COMPACT #21 - Mars 2002 - A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z -

3eme Oeil
Avec le cœur ou rien
(Columbia/Sony Music) - 18 titres, 69m06s – Produit par Divers – Disponible - www.le-3eme-œil.com
Rap. Trois ans après la sortie d’Hier, Aujourd’hui, Demain, Boss One et Jo Popo, les deux rappeurs marseillais de 3eme Œil remettent le couvert. De leur enfance dans les quartiers nord de la cité phocéenne, ils ont gardé un regard acerbe sur le monde qui les entoure, les injustices et la misère sociale. DJ Ralph, Sayd des Mureaux (Expression Direkt), DJ Bomb et Joe Di Marco (ancien guitariste des Fugees) se sont partagés les instrus, ce qui donne des ambiances variées. Malheureusement le traitement des textes et le flow des deux rappeurs ne se détache pas vraiment de la production du rap francophone et une certaine lassitude peut envahir l’auditeur face à des thèmes déjà traités des centaines de fois. DS-D
3
À ranger entre Iam et la Fonky Family

Barry Adamson
The King Of Notting Hill
(Mute/Labels) – 11 titres, 66m 32s –Sortie le 19 mars 2002 - http://web.inter.nl.net/users/dvdhaven/adamson/
Alternative Soundtracking. Cet ancien bassiste de Magazine et de Nick Cave a ensuite tout au long de sa carrière solo suivi un itinéraire atypique dans lequel il mélangeait rock industriel, dance music, post-punk abrasif et musique cinématographique. C'est ce dernier aspect qui est privilégié à l'écoute de The King Of Notting Hill tant le disque ambitionne à proposer quelque chose d'ample, proche de ce que serait une B.O. Mais s'il s'agit de collages sonores, il n'en demeure pas moins que l'album fonctionne également en termes de chansons et que celles-ci ont une tonalité "dance" prononcée. C'est le tribut à payer quand on vise à créer ces fameux climats que le bassiste a su si bien expérimenter dans les véritables B.Os. auxquelles il a collaboré. CF
3,5
À ranger entre Ennio Morricone et Ultravox

American Head Charge
The War Of Art
(American/Universal) - 16 titres, 58m19s - Produit par Rick Rubin - Disponible - www.headcharge.com
Néo metal commun. En quinze secondes et deux riffs, on a tout de suite compris à qui on est adressé : encore une bande de rebelles qui se la jouent metal. Au menu, une succession de choses déjà entendues, de la pesanteur mêlée à une attaque permanente, quelques bidouillages électriques pour faire genre, une alternance de chant hurlé avec des passages plus grungy et trois notes de piano pour casser le rythme, de temps à autre. Ce n'est pas mal fait, mais il y a mieux dans le même genre et la file commence à devenir vraiment très longue, aux portes de la reconnaissance. Devant l'accumulation, on frôle l'indigestion et American Head Charge ne fait pas la différence. Seuls les ultra fans du style devraient y trouver leur compte. Enfin, la pochette est réussie : j'envoie un fax à mon cheval pour l'en avertir. HD
2
À ranger entre Pantera et Slipknot

Ange
Tome 87
(Musea) - 11 titres, 57m50s - Disponible - www.updlm.com
Retour vers le futur. En 1987, le label Baillemont organise un concert au Zénith avec plusieurs groupes des années 70 dont la tête d’affiche est Ange. Devant plusieurs milliers de spectateurs, le groupe des frères Décamps triomphe haut la main. À l’heure où Ange fête cette année ses trente ans discographiques, ce live prouve à nouveau la puissance scénique du combo franc-comtois. Onze classiques (dont une version somptueuse de “Tout Feu Tout Flamme”), boostés par un Décamps qui n’a jamais chanté avec autant de hargne, nous rappellent que Ange a écrit quelques unes des plus belles pages de la musique rock hexagonale. À signaler enfin que ce CD contient une piste CD-Rom avec une interview de Christian Décamps, réalisée par Bruno Versmisse (ex-Rockstyle Magazine et co-auteur d’une biographie du groupe). TB
4
À ranger entre Tome VI et Rideau !

Archive
You All Look The Same To Me
(EastWest) - 10 Titres, 64m39s - Produit par Archive – Disponible - www.archives-archive.co.uk
Rock in vitro. Il aura fallu trois albums pour qu’Archive prenne sa vitesse de croisière… C’est promis, juré, ils se sentent enfin à l’aise dans leurs pompes et suffisamment en confiance pour changer une nouvelle fois de cap, voire s’y tenir… Tous leurs disques se suivent, mais ne se ressemblent pas, You All Look The Same To Me ne déroge à cette règle, après l’électro, on s’oriente vers un quatrième album rock. Voilà ce que nous inspire ce troisième volet (outre le sentiment de se laisser mener en bateau depuis des années) en quelque sorte l’amorce d’une suite plus fringante. Ils auraient d’ailleurs dû garder ces titres vaporeux pour un double CD plutôt que de nous servir un sous Meddle poussif. Prévoyez donc un bon moment avant de l’apprécier ! LE
3
À ranger entre Stigh Strandh et Pram

Arno
Charles Ernest
(Delabel) - 15 titres, 55m22s - Sortie le 26 février.
Chanson & Rockattitude. Arno est un acharné, il creuse éperdument le même sillon qu’il a commencé à hanter après l’arrêt brusque de son groupe, TC Matic, à coup d’albums faussement azimutés, mais réellement témoins de sa personnalité un rien fantasque et de la façon dont il se joue et déjoue apparences, faux-semblants et faits exprès. Jouant sur les mots autant que les joyeuses dissonances d’un barnum rock & barje, le Belge fait la bête pour mieux titiller son intelligence, et accessoirement celle de ceux qui acceptent de le suivre sur ce terrain plus ou moins glissant. Ainsi se succèdent dérives vocales, mélodies malaxées et textes franco-anglo-barrés. Arno est pleinement maître de son mal de vivre, de ses mots d’en vivre, de son moi à suivre, de ses maux, émois… Et d’en rire !… CG
4
À ranger entre déconfiture assumée et viennoiseries

At Vance
Only Human
(NTS/Wagram) - 13 titres, 63m45s - Produit par Sasha Paeth - Disponible - www.at-vance.com
Heavy mélodique. Lorsque l'on compte dans ses rangs un chanteur de la classe d'Oliver Hartmann, il n'est même pas besoin de se creuser la tête à faire des compos brillantes : l'essentiel sera assuré quoi qu'il arrive. Mais, pour son troisième album, At Vance ajoute la manière à l'art et des morceaux en béton à la voix chaude et vibrante du sieur Hartmann. Il en résulte une collection de chansons superbes, harmonieuses, parfois teintées 70s, influencées musique classique, et empruntes de beaucoup de distinction. La virtuosité du guitariste Olaf Lenk (ex Zed Yago) ne tourne jamais à la démonstration, puissance et mélodie règnent en maîtres sur un orage emphasé, peuplé de refrains conquérants, de claviers judicieusement placés et de riffs magistraux. Vraiment, ces allemands ont de la classe ! HD
4,5
A ranger entre Rainbow et Symphony X

Issa Bagayogo
Timbuktu
(Six Degrees records/Nocturne) - 12 titres, 57m21s – Produit par Issa Bagayogo – Sortie le 22 février
Techno-Africa. Surnommé au Mali, son pays d’origine, “Techno Issa”, Issa Bagayogo aidé de deux français installé à Bamako a concocté un mix de musique africaine traditionnelle et de samples électro. Le résultat est étonnant et l’alliage entre ces deux cultures prend parfaitement, essentiellement parce qu’il est travaillé sur place, au Mali. Timbuktu, après Sya, son premier album (qui sera réédité courant 2002) réussit une nouvelle fois à allier modernité et tradition tout en gardant dans ses textes une inspiration typiquement africaine. Expert en kamalé n’goni, une harpe à six cordes et chanteur inspiré, Issa Bagayogo pourrait bien représenter le renouveau de la musique africaine. DS-D
3,5
À ranger entre Afro Celt Sound System et Mamani Keita

Sophie Ellis-Bextor
Read my lips
(Polydor) – 10 titres, 40m30s – Produit par divers
Disponible - www.sophieellisbextor.com
Dance. Eh ben si ça, ça marche pas, c’est à n’y plus rien comprendre ! Déjà, on sent le grand luxe, la mise en boîte hyper travaillée avec une armada de producteurs, le mixage aux petits oignons et un indéniable flair commercial. Chaque titre semble avoir été pensé pour faire un carton et l’image très papier glacé de Miss Ellis-Bextor (sorte de croisement entre Audrey Hepburn et Kate Moss) ne nuira sûrement pas au bon déroulement de sa carrière. Mais au fait, de quoi s’agit-il ? C’est bien simple, mettez dans un shaker Kylie Minogue, Dido, Madonna, Cher et Abba, secouez fort et vous obtiendrez un album de dance très imbibé de disco, très groovy, très aguicheur, très variet’, où la dimension émotionnelle et l’innovation n’ont pas leur place. CV
1,5
À ranger entre Kylie Minogue et Abba

Big Soul
Funky Beats Vol. 1
(Vogue/BMG) - 12 titres, 45m42s - Produit par Big Soul - Sortie le 19 mars 2002 - www.bigsoul.com
Funky rock. Joyeux fourre-tout (rock, hip hop, soul, pop, dance…), Funky Beats Vol. 1 enfonce le clou du mythique et précédent premier album. Les titres "Le Brio" et "Hippy Hippy Shake" furent, dans l'esprit Deelite mais à la fin des 90s, deux tubes aussi énormes qu'inattendus pour ces natifs de San Francisco adoptés par les clubs hexagonaux. Scratches à gogo et petits riffs mutins guident l'auditeur dans ce parcours sonore festif et plutôt original, répétitif et lascif, sainement humoristique. Imprégnés de groove sixties autant que de disco late 70s, les musiciens de Big Soul ont un talent indéniable, qui leur permet de se forger une personnalité qui dépasse l'anecdotique recyclage des sons et de l'esprit des dancefloors les plus fréquentés. MEK
4
À ranger entre The Bloodhoundgang et les Little Rabbits

Black Label Societty
1919 * Eternal
(Spitire/Edel) - 14 titres, 63m45s - Produit par Zakk Wylde - Disponible
Hard rock bien monté. Est-ce pour se racheter de s'être compromis dans l'infâme et mollasson Down To Earth, l'album d'Ozzy Osbourne qui égratigne sa légende, toujours est-il que Zakk Wylde, bouillant guitariste, revient avec son propre groupe et… il tue ! Que dire de plus concernant ce 1919 * Eternal si ce n'est qu'il consiste en une brochette cramoisie de riffs typiquement hard rock primaire, d'une sauvagerie virile tout à fait convaincante. Le chant est braillard au possible, la guitare riche et stylée, l'ensemble compact et puissant, les idées innombrables. Quatorze morceaux dont chacun possède sa propre identité, vont certainement suffire à vous envoyer au paradis du hard éternel, celui qui ne se démode pas et ne régresse jamais. Bravo mister Wylde ! HD
4
À ranger entre Crowbar et Ted Nugent

