Eric Aldea
Saturno o Cipolla
(O1O1/Wagram) 7 titres, 43m36s - Produit par Eric Aldea Disponible.
Ambient. Voici la première sortie du label 0101 (prononcez o one, o one), émanation du label nancéien Ici dAilleurs, qui ayant fait sauter la banque avec Yann Tiersen place largent de la culbute dans des projets électroniques moins grand public. Première sortie, donc, et un revenant, puisque le lyonnais Eric Aldea nest autre quun ancien des Deity Guns et de Bästard. Il a composé des musiques pour les chorégraphies de la compagnie La Baraka/Abou Lagraa, et nous les présente ici. Il ny a pas de danseur sur scène, comme lorsquelles ont été initialement jouées, mais Aldéa nous transporte et cest notre âme qui virevolte au son dune flûte nord-africaine ou des sonorités proches des BO des films de David Lynch, qui auraient croisé la route de quelque sorcier de lélectronique. Une musique idéale pour la méditation ou le cinéma mental, une invitation aux voyages immobiles. Le voyage ici coûte le prix dun disque, mais durera toute lannée. JMG
4
À ranger entre Angelo Badalamenti et Plaid
Amor Belhom Duo
Live in Tucson
(Ici dAilleurs/Wagram) - 8 titres- 37m20s- produit par Jim Waters et Naïm Abor - Disponible
Post-rock franco-ricain. Le 1er septembre 2001, le parisien Naïm Amor (guitares) et le manceau Thomas Belhom (batterie, percussions) installés depuis 1997 à Tucson augmentés de trois musiciens américains (violoncelle, contrebasse et clavier) et de Valérie Leulliot, chanteuse de Autour de Lucie, donnaient au Solar Culture de Tucson, un concert emblématique et représentatif de leur musique à la fois dépouillée, belle et intrigante, dont les qualités nous avaient été révélées dans leurs deux albums précédents (Amor Belhom Duo et Wavelab). Imprégnées de country américaine, de jazz, dinfluences latines, de chanson française (la reprise du classique "Un Homme Et Une Femme" de Pierre Barouh et Francis Lai), voire dexpérimentation hasardeuse, les compositions de ce duo atypique en constant équilibre entre le vieux et le nouveau monde, la tradition et linnovation, simposent par leur aspect original et inclassable. Passionnant, audacieux et envoûtant, ce mini album constituera une parfaite introduction à la démarche unique de ce duo semblable à nul autre. PR
4
À ranger entre Calexico et Autour de Lucie
Erik Arnaud
Comment je vis
(Labels/Virgin) 12 titres, 45m07 Produit par Monte Vallier Disponible -
Chanson rock. Le problème dune réputation qui précède les actes est que lon se retrouve souvent bien déçu. Ainsi en est-il dErik Arnaud, annoncé comme le futur de la chanson à guitares. Si les compositions sont effectivement dune grande qualité, avec des effets de production (signés par lex-bassiste de Swell, Monte Vallier) et une construction originale, il ny a pas de quoi crier à la révolution. Parlés plus que chantés, les textes noirs dErik plombent lambiance sans arriver à donner cette subtile beauté que peuvent avoir les atmosphères obscures dun défunt Diabologum auquel on lassocie. Au final, on se retrouve avec un disque pas mal foutu, mais qui narrive jamais vraiment à décoller, un énième exemple dinexplicable engouement médiatique sans réel fondement. CDO
2
À ranger entre Diabologum et Loeil
Backstab
Aïki-taïso
(XIII Bis Records) - 13 titres, 55m15s - Produit par I. Manoutsis et A. Lessertisseur - Disponible - www.xiiibis.com
Metal français et nouveau. Commençons par une véritable révélation : la piste CD Rom et le clip du titre L'il Du Clone. Un modèle d'esthétisme, de jeu et de mise en scène. Un boulot génial qui mérite d'être signalé, soutenu et récompensé. À bon entendeur
L'album en lui même se situe dans un registre metal moderne, avec mélange de grosses guitares et de bruitages électro très "moody". Des tempos endiablés, des refrains percutants, des ruptures de rythme bien pensées, un chant offensif, des textes pas cons du tout (en français ou en anglais) et une grosse pêche, font d'Aïki-Taïso une belle entrée en matière dans un univers très intéressant. Car le point fort de Bakstab est sans doute de ne pas trop ressembler à ses congénères et d'avoir réussi une belle alliance entre agressivité, ambiance et mélodie. HD
3,5
À ranger entre metal et français
Blind Guardian
A Night At The Opera
(Virgin) - 10 titres, 67m 04s - Disponible.
Métal Scala. Le titre s'avère on ne peut mieux choisi. Il rappelle d'abord judicieusement un des meilleurs albums de Queen, et Blind Guardian, surtout par l'emploi et la sonorité de ses churs, se présente comme un lointain mais indiscutable descendant du gang mercurial. Ensuite, l'intitulé invite à penser -à bon droit- que l'on va ici se situer dans le créneau du progmetal, tendance lyrique. Mais voilà : Edguy ou Rhapsody ont déjà fait en beaucoup mieux ce que nous offre ici ce veilleur aveugle. Le disque est, de plus, beaucoup trop chargé, paré jusqu'à l'écurement de churs et d'arrangements baroques avec un esthétisme à la crème chantilly qui rend tout cela fort indigeste. Même pour cette musique qui ne mégote ni sur l'emphase ni sur les chamarrures, il faut savoir garder mesure et sens du dosage. Tout ce qui fait cruellement défaut à Blind Guardian. HP
1,5
À ranger entre Edguy et Queen
The Chieftains
The Wide World Over
(RCA/BMG) - 19 titres, 71m25s - Produit par Gilby Clarke - disponible - www.rcaredseal-rcavictor.com
Irish. Sans doute la plus connue des formations traditionnelles irlandaises, assurément celle qui se mélange le mieux aux courants plus modernes (ici notamment avec Ziggy Marley !), probablement lune des meilleures, les Chieftains fêtent avec ce disque pas moins de 40 ans de carrière et de fidélité à leurs origines celtiques. Cette compilation sattarde sur les quinze dernières années et malheureusement ne remonte pas jusquaux glorieux débuts du groupe, à cette époque où ils furent les premiers à mélanger musique traditionnelle et chant. À Miltown et alentours, dans les sixties, on navait jamais entendu ça ! On retrouve ici les Corrs (bien sûr), Sinéad OConnor (évidemment), mais aussi pas moins que les Rolling Stones, Elvis Costello, Sting, Los Lobos ou Diana Krall pour un vertiiigineux hommage aux vertes prairies irlandaises. CG
4
À ranger avec votre album souvenir de Windmill Lane
The Chronics
Make Your Move
(Bad Afro/United Music Company) - 11 titres, 31m38s - Produit par The Chronics - disponible - www.badafro.dk
Rock punchy. Ces Chronics, signés sur le hautement recommandable label Bad Afro (rien que le nom mamuse ! Et encore, vous navez pas vu le logo !!!), sont de dignes représentants de la toujours aussi vivace scène scandinave. Ces quatre Suédois (du nord du pays, là où vraiment il ny a rien dautre à faire que du bruit dans sa cave, pendant les longues nuits de
six mois !). Aucune concession ici, que ce soit musicale (les morceaux les plus propres font penser à du Pretty Things surmultiplié et les incursions cuivrées à du Motown trashy !) ou sonore (production bien crade, avec guitares grésillantes et tout le tintouin). Ça tambourine les vaisseaux sanguins, ça chahute le palpitant et, heureusement pour nos pauvres âmes, le disque qui dure à peine plus dune demie heure, sachève juste avant le pétage de plombs définitifs.
CG
3
À ranger avec Millencolin et Nomads
Gilby Clarke
Swag
(Spitfire/Edel) - 11 titres, 37m53s - Produit par Gilby Clarke - disponible - www.gilbyclarke.com
Rock. Pour mémoire, Gilby Clarke est bien ce petit guitariste rock qui venait aligner ses rythmiques derrière Slash, au temps où Guns & Roses était encore un top groupe. Il a été viré à point, afin d'éviter le discrédit et l'humiliation. Depuis, un anonymat relatif enveloppe son rock simple et franc, ses accords basiques et mélodiques, à mille lieues du clinquant frelaté qui permet à n'importe quelle bande de pécores de vendre des millions de disques. Swag suivra logiquement le sort de ses prédécesseurs et ne fera le bonheur que de quelques avertis téméraires, qui se reconnaissent encore dans les racines du rock et leurs évolutions les plus directes. Si vous n'êtes pas de ceux-là, misez vos boules sur le succès d'une soupçonnée reformation de Guns
On va bien rire ! HD
3
À ranger entre John Mellencamp et Guns 'n' Roses
Clinic
Walking With Thee
(Domino/Labels) - 38m, 15s - Produit par Ben Hiller - Disponible
Rock Indépendant. Ce deuxième album de Clinic peaufine quelque peu lapproche présidant au premier LP du groupe. Dans ce panorama quelque peu hétéroclite des tendances du rock alternatif, Clinic sefforce dêtre à la fois expérimental et accessible. Les morceaux sont donc le plus souvent concis tout en ménageant la volonté de rendre perméables des atmosphères. On pourrait presque évoquer une démarche de collages si les titres ne conservaient en soi une structure traditionnelle. Celle-ci permet des moments prenants et hypnotiques (The Vulture) ou dautres plus directs et proches dun punk cérébral et minimaliste (Pet Eunoch). Walking With Thee ne souffre ainsi daucun défaut irrémédiable, reste quil ne confirme pas les espérances de leur premier disque, le prometteur Internal Wrangler. CF
3
À ranger entre Pavement et Lupine Howl
Elvis Costello
When I Was Cruel
(Mercury/Universal) 15 titres, 63m07s - Produit par The Imposter Sortie mi-avril
Rock. Quest-il donc arrivé à Elvis Costello avec ce nouvel album ? Serait-ce son changement de label qui lui aurait à nouveau insufflé la verve et linspiration de ses grandes années ? Quelle nouvelle potion destinée aux quadras aurait-il dans sa poche pour donner à sa production nouvelle léclat de ses tendres années, les Stiff/Radar years dont les merveilles traversent déjà trois décennies sans la moindre ride. Depuis, lâge et la respectabilité avaient pris le pas sur lémotion dont le clone de Buddy Holly nous avait largement gratifié durant les premières années de sa carrière. Ses escapades classiques ou avec les croutons/crooners (Tony Bennett, Burt Bacharach) nous ayant autant emballé que Stomy Bugsy avec Julio Iglesias ou Bono faisant son Sinatra. Dès 45 et son stomin beat, Elvis remet les pendules à lheure de My Aim Is True enchaîne avec Spooky Girlfriend à faire pâlir effectivement
De perfection pop. Guitares et cymbales de front entament Tear Off your Own Head, merveille jouissive de rock enjoué quon croirait échappée de chez son siamois Nick Lowe. Vous avez déjà compris quici la place ne sera pas suffisante pour détailler ce disque majeur dans la discographie dun des grands auteurs du rock anglais . Il vous faut découvrir durgence ces Soul For Hire (Ame à louer), 15 Petals (quels cuivres et quelle bonne année pour les Roses) et autres Episode of Blonde (est-ce là une allusion à son disque conçu pour Wendy James dont la bio semble avoir oublié lexistence ?). Sans même sappesantir sur les 7 minutes hypnotiques de When I was Cruel No2. Lorsque tu étais cruel, Elvis, nous taimions. Cest de nouveau le cas. Pour ceux qui sauront apprécier When I was Cruel est à Costello ce que Time out of Mind fût à Dylan. HervéD
5
À ranger entre Brutal Youth et My Aim Is True
Cotton Mather
The Big Picture
(Rainbow Quartz/Spirit of the Jungle/Wagram) - 14 titres - 41m 07s - Produit par Cotton Mather et Dave Fridman - Disponible.
Fab Four texans. Ils ont le son des Beatles, la voix des Beatles, les mélodies des Beatles et pourtant ils sont issus dAustin, Texas
Où ils auraient pu végéter jusquà la fin de leurs jours si Noël Gallagher ne sétait pas penché sur leur sort en battant le rappel de la presse lors de la sortie de leur précédent et excellent Kon Tiki en 1997 (deuxième album après le quasi introuvable Cotton Is King de 1994). Tirant leur nom de celui dun redoutable prêcheur puritain, le quatuor possède un don inné pour les mélodies accrocheuses et les compos de Robert Harrison (sic !) simpriment instantanément dans la mémoire, gage de qualité indéniable. À lopposé de la démarche dun Oasis pillant sans vergogne riffs et mélodies des défunts scarabées, Cotton Mather tente, lui, de recréer lesprit même de cette pop immédiate et insouciante qui fut lapanage des années 60. Bénéficiant de la production luxuriante de Dave Fridman (The Flaming Lips, Mercury Rev), The Big Picture alterne morceaux rocks immédiats (Last Of The Mohicans, Marathon Man) et compostions nettement plus léchées (Ramon Finds Waterfalls). Plus John que Paul, entre A Hard Days Night et Abbey Road, voilà un disque franchement emballant qui fera verser plus dune larme aux fans des quatre de Liverpool.
PR.
