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COMPACT #2 - Avril 2000 |
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z | ||||||||||
AC/DC AC/DC & roll - Paco s'était joyeusement planté ! Ce n'est pas d'une pseudo station orbitale dont il fallait se méfier, mais bel et bien d'une rondelle australo-écossaise ! Quelle bombe ! Bientôt trente ans de carrière et le groupe semble rajeunir de plus en plus. Attention, haineux détracteurs du binaire qui vous mouline l'échine, nous ne sommes pas en train de vous expliquer que la bande de kangourous électriques régresse, mais bien au contraire que la cure de jouvence poursuit son cours et que l'on retrouve le groupe dans une forme éblouissante. Est-ce le retour de George Young aux manettes qui fait son office ? En tout cas, si certains d'entre vous ont regretté le côté bien trop produit de Ballbreaker, vous serez satisfaits et vous pourrez joyeusement faire le «duck walk» sur ces nouveaux titres empreints d'une énergie incroyable. AC/DC est le seul à pouvoir manier le groove de cette façon, Brian le seul avec cette gouaille inusable, Angus le seul à faire vivre chaque note comme il le fait !Bref, AC/DC reste et restera toujours un groupe unique et démentiellement enivrant. Un quintette ou plutôt une dreamteam qui est la quintessence même du rythme. Pour sûr, les générations futures épelleront le mot rock : A C D C PLR 5 - À
ranger entre Powerage et Back In Black
Air B.O. - Séduite par Moon Safari, Sofia Coppola contacta les français afin de leur confier la bande originale de son long-métrage, The Virgin Suicides ou la vie de cinq adolescentes refusant les règles qui régissent la vie adulte, dans les années 70. Le décor est planté, Nicolas Godin et Jean-Benoît Dunckel s'attellent à la tâche. Que reste t-il du premier album ? Peut-être les nappes synthétiques, une douceur quasi-palpable, voire des mélodies hippies hallucinogènes. Du côté des compos, on exploite au mieux ces basses rondes à outrance, la guitare folk ou l'écho d'une batterie survoltée. Apparemment, le duo semble s'épanouir dans ce nouveau rôle, lequel rappelle parfois l'expérience de Pink Floyd avec le film More, en 69. LE 3,5
- À
ranger entre psychédélique et new age
Altan Folk Irlandais Grandiose - Alors là, nous sommes loin des Corrs et de leur épouvantable soupe populaire ! Altan est un groupe authentique, à la manière des Chieftains et pour eux, jouer de la musique gaëlique n'est pas un geste vain, histoire de prendre le train de la mode en marche. Non, ils ressentent leurs racines irlandaises au plus profond de leurs tripes et tentent d'exprimer l'amour de leurs terres embrumées par le biais de leurs chansons (ou parfois par celles des autres : «Girl From The North Country» est bien une composition de Robert Zimmerman) agrémentées de textes souvent à la lisière du Fantastique, comme il se doit dans ces contrées. Rien que la liste des instruments et intervenants utilisés vous communiquera l'irrépressible envie de cette bouffée d'oxygène vert : voix angélique et éthérée, violon, guitare, bouzouki, accordéon, violon, flageolet (si, si, c'est bien un instrument de musique), violon et invités prestigieux : Jerry Douglas (maître es-Dobro), la légende vivante Bonnie Raitt et le Quincy Jones de la musique irlandaise, à savoir Mr Donald Lunny en personne. Avouez que vous avez déjà connu pire, pas vrai ? TS 3 - À ranger entre Les Chieftains et Aslan Amor
Belhom Duo Rock extrêmement expérimental - Après avoir écouté attentivement ce disque, il est facile de comprendre les raisons qui ont fait craquer l'équipe de Giant Sand et de Calexico, au point de participer aux disques de ces deux francais exilés aux Etats-Unis depuis quelques années, quand ils n'en enregistrent pas un en entier, comme ce fût le cas pour Tête à Tête, fruit de la collaboration intensive Amor/Belhom/ Calexico, encore inconnu dans nos régions reculées, mais ne désespérons pas. Tout le spectre du rock moderne est donc balayé de part en part et la place est laissée libre pour une improvisation débridée mais menée d'une main de maître par nos deux franchouillards (qui sévissaient, du temps où ils étaient en France, dans le groupe de hardcore Witches Valley) reconnus à Tucson comme les meilleurs musiciens émigrés installés dans ce coin perdu -et ce ne doit pas être très facile de se faire accepter au pays des Rednecks, sûr ! C'est fascinant, même si un peu ardu et aride d'aspect : pour une fois, il va falloir écouter plus loin que le bout de vos oreilles et être très attentifsÉ TS 3 - À ranger entre le premier, Wavelab Performance, et un Can des grands jours Ian
