voix qui se prend les pieds dans le tapis. Et quand, au contraire, celle-ci se fait plus précise et pénétrante, ce sont les compositions qui manquent de volume. Dommage… CG
2,5
À ranger entre Therapy? et Babes In Toyland

Lit
Atomic
(BMG) – 13 titres, 44m53s – Produit par Don Gilmore & Lit – Disponible
www.litlounge.com
Pop/Punk. Atomic est le troisième album de ce groupe qui s'inspire de Weezer ou Green Day. De ces ramifications, il tire une musique faite de riffs de guitares tranchants, de refrains point trop désagréables. Cette énergie, combinée à une attitude vindicative, transforme un disque qui ne se distingue pas fondamentalement des influences dont il se réclame en un voyage où la virulence pallie largement le manque d'imagination qui y préside. Il ne faut pas chercher ici une créativité dont fait preuve un groupe comme Supergrass, ni une quelconque inventivité au niveau de titres enchaînés de façon inébranlable, juste la volonté de délivrer un rock frais à niveau d'être original. Ce n'est déjà pas si mal d'y parvenir. CF
3
À ranger entre Eve 6 et Third Eye Blind

Gary Lucas
The Edge Of Heaven
(Indigo/Label Bleu) – 13 titres, 38m48s – Produit par Gary Lucas – Disponible
http://www.garylucas.com
World. De ce prodige de la guitare, on peut attendre tout, mais pas n'importe quoi : c'est exactement ce que nous fournit ce surprenant album. Étonnant, il l'est en effet par son alliage des tonalités aigres de la musique traditionnelle chinoise et de la guitare acoustique country-blues de Lucas. Mais ce qui aurait pu être artificiel parvient à ne pas l'être justement grâce à une utilisation judicieuse de ce qu'il y a de commun dans ces deux patrimoines différents. Un dépouillement orchestral accentue les effets de slide et permet à celle-ci d'établir comme un pont entre les deux univers. Ceux-ci ne sont finalement pas si éloignés l'un de l'autre et c'est tout le mérite de la maestria technique de Gary Lucas que de l'étayer. CF
4,5
À ranger entre Le Mystère Des Voix Bulgares et Jeff Buckley

Timo Maas
Loud
(Perfecto/PIAS) – 14 titres, 65m46s – Produit par T. Maas et M. Buttrich – Disponible
www.timomaas.com
Electro. L’allemand Timo Maas, depuis quelque temps, voit sa popularité se transformer en phénomène de mode. Les tabloïds germaniques n’en reviennent toujours pas que leur petit protégé électronicien ait dépassé leurs frontières et se voit proposer des remixs de Placebo et Madonna, lorsqu’il ne collabore pas avec Fatboy Slim ou Moby (pour qui il vient de composer un titre de son très prochain album). Avec Loud, Timo passe aux choses sérieuses et offre enfin son premier album original. Au menu, un mélange de dark electro jouant la courtisane auprès d’une funk épaisse à souhait. Les rythmes sont soutenus sans que l’aspect mélodique en soit effacé. Pour preuve les deux excellents “Help Me” avec Kelis et “Shifter”, modèles de pop electro imparables. CD’O
4
À ranger entre Fatboy Slim et Laurent Garnier

Maggiulli
A bras-le-corps
(Polydor/Universal) – 12 titres, 47m18s – Produit par Olivier Lebé et Francis Maggiulli. - Disponible
www.maggiulli.fr
French soup qui veut faire english pop. Ne cherchez plus la calamité du mois, la voici, avec ce déluge de variété française (dans le sens péjoratif du terme, à savoir de la nunucherie commerciale) assaisonnée à l’anglaise, à l’aide de tous les clichés possibles et imaginables. L’album a été enregistré à Abbey Road par Darren Allison (qui a travaillé autrefois avec The Divine Comedy). L’orchestration, pompeuse à souhait, déverse une surenchère de cuivres et d’arrangements symphoniques appuyés. À côté de ça, Maggiulli chante comme un membre de l’“Academy” française et les textes qu’il interprète… Eh bien, on aurait préféré ne pas les comprendre parce que franchement, ça ne vole pas haut. Un produit tarabiscoté et, de plus, sans grande personnalité. CV
1
À ranger entre Pascal Obispo et Marc Lavoine

The Maggots
This Condition Is Incurable
(Bad Afro/United Music Company) – 12 titres, 32m57s – Disponible
http://www.badafro.dk
Sleazy Garage. Passez outre leurs sales tronches, car ces trois suédois sont indéniablement ce qui est arrivé de mieux au garage-punk craspec depuis un bon bout de temps. Les guitares puent du bec, avec leurs effets datés (on pense parfois à un bon vieux Farfisa, comme sur “Leave Me Alone”, mais rien de tel n’est mentionné dans les crédits) ; le chanteur hurle comme si on lui arrachait sa dernière dent, forcément cariée ; et la rythmique se cogne la tête au mur façon camisole de force sonique… Bien évidemment, tout ceci se mélange particulièrement mal -donc magnifiquement bien !- dans un déluge de larsens, de riffs débridés et de punk enragé. Au passage, le “Heading For TheTexas Border” des Flamin’ Groovies est passé à la moulinette, d’où il ressort non pas grandi mais fortement dégrossi. Belle claque, on tend l’autre joue… CG
4,5
À ranger entre Stooges et Lyres

Manutension
Strictly For Sound System Dub (Dub Attacks The Tech Vol.1)
www.viciouscircle.fr
(Vicious Circle/Wagram) – 12 titres, 68m16 s – produit par Manutension – disponible
Dub. Pour ceux à qui le titre de l’album ne suffirait pas, précisons que le Dub de Manutension est assez éloigné de la tendance française actuelle. Comprenez par là que Monsieur Manu, par ailleurs membre actif au sein d’Improvisator Dub, se rapproche davantage des britanniques de Zion Train que de Zenzile, sans sacrifier cependant les instruments. Un parti pris qui convient parfaitement d’ailleurs au concept de l’album qui louche sans pudeur vers les aspects tech du genre. Point de rudesse toutefois, Manutension fait les choses avec délicatesse, ajoutant à quelques titres le chant de Nadia et la flûte de ras Jean-Phil. Sans être révolutionnaire, cet opus est une preuve supplémentaire de la qualité du dub made in France. CD’O
3.5
À ranger entre Zion Train et Scientist

Matthew
Everybody Down
(Ryko/Naïve) – 11 Titres, 49m48s – Produit par Paul Kolderie – Sortie fin Mai
www.rykodisc.com
Pop. Everybody Down est le premier album de ce quatuor originaire de Chicago. Le groupe a choisi la voie d‘une pop sophistiquée, parfois même ampoulée, véhiculée par ces grands refrains ou l’épique voisine le grandiloquent et où une voix haut perchée est chargée de mettre en exergue romantisme et exacerbation de sentiments. Tout serait parfait si ce chemin n’avait pas déjà été labouré par de nombreux autres ensembles –chose peu répréhensible en soi– mais si, surtout, les compositions avaient été à la hauteur des ambitions. Disons que l’on a affaire ici au sous-produit d’un courant qui n’en demandait pas tant, mais qu’être laborieux et appliqué ne suffit pas pour remplacer, si ce n’est éclair de génie, du moins talent et inspiration. CF
2,5
À ranger entre Coldplay et Elbow

Mclusky
Mclusky Do Dallas
(Too Pure/Labels) – 14 titres, 36m02s – Produit par Steve Albini – Disponible
www.toopure.com
Pop Punk. Le groupe estime qu'il joue de la "fucking music", il a à la fois tort et à la fois raison. "Fucking" a tant d'acceptations que l'on peut voir dans ces brefs morceaux récités avec hargne et éructation quelque chose voisinant avec la virulence de cet adjectif. Quant à "music", on peut par contre s'interroger s'il faut définir ainsi une interprétation plutôt stéréotypée et dans laquelle on peine à voir subtilité ou la moindre once d'imagination. Il paraît que Steve Albini a réussi à peaufiner, sur ce deuxième album, l'énergie brute d'un premier effort. "Effort" est bien le terme, tant à l'écoute de ce Dallas on peut se dire qu'il y en a qui aiment souffrir ! CF
1,5
À ranger entre Pixies et Agnostic Front