4,5
À ranger entre Lennon et McCartney
The Crash
Wildlife
(Evidence/WEA) 11 titres, 44m 25s Produit par Teemu Brunila Sortie en Avril
Pop Rock. Willdlife est le deuxième album de ce trio finlandais qui s'est déjà distingué dans son pays. On peut le comprendre, dans la mesure où sa pop est à la fois gracile et sophistiquée et, en même temps, non dénuée d'une certaine énergie. Les compositions sont alambiquées par leurs orchestrations et leurs harmonies vocales, mais demeurent néanmoins directes et efficaces. La production, ample, apporte une touche d'atmosphère "épique" à ces titres sophistiqués. Celle-ci tangue alors parfois vers un certain maniérisme sirupeux mais cest le tribut que l'on paye quand on se targue de concilier rock et préciosité. Reste que dans ce domaine de la pop commerciale The Crash ne pourra que satisfaire le grand public. CF
3
À ranger entre Suede et Eskobar
Cry Freedom Family
Enfin !
(Jaff/BMG) - 15 titres, 62m11s - Produit par CFF - Disponible
Groove énervé. Peut être avez-vous déjà croisé le chemin de la Cry Freedom Family qui a à leur actif plus de deux cent dates ces trois dernières années. Enfin ! est le résultat discographique de cette expérience scénique qui inscrit sur le compact disc toute lénergie que ces quatre garçons possèdent. Leur cocktail explosif de rock dur saupoudré de dub et dinfluences orientales (à écouter le très bon Kwo Ka Sonner, petit plaisir zouk savoureux) offre une musique originale et spécialement dédiée à ceux qui aiment les gros sons avec une pointe de décalage. CDO
3
À ranger entre Absolute et Freedom For King Kong
A Tribute To Cure
Imaginary Songs
(Polydor/Universal) 14 titres, 60m23s Produit par divers - Disponible
Hommage. Essai plutôt casse-gueule pour des groupes de chez nous, que cet album-hommage à luvre du talentueux Robert Smith, même si la plupart des intervenants sen tirent avec les honneurs. Sur le podium : M et sa vision franco-anglaise de Close To Me, le groupe Yell et leur étonnante version glacée de Charlotte Sometimes, les grands gagnants de ce non-concours étant (Tulip) interprétant un The Top désincarné et vidé de sa substance. Le Compact Man taira poliment les noms des auteurs de quelques massacres complètement délirants et commis par des jeunes gens pourtant à la mode, nen disons pas davantage !
Ce disque est une bonne surprise, même si Robert Smith nen sortira certainement pas grandi
TS
3,5
À ranger avec la dernière compilation de Cure
Damon Albarn
Mali Music
(Honest Jons Records/EMI) - 16 titres, 57m44 s Produit par Damon Albarn Sortie le 1er Avril 2002
Voyage. Que les fans de Blur se calment, nous ne parlerons pas ici de lalbum solo du chanteur charismatique du combo chéri des adolescentes pré pubères doutre-manche. Non. Mali Music se déroule plutôt comme un carnet de voyage, que Damon Albarn a entrepris en juillet 2000 au Mali. Car lorsquil part en vacances, le sieur Damon nemmène pas dans ses bagages comme le touriste lambda un caméscope japonais, mais un mélodica cabossé que sa tante lui avait offert pour son huitième anniversaire (supposition purement imaginaire). De ballades en rencontre, de Bamako aux villages environnants, Damon Albarn a su simprégner de la sensibilité et de la chaleur du peuple Malien. Ce qui révèle louverture desprit toute neuve de celui qui, au début du succès de Blur, se déclarait très bien dans lAngleterre de Mme Tatcher, dont il admirait la poigne de fer (il y a des choses que lon noublie pas). Ceci étant dit, Mali Music est une heureuse surprise. On y croise que du beau monde : de Toumani Diabaté à Lobi Traoré et bien dautres, et le beau Damon qui après ses expériences hip hop avec Gorillaz semble avoir découvert un univers qui lenchante. Nous aussi. DS-D
4
À ranger entre Afrique et Occident
Del Fuegos
The Slash Years
(Slash/Warner Music/ IMPORT) 21 titres, 70m28s Produit par Mitchell Froom Disponible
Rock US. Le rock made in de lautre côté de lAtlantique est un véritable foutoir
Trop de groupes, trop de changements de line-up, trop de disques ne sortant pas même de leur état, font quil est toujours plus difficile den dresser un véritable panorama, de savoir ce quil en ressort de vraiment intéressant. Et puis, parfois, les labels internationaux semblent être touchés par la grâce et signent à tour de contrat toute une ribambelle de groupes plus pertinents les uns que les autres. Ce fut le cas au début des années 80, avec lémergence dune scène comprenant notamment Rank & File, Del Lords, Jason & The Scorchers, Rainmakers, Bodeans ou encore ces inusables Del Fuegos, qui nous font toujours autant secouer bêtement la tête et taper du pied à ne plus en sentir nos muscles. Ce faux best of permet davoir sur CD le premier album, jamais sorti sous ce format, et une bonne partie du second (deux titres du troisième, aussi), ce qui en soi justifie totalement lachat de la galette, quoique assez difficile à dénicher. Bonne chasse donc
CG
5
À ranger entre True West et J. Geils Band
Dionysos
Western Sous La Neige
(Trema) - 17 titres, 51m13s - Produit par Steve Albini Disponible - www.dionywab.com
Pop lunaire. Le talent justifie-t-il lauto-émasculation ? Faut-il creuser plus loin un sillon déjà bien travaillé, sous prétexte quil na pas encore été visité par dautres kamikazes soniques ? Ce sont deux des nombreuses questions que lon se pose à lécoute du nouvel album de Dionysos, certes fort gouleyant (et la production de Steve Albini ny est pour rien, curieusement), mais ô combien futile. Là-dessus, la grande force du groupe étant aussi sa futilité, il sest lui-même tendu un piège sans se rendre compte à quel point il allait se refermer inéluctablement. Les masterisations aux studios Abbey Road et toutes les autres bidonneries pour bio ny changeront rien : ce disque nest quun écho du précédent qui, lui-même, était une déflagration de celui davant et ainsi de suite. Si encore le groupe y gagnait en intensité ou en quoi que ce soit, on pourrait valider cette autosuffisance (Longboard Blues et autres boursouflures), mais force est de reconnaître quils sont sur une pente glissante et légèrement descendante. Réveillez-vous les gars, et noubliez pas que vos disques ne sont pas meilleurs parce quils se vendent plus. Ce discours, cest celui des maisons de disques ! Que sont devenus les Yoghurt Sessions ?
3
À ranger entre Fantaisie et Militaire
Tanya Donelly
Beautysleep
(4AD/Labels) - 11 titres, 49m 24s - Produit par T Donelly, Matthew Ellard et Dean Fisher - Disponible
Pop Rock Allternatif. Après une absence discographique de près de 5 ans, et la naissance dune petite fille, Tanya Donelly nous revient avec un nouvel album mélodique et éthéré. Mélodique parce que grand soin a été apporté aux compositions, et éthéré parce que la voix de la chanteuse est toujours aussi délicate et aérienne. Ce dernier aspect se retrouve même dans des morceaux plus gothiques (un Wrap Around Skirt sur le fil du rasoir ou Moobeam Monkey) qui parviennent à maintenir un équilibre entre fluidité limpide et climats plus inquiétants. Ajoutons que Mark Sandman, le chanteur de Morphine depuis décédé, contribue aux vocaux de ce dernier titre pour conclure que comme tout ce que la chanteuse a fait depuis le split des Throwing Muses, rien chez Tanya Donelly nest anodin et ne doit être négligé. CF
3,5
À ranger entre Kristin Hersch et Juliana Hatfield
Donots
Pocketrock
(Burning Heart/PIAS) 12 titres, 41m16s Produit par Fabio Trentini - Disponible
Rock punchy. Dans la famille punk-rock mélodique, lAllemagne nous présente son plus digne représentant, dont il sagît ici du second album. Pas grand-chose à dire, si ce nest que cest agréablement troussé, et que les 120 concerts assurés par le groupe lan passé, sont sans doute pour beaucoup dans la belle cohésion de lensemble, qui demeure finalement ce qui fait ressortir le plus les Donots du lot des punkeux du moment, de plus en plus nombreux dailleurs, une véritable épidémie ! De là à savoir si eux auront plus de succès que dautres, difficile de trancher. Il faudrait pour cela quils prennent un peu plus de risques et décident de secouer la pulpe dun auditoire plus expérimenté que la bande de jeunots qui les suit pour linstant
CG
3
À ranger entre Millencolin et Offspring
Dredg
Extended Play For The Eastern Hemisphere EP
(Polydor/Universal) 5 titres, 15 m 10 s Produit par Ron St Germain Disponible - www.dredg.com
Rock expérimental. Il y a plus de lettres dans le titre que de minutes de musique contenues (ne faites surtout pas attention) dans le compact disc !!! Dredg fait partie de ces formations qui, sans se prendre vraiment au sérieux, sont persuadées que leur rôle est de secouer le cocotier de la tradition tellement fort et avec tellement dinsistance quil finira bien par en tomber quelque chose, bon sang de bonsoir ! Leur approche de la musique dite rock est intuitive et tout à fait personnelle, sans pour autant atteindre des sommets doriginalité : le problème est que la concurrence devient rude dans ce secteur bien particulier et que seuls les meilleurs vont pouvoir sinstaller pour de bon
Ceci dit, certains passages sont bien trouvés et il faut donc attendre la sortie prochaine de leur véritable premier album pour dire quoi que ce soit de tranchant et de définitif
TS
3
À ranger entre Appliance et un Chameleons pas très inspiré pour les guitares
Echo and the Bunnymen
Live in Liverpool
(Cooking Vinyl/Naïve) - 11 titres - 69m53s - produit par Will Sergeant et Ian McCulloch - disponible.
Jurassic Dark. Ressuscités de leurs cendres Avec Evergreen, What Are You Going To Do With Your Life ? et lexcellent Flowers, Echo et ses hommes-lapins, lun des combos phare de la new wave, nous revient ici avec son premier album live enregistré dans sa ville natale de Liverpool les 17 et 18 août 2001. Le duo originel Ian McCulloch, Will Sergeant (à nouveau fâchés avec le bassiste Les Pattison ?) sest adjoint les services de quatre petits jeunots (Vinnie Jamieson à la batterie, Steve Flett à la basse, Ged Malley à la guitare rythmique et Ceri James aux claviers) pour revisiter le répertoire du groupe devant un public conquis davance. De "Rescue" en passant par "Never Stop", "Seven Seas", "The Killing Moon", "The Cutter", "Over The Wall", "Ocean Rain", jen passe et des meilleurs, tous les incontournables sont ici au rendez-vous. Certes, pour ceux qui comme bibi, ont eu la chance de voir Echo à la grande époque (le 4 avril 1984 à lEldorado !!!), ces versions apparaîtront un peu molles du genou et labsence de la frappe extraordinaire de Pete de Freitas, mort tragiquement dans un accident de moto, se fait cruellement sentir. Mais la beauté des morceaux, la belle voix (un peu fatiguée) dIan Mc Cullough et les guitares lyriques de Will Sergeant suffisent à faire de ce "best of live" un disque indispensable pour tous les fans dEcho
PR
3,5
À ranger après Flowers
EchoBrain
EchoBrain
(Socadisc) - 10 titres - 47m42s - produit par Brian Joseph Dobbs et EchoBrain disponible
Rock. Grosse surprise que le premier album du nouveau groupe de Jason Newsted, quon nattendait certainement pas dans un registre aussi léché tant on sait grande son adoration de formations azimutées du type Mister Bungle (sauf le dernier morceau, Crying Shame, long délire déjanté). Grosse surprise donc, dautant plus que le disque est passionnant dun bout à lautre, alternant mid-tempos racés et atmosphériques (The Feeling Is Over) et coups de boutoir autrement plus musclés. Rien ne sapparentant à la scène metal ici, mais parfois à quelques formations bien brutales tout de même, surtout sur scène où le groupe (un trio, assez jeune, en dehors de Jason, qui nest pas si vieux, de toute façon) est paraît-il totalement renversant. À noter, enfin, la participation sur un titre (SuckerPunch), de Kirk Hammett. DB
4
À ranger entre Foo Fighters et Third Eye Blind
Edgar de lEst
Les Vacances
(Samedi Soir/Label Bleu/ Harmonia Mundi) 12 titres, 44m48s - produit par F. Rivaleau et Bob Coke Disponible
Chanson. Edgar de lEst est avant tout un duo de haut vol, Isabelle Becker et Edgar Daguier qui, depuis 1995 et sa première expérience discographique, La Berlue, sème sa poésie imaginaire aux quatre coins de la France. La recette est simple : une contrebasse, une guitare sèche, un violon, une batterie et une jolie voix consistance et évocatrice
Aujourdhui, avec ces Vacances, Edgar part sur les voies des grandes routes : la Russie et les îles, des territoires non-identifiés entre Montmartre, les pays de lEst et lEspagne. Dans une ambiance posée (Barcelone) rehaussée de quelques airs de joie (Les Vacances, Louise), Edgar de lEst a réussi un bel album de chanson française acoustique et exotique. CDO
3
À ranger entre Paris Combo et Pink Martini
Enola
Figurines
(Jaff/BMG) 12 titres, 59m16s Produit par A. Gaillet Disponible - www.jaff.fr
Pop Rock français. Cela faisait un moment que le nom deNola traînait sur les lèvres des férus de scène française : pas mal de concerts, une prestance indéniable, une formation mature et efficace
Lorsque Figurines, leur premier opus, débarque sur notre bureau, un enthousiasme indéniable sempare de nous. Pour remettre les choses à leur place, eNola est un groupe dont les deux principaux atouts sont 1/ les textes poétiques 2/ les arrangements cousus de finesse et de fil mélodique. Seulement, le chanteur Jan Fiévé na pas encore digéré toutes ses influences et conserve de bout en bout de lalbum un ton uniforme qui fait passer Figurines à côté de la vraie réussite. Car, avouons-le, musicalement, il ny a pas grand-chose à redire : efficaces, lyriques, chargées démotion, les compositions sont de vrais bijoux qui offrent de vrais espoirs davenir à ce jeune groupe.