Anderson Prog Pastorale - Ian Anderson, en plus d'être le leader de Jethro Tull et le paillard héron-flûtiste que l'on sait, passe l'essentiel de son temps dans la veste en velours côtelé d'un gentleman-farmer dans le sud-ouest de l'Angleterre. Cela lui a toujours donné un fort appétit d'ambiances rustiques et de musique unplugged. Il a donc mis à profit le troisième album solo de sa carrière pour laisser libre cours à ce penchant pastoral. Cela nous offre ainsi une petite heure de musique gracieuse et décontractante, superbement mise en son -c'est même l'attrait essentiel de cet album très rafraîchissant- mais les fans du Tull trouveront quand même tout cela bien léger, voire évanescent, tant tout ceci à force d'être charmant abdique toute ambition de densité. Joli mais un peu vide. HP 2,5 - A ranger entre Rousseau et Ronsard Anouk Rock US pas US - Deuxième album, après Together Alone et le tube «Nobody's Wife» au début de l'année dernière. Anouk, charmante hollandaise (c'est CG qui le dit et, parait-il, il s'y connaît), jongle, non sans risque, avec les agaçantes manières d'une Fiona Apple, la grâce d'une Alanis Morissette, une hargne presque punk («U Being U») et un certain talent de songwriter. Excessivement gueulard parfois, son rock est pourtant convaincu, vécu et sincère, sur des textes très personnels et poignants. Les compositions et les arrangements, malheureusement, sont assez passe-partout et risquent de se noyer un peu vite dans la masse musicale rock du moment. L'esprit d'une Ani Di Franco à la tête d'un groupe visant, de façon un peu trop évidente, les grandes scènes des grands festivals, la jeune femme développe une schizophrénie qui est autant la qualité que le défaut de son travail. MEK 2,5 - À ranger entre Fiona Apple et Alanis Morissette Asian
Dub Fondation Asian World - Community Music est le troisième album de ceux dont David Bowie a dit qu'ils étaient « le meilleur nouveau groupe du monde. Ils prônent le respect et la tolérance et, immigrés Indo-Pakistanais de la seconde génération, nous font découvrir leur culture d'origine. Leur musique est un combiné de hard et de ragga-jungle, d'indo-dub, les sitars inspirent leurs guitares et ils ont glané des sons dans la discothèque de leurs parents. Ils dénoncent le racisme anti-asiatique chez les anglo-saxons,et réclament une justice sociale. Ce sont des textes magnifiques dont ils ont le secret "le racisme et l'impérialisme bossent en tandem et la pauvreté ils, la bâtissent de leurs mains". N&D SD 4,5- À ranger entre Zebda et de la musique Indienne traditionnelle Autour
De Lucie Intello pop - Des textes tous signés Valérie Leulliot, un nouveau batteur etÉ ce troisième album. Immobile a très exactement trois ans et certains, semble-t-il, se régalent par avance de la néo-pop iconoclaste de ces français là. Alternant, non sans finesse, chant et talk over, V.Leulliot entraîne la musique de AdL vers des rives plus trip hop, plus dans l'air du temps. Doux, lents, éthérés, truffés de références au post rock nord-américain (autre concession à la mode musicale actuelle), plus d'un morceau flirtent, pourtant, plus ou moins consciemment, avec la variété française (expressionnisme facile et cordes vibrantes, «Chanson de l'arbre», par exemple) et, ainsi, peinent à se démarquer d'un courant réalito-jazzo-soporifique déjà sur-représenté (et sur-estimé par, hum, certains) dans le petit Hexagone. Pas mal de prétention(s) et trop peu de chansons, surtout lorsque «Le salon» nous rappelle qu'ils se sont d'abord fait connaître comme de fort doués trousseurs de pop songs efficaces «à la française». MEK 2 - À ranger entre Les Valentins et Playdoh Larry
Barrett Folk - Mine de rien, il s'agit du quatrième album solo de cet ancien Walkabouts. Celui-ci aura-t-il plus de chance, dans notre douce France, que les précédents ? On peut raisonnablement en douter. Bien sûr, l'interprétation est impeccable et la voix, nasillarde, s'intègre parfaitement à des compositions plus qu'honnêtes ; mais notre pays étant pour le moins fermé à ce type de répertoire, il aurait fallu plus de souffle, pour dépasser le cercle restreint des amateurs de "country-folk". Ajoutons que les places, bien chères, sont déjà occupées par quelques géants venus d'Outre-Atlantique et gageons que The Big Slowdown ne plaira qu'aux inconditionnels du genre. CF 2 - À ranger entre Dylan et Michael Nesmith Blue