Pat Metheny Group
Speaking of now
(Warner Jazz) –9 titres, 72m03s - Produit par Pat Metheny, Steve Rodby et Lyle Mays – Disponible.
www.patmethenygroup.com.
Jazz moderne. Après deux morceaux entièrement instrumentaux où le Pat Metheny Group installe ses ambiances, riches en instrumentations, place au grand art quand sur “Another Life” la voix du bassiste africain Richard Bona apparaît. On est alors dans le sublime. Fini la débauche, la course à la virtuosité, ambiance cool, apaisée… Le guitariste Richard Bona est ici embauché aux percus et à la voix, une voix chaude et un peu haut perchée, enveloppante, et douce. Nouveau morceau instru, puis retour de Bona sur “You” et “On Her Way”. Il ne chante pas de paroles (sauf sur “Afternoon”), mais sa voix harmonise, et sert de liant à la musique du groupe, lui donnant une touche parfois extraterrestre, presque inquiétante. C’est là le grand talent du camerounais et de son timbre de
Cristal : apporter un peu d’imprévu dans la musique de Metheny, guitariste émérite, mais si prévisible parfois. JMG
3
À ranger entre Jeff Beck et Russel Malone

Micro:mega
Annex
(O1O1/Wagram) –6 titres, 43m34s – Produit par Sylvain Chauveau et Frédéric Luneau – Sortie le 19 mars
www.0101-music.com
Ambient. On saura bientôt si c’est une marque de fabrique du label 0101 : tout comme Eric Aldea ne donne pas de titre à ses morceaux et se contente de leur donner un minutage, les morceaux de ce duo s’appellent “Annex1”, “Annex2”, etc. Décidément, l’électronique planante s’épanouit fort bien en duo : on le savait avec Autechre, M83, Boards of Canada, et ça se confirme avec Micro:Mega, qui n’en est pas à son premier essai, puisque les Disques du Soleil et de l’Acier ont déjà eu l’occasion de sortir ses productions par le passé. Micro:mega s’en donne à cœur joie pour nous emmener dans son univers fait de sonorités calmes et de beats en apesanteur. Le duo Chauveau-Luneau compose de la musique pour contempler le ciel, si possible la nuit… Ou pour rejoindre les bras de Morphée, et n’hésite pas à donner du temps à ses morceaux : jusqu’à sept ou huit minutes parfois. Cette “mixtion de strates sonores” comme le décrit son label est fortement recommandée aux oreilles averties… Et aux autres ! JMG
4
À ranger entre A Reminiscent Drive et Brian Eno

Midnight Oil
Capricornia
(Import) – 11 titres, 41m15s - Produit par le groupe – Sortie avril ?
Rock (aussie rock, aussi). On vous l’avait déjà annoncé, on vous avait dit qu’on ne savait pas trop qui allait sortir le disque en France. Et bien, l’infâme et révoltante nouvelle vient de tomber : Sony, censé récupérer le bébé sur le territoire européen, ne sortira tout simplement pas le Midnight Oil nouveau ! Aussi incroyable qu’intolérable, cette décision est d’autant plus énervante qu’il s’agît là de leur meilleur album depuis… leur précédent meilleur album ! La marque de fabrique des Australiens marque effectivement au fer rouge cette nouvelle brochette de compositions plus accrocheuses les unes que les autres. Il y a toujours ces guitares à la fois puissantes et cristallines, la voix de Peter Garrett tour à tour sucrée comme du miel d’acacia et acide comme un jus de citron, cette rythmique dégingandée qui arrive toujours à bon port alors qu’on la croit sans cesse en perdition. Car, les Oils, malgré leur expérience et malgré la carrière qui est la leur, n’hésitent pas à baisser leur froc, à remettre en jeu tous leurs acquis, à ne jamais s’avouer vainqueurs à l’avance. C’est d’autant plus exceptionnel qu’ils réussissent sans cesse le pari de faire du neuf avec du vieux, de montrer de nouvelles facettes de leur talent sans jamais totalement mettre de côté leur patte originale et, cela va sans dire, leurs origines et ce pourquoi ils continuent ce combat. Car il s’agît encore d’un combat, ici, avec ce disque naviguant entre mélodies atemporelles et un rock plus punchy datant de l’époque pré-Diesel & Dust. Allez-y, foncez dessus comme un seul homme, que Sony se bouffe le service trois pièces jusqu’au trognon de voir des imports par milliers lui passer sous le nez !… CG
5
À ranger entre Power et Passion

Millionaire
Outside The Simian Flock
(PIAS) – 12 titres, 52m07s – Produit par Tim Vanhamel– Disponible
www.pias.com
Indie Rock. Bien qu’à base de guitares, la noisy music de Tim Vanhamel ne dédaigne pas le recours aux samples et à des rythmes que l’on retrouve plutôt du côté de la funk. Les titres sont par conséquent assez tordus, un peu de la manière dont Beck s’était emparé de certaines influences “black” pour les adapter à son univers. Toutes proportions gardées, la différence est néanmoins de taille et Millionaire n’innove certainement pas dans un chemin qui a déjà été bien parcouru. L’alliage électro/beats funky a déjà été formalisé maintes fois. Quant aux climats hypnotico/distanciés, Gang Of Four les mettaient en place avec une toute autre efficacité. Le groupe est plus à l’aise sur les titres apaisés ce qui rattrape partiellement le disque. CF
3,5
À ranger entre Funkadelic et Gang Of Four

Mils
Echotones
(Gooom/Chronowax) - 11 titres, 67m24s - Produit par Mils - Disponible.
www.gooom.com
Techno abstraite. Les quatre Rennais viennent de compiler tous leurs singles parus sur les labels Artefact (le label de Jérôme Mestre, qui a sorti notamment le fabuleux Organique de Zend Avesta), Peter I’m flying, Cross, District Six, Active Suspension, et bien sûr Gooom. De la techno minimale, épurée, abstraites, pleine de bleeps, qui fait penser aux œuvres de John Cage pour piano préparé. Même souci des petits bruits, des détails, qui rendent les morceaux étranges, tout en les nappant (et là c’est la “Mils touch”) de sons un peu éthérés. Et sans se prendre la tête, s’il vous
Plait ! Un titre s&Mac226;appelle “Papyomur” (est-ce un hommage au groupe punk Tulaviok ?) et un autre “Vegelist”, parce que l’un des membres, abonnés à des mailings lists sur l’actu de la communauté végétarienne voulait que Mils aille jouer dans un événement en faveur de ce courant, qui refuse la viande. Et puis, on se surprend à trouver le clavecin très tendance quand il est trituré comme sur “Katabile”. À ceux qui ont déjà goûté à toutes les expérimentations électroniques un peu barrées et qui en redemandent, on conseille Mils. JMG
3,5
À ranger entre Aphex Twin et Photek

Sarah-Jane Morris
August
(Fallen Angel/M10) – 12 titres, 51m 43s – Produit par Sarah-Jane Morris – Disponible
www.sarahjanemorris.com
Post Bop. S-J Morris est à la fois actrice et chanteuse (avec, entre autres, les Communards), une versatilité d'occupations qui se retrouve dans cet album uniquement constitué de reprises. La plupart sont issues de la musique "soul" (Otis Redding, Curtis Mayfield ou Marvin Gaye) et sa voix enfumée se prête admirablement à ses versions de classiques. Mais celle-ci fait également merveille sur un répertoire emprunté à Lennon, Cohen ou Johnny Thunders, pour lequel ses recréations jazzy sont assez remarquables. Loin de s'enfermer dans un style, la chanteuse se permet même des incursions vers le free-jazz ou la pop, preuve s'il en faut qu'avec un tel talent, l’éclectisme peut être signe d'originalité. CF
3,5
À ranger entre Ella Ftzgerald et Brand New Heavies

Mouloud
Me & My Friends
(Platinum/Wagram) – 10 titres, 46m54s – Produit par Mouloud – Disponible
alienrec@club-internet.fr
Electro Pop. Voici un duo qui ne s’embarrasse pas de fioritures, car il a choisi de privilégier le côté “entertainment” de la musique électronique et qu’il mérite donc amplement le vocable “pop” qu’on peut lui accoler. Pop, il l’est, dans la mesure où les compositions ne sont pas sacrifiées sous l’autel de la création d’ambiances et où une chanson reste une chanson avant tout. Pop, il le demeure dans la façon où il s’emploie à véhiculer bonne humeur et approche festive. Pop, il l’est finalement pour autant qu’il amalgame assez brillamment des choses aussi hétérogènes que le hip hop et l’électro. Et puisque Mouloud s’exclame sur “About Future” que “music is a passion”, autant souscrire à un slogan qui n’est pas chose si négligeable en soi. CF
3
À ranger entre New Order et Rinocerose

