COMPACT #20 - Fevrier 2002 - A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z -

Aim
Hinterland
(Pias) - 13 Titres, 60m21s - Produit par Andy Turner– Sortie le 25 février
Downtempo. Signer sur Grand Central Record, pas mal pour un début, non ? On imagine que cela mettra le pied à l’étrier au fiston de Terry Turner qui, au lieu de suivre les bons conseils d’un papa jazzman à préféré les sirènes de l’électro. Soit, Andy est batteur, ce qui lui laisse une porte de secours au cas où le public bouderais ce premier disque plutôt bien ficelé. Donc évitons d’être blasé, sauvons Andy du sac-poubelle en prêtant une oreille attentive à son arrière-pays. Et ma foi, on y trouve quelques titres bien sentis à la Moby, d’autres soul, voire plus groovy. Mais alors pourquoi diable cantonner cette galette au rayon downtempo ? C’est bien simple, l’Anglais s’amuse à caler du début à la fin le même tempo lancinant… Quasi hypnotique. LE
3,5
À ranger entre Moby et Grand’ Shuffle

Alpha Jet
Luxe Out
(Juno Records/La Ouache) - 12 titres, 56m 09s - Produit par Daniel Presley – Disponible -alphajet@junomusic.com
Pop française énervée. Décidément, la musique made in France se porte au mieux puisque chaque semaine ou presque voit débouler son lot d’albums déjà aboutis qui témoignent du renouveau du rock français et de l’émergence de toute une nouvelle génération de jeunes groupes aux dents longues. Déjà remarqué par des prestations scéniques impressionnantes, Alpha Jet nous offre donc un premier album débordant d’une ardeur juvénile pas toujours maîtrisée certes (au niveau du chant et des textes notamment) mais dont l’énergie décomplexée et la maîtrise instrumentale finissent par emporter l’adhésion. Produit par Daniel Presley, déjà à l’origine de La Vie Ou Presque, l’excellent album de Luke, Luxe Out est le témoignage encore un peu imparfait mais sympathique de la vitalité débordante d’un trio plus que prometteur. Alpha Jet a plutôt réussi son premier envol. Décollage immédiat ! PR
4
À ranger entre The Jam & Eiffel

Anathema
A Fine Day To Exit
(Music For Nations/Wagram) – 9 titres, 62m32s, produit par Nick Griffiths –Disponible - www.anathema.com
Longue errance douloureuse . Enfin une formation qui pratique un rock certes lourd et pesant, mais qui a compris qu’elle était là pour faire de la musique, pas un vacarme assourdissant ! Le moral est au plus bas parmi les membres d’Anathema –rejoignant en cela tous les Disturbed, Staind et autres Headswim de la Terre- mais leur façon de le démontrer est passionnante de bout en bout : les chansons rampent, grondent, agressant le moindre mollet qui se pointe à l’horizon et pourtant, on en redemande, tant pis pour le jean acheté dimanche ! Décrire leur style relève de la mission impossible –cela m’arrange rudement bien– tant il est profondément original, loin des airs faussement méchants et des anneaux dans les sourcils…
TS
4
À ranger entre Burning Blue Soul (mais oui) et le tout premier Type O Negative

… And you will know us by THE TRAIL OF DEAD
… And you will know us by THE TRAIL OF DEAD
(Polydor/Universal) –13 titres, 48m36s – Produit par Mike Mac Carthy – disponible - www.thetrailofdead.com
Rock & Anthropologie. Font parfois bon ménage, comme en témoigne le troisième album de ces quatre texans légèrement abîmés de la cafetière : si on en croit une biographie surréaliste à force de délires verbaux et de mots savants pas toujours très bien contrôlés, Jason Recee et ses petits amis considèrent leur formation comme une expérience plus ethnologique que musicale et il est vrai que leurs compositions sortent non seulement de l’ordinaire, mais également des cadres habituels de la chanson rock en tant que telle : les rythmes sont souvent tribaux, presque toujours concassés et il n’est pas rare que s’échappent des titres deux ou trois petites choses n’ayant pas grand-chose à y faire, comme ces quelques gammes à l’accordéon du célèbre “A Paris” immortalisé par Yves Montand, à la fin du morceau “Baudelaire”… TS
3
À ranger entre leurs deux premiers naturellement introuvables et Tanger

Andrew W.K.
I Get Wet
(Island/Universal) –12 titres, 35m31s –produit par Andrew W.K. –Sortie le 22 janvier - www.andrewwk.com
Blague du 1er Avril en avance de quelques mois. Incroyable ! On a beau tourner et retourner cette rondelle argentée dans tous les sens et dans des doigts circonspects, on ne sait toujours qu’en penser après quatre écoutes : le gars Andrew est-il sérieux ? A-t-il vraiment recruté l’ancien batteur des défunts et mythiques Obituary –qui, à son tour, a appelé à la rescousse trois copains de Floride- pour lui faire jouer les décervelés dans cette gigantesque hype qui ne passera pas l’hiver ? Sachez que si vous engagez ce disque dans votre peu engageante platine, une division entière de casques à pointe en transe déboulera aussi sec dans vos enceintes et ruinera votre moquette bon marché en la martelant de leur pas lourd et de leur chant scandé, répétitif mais loin d’être désagréable… Puisqu’on vous dit qu’on ne sait pas quoi en penser !
TS
3 (pour l’effet de surprise)
À ranger entre Sigue Sigue Sputnik et The Chant, le 12 inches raté de The Alarm

Baccherini
Baccherini
(Comotion/M10) - 12 Titres, 43m35s - Produit par Baccherini – Disponible
Chansons. Cap vers le Sud où nous entraîne ce Baccherini. Ambiance latino, tango, rumba et autre roucoulade au programme de ce répertoire en Français dans le texte… Forcément loin de notre planète rock, le gus aux rouflaquettes saillantes nous y susurre ses sérénades généreuses en guitares hispaniques ou violons tziganes. À part dans les mains de vos parents, on voit difficilement sur quelle étagère de votre discothèque cet album peut finir ses jours. Ce n’est pas que Baccherini soit catastrophique, mais il serait plus à sa place entre les colonnes de Pleine Vie ou Notre Temps qu’ici même. Alors sauf si vous curiosité vous démange au point de repousser les limites de vos connaissances, offrez ce disque à celui ou celle qui saura le déguster à sa juste valeur. LE
1
À ranger entre Karl Zéro et Salvador

Bad Religion
The Process Of Belief
(Epitaph/PIAS) - 14 titres, 36m53s - Produit par B.D. – Sortie le 21 janvier 2001 - www.badreligion.com
Punk. Attention, on parle ici de vrai punk, pas de ces petits branleurs peroxydés qui croient avoir inventé la poudre parce qu’ils sont capables d’aligner 2 riffs sans se casser un ongle ou qui confondent punk attitude avec pieds qui puent. Dans l’esprit, Bad Religion a d’ailleurs toujours été assez mitoyen avec la scène hardcore car, en tant que seule mauvaise religion à suivre à la lettre, la bande à Greg Graffin & co a des choses à dire et le dit, la tête haute. Du coup, la musique reste totalement incendiaire et ne prend pas une ride. Ici, c’est carrément le grand incendie, et à tous les étages, avec le retour au bercail de Brett Gurewitz, guitariste de la formation originelle, accessoirement patron et créateur d’Epitaph, label créé tout spécialement pour que la musique de Bad Religion (et maintenant de tant d’autres incorruptibles) puisse évoluer en toute liberté. Bon esprit… CG
4,5
À ranger entre How Could Hell Be Any Worst et Stranger Than Fiction

Barsony
Barsony
(Inca ) 11 titres, Produit par Barsony - Disponible-
Chanson multi-zones. Barsony, demi sœur d’Arthur H, tente à son tour sa chance dans la chanson. La musique de son premier album, tantôt ludique, tantôt mélancolique, épure toutes les nuances qui vont du ragga à la bossa, de la chanson bastringue au jazz. Barsony sait être convaincante par un timbre de voix original et très théâtral. Sa voix, bien mise en valeur, joue sur une large gamme de nuances, tantôt suave tantôt étirée comme les plaintes d'un chat de gouttière quand elle s’amuse avec les harmonies. Les mélodies dissonantes sont construites sur des montées d'adrénaline suivies par de longues plages d'accalmie. Dommage toutefois que les arrangements ne soient pas toujours à la hauteur de son originalité, pas assez poussés dans la folie que l’on sent chez cette jolie métisse. Les textes écrits par le papa (artiste peintre, il a réalisé aussi la pochette !) sont touchants, parfois grinçants, mais toujours humains. Onze titres à l’image de cette femme animale, vivants et dynamiques. Onze chansons faites avec intelligence (dont une très coquine en duo avec Arthur H !) qui prennent le parti pris du plaisir et de l’humour. Espérons une production plus audacieuse pour la prochaine livraison.
JCM
3
À ranger dans la famille Higelin

The Bigger Lovers
How I Learn To Stop Worrying
(Munich/Socadisc) – 11 titres, 39m40s – Produit par Daniel Presley – Disponible -www.thebiggerlovers.com
Orfèvrerie pop-rock. Les Bigger Lovers sont tellement nostalgiques d’une époque qu’ils n’ont pas forcément connue qu’en feuilletant le livret intérieur de leur premier album, vous découvrirez l’existence d’une face A et d’une face B, comme au bon vieux temps du vinyle. Ceci impose un certain respect pour ce groupe fort méritoire, avec ses chansons enregistrées à l’arraché, pleines de tripes, de sang et de sueur (faire mijoter à feu doux pendant trois heures, servir et manger pendant que c’est brûlant), quelque part sur la longue route poussiéreuse qui part des balbutiements des Flying Burrito Brothers, emprunte les meilleurs embranchements réalisés par les Beach Boys période Brian Wilson (la meilleure, sans contestation possible) et arrive, de nos jours, en vue des constructions minutieuses bâties par les meilleurs ouvriers du genre, y compris nos Backsliders nationaux… À vous de voir si vous préférez la SNCF ! TS
3,5
À ranger entre Big Star et les Replacements de Don’t Tell A Soul