Mountain ROCK US - Entre country-dixie et folk-rock, Blue Mountain se pose depuis quelques années (et quelques albums) comme l'une des plus belles pousses d'un genre qui adopte les bonnes vieilles recettes d'antan pour mieux les pervertir de l'intérieur. On pense ainsi plus à un Giant Sand qu'aux Eagles, pour citer des exemples extrêmes. Attention, pas de totale révolution à l'horizon non plus, juste quelques bonnes lignes de slide dont on se gave goulûment, des restes encore humides du Mississippi d'où sont issus nos quatre lascars, et de permanents hommages à leurs héros, Neil Young, Hank Williams ou encore Bob Dylan, tous présents à un moment ou un autre en filigrane. Si vous êtes allergique à toutes ces sonorités US parfois proches d'un certain esprit sudiste, voire d'un esprit sudiste certain (vivaces, les gars du sudÉ Et bien, tant mieux !) passez votre chemin. Sinon, installez-vous quelque part autour de ce feu de joie et goutez à pleines oreilles ce très bon et beau Tales Of A Traveler qui, au-delà des évidentes qualités des membres de Blue Moutain, bénéficie aussi de l'aide évidemment précieuse de Dan Baird (ex-Georgia Satellites) qui co-produit la rondelle et apparait à la guitare sur trois morceaux. CF 4 - À ranger entre Blues Traveler et Jayhawks Brute Country/Rock - Brute, c'est ni plus ni moins que Vic Chestnutt et Widespread Panic enregistrant à Athens sous la houlette de John Keane (REM, Counting Crows). Si l'on ajoute que David Lowery (Cracker) s'est joint à la bande sur un morceau, on comprend tout de suite que ce super groupe sudiste nous a gratifié d'un album assez extraodinaire mélangeant country rock ("Blight"), jam sessions psychédéliques ("Protein Drink/ Sewing Machine") ou folâtreries humoristiques ("Good Morning Mr. Hard On", Bonjour Monsieur La Trique !). Tout l'album baigne d'ailleurs dans une humeur relaxante qui conjugue atmosphères laid back et tempos saccadés. On sait combien il est malaisé d'être simple, c'est pourquoi le résultat confondant de Nine High A Pallet est plus que réjouissant ! CF 4 - À ranger entre Neil Young et Pearl Jam Buckethead Godzilla vs Chicken - Amis nucléarisés, bonjour ! Notre sujet d'étude de ce soir n'est autre que le groupe (unicéphale, en fait) le plus barjo du moment, à savoir Buckethead (le nom, déjà, «tête de seau» parce que le monsieur se balade avec un seau sur la tête, qui lui permet d'après lui de canaliser l'énergie psychique des poulets sacrifiés !) qui mixe joyeusement machines (un peu, beaucoup, passionnément) et guitares vrombissantes (à la folie). Plutôt que de tenter d'expliquer ce mariage contre nature de rythmiques somme toute assez classiques, de bruitages incongrus et de cette guitare furibarde qui est partout ailleurs, contentons-nous d'expliquer, en guise d'étude psychologique, que le Buckethead en question a vécu son enfance dans un élevage de poulets en face duquel était situé un drive-in projetant des grands nanars de la SF avec tout plein de robots géants et de monstres à la Godzilla, des dessins animés bien secoués ou encore Massacre à la tronçonneuse. Forcément, ça laisse des tracesÉ DB 3- A ranger entre BD et Rock Tommy
Castro BLUES - En quelques années seulement et trois albums bourrés de bonnes vibrations, Tommy Castro s'est imposé comme l'un des nouveaux seigneurs d'un blues qui claque et swingue à la fois. Évoluant habilement entre tradition et modernisme, le sieur Castro est aussi et surtout une bête de scène, ce qui explique la parution de ce live alors que sa carrière en solitaire débute seulement. Il n'a d'ailleurs pas été la tête d'affiche du Bishopstock 99, l'un des plus grands festivals de blues européens, l'an passé en Angleterre, par hasard. C'est ainsi que le tour de la question blues est réglé en à peine onze morceaux, enregistrés au légendaire Fillmore Auditorium de San Fransisco, pour la plupart signés Castro, sans oublier une reprise vraiment bien torchée du «Can't You See What You're Doing To Me» d'Albert King et un «Sex Machine» final superbement enlevé. Du grand art. DL 3,5 - À ranger entre Albert King et Walter Trout Cat