Mull Historical Society
Loss
(Blanco y Negro/WEA) - 11 titres - 58m - Produit par Colin Mc Intyre - disponible.
www.mullhistoricalsociety.com
Pop rock bricolo écossais emballant. Un nom énigmatique (celui d’une société d’études historiques située sur l’île de Mull au large de la côte ouest l’Ecosse) pour le premier album d’un groupe composé essentiellement de Colin McIntyre, petit génie made in Scotland qui, après avoir emmagasiné plus de 300 chansons, s’est finalement décidé à en sélectionner quelques-unes pour ce premier disque renversant. Produit, composé, arrangé et joué en majeure partie par Colin, avec la complicité de son compère bassiste Alan Malloy, ("Mull est un collectif, mais je ne sais pas vraiment qui est dedans !"), Loss est une succession quasi magique de chansons en état de grâce permanente ("Instead" et son chœur d’enfants) dotées d’arrangements luxuriants de cuivres ou de claviers qui contournent l’emphase par leur discrétion de bon ton. De tonalité parfois beatles ("I Tried"), la musique de Mull Historical Society possède indéniablement ce côté fragile, bricolo, spontané et émouvant que l’on retrouve chez un Beck ou un Badly Drawn Boy ; et si l’ami Macintyre n’est pas un grand chanteur, il compense largement ses faiblesses vocales par la très haute tenue de ses compositions. Entre originalité débridée et classicisme pop, voilà un album parfaitement équilibré qui saura vous séduire dès sa première écoute. Faites comme nous, adhérez à la MHS ! PR
5
À ranger entre Badly Drawn Boy et The Beta Band

Jean-Louis Murat
Le Moujik Et Sa Femme
(Labels) - 11 titres, 47m46s - Produit par J-L Murat - Sortie le 26 mars
www.jlmurat.com
Pop/Rock. Après son incursion dans le domaine de la poésie chantée avec Isabelle Huppert, ce nouvel album au titre invraisemblable (le nom qu’il a donné au groupe formé pour l’occasion) nous dévoile un Murat plus direct et accessible. En effet, il s’agit ici ni plus ni moins de onze véritables chansons, format ramassé donc, et d’une orchestration la plus concise possible. Le corollaire en est une production pour le moins dépouillée, une atmosphère qui se veut limpide et des climats parfois enjoués et, surprise !, insouciants. Même sur les sujets les plus “sérieux” (le 11 septembre sur “Molly”, la fascination pour Loft Story sur “Baby Carny Bird”), le chanteur ne se départit pas d’une savoureuse note de second degré. Le Moujik Et Sa Femme nous fait accéder à un Jean-Louis Murat ironique et gouailleur, quelque part ça nous le rend plus chaleureux. CF
4,5
À ranger entre Alain Bashung et Bertrand Burgalat

Naab
Salam Haleikoum
(Bloom Records) – 10 titres + 2 bonus tracks sur CD-Rom, 48m08s – Produit par Naab - Disponible
www.bloomrecords.com
Electro orientale. Tous ceux qui aiment la musique arabe et l’electro seront obligatoirement conquis par ce premier album de Naab, enregistré à Paris, Brest -où il a grandi- et Ouarzazate, avec une armada de musiciens. Imprégné de culture berbère, mais aussi de la soul des années 70, Naab entrelace instruments traditionnels (tablas, gembri, bendir…), sonorités synthétiques, rythmes jungle, lignes funk et drum & bass. Une cohésion parfaite qui ne fait jamais dans l’expérimentation casse-pieds, et qui mise au contraire sur la sobriété, la finesse et l’harmonie des sons. Évidemment, c’est assez linéaire, mais très envoûtant. Signalons aussi la présence d’une plage CD-Rom comportant videos, bonus tracks et de nombreuses surprises. CV
4
À ranger entre 4Hero et Asian Dub Foundation

Nekromantix
Return Of The Living Dead
(Hellcat/PIAS) - 13 titres, 54m53s – Produit par Benjemin Hemmerun et Henrik Seggard - Disponible
www. Nekromantix.com
Psychobilly. Ce trio danois pourrait prêter à sourire si l’on se contentait de regarder leurs bananes pas fraîches et leurs instruments gothico-ringards plus mis en avant depuis les glorieux défrichages initiaux des Cramps (une contrebasse cercueil du plus effet, notamment)… Mais on ne s’arrête pas à l’aspect, en ces colonnes, heureusement d’ailleurs, car dans le cas présent, l’écoute de la rondelle provoque un réel plaisir, même si celui-ci est totalement dénué de surprises (garanti 100% psychobilly giclant !). Un disque de colère, de hargne et de fureur qui, s’il ne révolutionne rien, s’inscrit dans la grande lignée du genre, en partie grâce à l’expérience des trois zigues (ensemble depuis 13 ans) et leur volonté commune et de ne pas faire repousser l’herbe derrière eux. DB
3
À ranger entre Meteors et Cramps

New Model Army
Lost Songs
(Zomba/XIII bis) – 2 CDs, 22 titres, 87m39s – Produit par divers – Disponible
www.newmodelarmy.com
Complément de collection scrupuleuse. Les fans (de moins en moins nombreux ?) vont être aux anges : pensez, un CD rempli de titres rares ou inédits période 1991/2001 et un second consacré à neuf nouvelles chansons plus un remix d’“Over The Wire”, ces compositions flambantes neuves ayant été mises en boîte juste avant le départ inopiné et regrettable de Robert Heaton, laissant un Justin Sullivan (qui prépare déjà un album solo !) quelque peu désemparé seul maître à bord du navire de croisière New Model Army. Voilà une bonne raison de fracasser le nourrin de porcelaine, pas vrai ? Même si le panache de cette formation britannique s’est passablement déplumé en quelques vingt années d’existence, il est toujours bon d’avoir de ses nouvelles, comme pour ces vieux potes qu’on n’aimerait pas voir tous les jours, mais qu’on ne veut pas non plus abandonner… TS
3
À ranger entre The Ghost Of Caïn et le live Raw Melody Men

Next evidence
Thrills
(Basic/EMI) – 14 titres, 60m11s – Produit par Next Evidence -- Disponible
www.basicrecordings.com
Funk/R&B. Mais diable qu’ont-ils tous en ce moment à nous ressortir du vieux funk eighties de derrière les fagots ? Combinaison classique de soul et de disco, Thrills est le fruit d’un tandem français fan de Quincy Jones et de Stevie Wonder, qui a créé son propre label, Basic. À l’arrivée : des titres pêchus qui valent bien le dernier Jamiroquai, pourvu qu’on aime ce genre-là, des morceaux plus soft pas désagréables (“Le T’Aime”, limite easy listening) et même un semblant de rap (“It’s Only Right”). Hélas, on doit aussi se goinfrer quelques sucreries R&B d’une banalité inévitable. Et, finalement, on se retrouve une fois de plus devant une qualité de production hyper clean qui se borne surtout à plagier ce qu’on entendait déjà il y vingt ans. CV
2
À ranger entre Jamiroquai et Quincy Jones

The Notwist
Propeller 9
(Labels/Virgin) - 10 titres, 41m45s - Disponible
www.labels.tm.fr
Pop électronique. Quelque part sur la route longue et poussiéreuse qui relie les mélodies immaculées de Belle & Sebastian aux délires programmés de Add N To X, on trouve des groupes tels que The Notwist qui échappent à toute classification. Est-ce encore du rock & roll, ou bien la musique que les androïdes joueront à nos arrières petits-enfants quand ils iront les coucher en 2546 ? Le suspense reste entier, mais certains signes ne trompent guère : l'abandon progressif de la six-cordes au profit de touches numérotées, les gimmicks sonores innombrables qui prouvent que la machine est reine, les voix voïcoidées qui n'ont plus grand-chose d'humain, tout pousse à croire que les dernières rock stars en circulation ont du mouron à se faire. Il va falloir vous recycler, les gars, ou alors épouser Pamela Anderson en 47e noce, afin de ne pas sombrer dans un total anonymat…
TS
2
À ranger entre une couronne mortuaire et un bidon d'huile à rouages

Open Door
What&Mac226;s Behind Door Number 1
(Solemusic/Discograph) - 10 titres, 43m13s - Produit par V. Bell et P.Adams - Disponible
www.solemusic.co.uk
Electro psyché. Le label écossais Solemusic est spécialisé dans la house underground et sort régulièrement des petites perles nationales. Aujourd’hui, il traverse l’océan à la rencontre des producteurs new-yorkais Vicki Bell et Peter Adams pour nous offrir cet album fort réjouissant qui va puiser dans notre culture rock (comme cette réinterprétation de “Wish You Were Here” des Pink Floyd sur “Breath”) y ajoutant des fragrances doucement nostalgiques, en insufflant quelques pincées break beat et soul des plus agréables. Le clavier est mis en avant, les voix sont charmantes et
L’album devient vite irrésistible. Drôle et frais, Open Door réinvente le psychédélisme jazzy à la sauce moderne… CD&Mac226;O
4
À ranger entre les 70’s et les sons du nouveau millénaire