3
À ranger entre Daisybox et Aston Villa
Fatboy Slim
Live On Brighton Beach
(Southern Fried/Small) 17 titres, 72m06s Produit par Fatboy Slim Disponible - www.gutterandstars.com
DJ mix on the beach. Le 6 juillet dernier, Norman Cook donnait un gigantesque concert (le meilleur de sa vie, selon lui) dans sa ville natale, déchaînant quelque trente-cinq mille adeptes. Lexpérience pourrait dailleurs être renouvelée cette année. Premier album à voir le jour sous le propre label de Fatboy Slim, ce live nous livre sur un plateau la quintessence de ses performances électroniques, soit une heure et quart non-stop de techno impériale. Au programme, des titres remixés de Basement Jaxx, Kid Creme, Santos, Raven Maize, Roland Clark, entre autres, et trois morceaux de ses deux précédents albums : Right Here Right Now, Star 69 et Sunset (Bird Of Prey) qui sample la voix de Jim Morrison. Indispensable aux fans, cela va sans dire ! CV
5
À ranger entre les Chemical Brothers et Basement Jaxx
Bryan Ferry
Frantic
(Virgin) - 13 titres, 48m 00s - Sortie en Avril - www.bryanferry.com
Pop/Rock. Même sil ne lest pas autant que Bowie, Bryan Ferry a toujours été un caméléon. Il a toujours oscillé entre un registre crooner et une approche plus rock, cest cette dernière qui est la plus en évidence sur Frantic. Le début de lalbum enchaîne ainsi morceaux plutôt enlevés, tamisés par une voix toujours aussi soyeuse, et étayés par les guitares aiguisées de Chris Spedding ou de Robin Trower. Entre compositions originales (plutôt inspirées) et reprises habituelles (dont deux de Bob Dylan), le chanteur démontre quil na rien perdu de son tranchant. Bien sûr, dans sa deuxième partie, le disque ségare parfois sur des chemins pour le moins apprêtés, mais même sur ces derniers titres, Ferry évite une certaine boursouflure. Au total, pour son premier véritable album depuis des années, voilà un retour en forme qui mérite de ne pas être évité. CF
4,5
À ranger entre David Bowie et Roxy Music
Fifty One's
Mind Game
( Naïve ) - 13 titres, 51m - Produit par John W. Jones - Disponible
Métal savant. Est-ce le fait d'être né au pays du champagne qui rend Fifty One's si pétillant ? Force est de reconnaître en tout cas que ce troisième album des Chalonais ne manque ni de bouquet ni d'effervescence. En fait, voilà sans doute même là un des meilleurs albums réalisés en France ces derniers mois. La production se montre aussi parfaite que percutante. Le groupe, fort d'une expérience immédiatement sensible, met en place avec maestria un métal malin très élaboré qui doit certes pas mal à Queensrÿche, Rush ou Paradise Lost, mais fait vite oublier ses références, tant il possède un ton original et un sacré sens de l'efficacité chromée. Le chant est particulièrement à féliciter, presque autant que la personnalité indiscutable du ton musical choisi, juste dosage entre métal mord-la-cuisse ultramoderne et stratégies électropensées. Vraiment bien. HP
4
À ranger entre Paradise Lost et Queensrÿche
Giant Sand
Cover Magazine
(Thrill Jockey/Discograph) 13 titres, 62 m 13 s Produit par Howe Gelb Disponible - www.giantsand.com
Reprises texanes disparates. Howe Gelb, le Giant Sand en chef depuis 20 ans à présent, est décidément infatigable : entre deux albums solo (dont un, en import, quil assure seul au piano) et trois side projects (Band Of Rocky Blanchette, OP8, Friends Of Dean Martinez), il trouve encore le temps et lénergie de sortir des disques de son Sable Géant, le dernier en date étant constitué de chansons dautres artistes assez solides et intéressantes (quoique deux fois The Beat Goes On de Bono non, lautre, celui de la centenaire Cher-, franchement
), dont une version sidérante et complètement à contre-courant dIron Man, titre de Black Sabbath occulté en 1970 par le succès inconsidéré quoique planétaire de leur Paranoïd
La moins réussie est Johnny Hit And Run Pauline (des fantastiques X), mais peut-être le jugement du Compact Man est-il faussé par une allergie profonde à la voix de PJ Harvey
TS
3
À ranger entre le Fakebook de Yo La Tengo et lalbum de reprises de Johnny Cash
Gorillaz
G-sides
(EMI) 10 titres, 39m07s Produit par Dan The Automator - www.gorillaz.com
Recyclage. Sous lappellation G-sides, se cachent des faces B, des titres remixés, bref, les quelques raretés que compte déjà Gorillaz à son actif. Autant dire un joyeux fourre-tout musical fidèle à lesprit du groupe, dont on retiendra une nouvelle mouture plus rap de lincontournable tube Clint Eastwood, un amusant mélange de hip hop et deasy listening (Rock The House) ou un curieux assemblage de trip-hop et de folklore genre western (Left Hand Suzuki Method). Rien nest absolument génial là-dedans, mais une chose est sûre, ce groupe co-fondé par le chanteur de Blur a de vraies vertus récréatives. Bien fichu, sympa à écouter à loccasion, mais cela suffit-il pour justifier un achat ? Tout dépend si vous avez aimé le premier album
CV
2,5
À ranger entre Dr Octagon et Deltron 3030
Gramophone
Gramophone
(Artisan Records/M10) - 13 titres - 53m29s - produit par John Cotton - Disponible
www.darkgramophone.co.uk
Trip-hop mystérieux. Une chanteuse à la voix sensuelle et languissante sur des rythmiques hypnotiques. Cela ne vous rappelle rien ? De Portishead (en coma dépassé ?) en passant par Goldfrapp, Archive (qui vient dopérer un virage à 90° vers les seventies) ou Hooverphonic, les chemins de ce type de musique sont déjà bien balisés et Gramophone (Gramophonic ?), dernier venu du lot, ne fait que reprendre les formules déjà utilisées par ses prédécesseurs. Avec un certain talent indéniable dailleurs, dans la mesure où les treize morceaux qui composent ce disque ne manquent ni de beauté ni de classe. De tonalité souvent sombre, voire franchement lugubre (Dead Girls Dont Say So), la musique de Gramophone se fait évocatrice de passions éphémères, damours défaits, de trahisons sentimentales. Cultivant un aspect énigmatique (peu ou pas de photos, deux concerts seulement à son actif), le trio composé de deux bidouilleurs de studio ayant uvré dans la musique de film et dune chanteuse néo-zélandaise, nous livre un premier album en camaïeu où les cordes se mêlent à la jolie voix de Penny McConnell et aux instruments électroniques pour former un ensemble fort plaisant à loreille. Gageons que les saveurs musicales capiteuses de ces amateurs de bons vins sauront vous enivrer. PR
4
À ranger entre Portishead et Hooverphonic
Grant Lee Philips
Mobilize
(Cooking Vinyl/Naïve) 12 titres, 47m 25s produit par G Lee Philips et Carmen Rizzo Sortie le 2 avril
www.grantleephilips.com
Americana. Après un album minimaliste, Ladies Love Oracle, vendu uniquement sur internet, le véritable retour de Grant Lee Philips marque un nouveau départ. Les douze titres sont tout bonnement somptueux, mélodiquement et rythmiquement, les arrangements, organiques aussi bien que "programmés", sont complexes et somptueux et la voix de Philips épouse à merveille le lyrisme contenu de ce voyage au cur de l'Amérique. Si, en effet, chaque morceau pourrait se suffire à lui-même ; pris dans leur globalité, ils offrent une unité de ton stupéfiante. Nulle monotonie pourtant, au contraire, chaque écoute révèlant de nouvelles richesses, un peu comme si ce "road album" n'épuisait jamais ses secrets et nous offrait le luxe de ne jamais s'achever. CF
5,5
À ranger entre Jeff Buclkey et David Gray
Les Gueules de Bois
Dans Le Blanc Des Yeux
Dans Lombre Du Séant
www.lesgueulesdebois.com
(Athome/BMG) 12 titres, 56m17s Produit par Nico sortie le 19 mars
Chanson théâtrash. Terme inventé pour la circonstance, le Théâtrash convient bien à la musique de ces troubadours lyonnais. Déjà dix ans de prestations en pleine rue, de fou-rires et de saouleries sympathiques. Il était donc temps de passer à laction discographique ! Cest donc cet album qui affiche fièrement son éléphant rose qui ouvre les festivités dune discographie que lon espère être longue. Car, avouons-le, les albums de ces nombreux groupes de scène sont souvent bien décevants. Les Gueules de Bois, menées par Tatiana au chant et à laccordéon, offre ainsi une occasion découter un bon disque de musique festive, bénéficiant dune excellente production, ce qui est rarement le cas. Dans ces conditions, les délires de ces ivrognes repentis deviennent de petits plaisirs à consommer sans modération. CDO
4
À ranger entre les VRP et Bénabar
Guimo
Theres A Nip In The Air, Boy
(Disques Mobile/Chronowax) - 12 Titres, 40m50s - Produit par Guillaume Hernon Disponible
Guitars. Bien que très court, lalbum des bordelais prend des proportions hallucinantes. Ordinairement, cet effet nous saute à la tête via un import déniché sur le web, par des liens si obscurs quon le savoure bien avant de pouvoir le palper. Donc, pas la peine daller dénicher le truc indé qui fera vibrer votre intellect durant des heures nocturnes, votre bonheur se trouve là, sous vos yeux. Belle facture que cette autoproduction aux accents texans. Tout est en nuances, pesant et distordu par ce vibrato dont Lift To Experience pourrait bien déclarer la paternité. À lopposé de ces incroyables dépressifs, Guimo baisse les watts, nous dépeint un paysage crépusculaire, plus intimiste aussi, où son anglais fait des merveilles. En Français, cela aurait peut-être fonctionné. Mais bon, nous avons là une surprise à faire partager coûte que coûte
4
À ranger entre Calexico et Kingsbury Manx
The Icarus Line
Mono
(Sweet Nothing/United Music Company) 13 titres, 53m50s Disponible
www.cargorecords.co.uk
Rock de grande bourre. Ça commence par un grand cri à filer des frissons dans le dos au public le plus averti et lon ne redescend jamais de ce monstrueux disque de furie primale et de barbarie sonore. The Icarus Line fait parler la poudre et vise le K.O. par le chaos ; ce disque nest pas là pour vous chahuter gentiment, mais pour vous fracasser en deux et vous laisser sur le carreau. Le pire, cest que, face à terre, agonisant, vous en redemanderez jusquà plus soif, tant ces compos puissamment dévergondées sont contagieuses. Lépidémie guette et linsécurité musicale furieusement maladive de ces cinq californiens défrise dautant plus que le groupe nest formé que depuis deux petites années. Vivement quils soient rodés !
CG
5
À ranger entre Thee Hipnotics et Therapy?