Power Hommage légèrement soporifique - Sûr que les Inrocks doivent en raffoler et conseiller ce disque à tous leurs abonnés : la grande (sic) Chan Marshall qui se fend d'un tribute à quelques uns des groupes et artistes qui l'ont inspirée, cela ne se refuse évidemment pas ! Reste que, tout snobisme ou esprit revanchard mis de côté, le résultat n'est pas des plus bandants. Jagger & Richards doivent encore s'étouffer de rire en écoutant la version de leur célèbrissime «I Can't Get No Satisfaction». Bob Dylan, Moby Grape et Nina Simone ne sont guère mieux servis. Quant aux autres, qu'ils se débrouillent eux-mêmes pour venir rechercher leurs chansons maltraitées ! Vraiment, même avec la meilleure bonne volonté du monde, il est assez difficile d'apprécier cet album sans forcer sur la bouteille ou les substances nocives ; nous sommes désolés pour Cat Power qui nous a habitué à mieuxÉ TS 1 - À ranger entre les autres Cat Power et une plaquette de Rohypnol Tracy Chapman
Telling Stories
(EastWest, 7559624782) - 11 titres 42'09» - Produit par David Kershenbaum et Tracy Chapman
Song Writter - Fidèle à son style, sa musique, ses convictions pour lesquelles elle s'engage au cours des nombreux concerts de soutien, Tracy revient, sans l'once d'une variation. Un parcours millimétrique, rivé sur l'asphalte d'une highway jalonnée de succès. Évidemment cette renommée mondiale lui permet aussi de trier sur le volet ses interviews (une seule pour la presse écrite française), d'utiliser les médias tels des catalyseurs d'espoir dont regorgent ses télégrammes. Cet échange fonctionne, crée l'événement en touchant, avec élitisme, un public leader d'opinions, sensibilise les littéraires. Encore faut-il tendre l'oreille. LE 2,5 - À ranger entre Crossroads et New Beginning HenryCooper Slide Man (Burnside Records/Night&Day, BCD 0036 2) - 15 titres, 50m20s - Produit par l'artiste sortie février 2000 Blues-Rock - Slide Man, Henry l'est assurément à la folie : son premier album pour un label (il autoproduisit un certain Baby Please voici deux ans) en regorge tellement qu'on ne sait plus trop où donner de l'oreille. Elu «meilleur slide guitariste de blues d'Amérique Du Nord» par le respecté Real Blues Magazine, il a joué en compagnie du regretté Screamin' Jay Hawkins, ce qui devait être des plus savoureux à entendre, avant de rejoindre le Duffy Bishop Band pour deux albums et d'interminables tournées, le temps de comprendre que, finalement, s'il voulait vraiment ressembler à son héros de toujours Elmore James, il valait mieux repartir du bon pied et fonder son propre groupeÉUne fois de plus, un as de la six-cordes débarque dans notre beau pays d'attardés sans que quiconque n'ait été prévenu. Qu'importe, Mr Cooper a tellement de talent qu'il peut se passer de (presque) toute promotion et ce ne sont pas les sept instrumentaux incendiaires qui parsèment son disque qui viendront prouver le contraireÉTS 3,5 - À ranger entre Tino Gonzales et les Delgados Cornu
A Trois
(Island) - 13 titres - 47m05s - Produit par Teo Miller - sortie mars 2000
Nouvelle Scène Française - Dès leur premier album éponyme, il était clair que Cornu, on aimait ou on détestait. Leur second opus n'échappe pas à cette règle. Les textes de Julie Bonnie restent d'une simplicité singulière, à la fois intimes et communs à l'expérience de chacun. Côté musique, on retrouve le violon de Julie, la basse de son frère Alex et le batteur Ben Bernadi, agrémentés d'une palette d'instruments auxquels ils ne nous avaient pas habitués. L'agréable surprise de rencontrer Yann Tiersen sur "Que Cet Amour" ne gâte rien à l'affaire. Autre satisfaction, et non des moindres, est le travail accompli par Teo Miller, à qui l'on doit notamment "Pure Morning" de Placebo. Bref, c'est comme tout, il faut goûter pour savoir si l'on aime. N'hésitez pas ! CD'A 3,5 - À ranger entre Louise Attaque et France Cartigny D'Angelo Voodoo (EMI, 7243523373) - 13 titres - 78m59s - Produit par DJ Premier - Sortie le 25 janvier 2000 SOUL 2000 - Waouf, quel album ! Tandis que, tapis dans l'ombre, tous ses détracteurs l'attendaient avec leur sourire carnassier et leurs ricanements de petites frappes mal débouchées des oreilles, D'Angelo se permet le luxe de non seulement proposer un second opus tout aussi vivifiant et fort en bouche que Brown Sugar (2 millions de copies écoulées, quand même !), mais aussi d'y démontrer que si sa formule fonctionne à la perfection, elle tient aussi la longueur (dans tous les sens du terme, puisque ces nouveaux titres flirtent régulièrement avec les six ou sept minutes). Preuve supplémentaire qu'on peut faire du neuf (gros son, présence de Method Man, de Redman, mais aussi de Lauryn Hill avec qui D'Angelo avait déjà travaillé sur son album à elle) avec du vieux (voix d'Hendrix qui ouvre le disque et esprit soul inoxydable, dans la grande lignée de la famille Stone ou du Gang de Kool). Sans contestation possible, le rafraichissement du moment, c'est déjà l'été !ML 4,5 - À ranger entre Sly & Kool Daran