Black Dawn
Blood For Satan
(Season Of Mist) - 10 titres, 32m56s - Disponible - www.season-of-mist.com
Black metal. La devise de cette bande de barbares finlandais pourrait fort bien être la suivante : un morceau, c'est comme un tiercé-quarté-quinté plus ; le premier arrivé remporte les honneurs. C'est ainsi que ces valeureux believers intégristes de l'ultra violence sonore, se lancent dans dix courses effrénées où tous les coups sont permis, tapissant leur répertoire typiquement black metal d'une belle série de riffs et de cavalcades rythmiques. Pour Black Dawn, la finesse a été oubliée comme par principe, mais la puissance accompagne les courageux musiciens sur chaque ligne où se dessine une timide mélodie électrique. En entendant cela, les avertis survivront peut-être (en fonction de la quantité d'anticorps embarquée), mais les autres iront mourir ailleurs. HD
3
À ranger entre Venom et Dark Funeral

The Black League
Utopia A.D.
(Spikefarm/XIII bis) –13 titres, 60m01s – Produit par T.Jarva - Disponible - www.theblackleague.cjb.net
Gothic Rock. Les Leaguesmen sont déjà de retour, à peine un an après la parution de l’excellent Ichor et on ne peut pas dire qu’ils aient changé leur fusil d’épaule, loin de là : les treize titres s’enchaînent comme un seul homme pendant une heure, plus épais et poussiéreux les uns que les autres et on ressent la curieuse impression, à l’écoute attentive de ce nouvel album, que des monuments en ruine, splendeurs des temps passés et révolus, défilent devant nos yeux écarquillés. Les Grecs combattent les Macédoniens sur fond de guitares tranchantes et de voix caverneuses, tandis que les Romains se décadent plus vite que leur libidineuse ombre, quelle tristesse et quelle pitié ! Les nordiques de cette Ligue Noire poursuivent donc leur petit bonhomme de chemin, pour le plus grand plaisir des oreilles expertes et une certaine radicalisation bénéfique se fraye une voie jusqu’à la lumière : l’avenir sera très très lourd…
TS
4
À ranger entre les Fields Of The Nephilim et Candlemass

Brent
Platinum Deadstar
(Orun/M10) –14 titres, 53m26s – Produit par le groupe . Disponible - www.brentmusic.com
Rock électronique. Sans être la révélation qu’une biographie enthousiaste essaie de nous refourguer, Brent n’en constitue pas moins une bonne surprise, avec son habile mélange de sonorités new wave, de mélodies pop et d’une énergie rock & roll à toute épreuve… Daniel Darc, célèbre ex-Taxi Girl en goguette, tire quelques ficelles dans l’ombre, comme en témoigne la reprise de “Cherchez Le Garçon”, gouleyante à souhait et sa participation au chant sur le titre “Ghost”. Deux autres guest stars sont à noter : Paul Kendall (Depeche Mode, Nine Inch Nails) qui aide le jeune groupe dans ses bidouillages de machines et Dmx Crew (fleuron, paraît-il, de l’électro music sur Rephlex, le label d’Aphex Twin) qui prépare déjà les remixes de l’album prévus pour début 2002… Brent saura plaire à bien des publics différents, sans pourtant ratisser trop large ou se plier à d’embarrassants compromis, bravo !
TS
3
À ranger entre les oubliés Sirens Of 7th Avenue et les Silicone Teens

David Bridie
Act Of Free Choice
(EMI) – 11 titres, 53m13s – Produit par Ian Caple & David Bridie – Disponible -www.davidbridie.com
Rock intimiste. Cette appellation n’étant pas un moyen habile de distribuer d’évidentes étiquettes, mais bel et bien un courant musical à part entière, que les choses soient claires ! David Bridie est Australien (de Melbourne plus exactement), il a fait partie de groupes légendaires dans leur quartier (Not Drowning, Waving et My Friend The Chocolate Cake), il est un producteur assez recherché et quand il lui reste cinq minutes, il trouve le moyen de composer quelques musiques de film ! Comme il le dit lui-même, “Act Of Free Choice fonctionne surtout au niveau émotionnel” : c’est une évidence quand on se prend en pleine tête la somptueuse beauté de “Kerosene”, ou encore la nonchalance savamment étudiée de “The Deserters”, compositions qui tiennent plus du cinématographe que du rock & roll… TS
3
À ranger entre David Gray et Danny Elfman (ex-Oingo Bongo et compositeur de B.O.F.)

Garth Brooks
Scarecrow
(Capitol/EMI) – 12 titres, 48m 30s – Produit par Allen Reynolds – Disponible
Country Pop. Voilà un artiste que le chroniqueur prend toujours avec des pincettes, tant l'image de Garth Brook est négative pour tous, sauf le public… Scarecrow est donc un album de country commerciale qui joue sur les atouts habituels du chanteur-compositeur. Production immaculée, mais dépouillée plutôt que trop emphatique, compositions habiles, et ce savoir-faire indéniable qui, mariant toutes les facettes de la country, est propre à fédérer une audience la plus large possible. Après quelques albums "crossover" pour le moins ratés, celui-ci se veut un retour si ce n'est à l'originalité, du moins à une certaine faconde. Mission partiellement réussie. Que demander de plus, puisque c'est ce qui est réclamé par le grand public ? CF
3,5
À ranger entre Dwight Yoakam et Rodney Crowell

Centro-Matic
Distance And Clime
(Munich/Socadisc) –15 titres, 45m33 s – Produit par Matt Pence – Disponible - www.centro-matic.com
Rock bringuebalant. Et une formation déglinguée mais talentueuse de plus à nous venir des immensités désertiques du Texas ! Il faut croire que là-bas, les promenades dans le désert, loin d’oxygéner les cerveaux, les asphyxient plus que nécessaire et font percevoir à leurs malheureux propriétaires la musique dite de rock and roll dans de peu engageants aspects, du moins pour les plus traditionalistes d’entre nous. Les autres seront rudement contents d’échapper au carcan des mignonnettes pop songs calibrées trois mois avant leur élaboration et se vautreront dans la fange honteuse mais tellement tentante de ce bordel musical bien mieux organisé qu’il n’y paraît de prime abord ! Will Johnson est le leader/homme à tout faire de ce quatuor et les oscillations de son processeur interne doivent valoir le coup d’œil… TS
4
À ranger entre Petit Voodoo et Clem Snide

The Chameleons
Why Call It Anything ?
(Artful, import) - 10 titres, 56m 40s - Produit par David M. Allen & The Chameleons - Disponible. - www.thechameleons.com
Retour inespéré. Ils auraient pu, dans les années 80, devenir aussi célèbres que U2, Echo & the Bunnymen ou Simple Minds, mais le sort en a décidé autrement et les Chameleons sont toujours immanquablement restés dans un semi-anonymat, drainant derrière eux une poignée de fans irréductibles (me, myself and my bien-aimé rédac-chef !) guettant les nombreuses rééditions, albums live, projets parallèles et autres disques solos de Mark Burgess. Et puis voilà que déboule carrément ce nouvel album, premier vrai disque des Chameleons depuis 1986 ! Et d’emblée on retrouve ce mur inimitable de guitares lyriques, ces vocaux intenses et ces longs morceaux envoûtants qui nous filèrent des frissons il y a vingt ans et qui continuent de titiller notre échine. Burgess et son inséparable compère Reg Smithies sont de retour et plus en forme que jamais ! Ceci dit, les galères continuent et pour l’instant leur disque n’est disponible qu’en import. Mais démerdez-vous comme vous voulez (*) et dégottez ce skeud !
PR.
5
À ranger après tous les autres

The Chemical brothers
Come With Us
(Labels) - 10 titres, 54m52s - Produit par les Chemical Brothers - Sortie le 29 janvier - www.thechemicalbrothers.com
Réaction chimique. Les Chems pouvaient-ils faire mieux que leur monumental Surrender ? À ce niveau d’excellence, tout est affaire de pinaillage. Plus froid que son prédécesseur, leur quatrième album démarre très fort avec deux petites merveilles pour dancefloors survoltés (“Come With Us” et le single “It Began In Afrika”) si époustouflantes que ce qui suit paraît du coup moins spectaculaire. Il faudra plusieurs écoutes pour apprécier pleinement la virtuosité électronique de certains titres. Impossible, en revanche, de ne pas être conquis illico par les sublimes “The State We’re In”, chanté par Beth Orton, et “The Test”, interprété, lui, par l’ex-Verve Richard Ashcroft. Moralité : un chouia inférieur à Surrender, oui, mais néanmoins somptueux ! CV
5
À ranger entre Dig Your Own Hole et Surrender