Blaze
Tenth Dimension
(SPV/Wagram) - 12 titres, 58m19s - Produit par Andy Sneap - Disponible - www.spv.de
Heavy metal. Certains ont jadis prétendu : "hors du parti, point de salut". Un curieux adage qui pourrait presque s'appliquer à tous ceux qui ont connu la lumière au sein du phare que fut et que demeure Iron Maiden. Mais ce bon Blaze Bayley ne l'entend certainement pas ainsi et a choisi le meilleur moyen de faire parler de lui : proposer un heavy de qualité. Ce deuxième album solo post-Maiden distille un metal sombre et mélodique à la fois, ponctué de vocaux caractéristiques et guidés par une inspiration toujours bien présente. Un condensé de riffs épais et de phrasés dynamiques, soutenus par une production très "rock" dans l'esprit, cela suffira-t-il à convaincre le peuple metal dans les grandes largeurs ? On ne peut que le souhaiter, mais pas (encore) l'affirmer. HD
4
À ranger entre Black Sabbath et Iron Maiden

Mike Brooks
Book Of Revelation
(Nocturne) - 15 titres, 56m27s – Produit par Mike Brooks – Disponible - www.nocturne.fr
Reggae. Mike Brooks n’est pas un nouveau venu de la scène jamaïquaine, puisqu’il débuta à la fin des seventies. D’abord chanteur du groupe The Rots, il continuera en solo après la séparation du groupe, avant de se consacrer à une carrière de producteur. C’est sur son label Teem que sortiront la majorité de ses productions pour des artistes comme les Mighty Diamonds ou Anthony Johnson. Installé à Londres depuis le début des années quatre-vingt, il continue son travail de producteur tout en enregistrant de nombreux titres que l’on retrouve sur ce Book Of Revelation. Avec une voix étonnante, que l’on a plus l’habitude de retrouver dans la soul ou le rhytm’n’blues, Mike Brooks possède une véritable originalité qui mérite le détour. DS-D
3
À ranger entre Anthony B et Lee Perry

Brother Resistance
When De Riddum Explode
(Rituals Music/Nocturne) - 22 titres, 67m 09s – Produit par Martin Raymond – Disponible - www.ritualsmusic.com
Rapso. Le problème avec le rapso de Brother Resistance (inventeur du genre) est qu’il vous prend au moment où vous vous y attendez le moins. La tête balance d’avant en arrière et vous commencez à sentir des fourmis dans les jambes à peine le disque posé sur la platine. Puisant ses racines dans les rythmes traditionnels afro-caribéens, Brother Resistance allie les chants griots datant de l’esclavage et les percussions de Trinidad (les steel drums). When De Riddum Explode offre un large éventail de son art, plus de vingt morceaux, et détaille son message militant de lutte contre l’oppression et l’injustice. Outre la présence de la guitare de Nitin Sawhney sur “No Communion”, on retrouve avec bonheur Marc Bolan et son “Children of the Revolution” samplé sur “Aluta Continua”, ce qui prouve bien que le rapso aboli les frontières. DS-D
4,5
À ranger entre Linton Kwesi Johnson et Fela

Bullfrog
A Little Ropeacedope Disc
(Ropeadope – Naïve) – 17 titres, 51m06s - Produit par Bullfrog – Disponible
Funk groove. Les montréalais officient depuis 1994. Pas une toute jeune formation, surtout lorsque l’on sait que Kid Koala (Gorillaz, Deltron 3030) se cache derrière les platines. Mais le véritable chef d’orchestre est ici Mark Robertson, à la guitare et au chant, délayant son funk down tempo au travers de lignes de basses rondes et mélodiques et de cocottes absorbantes. Du talent, ces musiciens n’en manquent pas ; seulement, il ressort de l’ensemble de ce premier album une moiteur à laquelle on aimerait bien échapper parfois, le temps de se remettre dans le rythme. Quoi qu’il en soit, assurons que les canadiens devraient offrir toutes leurs potentialités sur scène, la qualité étant bel et bien présente. CD’O
3
À ranger entre US3 et Galactic

Camel
The Paris Collection
(Camel Productions/Musea) - 10 titres, 71m08s - Disponible - www.camelproductions.com
Déjà entendu. Après une bonne vingtaine d’albums, il est étonnant de constater qu’un groupe aussi intéressant que Camel, fer de lance du progressif léché, n’arrive pas à se renouveler sur scène. En effet, pourquoi Andy Latimer, fin compositeur s’il en est, nous propose aujourd’hui ce live dont cinq des dix titres figurent déjà sur le superbe Never Let Go de 1993, alors que le groupe a sorti des albums entre-temps ? Issus de Dust And Dreams ou plus anciens, les morceaux ici présents nous rappellent que Camel est un savant faiseur de mélodies, alliant la fluidité du jeu de guitare à une vraie science des refrains imparables. Dommage seulement que le panel choisi soit aussi restreint, faisant doublon avec le dernier live officiel sorti il y a quelques années. On attend beaucoup mieux d’un groupe aussi subtil. TB
2
À ranger (peut-être) avec les autres Camel

Larry Carlton
Deep into it
(Warner Jazz) - 11 titres, 55m05s - Produit par Paul Brown et Larry Carlton – Disponible - www.wbjazz.com
Smooth jazz. Voici un guitariste doué, qui joue très bien et sait faire durer les jolies notes sur son instrument. Seulement voilà, il ne suffit pas d’être bon musicien, et d’avoir accompagné les meilleurs (Michael Jackson, Quincy Jones, Joni Mitchell) pour faire un bon album solo. Sûr que comme sideman, Carlton devait faire le poids, mais livré à lui-même, il nous sert des titres bien fades mais très léchés. Deep Into It est un album en pilote automatique, qui s’écouterait très bien en voiture (du “driving jazz”), ou dont les titres pourraient servir de jingles la nuit pour une radio d’infos. Le smooth jazz n’a pas de prétention, sinon celui de faire passe le temps. Il faut de vraies chansons, portées par des voix soul féminines (Wendy Moten sur “ I Still Believe ”, et Shai sur “ I Can&Mac226;t Tell You Why ”) pour que la mayonnaise commence à prendre. Mais l’album reste décevant au final : trop prévisible, sans folie, sans grande inspiration. Tout ça peine à décoller, à nous emmener loin… JMG
1
À ranger entre Joe Satriani et Stevie Ray Vaughan

Cyrus Chestnut
Soul Food
(Atlantic) - 11 titres, 55m47s - Produit par Cyrus Chestnut – Disponible - www.atlantic-records.com
Jazz. Ambiance classieuse pour ce trio emmené par le pianiste noir Cyrus Chestnut. Un trio en composé de Christian McBride à la contrebasse et Lewis Nash à la batterie qui va puiser dans le gospel et le rythm and blues cette “nourriture de l’âme” pour la coucher sur disque. Ce “noyau dur” a vu ses rangs sont grossis par des invités : des saxophonistes (dont le tenor James Carter et l’alto Gary Bartz), un vibraphoniste, un joueur de trombone et un trompettiste sont venus les rejoindre. Et le résultat swingue comme il faut ; Cyrus emmenant sa bande dans des territoires jazzy bien balisés dont chacun peut s’écarter à sa guise tant que cela sert le morceau. Avec Chestnut au clavier, on n’a pas affaire à un romantique qui économise ses notes, ni à un “chien fou” qui s’amuse à partir dans tous les sens, mais à bon artisan de la vibration jazz, qui s’en donne à cœur joie. Une joie communicative. JMG
3,5
À ranger entre Duke Ellington et Thelonious Monk

Popa Chubby
The Good, The Bad & The Chubby
(Dixiefrog/Night&Day) - 12 titres, une bonne heure de bonheur - Produit par Popa Chubby - Sortie début mars - www.popachubby.com
Chubblues certifié. Bon, il était temps que le Popa nous offre un vrai album de Chubblues garanti, car entre son disque de covers -certes récréatif- et la promotion de ses potes new yorkais -parfaitement respectable- il négligeait un peu l'essentiel de son imposant lui-même. Mais cela valait la peine d'attendre, car voici sans doute un de ses meilleurs disques, puisqu'enrichi de toutes les expériences qu'il a faites précédemment. On pouvait trouver qu'au début, sa musique, certes pétulante, était toute d'une pièce -et quelle pièce… Aujourd'hui, c'est un véritable kaléidoscope, chaque morceau propose une escapade dans un décor musical différent, et à chaque fois le Popa démultiplié s'en tire tout à son aise, comme sur le surprenant et jubilatoire "I'll Be There For You". Le chubblues est devenu multiforme, excentrique, et encore meilleur. HP
4,5
Impossible à ranger

Clà
Lustro
(EMI) – 13 titres, 50m36s – Produit par Mario Barreiros et Carlos Tê – Disponible - www.emi.fr
Pop. Il n’y a pas que le fado et la morue au Portugal, on y trouve aussi des groupes alternatifs assez surprenants, comme le démontre Clà avec ce troisième album (qui nous arrive tardivement en France puisqu’il date de 2000). Sans crier au génie, force est de reconnaître que cette joyeuse bande (cinq gars et une fille) a de quoi captiver l’attention. Passant aussi bien de la pop rigolote à une electro trip-hop plus sophistiquée, ces treize titres ont en tout cas en commun un souci évident d’originalité, de belles qualités musicales et une chanteuse qui nous met sous le charme de sa langue natale. Jamais redondant et doté d’une vraie personnalité, Lustro est le type même d’album qui agacera les uns et emballera les autres. CV
3,5
À ranger entre les B-52’s et Hooverphonic

Company Of Snakes
Burst The Bubble
(Steamhammer/Wagram) - 15 titres, 63m 03s - Produit par Nikolo Kotzev – Disponible - www.spv.de
Boogie chromé. The Company Of Snakes est en fait quasiment le Whitesnake d'origine, avec Marsden, Moody, Murray, mais sans Coverdale, quand même. Reformé pour combler la nostalgie des fans sevrés de boogie platiné, et surpris par son succès en tournée, le groupe s'offre désormais une seconde jeunesse. À l'écoute de ce disque studio suivant un live très émoustillant, on se dit que ces gaillards n'ont pas perdu la main, et cet album pourrait passer sans problème pour le successeur de Trouble ou de Ready & Willing. Évidemment, il manque Coverdale, plus ou moins bien remplacé par le suédois Stefan Berggren, qui fait plus penser à Rogers ou Dio, et donne à regretter le grand Jorn Lande qui tenait sa place. Mais on passe malgré tout un sacré bon moment à déguster ce VSOP heavy boogie. HP
3,5
À ranger entre Whitesnake et Status Quo