Augustin & Anita
(EastWest) - 10 titres, 43m20s - Produit par Philippe Le Gourdiol
Sortie le 2 mars 2000
Chaise tournante - Davantage rock, sur le fil du rasoir, sans concession, voilà comment aurait dû être cet album. Au lieu de cela, Daran opte pour un discours moralisateur, joue la carte du politiquement correct ou l'alternative "tout public" en misant sur une critique acerbe de la société, en glissant ça et là ses messages d'espoirÉ Soit, le ton est donné. Le tout est sagement emballé, chanté avec les tripes, mis en boîte dans les conditions du live, à l'ombre d'un ancien ciné de banlieueÉ presque à la sauvage car l'album bénéficie néanmoins d'une production ultra clean. Un disque tiré à quatre épingles, mais peut-être pas à la hauteur de son ambition. LE 2 - À ranger entre les Innocents et Alain Souchon Day One Ordninary Man (Epic) - 11 titres - 44m32s - Produit par Mario Caldato Jr - Sortie le 28 février 2000 NEW POP - C'est l'une des grosses sensations du moment et, dans un sens, quand on entend de belles ritournelles répétitives comme «I'm In Your Life», on comprend l'excitation de nos amis anglais (entre autres). Ce qui rend plus perplexe, c'est la pauvreté toute relative de l'ensemble des titres déclamés (la majorité de l'album, en réalité), tous construits sur un même moule : une rythmique réduite à sa plus simple expression, souvent une basse bien ronde et grasse, la voix qui raconte son histoire (les textes sont plutôt bien torchés) et quelques bruitages pour mettre en volume le tout (samples de films porno, sonnerie de téléphone, etc.). Et bien sûr, n'exagérons pas, une orchestration suffisamment variée (orgue, violon, etc.) pour que jamais nous ne soyons gagnés par la lassitude. Il est toutefois dommage que Day One tombe si régulièrement dans le ronronnant redondant et joue à cache-cache avec sa machine à créer des mélodies car, quand il ajoute ne serait-ce qu'un brin d'harmonie à son univers rectiligne, tout s'éclaire comme par miracle et les chansons prennent une dimension quasi-intergalactique. ET 3 - À ranger entre une tranche de Cake (low fat) et une part de Eels Demon
Midnight Funk
(Small/2000ST, SMA4961442) - 14 titres, 69m36s - Produit Jeremie Mondon
Sortie le 8 février 2000
Electrofunk - Impossible d'identifier à l'écoute que le diablotin se cachant dans l'ombre du pseudo, n'a que 22 ans. Ou d'imaginer qu'il vit au pays du Camembert. Car déjà, il compte à son actif quelques joutes aux côtés de Gopher, Etienne de Crécy, des remix pour Murat, CassiusÉ Ainsi que son propre label. Ok, y a pas de quoi en faire toute une montagne, mais ne craignons pas d'estampiller nos produits lorsqu'ils le méritent. Et Midnight Funk fait partie des heureux prétendants à l'appellation contrôlée. Sans chauvinisme, le p'tit frenchy assure vraiment dans l'genre house old school, tracks en disco/funk trempées. À tel point que sur Nova, les pro-Demon contre les pro-Superfunk s'offrent en duel. Est-ce bien nécessaire ? LE 3,5 - À ranger entre Bob Sinclar et Superfunk DEMONS & WIZARDS
DEMONS & WIZARDS
(NTS/Wagram 3055782) - 12 titres, 52m22s - Produit par Jim Morris - Sortie le 28 janvier 2000
Heavy Garanti - On pouvait attendre le meilleur d'un groupe qui commençait par se placer sous le patronnage respectueux d'Uriah Heep (le titre) et qui réunissait un duo plus qu'intéressant avec Hansi Küsch, le chanteur de Blind Guardian, notable représentant de la scène prog metal germanique, et le guitariste américain Jon Schaffer qui s'était illustré avec Iced Earth. Sommet d'autant plus prometteur que tout cela s'effectuait sous la houlette de Jim Morris. Espoirs déçus car l'album rassemble un tel nombre de clichés et de séquences déjà entendues qu'on s'ennuie bien vite, d'autant que les évidentes prétentions du duo empêchent de croire à une volonté de simple exercice de heavy bien basique. Talent et savoir-faire sont pourtant là, mais mis au service d'un plomb déjà mille fois fondu. Dos de mage. HP 2,5 - A ranger sans plus Djamatik