The Church
After Everything Now This
(Cooking Vinyl/Naïve) –10 titres, 56m26 s –Produit par Tim Powles & The Church –Disponible - www.thechurchband.com
Joyau inaltérable. Les albums de ce mirifique groupe australien se suivent, se ressemblent et c’est très bien ainsi ! Comme ses nombreux frères et sœurs, After Everything Now This constitue une oasis dans le désert de la médiocrité musicale qui nous cerne de toutes parts, les chacals ! Au programme : guitares entêtantes mais jamais vulgaires, voix chaleureuses et rassurantes, compositions tout aussi fines et impeccables qu’à l’accoutumée, le petit Jésus en culotte de velours, quoi ! Steve Kilbey, the leader of the pack, raffole des titres qui prennent tout leur temps ; prenez donc le vôtre pour savourer pleinement toutes les subtilités de “The Awful Ache”, “Song For The Asking”, “Seen It Coming” et, surtout, “Invisible”…
TS
5
À ranger entre The Blurred Crusade et la double compilation Hindsights

Consortium Project II
Continuum In extremis
(Locomotive Music/M10) - 11 titres, 58m34s - Produit par Tommy Newton - Disponible - www.locomotivemusic.com
Metal prog'. En général, les unions improbables de musiciens renommés finissent en démonstrations stériles. Ce n'est donc pas parce que le sympathique et talentueux guitariste français Patrick Rondat figure dans ce Consortium Project, emmené par Ian Parry (chanteur d'Elegy), que nous allons nous sentir obligés d'en dire du bien. Mais Continuum In Extremis est un concept-album qui se tient et qui vous emportera dans un tourbillon metal prog de haute volée. Technique mais pas prise de tête, harmonieux, bien arrangé, grandiloquent : il a tout pour convaincre, du moins sur le plan musical. Seulement voilà, Parry s'entête à pousser des gueulantes dans les aigus (façon certifiée obsolète, oblitérée 80s) et finit par nous les briser menues. Et son Project rate le coche…
HD
2,5
À ranger entre Elegy et Dream Theater

Graham Coxon
Crow Sit On Blood Tree
(Transcopic/EMI) - 12 titres, 50m34s - Produit par Graham Coxon – Disponible - www.transcopic.com
Rock artisanal. Quand il délaisse ses petits camarades de Blur pour se consacrer à ses expériences solo, Graham Coxon ne fait pas les choses à moitié : il compose, joue de chaque instrument, enregistre, produit, mixe, dessine la pochette, le tout exécuté en un temps record (quinze jours) et commercialisé sous son propre label. Son premier album versait dans la lo-fi, le second fleurait le rock indie post-punk, le troisième s’approprie un peu des deux, réunissant une flopée de ballades minimalistes blues ou folk à la guitare, et quelques morceaux plus teigneux. Mais Graham Coxon n’étant ni Sonic Youth ni Bob Dylan, ni Jimi Hendrix, cet opus est ennuyeux comme la pluie et ressemble davantage à une répétition d’amateur qu’à un disque abouti. CV
1
À ranger entre Lou Barlow et Stephen Malkmus

Cracker
Forever
(Cooking Vinyl/Naïve) –13 titres, 58m25s –Produit par David Lowery – Sortie le 29/1/02 - www.cracker.com
Rock américain mais original. Les joyaux trublions et donneurs de coups de pied salutaires dans le cocotier de la tradition qui composent Cracker, groupe connu dans une autre vie sous l’appellation Camper Van Beethoven, effectuent un triomphal retour, leur sixième album studio (si on inclut dans la liste la compilation Garage d’Or) sous le bras, prêts à nous décontenancer une fois (ou plutôt treize !) de plus, un sourire ironique sur les lèvres… Leur propos n’a pas varié d’un iota depuis Gentleman’s Blues : faire cohabiter tant bien que mal des compositions foutrement différentes les unes des autres et nous amener à nous demander pourquoi nous sommes bien moins exigeants, musicalement parlant, le reste du temps, le tout sur fond de rock & roll savamment distillé –en tout cas assez savamment pour faire croire que Cracker n’est qu’une formation U.S . de plus, sans grand intérêt : bravo ! TS
4
À ranger entre Camper Van Beethoven et Union Carbide Production

DGM
Dreamland
(Elevate Records/Black Cat) - 9 titres, 58m19s - Produit par DGM - Disponible - www.multimania.com/otherside
Metal prog' couillu. En apprenant que DGM est un cousin transalpin de Dream Theater, on peut craindre le pire. Pourtant Eldritch a prouvé que la qualité pouvait être au rendez-vous dans un style, il est vrai, très fréquenté. Et DGM constitue une vraie belle surprise. Premièrement, il a le gros son. Miracle ? Ensuite, il a les compos. Prodige ? Pour finir, ses musiciens ont le niveau technique individuel nécessaire à une interprétation rigoureuse de structures difficiles, bourrées de breaks et de contre temps. Sorcellerie ? Qui sait ! Toujours est-il que Dreamland se révèle vraiment agréable et dépaysant, gorgé de belles mélodies et présidé par une vista toute particulière. Si DGM n'est pas encore un maître du genre, il pourrait le devenir. Et en attendant, il le mérite bien ! HD
4
À ranger entre Dream Theater et Eldritch

Division Of Laura Lee
Blackcity
(Burning Heart/PIAS) - 12 titres, 36m02s - Produit par Kalle Gustafsson – Disponible - www.divisionoflauralee.com
Rock. “Need To Get Some”, le premier titre, donne le ton : nous sommes en présence d’un groupe qui vaut largement plus que le premier riffoman du coin ! Précision importante car le label Burning Heart secoue généralement le cocotier avec toutes les tribus d’agités du bocal de Scandinavie (le label est suédois, comme ce groupe) ou d’ailleurs… Non seulement, Blackcity respire d’une belle énergie, mais cette énergie ne se consumme-t-elle pas au fil du temps, semblant sans cesse se nourrir de ses propres excès soniques. Ce qui maintient cet équilibre, c’est l’utilisation discrète de gimicks (claps, chœurs, changements de rythme incroyables…) presque plus usités depuis la glorieuse époque des Lords Of The New Church. Ainsi, Division Of Laura Lee s’impose, avec ce disque, comme une bonne giclée d’air frais qui mettra du baume au cœur à tous les amateurs de rock énervé, mais constructif ; sans concession, mais supportable en tous points, car ne descendant jamais trop bas dans l’étalage de barbarie gratuite.
CG
4,5
À ranger entre The International Noise Conspiracy et Millencolin

Dogs
Short, Fast & Tight
(Hacendia/M10) - 29 titres, 42m14s - Produit par Jean Gamet – Disponible -www.dogs.connection.free.fr
Rock. Putain de son, putain de groupe et putain de live (double) ! Les Dogs, après une petite période de flottement, tiennent à rappeler qu’ils demeurent le plus fidèle ami du fan de rock “à l’anglo-saxonne”. Ça cogne vraiment sec, les guitares sont tranchantes comme des lames de rasoir et ces différents concerts (entre 97 et 2000, à Cherbourg, Guingamp, Grenoble et bien sûr Rouen) remettent les pendules à l’heure, en alignant les meilleurs compos de Dominique Laboubée, toutes périodes confondues, et quelques reprises bien senties : “One Way Ticket”, “Little Doll”, “When I Was Young”, “She’s A Wind Up”, “I Must Believe In Myself”… Les connaisseurs y retrouveront leurs petits !… CG
4,5
À ranger entre Little Bob Story et Plimsouls

Dream Theater
Live Scenes From New York
(Elektra/WEA) - 3 CDs, 25 titres, 3h07m28s - Produit par Mike Portnoy et John Petrucci – Disponible -www.dreamtheater.net
Metal vertigo. Un triple live enregistré à chaud dans l'été new yorkais 2000, plus de trois heures de musique vertigineuse : voilà ce qu'on appelle une somme, et ce d'autant plus que le quintette le plus étourdissant du heavy mental parcourt ici toute sa discographie antérieure, vous proposant donc un panorama grandiose de son art, qui ne l'est pas moins. En matière de prog metal, même si l'on peut trouver de notables antécédents, Dream Theater reste le groupe fondamental, celui par lequel tout est arrivé. On le comprend une fois de plus ici, à l'écoute de ce marathon passionnant qui vous donne véritablement le tournis à force de virtuosité et d'inventivité. Quand on pense qu'en plus cette suite épuisante a été enregistrée en une seule nuit, on en reste pantois d'admiration. HP
4,5
À ranger entre Yes et Kansas

The Electric Soft Parade
Holes in the Wall
(DB Records/BMG) - 12 titres - 55m52s - Produit par The Electric Soft Parade, Chris Hughes & Mark Frith – Disponible - www.electricsoftparade.com
Pop british sautillante. Il est de ces disques qui déboulent par hasard, sans prévenir et se révèlent une excellente surprise. Holes In The Wall, premier LP de The Electric Soft Parade, les bien nommés, fait incontestablement partie du lot. Tenants d’une pop simple, aussi mélodique qu’harmonieuse, les frangins White, deux jeunots issus de Brighton, nous balancent un disque éminemment frais et addicitf constitué de morceaux aux refrains entêtants et porteurs de nombreux tubes en puissance, mais qui sait aussi laisser la place aux échappées plus aventureuses comme l’épique "Silent To The Dark” qui frise les 9 minutes ! C’est bien fait, pas prétentieux pour un sou et une fois dans les oreilles, ça reste dans la tête. Plutôt doués au niveau des compos avec une utilisation parcimonieuse des technologies modernes mêlées à une instrumentation plus traditionnelle, le duo nous livre sans en avoir l’air l’un des disques les plus chaleureux et les plus revigorants de cet hiver tristounet. PR
4,5
À ranger après entre Weezer et The Frank & Walters