Billy Idol
VH1 Storytellers
(Capitol/EMI) 14 titres, 69 m 53 s Produit par Bill Flanagan Disponible .
www.billyidol.com
Légende fatiguée. Notre brave Billou (enfin, pas Mr Gates, hein) essaie de relancer la mode chiante des albums live unplugged, mini-style qui na jamais été franchement convaincant, mis à part le disque du Boss et peut-être celui de Cannibal Corpse (je plaisante), mais peut-être a-t-il ses raisons, après tout
Daccord, nous retrouvons avec plaisir la plus grande partie de ses succès (Dancing With Myself, White Wedding, Flesh For Fantasy, Eyes Without A Face, Dont Need A Gun and so on), ainsi que deux reprises passables (dont le L.A. Woman des Doors), mais la sauce, linterprétation reste statique et pas très bandante, malgré les guitares lumineuses (acoustiques mais lumineuses) du fidèle Steve Stevens et la voix toujours gouailleuse de notre Idol. Quel dommage, les enfants
TS
2,5
À ranger entre une compilation du même artiste et la tisane du soir
Immortal
Sons Of Northern Darkness
(Nuclear Blast/Edel) - 8 titres, 55m15s - Disponible - www.immortal.nu
Noir metal. Planquez gosses, femmes et caniches, car voici venir le moment de l'immolation sonore ! Immortal arrive, précédé de sa réputation teigneuse de chantre du black metal. Quelque chose a dû se produire sur l'autoroute de l'enfer : des travaux, une déviation, et voici un album accessible au peuple metal dans son ensemble. Sans rien exagérer, malgré une voix nasillarde et quelques accélérations frénétiques programmées, l'ensemble ressemble davantage à du gros heavy un peu accéléré, qu'à une torture d'ouïes par décibels interposés. Ça a marché pour Cradle Of Filth et Dimmu Borgir, ça le fera aussi pour Immortal qui, avec Sons Of Northern Darkness, s'ouvre grandes les portes de la reconnaissance. Comme si l'authenticité ne pouvait plus se trouver que dans l'extrême, lorsque celui-ci s'adoucit un peu. HD
4
À ranger entre Dimmu Borgir et Impaled Nazarene
Beto Vasquez Infinity
Infinity
(Drakkar Records/XIII Bis Records) - 10 titres, 55m15s - Produit par Beto Vasquez - Disponible - www.bvinfinity.com.ar
Atmosphérique. Est-ce par voyeurisme sonore que Beto Vasquez (Nepal) a réuni un trio de chanteuses évoluant toutes aux frontières du metal ou pour mener à bien un album concept à dominante calme ? Nul ne peut le dire encore, mais à ce petit jeu, il est bien évident que les comparaisons vont être établies. Entre Tarja Turunen (Nightwish), Candice Night (Blackmore's Night) et Sabine Edelsbacher (Edenbridge), qui remportera la palme ? Peu importe, tant on prend plaisir à entendre ces douces mélodies interprétées par des voix enjôleuses. Chaque titre est une offrande aux cordes vocales de ces dames, les arrangements, l'ambiance atmosphérique ajoutant à leur feeling naturel. Et pour rompre ce triolisme évident, Fabio Leone (Rhapsody) vient donner un coup de main sur le dernier morceau. Un bon disque. HD
3,5
À ranger entre Mike Oldfield et Nightwish
Iron Maiden
Live At Rock In Rio
(EMI) - 19 titres, 119m04s - Produit par Kevin Shirley - Disponible - www.ironmaiden.com
Hard rock. Il est des albums qui font office de démonstration. Live At Rock In Rio est de ceux-là, avec en adjuvant, un parfum de revanche personnelle pour le chanteur Bruce Dickinson, qui signe son retour dans le groupe, enfonçant toutes les prestations de Blaze Bayley, courageux volontaire qui lui avait succédé, et qui se trouve renvoyé au statut d'intérimaire anecdotique. Bénéficiant d'une production de haut niveau, les 19 morceaux qui composent ce double CD brillent aussi par une interprétation intense et passionnée, présidée par une rare justesse. Le but du jeu n'est à ce moment plus de savoir ce que l'on pense de ce live véritablement conquérant, mais de tenter d'en distinguer le sommet. Pour le Compact Man de faction, le podium se compose de The Clansman, Fear Of The Dark et Run To The Hills. Et pour vous ? HD
5
À ranger entre Amour, Gloire, et Beauté
Jack
The End Of The Way Its Always Been
(Ceépuscule/Pop Lane) - 9 titres, 60m 58s - Produit par Matthew Scott - Sortie le 19 mars
http://www.geocities.com/Paris/Cathedral/9666/jack.html
Pop de Chambre. Alors que, sur ses précédents albums, le groupe faisait continuellement une fixation sur Scott Walker et ses collages expérimentaux, Jack sort un album au titre révélateur, car marquant un changement drastique par rapport à ses opus précédents. Bien sûr, lon retrouve ici les mêmes envolées emphatiques et les orchestrations luxuriantes, mais le son privilégie une approche plus directe. Les guitares sont étoffées, des bribes électroniques font leur apparition et ses ajouts, plutôt que de brider ce qui faisait la richesse du groupe, ont lavantage de rendre encore plus prononcées les tonalités baroques dont Jack est porteur. La dramatisation sest donc accentuée tout en se parant de couleurs moins éthérées. Au total, The End
, plus que faire un bilan, marque le signe dun nouveau départ pour le moins palpitant. et enivrant. CF
5
À ranger entre Tindersticks et Divine Comedy
Bob James
Restoration. The Best Of
(Warner Jazz) 2 CDs, 28 titres Compilation produite par Matt Pierson Disponible.
www.bobjames.com.
Claviériste de jazz. Le nom de Bob James doit dire quelque chose aux connaisseurs de la cause jazz dobédience californienne, aux férus de la chose sil en reste encore. Pour les autres qui voudraient faire une plonger dans cette musique jazzy sucrée, séance de rattrapage avec cette double compilation, pleine de morceaux au sons ronds et à la batterie au groove imparable (Steve Gadd ou Doc Giibs sy collent sur quelques morceaux) Même si la plupart des morceaux sont instrumentaux, les chanson (Storm Warning avec Hillary James) tiennent la route et pour ceux qui aiment les crossovers marrants, on conseillera découter directement "Farandole (LArlésienne suite N° 2)", qui est un morceau de Georges Bizet accommodé à la sauce Bob James. Un claviériste dont les orgues et le piano, joué avec agilité, vieillissent mieux que les pochettes, de celles criardes des années 80. Un peu dans le genre de celles de Supertramp, groupe dont la musique de Bob James peu aussi être en partie rapprochée. JMG
2
À ranger entre Michel Jonasz et Toto
Jason & The Scorchers
Wildfires & Misfires
(YepRoc / Import US) 19 titres, 71m54s Produit par Divers Disponible
www.jasonringenberg.com
Country Punk. Vingt ans que ça dure
Avec un petit intermède certes (première partie des nineties), mais vingt ans que Jason et ses écorcheurs assurent à eux seuls la pérennité dun style quils ont sans doute inventé (le country punk, on na pas trouvé plus juste patronyme) et pour lequel ils demeurent la représentation la plus excitante, aussi bien sur disques (qui se font rares) que sur scène (ah, Jason & The Scorchers, sur scène !). Cet album regroupe son lot dinédits, alternative takes et titres live pas piqués des dromadaires, histoire de fêter dignement cet anniversaire. La sélection a été assurée par Jason himself et on y retrouve notamment une version hallucinante du Absolutely Sweet Marie, déjà gravé par la bande au moins trois fois, mais jamais avec une telle furie contagieuse. Et le reste suit, avec autant de pertinence, indispensable à tout fan du groupe. Et ils sont bien plus nombreux que ce que les maisons de disques semblent penser, même ici en France
CG
5
À ranger entre Reckless Country Soul et Midnight Roads & Stage Scenes
Karuan
Dohuki Ballet
(Sunshine Entreprises/Discograph) 11 titres, 51m16s Produit par Karuan Disponible
www.sunshine.at
Ethno electro. Né en 1976 à Vienne de parents kurdes, Karuan a conservé de ses origines un attrait certain pour les rythmes orientaux et le chant traditionnel. Mélangées aux sonorités électroniques, ses influences prennent une allure novatrice. Sa musique, loin des facilités éthno-machin-chose, met en avant les cithares et flûtes orientales, tout en privilégiant une production de grande qualité. Signé sur le label autrichien Sunshine Entreprises, encore trop inconnu dans nos contrées, mais définitivement incontournable en matière de fusion world et electro (flamenco avec Madrid de los Austrias, inclassable avec Frankie Valentine), Karuan assure avec The Dohuki Ballet un premier album charmant, certes encore un rien jeune, mais très prometteur et fort agréable. CDO
3.5
À ranger entre Julien Loureau et Aalfa
Kemar
Prénom Betty
(Barclay/Universal) - 11 titres, 45m47s Produit par Kemar Sortie le 2 Avril 2002
Chanson Electro. On se souvient de Kemar Gulbenkian officiant au sein des No One Is Innocent, en tant que chanteur charismatique. Après deux albums intenses, le combo disparaît, sajoutant à la liste déjà trop longue des espoirs avortés. Pour ce premier projet en solitaire, Kemar a su sentourer de quelques valeurs sûres : Dominique Dalcan, les Valentins et autres. En revanche, oubliées les stridences et lurgence des années No One, lambiance est plus feutrée, samples et boucles électro enrobant larchitecture dun opus des plus attachants. Après une plongée dans lUnderground il est temps pour lui de remonter à la surface pour prendre cette bouffée dOxygène indispensable à la vie : Pour rentrer dans larène, jai invoqué les dieux à perdre à haleine. Prénom Betty dévoile un homme sensible, que les fracas précédents laissaient déjà entrevoir. Le Bashung de Fantaisie Militaire et de Chatterton nest pas loin (Dévoile), mais ce nest quune piste parmi dautres, lhomme ne se laissant pas si aisément cerner. Ce qui fait de Prénom Betty, un disque pas forcément facile, ni évident à la première écoute, mais qui demande de prendre son temps pour lapprivoiser. Peu de chance donc quil tourne en boucle sur les playlists des radios généralistes, mais est-ce un mal ? Et ne serait-ce pas là un gage de qualité ? Entre chanson et electro, Kemar navigue à vue et ce premier album pourrait bien révéler un être discret et torturé enfin en pleine lumière : Non, ne men veut pas, si je dévoile en moi, la nuit interdite ou jai crié de joie. Kemar Gulbenkian se place dores et déjà au niveau des grands. À découvrir durgence.
DS-D
4,5
À ranger entre dEus et Bashung
Kev Russells Junker
Buttermilk & Rifles
(Munich/Socadisc) 13 titres, 44m24s Produit par Stewball et Massa Dunlap - Disponible
www.munichrecords.com
Déglinguerie folk-rock. Ce groupe, en fait lémanation perso du leader des Gourds, formation ayant déjà sorti cinq albums sur le même label, se targue de différencier une chanson éducative dune chanson quil ne le serait pas (avec la bobine de Pavlov, dans un autre coin du livret). Léducation se fait bien sûr par chemins détournés, cest à dire en évitant les sentiers maintes et maintes fois battus et rabattus, mais sans trop sen éloigner tout de même, afin que les repères soient encore visibles. Il est bien plus difficile de déstabiliser un auditeur sans trop séloigner de balises tangibles, et Kev Russells Junker nous joue des tours en multiples détours, passant dun rigolard et décalé Virgin Of The Cobra, à un presque trop rudimentaire et établi Twilight Of Song, puis à un Im A Robot enjoué et cuivré, et ainsi de suite. En définitive, la tête nous tourne et sans que ce Buttermilk & Rifles soit totalement renversant, il se prend si peu au sérieux quil en devient aussi attachant quamusant. CG
4
À ranger entre The Gourds et Calexico
KG
Greatest Hits
(Gooom/Chronowax) - 9 titres, 56m34s - Compilé par Jean-Philippe Talaga - Disponible.
www.gooom.com
Hard électronique. Cet album est un peu surprenant, dans la mesure où le label Gooom est un label techno, et quici dans les quatre premiers morceaux, la musique est faite avec de vrais morceaux de guitares dedans, plus hard que de la techno. Cest que les Strasbourgeois de KG se sont cherchés : ils ont dabord donné dans la noisy pop (influences Jesus and Mary Chain ou Sonic Youth) avant de passer à lélectronique il y a trois ans. Depuis, ils pratiquent lélectro cold wave, avec un son un peu Cabaret Voltaire ou OMD, sombre et détraquée. Difficile de savoir ce quen penseraient les fondateurs du groupe : il paraît quil y a eu tellement de turn over parmi les membres que plus aucun nen fait partie aujourdhui. Mais lesprit semble malgré tout se perpétuer avec un mot dordre : noirceur (cf la pochette si sombre quelle fait concurrence à celle du black album de Metallica) et faire le plus de bruit possible. Attention à ne pas fâcher les voisins
JMG
3
À ranger entre Cabaret Voltaire et My Bloody Valentine
King Diamond
Abigail II, The Revenge
(Metal Blade/M10) 13 titres, 53m10s Produit par Kol Marshall, King Diamond & Andy LaRocque . Disponible
www.kingdiamond.com
Suite métallique à succès. Sans blague, Abigail II, The Revenge, on jurerait un nouvel épisode des aventures musclées de Rocky Balboa, non ? Ceci écrit, il faut avouer que cette vengeance arrive presque à surclasser lAbigail premier du nom, tant King Diamondle chanteur a su gardé intact le potentiel horrifique de cette pourtant classique histoire de revenants
Il est tout fier de nous présenter son nouveau batteur, lefficace Matt Thompson et dannoncer le retour au bercail dHal Patino, le bassiste de la première heure présent sur le tome 1 consacré à cette décidément peu chanceuse Abigail ; lalchimie a fonctionné parfaitement entre ces trois hommes et les deux valeureux guitaristes que demeurent Andy LaRocque et Mike Wead et nous salivons déjà comme de joufflus porcelets à la perspective pas si éloignée dun possible Abigail III, le retour du fils de la vengeance de la mort
TS
4
À ranger entre Abigail (comment faire autrement ?) et Them, autre réussite sur le même thème
King Riddim
La Jungle
(Vibration/Mosaic) - 12 titres, 49m13s - Produit par F. Schmit et L. Campion - Disponible
Reggae français. Il existe deux grands obstacles à franchir avant dapprécier le premier album des normands de King Riddim. Tout dabord, il sagit encore de ce fameux reggae à la française, comprenez des textes engagés prônant une justice universelle, la fin de ce honteux racisme ; bref, une morale certes fort louable, mais un rien lassante. Ensuite, il faut aller au-delà de cette hideuse pochette (mais pourquoi tant de haine ?!). Une fois le disque bien installé dans la platine, il faut avouer que la musique de King Riddim est parfaitement interprétée par des musiciens avertis et que les titres en anglais sécoutent avec plaisir. On traverse les genres jamaïcains, du calypso au dub, sans voir le temps passer. CD&Mac226;O
3
À ranger entre K2R Riddim et Percubaba
The Kinks (Tribute)
This Is Where I Belong
(Ryko/Naïve) 16- titres, 50m 27s Produit par Divers Sortie le 1° avril
www.ryko.com
Kronikes. Ah les Kinks ! Un des groupes les plus doués des 60s. Ah Ray Davies ! Un compositeur incomparable, chroniqueur social digne dun Dickens. Cet hommage prend le parti de ne pas semparer uniquement des titres les plus connusdu groupe et fait découvrir linvraisemblable richesse de son répertoire. Richesse des lyrics, mais aussi faconde mélodique et extraordinaire amplitude musicale : elle permet un No Return sous forme de bossa nova ou un Well Respected Man qui se dégage du sarcasme british original pour sengouffrer avec fluidité dans le minimalisme de Josh Rouse. Ces seize titres sont des recréations avant dêtre des copies conformes, une compilation intelligente donc ; mais avec les Kinks peut-on vraiment se fourvoyer ? CF
5
À ranger sous la rubrique THE KINKS FOREVER !