Djamatik Connections
(Sony/Small) - 14 titres, 73' 52s Sortie le 22 février 2000
Reggae - Le clavier des Wailers, Tyrone Downie, signe pour Djamatik (issu du collectif sarcellois Neg Marrons), une poignée de compositions originales, chantées pour l'occasion en duo, par certaines figures emblématiques de la scène rap. À ses côtés, on retrouve Pit Baccardi, Kassav, Doc Gyneco, Perle Noire, Stomy Bugsy, Mc Janik, Passi et Hamed Däye, Arsenik, les Martiniquais Metal Sound, Kulu Ganja des Ruffneg', Joëlle Ursull, Steel Pulse et Buju Banton. Un élan jamaïcain roots musicalement bien ficelé, hormis l'intervention vocale de Djamatik. Le garçon n'est pas doué pour les vocalises ! Néanmoins, les invités redressent la barre en insufflant suffisamment de savoir-faire pour sauver du naufrage l'entreprise. LE 1,5 - À ranger entre Zouk et Reggea Doves Lost Souls (Heavenly/EMI) - 12 titres, 56m38s - Produit par Jimi Goodwin - sortie début avril 2000 Funk Rock Pop - Les Doves (à ne surtout pas confondre avec les défunts Trashing Doves, devenus par la suite les Doves, qui officiaient dans la seconde partie des eighties et qui proposaient un rock beaucoup plus rentre-dedans) sévissaient, voilà quelques années, sous le nom passablement stupide de Sub Sub et ils connurent un succès, le hit disco «Ain't No Love (Ain't No Use)» avant de plus ou moins laisser tomber leur prometteuse carrière, suite à un incendie en studio d'enregistrement assez fâcheuxÉ Les revoici donc en l'an 2000, toutes cicatrices disparues et avec, au ventre, une furieuse envie de prouver à un monde incrédule qu'il faut encore compter avec eux ; pari des plus réussis, du moins si l'on en juge par leur album remarquable de classe et de savoir-faire, en fait une longue promenade qui vous conduira sur les bords scintillants d'une rivière certes synthétique, mais bien agréable à contemplerÉ Les chansons les plus abouties («Here It Comes», «The Man Who Told Everything»,»The Cedar Room» et «A House» (clin d'oeil ?)) sont celles qui se rapprochent le plus d'un funk blanc que le David Bowie de la période Heroes/Low/Lodger n'aurait en rien renié. TS 3 - À ranger entre A House et Eastern Dark Drivin' & Cryin'
The Essential Live
(Drivin' & Cryin' records/Fnac Import) 16 titres - 73m56s - Produit par Tim Nielsen - Sortie fin 99
ROCK US - Il y a du bon à préserver quelques raretés pas ou plus largement distribuées en Europe. On a l'impression de posséder son petit jardin musical secret, là où personne ne peut réellement rentrer. On peut même narguer quelques connaisseurs en laissant fleurir de temps à autre ses meilleures pousses, cultivées tard la nuit, à la lumière d'une pleine lune, la casque crachant secrètement et fugitivement ses décibels rebelles sans cause. Le seul problème à couver ces groupes devenus rares chez nous -et Drivin' & Cryin' en est un bien beau représentant- c'est qu'on ne peut pas profiter de toutes ces merveilles sur scène. Heureusement, ces formations tournent en d'autres contrées (souvent même dans des stades !), ce qui nous permet de temps à autre de profiter de quelque album live de circonstance. Dans le cas présent, après huit albums studio, ça frisait l'urgence. Qui plus est, le choix des titres est excellent et assez représentatif des différentes nuances du rock US du groupe. Quant au son, il est énorme, le panard !É CG 3,5 - À ranger entre Gin Blossoms et Rave-Ups Nicolai Dunger This Cloud Is Learning (Dolores/Virgin/Labels, DOL 062) - 12 titres, 41m08s - Produit par Ebbott Lundberg & Kalle Gustafsson Sortie le 22 février 2000 Folk - Pour ceux qui aiment climats bucoliques et mélodies tamisées voici le premier album de ce jeune chanteur suédois. Guitares acoustiques, orgues légères, parsemés ça et là de quelques touches de banjo, de double basse ou de clavecin, This Cloud Is Learning explore introspection délicate et harmonies faussement tranquilles. Dire qu'il le fait avec originalité serait s'aventurer vraiment bien loin : voilà un disque qui prouve, une fois de plus, que compétence et voix chatoyante remplacent difficilement éclat et morceaux inspirés. La pochette de l'album affiche un "Introducing Nicolai Dunger" qui indique l'apprentissage avec à propos, il reste maints échelons à franchir avant d'atteindre la capacité. CF 2 - À ranger entre Jeff Buckley et Donovan Eels
Daisies Of The Galaxy
(Universal/Polydor) - 15 titres 44m15s - Produit par Mark Oliver Everett - Sortie le 28 février 2000