Gare du Nord
In Search Of Excellounge
(Pias) - 9 Titres, 42m33s - Produit par Gare du Nord – Sortie le 28 janvier 2002
Lounge. Dans la série de tous les disques lounge sortis ces derniers mois, l’album de ces deux musiciens navigue sur le courant cool de la vibe électronica. Plus cosy que la musique des clubs, cette version down tempo de la house music flirte avec ce que communément nous appelions dans les années 80, le slow ! Eh oui, pas de secret,si le trois pièces en velours fait place nette au T-shirt flashy, la guimauve reste la même. Toutefois, en guise de pas langoureux au Chalet du Lac, optez pour le sirotage d’une boisson branchouille dans les bas-fonds de la city. Car si les chansons distillées ne se dansent pas, leurs sonorités jazzy tapissent à merveille l’arrière plan d’une conversation doucereuse. Après la musique d’ascenseur, celle des aéroports, voici l’ambiance ferroviaire ! LE
2
À ranger entre Buddha Bar et La Mezzanine de l’Alcazar

Gene
Libertine
(Sub Rosa/Poplane) - 11 titres, 56m09s - Produit par Hugh Jones et Stephen Street – Disponible - www.genenet.co.uk
Pop anglaise sophistiquée. Rien à voir avec "Vilaine Fermière" dans le titre de ce sixième album studio de Gene mais plutôt l’affirmation d’une liberté retrouvée et d’un nouveau départ après 7 ans de bons et loyaux services chez Polydor et une signature chez Contra, petit label indé plus apte à laisser s’exprimer la brit pop alambiquée du combo. Catalogué au vu d‘Olympian, son premier et meilleur album, comme les nouveaux Smiths, le groupe a eu bien du mal à s’affranchir de cette étiquette pour le moins pesante pour forger son propre style à base de guitares fluides, d’arrangements élégants et de mélodies insinuantes qu’il prolonge ici avec la même abnégation. Martin Rossiter n’a jamais aussi bien chanté, les solos de guitare de Steve Mason sont toujours aussi classe et l’ensemble d’excellente tenue, culmine dans le splendide "Spy In The Clubs", sans doute l’un des plus beaux morceaux que le groupe nous ait jamais donné. Alors si vous aimez, la brit pop, la vraie et si vous êtes passé à côté des précédents albums de Gene, oubliez l’espace d’un instant les Smiths, Mauricette & co, et jetez une oreille sur ce Libertine. Vous ne serez pas déçus, loin s’en faut… PR
4,5
À ranger entre Smiths & Wesson

Grand Magus
Grand Magus
(Rise Above/Next Music) - 10 titres, 47m10s - Produit par Fred Estby -Disponible -www.riseaboverecords.com
Stoner. Pour ceux qui l'ignoreraient encore, voici un ultime avertissement : l'heure n'est plus à la plaisanterie, l'heure est à Grand Magus ! Le nouveau pape du stoner arrive avec ses riffs seventies, son chant rocailleux, sa furie joviale et son attitude franche, du moins sur le plan musical. Dix morceaux durant, c'est un récital pour guitares, rythme et mélodie à l'appui, le tout servi par une production nette, précise et sans artifice. Avec ses barbes fournies, ce trio qui n'a rien de clinquant, arrache la victoire sur les septiques grâce à sa conviction. Les connaisseurs s'y retrouveront à coup sûr, le problème est qu'ils ne sont pas encore assez nombreux, surtout chez nous. Peut-être tenons-nous ici l'album stoner de l'année, mais est-ce vraiment l'année du stoner ? HD
3,5
À ranger entre Kyuss et Spiritual Beggars

Grandmaster Flash
The Official Adventures Of Grandmaster Flash
(Trut/Pias) - 13 Titres, 74m44s - Produit par divers – Sortie le 28 janvier
Master Mind. Ça ressemble à une leçon du genre “écoutez bande de branleurs, le cutting c’est mon rayon, ‘suis loin d’être dépassé par les événements…”. Fallait s’en douter, Joseph (ça sonne moins que Grandmaster !) amorce cet album par une magistrale démonstration. D’ailleurs, il en fait trop, si bien que le deuxième titre s’étire sur pratiquement 7 minutes de mix fortement concentré. De quoi filer le tournis… Mais bon, on ne va pas rechigner à revoir Grandmaster Flash pointer son fin museau au milieu d’un album 100% freestyle, mis en boîte à la demande du label Strut. Ouais, c’est une bonne idée de faire comme si le temps s’était figé dans les 80s et finalement, avec ses interviews au milieu, cet Official se déguste telle une rétrospective. LE
3,5
À ranger entre les archives

H.O.T.D.
Ignite
(Spitfire/Edel) - 10 titres, 39m02s - Produit par Matt Gruber - Disponible - www.hotd.com
Rock hard. À quoi bon diviser, fractionner, éparpiller, estampiller les styles qui deviennent autant de chapelles, quand le seul bon rock & roll de base suffit à unir tout le monde ? C'est sans doute ce qui motive H.O.T.D., dont les intentions ne font aucun doute : il n'est pas ici pour faire autre chose que du rock & roll. Et le rock, c'est encore ce qu'on a trouvé de mieux pour bouger son corps ! Ingnite contient dix bonnes occasions de passer à l'acte, au son des guitares qui balancent. On se laisse pénétrer par ce rythme binaire efficace et on n'est même pas surpris lorsque la voix de ce bon Lemmy intervient, l'égérie étant logiquement venue apporter sa contribution au titre “The Law”. Cet album constitue une véritable bouffée de fraîcheur dont tout fan de rock dur a bien besoin dans le contexte actuel. HD
3,5
À ranger entre AC/DC et Motörhead

Haven
Haven
(Radiate/Delabel) –12 titres, 55m51s – Sortie le 29 Janvier 2002 - www.haven-online.com
Manchester revival. Les nouveaux Fab Four (avec tout le respect dû à Georges Harrison, récemment décédé) nous viennent des Cornouailles, région ancestrale et peu sensible aux vents de modernité s’il en est, et leurs idoles de jeunesse s’appelaient les Smiths, les Stone Roses ou bien encore et dans un tout autre genre, Quicksilver Messenger Service et les fabuleux Buffalo Springfield ! Ce mélange passablement hétéroclite fonctionne on ne peut mieux et la musique de Haven est cafardeuse à souhait, mais d’un cafard qui fait du bien par où il passe, si vous voyez ce que je veux dire… Les guitares traversent de nombreuses couches de nuages avant d’arriver à nos oreilles et le type qui chante ne fait déjà plus vraiment partie de ce si triste monde, à vous de voir si ce voyage morbide vous branche…
TS
3,5
À ranger entre le premier Stone Roses et Strangeways Here We Come (l’ultime Smiths)

Hoobastank
Hoobastank
(Mercury/Universal) - 12 titres, 39m03s - Produit par Jim Wirth -Disponible - www.hoobastank.com
Metal pop. De jour en jour, à chaque minute, chacun d'entre nous devient de plus en plus vieux. Répéter cette phrase inlassablement n'arrangera rien. Mieux vaut se dire qu'on n'est pas obligé d'aimer les jeunes ! Et si on n'aime pas les jeunes, on a peu de chances de pouvoir encaisser leur musique. Logiquement, on n'appréciera guère Hoobastank et son rock puissant agrémenté de refrains punchy, comme savent le faire les rebelles sautillants qui font frissonner les crêtes des hits parades à travers la planète. Parce que du hit potentiel, on en trouve à satiété sur ce disque. De très belles mélodies aussi. Un son nickel itou. Et dans le genre, il faut bien reconnaître que c'est plutôt pas mal balancé. Donc on peut toujours ne pas aimer… et mériter le sobriquet suivant : "vieux cons !". HD
3,5
À ranger entre Sum 41 et Incubus

In Extremo
Sünder Ohne Zügel
(Island/Universal) –13 titres, 54m02s – Produit par le groupe – Disponible - www.inextremo.com
Metal gothique à pointes. Quelques chiffres pour commencer : il y a sept musiciens dans ce groupe, ils ont mis en vente six albums en l’espace de quatre années, ils ont tourné comme des fous sur les cinq continents et ils sont actuellement No10 du top albums allemand, quelle santé ! Musicalement, c’est très bien fait, quoique d’un classicisme absolu (et ce ne sont pas un titre en français, un en latin –tous les autres sont en allemand- et quelques coups de biniou qui changeront cet état de fait !), In Extremo s’étant réfugié depuis bien longtemps quelque part dans les fondations de cette immense cathédrale désaffectée et abandonnée depuis des siècles, celle qui abrite des milliers et des milliers de corbeaux d’un noir saisissant, laissant le monde vaquer à ses tristounettes occupations : bien trop occupés à réveiller les morts… TS
3
À ranger entre Type O Negative et Eishelig

Milton Jackson
The Bionic Boy
(Glasgow Underground/PIAS) - 11 titres, 58m17s - Produit par M. Jackson – Disponible - www.glasgowunderground.com
House expérimentale. Plus qu'une mode, il faut bien avouer qu'aujourd'hui, les DJ et producteurs électro sont omniprésents sur les scènes musicales de tout les continents. Alors bien sûr, on pourrait vous parler des galettes hyper marketées à la Galleon et autres supercheries musicales. Nous, on préfère attaquer dans le vif en vous proposant par exemple le premier album de l'écossais Milton Jackson, une house intelligente, un collage malin de beats mid tempo avec des voix discrètes qui se greffent sur des ambiances clubs évocatrices. Jackson, à l'image de la scène club de Glasgow, fourmille d'idées séduisantes. Pour ceux qui ont les idées plus larges que "la House, c'est de la musique de m…", allez jeter une oreille ! Vous ne serez pas déçus. CD'O
3.5
À ranger entre DJQ et Guiro