Orange County
(Columbia/Sony) – 15 titres, 55m 18s – Produit par divers – Disponible
www.columbiarecords.com/orangecounty
B.O. Rock. De ce fourre-tout habituel (n’existe-t-il plus de vrais compositeurs de musiques de film ?), l’on retiendra essentiellement la présence d’une version live revigorante du “Story Of My Life” de Social Distortion, d’un inédit bien juteux des Foo Fighters (“The One”) dont le nouvel album se fait sérieusement attendre ; d’un autre, disponible en single, d’Offspring (le peu intéressant “Dely You”) ; mais aussi la double présence de Brian Wilson (“Love And Mercy” et “Lay Down Burden”), perdu au beau milieu d’une armada de punkeries ou néo-métalleries plus ou moins agaçantes (Lit, Phantom Planet, Crazy Town…), sans oublier le trop peu connu Pete Yorn, songwriter racé dont on entendra forcément parler un jour ou l’autre… DB
2,5
À ranger orange (amère) et orange (trop mûre)

Paris Jazz Big Band
Mediterraneo
(Cristal Records ) - 14 Titres, 68m21s - Produit par divers– Disponible
Big Band. Quoi de plus normal que de s’offrir pour son troisième anniversaire une nouvelle topographie musicale du bassin méditerranéen. Du folklore andalou à l’Italie, en passant par la Catalogne, la Provence ou le Maroc, cette carte postale co-signée par Pierre Bertrand et Nicolas Former, rassemble de prestigieux interlocuteurs. Invité permanent, André Ceccarelli donne le tempo tandis que sous la section de cuivres Richard Galliano ravive l’esprit de Piazzolla. Plus loin, Louis Winsberg redessine les contours de l’Esterel d’un solo aérien. Le plaisir se lit sur les notes, le big band endosse le costume des grandes productions américaines, celles du septième art à l’époque, où Lalo Schifrin signait ces B.O. exubérantes. Avec Paris Jazz Big Band, les scénarios sont aussi multiples que jouissifs… LE
4
À ranger entre Count Basie et Mardi Gras BB

Pet Shop Boys
Release
(EMI) - 10 titres, 48m10s - Produit par Pet Shop Boys - Sortie le 3 avril - www.petshopboys.co.uk
Electro pop. Les génies de la pop électro vivent à l'aise, car leurs cerveaux sont régulièrement traversés d'idées mélodiques lumineuses. C'est ce que l'on pourrait penser à l'écoute de ce nouvel album, dont la principale caractéristique est la présence du guitariste Johnny Marr sur huit des dix titres. Les premières secondes sont trompeuses : on croirait entendre Police, période Synchronicity. Mais le reste est plus calme, la six cordes s'accorde de l'ambiance reposée, le disco fait place à un romantisme exacerbé, le tempo reste lent et ce sont les refrains, toujours aussi "catchy" qui se chargent d'émerveiller l'auditeur. Dans le genre, on ne fait pas mieux. Pop, électro, Anglais, arrangé, romantique, mélodique et définitivement unique. Les Pet Shop Boys sont des stars. HD
4
À ranger entre Police et OMD

Peter Pan Speedrock
Premium Quality… Serve Loud !
(Suburban/United Music Company) – 13 titres, 30m35s – Disponible
http://www.peterpanspeedrock.com
Burp Rock. Wouch, quelle montée d’adrénaline ! Cette machine à malaxer rythmes burnés et fracassage de consanguinité rock & raw ne peut pas laisser qui que ce soit indemne, même les lunettes noires du tout Paris rock les plus endurcies… C’est puissant, lourd comme un orage qui n’éclatera jamais, pesant comme ces guitares qui s’empilent à l’infini, aussi brûlant que ces riffs garantis pur magma, corrosif comme les meilleurs rock & speederies. On pense bien sûr à Motörhead (autant pour la voix au bord de la rupture que le groupe fait bulldozer… et il y a même un morceau qui s’intitule Motörblock, ça ne s’invente pas !) et à d’autres machines à botter le cul des plus sceptiques. Difficile de savoir ce que ce Peter Pan hollandais a bouffé au petit dej’, mais son speedrock est fortement épicé. À conseiller aux moins sensibles d’entre vous… CG
4,5
À ranger entre Motörhead et Peer Günt

Pina
Quick look
(Real World/Virgin) – 10 titres, 37m11s – Produit par Ben Findlay
Sortie le 9 avril 2002
www.realworldrecords.com/pina
Folk-rock. Il est souvent ardu d’écouter les œuvres d’un(e) songwriter folk sans frôler l’assoupissement. Sacrément plus dynamique que les Tracy Chapman et autre Suzanne Vega, Pina est une sorte de Melanie moderne (tant par son style musical que par sa façon de chanter), qui met ses tripes à vif au fil de compositions à fleur de peau. Quick Look doit en effet beaucoup à la voix écorchée de son interprète, qui a du coffre et de l’émotion à revendre. On en oublierait presque que tout se ressemble un peu, et l’on se laisse volontiers emballer par la vitalité de cet album, où planent le charme mélodique de Crosby, Stills, Nash And Young, le rock mélancolique de REM et l’ombre de Dylan. Conformiste, un peu court (37 minutes seulement), mais émoustillant. CV
4
À ranger entre Melanie et Turin Brakes

Poor Rich Ones
Hapy Happy Happy
(Rec 90/Pop Lane) – 11 titres, 51m43s – Produit par Mark Trombino – Disponible
www.poorrichones.com
Pop romantique. Inconnus en France, les Norvégiens de Poor Rich Ones en sont pourtant à leur troisième album. Malgré son titre, leur musique se veut avant tout mélancolique, délicate et éthérée. Elle est étayée par une voix gracile qui, à cause des nombreux arrangements à cordes, se situe aux limites de la préciosité. On aurait néanmoins tort de faire au groupe un procès en maniérisme : les compositions sont fortes (“Drown”), parfois prenantes (“Happy Happy Happy”) et se suffisent à elles-mêmes. Les orchestrations deviennent alors des adjuvants plus que des freins ; et la guitare, toute en nuances, n’oublie pas de souligner les plages par des effluves de distorsion fort à propos. En bref, une dramaturgie parfaitement harmonisée. CF
4
À ranger entre Tindersticks et Geneva

Purple Confusion
The sound of the atom splitting
(Gooom/Chronowax) - 12 titres, 54m19s - Produit par Morgan Daguenet et Jean-Philippe Talaga - Disponible.
www.gooom.com
techno. Ça ne fait pas très longtemps que l’on entend parler du label Gooom (ce disque est sa 17ème sortie), mais déjà, on commence à trouver ce label passionnant. Et à l’écoute de ce projet réunissant une partie de ses meilleurs artistes, ça semble se confirmer. En fait, Purple Confusion n’est pas un vrai groupe. Il s&Mac226;agit d’un projet semblable aux projets This Mortal Coil et The Hope Blister chez 4AD : des artistes maison réunis autour du D.A. du label, Ivo Watts Russel, qui met la main à la pâte. Sur ce “son de la désintégration de l’atome” (belle description de leur musique), on retrouve Anthony et Nicolas de M83 (groupe responsable de l’une plus belles claques électro de 2001) ou Morgan du groupe Mils. Avec le patron de Gooom, ils tissent à plusieurs mains des sonorités fascinantes et ensorcelantes sur leurs machines. Quand on sait l’intérêt porté par Jean-Philippe Talaga à 4AD, on ne s’étonne pas qu’il se soit inspiré de cette idée, qui donne un album formidable. JMG
4,5
À ranger entre M83 et Boards of Canada

Rebellion
Shakespeare's Macbeth - A Tragedy In Steel
(Drakkar Records/XIIIBis Records) - 11 titres, 73m - Produit par Uwe Lulis - Disponible - www.rebellion.st
Gros cul ? Rien qu'à entendre le vacarme prétendument épique qui ouvre l'album, il y a de quoi pouffer de rire. Le mieux, c'est que la suite est à l'avenant, parfait exemple de heavy teuton cliché, mal produit, joué avec des œillères et guidé par une ambition démesurée. Les chœurs, qui se veulent majestueux, sont complètement ratés ; le chanteur s'égosille à en chopper des polypes (s'il ne les avaient déjà) en tentant d'imiter Dickinson ; la batterie a un son de casserole ; les guitaristes rivalisent de nullité dans leurs prestations respectives ; et pour couronner le tout, les compos sont sans relief. Ça se veut tiré de MacBeth, en fait c'est tiré par les cheveux. Signalons enfin le pitoyable récitatif entre les morceaux, qu'on finit par apprécier car il est rigolo et ne casse pas les oreilles. Un naufrage. HD
1
À ranger entre Sacred Steel et son fessart