À l'annonce du précédent opus, les aficionados ne tenaient plus en place. Faut avouer que d'entrée Mr E avait frappé fort avec Beautiful Freak, si bien qu'il semblait légitime d'espérer une suite aussi punchy. Malheureusement, frappé de plein fouet par un drame familial, le garçon coupa court à l'excès rock et coucha sur le papier musique Electro-Shock Blues, album perso, sombre, gorgé de nostalgie. Curieusement, ce troisième volet s'interpose entre les deux premiers, distille un doux cocktail aux accents pop, un sens de la mélodie-comptine captivant, même si l'écoute n'accroche pas illicoÉ Et l'on regrette toujours l'absence de cette gratte saturée, déjà prévue pour le prochain bébé, d'après le chanteur. LE 3 - À ranger entre Nada Surf et Ben Christophers Enigma The Screen Behind The Mirror (Virgin/Labels, 724384861629) - 11 titres - 43m34s - Produit par Michael Cretu Sortie le 18 janvier 2000 Duplicata - Nous revoilà en 90 ! A priori, les fanatiques de la première heure (plus de vingt millions sur la planète) ne seront pas déçus. Soulignons a priori car cette fois, il ne faudra pas compter sur l'effet de surprise dont Enigma avait bénéficié. D'ailleurs, après un tel succès, c'est logique qu'un retour de manivelle reste à craindre, puisque forcément, on l'attend au tournant, l'alchimiste Cretu. Et, le résultat n'est pas triste. Aujourd'hui, il nous accommode à la sauce "Carmina Burana", sa vision du mysticisme, en abusant avec lourdeur des ingrédients du précèdent opus. Autant dire que le racolage risque de faire des adeptes. Quitte à choisir de la daube, autant écouter le dernier Art Of NoiseÉ LE 1 - À ranger en attendant la suite FFF Vierge (V2) - 13 titres - 67m41s - produit par - Sortie le 28 mars 2000 Fusion ouverte - On l'attendait, et de pied ferme. Un album étiqueté FFF relève toujours de la (bonne) surprise. Au fil de leur quatre albums studio, ils ont su mobiliser des foules de plus en plus hétéroclites. Il en sera certainement de même avec Vierge, album éclairé d'une nouvelle lumière tant musicale que lyrique. Des sons ultra-travaillés, qui voyagent du trip-hop ("On Avance") à la fusion musclée ("I Want You"), s'aventurant dans des voies mélodiques qu'ils semblent maîtriser sans difficulté. Un sentiment de quiétude transpire de l'écoute, les textes quant à eux s'articulent autour d'un romantisme provocateur cher à Marco (cf. "Le Yaourt") qui tend à assumer sa condition masculine. Le tout fonctionne sans heurt aucun. Pas de prozac à prescrire donc, car l'esprit de la Fédération est là et demeure pour le plaisir de nos oreilles. CD'A 4,5 - A ranger entre le précédent et le prochain Fish & Chips B.O.F. (EMI) - 16 titres, 53m27s - Produit par divers - Sortie le 31 janvier 2000 Melting Pot - ÉEt pas uniquement parce que le «pot», ça se fume. L'intérêt de cette bande-son réside dans son subtil équilibre entre les différentes tendances et influences de la pop anglaise, ce qui sert parfaitement le récit. Entre traditions pakistanaises importées sur le sol britannique et racines anglaises métissées d'influences world, on s'y retrouve non sans plaisir dans ce mix de sons, d'époques et de lieux. C'est le «Moving» de Supergrass qui dirige la promo de cette B.O., mais ce n'est que la cerise sur le gâteau, après des classiques de Jimmy Cliff, Latafat Ali Khan, Deep Purple (!) ou encore The Hollies. À noter que East Is East est le titre original du film, plus parlant (et pertinent) que le passe-partout F & C. MEK 3 - À ranger entre l'East End et le West End Freedom For King-Kong
Citoyens du monde
(les messieurs production) - 16 titres50m23s - ressortie mars 2000
Fusion + Rock + Reggae - Avec un nom pareil, il fallait s'attendre à tout. Les FFKK (c'est plus court !) testent sur leur premier album le mélange des genres. Difficile de trouver une étiquette à mettre sur ce disque. On a le sentiment que la formation a le cul pris entre plusieurs chaises musicales. Reggae et fusion donc, mais aussi du hard ("L'Impasse") avec un peu de scratch ("Me Me, Me Me, Me Me"). Des choses déconcertantes, qui doivent plaire à certains, tel que "Mauvais Zélé Ment", écho affaibli du "Mauvais Garçon" de FFF (en tous cas pour le texte). De bonnes surprises néanmoins au travers de ce brouillard sonore, tant au niveau de l' humour de "Serial Looser" que de l'écriture engagée de "Révolution". CD'A 2 - À ranger entre tout et rien ¡ Fuerza
!¡ Fuerza !