Marcel Kanche
Lit de chaux
(Comotion/Universal Jazz) - 13 Titres, 50m17s - Produit par Gérard Toto, Marcel Kanche – Sortie le 22 janvier
Chanson. On ne nous ferait pas le fameux coup de la Nouvelle Chanson française par hasard ? Parce que depuis un moment, ils se bousculent au portillon, mal rasés, la mèche rebelle, ces enfants maudits du Billboard. La verve assassine, ils grattent dans l’ombre leurs premiers disques, échafaudent leurs univers comme des indés puis se font happer par le système en passant entre les mains de faiseurs de hits. Parmi ces vieux requins, nos loups de mer maintiennent tant bien que mal le cap, mènent leur barque contre clapotis et lames de fond. Ils sont un paquet à sortir la tête de l’eau au détour d’un titre, d’une compo signée pour untel, comme Benjamin Biolay l’a fait pour Salvador. Kanche pourrait bien être de cette veine, car doué, passionné, écorché vif… Et friand de poésie. LE
2,5
À ranger entre Bertrand Louis et Miossec

Steve Kilbey
Acoustic & Intimate
(Karmic Hit, Import Australie) –16 titres, 46m57s – Produit par Ben Moore et David Macquarie. Disponible - www.karmichit.com
Acoustico-rock. On aurait pu craindre de la part du chanteur de The Church, ici dans un périlleux exercice live et solo, qu’il s’adapte mal à cet environnement assez éloigné de ces différents groupes (The Church en tête), mais il s’en tire avec tous les honneurs, assurant aussi bien d’intimes et généreuses interprétations de morceaux jadis flamboyants (“Tristesse”, “Under The Milky Way”, “Mistress”, “My Little Problem”, “Hotel Whomb” et même “Almost With You”, les fans du quatuor Australien vont être aux anges), que des titres plus personnels, comme le superbe “Providence” d’ouverture, écrit avec Grant McLennan pour leur projet commun, le sémillant Jack Frost. Un très beau disque, pas facile à dénicher, mais apte à procurer d’ultimes frissons mélomaniaques et cette cruelle sensation d’abandon : mais que faisions-nous tous de si important ce jour-là, plutôt que d’assister à ce troublant concert, au Bondi Pavillon de Sydney ?… CG
4,5
À ranger entre Jack Frost et The Church

David Knopfler
Whishbones
(Edel/Sony) - 14 titres, 58m50s - Produit par Chris Kimsey & David Knopfler - Disponible -www.knopfler.com
Pop douce. David Knopfler est bien la sœur de Mark. Ou son frère, pour ceux qui sont bien réveillés. Et les deux frangins sont bien les fondateurs de Dire Straits, précision utile à ceux qui ne sont toujours pas réveillés et qui ont passé les trente dernières années en Papouasie Occidentale. Qu'attendre donc d'un album solo de David, si ce n'est une tranche de pop confortable, moelleuse pour les ouïes, gorgée de feeling et emprunte d'une certaine classe ? C'est ce que dispense Whishbones, dont ce dégage une atmosphère essentiellement acoustique (avec, par endroits, la présence d'un orchestre symphonique) et intimiste, présidée par la voix neutre de Knopfler et sa guitare qu'il a souhaitée peu bavarde, mais qui parle droit au cœur. Un trip parfait pour vos soirées au coin du feu. HD
4
À ranger entre Dire Straits et Elton John

Lambchop
Is A Woman
(City Slang/Labels) – 11 titres, 61m40s – Produit par Marky Newers – Sortie le 19 Février
Country alternative. Alors que Nixon, le précédent opus de Kurt Wagner, opérait un croisement risqué mais réussi entre la country "made in Nashville" et la soul, Is A Woman renoue avec des terrains plus traditionnels basés sur le songwriting et le piano. Celui-ci est tenu par Tony Crow et la plupart des chansons ont été composées, justement, en fonction de lui. Le résultat en est éthéré et aérien, les "lyrics" doucement énigmatiques et la voix de Wagner plus enveloppante que jamais. De ce rythme tranquille naît une élégance raffinée, à mille lieux des tonalités rupestres de la country traditionnelle. Insidieusement, Wagner continue ainsi de faire progresser un genre souvent stéréotypé sans avoir l'air d'y toucher. Délicieusement pernicieux. CF
4
À ranger entre Silver Jews et Pernice Brothers

Sondre Lerche
Faces down
(Virgin) - 11 titres, 53m25s - Produit par H.P. Gundersen et Jorgen Traeen – Disponible -www.sondrelerche.com
Pop pétillante. Les Scandinaves n’en finissent plus de nous étonner ! Après Röyksopp et son Melody A.M., voici encore une bonne surprise made in Norway, dans un registre plus classique mais tout aussi enthousiasmant. Sondre Lerche a dix-neuf ans, en paraît quinze, écoute Jeff Buckley, les High Llamas, Elvis Costello, et a composé intégralement ce premier album qui fait penser à du Beck. Pas mal pour un début, d’autant plus que l’animal fait déjà preuve d’une sacrée maturité musicale. Bon, il faut admettre que tous les titres restent dans le même esprit et que c’est davantage au niveau des arrangements que Lerche déploie une vraie originalité. En tout cas, il y a là un style, une voix et un tempérament qui ne s’arrêteront sûrement pas en si bon chemin. CV
4,5
À ranger entre Beck et les High Llamas

Jackie Leven (with David Thomas)
Creatures Of Light And Darkness
(Cooking Vinyl/Naïve) –10 titres, 60m33s – produit par Jackie Leven – Disponible - www.jackieleven.com
Folk rock intimiste. Quand le talentueux Jackie Leven rencontre l’impressionnant David Thomas, en rupture de Pere Ubu depuis un bail, que pensez-vous qu’ils se racontent ? Hé oui, gagné, ils se susurrent des histoires pas très rassurantes, à base de désespoir et d’effrayantes ombres entrevues dans le noir, sur fond de musique pas franchement gaie mais franchement de qualité ; le contraire aurait d’ailleurs été plutôt étonnant, vu les respectables carrières respectives des deux hommes en question… Les dix longues chansons présentes sur cet albums sont autant de captivantes miniatures. Essayez de vous concentrer à fond sur une différente chaque jour, c’est vraiment le meilleur moyen d’en tirer la substantifique moelle. Un bon conseil : commencez donc par le délirant “The Sexual Loneliness Of Jesus Christ”…
TS
3
À ranger entre Burning Blue Soul (encore ? hé oui, encore ! ) et David Gray

Lo-Fidelity Allstars
Don’t Be Afraid Of Love
(Sony/Small) - 12 Titres, 63m38s - Produit par divers - Sortie le 18 février
Hi-Fi. Fini le labrador lâchement abandonné sur l’autoroute, la tendance est au groupe qu’on largue en pleine tournée ! On se demandait (et nous ne sommes pas les seuls) comment le reste des Lo-Fi allait se dépatouiller alors que la promo battait son plein pour How To Operate With A Blow Mind et que deux membres déclaraient forfait. Eh ben, d’après ce retour tonitruant, il semble qu’on pouvait se passer du chanteur depuis le début, tout comme l’un des claviers. Z’ont eu chaud les cocos, certains sont restés sur le carreau pour moins que ça. M’enfin, cette nouvelle galette n’est probablement pas la meilleure, mais elle a au moins le mérite de sauver d’un côté les meubles, de l’autre l’entreprise culottée du combo à trois pattes. LE
2,5
À ranger entre The Webb Brothers et Chemical Brothers

The Lotus Eaters
Silent Space
(Vinyl Japan/Pop Lane) - 11 titres, 47m05s - Produit par Ronnie Stone & The Lotus Eaters – disponible - www.thelotuseaters.co.uk
Come back inattendu. Dix-sept ans ! C’est ce qu’il aura fallu attendre pour voir débouler le deuxième album des Lotus Eaters ! Auteur de No Sense Of Sin, premier opus plus que prometteur sorti au début des années 80 avec le tubesque "The First Picture Of You", le duo de Liverpool se sépare peu après pour de nombreuses années de silence radio. Objet d’un véritable culte au pays du soleil levant, il renaît aujourd’hui de ses cendres avec ce fort joli LP enregistré en 1998 dans un garage humide de Liverpool avec un budget réduit au strict minimum. Pourtant la magie fonctionne à nouveau et à l’image de "Bodywave" qui donne parfaitement le ton de l’album, l’ensemble baigne constamment dans une atmosphère rêveuse de bon aloi : mélodies délicates, volutes de guitares acoustiques, nappes discrètes de synthé et vocaux fragiles de Peter Coyle. C’est beau, souvent émouvant et délicieusement romantique. Les "Bouffeurs de Lotus" sont de retour et tout bon amateur de pop anglaise ne peut que s’en réjouir ! PR
4
À ranger après l’exemplaire poussiéreux de No Sense Of Sin

Nick Lowe
The convincer
(Proper Records/Nocturne) - 12 titres, 38m04s - Produit par Nick Lowe et Neil Brockbank – Disponible - www.proper.uk.com
Country-rock placide. Nick Lowe a beau avoir été un producteur britannique reconnu des années punk/new-wave (Costello, Pretenders…), son truc à lui, c’est le bon vieux rock peinard qu’on croirait échappé du juke-box d’un bar de l’Amérique profonde. Voix de Crooner, style à la Presley période variet’, arrangements lisses, The Convincer clôt une trilogie amorcée avec The Impossible Bird en 1994 et Dig My Mood en 1998. Ni sensationnelles, ni franchement barbantes, ces compositions au charme suranné constitueront une agréable musique de fond pour un dîner aux chandelles si même Chris Isaak vous parait trop moderne. C’est un fait, Nick Lowe ne s’adresse pas vraiment aux jeunes générations, mais était-il nécessaire de confectionner une pochette aussi kitsch ?! CV
3
À ranger entre Elvis Presley et Roy Orbison