Kosheen
Resist
(Arista/BMG) - 16 titres, 62m41s - Produit par Decoder & Substance -Disponible
www.kosheen.com
Drum&Bass vocale. Après avoir hanté des années durant les freeparties de Bristol et de Galles, Darren Decoder et Markee Substance ont envisagé depuis trois ans la possibilité de donner naissance à leur propre projet, après avoir rencontré la chanteuse Sian Evans. Le trio sort un premier EP lannée passée, Hide U, et rafle le prix du meilleur single Drum&Bass en Angleterre. Le public accro au break beat attendait donc avec impatience leur premier LP. La question est la suivante : se peut-il qu&Mac226;un disque si racoleur, hésitant entre pop et production spé, satisfasse sa patience ? Avouons ainsi une certaine déception, quand bien même certaines plages relèvent le niveau et prouvent que Kosheen aurait pu nous livrer un album plus pointu. Tant pis ! CD&Mac226;O
2
À ranger entre Portishead et Everything But The Girl
Last Torridas
Last Torridas
(Deadline/United Music Company) 10 titres, 41m53s Produit par David Weber Disponible
High-Octane Rock. Le rock qui dépote au féminin a toujours été parsemé de groupes géniaux (Girlschool, L7
) et dautres pour qui il ne manque pas grand-chose (Bikini Kill, X Syndicate
). Dans le cas de ce groupe suisse, à linstar de leurs compatriotes les malheureusement défuntes Skirt, on passe effectivement très près de lexploit, ce qui rend, finalement, lécoute du disque assez pénible. Quand les guitares touchent au but, ensorceleuses et bouillonnantes, cest la voix qui se prend les pieds dans le tapis. Et quand, au contraire, celle-ci se fait plus précise et pénétrante, ce sont les compositions qui manquent de volume. Dommage
CG
2,5
À ranger entre Therapy? et Babes In Toyland
Lit
Atomic
(BMG) 13 titres, 44m53s Produit par Don Gilmore & Lit Disponible
www.litlounge.com
Pop/Punk. Atomic est le troisième album de ce groupe qui s'inspire de Weezer ou Green Day. De ces ramifications, il tire une musique faite de riffs de guitares tranchants, de refrains point trop désagréables. Cette énergie, combinée à une attitude vindicative, transforme un disque qui ne se distingue pas fondamentalement des influences dont il se réclame en un voyage où la virulence pallie largement le manque d'imagination qui y préside. Il ne faut pas chercher ici une créativité dont fait preuve un groupe comme Supergrass, ni une quelconque inventivité au niveau de titres enchaînés de façon inébranlable, juste la volonté de délivrer un rock frais à niveau d'être original. Ce n'est déjà pas si mal d'y parvenir. CF
3
À ranger entre Eve 6 et Third Eye Blind
Gary Lucas
The Edge Of Heaven
(Indigo/Label Bleu) 13 titres, 38m48s Produit par Gary Lucas Disponible
http://www.garylucas.com
World. De ce prodige de la guitare, on peut attendre tout, mais pas n'importe quoi : c'est exactement ce que nous fournit ce surprenant album. Étonnant, il l'est en effet par son alliage des tonalités aigres de la musique traditionnelle chinoise et de la guitare acoustique country-blues de Lucas. Mais ce qui aurait pu être artificiel parvient à ne pas l'être justement grâce à une utilisation judicieuse de ce qu'il y a de commun dans ces deux patrimoines différents. Un dépouillement orchestral accentue les effets de slide et permet à celle-ci d'établir comme un pont entre les deux univers. Ceux-ci ne sont finalement pas si éloignés l'un de l'autre et c'est tout le mérite de la maestria technique de Gary Lucas que de l'étayer. CF
4,5
À ranger entre Le Mystère Des Voix Bulgares et Jeff Buckley
Timo Maas
Loud
(Perfecto/PIAS) 14 titres, 65m46s Produit par T. Maas et M. Buttrich Disponible
www.timomaas.com
Electro. Lallemand Timo Maas, depuis quelque temps, voit sa popularité se transformer en phénomène de mode. Les tabloïds germaniques nen reviennent toujours pas que leur petit protégé électronicien ait dépassé leurs frontières et se voit proposer des remixs de Placebo et Madonna, lorsquil ne collabore pas avec Fatboy Slim ou Moby (pour qui il vient de composer un titre de son très prochain album). Avec Loud, Timo passe aux choses sérieuses et offre enfin son premier album original. Au menu, un mélange de dark electro jouant la courtisane auprès dune funk épaisse à souhait. Les rythmes sont soutenus sans que laspect mélodique en soit effacé. Pour preuve les deux excellents Help Me avec Kelis et Shifter, modèles de pop electro imparables. CDO
4
À ranger entre Fatboy Slim et Laurent Garnier
Maggiulli
A bras-le-corps
(Polydor/Universal) 12 titres, 47m18s Produit par Olivier Lebé et Francis Maggiulli. - Disponible
www.maggiulli.fr
French soup qui veut faire english pop. Ne cherchez plus la calamité du mois, la voici, avec ce déluge de variété française (dans le sens péjoratif du terme, à savoir de la nunucherie commerciale) assaisonnée à langlaise, à laide de tous les clichés possibles et imaginables. Lalbum a été enregistré à Abbey Road par Darren Allison (qui a travaillé autrefois avec The Divine Comedy). Lorchestration, pompeuse à souhait, déverse une surenchère de cuivres et darrangements symphoniques appuyés. À côté de ça, Maggiulli chante comme un membre de lAcademy française et les textes quil interprète
Eh bien, on aurait préféré ne pas les comprendre parce que franchement, ça ne vole pas haut. Un produit tarabiscoté et, de plus, sans grande personnalité. CV
1
À ranger entre Pascal Obispo et Marc Lavoine
The Maggots
This Condition Is Incurable
(Bad Afro/United Music Company) 12 titres, 32m57s Disponible
http://www.badafro.dk
Sleazy Garage. Passez outre leurs sales tronches, car ces trois suédois sont indéniablement ce qui est arrivé de mieux au garage-punk craspec depuis un bon bout de temps. Les guitares puent du bec, avec leurs effets datés (on pense parfois à un bon vieux Farfisa, comme sur Leave Me Alone, mais rien de tel nest mentionné dans les crédits) ; le chanteur hurle comme si on lui arrachait sa dernière dent, forcément cariée ; et la rythmique se cogne la tête au mur façon camisole de force sonique
Bien évidemment, tout ceci se mélange particulièrement mal -donc magnifiquement bien !- dans un déluge de larsens, de riffs débridés et de punk enragé. Au passage, le Heading For TheTexas Border des Flamin Groovies est passé à la moulinette, doù il ressort non pas grandi mais fortement dégrossi. Belle claque, on tend lautre joue
CG
4,5
À ranger entre Stooges et Lyres
Manutension
Strictly For Sound System Dub (Dub Attacks The Tech Vol.1)
www.viciouscircle.fr
(Vicious Circle/Wagram) 12 titres, 68m16 s produit par Manutension disponible
Dub. Pour ceux à qui le titre de lalbum ne suffirait pas, précisons que le Dub de Manutension est assez éloigné de la tendance française actuelle. Comprenez par là que Monsieur Manu, par ailleurs membre actif au sein dImprovisator Dub, se rapproche davantage des britanniques de Zion Train que de Zenzile, sans sacrifier cependant les instruments. Un parti pris qui convient parfaitement dailleurs au concept de lalbum qui louche sans pudeur vers les aspects tech du genre. Point de rudesse toutefois, Manutension fait les choses avec délicatesse, ajoutant à quelques titres le chant de Nadia et la flûte de ras Jean-Phil. Sans être révolutionnaire, cet opus est une preuve supplémentaire de la qualité du dub made in France. CDO
3.5
À ranger entre Zion Train et Scientist
Matthew
Everybody Down
(Ryko/Naïve) 11 Titres, 49m48s Produit par Paul Kolderie Sortie fin Mai
www.rykodisc.com
Pop. Everybody Down est le premier album de ce quatuor originaire de Chicago. Le groupe a choisi la voie dune pop sophistiquée, parfois même ampoulée, véhiculée par ces grands refrains ou lépique voisine le grandiloquent et où une voix haut perchée est chargée de mettre en exergue romantisme et exacerbation de sentiments. Tout serait parfait si ce chemin navait pas déjà été labouré par de nombreux autres ensembles chose peu répréhensible en soi mais si, surtout, les compositions avaient été à la hauteur des ambitions. Disons que lon a affaire ici au sous-produit dun courant qui nen demandait pas tant, mais quêtre laborieux et appliqué ne suffit pas pour remplacer, si ce nest éclair de génie, du moins talent et inspiration. CF
2,5
À ranger entre Coldplay et Elbow
Mclusky
Mclusky Do Dallas
(Too Pure/Labels) 14 titres, 36m02s Produit par Steve Albini Disponible
www.toopure.com
Pop Punk. Le groupe estime qu'il joue de la "fucking music", il a à la fois tort et à la fois raison. "Fucking" a tant d'acceptations que l'on peut voir dans ces brefs morceaux récités avec hargne et éructation quelque chose voisinant avec la virulence de cet adjectif. Quant à "music", on peut par contre s'interroger s'il faut définir ainsi une interprétation plutôt stéréotypée et dans laquelle on peine à voir subtilité ou la moindre once d'imagination. Il paraît que Steve Albini a réussi à peaufiner, sur ce deuxième album, l'énergie brute d'un premier effort. "Effort" est bien le terme, tant à l'écoute de ce Dallas on peut se dire qu'il y en a qui aiment souffrir ! CF
1,5
À ranger entre Pixies et Agnostic Front
Pat Metheny Group
Speaking of now
(Warner Jazz) 9 titres, 72m03s - Produit par Pat Metheny, Steve Rodby et Lyle Mays Disponible.
www.patmethenygroup.com.
Jazz moderne. Après deux morceaux entièrement instrumentaux où le Pat Metheny Group installe ses ambiances, riches en instrumentations, place au grand art quand sur Another Life la voix du bassiste africain Richard Bona apparaît. On est alors dans le sublime. Fini la débauche, la course à la virtuosité, ambiance cool, apaisée
Le guitariste Richard Bona est ici embauché aux percus et à la voix, une voix chaude et un peu haut perchée, enveloppante, et douce. Nouveau morceau instru, puis retour de Bona sur You et On Her Way. Il ne chante pas de paroles (sauf sur Afternoon), mais sa voix harmonise, et sert de liant à la musique du groupe, lui donnant une touche parfois extraterrestre, presque inquiétante. Cest là le grand talent du camerounais et de son timbre de
Cristal : apporter un peu dimprévu dans la musique de Metheny, guitariste émérite, mais si prévisible parfois. JMG
3
À ranger entre Jeff Beck et Russel Malone
Micro:mega
Annex
(O1O1/Wagram) 6 titres, 43m34s Produit par Sylvain Chauveau et Frédéric Luneau Sortie le 19 mars
www.0101-music.com
Ambient. On saura bientôt si cest une marque de fabrique du label 0101 : tout comme Eric Aldea ne donne pas de titre à ses morceaux et se contente de leur donner un minutage, les morceaux de ce duo sappellent Annex1, Annex2, etc. Décidément, lélectronique planante sépanouit fort bien en duo : on le savait avec Autechre, M83, Boards of Canada, et ça se confirme avec Micro:Mega, qui nen est pas à son premier essai, puisque les Disques du Soleil et de lAcier ont déjà eu loccasion de sortir ses productions par le passé. Micro:mega sen donne à cur joie pour nous emmener dans son univers fait de sonorités calmes et de beats en apesanteur. Le duo Chauveau-Luneau compose de la musique pour contempler le ciel, si possible la nuit
Ou pour rejoindre les bras de Morphée, et nhésite pas à donner du temps à ses morceaux : jusquà sept ou huit minutes parfois. Cette mixtion de strates sonores comme le décrit son label est fortement recommandée aux oreilles averties
Et aux autres ! JMG
4
À ranger entre A Reminiscent Drive et Brian Eno
Midnight Oil
Capricornia
(Import) 11 titres, 41m15s - Produit par le groupe Sortie avril ?