Req
Sketchbook
(Warp/PIAS) – 14 titres, 67m15s – Produit par Req – Disponible - www.warprecords.com
Electro experimentale. Req est davantage connu pour ses talents de grapheur : avant-gardiste graphique (paraît-il), sa musique ressemble à ses œuvres plastiques. Le maître mot ici n’est pas de construire des titres faciles et symétriques, mais bien de tenter des expériences sonores, quitte à en perdre le sens mélodique comme sur le titre d’ouverture, “Loop Bass”, où le ruissellement liquide occupe une place majeure. Le reste des morceaux navigue entre feeling aérien et incursions discrètes de cuivres et de claviers. Minimaliste dans l’esprit, le troisième album de Req est intéressant, mais n’est pas à conseiller aux novices en quête d’introduction à la musique électronique. CD’O
2.5
À ranger entre Mils et Cook

Righteous Boy
I sing because of you
(Island/Universal) – 12 titres, 47m12s – Produit par Sebastian Borg - Disponible
http://righteousboy.com
Pop taciturne. Righteous Boy n’est autre que le nouveau groupe du bassiste des Cardigans, Magnus Sveningsson, qui s’est accordé un petit intermède pour mettre en exergue ses propres compositions. Celles-ci se concentrent autour d’une pop aussi planante qu’aplanie, entendez par là qu’aucun instrument ne joue plus fort que l’autre, tout n’est qu’intimisme, murmure, sourdine. Rares sont les titres qui s’acheminent vers des montées en puissance, comme les très beaux “Elephant Man” et “You Better Do Good”. Le reste se déroule gentiment, bercé par de jolis arrangements et la voix d’outre-tombe de Magnus, dans une homogénéité anesthésiante et tristounette. À envisager au mieux comme un apaisant fond sonore pour les soirées Scrabble. CV
2,5
À ranger entre les Cardigans et les charentaises

Rinôçérôse
Music Kill Me
(V2/Virgin) - 12 titres, 61m05s - Produit par Rinôçérôse – Disponible - www.v2.com
House. Lorsque Jean-Phil et Patou sortent leur premier LP, Installation Sonore, il y a maintenant plus de deux ans, la house music frenchy se morfond dans une banalité toute underground. Le concept des guitares et des cuivres sur des beats dance floor plaît et séduit la planète entière. Avec raison, puisque ce premier jet est fort réussi. En ce qui concerne Music Kill Me, les deux ex-psychologues réitèrent donc l’expérience avec cette fois-ci une légère redite qui, après la vague St Germain et le E-Jazz, ne fait qu’enfoncer des portes ouvertes. L’album tient toutefois la route, misant sur un certain comique (cf “Obsèques d’un Guitare Hero”) sans arriver à s’extraire de ses références trop évidentes. CD’O
3
À ranger entre Bob Sinclar et Modjo

Robots In Disguise
Robots In Disguise
(Splinter/Recall) - 11 titres, 48m 57s – Produit par Chris Corner – Disponible
www.robotsindisguise.com
Electro Pop. Voici deux jeunes anglaises signées sur le label de Sneaker Pimps dont le chanteur produit le premier album. Leur musique se veut à mi-chemin de la pop délurée et de climats plus orientés électroniquement. Elle mélange donc rythmiques primesautières, vocaux acidulés et arrangements minimalistes sous-tendus par une instrumentation en grande partie programmée. Cette équivoque constitue une épine dorsale qui recèle à la fois avantages et inconvénients. Elle permet d'enrober des titres assez impersonnels dans ce qui constitue une recherche d'atmosphères, mais elle ne parvient pas, pourtant, à masquer une certaine pauvreté d'inspiration. Il eut fallu peaufiner les composition, cela sera peut-être pour une prochaine fois. CF
2,5
À ranger entre Shampoo et Lush

Rocket From The Tombs
The Day The Earth Met The…
(Glitterhouse/PIAS) - 19 titres, 74m08s – Certainement pas produit - Disponible - www.glitterhouse.com
Raw & Roll. Le disque commence par la version la plus déjantée (et accessoirement la plus inaudible) qu’il nous ait été donné d’entendre du “Raw Power” d’Iggy ! Et durant une heure dix, ce n’est que barbarie sonique et folie latente, avec les enregistrements live (on entend peu le public, sans doute K.O. par le poids des guitares et le choc des gargouillis vocaux) de cet ultra-cultissime groupe formé à Cleveland, en juin 74. Car Rocket From The Tombs, souvent oublié des autoproclamés encyclopédistes rock, demeure incontestablement l’une des plaques tournantes de la première vague punk US. On leut doit notamment “Sonic Seducer”, repris ensuite par les Dead Boys de Stiv Bators (Johnny Blitz et Cheetah Chrome étant déjà de l’aventure RFTT) ; ou encore “Final Solution”, autre féroce hymne punkeux immortalisé par ces irascibles barjots… CG
3,5
À ranger entre Stooges et MC5

The Rootsman
Roots Bloody Rootsman
(Third Eye Music/Hammerbass/Nocturne) - 16 titres, 73m42s - Produit par J. Bolloten - Disponible - www.dubaction.com
Dub. The Rootsman est anglais. De son vrai nom John Bolloten, on l’avait découvert en France avec la sortie en 99 de Realms Of Unseen, dont la musique était déjà très ancrée dans le dub ethno, mélangeant avec réussite ses machines avec les influences orientales. Aujourd’hui, il nous revient avec cet album de remixes, composé de titres inédits enregistrés en Angleterre entre 1996 et 2001. The Rootsman se revisite lui même avec talent, lorsque ce ne sont pas des producteurs tels que Ras Boras (Fr.), El Jethoor (Egypte), Jammin&Mac226; Unit (All) ou Space Activator Hole (Pologne). Au final, les ambiances crées sont éminemment évocatrices, offrant un tour du monde electro dub régénérant. Les fans de dub à l’anglaise seront ravis. CD’O
3.5
À ranger entre The Disciples et Alpha & Omega

Running Wild
The Brotherhood
(G.U.N./XIIIBis Records) - 10 titres, 55m15s - Produit par Rock 'n' Rolf - Disponible - www.gunrecords.de
Heavy Metal (izelo !). Trop Allemand pour obtenir autre chose qu'un succès d'estime. Voilà résumée l'impression laissée par Running Wild dans notre pays, qu'il ignore d'ailleurs superbement depuis de longues années. Et pourtant, au royaume des grands croyants dans la cause heavy germanique 80s, ce bon Rock 'n' Rolf (notez aussi que le patronyme risque de ne pas aider à la crédibilité auprès des détracteurs), leader de Running Wild, pourrait allègrement passer pour une grenouille de bénitier. Le revoilà avec ses riffs carrés, ses rythmes carrés, ses compos carrées et donc, plus généralement, son efficacité. Sans surprise pour les fans, The Brotherhood demeurera abscons pour le reste du monde. Et cela ne changera en rien la vision de Running Wild, qui mérite pourtant mieux que le statut "culte" qui est le sien. HD
3,5
À ranger entre Accept et Grave Digger

Saxon
Crusader
(Axe Killer/FGL) –13 titres, 54m54s – Produit par Kevin Beamish – Disponible
www.saxon.com
Légende dépoussiérée. Saxon a toujours été plus ou moins considéré comme une formation de seconde zone, loin derrière les soi-disant pur-sang arabes ayant pour nom Iron Maiden, Judas Priest ou bien encore Def Leppard, et pourtant … Pourtant, messieurs Byford, Quinn et autre Oliver auraient largement mérité de figurer en bonne place sur cet imaginaire podium, tant est grande leur aptitude à trousser de bien juteux albums, dont ce Crusader (l’un des tout premiers) remis au goût du jour grâce à une savante remasterisation et agrémenté de trois bonus tracks pas piqués des hannetons, dont un “The Medley” live incluant les titres “Heavy Metal Thunder/Stand Up And Be Counted/Taking Your Chances/Warrior”, un régal de plus de neuf minutes ! Le rock & roll de Saxon, mâtiné de metal viril, est toujours aussi agréable à écouter, chose qu’on ne peut plus dire concernant certains des dinosaures précités… TS
4
À ranger entre Denim And Leather et un bon vieux Diamond Head