Cornershop
Cornershop
(Wiiija/Labels) – 13 titres, 60m 54s – produit par Tjinder Singh – Sortie fin février 2002 - www.cornershop.com
Rock Alternatif. On sait que Cornershop était au départ un combo qui essayait de mélanger rock indépendant et musique indienne. Il y était parvenu et il a le mérite, sur ce nouvel album, de continuer à vouloir s'affranchir de cette formule. Si certains éléments y figurent encore (en particulier tout ce qui est répétitif et induit un effet de transe), Singh a choisi d'enrober sa musique d'électronique ("Music Plus 1") ou, a contrario, de puiser dans des options que n'auraient pas renié Ian Dury ("Sharing The Plaguing Of The Raised Platform"). Le résultat est frappant, impressionnant même tant on a l'impression, sur l'heure du disque, d'assister à un inventaire de ce que la musique actuelle fédère le mieux aujourd'hui. Époustouflant ! CF
5
À ranger entre Fat Boy Slim et Beck

Cox6
So Keep On Moving It !
(Cinevia Sounds/EMI) – 14 titres, 57m15s – Produit par Varoujan Fau - Sortie le 28 février - www.emi.fr
House. En théorie, la house est censée donner une furieuse envie de bouger, de danser, ou au moins de taper du pied. Celle-ci ne vous distrait même pas quand vous écrivez, imperturbable, derrière votre ordinateur. Y’a donc comme un petit souci. Musicalement, ce binôme lyonnais assure. Servis par une bonne louche de disco et des arrangements électroniques inventifs, les morceaux sont propres, agréables à l’écoute, mais pas ébouriffants pour un sou. Lorsqu’ils atteignent leur seuil d’intensité maximale, on a le sentiment que ça commence tout juste à s’exciter un peu. On se dit “Chouette, ça y est, ça va enfin décoller”, et paf, ça s’arrête. Tiède, allégée et artistiquement correcte, c’est de la house pour Bal des Débutantes. CV
2
À ranger entre i:cube et Bob Sinclar

Curtain
Second Floor Paradise
(Autoproduit. Dispo dans les FNAC et par VPC) - 5 titres - 25m 09s - Produit par Curtain – Disponible - www.multimania.com/curtain
French dark wave. À l’heure où de l’autre côté du Channel, les dinosaures de la new wave et du courant gothique semblent vouloir renaître de leurs cendres (écouter donc le dernier et excellent album de The Mission), des petits groupes bien de chez nous perpétuent courageusement ce genre qui berça nos années 80. Curtain fait partie du lot et pourrait bien se distinguer comme le fer de lance de ce sympathique renouveau. Après No Flowers By Request, premier album bien accueilli par la presse et le public (message perso : vous pouvez m’en envoyer un exemplaire les mecs ?), le groupe revient avec ce mini album autoproduit qui s’avère être une excellente surprise à tous les nivaux. Emmanuel Burget se révèle aussi bon chanteur que guitariste, les lignes de basse de François Péronet évoquent celle de Peter Hook, les claviers de Dominique Jean tissent une sombre toile atmosphérique, et les rythmiques puissantes de Gilles Mahé n’ont rien à envier à celles de Steven Morris. En résumé, Curtain n’a vraiment pas de quoi rougir de la comparaison avec ses homologues british et, foi de Rossferatu, grand fan du genre devant l’éternel, tous les amateurs de ce type de musique feraient bien d’y jeter une oreille et même les deux ! PR
4
À ranger entre Joy Division et The Cure

Etienne de Crécy
Tempovision Remixes
(Solid/V2) – 10 titres, 57m35s - Produit par divers – Disponible- www.solid.fr
Electro. On ne dira jamais assez tout le bien que l’on pense de Tempovision, version originale, sorti fin 2000. Etienne de Crécy nous avait offert alors l’album electro le plus fin et intelligent de ce début de siècle. Aujourd’hui, Monsieur Solid donne l’occasion aux DJ et producteurs comme DJ Medhi (qui sort son premier opus ces jours-ci), Demon, Alex Gopher ou encore Sébastien Léger, de revisiter les titres de son temple. Seule règle : faire du nouveau avec du pré-existant. Résultat : un dépaysement total, les tubes “Scratch” et “Am I Wrong” prennent des allures trance hypnotiques tandis que Jamie Lewis recouvre “Hold The Line” d’une house puissante. Pas de faux pas, beaucoup d’audace, bref un vrai album de remixes ! CD’O
4
À ranger près de Tempovision

Claude Demet
30 Ans d’Introversion
(CD Diffusion/Musea) - 14 titres, 55m51s – Disponible- c.ddiffusion@wanadoo.fr
Bluesy. Qui se souvient de Claude Demet ? Les plus anciens, bercés par les sons hallucinés des années 70, y trouveront leur part de nostalgie, et les plus jeunes ne sauront pas que cet excellent guitariste fut le leader d’Introversion, groupe acid-rock qui foula maintes fois les planches du Golf Drouot au tout début des seventies et qui fut adulé par les magazines spécialisés de l’époque. Depuis, Claude Demet a poursuivi son bonhomme de chemin, enregistrant une bonne pelletée d’albums, intégrant même le groupe Ange en 1978 pour Guet-Apens. Ce nouvel opus retrace en partie ce parcours atypique, où surtout prédomine le phrasé bluesy de la guitare de Demet au gré de 14 morceaux rocailleux enregistrés à diverses époques. Pour ne pas avoir la mémoire courte, voici un disque aux allures de raccourci, certes inégal, mais ô combien authentique. TB
3
À ranger entre Bill Deraime et Paul Personne

Departure Lounge
Too Late To Die Young
(Bella Union/Naïve) - 11 titres, 48m46s - Produit par Kid Loco - Sortie le 01/03/2002 - wwww.departureloungemusic.com
Pop alternative. Après un album de musique “ambient”, Tim Keegan et ses acolytes reviennent avec un disque beaucoup plus charnel qui, même s’il continue de se dérouler dans une démarche privilégiant les atmosphères s’inscrit dans le cadre beaucoup plus direct de “chansons pop”. Ce terme est à prendre dans son acceptation la plus large tant le groupe semble à l’aise aussi bien dans les climats éthérés que dans les titres plus concis et enlevés. La guitare semi-acoustique côtoie ainsi avec aisance et fluidité les claviers ou les légères touches de cuivres et d’electronica. Keegan n’oublie pas non plus qu’il officie parfois comme guitariste de Robyn Hitchcock et nous déverse quelques nuances psychédéliques qu’on ne peut que savourer. Sur Too Late To Die Young chaque morceau est un joyau, il serait souhaitable qu’un tel titre devienne plus qu’un vœu pieux. CF
4,5
À ranger entre Pernice Brothers et Luna

Dogbowl
Best of Dogbowl Volume II
(62TVrecords/Discograph) – 19 titres, 70m 45s – Produit par Divers – Disponible - http://62tvrecords.infonie.be
Rock Excentrique. Sous ce pseudonyme se cache Steven Tunney un auteur/compositeur new-yorkais auteur d'une bonne quinzaine d'albums et à l'origine leasder du groupe King Missile. Son univers est fantasque et décalé, son "songwriting" est un étonnant mélange de mélodies accrocheuses et de "lyrics" sarcastiques. Le résultat en est particulièrement ésotérique puisqu'il conjugue titres qu'on ne demanderait qu'à chantonner et qui sont comme déboulonnées par des arrangements biscornus. Ce Best Of est un florilège de raretés et d'inédits, il plongera dans des délices auditifs ceux qui se reconnaissent dans ces artistes capables d'associer talent et atypisme. CF
4
À ranger entre XTC et Magnetic Fields

Elf Power
The Winter Is Coming
(Shifty Disco/Pop Lane) - 13 titres, 51m 15s - Produit par Elf Power – Disponible - www.elfpower.com
Psychedelia. L’album précédent de nos Athéniens, A Dream In Sound, s’employait à véhiculer une pop psychédélique contemplative et plutôt onirique, celui-ci est beaucoup plus sombre et assertif. Il y a même un contraste entre cette approche que l’on pourrait qualifier de “brute” et des ébauches soniques élaborées. L’auditeur est ainsi constamment ballotté entre une immédiateté toute “pop” (jamais le concept de chansons façon Magical Mystery Tour n’a été aussi réminiscent) et des velléités expérimentalisantes de plus en plus prononcées. The Winter Is Coming a été enregistré en neuf mois ; comparée aux deux semaines pour le précédent, on saisit en quoi peaufiner un disque peut être profitable. De toutes les autres excroissances du collectif Elephant 6, Elf Power ne semble pas prêt de cesser d’évoluer, comme quoi certains “trips” ne se terminent jamais. CF
4
À ranger entre Olivia Tremor Control et Apples In Stereo

Eskobar
There’s Only Now
(V2) - 11 titres - 40m 50s - Produit par Peter Kvint , Simon Nordberg, Malcolm Pardon, Fredrik Rinman-- Sortie Mars 2002 - www.eskobar.com
Pop suédoise déchirante. Il est de ces disques inattendus dispensateurs de plaisirs aussi immédiats que durables. There’s Only Now, deuxième opus d’Eskobar, trio suédois, fait assurément partie du lot. Rien à voir avec le parrain de la maffia colombienne dans ce nom choisi au hasard, juste pour sa sonorité et plutôt évocateur d’un combo exotique à la Manu Chao ou à la Sergent Garcia que d’un groupe adepte d’une musique délicate et un brin sophistiquée à la Suede. La pochette à dominante de bleus rattrape à peine la mise : trio de minets pâlichons au look et à la coupe de douilles vaguement glam posant devant un décor urbain impersonnel. Mais surtout ne pas se fier aux apparences ! L’écoute du skeud dissipe instantanément cette impression : morceaux d’une beauté immaculée et souvent déchirants avec ce sens inné de la mélodie et aptes à filer des frissons qui ne sont l’apanage que des grands groupes. Alternant minimalisme et grandiloquence, l’album déroule ainsi sous un mode mélancolique sa succession de tubes en puissance ("Move On", "Something Is Lost", "Worship You") pour culminer par un émouvant "Someone New", en duo avec Heather Nova. Jouant le jeu de la concision (une moyenne de 3 minutes par morceau et une durée d’album de 40 minutes), Eskobar n’a guère besoin de longues digressions pour prouver son talent et l’intensité immédiate de sa musique fait mouche à tous les coups. Prenons d’ores et déjà les paris qu’à l’heure des bilans, Eskobar sera dans le peloton de tête des révélations 2002 et que leur magnifique There’s Only Now figurera au rang des plus beaux albums de cette année. PR
4, 5
À ranger entre Suede et Fra Lippo Lippi (remember them ?)