Rock (aussie rock, aussi). On vous lavait déjà annoncé, on vous avait dit quon ne savait pas trop qui allait sortir le disque en France. Et bien, linfâme et révoltante nouvelle vient de tomber : Sony, censé récupérer le bébé sur le territoire européen, ne sortira tout simplement pas le Midnight Oil nouveau ! Aussi incroyable quintolérable, cette décision est dautant plus énervante quil sagît là de leur meilleur album depuis
leur précédent meilleur album ! La marque de fabrique des Australiens marque effectivement au fer rouge cette nouvelle brochette de compositions plus accrocheuses les unes que les autres. Il y a toujours ces guitares à la fois puissantes et cristallines, la voix de Peter Garrett tour à tour sucrée comme du miel dacacia et acide comme un jus de citron, cette rythmique dégingandée qui arrive toujours à bon port alors quon la croit sans cesse en perdition. Car, les Oils, malgré leur expérience et malgré la carrière qui est la leur, nhésitent pas à baisser leur froc, à remettre en jeu tous leurs acquis, à ne jamais savouer vainqueurs à lavance. Cest dautant plus exceptionnel quils réussissent sans cesse le pari de faire du neuf avec du vieux, de montrer de nouvelles facettes de leur talent sans jamais totalement mettre de côté leur patte originale et, cela va sans dire, leurs origines et ce pourquoi ils continuent ce combat. Car il sagît encore dun combat, ici, avec ce disque naviguant entre mélodies atemporelles et un rock plus punchy datant de lépoque pré-Diesel & Dust. Allez-y, foncez dessus comme un seul homme, que Sony se bouffe le service trois pièces jusquau trognon de voir des imports par milliers lui passer sous le nez !
CG
5
À ranger entre Power et Passion
Millionaire
Outside The Simian Flock
(PIAS) 12 titres, 52m07s Produit par Tim Vanhamel Disponible
www.pias.com
Indie Rock. Bien quà base de guitares, la noisy music de Tim Vanhamel ne dédaigne pas le recours aux samples et à des rythmes que lon retrouve plutôt du côté de la funk. Les titres sont par conséquent assez tordus, un peu de la manière dont Beck sétait emparé de certaines influences black pour les adapter à son univers. Toutes proportions gardées, la différence est néanmoins de taille et Millionaire ninnove certainement pas dans un chemin qui a déjà été bien parcouru. Lalliage électro/beats funky a déjà été formalisé maintes fois. Quant aux climats hypnotico/distanciés, Gang Of Four les mettaient en place avec une toute autre efficacité. Le groupe est plus à laise sur les titres apaisés ce qui rattrape partiellement le disque. CF
3,5
À ranger entre Funkadelic et Gang Of Four
Mils
Echotones
(Gooom/Chronowax) - 11 titres, 67m24s - Produit par Mils - Disponible.
www.gooom.com
Techno abstraite. Les quatre Rennais viennent de compiler tous leurs singles parus sur les labels Artefact (le label de Jérôme Mestre, qui a sorti notamment le fabuleux Organique de Zend Avesta), Peter Im flying, Cross, District Six, Active Suspension, et bien sûr Gooom. De la techno minimale, épurée, abstraites, pleine de bleeps, qui fait penser aux uvres de John Cage pour piano préparé. Même souci des petits bruits, des détails, qui rendent les morceaux étranges, tout en les nappant (et là cest la Mils touch) de sons un peu éthérés. Et sans se prendre la tête, sil vous
Plait ! Un titre s&Mac226;appelle Papyomur (est-ce un hommage au groupe punk Tulaviok ?) et un autre Vegelist, parce que lun des membres, abonnés à des mailings lists sur lactu de la communauté végétarienne voulait que Mils aille jouer dans un événement en faveur de ce courant, qui refuse la viande. Et puis, on se surprend à trouver le clavecin très tendance quand il est trituré comme sur Katabile. À ceux qui ont déjà goûté à toutes les expérimentations électroniques un peu barrées et qui en redemandent, on conseille Mils. JMG
3,5
À ranger entre Aphex Twin et Photek
Sarah-Jane Morris
August
(Fallen Angel/M10) 12 titres, 51m 43s Produit par Sarah-Jane Morris Disponible
www.sarahjanemorris.com
Post Bop. S-J Morris est à la fois actrice et chanteuse (avec, entre autres, les Communards), une versatilité d'occupations qui se retrouve dans cet album uniquement constitué de reprises. La plupart sont issues de la musique "soul" (Otis Redding, Curtis Mayfield ou Marvin Gaye) et sa voix enfumée se prête admirablement à ses versions de classiques. Mais celle-ci fait également merveille sur un répertoire emprunté à Lennon, Cohen ou Johnny Thunders, pour lequel ses recréations jazzy sont assez remarquables. Loin de s'enfermer dans un style, la chanteuse se permet même des incursions vers le free-jazz ou la pop, preuve s'il en faut qu'avec un tel talent, léclectisme peut être signe d'originalité. CF
3,5
À ranger entre Ella Ftzgerald et Brand New Heavies
Mouloud
Me & My Friends
(Platinum/Wagram) 10 titres, 46m54s Produit par Mouloud Disponible
alienrec@club-internet.fr
Electro Pop. Voici un duo qui ne sembarrasse pas de fioritures, car il a choisi de privilégier le côté entertainment de la musique électronique et quil mérite donc amplement le vocable pop quon peut lui accoler. Pop, il lest, dans la mesure où les compositions ne sont pas sacrifiées sous lautel de la création dambiances et où une chanson reste une chanson avant tout. Pop, il le demeure dans la façon où il semploie à véhiculer bonne humeur et approche festive. Pop, il lest finalement pour autant quil amalgame assez brillamment des choses aussi hétérogènes que le hip hop et lélectro. Et puisque Mouloud sexclame sur About Future que music is a passion, autant souscrire à un slogan qui nest pas chose si négligeable en soi. CF
3
À ranger entre New Order et Rinocerose
Mull Historical Society
Loss
(Blanco y Negro/WEA) - 11 titres - 58m - Produit par Colin Mc Intyre - disponible.
www.mullhistoricalsociety.com
Pop rock bricolo écossais emballant. Un nom énigmatique (celui dune société détudes historiques située sur lîle de Mull au large de la côte ouest lEcosse) pour le premier album dun groupe composé essentiellement de Colin McIntyre, petit génie made in Scotland qui, après avoir emmagasiné plus de 300 chansons, sest finalement décidé à en sélectionner quelques-unes pour ce premier disque renversant. Produit, composé, arrangé et joué en majeure partie par Colin, avec la complicité de son compère bassiste Alan Malloy, ("Mull est un collectif, mais je ne sais pas vraiment qui est dedans !"), Loss est une succession quasi magique de chansons en état de grâce permanente ("Instead" et son chur denfants) dotées darrangements luxuriants de cuivres ou de claviers qui contournent lemphase par leur discrétion de bon ton. De tonalité parfois beatles ("I Tried"), la musique de Mull Historical Society possède indéniablement ce côté fragile, bricolo, spontané et émouvant que lon retrouve chez un Beck ou un Badly Drawn Boy ; et si lami Macintyre nest pas un grand chanteur, il compense largement ses faiblesses vocales par la très haute tenue de ses compositions. Entre originalité débridée et classicisme pop, voilà un album parfaitement équilibré qui saura vous séduire dès sa première écoute. Faites comme nous, adhérez à la MHS ! PR
5
À ranger entre Badly Drawn Boy et The Beta Band
Jean-Louis Murat
Le Moujik Et Sa Femme
(Labels) - 11 titres, 47m46s - Produit par J-L Murat - Sortie le 26 mars
www.jlmurat.com
Pop/Rock. Après son incursion dans le domaine de la poésie chantée avec Isabelle Huppert, ce nouvel album au titre invraisemblable (le nom quil a donné au groupe formé pour loccasion) nous dévoile un Murat plus direct et accessible. En effet, il sagit ici ni plus ni moins de onze véritables chansons, format ramassé donc, et dune orchestration la plus concise possible. Le corollaire en est une production pour le moins dépouillée, une atmosphère qui se veut limpide et des climats parfois enjoués et, surprise !, insouciants. Même sur les sujets les plus sérieux (le 11 septembre sur Molly, la fascination pour Loft Story sur Baby Carny Bird), le chanteur ne se départit pas dune savoureuse note de second degré. Le Moujik Et Sa Femme nous fait accéder à un Jean-Louis Murat ironique et gouailleur, quelque part ça nous le rend plus chaleureux. CF
4,5
À ranger entre Alain Bashung et Bertrand Burgalat
Naab
Salam Haleikoum
(Bloom Records) 10 titres + 2 bonus tracks sur CD-Rom, 48m08s Produit par Naab - Disponible
www.bloomrecords.com
Electro orientale. Tous ceux qui aiment la musique arabe et lelectro seront obligatoirement conquis par ce premier album de Naab, enregistré à Paris, Brest -où il a grandi- et Ouarzazate, avec une armada de musiciens. Imprégné de culture berbère, mais aussi de la soul des années 70, Naab entrelace instruments traditionnels (tablas, gembri, bendir
), sonorités synthétiques, rythmes jungle, lignes funk et drum & bass. Une cohésion parfaite qui ne fait jamais dans lexpérimentation casse-pieds, et qui mise au contraire sur la sobriété, la finesse et lharmonie des sons. Évidemment, cest assez linéaire, mais très envoûtant. Signalons aussi la présence dune plage CD-Rom comportant videos, bonus tracks et de nombreuses surprises. CV
4
À ranger entre 4Hero et Asian Dub Foundation
Nekromantix
Return Of The Living Dead
(Hellcat/PIAS) - 13 titres, 54m53s Produit par Benjemin Hemmerun et Henrik Seggard - Disponible
www. Nekromantix.com
Psychobilly. Ce trio danois pourrait prêter à sourire si lon se contentait de regarder leurs bananes pas fraîches et leurs instruments gothico-ringards plus mis en avant depuis les glorieux défrichages initiaux des Cramps (une contrebasse cercueil du plus effet, notamment)
Mais on ne sarrête pas à laspect, en ces colonnes, heureusement dailleurs, car dans le cas présent, lécoute de la rondelle provoque un réel plaisir, même si celui-ci est totalement dénué de surprises (garanti 100% psychobilly giclant !). Un disque de colère, de hargne et de fureur qui, sil ne révolutionne rien, sinscrit dans la grande lignée du genre, en partie grâce à lexpérience des trois zigues (ensemble depuis 13 ans) et leur volonté commune et de ne pas faire repousser lherbe derrière eux. DB
3
À ranger entre Meteors et Cramps
New Model Army
Lost Songs
(Zomba/XIII bis) 2 CDs, 22 titres, 87m39s Produit par divers Disponible
www.newmodelarmy.com
Complément de collection scrupuleuse. Les fans (de moins en moins nombreux ?) vont être aux anges : pensez, un CD rempli de titres rares ou inédits période 1991/2001 et un second consacré à neuf nouvelles chansons plus un remix dOver The Wire, ces compositions flambantes neuves ayant été mises en boîte juste avant le départ inopiné et regrettable de Robert Heaton, laissant un Justin Sullivan (qui prépare déjà un album solo !) quelque peu désemparé seul maître à bord du navire de croisière New Model Army. Voilà une bonne raison de fracasser le nourrin de porcelaine, pas vrai ? Même si le panache de cette formation britannique sest passablement déplumé en quelques vingt années dexistence, il est toujours bon davoir de ses nouvelles, comme pour ces vieux potes quon naimerait pas voir tous les jours, mais quon ne veut pas non plus abandonner
TS
3
À ranger entre The Ghost Of Caïn et le live Raw Melody Men
Next evidence
Thrills
(Basic/EMI) 14 titres, 60m11s Produit par Next Evidence -- Disponible
www.basicrecordings.com
Funk/R&B. Mais diable quont-ils tous en ce moment à nous ressortir du vieux funk eighties de derrière les fagots ? Combinaison classique de soul et de disco, Thrills est le fruit dun tandem français fan de Quincy Jones et de Stevie Wonder, qui a créé son propre label, Basic. À larrivée : des titres pêchus qui valent bien le dernier Jamiroquai, pourvu quon aime ce genre-là, des morceaux plus soft pas désagréables (Le TAime, limite easy listening) et même un semblant de rap (Its Only Right). Hélas, on doit aussi se goinfrer quelques sucreries R&B dune banalité inévitable. Et, finalement, on se retrouve une fois de plus devant une qualité de production hyper clean qui se borne surtout à plagier ce quon entendait déjà il y vingt ans. CV
2
À ranger entre Jamiroquai et Quincy Jones
The Notwist
Propeller 9
(Labels/Virgin) - 10 titres, 41m45s - Disponible
www.labels.tm.fr