The Maxwell Implosion
Small Circle Of Friends
(Bungalow/Labels) – 12 titres, 62m69s – Produit par Torsten Heller – Sortie le 26 Février - www.solarpenguin.de/artists/maxwellimplosioninfo.html
Electronica. Sous ce patronyme se cache en fait un seul homme le D.J. allemand Torsten Heller dont, après diverses collaborations, Small Circle Of Friends est le premier album. Enregistré en Italie ce disque est bien éloigné des atmosphères "cold wave" dont la musique teutonne est souvent récipiendaire. Heller a en effet choisi d'étayer son ouvrage par de véritables chansons plutôt que par une recherche systématque du son en soi. Le résultat en est donc plus que coloré, charnu même et parfois voisin d'un hip-hop funky mâtiné d'électronique ("Follow My Riddim"). L'effort est bienvenu tant il respire la bonne humeur et une certaine forme de sérénité ; pour une fois que l'élément "groove" l'emportait sur la démarche sonique… CF
3,5
À ranger entre Pizzicato Five et Dimitri From Paris

Monsieur Lune
Le soir au réveil
(Au Merle Moqueur) - 13 titres, 46m54s - Produit par R. Caillard – Disponible - www.monsieurlune.com
Chansons lunaires. Ces cinq parisiens racontent leurs histoires mi-figue mi-raisin depuis 1998. Oublier la chanson lisse et triste, Monsieur Lune et son orchestre osent la provocation. Parfois morbides, toujours drôles, les textes nous emmenent dans des fictions meurtrières où un homme dévore sa femme ; des clowns, des nains et des gendarmes déambulent au fil d'aventures incongrues. Nicolas Pantalacci nous ballade ainsi dans son univers à la David Lynch, et c'est avec plaisir que l'on se laisse guider ! Ses situations gentiment glauques nous font sourire, et les mélodies nous transportent sans crier gare. Une téléportation dans un monde parallèle inhabituel et salutaire ! CD'O
4
À ranger entre Thomas Fersen et Higelin

Don Nino
Real Seasons Make Reasons
(Prohibited/Wagram) –13 titres, 48m03s – Produit par Fabrice Laureau – Disponible - www.donnino.com
Rock intimiste. Ayant grandi entre l’Europe et les USA et après avoir pas mal roulé sa bosse, de rencontres plus ou moins hasardeuses en groupuscules sans lendemains, Don Nino (on jurerait un nom de cyclone ou de courant chaud !) pose enfin ses valises, au moins le temps de nous mitonner cet album tranquille aux petits oignons, rempli avec amour de nombreux et divers instruments (guitare acoustique ou non, piano, orgue, harmonium, batterie), les hauts morceaux reliés entre eux par une onctueuse sauce électronique servie plus à la petite cuillère qu’à la louche, personne ne s’en plaignant vraiment… Bon, évidemment, comme bien souvent dans ce genre musical passablement nombriliste, on s’ennuie parfois poliment, mais l’assoupissement ne dure jamais longtemps, tant l’animal Don Nino est maître de son art… TS
2,5
À ranger entre Howe Gelb (Giant Sand) en solitaire et son copain mort Rainer

Oysterhead
The Grand Pecking Order
(Eastwest) - 13 titres, 51m46s - Produit par Oysterhead - Sortie fin février - www.oysterhead.com
free rock. Comme vous le savez déjà depuis le mois dernier, puisque vous lisez tous très en détail les pages de news du mag, Oysterhead et une sorte de mini super-groupe, qui rassemble Stewart Copeland, Trey Anastasio et Les Claypool. Super-excités à l'idée d'avoir (re)trouvé, ensemble, sur scène, ce rare feeling des artistes qui se surpassent sans avoir à fournir un quelconque effort marketing, les trois musiciens d'expérience décident de coucher sur plastique (dur) leurs émois créatifs. Une musique : complexe, inventive, communicative, drôle, percutante, ambitieuse, intelligente, spontanée, réfléchie, libre… Pour tout dire, le trio ne se fourvoie jamais dans l'auto-complaisance ou la froide stérilité qui caractérise trop souvent ces bœufs entre musiciens de studio aguerris. MEK
4
À ranger entre Frank Zappa et King Crimson

P.O.D.
Satellite
(Atlantic) - 15 titres, 53m04s - Produit par Howard Benson – Disponible - www.playableondeath.com
Metal pop 2002. À contre jour, quatre lascars en baggy, barrent la route, posant comme des durs. Parmi eux… Gérard Lambert, tatatin ! Mais non, je déconne, on est en 2002, et si ces jeunots là font du bruit, ils n'ont pas l'air bien méchants. Tant qu'on y est, retournons les rôles et jugeons-les sur pièce. Quinze titres et un délit constitué : c'est du metal. Croisé avec des refrains pop carrément géniaux et agrémenté de passages rap atmosphériques. Mais c'est aussi très bien travaillé, avec le gros son et les bons arrangements. Le chanteur a beau protester en gueulant de temps à autre, ce petit jeu est avant tout défoulant. Ça plaira à leurs congénères, et comme ils sont doués, on va les relâcher et les laisser prêcher la bonne parole. C'est nous qui risquons d'en prendre pour longtemps !
HD
4,5
À ranger entre Sum41 et Staind

Peacock
Sulphuric afterbirth
(After-before) - 11 titres, 45m25s - Produit par After-before. – Disponible - www.after-before.org
Rock/pop. Ce qu’il y a de plus désagréable dans ce boulot, c’est de tomber sur le premier album d’un groupe hexagonal et de ne pouvoir en dire du bien. Le site internet du label nous annonce que Peacock marche “sur les traces de Chokebore” (jusque là ça va) et “s’inspire d’ambiances à la Radiohead” (faut pas pousser quand même, hein !). L’impression laissée est celle d’une ébauche décousue, où les morceaux s’étirent en longueur sans rebondissement, sans mélodie, sans queue ni tête, parsemés de paroles en anglais. On pense à du rock français amateur d’un autre âge, lourd, glauque, brut de décoffrage, aux ressources passablement épuisées. Dommage, car un titre comme “Y” démontre que ces quatre-là savent faire autre chose. CV
1,5
À ranger entre demos et impros

Pleymo
Episode 2 : Medecine Cake
(Epic / Sony Music) - 10 titres, 48m45s - Produit par Fabrice Leyni -Disponible - www.pleymo.com
Metal moderne. Un vrai bouillon de cultures modernes ! Pleymo a bien intégré tout ce qui se fait en matière de production contemporaine et son metal trempé dans le hip hop et l'électronique, prend souvent une tournure malicieuse. Episode 2 : Medecine Cake possède tous les atouts pour dérouter l'auditeur. Succession d'ambiances, transition entre violence et tranquillité, travail et repos, le tout exécuté sans prétention mais avec rigueur. On bascule dans un univers singulier et assez personnel, ce qui constitue la base du mérite de ces Parisiens plus évolués que la moyenne. Les textes en français évitent la débilité des clichés et l'on ressort de cette écoute conquis : pour n'être pas virtuose, Pleymo n'en demeure pas moins profondément créatif et réaliste. Une bonne surprise. HD
3,5
À ranger entre Slipknot et Incubus

Pornocolor
Pornocolor
(Underglass/Black Cat) –10 titres, 52m27s – Produit par le groupe – Disponible - www.pornocolor.com
Rock français mais intéressant. Passons sur un patronyme pour le moins discutable (bon sang, les gars, reprenez donc votre ancien nom de Blind !) et venons-en sans plus tarder à la musique, vu qu’elle est plutôt forte en chocolat, avec ses longues chansons aux breaks incessants et envoûtants qui agissent à la manière d’un hypnotisme, le côté charlatanisme en moins : ces petits gars en provenance directe de Franconville (vive le Val d’Oise !) ont beaucoup écouté les Grands Groupes Malades, tous ces Tool et autres Jane’s Addiction qui marquèrent de leur empreinte indélébile l’histoire du rock moderne vu par les psychopathes… Pornocolor possède de sacrés atouts, c’est sûr et certain (surtout que leur anglais passe haut la main) et cette formation mérite toute l’attention –et même plus- que vous voudrez bien lui accorder… TS
3,5
À ranger entre Bly et A Perfect Circle

Pusse
Soupir Léger
(Mon Slip/Wagram) - 16 titres, 47m07s - Produit par JP & V. Vivante, H Genevois - Disponible
Chansons surréalistes. À la première écoute, avouons qu'il est (quasiment) certain que vous serez horrifié : à mille lieues de ce que l'on trouve aujourd'hui dans la chanson française, et même internationale, Pusse opte pour le dérisoire, l'incongru, parfois le vulgaire, mais jamais l'attendu. Mué par une certaine curiosité, on se replonge dans cette boîte à pandore pour en ressortir de très bonnes choses : un monde de monstres ivrognes, de croque-morts et autres personnages de contes revisités par notre ami sur des musiques inquiétantes. Mais aussi des plages bien inutiles ("Crime et Châtiment"), pendant nécessaire à l'originalité de ce nouveau venu soutenu par les Têtes Raides. Un disque ovni pour les friands de nihilisme déconcertant. CD'O
3
À ranger entre répulsion et attraction