Rebecca Facey
Brownchild
(Epic) – 11 titres, 39m17s – Produit par Gunnar Nordén – Disponible - www.rebeccafacey.com
Pop/folk. Si vous vous sentez stressé en ce moment, prenez un bon bain chaud et mettez ce disque sur votre platine, ça ira beaucoup mieux après. Premier album d’une jeune Anglaise d’origine Jamaïcaine installée en Suède, Brownchild est une succession de jolies ballades mid tempo qui vous caressent les tympans et vous bercent les neurones. Le fil conducteur est une folk sucrée, discrètement mise en relief par des instruments à cordes. La frontière avec la variété devient parfois bien frêle et ne subsiste que grâce à la sobriété des arrangements et à la voix rafraîchissante de Rebecca Facey, co-auteur de l’intégralité des titres. Selon l’humeur du jour, ces derniers sembleront soit mous et monotones, soit relaxants et pleins de charme. CV
3,5
À ranger entre A Camp et Tracy Chapman

Marianne Faithfull
Kissin Time
(Hut/Virgin) – 10 titres, 44m 38s – Produit par Divers – Sortie le 4 mars 2002 - http://bbs.artistdirect.com/forumdisplay.php?forumid=16147
Rock. Beck, Dave Stewart, Blur, Pulp, Etienne Daho et Billy Corgan : telle est la liste partielle des artistes ayant collaboré avec Marianne Faithfull sur ce nouvel album. Ce rassemblement hétéroclite comportait plusieurs risques dont le premier était celui de voir la chanteuse verser dans une certaine forme d'opportunisme musical. Connaissant l'itinéraire de la vocaliste, cela apparaissait peu probable ; aussi, c'était surtout un autre danger qui pouvait paraître plus préoccupant. N'allait-elle pas diluer sa spécificité et ce qui fait sa force dans des combinaisons hasardeuses ou mal ajustées ? L'électro-funk de Beck sur "Sex With Strangers" surprend ainsi, aussi bien par sa tonalité musicale que pour le phrasé froid et distancié de son interprète. Il s'agit alors de prendre en compte la thématique du morceau (le sexe anonyme) pour comprendre en quoi il y a adéquation entre fond et forme. Dans l'ensemble il en est de même sur la plupart des morceaux puisque Corgan ou Dave Stewart semble s'être coulés dans le moule introspectif suggéré par la chanteuse. Seule exception, le "Sliding Through Life On Charm" composé par Jarvis Cocker et directement inspiré par l'autobiographie de Marianne Faithfull. Il est paradoxal que ce soit sur ce titre, le plus personnel sans doute, que la patte musicale d'un autre soit la plus prononcée. Kissin Time tient donc assez bien la route, il juxtapose professionnalisme sans sacrifier à l'émotion et diversification sans souffrir de son hétérogénéité. CF
4
À ranger entre Nico et Kathleen Brennan

Tiken Jah Fakoly
Françafrique
(Barclay/Universal) - 12 titres, 51m23s – Produit par Tyrone Downie – Sortie le 19 février
Reggae. Réveillez-vous ! C’est par ces deux mots que commence ce troisième album (pour l’Europe) de Tiken Jah, s’adressant aussi bien à ses compatriotes Ivoiriens et Africains, qu’à son public européen et français en particulier. Car le combat de Tiken Jah Fakoly n’est pas seulement musical, mais aussi politique. Le titre de cet opus, Françafrique, est d’ailleurs suffisamment explicite, la France, ses barbouzes et ses compagnies pétrolières, est responsable des troubles qui surviennent périodiquement dans l’ouest africain, et c’est ce que dénonce Tiken Jah. Côté musique, ce dernier pour Françafrique, s’est entouré de la crème des musiciens jamaïquains : les duettistes Sly & Robbie à la rythmique, Earl Smith à la guitare et Tyrone Downie aux claviers et à la production. Un troisième opus pour ce rebelle tranquille qui pourrait bien être celui de la consécration en France, l’Afrique et la Côte d’Ivoire en particulier lui étant d’ores et déjà acquises. DS-D
4,5
À ranger entre Cours d’Histoire et Mangercratie

Flexa Lyndo
Little Everyday Masterplan
(62TV Records/Discograph) – 13 titres, 46m12s – Produit par Jeny Goddess –Disponible - http://62tvrecords.infonie.be/
Pop. Ce deuxième album des Belges de Flexa Lyndo est le premier à être distribué en France. Il se revendique du courant "pop" dans la mesure où il est constitué de petites vignettes, mais Little Everyday Masterplan a plus à voir avec une musique qui viserait à créer des climats, parfois psychédéliques parfois minimalistes. Les premiers sont réalisés par une utilisation assez conséquente de l'harmonium ou du moog, les deuxièmes se manifestent par des envolées quelque peu diaphanes et une production dépouillée. Ce disque se caractérise donc finalement par une tonalité plus baroque qu'immédiate ; il parvient à ne pas être ampoulé ce qui est à noter, il n'en devient pas pour autant indispensable. CF
3
À ranger entre Lou Reed et Kevin Ayers


Neil Halstead
Sleeeping On Roads
(4AD/Labels) – 9titres, 48m26s – Produit par Neil Halstead et Nick Holton – Disponible - www.labels.tm.fr
Country alternative. Le leader de Mojave 3 et de Slowdive sort donc son premier album solo nourri des mêmes influences country et minimalistes. Les refrains sont doux et tamisés, étayés parfois par de délicates inflexions de trompette ou de sobres arrangements à cordes. L'atmosphère se veut donc spacieuse sans tomber dans la luxuriance, proche à vrai dire de ces sonorités qui semblent issues du désert de l'âme et qui égrènent climats automnaux et doux-amers. On verse parfois dans la mélancolie, parfois dans le sépulcral. Ne pourrait-on pas dire, à cet égard, que, plutôt que de jouer sur des contradictions, la country de Halstead n'est guère éloignée d'un gothique joliment vaporeux ? CF
3,5
À ranger entre Joe Pernice et Mazzy Star

Hazeldine
Orphans
(Glitterhouse/Pias) - 10 titres - 33m28s - produit par Jeff Robinson & Jeffrey Richards – Disponible - www.morebarn.com/hazeldine
Country rock féministe. Que faire de son temps et de son existence lorsque l’on est issu d’un trou paumé du Nouveau-Mexique ? Former un groupe de country par exemple… C’est sans doute ce qu’ont dû se dire les trois nénettes et le mec de Hazeldine. Après trois albums et quelques galères de maisons de disques, le quatuor rentre au bercail Glitterhouse pour signer ce joli album de reprises qui tend à démontrer son ouverture d’esprit et la versatilité de son talent. Des obscurs (et cultes pour certains) Mekons en passant par Peter Gabriel (”Cuckoo Cocoon”), Thin Lizzy, Sparklehorse ou Gram Parsons, le combo fait preuve d’un flair indiscutable dans ses choix. Culminant par une magnifique reprise du “Lucky” de Radiohead, Orphans sonnera sans doute trop country pour les allergiques à ce type de musique. N’empêche qu’il est difficile de rester insensible à l’humilité respectueuse et la beauté touchante qui imprègne ces dix chansons sélectionnées avec autant de goût que de talent. PR
3,5
À ranger entre The Walkabouts & 10.000 Maniacs

Maximilian Hecker
Infinite Love Songs
(Kitty-Yo / Ici D’Ailleurs) – 12 titres, 58m22s – Produit par Tommi Eckart – Sortie le 26 Févier - www.kitty-yo.com
Pop mélancolique. Maximilian Hecker est un jeune allemand de 23 ans et semble être d’un romantisme à toute épreuve, comme le démontre ce Infinite Love Songs, titre qui donne une petite idée du contenu de son premier album. Des chansons d’amour, ce jeune homme en a à la pelle, des mélodies douces à base de guitares et de claviers, sur lesquelles il pose sa voix languissante pour conter les méandres des passions et des sentiments. Bien que produit par Tommi Eckart, qui dans les années 80 fut l’un des chefs de file de la pop allemande, le ton de l’album est résolument british, privilégiant la mise en avant du chant et l’élaboration d’arrangements simples mais évocateurs. De très belles plages à écouter de préférence seul et d’humeur pas trop noire, sinon… gare aux baisses de moral ! CD’O
3.5
À ranger entre Nick Drake et American Music Club

The Hydromatics
Powerglide
(Freakshow, import) - 13 titres, 64m26s - Produit par Tony Slug – Disponible - www.freakshowrecords.com
Garage rock. Ah, qu’il est bon, parfois, de se laisser aller aux joies de la dérive sonique, de pressentir à la vue d’une pochette ou à la lecture d’un livret (“The Hydromatics use drums and guitars because they want the best”) qu’on a affaire à une collection de ritournelles rock & roll jusqu’au trognon de médiator ; et de savourer, dès les premiers larsens, le goût de la victoire, certes facile, mais assurant un sacré bon moment de rentre-dedans communicatif. Car si ces Hydromatics chantent “Rock & Roll, rest in peace !”, c’est pour mieux le réveiller d’entre les morts ! Et comme ces quatre-là ne sont pas les premiers venus, ils ornent parfois leur garage huilé de cuivres et/ou de chœurs (“Soulbone”), histoire de le rendre provisoirement plus présentable, dans l’unique but, une fois encore, de rendre toujours plus impressionnantes d’énergie et de gratuité défoulatoire les parties les plus virulentes. Et dans ces moments-là, ça décoiffe vraiment à tout crin !… CG
3,5
À ranger entre Sonic Assassin et Thee Hipnotics

I Am Sam
Music From And Inspired By The Motion Picture
(V2) - 19 titres, 62m09s - Produit par divers – Disponible- www.iamsammovie.com
Beatles juniors. Cela aurait pu être une série de reprises "habituelles", entre hommages sans imagination et gênantes tentatives de "relecture"… Il se trouve que ce disque est l'exception miraculeuse qui confirme la règle. Il fallait des musiciens aussi talentueux que modestes pour chanter ainsi tous ces classiques des Beatles, une dizaine de ces titres étant la bande-son du nouveau film de Sean Penn. Le plus impressionnant est d'avoir su trouver des artistes dont les personnalités sont suffisamment fortes pour ne pas avoir à en rajouter : Ben Harper ("Strawberry Fields Forever"), Grandaddy ("Revolution"), Rufus Wainwright ("Across The Universe"), Heather Nova ("We Can Work It Out"), Nick Cave, The Wallflowers, Paul Westerberg, Aimee Mann… Un bijou pur, sans fioritures ni fautes de goût. MEK
5
À ranger entre passé et présent

The Inmates
Meet The Beatles – Live In Paris
(Apex/Night & Day) - 17 titres, 51m43s - Produit par Dennis Ward – Disponible - www.riversiderecords.com
Beatleboostés. Comme beaucoup de groupes anglais de cette veine (depuis les Pretty Things jusqu’à Doctor Feelgood, en passant par tous leurs poteaux de chambrée), les Inmates sont surtout un groupe à voir sur scène, d’autant plus qu’ils ont cette faculté et cette facilité à transcender les chansons des autres en les grattant jusqu’à l’os pour n’en garder que la fibre originelle. En 87, pour les 20 ans de l’album Sgt Pepper des Beatles, ils sont invités par le journal Libération à venir assurer un concert de reprises des Fab Four. Ce live mythique ressort aujourd’hui, habilement remasterisé et surtout orné de six morceaux supplémentaires, dont “Hey Jude”, “I’m Down” et “Get Rock”. Et ces morceaux, comme tous les autres (17 en tout) n’ont jamais autant swingués !…
4
À ranger entre Doctor Feelgood et Eddie & The Hot Rods