Sin
Errare Digital Est
(Recall) – 12 titres, 78m 02s – produit par V. Brunello – Disponible
www.sin-music.com
Rock Industriel. Ce trio français avait déjà sorti un album chez Virgin, il y a quatre ans, album qui se voulait une réponse au techno rock anglo-saxon. Errare Digitum Est poursuit dans la même veine. On ne peut pas dire pourtant que le groupe se distingue de ses modèles dans la mesure où il ne fait que creuser un sillon précédemment exploré par Prodigy ou autres Aphex Twins. Qu'il y parvienne avec justesse et pertinence est indéniable, cela n'est déjà pas trop mal. Qu'il reprenne le "Army Of Me" de Björk prouve qu'ils peuvent se décloisonner de stéréotypes. À eux maintenant de montrer que cette avancée n'est pas vaine et révèle une véritable et nécessaire ouverture. CF
3
À ranger entre NIN et Ministry

Sister Sonny
The Bandit Lab
(Rec90/Pop Lane) – 17 titres, 70m21s – Produit par Sister Sonny – Disponible
www.rec90.com
Easy Pop. Il est une tendance qui s’exemplifie de façon flagrante chez les Norvégiens de Sister Sonny : le recyclage de ce que l’on appelait autrefois l’easy listening. Il était de bon temps de renvoyer tout cela sous le vocable de variété et de n’y voir que le sous-courant commercial de la révolution pop. Depuis, cette musique a acquis ses lettres de noblesse, dans la mesure où elle a su montrer intensité et émotion. Dire que Sister Sonny révolutionne le genre serait exagéré, mais l’on ne peut s’empêcher de vibrer à ces refrains et ces arrangements où le rudimentaire côtoie le sophistiqué. Puisque les Sister Sonny ne sont pas des faiseurs, le reste appartiendra à qui trouvera profondeur à ces climats où l’ambient le dispute à l’accessibilité. CF
3
À ranger entre Depeche Mode et A Ha

Sigmund Snopek III
Roy Rogers Meets Albert Einstein
(Musea) – 14 titres, 48m42s – Produit par Divers – Disponible
www.musearecords.com
Barjerie. Sigmund Snopek III est surtout connu pour avoir été l’orchestrateur du backing band monstrueusement hétéroclite des plus folles années des Violent Femmes. Parallèlement à ça, il a enregistré de nombreuses choses plus personnelles, et totalement originales, qui ressortent chez nous sporadiquement sur le label Musea. Après un double album concept bigarré, dans une veine prog seventies, il nous revient ici avec ce disque de jazz-rock progressif instrumental s’articulant en trois parties, dont la très longue plage donnant son titre à l’album. C’est particulièrement étonnant, à défaut d’être totalement détonnant, et le moins que l’on puisse dire est que cet album restera hermétique à ceux qui ne sont pas habitués aux plongées musicales les plus abyssales. Bel effort. CG
3,5
À ranger entre Frank Zappa et Henry Cow

Snowdogs
Animal Farm
(Victory Records) - 11 titres - 40m25s - Produit par Ville et Mat Lepanen et François Descamps - Disponible.
www.snowdogs.co.uk
Punk mélodique. Une belle photo en noir et blanc de répression policière au pays de sa très gracieuse majesté pour une ressortie mondiale du premier album de ce trio punk formé en 1997 et composé de deux frangins nés en Finlande, installés à Atlanta et augmentés d’un batteur anglais. Pratiquant un rock sauvage et décoiffant, le combo sait aussi faire la part belle à l’aspect mélodique et n’hésite pas à délaisser l’incontournable combinaison basse, guitare, batterie pour utiliser le piano (les deux frangins ont d’abord eu une formation de pianistes classiques ! ) et autres instruments atypiques dans ce type de musique. Bon, c’est vrai, les Snowdogs n’ont pas inventé la poudre et leur Animal Farm (belle référence orwellienne) ne révolutionne pas franchement le genre. Mais dans le modeste registre qu’ils se sont fixé, les objectifs sont pleinement atteints et les amateurs de tueries brut de décoffrage ne sauraient rester insensibles au aboiements agressifs et incisifs et décapants de ces “chiens de traîneaux” fort sympathiques au demeurant. PR.
3,5
À ranger entre The Offspring et Green Day

The Sons Of The Desert
Goodbye Noises Everywhere
(Emarcy/Universal Jazz) - 12 Titres, 49m03s - Produit par Sons Of The Desert – Disponible
Jazz. Une distorsion sur une mandoline… Des riffs limite heavy metal, des titres pop, d’autres plus épurés ou encore dans la lignée des formations jazz traditionnelles. Ainsi s’anime l’univers décalé d’Erwan l’Irlandais et de Tracey, sa chanteuse de charme. Si l’enregistrement n’est en rien comparable avec d’autres délicatesses du catalogue Emarcy, on jure qu’il trouverait une place d’honneur chez le défricheur qu’est parfois Virgin Labels où papillonnent de joyeux OVNI. La tendance s’inverserait-elle ? Ce Goodbye Noises Everywhere ferait le bonheur des fanas de pop visionnaire, ceux suffisamment motivés pour voir sous la pluie l’affiche des Transmusicales de Rennes et ses groupes noisy. Prenez le train en marche avant qu’il ne soit trop barré… LE
3
À ranger entre T Rex et Helen Merrill

Soul Designer
Walking On A Little Cloud
(F Com) - 12 Titres, 64m03s - Produit par Fabrice Lig – Disponible
www.fcom.fr
Crossroads. Sympa cet album. Récemment repéré dans le sillage de F Com, ce Belge fait partie de cette génération influencée par la scène de Detroit, bien qu’ici on tire un bord vers Chicago. Alors, techno, house, tech-house ? Difficile de discerner où est la frontière tant il amalgame les influences, puis les manipule jusqu’à en changer leurs textures. D’où un album punchy, mais surtout mélodique, ce qui souvent fait cruellement défaut aux vinyles du genre. Soul Designer porte donc bien son pseudo en affirmant une véritable volonté d’aller au-delà du set pousse-boutons généralement de rigueur, en nous offre ici un premier album sûrement mûri à force d’aller-retour vers les clubs US où il mixe parfois. Mais ici, le caractère du personnage prime sur l’éventuel savoir-faire. Vraiment original… LE
3
À ranger entre Demon et UDG

Spoiler
Mud’n Glitter
(Suburban/United Music Company) – 10 titres, 54m07s – Produit par Peter Kloos & Spoiler – Disponible
www.spoiler.nl
Rock hard. Spoiler est un entonnoir magique qui ingurgite tout ce que le rock sévèrement burné a compté de grands moments ces trois dernières décennies, pour nous le recracher en pleine poire. Pas de gavage ici, mais d’irrésistibles montées en puissance, de lourdes guitares qui collent aux pattes (d’eph ?) et quelques good vibes bien se(ve)nties. Ça suinte l’huile bon marché, le carton sur cactus, l’essence pas ordinaire, les relents de pot d’échappement sur des horizons sans fin noir pétrole. Au passage, le “Electrifying” de la B.O. de Grease est superbement distordu, à l’image de ces compositions personnelles lourdes et tarabiscotées, qui ne semblent s’arrêter qu’après épuisement des parties en présence. Une belle grosse trique, l’arrière-train rôti par les flammes de l’enfer sur l’autoroute du même nom… CG
4
À ranger entre Clutch et Black Sabbath

St Thomas
I’m Coming Home
(City Slang/Labels) - 12 titres, 48m02 - Produit par St Thomas - Disponible
www.labels.tm.fr
Folk-rock norvégien. L’instant norvégien des Rossin des Bois…Thomas Hansen alias St Thomas nous vient d’Oslo et a beaucoup écouté Neil Young. Après avoir bossé comme facteur, le bonhomme fasciné par la culture ricaine en général et la musique country en particulier, se lance dans une carrière musicale et nous livre aujourd’hui son premier vrai album dans le registre chansons tristes au coin d’un bon feu de bois. Si la voix haut perchée et le falsetto évoquent irrésistiblement le grand Neil, les compos fragiles et les paroles souvent absurdes voire absconses relèvent quant à elles d’un certain gothisme rural à la Will Oldham où de l’univers déjanté d’un David Lynch. Plutôt doué au niveau de l’inspiration, l’ami Hansen nous fait insidieusement pénétrer dans son univers au gré de ses balades dépouillées tantôt sarcastiques, tantôt déchirantes qui, au vu du renouveau d’un certain country folk, laissent augurer d’un avenir radieux, bien loin des fjords. St Thomas, priez pour nous… PR
3,5
À ranger entre Neil et Young