Re-Vision
Longevity
(B.M. Records/Musea) - 15 titres, 67m28s - Produit par Moos, Philips & re-Vision - Disponible - www.re-Vision.org
Power prog'. Les inclassables ne sont pas systématiquement à ranger avec le bêtisier. Certains groupes atypiques méritent mieux qu'une étiquette. re-Vision est de ceux-là, qui allie la mélodie du metal 80s et la puissance de la décennie suivante, en un recueil sonore étrange et un peu décalé. Un peu de progressif n'a jamais fait de mal dans un océan de puissance, une petite touche raffinée de production ne peut nuire à la qualité des riffs, quelques ambiances sont toujours bienvenues pour illuminer les décibels et le clavier, utilisé à bon escient, n'esquinte pas les intentions heavy du groupe. En définitive, re-Visions ne ressemble à rien d'autre et c'est pour cela qu'il mérite d'être découvert... Même si Longevity est (déjà) son troisième album. HD
4
À ranger entre Nevermore et Queensrÿche

Sahara Hotnights
Jennie Bomb
(BMG) - 13 titres, 40m18s - Produit par Chips K et SH – Disponible - www.saharahotnights.com
rock au féminin. Si madame Joan Jett et ses Heartbreakers ou les impayables Girlschool se reformaient aujourd'hui, ce serait sans doute pour jouer ce genre de rock éprouvé, direct, rentre dedans, équivalent édulcoré de Hole, mâtiné d'une touche de GoGo's pour la gentillesse mélodique et la retenue (vers plus de sauvagerie !). Ce jeune quatuor de suédoises délivre un binaire sympa, quoique se disant "principalement influencé par Nirvana", et jamais trop méchant. On pense parfois aux titres les plus énergiques de Heather Nova.. Les guitares sont omniprésentes, la batterie cogne et ça va vite autour de simplissimes petits riffs qui parcourent le tout. L'amateur de rock peu créatif mais efficace est content. On est pourtant en droit d'attendre plus d'ambition et d'imagination pour la prochaine fois… MEK
3
À ranger entre Elastica et L7

Compay Segundo
Duets
(East West) - 16 titres, 61m54s - Compilation réalisée par Luis Lazaro - Sortie le 22 janvier 2002 - www.warnermusic.fr
Duos latinos. Cette très jolie compil regroupe des duos exceptionnels, voire inédits en France, réunissant Compay Segundo et tout le gratin de la nueva trova, du son et du mambo. Jugez plutôt : Silvio Rodriguez, Pio Leyva, Elyades Ochoa, Pablo Milanes, Lou Bega, Basilio Repilado, la divine Omara Portuondo… On y découvre aussi des associations plus inattendues, avec Khaled ou Charles Aznavour, un titre interprété avec Antonio Banderas extrait des Mambo Kings, un autre avec la légende du Cap-Vert Cesaria Evora, une version rare de “Chan Chan”, ou encore un live de 1950 de Los Compadres, le premier groupe de Segundo (âgé aujourd’hui de 94 ans, il faut quand même le dire !). Un délice réservé aux fans de musique cubaine, évidemment.
CV
5
À ranger à côté de Buena Vista Social Club

Siebenbürgen
Plagued Be Thy Angel
(Napalm Records/M10) - 12 titres, 67m28s - Produit par Micke Bergström & Siebenburgen - Disponible - www.napalmrecords.com
Gothic Death. Le simple fait de mélanger death et gothic, voix masculine caverneuse et féminine suave, répond déjà à la base, à un cliché bien éculé. Mais quand, en plus, la production se révèle insuffisante, l'inspiration douteuse et l'interprétation "correcte mais sans plus", on se dit que les choses ne vont vraiment pas dans le bon sens. Privé d'originalité, écarté de toute notion de panache, Siebenbürgen (notez aussi que le patronyme ne s'avère pas particulièrement attirant non plus), en récitant ses poncifs douze titres durant, aura certainement bien du mal à séduire. Sauf ceux pour lesquels la danse des veaux marins échoués sur une plage, a quelque chose de primal et infiniment classe. Bande d'anticonformistes, va ! HD
2
À ranger entre Crematory et Tristania

Ashley Slater
BigLounge
(Plush/Pop Lane) – 11 Titres, 50m13s - Produit par divers– Sortie le 23 janvier
Jazzy Groovy. Au début, on se dit que si Lenny Kravitz s’appliquait il chanterait sans doute le répertoire de ce fana de jazz dont il partage le même grain de voix. Puis, à mi-parcours, on imagine Ashley venir pousser la chansonnette avec les Lighthouse Family, car le groove, c’est aussi dans ses cordes. Finalement, c’est aux côtés de Dimitri From Paris qu’il s’est dernièrement illustré, comme quoi… Autant dire que sa soul music fait des émules, de surcroît en cette période où le “revival”, voire tout ce qui touche de loin ou de près le rhythm & blues est de mise. Maintenant, allez savoir si Slater parviendra à détrôner les radasses de la Star Academy dont les beuglements enregistrés polluent nos bacs à vinyle… Y a plus d’justice. LE
3,5
À ranger entre Microgroove et Jazz Passengers

Sneaker Pimps
Bloodsport
(Tommy Boy/Pias) - 11 Titres, 53m50s - Produit par Sneaker Pimps – Sortie le 29 janvier - www.sneakerpimps.com
Bad trip. Depuis Splinter, on savait que le combo s’était plus ou moins barré vers d’autres d’horizons et que du coup, il sacrifiait momentanément sa musique au profit de collaborations plus commerciales. Aujourd’hui Placebo, Eagle-Eye Cherry, Prodigy s’affichent à leur tableau de chasse puisque Sneaker Pimps a récemment revisité leurs titres. D’une telle expérience, le groupe aurait dû en sortir bonifié, mais non, on découvre un nouvel opus décousu, malmené par le fouet d’une électronique dominatrice ! Alors, déchiré par ce masochisme ambiant, on essaye de s’accrocher, de gratter sous ce vernis si toutefois les vestiges d’un sublime “Low Five” subsisteraient… En vain, Bloodsport finit son round exsangue, vidé de sens et de mélodie. Quelle déception. LE
2
À ranger autrefois entre Echo & The Bunnymen et JJ Gilmour

Sweet Apple Pie
Everybody Wants To Be A Supertiger
(Spirit of Jungle/Wagram Music) - 15 titres, 56m 09s - Produit par Sweet Apple Pie et Bob - Sortie le 5 mars 2002 - www.sweetapplepie.com
Pop toulousaine insouciante. Un combo qui se réclame tout autant des Beatles que des Who, Buzzcocks et autres Dickies ne peut être que sympathique ! Issu de la ville rose, ce quintet formé entre 94 et 95 pratique un rock décomplexé à base de deux guitares omniprésentes, d’harmonies vocales à trois voix chantées en anglais et de mélodies chatoyantes qui lui ont déjà permis de franchir les frontières de l’hexagone pour aller montrer au Britons de quel bois le rock frenchy est désormais capable. Impossible of course de ne pas songer au Fab Four from Liverpool dans des morceaux comme "Wardour Street" rue de Soho, le quartier chaud de Londres, surtout célèbre pour son légendaire Marquee Club où tous les grands groupes de la scène pop rock british des années 60 et 70 s’illustrèrent. Mais attention, si Sweet Apple Pie puise directement ses sources dans ce passé glorieux, sa musique n’a rien de rétro et se tourne résolument vers un rock intemporel et immuable. Vous reprendrez bien un morceau de cette douce et délicieuse "tourte aux pommes" ? PR
4
À ranger entre The Posies & The Plimsouls

They Might Be Giants
Mink Car
(Restless/Pias) - 14 titres, 38m13s - Produit par divers - Sortie le 21 janvier - www.tmbg.com
Grande pop. TMBG fait partie de ces formations proches du génie et laissées sur le bord de la route européenne par la critique (rien contre, rien pour, qui c’est ?) et les radios (nom trop long, qui c'est ?). Depuis 86, John Flansburgh et John Linnell, new-yorkais, ont trouvé le rare et quasi-parfait équilibre entre plaisir et précision. De très bons musiciens, d'excellents auteurs compositeurs au service d'une musique majeure qui ne se prend pas au sérieux. Depuis Factory Showroom (96), ils ont composé pour la télé et c'est avec une joie non dissimulée que nous les entendons revenir en grande forme, presque au summum de John Henry (94), aux commandes d'un album rapide, complexe et marrant. TMBG : mélodique, rythmique, accrocheur, déconneur, attachant. MEK
5
À ranger entre Sparks et Squeeze

Tree
No Regrets No remorse
(Dream Catcher / Next Music) - 14 titres, 44m42s – Sortie le 11 février 2002 - www.dreamcatcher-records.com
Punk 'n' heavy. Le jour de la distribution des cerveaux, Tree a malencontreusement été oublié. Et comme ils n'avaient pas beaucoup d'argent pour sortir de Boston, les musiciens qui composent ce groupe ont décidé de verser dans le punk rock. Avec un peu de bol, quelques amateurs peu éclairés pourront se laisser emporter dans leur tourbillon rock simpliste mais sincère, dont le principal intérêt est de respecter l'esprit et la démarche à la lettre, sans briller pour autant. No Regrets No Remorse, s'écoute sans problème et surtout, sans risque de vous refiler la gaule même si vous êtes restés Punk dans l'âme, ou de vous détremper les dessous si vous êtes toujours punkette. Vous aurez ainsi plus de chance de passer inaperçu... Juste comme Tree, tiens ! HD
2
À ranger entre Punk et Heavy