The Isley Brothers
Eternal
(Dreamworks/Polydor) – 14 titres, 75m46s – Produit par divers – Disponible - www.theisleybrothers.com
R’n’B. “Cet album incarne la quintessence de notre travail”, “Nous sommes littéralement au sommet de notre art dans ce disque”. Ronald Isley n’en finit plus de s’envoyer des fleurs et ne fait que déchaîner davantage la rage, l’irritation, l’exaspération que procure l’écoute de cet Eternal le bien nommé, tant il s’éternise. Vétérans respectés de la soul à travers les âges, les frères Isley nous assènent aujourd’hui sa facette la plus détestable, un véritable feu d’artifice de R’n’B mièvre et de soupe funky gnangnan, d’une fadeur, d’une indolence, d’une pauvreté mélodique, d’une paresse artistique inégalables. Pire que les plus molles guimauves de Lionel Ritchie, James Ingram, Imagination et consors il y a vingt ans. Et si on passait à autre chose ? CV
0
À ranger entre du sous-Shaggy (si ça existe) et du sous-Temptations

Jewel
This Way
(Atlantic/Eastwest) - 14 titres, 59m55s - Produit par Dann Huff et Jewel Kilcher - Sortie le 26 février 2002 - www.jeweljk.com
Pop. La délicieuse Jewel Kilcher aime autant les mots que les notes. Certes, ses recueils de poésie autant que ses commentaires sous chaque nom de chanson font sourire, et un certain excès de sérieux pour faire passer ses idées simples sur l'amour et la vie lui porte un peu préjudice. Cependant, cela lui permet d'affirmer une personnalité légèrement différente de ses consœurs américaines. Oscillant entre pop, folk et country, This Way, son quatrième album, confirme l'engagement de Jewel dans une musique populaire et intelligente. Elle a pris son temps pour revenir avec une inspiration solide, essentiellement glanée dans les grands espaces aussi exceptionnels que variés de l'Amérique du Nord. À noter que le guitariste Dann Huff a déjà produit Faith Hill, mais aussi… Megadeth ! MEK
4
À ranger entre Natalie Imbruglia et Sheryl Crow

(Julia)
100 fois
(Mercury/Universal) – 11 titres, 50m36s – Produit par (Julia), Ken Ploquin, Al Clay – Disponible - www.universalmusic.fr
Pop/rock. Il était une fois cinq Français fans de New Order, Radiohead, Placebo, et de britpop en général. Ils fondèrent un groupe qu’ils baptisèrent Julia en hommage à la chanson des Beatles et produisirent, puis distribuèrent, eux-mêmes leur premier album, avant de signer chez une major. Voilà pour les présentations. Copieusement imprégné des influences citées plus haut, avec un zeste de U2, ce deuxième LP aurait pu se situer vers le haut du panier en matière de rock hexagonal. Certains titres, surtout les premiers, sont excellents, les arrangements et les mélodies sont accrocheurs bien que classiques, mais très vite, on a l’impression que c’est le même morceau qui se répète à l’infini jusqu’à l’usure, comme si l’inspiration avait atteint ses limites. CV
2,5
À ranger entre french rock et britpop

Juliette
Le festin de Juliette
(Polydor/Universal) - 11 titres, 50m 13s – Produit par Juliette Noureddine – Disponible - www.chez.com/juliettenoureddine
Chanson réaliste. Après trois albums réalisés avec le parolier Pierre Philippe (Ingrid Caven, Jean Guidoni), Juliette a préféré poursuivre sa route seule, avec l’aide ponctuelle de Bernard Joyet. Ce fût tout d’abord Assassins sans Couteaux et maintenant Le Festin de Juliette. Si vous êtes fans d’une certaine chanson réaliste, pas de problèmes, cet album vous comblera. Pour les autres, moins habitués au genre, il faudra dépasser certains a priori pour découvrir un opus aux atmosphères changeantes et s’attaquer aux textes subtils et acerbes de la diva. Le Festin de Juliette, soit dit en passant, ne pâtit pas de l’absence de Pierre Philippe, la dame ayant trouvé un style bien à elle. Comme elle l’indique elle même, Juliette à tout fait, textes, musiques, mixage, production et pochette, avec l’aide de quelques amis comme il se doit. C’est son disque, qu’on se le dise ! DS-D
3
À ranger entre Jean Guidoni et Les Frêres Jacques

Paul Kalfon
26
(Sempre/BMG) - 12 titres, 57m42s – Produit par Jam’Ba – Disponible
Chanson. Paul Kalfon est né à Sarcelles et fier de l’être. Et se porte très bien de continuer à y vivre. “Sarcelles” est donc le titre hommage qui ouvre cet opus, histoire de bien situer le personnage, 26 étant l’âge du capitaine. Banlieusard, Paul Kalfon ne fait pourtant pas du rap, comme quoi les clichés… Mélange de rock et de soul, à grand renfort de chœurs et de cuivres grandiloquents, 26 est le premier album de cet artiste atypique, difficilement classable et pour le moins original. Épaulé par Jam’ba, guitariste de talent que l’on a pu voir au côté de Jacques Higelin ou de Guesh Patti, Paul Kalfon a surtout une voix chaude et puissante. On passera sur quelques textes un peu faible qui tirent sur la variétoche facile, pour ne garder que ces arrangements très “soul black” des années 70. Un petit côté Starsky et Hutch pas déplaisant. DS-D
3
À ranger entre Art Mengo et Ol

Lokua Kanza
Toyebi Té
(Yewo Music/Universal) - 16 titres, 49m33s – Produit par Lokua Kanza – Disponible
African Mixture. Après trois albums et un succès retentissant en Europe, Lokua Kanza a pris le temps de la réflexion et surtout s’est attelé à la composition de ce qui est devenu Toyebi Té, son quatrième opus. Entre tradition et modernité, Lokua n’a pas voulu faire de choix et préféré le mélange des genres. Si “Tika Ngaï” le titre qui ouvre l’album est chanté a capella dans la plus pure tradition africaine, les morceaux qui s’enchaînent les uns après les autres ont des influences jazzy et des arrangements plus modernes. La force de Lokua Kanza est cet enchevêtrement d’harmonies vocales et de chœurs au sein desquelles on retrouve ses enfants. Toyebi Té est un album optimiste et chaleureux et, ces temps-çi, ce n’est pas du luxe… DS-D
3,5
À ranger entre Geoffray Oryema et Papa Wemba

Kid Rock
Cocky
(Atlantic/Eastwest) - 14 titres, 64m21s - Produit par Kid Rock - Sortie le 19 février 2002 - www.kidrock.com
Rock composite US. Ça commence comme du Floyd survitaminé puis, très vite, on est au cœur du sujet : Aerosmith & Sons Limited, ce dernier qualificatif étant, il faut bien l'avouer, un peu trop définissant du son et des influences Kid Rock. Robert Ritchie aura également du mal à nous démontrer qu'il a conscience de l'existence du second degré, tant son attitude, hautainement américaine et d'une agressivité systématique, inspire peu de sympathie. Dix ans, aujourd'hui, que Kid Rock assène son rock brutal, efficace et pompé, ici grandiloquent, là rappé. Parmi les différentes tentatives d'adoucir la machine, quelques R'n'B mainstream, Unkle Kracker en ami-invité, ainsi que Sheryl Crow (du charme pour une ballade sans éclat) et Snoop Dogg pour un duo sexiste et ennuyeux. MEK
1
À ranger entre Aerosmith et Bon Jovi

Beverley Knight
Who I am
(EMI) – 11 titres, 52m19s – Produit par Derrick Martin et Derrick Joshua - Sortie le 5 mars 2002 - www.beverleyknight.com
R’n’B. Cette chronique ne sera pas impartiale, car rédigée par une réfractaire incurable à cette mélasse visqueuse qu’est le R’n’B (ndr : nous sommes tous comme ça à la rédaction, il fallait bien que quelqu’un s’y colle !). Tâchons donc de conserver un minimum d’objectivité et de se concentrer sur les faits. Beverley Knight est une digne représentante du genre : elle est sexy, elle chante bien. Ses albums, usinés avec une habile maîtrise, regorgent de morceaux lisses et liquoreux au rythme nonchalant. Un ou deux sont mêmes supportables, tel ce “Bestseller Mystery”, qui ressemblerait presque au vrai rhythm’n’blues de Motown. S’il fallait émettre un avis personnel, ce produit récolterait royalement une demi étoile, mais, après tout, pour les amateurs, il n’est sans doute ni pire ni meilleur qu’un autre, vu qu’on ne distingue aucune différence. CV
2
À ranger entre Blaque Ivory et Mary J. Blige

Kotebel
Mysticae Visiones
(Muséa) - 13 titres, 50m43s - Produit par Carlos Plaza – Disponible - www.kotebel.com
Symphonia prog. À la suite du ratage de leur dernière tentative de synthèse classique-rock, les musiciens de Yes devraient écouter ce qu'a réalisé ici ce groupe espagnol pour son second album. Ils comprendraient qu'avec un peu d'imagination et de bon goût, marier prog rock et symphonie est tout à fait possible. Sous la houlette du virtuose Carlos Plaza, ces ibériques ont construit avec intelligence et bon goût une véritable architecture symphonique, mêlant vocalises, pulsions rock, lamentos de violoncelle et ambiances classiques. L'emploi de la flûte et des claviers rappelle beaucoup Camel, mais les références ne sont jamais pesantes, au contraire. Bref, voilà une incontestable réussite, certes réservée à un public averti, mais qui titille l'intelligence. HP
3,5
À ranger entre Camel et Debussy

Little Bob
Libero
(Dixiefrog/Night & Day) - 13 titres, 51m 40s – Produit par Roberto Piazza & Gilles Mallet – Sortie le 23 février - http://littlebob.free.fr - www.bluesweb.com
Rock. Un nouvel album du grand Bob est toujours un événement et l’assurance de découvrir des morceaux de grande qualité. La quête d’une démarche résolument rock, Roberto Piazza la conduit depuis… Plus de trente ans, autant dire toujours. À l’écart des contingences du business, il s’est tracé une voie dont jamais il ne dévie. Cette fois encore avec Libero, il ne déroge pas à la règle en nous présentant treize morceaux qui, s’ils restent dans la veine de ses précédentes productions, font une fois de plus… avancer “l’Histoire”. Cet album, on le doit avant tout à la ténacité de son auteur, qui, malgré le manque d’engouement de certains labels plus préoccupés par les profits immédiats, que par le talent, a décidé que rien ne l’empêcherait de s’exprimer, en homme libre. Libero, en italien, langue maternelle de Roberto et prénom de M. Piazza père, venu en France pour échapper à la folie Mussolinienne. “Libero”, titre qui ouvre cet opus et narre ce passage de la vie de Bob et de sa famille, a long time ago. Une guitare qui déchire et c’est “Slave To The Beat” qui démarre suivi de “The Scream Of The Ghost”. Rock on, riff on, roll on, move on : tout est dit. Et puis, comme dans tous les albums de Little Bob, se cache une ballade qui te prend aux tripes, “Sheila’n’Willy” dans Blue Stories, “The Bull and the Rose” dans Lost Territories, “Never Cry About The Past” dans Rendez-vous in Angel City, la liste est loin d’être exhaustive. Dans cet album, c’est “Be Gentle with The Wore” composée par Dirty Ray qui nous fait frissonner de bonheur. La place manque pour détailler l’ensemble des titres qui composent cet opus, citons donc en vrac : “Outside” the same old story, get out and run away… Outside, “Mean Game” qui prouve que Bob est bien le Tom Waits français. Pour terminer, et pour la première fois, sachez que Bob nous gratifie de deux titres en italien “Vivare, Sperare” et “Deborah” et c’est du grand art. Un très bon album, comme l’est d’ailleurs l’ensemble de la production discographique du bonhomme.
DS-D
5,5
À ranger entre Lost territories et Blue Stories