Pop électronique. Quelque part sur la route longue et poussiéreuse qui relie les mélodies immaculées de Belle & Sebastian aux délires programmés de Add N To X, on trouve des groupes tels que The Notwist qui échappent à toute classification. Est-ce encore du rock & roll, ou bien la musique que les androïdes joueront à nos arrières petits-enfants quand ils iront les coucher en 2546 ? Le suspense reste entier, mais certains signes ne trompent guère : l'abandon progressif de la six-cordes au profit de touches numérotées, les gimmicks sonores innombrables qui prouvent que la machine est reine, les voix voïcoidées qui n'ont plus grand-chose d'humain, tout pousse à croire que les dernières rock stars en circulation ont du mouron à se faire. Il va falloir vous recycler, les gars, ou alors épouser Pamela Anderson en 47e noce, afin de ne pas sombrer dans un total anonymat
TS
2
À ranger entre une couronne mortuaire et un bidon d'huile à rouages
Open Door
What&Mac226;s Behind Door Number 1
(Solemusic/Discograph) - 10 titres, 43m13s - Produit par V. Bell et P.Adams - Disponible
www.solemusic.co.uk
Electro psyché. Le label écossais Solemusic est spécialisé dans la house underground et sort régulièrement des petites perles nationales. Aujourdhui, il traverse locéan à la rencontre des producteurs new-yorkais Vicki Bell et Peter Adams pour nous offrir cet album fort réjouissant qui va puiser dans notre culture rock (comme cette réinterprétation de Wish You Were Here des Pink Floyd sur Breath) y ajoutant des fragrances doucement nostalgiques, en insufflant quelques pincées break beat et soul des plus agréables. Le clavier est mis en avant, les voix sont charmantes et
Lalbum devient vite irrésistible. Drôle et frais, Open Door réinvente le psychédélisme jazzy à la sauce moderne
CD&Mac226;O
4
À ranger entre les 70s et les sons du nouveau millénaire
Orange County
(Columbia/Sony) 15 titres, 55m 18s Produit par divers Disponible
www.columbiarecords.com/orangecounty
B.O. Rock. De ce fourre-tout habituel (nexiste-t-il plus de vrais compositeurs de musiques de film ?), lon retiendra essentiellement la présence dune version live revigorante du Story Of My Life de Social Distortion, dun inédit bien juteux des Foo Fighters (The One) dont le nouvel album se fait sérieusement attendre ; dun autre, disponible en single, dOffspring (le peu intéressant Dely You) ; mais aussi la double présence de Brian Wilson (Love And Mercy et Lay Down Burden), perdu au beau milieu dune armada de punkeries ou néo-métalleries plus ou moins agaçantes (Lit, Phantom Planet, Crazy Town
), sans oublier le trop peu connu Pete Yorn, songwriter racé dont on entendra forcément parler un jour ou lautre
DB
2,5
À ranger orange (amère) et orange (trop mûre)
Paris Jazz Big Band
Mediterraneo
(Cristal Records ) - 14 Titres, 68m21s - Produit par divers Disponible
Big Band. Quoi de plus normal que de soffrir pour son troisième anniversaire une nouvelle topographie musicale du bassin méditerranéen. Du folklore andalou à lItalie, en passant par la Catalogne, la Provence ou le Maroc, cette carte postale co-signée par Pierre Bertrand et Nicolas Former, rassemble de prestigieux interlocuteurs. Invité permanent, André Ceccarelli donne le tempo tandis que sous la section de cuivres Richard Galliano ravive lesprit de Piazzolla. Plus loin, Louis Winsberg redessine les contours de lEsterel dun solo aérien. Le plaisir se lit sur les notes, le big band endosse le costume des grandes productions américaines, celles du septième art à lépoque, où Lalo Schifrin signait ces B.O. exubérantes. Avec Paris Jazz Big Band, les scénarios sont aussi multiples que jouissifs
LE
4
À ranger entre Count Basie et Mardi Gras BB
Pet Shop Boys
Release
(EMI) - 10 titres, 48m10s - Produit par Pet Shop Boys - Sortie le 3 avril - www.petshopboys.co.uk
Electro pop. Les génies de la pop électro vivent à l'aise, car leurs cerveaux sont régulièrement traversés d'idées mélodiques lumineuses. C'est ce que l'on pourrait penser à l'écoute de ce nouvel album, dont la principale caractéristique est la présence du guitariste Johnny Marr sur huit des dix titres. Les premières secondes sont trompeuses : on croirait entendre Police, période Synchronicity. Mais le reste est plus calme, la six cordes s'accorde de l'ambiance reposée, le disco fait place à un romantisme exacerbé, le tempo reste lent et ce sont les refrains, toujours aussi "catchy" qui se chargent d'émerveiller l'auditeur. Dans le genre, on ne fait pas mieux. Pop, électro, Anglais, arrangé, romantique, mélodique et définitivement unique. Les Pet Shop Boys sont des stars. HD
4
À ranger entre Police et OMD
Peter Pan Speedrock
Premium Quality
Serve Loud !
(Suburban/United Music Company) 13 titres, 30m35s Disponible
http://www.peterpanspeedrock.com
Burp Rock. Wouch, quelle montée dadrénaline ! Cette machine à malaxer rythmes burnés et fracassage de consanguinité rock & raw ne peut pas laisser qui que ce soit indemne, même les lunettes noires du tout Paris rock les plus endurcies
Cest puissant, lourd comme un orage qui néclatera jamais, pesant comme ces guitares qui sempilent à linfini, aussi brûlant que ces riffs garantis pur magma, corrosif comme les meilleurs rock & speederies. On pense bien sûr à Motörhead (autant pour la voix au bord de la rupture que le groupe fait bulldozer
et il y a même un morceau qui sintitule Motörblock, ça ne sinvente pas !) et à dautres machines à botter le cul des plus sceptiques. Difficile de savoir ce que ce Peter Pan hollandais a bouffé au petit dej, mais son speedrock est fortement épicé. À conseiller aux moins sensibles dentre vous
CG
4,5
À ranger entre Motörhead et Peer Günt
Pina
Quick look
(Real World/Virgin) 10 titres, 37m11s Produit par Ben Findlay
Sortie le 9 avril 2002
www.realworldrecords.com/pina
Folk-rock. Il est souvent ardu découter les uvres dun(e) songwriter folk sans frôler lassoupissement. Sacrément plus dynamique que les Tracy Chapman et autre Suzanne Vega, Pina est une sorte de Melanie moderne (tant par son style musical que par sa façon de chanter), qui met ses tripes à vif au fil de compositions à fleur de peau. Quick Look doit en effet beaucoup à la voix écorchée de son interprète, qui a du coffre et de lémotion à revendre. On en oublierait presque que tout se ressemble un peu, et lon se laisse volontiers emballer par la vitalité de cet album, où planent le charme mélodique de Crosby, Stills, Nash And Young, le rock mélancolique de REM et lombre de Dylan. Conformiste, un peu court (37 minutes seulement), mais émoustillant. CV
4
À ranger entre Melanie et Turin Brakes
Poor Rich Ones
Hapy Happy Happy
(Rec 90/Pop Lane) 11 titres, 51m43s Produit par Mark Trombino Disponible
www.poorrichones.com
Pop romantique. Inconnus en France, les Norvégiens de Poor Rich Ones en sont pourtant à leur troisième album. Malgré son titre, leur musique se veut avant tout mélancolique, délicate et éthérée. Elle est étayée par une voix gracile qui, à cause des nombreux arrangements à cordes, se situe aux limites de la préciosité. On aurait néanmoins tort de faire au groupe un procès en maniérisme : les compositions sont fortes (Drown), parfois prenantes (Happy Happy Happy) et se suffisent à elles-mêmes. Les orchestrations deviennent alors des adjuvants plus que des freins ; et la guitare, toute en nuances, noublie pas de souligner les plages par des effluves de distorsion fort à propos. En bref, une dramaturgie parfaitement harmonisée. CF
4
À ranger entre Tindersticks et Geneva
Purple Confusion
The sound of the atom splitting
(Gooom/Chronowax) - 12 titres, 54m19s - Produit par Morgan Daguenet et Jean-Philippe Talaga - Disponible.
www.gooom.com
techno. Ça ne fait pas très longtemps que lon entend parler du label Gooom (ce disque est sa 17ème sortie), mais déjà, on commence à trouver ce label passionnant. Et à lécoute de ce projet réunissant une partie de ses meilleurs artistes, ça semble se confirmer. En fait, Purple Confusion nest pas un vrai groupe. Il s&Mac226;agit dun projet semblable aux projets This Mortal Coil et The Hope Blister chez 4AD : des artistes maison réunis autour du D.A. du label, Ivo Watts Russel, qui met la main à la pâte. Sur ce son de la désintégration de latome (belle description de leur musique), on retrouve Anthony et Nicolas de M83 (groupe responsable de lune plus belles claques électro de 2001) ou Morgan du groupe Mils. Avec le patron de Gooom, ils tissent à plusieurs mains des sonorités fascinantes et ensorcelantes sur leurs machines. Quand on sait lintérêt porté par Jean-Philippe Talaga à 4AD, on ne sétonne pas quil se soit inspiré de cette idée, qui donne un album formidable. JMG
4,5
À ranger entre M83 et Boards of Canada
Rebellion
Shakespeare's Macbeth - A Tragedy In Steel
(Drakkar Records/XIIIBis Records) - 11 titres, 73m - Produit par Uwe Lulis - Disponible - www.rebellion.st
Gros cul ? Rien qu'à entendre le vacarme prétendument épique qui ouvre l'album, il y a de quoi pouffer de rire. Le mieux, c'est que la suite est à l'avenant, parfait exemple de heavy teuton cliché, mal produit, joué avec des illères et guidé par une ambition démesurée. Les churs, qui se veulent majestueux, sont complètement ratés ; le chanteur s'égosille à en chopper des polypes (s'il ne les avaient déjà) en tentant d'imiter Dickinson ; la batterie a un son de casserole ; les guitaristes rivalisent de nullité dans leurs prestations respectives ; et pour couronner le tout, les compos sont sans relief. Ça se veut tiré de MacBeth, en fait c'est tiré par les cheveux. Signalons enfin le pitoyable récitatif entre les morceaux, qu'on finit par apprécier car il est rigolo et ne casse pas les oreilles. Un naufrage. HD
1
À ranger entre Sacred Steel et son fessart
Req
Sketchbook
(Warp/PIAS) 14 titres, 67m15s Produit par Req Disponible - www.warprecords.com
Electro experimentale. Req est davantage connu pour ses talents de grapheur : avant-gardiste graphique (paraît-il), sa musique ressemble à ses uvres plastiques. Le maître mot ici nest pas de construire des titres faciles et symétriques, mais bien de tenter des expériences sonores, quitte à en perdre le sens mélodique comme sur le titre douverture, Loop Bass, où le ruissellement liquide occupe une place majeure. Le reste des morceaux navigue entre feeling aérien et incursions discrètes de cuivres et de claviers. Minimaliste dans lesprit, le troisième album de Req est intéressant, mais nest pas à conseiller aux novices en quête dintroduction à la musique électronique. CDO
2.5
À ranger entre Mils et Cook
Righteous Boy
I sing because of you
(Island/Universal) 12 titres, 47m12s Produit par Sebastian Borg - Disponible
http://righteousboy.com
Pop taciturne. Righteous Boy nest autre que le nouveau groupe du bassiste des Cardigans, Magnus Sveningsson, qui sest accordé un petit intermède pour mettre en exergue ses propres compositions. Celles-ci se concentrent autour dune pop aussi planante quaplanie, entendez par là quaucun instrument ne joue plus fort que lautre, tout nest quintimisme, murmure, sourdine. Rares sont les titres qui sacheminent vers des montées en puissance, comme les très beaux Elephant Man et You Better Do Good. Le reste se déroule gentiment, bercé par de jolis arrangements et la voix doutre-tombe de Magnus, dans une homogénéité anesthésiante et tristounette. À envisager au mieux comme un apaisant fond sonore pour les soirées Scrabble. CV
2,5
À ranger entre les Cardigans et les charentaises
Rinôçérôse
Music Kill Me
(V2/Virgin) - 12 titres, 61m05s - Produit par Rinôçérôse Disponible - www.v2.com
House. Lorsque Jean-Phil et Patou sortent leur premier LP, Installation Sonore, il y a maintenant plus de deux ans, la house music frenchy se morfond dans une banalité toute underground. Le concept des guitares et des cuivres sur des beats dance floor plaît et séduit la planète entière. Avec raison, puisque ce premier jet est fort réussi. En ce qui concerne Music Kill Me, les deux ex-psychologues réitèrent donc lexpérience avec cette fois-ci une légère redite qui, après la vague St Germain et le E-Jazz, ne fait quenfoncer des portes ouvertes. Lalbum tient toutefois la route, misant sur un certain comique (cf Obsèques dun Guitare Hero) sans arriver à sextraire de ses références trop évidentes. CDO
3
À ranger entre Bob Sinclar et Modjo
Robots In Disguise
Robots In Disguise
(Splinter/Recall) - 11 titres, 48m 57s Produit par Chris Corner Disponible
www.robotsindisguise.com
Electro Pop. Voici deux jeunes anglaises signées sur le label de Sneaker Pimps dont le chanteur produit le premier album. Leur musique se veut à mi-chemin de la pop délurée et de climats plus orientés électroniquement. Elle mélange donc rythmiques primesautières, vocaux acidulés et arrangements minimalistes sous-tendus par une instrumentation en grande partie programmée. Cette équivoque constitue une épine dorsale qui recèle à la fois avantages et inconvénients. Elle permet d'enrober des titres assez impersonnels dans ce qui constitue une recherche d'atmosphères, mais elle ne parvient pas, pourtant, à masquer une certaine pauvreté d'inspiration. Il eut fallu peaufiner les composition, cela sera peut-être pour une prochaine fois. CF