Stateside
Twice As Gone
(Fargo/Night & Day) – 12 titres, 48m18s – Produit par Cahd Brown et John Paul Keith – Disponible - www.fargorecords.com
Rock. Orchestré par The Stokes ou BRMC, il y aurait comme un retour en grâce du rock à guitares, simple et direct. Mais "simple" ne veut pas obligatoirement dire "simpliste", comme le prouve cet album de Stateside. Ce groupe, qui sert par ailleurs de backing band "rock" à Ryan Adams, n'a pas son pareil pour nous concocter ici douze titres assez remarquables par leur concision et leur efficacité. Les guitares ont juste ce qu'il faut de tranchant pour ne pas s'égarer dans la complaisance ; et les compositions, impeccables, bénéficient d'harmonies vocales pour le moins soignées. Bref, même s'il ne prétend pas révolutionner quoi que ce soit, ce Twice As Gone est suffisamment souverain pour réjouir les fervents de la "rock & roll attitude". CF
4,5
À ranger entre Tom Petty et The Plimsouls

Station 17
Hit Parade
(Mute/Labels) - 17 titres, 76m,25s - Produit par divers – disponible - www.mute.de
Electro. Le projet Station 17 a de quoi séduire. Dès 89, un éducateur social propose une nouvelle forme thérapeutique fondée sur la création artistique pour les pensionnaires d’un hôpital psychiatrique de Hambourg. Résultat : quatre albums entre 89 et 99, un film en 93, Der Film, puis aujourd’hui cet album de remixes, ce Hit Parade déconcertant qui nous est offert de chroniquer ici. Dix-sept titres, quinze producteurs allemands parmi les plus reconnus actuellement : To Rococo Rot, Pole, Tobi Tobsen… Bref, des artistes qui savent ce qu’ils font. Leurs interprétations sont à la hauteur de leur réputation, de l’electronica fine qui respecte l’univers atypique de ces artistes pas comme les autres. Intrigant ! CD&Mac226;O
3.5
À ranger entre Krafwerk et Sun Electric

Rod Stewart
The Story So Far
(WEA) – 34 titres, 78m 23s et 76m, 51s – Proouit par Divers – Disponible
http://www.wbr.com/rodstewart/
Pop/rock. De son propre aveu, Rod Stewart s'est, sur la fin de sa carrière, fourvoyé vers une musique insipide et des préoccupations éloignées de son essence initiale. Celle-ci est pourtant toute simple : c'est l'un des plus grands chanteurs de rock & roll jamais connu ! Ce double Best Of nous rappelle quel magnifique interprète il fut, mais il a aussi son lot de dérives inconséquentes. On aurait pu ainsi choisir certains autres titres ; ainsi comment a-t-on pu omettre "I'm'Losing You, "Jodie"; "Reason To Believe" ou l'extraordinaire "Every Picture Tells A Story" ?!… Restent néanmoins de nombreuses pépites et une voix qui, quand elle est canalisée par ces guitares tranchantes, ne peut, aujourd'hui encore, que procurer des frissons. CF
4,5
À ranger entre The Rolling Stones et The Faces

Stocks
Trois
(Verone Music/Wagram) - 12 titres, 48m10s - Produit par Fred Blanc-Garin - Disponible - www.veroneproductions.com
Rock bluesy frenchy. Comme le dit la chanson : "ça ne sert à rien de vouloir quitter la scène, quand on ne vous retiens pas". Il est pourtant des retrouvailles qui font éminemment plaisir, des étreintes musicales qui ont manqué durant des années. Stocks n'est jamais rentré dans le rang et en est sorti trop tôt. Le plus sudiste des trios nordistes, toujours drivé par le guitariste/chanteur et believer Christophe Marquilly, nous revient avec onze nouveaux morceaux qui sont autant de preuves d'un attachement féroce aux racines. Les textes sont toujours en français ; le groove, lui, est international. La production se révèle explosive, le son authentique, la voix accrocheuse, la guitare chaleureuse. Le nouveau théorème est né : 3 = 48... minutes de pur bonheur, qui plus est, made in France ! HD
4,5
À ranger entre Lynyrd Skynyrd et Blackfoot

Superbus
Aéromusical
(Universal/Mercury) - 13 Titres, 44m37s - Produit par David Salsedo – Disponible
Fac-similé. Ces français sont les clones de Sum 41, No Doubt, Offspring… Un fonds de commerce ravageant nos cours de récré et cantoche du lycée que certains malins aimeraient nous voir gagner, nous autres vieux brisquards. Eh bien non, dressons les barricades contre ces idées noires ! Même produit par David des Silmarils, Superbus ne devrait pas sombrer dans le côté obscur du rock. Les gars, laissez ce clin d’œil à la scène US pour les minots dans les caves et déployez votre belle énergie à nous faire un véritable album. Cet apéro musical n’a rien de mauvais, bien au contraire, ça joue fort (bien) décalé et la production ne laisse aucun doute sur les moyens déployés. Peut-être est-ce là le fond du problème, tout y est si huilé qu’au final, la personnalité du combo y laisse des plumes.
2
À ranger entre Nirvana et Alliage

Superior
Ultima Ratio
(NTS/Wagram) - 15 titres, 71m 59s - Sortie le 12 mars 2002.
Métal Moderne. Le nom du groupe tonne un peu de façon prétentieuse, c'est vrai, mais l'écoute de ce CD imposant finit par justifier ces hautes ambitions. Situé au croisement de toutes les tendances du métal moderne, Superior conjugue avec brio les accents majestueux d'un progmétal élaboré avec un allant qui n'a rien à envier à celui des hardcore bands les plus carnassiers. Voici un groupe qui équilibre judicieusement esthétisme et urgence, et parvient, grâce à son chanteur tonique autant qu'à un guitariste pertinent, à éviter soigneusement tout ce qui ferait déjà cliché progmetal, emphase et soli virtuogineux, en fait l'héritage direct de Malmsteen. Une originalité très appréciable qui fait de cet album une découverte à ne pas négliger pour le métallovore affamé. HP
4
À ranger entre Andromeda et Evergrey

Theatre Of Tragedy
Assembly
(Nuclear Blast/Edel) - 11 titres, 42m27s - Produit par l’homme invisible - disponible - www.theatreoftragedy.com
Metal électro gothic. La peste soit du répartiteur de chroniques de cette rédaction ! Je termine les miennes ce jour et, sur ma liste, il n'y a pas assez de faux rebelles néo metal débiles ou autres combos de vieux heavy redondants. Je risque de passer pour un gars sympa, alors que j'ai une réputation à défendre ! La tentation est grande de se venger sur Theatre Of Tragedy, qui arrive en bout de liste, mais comment ? Comment ne pas céder au charme de ce grand romantique autant influencé metal qu'électro ou gothic ? Un son nickel, des compos organiques bien balancées, une chanteuse pétulante et douée, une grande intensité sonore et, au final, un album assez fameux. De quoi avons-nous besoin lorsque de telles merveilles pénètrent nos lecteurs CD ? De temps pour les écouter, c'est tout ! HD
4,5
À ranger entre Paradise Lost et Atrocity

Tito And Tarentula
Andalucia
(Goldrush/Remedy/Wagram) - Produit par Marcus Pred , Joel Soyfer et Hoover
Rock. Le nouvel et quatrième album de l’ex-Cruzados Tito décolle par une rythmique lourde comme un ciel plombé sur les canyons et les aficionados du combo américano-mexicain chavireront avec “Missed Your Eyes” suivi d’un superbe “It’s My Mistake” où la voix de Tito doublée par la Tarentule se fait l’écho de l’échec amoureux qui résonne plus fort que les balles perdues. “California Girl”, “You’re The One I Love” sont des ballades à écouter dans tous les hôtels des cœurs brisés qui s’enflamment sans répit. “Je te hais car tu es celle que j’aime”. Bien joué Tito. Les paroles, simples, trouvent toujours les mots justes pour cerner les tourments, le tourment, celui de l’âme blessée par l’abandon, la solitude, l’amour qui se barre, lâche comme un péon scélérat. La force de Tito & Tarentula s’évalue aussi dans leur son pur, ce rock langoureux joué de la façon la plus naturaliste, pourrait-on dire. À chaque attaque de titre, la sensation de jeu live est présente et c’est une saveur si rare qu’elle est sans doute une des raisons du succès croissant de ce groupe étonnant dont le leader trimballe une tronche d’acteur échappé de Cannibal Holocaust. Le ‘rumble’ menaçant avec ses deux voix revient sur “Make Me” et ce sont en tout 14 titres plus une plage vidéo plus une session de 5 titres acoustiques plus un digipack luxueux qui font de ce nouvel album un ‘must have’ pour les fans déjà nombreux du groupe, hybride de Fleshtones/Smithereens /Cruzados/Little Bob/Cracker/Rainmakers/Del Fuegos, etc. Tito & Tarentula trônent tranquilles au sommet du podium de l’americana angelino. Il faudra cependant au groupe fétiche du réalisateur Roberto Rodriguez accoucher d’un vrai tube pour devenir incontournable.
Hervé D
3,5