Mardi Gras.BB
Zen Rodeo
(Universal/Emarcy) - 13 Titres, 44m37s - Produit par Mardi Gras.BB – Sortie mars 2002 - www.mardigrasbb.com
Jazz groovy. Moins festif mais tout aussi jouissif que le précédant Supersmell, ce troisième volume germanique nous entraîne vers les faubourgs de la New Orleans. Voire une ruée vers l’Ouest où ces dix mercenaires prêchent le groove… En rangée serrée, la formation sème ainsi, de son bataillon de cuivres, un parfum d’exubérance, de propagande décalée, qu’un sens de l’humour aiguisé fini de pimenter. Si l’Est suscite l’écho de symphonies pour casques à pointes, Mardi Gras. BB balaye ces clichés en un clin d’œil et convertit les plus récalcitrants en les marquant au fer rouge. Foin de teutonnerie grandiloquente donc, les gars sont des virtuoses, des killers ! Côté dégâts, on dénombre déjà moult victimes radicalement envoûtées, une presse internationalement sous le charme, des centaines de salles sold-out à travers le globe… Vous serez probablement la prochaine cible de ce Zen Rodeo façon big band grande époque, celle de la rencontre Dizzy Gillespie/Gil Fuller & The Monterey Jazz Festival Orchestra, par exemple. Ou encore agréablement surpris d’entendre cette version de “Kung Fu Fighting” ou la “Ballad Of Jolly Jumper” sorte de tango western… Mardi Gras. BB mérite bien d’être canonisé tant ses bienfaits curatifs sont notables, aussi bien sur le corps que dans l’esprit. Il paraît même que certains déposent soigneusement leurs albums à côté de la bible, sur leur table de nuit… LE
5
À ranger entre Fanfare Classieuse et Big Band Deluxe

Hocine Merabet
Visa Vie
(Trema/Sony Music) - 11 titres, 41m 05s – Produit par Pierre Perez -Vergara – Disponible - www.tremamusic.com
Chanson. Visa Vie, le titre de ce premier opus d’Hocine Merabet, bordelais d’origine, avait de quoi séduire. Hélas, l’écoute n’a pas entériné cette première impression. Certes, Hocine a une voix charmante, légèrement rauque et chaude un peu comme celle de Rachid Barri, mais la comparaison s’arrête là. Si le mélange d’instruments comme le oud et les percussions est parfois intéressant, les arrangements tirent un peu trop vers une variété à deux euros cinquante. Et surtout les textes sont d’une pauvreté navrante et mal travaillés. Une faute de débutant, direz-vous ? Oui, mais c’est tellement dommage, car mieux entouré, Hocine Merabet aurait sûrement pu faire tellement mieux. Une déception donc, qui ne demande qu’à s’atténuer dans un prochain album. DS-D
1,5
À ranger entre Rachid Barri et Karim Kacel

Mercenary
Ever Black
(Hammerheart) - 11 titres, 53m45s - Produit par Jacob Hansen - Disponible - www.mercenary.dk
Heavy death mélodique. Ce qu'il y a de bien chez In Flames, c'est qu'il est parvenu sans peine à raccommoder le passé et l'avenir. En prenant le meilleur du heavy metal 80s et en lui adjoignant la violence de la période suivante, il a su créer un style à la fois puissant et majestueux, avec des refrains qui vous tatouent le cerveau instantanément. Bénéficiant en outre d'une production soignée et pleine de reverb, le groupe a définitivement... mais... hein ? Chers lecteurs, on m'apprend à l'instant qu'il ne s'agit pas ici du Suédois In Flames mais de son cousin Danois Mercenary, lequel a, en attendant, bien pompé le premier nommé. Mais à la réflexion, les morceaux en question paraissaient moins brillants qu'à l'ordinaire, et la voix du chanteur encore plus death. Ça reste bon, mais moins que l'original. HD
3
À ranger entre In Flames et Dark Tranquility

Migala
Diciembre, 3 a.m.
(Acuarela/Pop Lane) – 18 titres, 67m 57s – Produit par Migala – Disponible - www.migala.net
Rock alternatif. Il s'agit ici de la réédition, plus que bienvenue, du premier album de ce groupe expérimental espagnol paru en 1997. Depuis, le sextet a accompli un chemin appréciable mais l'on retrouve déjà en germes ce mélange assez saisissant de jazz, de musique classique, d'électronica, d'avant-garde et de musique traditionnelle ibérique. Peut-on qualifier Migala de combo expérimental ? Oui, dans la mesure où il se refuse à coller aux schémas "pop" srticto sensu. Mais ces climats baroques et hypnotiques ont une qualité rare : ils demeurent étonnamment charnels. Migala reste donc fondamentalement un groupe de rock. Néanmoins, quand on recrée "Anarchy In The UK" d'une manière aussi personnelle, on se moque bien, à juste titre, des étiquettes ! CF
4
À ranger entre Tom Waits et Smog

Mostly Autumn
Music Inspired By The Lord Of The Rings
(Legend/Musea) - 12 titres, 51m52s - Disponible - www.mostlyautumn.com
Hère bague. Que l’on ne s’y trompe pas, cet album n’a rien à voir avec le superbe film de Peter Jackson, si ce n’est l’envie pour Mostly Autumn de profiter de la sortie du premier volet du Seigneur des Anneaux pour enregistrer un album inspiré de la trilogie. Il n’y a pas de mal à surfer sur la vague… Malgré le peu de temps consacré à son écriture et à son enregistrement (14 jours !), ce CD tient assez bien la route. Avec son précédent album, The Last Bright Light, Mostly Autumn s’était imposé comme l’un des groupes à suivre de la scène mélodique d’outre-Manche. Ce nouvel opus, aux mélodies proches de Camel et aux relents celtiques, se savoure une pipe à la main, devant la cheminée, en feuilletant quelques pages de Bilbo le Hobbit ou du Silmarillion… La mission est donc en grande partie réussie. TB
3
À ranger entre Camel et Jethro Tull

Elliott Murphy
Soul Surfing/Rainy Season
(Last Call) – 23 titres, 107m47s – Produit par Elliott Murphy – Disponible - www.elliottmurphy.com
Folk Rock. Voici un nouveau double album de notre troubadour américain à Paris, Soul Surfing étant, selon ses dires, la suite logique de Rainy Season. Les deux disques bénéficient donc d'une unité, de son, voire même d'inspiration. Mais unité, une fois de plus, ne veut pas dire unicité quand il s'agit d'Elliott Murphy. Tout d'abord les deux disques ont été enregistrés, l'un à New York l'autre au Havre ce qui fait que, même si les influences sont toujours identiques et ne s'éloignent pas des musiques traditionnelles, les tonalités sont plus bigarrées. L'option retenue a été de privilégier les guitares acoustiques, ce qui permet justement d'apporter plus de chaleur et surtout de rendre encore plus flagrante ce mélange d'hétérogénéité musicale si propre au chanteur : les influences européennes se greffant aux schémas blues et soul. Pour cela on doit en particulier rendre grâce à Olivier Durand qui collabore avec Murphy depuis cinq ans, mais aussi à ce précieux alliage fait de distinction raffinée et d'élégance sereine. On a trop associé Murphy aux écrivains de le "Génération Perdue", lui-même a peut-être aussi trop souvent puisé en eux une bonne partie de son inspiration, pour qu'on ne soit pas heureux de découvrir un "auteur" chez qui, dorénavant, nostalgie et regrets semblent assumé avec quiétude et apaisement. Il y avait parfois chez Murphy une forme de lyrisme bousouflé ; sur ces deux disques le maître mot est sobriété. C'est cela qui précisément lui donne tout son éclat. CF
4,5
À ne pas ranger…

Ooberman
Running Girl
(Rotodisc/Poplane) - 7 titres, 27m28s - Produit par Dan Popplewell – Disponible - www.ooberman.com
Pop liverpoolienne discrète. Surtout ne pas se fier à une pochette aussi laide que trompeuse qui pourrait faire croire à un ersatz fauché de Jamiroquai. Quintet issu des rives de la Mersey, Ooberman pratique en effet une pop léchée et sophistiquée très en vogue actuellement outre-Manche et il est étonnant qu’après 4 années d’existence, un album (paru en 99) une flopée de singles et de EPs, ce groupe reste encore dans l’ombre de ses glorieux homologues. Harmonies vocales éthérées où domine la jolie voix de Sophie Churney, harpèges fragiles, compositions harmonieuses : tout s’accorde pour dégager une atmosphère de calme et de plénitude. Bref, un mini album éminemment reposant qui fera largement patienter en attendant l’imminent Hey Petrenko prochain vrai album de ces charmants Ooberman. PR
3,5
À ranger entre Belle & Sébastian et Kings of Convenience

Pain Of Salvation
Remedy Lane
(InsideOut/Wagram ) - 13 titres, 68m 12s - Produit à la main - Disponible.
Progmetal tragique. Mine de rien, Pain Of Salvation est en train de se ménager une place bien en vue sur la scène du métal progressiste. One Hour By The Concrete Lake et surtout le récent The Perfect Element avaient déjà attiré l'attention. Le groupe confirme ici tous ces espoirs. Ce qui fait sa force -ici plus encore qu'auparavant- c'est son originalité. Voilà un groupe qui ne se livre pas aux acrobaties mélodiques et techniques pour elles-mêmes, comme c'est trop souvent le cas, mais qui en use pour tramer une atmosphère sombre, tragique et réellement impressionnante. Ce pourrait presque être, toutes proportions gardées, le Rammstein du progmetal, tant sa musique possède d'allure et de lourdes émotions. Chez eux, rien de gratuit ni de superficiel, voilà de vrais artistes dramatiques. HP
4,5
À ranger entre Dream Theater et Rammstein

Guesch Patti
Dernieres Nouvelles
(Poum Production/XIII bis records) - 12 titres, 58m16s – Produit par Michel Olivier & Olivier de Celle – Disponible - www.xiiibis.com
Chanson Rock. En 1987, la France entière a aidé Guech Patti à tenir Etienne le temps d’un duel érotique sadomaso. Le clip de Jean-Baptiste Mondino a remporté de nombreux prix, puis le public versatile s’en est allé vers d’autres houris. Malgré tout, certains ont toujours gardé un œil sur cet artiste hors norme, et ils ont eu raison. Dernieres Nouvelles, son cinquième album, n’est pas le moins intéressant. On retrouve les atmosphères moites et étranges chères à la dame, et une précision dans l’écriture qui la range aux côtés des plus grands. Dernieres Nouvelles n’est pas à proprement parler un album rock, mais est en tout cas très loin d’une variété pré-formatée. Si l’on devait trouver un parallèle, c’est vers Bashung qu’il faudrait se tourner. Jean Fauque (parolier de ce dernier) ne s’y est pas trompé en lui offrant deux textes. Un bel album. DS-D
4
À ranger entre Alain Bashung et Brigitte Fontaine