2,5
À ranger entre Shampoo et Lush
Rocket From The Tombs
The Day The Earth Met The
(Glitterhouse/PIAS) - 19 titres, 74m08s Certainement pas produit - Disponible - www.glitterhouse.com
Raw & Roll. Le disque commence par la version la plus déjantée (et accessoirement la plus inaudible) quil nous ait été donné dentendre du Raw Power dIggy ! Et durant une heure dix, ce nest que barbarie sonique et folie latente, avec les enregistrements live (on entend peu le public, sans doute K.O. par le poids des guitares et le choc des gargouillis vocaux) de cet ultra-cultissime groupe formé à Cleveland, en juin 74. Car Rocket From The Tombs, souvent oublié des autoproclamés encyclopédistes rock, demeure incontestablement lune des plaques tournantes de la première vague punk US. On leut doit notamment Sonic Seducer, repris ensuite par les Dead Boys de Stiv Bators (Johnny Blitz et Cheetah Chrome étant déjà de laventure RFTT) ; ou encore Final Solution, autre féroce hymne punkeux immortalisé par ces irascibles barjots
CG
3,5
À ranger entre Stooges et MC5
The Rootsman
Roots Bloody Rootsman
(Third Eye Music/Hammerbass/Nocturne) - 16 titres, 73m42s - Produit par J. Bolloten - Disponible - www.dubaction.com
Dub. The Rootsman est anglais. De son vrai nom John Bolloten, on lavait découvert en France avec la sortie en 99 de Realms Of Unseen, dont la musique était déjà très ancrée dans le dub ethno, mélangeant avec réussite ses machines avec les influences orientales. Aujourdhui, il nous revient avec cet album de remixes, composé de titres inédits enregistrés en Angleterre entre 1996 et 2001. The Rootsman se revisite lui même avec talent, lorsque ce ne sont pas des producteurs tels que Ras Boras (Fr.), El Jethoor (Egypte), Jammin&Mac226; Unit (All) ou Space Activator Hole (Pologne). Au final, les ambiances crées sont éminemment évocatrices, offrant un tour du monde electro dub régénérant. Les fans de dub à langlaise seront ravis. CDO
3.5
À ranger entre The Disciples et Alpha & Omega
Running Wild
The Brotherhood
(G.U.N./XIIIBis Records) - 10 titres, 55m15s - Produit par Rock 'n' Rolf - Disponible - www.gunrecords.de
Heavy Metal (izelo !). Trop Allemand pour obtenir autre chose qu'un succès d'estime. Voilà résumée l'impression laissée par Running Wild dans notre pays, qu'il ignore d'ailleurs superbement depuis de longues années. Et pourtant, au royaume des grands croyants dans la cause heavy germanique 80s, ce bon Rock 'n' Rolf (notez aussi que le patronyme risque de ne pas aider à la crédibilité auprès des détracteurs), leader de Running Wild, pourrait allègrement passer pour une grenouille de bénitier. Le revoilà avec ses riffs carrés, ses rythmes carrés, ses compos carrées et donc, plus généralement, son efficacité. Sans surprise pour les fans, The Brotherhood demeurera abscons pour le reste du monde. Et cela ne changera en rien la vision de Running Wild, qui mérite pourtant mieux que le statut "culte" qui est le sien. HD
3,5
À ranger entre Accept et Grave Digger
Saxon
Crusader
(Axe Killer/FGL) 13 titres, 54m54s Produit par Kevin Beamish Disponible
www.saxon.com
Légende dépoussiérée. Saxon a toujours été plus ou moins considéré comme une formation de seconde zone, loin derrière les soi-disant pur-sang arabes ayant pour nom Iron Maiden, Judas Priest ou bien encore Def Leppard, et pourtant
Pourtant, messieurs Byford, Quinn et autre Oliver auraient largement mérité de figurer en bonne place sur cet imaginaire podium, tant est grande leur aptitude à trousser de bien juteux albums, dont ce Crusader (lun des tout premiers) remis au goût du jour grâce à une savante remasterisation et agrémenté de trois bonus tracks pas piqués des hannetons, dont un The Medley live incluant les titres Heavy Metal Thunder/Stand Up And Be Counted/Taking Your Chances/Warrior, un régal de plus de neuf minutes ! Le rock & roll de Saxon, mâtiné de metal viril, est toujours aussi agréable à écouter, chose quon ne peut plus dire concernant certains des dinosaures précités
TS
4
À ranger entre Denim And Leather et un bon vieux Diamond Head
Sin
Errare Digital Est
(Recall) 12 titres, 78m 02s produit par V. Brunello Disponible
www.sin-music.com
Rock Industriel. Ce trio français avait déjà sorti un album chez Virgin, il y a quatre ans, album qui se voulait une réponse au techno rock anglo-saxon. Errare Digitum Est poursuit dans la même veine. On ne peut pas dire pourtant que le groupe se distingue de ses modèles dans la mesure où il ne fait que creuser un sillon précédemment exploré par Prodigy ou autres Aphex Twins. Qu'il y parvienne avec justesse et pertinence est indéniable, cela n'est déjà pas trop mal. Qu'il reprenne le "Army Of Me" de Björk prouve qu'ils peuvent se décloisonner de stéréotypes. À eux maintenant de montrer que cette avancée n'est pas vaine et révèle une véritable et nécessaire ouverture. CF
3
À ranger entre NIN et Ministry
Sister Sonny
The Bandit Lab
(Rec90/Pop Lane) 17 titres, 70m21s Produit par Sister Sonny Disponible
www.rec90.com
Easy Pop. Il est une tendance qui sexemplifie de façon flagrante chez les Norvégiens de Sister Sonny : le recyclage de ce que lon appelait autrefois leasy listening. Il était de bon temps de renvoyer tout cela sous le vocable de variété et de ny voir que le sous-courant commercial de la révolution pop. Depuis, cette musique a acquis ses lettres de noblesse, dans la mesure où elle a su montrer intensité et émotion. Dire que Sister Sonny révolutionne le genre serait exagéré, mais lon ne peut sempêcher de vibrer à ces refrains et ces arrangements où le rudimentaire côtoie le sophistiqué. Puisque les Sister Sonny ne sont pas des faiseurs, le reste appartiendra à qui trouvera profondeur à ces climats où lambient le dispute à laccessibilité. CF
3
À ranger entre Depeche Mode et A Ha
Sigmund Snopek III
Roy Rogers Meets Albert Einstein
(Musea) 14 titres, 48m42s Produit par Divers Disponible
www.musearecords.com
Barjerie. Sigmund Snopek III est surtout connu pour avoir été lorchestrateur du backing band monstrueusement hétéroclite des plus folles années des Violent Femmes. Parallèlement à ça, il a enregistré de nombreuses choses plus personnelles, et totalement originales, qui ressortent chez nous sporadiquement sur le label Musea. Après un double album concept bigarré, dans une veine prog seventies, il nous revient ici avec ce disque de jazz-rock progressif instrumental sarticulant en trois parties, dont la très longue plage donnant son titre à lalbum. Cest particulièrement étonnant, à défaut dêtre totalement détonnant, et le moins que lon puisse dire est que cet album restera hermétique à ceux qui ne sont pas habitués aux plongées musicales les plus abyssales. Bel effort. CG
3,5
À ranger entre Frank Zappa et Henry Cow
Snowdogs
Animal Farm
(Victory Records) - 11 titres - 40m25s - Produit par Ville et Mat Lepanen et François Descamps - Disponible.
www.snowdogs.co.uk
Punk mélodique. Une belle photo en noir et blanc de répression policière au pays de sa très gracieuse majesté pour une ressortie mondiale du premier album de ce trio punk formé en 1997 et composé de deux frangins nés en Finlande, installés à Atlanta et augmentés dun batteur anglais. Pratiquant un rock sauvage et décoiffant, le combo sait aussi faire la part belle à laspect mélodique et nhésite pas à délaisser lincontournable combinaison basse, guitare, batterie pour utiliser le piano (les deux frangins ont dabord eu une formation de pianistes classiques ! ) et autres instruments atypiques dans ce type de musique. Bon, cest vrai, les Snowdogs nont pas inventé la poudre et leur Animal Farm (belle référence orwellienne) ne révolutionne pas franchement le genre. Mais dans le modeste registre quils se sont fixé, les objectifs sont pleinement atteints et les amateurs de tueries brut de décoffrage ne sauraient rester insensibles au aboiements agressifs et incisifs et décapants de ces chiens de traîneaux fort sympathiques au demeurant. PR.
3,5
À ranger entre The Offspring et Green Day
The Sons Of The Desert
Goodbye Noises Everywhere
(Emarcy/Universal Jazz) - 12 Titres, 49m03s - Produit par Sons Of The Desert Disponible
Jazz. Une distorsion sur une mandoline
Des riffs limite heavy metal, des titres pop, dautres plus épurés ou encore dans la lignée des formations jazz traditionnelles. Ainsi sanime lunivers décalé dErwan lIrlandais et de Tracey, sa chanteuse de charme. Si lenregistrement nest en rien comparable avec dautres délicatesses du catalogue Emarcy, on jure quil trouverait une place dhonneur chez le défricheur quest parfois Virgin Labels où papillonnent de joyeux OVNI. La tendance sinverserait-elle ? Ce Goodbye Noises Everywhere ferait le bonheur des fanas de pop visionnaire, ceux suffisamment motivés pour voir sous la pluie laffiche des Transmusicales de Rennes et ses groupes noisy. Prenez le train en marche avant quil ne soit trop barré
LE
3
À ranger entre T Rex et Helen Merrill
Soul Designer
Walking On A Little Cloud
(F Com) - 12 Titres, 64m03s - Produit par Fabrice Lig Disponible
www.fcom.fr
Crossroads. Sympa cet album. Récemment repéré dans le sillage de F Com, ce Belge fait partie de cette génération influencée par la scène de Detroit, bien quici on tire un bord vers Chicago. Alors, techno, house, tech-house ? Difficile de discerner où est la frontière tant il amalgame les influences, puis les manipule jusquà en changer leurs textures. Doù un album punchy, mais surtout mélodique, ce qui souvent fait cruellement défaut aux vinyles du genre. Soul Designer porte donc bien son pseudo en affirmant une véritable volonté daller au-delà du set pousse-boutons généralement de rigueur, en nous offre ici un premier album sûrement mûri à force daller-retour vers les clubs US où il mixe parfois. Mais ici, le caractère du personnage prime sur léventuel savoir-faire. Vraiment original
LE
3
À ranger entre Demon et UDG
Spoiler
Mudn Glitter
(Suburban/United Music Company) 10 titres, 54m07s Produit par Peter Kloos & Spoiler Disponible
www.spoiler.nl
Rock hard. Spoiler est un entonnoir magique qui ingurgite tout ce que le rock sévèrement burné a compté de grands moments ces trois dernières décennies, pour nous le recracher en pleine poire. Pas de gavage ici, mais dirrésistibles montées en puissance, de lourdes guitares qui collent aux pattes (deph ?) et quelques good vibes bien se(ve)nties. Ça suinte lhuile bon marché, le carton sur cactus, lessence pas ordinaire, les relents de pot déchappement sur des horizons sans fin noir pétrole. Au passage, le Electrifying de la B.O. de Grease est superbement distordu, à limage de ces compositions personnelles lourdes et tarabiscotées, qui ne semblent sarrêter quaprès épuisement des parties en présence. Une belle grosse trique, larrière-train rôti par les flammes de lenfer sur lautoroute du même nom
CG
4
À ranger entre Clutch et Black Sabbath
St Thomas
Im Coming Home
(City Slang/Labels) - 12 titres, 48m02 - Produit par St Thomas - Disponible
www.labels.tm.fr
Folk-rock norvégien. Linstant norvégien des Rossin des Bois
Thomas Hansen alias St Thomas nous vient dOslo et a beaucoup écouté Neil Young. Après avoir bossé comme facteur, le bonhomme fasciné par la culture ricaine en général et la musique country en particulier, se lance dans une carrière musicale et nous livre aujourdhui son premier vrai album dans le registre chansons tristes au coin dun bon feu de bois. Si la voix haut perchée et le falsetto évoquent irrésistiblement le grand Neil, les compos fragiles et les paroles souvent absurdes voire absconses relèvent quant à elles dun certain gothisme rural à la Will Oldham où de lunivers déjanté dun David Lynch. Plutôt doué au niveau de linspiration, lami Hansen nous fait insidieusement pénétrer dans son univers au gré de ses balades dépouillées tantôt sarcastiques, tantôt déchirantes qui, au vu du renouveau dun certain country folk, laissent augurer dun avenir radieux, bien loin des fjords. St Thomas, priez pour nous
PR
3,5
À ranger entre Neil et Young
Stateside
Twice As Gone
(Fargo/Night & Day) 12 titres, 48m18s Produit par Cahd Brown et John Paul Keith Disponible - www.fargorecords.com
Rock. Orchestré par The Stokes ou BRMC, il y aurait comme un retour en grâce du rock à guitares, simple et direct. Mais "simple" ne veut pas obligatoirement dire "simpliste", comme le prouve cet album de Stateside. Ce groupe, qui sert par ailleurs de backing band "rock