Vanden Plas
Beyond Daylight
(NTS/Wagram ) - 9 titres, 56m51s - Produit par Vanden Plas - Sortie le 22 janvier 2002 - www.vandenplas.de
Esprit de métal. Totalement mis en confiance par l'accueil réservé à ses albums précédents qui firent de lui l'étoile montante du prog métal, Vanden Plas s'attaque aujourd'hui à l'épreuve ultime que se doit d'affronter chaque groupe ambitieux : le concept album. Il y en a certains que l'ampleur du propos empèse, au point de leur plomber les ailes. La grandeur de la tâche a eu l'effet inverse sur les allemands de Kaiserslautern : non seulement ils sont encore meilleurs qu'avant, mais ils ont mis à profit ce challenge pour affiner leur identité musicale, en accomplissant notamment de considérables progrès dans la facture même de leurs chansons. Tout ce qui est vocal s'est fortement amélioré, au point que l'on peut désormais affirmer que voici venu le Yes du heavy metal. HP
5
À ranger entre Yes et Queensrÿche

Warmen
Beyond Abilities
(Spinefarm/XIII Bis Records) - 11 titres, 46m32s - Produit par J. Warman - Disponible -www.warmen.com
Metal mélodique. Lorsque l'on sait que Warmen est le projet solo de Janne Warman (clavieriste de Children Of Bodom), on se doute déjà que la chose risque de s'avérer fort pédonculesque (ce néologisme, peu glorieux j'en conviens, associe les mots "pied" et "cul", en une rencontre express), et qu'on risque par conséquent d'être bien botté. Et quand on apprend que Timo Kotipelto (Stratovarius) et Kimberly Goss (Sinergy) sont venus pousser la chansonnette sur certains titres, on se dit que la fine fleur du metal finlandais est réunie dans sa quasi totalité. Il ne restait donc à Warman qu'à composer de bons morceaux heavy mélodiques avec un peu d'emphase mais pas trop, des refrains qui accrochent et une production honnête, pour obtenir un album de qualité, recommandable à tous. Ce qui fut fait. HD
4
À ranger entre Children Of Bodom et Stratovarius

Chris Whitley
Rocket House
(Fargo/Wagram) - 12 Titres, 53m19s - Produit par Tony Mangurian – Disponible - www.chriswhitley.com
Mi-blues, Mi-démon. Ne lui parlez pas de blues ou il sortira de ses gonds. N’évoquez pas non plus les U.S.A., il se sent européen avant tout… Chris Whitley est comme ça, il brouille les pistes en s’auréolant d’autant de paradoxes que de vies entamées çà et là. Indubitablement, sa musique s’en retrouve pétrie, travaillée de mains de baroudeur ou martelée par le rythme d’un dobro aussi buriné que son propriétaire. À cela s’ajoute une passion sans borne pour le jazz, un relent de hip hop toujours dans ses valises depuis sa période new-yorkaise qu’il rapièce à ce patchwork musical. Le définir n’est pas une mince affaire. Aussi, imaginez une voix enraillée prise en tenaille entre des riffs folk et de légères introspections électroniques. Vous entreverrez Rocket House… Tout simplement splendide. LE
5
À ranger entre Joseph Arthur et Peter Gabriel

Wicked Sensation
Reflected
(MTM/M10) - 13 titres, 57m59s - Produit par Jochen Weyer - Disponible - www.wicked-sensation.com
Hard F.M. "Confortable", est un adjectif rarement utilisé en musique. C'est pourtant ce que mérite largement, Reflected, album de hard F.M. malicieux par excellence, exécuté avec douceur et rigueur par une bande de teutons qui ont compris que la finesse n'était pas forcément l'antithèse du metal. La bio prétend que si l'on apprécie Whitesnake, on a de fortes chances d'adopter Wicked Sensation. À vrai dire, ça dépend à quelle période de l'existence du serpent blanc on se réfère. Si l'on prend les débuts bluesy avec les guitares chaudes et les amplis qui grésillent, c'est raté. Mais depuis 1987 et l'option "machine à tubes", le hard moelleux et le son clean, les beaux refrains, les gros chœurs, alors oui, on peut considérer que Reflected, s'inscrit dans cette saignée. HD
3
À ranger entre Whitesnake et Vanden Plas

Ron Wood
Not For Beginners
(SPV) - 13 titres, 44m12s - Produit par Ron Wood – Disponible - http://members.tripod.com/~CyberGallery/ronwoodartgallery_index.html
Post Stonerie. Au moment où sort l’album solo de Mick Jagger, celui du second guitariste des Stones risque de passer inaperçu, ce qui serait dommage. Ceci non seulement parce qu’y participent Bob Dylan ou Scotty Moore mais parce qu’il se veut aux antipodes de toute emphase et de tout “hype”. Quelques reprises, des Birds un des premiers groupes de Ron ainsi que de “Rock And Roll Star” des Byrds, des morceaux pour la plupart dépouillés et laid back et une impression de “fun” et de sérénité. Tout dans le disque indique que le guitariste a, avant tout voulu se détendre et s’amuser ; quand on n’a plus rien à prouver, on peut se permettre d’avoir des vocaux approximatifs, de faire participer ses enfants sur quelques titres, bref de privilégier tranquillité et tempérance. À écouter donc sans grande attente mais avec une oreille avisée. CF
3
À ranger entre Rod Stewart et Bo Diddley

The Word
The Word
(Ropeadope/Ryko/Naïve) – 10 titres, 48m11s – Produit par John Medeski, Scotty Hard & The Word – Disponible
Americana. Au départ, cet album devait s'intituler The Gospel ; on comprend donc aisément où The Word puise son inspiration. Ce groupe est en fait un super groupe jazzy/blues (Missississippi All Stars, entre autres…) qui délivre une musique essentiellement instrumentale. Il n'y a donc nulle raison de craindre une pesanteur liturgique, telle qu'elle pourrait être véhiculée par la plupart des titres puisque le parti pris est de faire parler les guitares, la pedal steel ou les claviers plutôt que le religieux. L'exercice est réussi, original même parfois ("Call Him By His Name", "Without God"), bref, si le silence est d'or dit-on, voilà une parole qui cultive son côté sacré dans le fait de taper du pied. On aurait mauvaise grâce de s'en plaindre. CF
4
À ranger entre Steve Earle et Billy Cobham

Michelle Young
Marked For Madness
(Musea) - 15 titres, 61m38s - Produit par Clive Nolan et MY – Disponible - www.michelleyoung.com
Pop prog. Il suffit de se bien vouloir se laisser aller… Un peu comme l'épique Moulin Rouge qui, si l'on freine le décollage sensoriel, peut passer pour une méga-niaiserie, ce disque invite au voyage, aux débordements de l'imagination et à la sentimentalité. Why not ?… Ici, les synthés remplacent le grand orchestre pour des envolées romantiques et mélodieuses, complexes et gentiment kitch. Attention : pas même l'ombre d'un André Rieu à l'horizon, entendons-nous bien. Entre deux vocalises de fort belle tenue, la jeune femme remercie Dieu (un minimum) et murmure même, sur la fin, quelques mots en français (bon, il y a des fautes dans le livret, mais notre langue n'est pas simple…). En définitive, il y a chez l'anglaise Michelle un petit quelque chose d'Emily Brontë qui éclaire le titre et les notes. MEK
4
À ranger entre Enya et Kate Bush

Zeze Mago
Courrant d’air
(V2) 11 titres, Produit par Stéphane Saunier - Sortie 5 Février 2002
Chanson rock. Suite logique de Demain l'impossible, Courrant d’Air confirme le talent d'un artiste au passé riche d'expériences musicales en tout genre et à la démarche totalement atypique. Zeze Mago, originaire de Metz exilé aujourd'hui au havre développe dans ses chansons un climat très personnel à la manière d'un écrivain qui aurait écouté les Pixies et Téléphone. Zézé Mago ne sera sans doute jamais un chanteur à voix, mais le son feutré de sa voix parlée plus que chantée, va en charmer quelques-unes. Dommage d’ailleurs que la voix, plus affirmée sur les deux précédentes fournées, joue trop souvent dans les aigus. Ici l'auditeur laisse vagabonder son imaginaire et se crée ses propres rêveries sur fond de violoncelle et piano classique. Les compositions pop reflètent une poésie trempée dans le réel, et se promènent dans des registres tour à tour rock, chanson et grande ballade romantique. Mais le véritable atout de cet auteur compositeur ce sont justement les textes, de véritables petits bijoux qui accrochent l’oreille quand ils parlent d'amour, de ruptures de solitudes et d'illusions perdues. Zeze Mago nous renvoie l'image d'un Souchon moderne version 2002.
JCM
3
À ranger après No Sex et Demain l’impossible

Zucchero
Shake
(Polydor/Universal) - 11 titres, 47m54s - Produit par Corrado Rustici – Disponible - www.zucchero.it
Spumante Rock. Ce cher Fornaciari a mis près de trois ans a réalisé ce nouvel album, un peu partout dans le monde, avec, comme toujours, de remarquables complices. Tout dans ce disque impeccable respire donc le travail bien fait. Mais si Shake mérite son titre secouant, c'est surtout grâce à la série très remuante des trois premiers morceaux : rarement on avait connu un Zucchero aussi embrasé de la burne. Par la suite, l'album aligne une impressionnante suite de romances plus fondantes les unes que les autres, mais avec toujours cet incandescent feeling, essentiel magnétisme du rocker transalpin, qui fait que tout ce qu'il fait possède, même quand il ronronne, une belle hargne fondamentale. À noter une des ultimes apparitions d'un autre enchapeauté notoire, John Lee Hooker en personne. Un régal. HP
4
À ranger entre Joe Cocker et Chris Rea