Joey Ramone
Don’t Worry About Me
(Sanctuary/BMG) - 11 titres, 34m49s – Produit par le vécu (et non l’inverse) – Sortie le 18 février 2002 - www.joeyramone.com
Mister punchy. Les dernières volontés de Joey Ramone étaient simples : faire de la musique jusqu’au bout, ne pas penser à cette fin de rouleau qui allait bien finir par se pointer, mais rester simple et vivant parce que c’est cette superbe énergie qui avait forgé l’homme et sa musique. Et cet ultime témoignage qui sort (enfin) aujourd’hui est bouleversant. Non pas que le Ramone en chef ait soudainement dévié de la trajectoire magnifiquement rectiligne entamée 25 ans plus tôt, mais au contraire parce qu’il a réussi le pari incroyable de mixer ce qui automatiquement ne pouvait qu’influer sur son travail de composition, sans dévier pour autant d’un iota de son éternel sillage ramonien autant qu’endiablé. Ainsi, l’album débute par une reprise ahurissante du “What A Wonderful World” d’Amstrong (la dernière en date d’une édifiante liste, mais la toute première à procurer les mêmes frissons que l’originale, chapeau !), se termine par le bien nommé “Don’t Worry About Me”, qui donne son nom et beaucoup de sa substance à l’album, en déroulant entre les deux -outre une reprise de “1969” (Stooges) pour la (bonne) forme- des “Stop Thinking About It”, “Spirit In My House” et “I Got Knocked Down (But I’ll Get Up)” lourds de symboles, mais mitonnés aux petits oignons, avec riffs velus, et tout et tout… Bref, un disque pour gastronomes en culottes trouées…
5
À ranger entre Ramones et The Resistance

Red fish
4 Seasons 4 Love
((aA)Paris/M10) – 15 titres, 65m40s – Produit par Deise Mikhail – Disponible - www.aaparis.com
Météo electro. Bonne nouvelle, l’electro dite “de salon” n’est pas toujours rébarbative quand elle est réalisée par des artistes qui ont un peu d’imagination. Ce duo parisien n’en manque pas et fait pratiquement tout lui-même : lui est programmeur, mixeur, producteur ; elle chante et joue de la guitare. Les quatre saisons selon Deise Mikhail et Di Stefano sont une suite d’harmonies vaporeuses et de sonorités veloutées, où inspirations latinos, jazzy, trip-hop, émergent par petites touches, sans casser l’homogénéité de ces quinze variations climatiques. On se prend à regretter de temps à autre que les changements de rythmes et d’atmosphères ne soient pas plus marqués, mais de nos jours, comme dirait l’autre, y’a plus d’ saisons ! CV
3,5
À ranger entre Cornelius et Aqua Bassino

Django Reinhardt N.Y Festival
Live at Birdland
(Atlantic) 12 titres, 58m21s - Produit par Ettore Stratta et Pat Philips Disponible - www.atlantic-records.com
Hommage au guitariste gitan. Pour rendre hommage au grand guitariste manouche Django Reinhardt, il fallait bien tout un “all star” de musiciens européens et américains, pour enflammer la scène du Birdland de New York, du 29 novembre au 2 décembre 2000. Enflammer, ce fut chose faite, avec les guitaristes Bireli Lagrene, Jimmy Rosenberg, Bucky Pizzarelli, et bien sûr le fils de Django himself, Babik Reinhardt, qui firent chauffer les cordes de leurs instruments… Car de la vélocité, il en faut pour interpréter ces standards immortalisés en leur temps par Django. À l&Mac226;écoute de cette captation live, on sent que durant ces soirées new- yorkaises, l’âme gitane transpirait de partout, notamment grâce au violon… Ce soir là, il était tenu par Jimmy Rosenberg. Dommage qu’il soit mort trop tôt, sinon Stephane Grapelli, qui avait fondé avec Django le Hot Club de France, aurait pu venir jouer de son violon si enjoué… Sûr que maintenant ces deux là se sont retrouvés et jamment au paradis. On ne peut que penser à eux à l’occasion de cet hommage. JMG
3
À ranger entre Django Reinhardt et Stéphane Grapelli

Rival Schools
The War Of Art
(Island/Universal) - 13 titres, 41m42s - Produit par Rival Schools - Disponible - www.rivalschoolsunite.com
Rock core mélodique. Les membres de Rival Schools ne sont pas des débutants. Et que voulez-vous, lorsque l'on a traîné un peu ses guêtres dans l'univers du hardcore, il peut sembler frustrant de ne pas profiter de la vague actuelle qui permet à n'importe quelle bande de jeunes crétins un peu inspirée (et encore, pas toujours !), de truster les meilleurs places des charts. Rival Schools y va de sa petite tentative, sans trop se compromettre, gardant un chant tendu derrières des lignes mélodiques plutôt faciles et agréables. Pas la grosse décharge d'adrénaline, mais manifestement un groupe qui sait jouer, et qui conserve un son bien à lui. Les mid tempos dominent largement, l'ennui guette parfois, mais au final, The War Of Art se laisse écouter sans problème… ni passion. HD
3
À ranger entre Pixies et Bad Company

Duke Robillard
Living With The Blues
(Dixiefrog/Night&Day) - 12 titres, 54m59s - Produit par Duke Robillard – Disponible - www.bluesweb.com
Blues de Blues. Duke Robillard est certainement l'une des figures les plus respectées -et les plus respectable - de la scène blues blanche actuelle. On loue beaucoup, et à raison, son jeu de guitare un peu laid-back, mais d'une terrible intensité, et sa voix gaillarde n'est pas mal non plus. Après quelques disques plus versatiles, le voici qui revient au blues le plus classique, mais avec quel bonheur, et qui aligne ici, hormis quelques compositions personnelles, une série d'impeccables reprises : Willy Dixon, Freddy King, BB King, Little Milton, rien que du très bon. Et le Duke n'hésite même pas, pour le clou du disque, à se lancer pour la première fois dans l'unplugged solo avec un cover mémorable de Tampa Red. Grande classe que reconnaîtront tous les puristes du genre. Robillard, c'est du billard. HP
4
À ranger entre Albert King et Albert Collins

Savoy Grand
Burn The Furniture
(Glitterhouse/PIAS) – 9 titres, 57m33s – Produit par Mark Spivey and JP Braddock – Disponible - www.glitterhouse.com
Pop minimaliste. Sur un line-up on ne peut plus anti-conventionnel (vibraphone, percussions,, basse, trompette, piano) la voix vibrante du guitariste Graham Langley déroule ses compositions paresseuses où semblent pointer solitude et désolation. Est-ce à dire que Burn The Furniture est un disque mélancolique ? Pas nécessairement. En effet, le phrasé du vocaliste est suffisamment éthéré pour que, souvent, les atmosphères s’imprègnent d’une sorte de tranquillité. Si les titres paraissent alors si uniformément semblables, c’est sans doute parce qu’ils visent à créer des climats de sérénité placide. Le fait qu’ils y parviennent est un point d’acquis ; reste que l’on peut toutefois ne pas totalement adhérer à la monotonie de cette homogénéité. CF
3
À ranger entre Smog et Low

Shelley/Devoto
buzzkunst
(Cookig Vinyl/Naïve) - 14 titres, 45m55s - Produit par Shelley/Devoto – Disponible - www.naive.fr
Electro Pop. Shelley et Devoto avaient fondé les pop-punkers de Buzzcocks avant que ce dernier ne quitte le groupe pour fonder Magazine et s’orienter vers une new-wave plus synthétique et ambitieuse. Sur cet album réunion, les deux partenaires s’emploient à conjuguer ce qui constitue leurs particularités respectives, énergie de morceaux pop et enrobage plus sophistiqué. Le résultat n’est pas forcément décousu, car il semble lorgner vers le David Bowie de la période Scary Monsters qui n’était pas la plus inintéressante du chanteur. Le duo parvient néanmoins à aménager certains passages plus atmosphériques dans lesquels on retrouve également la patte de Eno ou Philip Glass. Bref, rien que du tout bon dans les références, un retour bienvenu même, bien que l’on ne puisse pas dire qu’une originalité folle préside à ce Buzzkunst. CF
3
À ranger entre Can et Robert Fipp

Bim Sherman
The Need To Live
(Century Media/Nocturne) – 14 titres, 52m07s – Produit par A. Shewood – Disponible - www.efa-medien.de
Reggae Dub. Bim Sherman est peut-être le chanteur le plus méconnu de Jamaïque. Enfin tel était le cas avant que l’album Miracle ne sorte il y a deux ans de cela. Aujourd’hui, Bim Sherman, de son vrai nom Vincent Lloyd Jarrett, connaît une popularité posthume qui explique cette compilation de standards revisités (“Run Them Away”) et de raretés (la reprise de “Can’t Take It Easy” de Gregory Issacs) du “Sinatra” jamaïcain. Enregistrés à la base par le mythique Adrian Sherwood pour son label On U Sound, un Sherwood à qui l’on doit la découverte de Sherman dès le début des années 90, puis une constante collaboration jusqu’à la disparition du chanteur en novembre 2000, les versions présentes sur cette compilation, bien qu’en deçà du magnifique Miracle, se révèle toutefois de très bonne qualité et nécessaire aux fouineurs de versions inédites. CD’O
3.5
À ranger entre Gary Clail et Shyle Scott

Six By Seven
The Way I Feel Today
(Virgin Labels/Mantra) - 11 Titres, 40m28s - Produit par Six By Seven – Sortie le 12 mars 2002 - www.sixbyseven.co.uk
Rock magistral. Voilà de quoi vous faire baver un peu avant sa sortie… Ce nouvel opus est d’une telle puissance qu’il faudrait écarter ces colonnes, rajouter des pages pour se laisser partir en vrille ! Mais vous, comment l’imaginez vous ce retour ? Énergique ? Dévastateur ? Ou dans la veine du précédent ? Espérez-vous y trouver autant de riffs, de sueur et de soufre que dans The Thinks We Make ? Vous avez raison d’avoir confiance… On ne pouvait espérer mieux, Six By Seven déboule avec certes, 40 minutes au compteur, mais des minutes d’une autre dimension, car d’un bonheur infini. Un disque comme celui-ci vous met du baume au cœur, vous colle une incroyable pêche. On ne le range jamais, on s’y meurtrit l’orteil à force de buter dans le boîtier vide preuve que depuis longtemps, il tourne en boucle. LE
5
À ranger entre B.R.M.C. et Fifth Amendment