Tom & Joyce
Tom & Joyce
(Yellow/Eastwest) – 11 titres, 44m55s – Produit par Thomas Naïm - Sortie le 16 avril 2002
www.yellowproductions.net
Variété brésilienne. Bien que français, Thomas Naïm et sa cousine Joyce Hozé sont tombés dans la bossa-nova quand ils étaient petits. Tous deux ont composé la quasi-totalité des titres de cet album, interprétés en portugais, à l’exception de la reprise “Un Regard, Un Sourire”. Le résultat est une reproduction fidèle, impeccablement exécutée et aseptisée de musique brésilienne soft, avec un morceau fusion electro en cadeau Bonux. Si le tandem a fait la première partie d’Henri Salvador le 9 mars à Toulouse, on ne retrouve ici ni la magie ni la profondeur d’un petit bijou comme Chambre Avec Vue, mais on pense en revanche beaucoup aux tubes commis par l’ex-choriste de Matt Bianco, Basia, dans les années 80. Et ce n’est pas ce qu’on préfère, loin de là. CV
1
À ranger entre Basia et Bebel Gilberto

Jannick Top
STS
(Utopic Records/Night&Day ) - 7 titres, 54m 52s - Produit par Jannick Top - Disponible.
www.utopic-records.com
Tip Top. Jannick Top n'est pas uniquement le bassiste fidèle et le directeur musical avisé de quelques-unes des têtes couronnées de la chanson françouèze. Il fut aussi le monstrueux poumon rythmique de Magma dont Vander était le cœur, et reste un musicien énorme. Le Top a donc publié en une trilogie quelques-uns de ses enregistrements historiques . Les deux premiers CDs souffrent d'un son médiocre qui exige de l'auditeur un sacré effort pour apprécier la martiale magie de Vandertop, à savoir Magma version live 76 avec Blasquiz, Vander et Lockwood - sacré line-up…- et le jazz rock ouvert et périlleux de Fusion, live 80 avec Vander, Lockwood et Wideman. Les amateurs de véritable aventure musicale et de dépaysement sonore se régaleront par contre de ce STS plus récent (concert de 98 avec Seva et Salmieri), qui laisse pantois par sa technicité superbement employée et une inventivité parfois rébarbative mais souvent fascinante qui rappelle celles des Projeckts de Crimso.
3,5
À ranger entre Magma et Trey Gunn

Uriah Heep
Remasters
(Classic Rock Legends/Musea) – 2 CDs, 27 titres – Produit par Pip Williams - Disponible
www.uriah –heep.com
Histoire sans fin. Contrairement à ce que ses aspect et sous-titre (“the official anthology”) laisseraient supposer, il ne s’agit nullement ici de remasterisations de morceaux déjà existants (l’entière discographie du groupe a d’ailleurs déjà été remasterisée), mais de nouvelles versions enregistrées par ce qui demeure le line-up du Heep à la longévité la plus exemplaire, à défaut d’être aussi exceptionnel que la formation originelle (n’est pas David Byron qui veut !). Le Uriah Heep d’aujourd’hui n’a en effet plus les droits et le contrôle des disques de la glorieuse époque et, rageant de voir sans cesse lesdits disques ressortir sans son accord, a décidé de croquer aussi un bout du gâteau. Sans surclasser les premières versions, ce simili-double best of mérite néanmoins un sérieux détour, surtout le premier CD qui se cantonne à la période 70-73, avec des “reprises” plutôt bien senties de “Gypsy”, “July Morning”, “Sweet Freedom” ou encore “Traveller In Time”… CG
3,5
À ranger entre Futures Echoes Of The Past et Acosutically & Electrically Driven

Fred Vidalenc
La Latitude des Chevaux
(Les Messieurs Production/Mosaïc Music) - 11 titres, 37m04s – Produit par Dominique Brusson – Disponible
Chansons. Après avoir quitté Noir Désir en pleine gloire, peu après l’enregistrement de Tostaky, Fred Vidalenc a pris la mer, histoire de voir si l’élément liquide pouvait remplacer la folie des tournées à répétitions. La réponse est non, puisque le voilà de nouveau sur la terre ferme, mais en marin solitaire cette fois-ci, puisque c’est sous son propre nom qu’il nous dévoile La Latitude des Chevaux, son premier opus. “On se rive à des rocs, ça amortit les chocs… On sait tout d’un seul bloc”, si les textes d’Agnès Demaret et de Fred n’ont pas la force et l’acuité de ceux d’un… Bertrand Cantat, ils n’en demeurent pas moins dignes d’intérêt. Cohérence de chansons intimistes aux arrangements minimalistes, La Latitude des Chevaux, même s’il ne convainc pas tout à fait, retient quand même l’attention et reste très agréable à écouter. Cela dit, on est quand même assez loin de Noir Désir. DS-D
3
À ranger entre Dominique A et Benjamin Biolay

Fabio Viscogliosi
Spazio
(Microbe) – 14 titres, 42m30s – Produit par Fabio Viscogliosi - Disponible
www.microberecords.com
Chanson. Cet auteur compositeur interprète est un français d’origine italienne qui a déjà participé aux concerts de Yann Tiersen. Sur ce premier album, chanté dans sa langue “natale”, il mélange avec une certaine facilité chansons “à l’italienne” (“Quasi Nello Spazio”) et compositions plus expérimentales (“Riflesso”). Les arrangements sont la plupart du temps dépouillés, ce qui confère à l’ensemble une profondeur quelque peu baroque et étrange (“Apache”). Pour qui est familier avec le cinéma de Dario Argento, il y verra un disque propre à illustrer parfaitement son univers ; quant à l’amateur de musique en soi, il pourra apprécier des climats qui, bien que parfois abstraits, ne s’égarent jamais dans le formel et le conceptuel. CF
3
À ranger entre Adriano Celentano et Goldfrapp

Wuz
Alex Gopher with Demon Presents
(Solid/V2) – 10 titres - Produit par Gopher – Disponible - www.solid.fr
Elctro. Dans la série, l’équipe Solid revient encore une fois avec un album concept aux contours bien léchés et à l’idée alléchante. Wuz, alias Monsieur Alex Gopher et Demon, présentent ainsi deux attraits évidents : tout d’abord la production très personnelle d’Alex, toute en finesse, puis ensuite la force percutante de Demon. Ce savant mélange donne au final des titres house comme les parisiens savent si bien faire (“Without You”), mais aussi des tracks plus deep (“Long Island”) où l’on retrouve la patte experte du producteur, quand ce ne sont pas des compos plus colorées à l’image de “Use Me” ou “The Dark Side”. On ne peut donc que saluer ce projet, pour toutes ces raisons et bien d’autres que seule la musique est capable de révéler. CD’O
4
À ranger entre Etienne de Crécy et Motorbass

Neil Young
Roy Rogers Meets Albert Einstein
(Reprise/WEA) – 14 titres, 65m49s – Produit par Neil Young
Youngerie. Nous bouclons au moment où le Neil Young millésimé 2002 fait une entrée fracassante par notre boite aux lettres. Pas le temps de le décortiquer donc, tout au plus de l’écouter deux fois et demi. C’est amplement suffisant pour constater la bonne santé du dernier rejeton et remarquer que le Neil a ici privilégié des mid tempos dans lesquels musique et textes sont coulés, voire soudés, presque de façon atmosphérique. Climatique serait même plus approprié. Le disque déborde peu de ce cadre (une guitare bien grasse, par instants, tout de même), nonchalant et accrocheur, parsemé de petites touches de génie à peine perceptibles, mais ultra indélébiles. Si l’on ne savait pas le monsieur si remuant, on dirait presque qu’il se laisse (agréablement) aller. Mais ce relatif calme annonce sans aucun doute la plus sauvageonne des tempêtes. CG
4
Ceux qui l’achèteront sauront très bien où le ranger