Smashmouth
Smashmouth
(Polydor/Universal) - 15 titres, 51m55s - Produit par Eric Valentine – Disponible - www.smashmouth.com
Rock heureux. Le rock de Smashmouth a toujours été hautement communicatif, à défaut d'exprimer quoi que ce soit de bien nouveau dans la mouvante sphère créative rock. Steve Harwell (chant) et ses trois potes proposent un nouvel et troisième album qui reprend, très précisément, les ingrédients de leur succès (ils vont même jusqu'à inclure, à la fin, les deux tubes des deux albums précédents !…) : mélodies simples et accrocheuses, rock pop rapide et rentre dedans, arrangements variés et entendus. On se laisse, alors, volontiers piéger par cette bonne humeur revendiquée. "I'm A Believer", la reprise des Monkees déjà croisée dans la B.O. du subtil Shrek, s'accorde sans mal aux compos de Greg Camp (guitare). Un tout pétillant, simple et funky ! MEK
4
À ranger entre Fun Lovin' Criminals et No Doubt

Sofa Surfers
Encounters
(Virgin) - 13 Titres, 60m16s - Produit par Sofa Surfers– Disponible - www.sofasurfers.net
Intellectrochoc. Et de deux… Deux fois que le quatuor de Vienne nous laisse de glace. Probablement les acteurs les plus activistes de la scène underground autrichienne, les Surfers mettent en exergue un étonnant bagage sonore (influencé en partie par leur voisin) mis ici au service d’une rébellion. Une révolte due au nouveau paysage politique, à cette droite redessinant les contours du pays. Il n’y a pas que des fachos là-bas, en gros voilà le message que voudrait faire passer le collectif en invitant un large panel d’artistes, allant du dub au spoken word. Si les Sofa Surfers en étaient restés là… Mais non, parfois la mise en scène tourne à l’expérimentation, les thèmes sont rudes, industriels voire pesantes… Tout comme doit l’être leur rancœur. Un disque pas franchement gai. LE
2,5
À ranger entre Alif Tree et Playground

Stygma IV
The Human Twilightzone
(NTS/Wagram) - 12 titres, 69m57s - Produit à l'électricité - Sortie le 26 février 2002
Heavy Epique. L'Autriche, ce n'est pas que des valses viennoises et des pâtisseries à la crème. Il y aussi des austrofurieux, du genre skieurs supersoniques ou Schwarzy le Negger. Et un peu de métal brûlant qui flotte dans le Danube, celui de Stygma IV. Ce groupe du tyrock'n'roll en est à son sixième album, mais comme il a changé de nom presque à chaque disque, on peine à suivre sa trace fumante. Pourtant, son heavy certes classique, mais très épique, et colegram, mérite un détour, ne serait-ce que pour son atmosphère réellement crépusculaire, ces crescendi de guitare dramatique, la voix bien coupante de Krenmaier, et le culot d'un groupe qui n'hésite pas à se lancer pine relevée dans un morceau-marathon de seize minutes sans s'essouffler en route. À découvrir. HP
3
À ranger entre Iron Maiden et Manowar

Supertramp
Slow Motion
(EMI) - 9 titres, 50m 10s - Produit par Rick Davies - Sortie le 19 mars 2002 - www.supertramp.com
Rock pur beurre. Après le décevant Some Things Never Change et un bien séduisant live, on se demandait si Supertramp allait se rendormir ou s'acharner et, dans ce dernier cas, s'il serait capable de retrouver toute sa crédibilité ancienne. Ce Slow Motion ne répondra que partiellement à ces interrogations. Certains morceaux renouent évidemment avec la mythique magie du groupe, et l'on peut se dire que le groupe a au moins retrouvé son charme et sa joliesse. Ses quelques déviations vers le blues ici présentes sont également convaincantes. Et Davies chante toujours aussi bien. Par contre, on se voit à nouveau infliger de soporifiques jazzeries et une envahissante trompette qui réitèrent les errements du précédent album studio. Bilan mitigé donc, éclairé par de vrais moments d'extase mélodique, mais empesé par un manque certain de consistance musicale et de passion. Dis, Roger, quand reviendras-tu ? HP
3
À ranger entre Super et Trompe

Symphony
Do Not Kiss
(Tricatel/Pop Lane) – 12 titres, 40m 53s – Produit par Patrice Casali et Alain Berbier – Disponible - www.tricatel.com
Electronica. Non, il ne s'agit pas d'un orchestre symphonique s'essayant à l'électronique mais tout simplement d'un duo électro-pop. La seule référence au classique en est une "reprise" d'un passage de Ravel ("Daphnis The Question") qui subit un traitement pour le moins hétérodoxe. Tout l'album semble d'ailleurs, sous couvert de climats plus ou moins "ambient", viser à distiller une fine couche d'ironie ou de désinvolture. Le duo prétend également rendre un hommage à Godard sur "M. Parvulesco" ; il est vrai que sous couvert de modernisme, le fait d'étayer sa musique, de dialogues plus ou moins tirés du réel fonctionne assez bien. Reste que comme l'air du temps qui prétend à l'insignifiance, Do Not Kiss risque de se révéler très rapidement daté. CF
3
À ranger entre Bertrand Burgalat et Jonathan Coe

Teenage fan Club & Jad Fair
Words Of Wisdom And Hope
(Geographic/Labels) – 12 titres, 53m23s –Sortie en mars 2002- wwww.labels.tm.fr
Rock Alternatif. Curieux alliage que celui de nos Écossais continuant à explorer leurs influences "countrysantes" et de ce singer/songwriter pour le moins excentrique. Ce qui finalement les réunit pourrait être qualifié ainsi : "primitif". Il y a en effet une répartition assez équilibrée entre la musique, composée par TFC, ses arrangements dépouillés et presque minimalistes, et les "lyrics" de Jad Fair qui semblent osciller entre naïveté et simplicité. Le titre de l'album résume à lui seul la démarche ; il s'agit de paroles de sagesse et d'espoir. La sagesse, elle se trouve dans la quiétude sereine qui se dégage du disque ; quant à l'espoir, n'est-il pas inhérent à ces deux carrières qui s'entrechoquent avec un tel bonheur ? CF
3,5
À ranger entre Jonathan Richman et Velvet Underground

Thin Lizzy
Vagabonds Kings Warriors Angels
(Mercury/Universal) – coffret 4 CDs, 73 titres - Produit par divers – Disponible- www.universal.com
Un ange passe. Chronique tardive pour ce coffret paru avant les fêtes de fin d’année mais, que voulez-vous, ingurgiter autant de matériel inédit du grand Thin Lizzy, tout en se délectant de tous les classiques de la bande à Phil Lynott, réclame du temps (celui de prendre son pied) et un minimum de réflexion (celle de mesurer ledit pied, évidemment compris sur une échelle allant de très énorme à très très énorme). Au final, on en revient au message qui aurait été celui que nous aurions véhiculé sans même écouter les quatre rondelles en question, message qui est en substance : “Courez l’acheter ! Rendez justice à ce génie et aux tout aussi exemplaires musiciens qui l’ont accompagné, votre argent sera toujours mieux placé que dans la dernière néo-métallerie grungeuse de la semaine !”. Quant à vous autres, boudeurs nauséabonds, allez-y, faites votre office, ronchonnez plus ou moins blâfardement, vous serez devenus ventripotents, cravatés, mous du cheveu et du gland que nous autres, nous en serons encore à prendre un panard incroyable à écouter “Whiskey In The Jar” vingt six fois de suite, plus retourné à chaque écoute, comme ces perles rares qui ne montrent jamais leur totale brillante, ne révélant leur éclat qu’à force de ténacité, de patience et de fidélité.
5
À ranger sur l’étagère des coffrets, mais devant les autres (et pour un bon moment)

Vega 4
Satellites
(Taste Media/Naïve) – 11 titres, 50m 15s – Produit par John Cornfield – Sortie le 23 mars 2002 - www.naive.fr
Pop-rock. Ce nouveau groupe vient de se faire connaître par sa reprise acoustique du "Revolution" qui sert de bande-son publicitaire à un opérateur de téléphonie mobile. Satellites ne reprend pourtant pas cette formule puisque la majeure partie des titres est construite sur une approche pop lyrique laissant la part belle aux envolées soniques ou vocales. Que ce soit sur les morceaux rapides ("Drifting Away Violently") ou sur les tempos plus mesurés ("The Caterpillar Song") on retrouve cette atmosphère éthérée où toute tendance à l'emphase est soigneusement bridée. Ajoutons que les compositions ne reposent pas que sur le savoir-faire sonique apporté par la production et gageons que Vega 4 pourra séduire les amateurs de Muse ou Radiohead. CF
3,5
À ranger entre The Verve et Coldplay

Vitesse
What Can Not Be, But Is…
(Acuarela/Pop Lane) – 10 titres, 37m41s – Produit par Vitesse – Disponible - www.acuarelarecords.com
Pop synthétique. Un duo nord-américain signé sur un label espagnol pour une musique empruntant plutôt à la techno-pop européenne ; voilà un bel exemple d'œcuménisme. Cet album est leur troisième et le premier à sortir en Europe. S’il donne la part belle à l'électronique, What Can Not Be le fait de manière plutôt discrète. Les minces couches de synthétiseurs ponctuent des titres où la mélancolie semble le disputer au minimalisme et le résultat en est un disque où le spleen est somme toute peu prononcé. Le groupe se permet même de reprendre OMD et Bruce Springsteen comme pour souligner qu'il ne dédaigne pas l'emphase de couplets plus enlevés. Une manière peut-être de justifier son patronyme. CF
3
À ranger entre Joy Division et A-Ha

Viva Las Vegas
Viva Las Vegas
(Acuarela/Pop Lane) – 12 titres, 45m51s – Produit par Frank Rudow – Disponible - www.acuareladiscos.com
Ambient Pop. Ce groupe espagnol est formé de transfuges de Manta Ray et d'un ex-membre de Come. Des premiers, il a conservé l'esprit indépendant tout en y ajoutant de discrètes touches à bases d'expérimentations soniques et des climats qui s'avèrent épurés. Si l'on devait qualifier le groupe, on dirait qu'on pourrait le comparer à un Scott Walker qui ne verserait pas dans l'emphatique, grâce justement à une utilisation parcimonieuse des nappes sonores et à un phrasé vocal minimaliste et pondéré. La musique est ainsi nonchalante et hypnotique et varie peu d'un titre à l'autre ; qu'elle n'inspira pas la monotonie est un point. Reste à voir si elle saura s'élargir quelque peu dans l'avenir. CF
3
À ranger entre Migala et Modest Mouse

Rick Wakeman
White Rock II
(Muséa) - 7 titres, 54m07s - Produit par Rick Wakeman – Disponible - www.rwcc.com
Patinoire électrique. Revoici venu le temps joyeux des J.O. d'hiver, des culs pailletés sur la glace et des balayeurs de curling. Pour se mettre dans l'ambiance, quoi de mieux que Rick Wakeman et ses orgues pour patinoire ? Le blond keyboard wizard avait connu un sacré succès en 1976 avec le premier White Rock, bande-son du film des J.O. d'hiver de cette année-là. En 1997, pour la sortie compilée de quatre autres films sur les Olympiades ultérieures, on lui demanda de rechausser ses patins mélodiques. Ceci est la réédition de ce White Rock paru en 99. On réservera son écoute aux inconditionnels du Wakeman, aux gourmets des claviers et aux amateurs de musique de fond (mais tout au fond…). HP
2
À ranger entre King Arthur et White Rock I