(Virgin) - 18 titres - 77m15s - Produitpar divers - Sortie le 7 mars 2000
BOMBES SPANISH - Ça continueÉ Après les succès de Manu Chao et de Sergent Garcia, pour ne citer que les deux exemples les plus flagrants, les signatures de nombreux groupes de la même veine expagnolisante et/ou ragga par toutes les majors, voici venir le temps des compilsÉ Pas mal de choses intéressantes sur ce ¡ Fuerza !, avec bien sûr les incontournables (Chao et Garcia justement ou encore un p'tit Mano Negra de derrière les fagôts, puisqu'on est chez Virgin), les groupes qui montent qui montent (Spook & The Guay, Color Humano, P18) et ceux qui ne manqueront pas de le faire dans les prochains mois/années (Macaco, Dusminguet ou encore King Chango qui reprend un titre de Sting d'une façon pour le moins surprenante !)É Au total, un aperçu assez juste d'un courant musical qui, s'il sera sans doute aussi éphémère que tant d'autres (mode oblige, et les modes passent, quoiqu'on en pense) reste néanmoins une des meilleures choses qui soient arrivées à nos oreilles depuis pas mal de tempsÉ ML 3 - À ranger entre les Pyrénées et la Méditerranée FULSOME FATE Kafka (OVNI 001) - 17 titres, 65m26s Produit par Fulsome Fate - Sortie fin 1999 Rock saturé - "Plus minimaliste, tu meurs" semblent nous dire ces deux opus de Fulsome Fate. Son étouffé, production chétive, vocaux récitatifs à peine esquissés sur fond de guitare saturées, cette suite (kafkaïenne donc) vise, vraisemblablement plus à créer des climats aliénants qu'à séduire. Elle parvient sans équivoque à la deuxième proposition tant la musique est rébutante ; quant au premier objectif induit, si on se sent effectivement dissocié de l'oeuvre, ce n'est pas parce qu'elle est parvenu à nous entraîner dans ces culs-de-sac de l'âme, mais parce qu'à aucun moment elle n'arrive à s'élever au-delà d'un embrouillamini sonore qui peine à passer pour une démarche. CF 1,5 - A ranger entre MC5 et WireFunk Funk The Bug Funk The Bug (Follow Me Records) - 10 titres 43m00s - compilé par DJ Joh et Tito Classical Funk - Le nouveau millénaire n'a pas connu le bug tant redouté, mais il devra encore compter avec le groove du siècle passé. Et cela grâce notamment à des fondus de zic tels que François Gonzalez, Jérôme et Julien Carlier, qui viennent de lancer leur label Follow Me Records. Funk The Bug est donc leur première sortie. C'est tout simplement une petite merveille de trésors soigneusement planqués par nos parents. Dix titres funk des 70's venus directement de quelques collections privées, ce qui veut dire que sans elles vous auriez toujours pu vous brosser pour les trouver. Ce premier essai annonce la venue prochaine -on a déjà l'eau à la bouche- d'un disque de latino/funk, ainsi que de beaucoup d'autres (on l'espère sincérement). CD'A 4 - À ranger entre vos vinyles Geneva Weather Underground (Small/Sony Music) - 11 titres 51m57s - Produit par Sortie mi-mars 2000 Pop-Rock - Après un premier album magnifique passé quelque peu inaperçu, les cinq écossais d'Aberdeen remettent le couvert avec ce Weather underground toujours sous influence Smiths, Suede, Byrds et, bien sur, Buckley (fils) à travers les arpèges angéliques du chanteur Andrew Montgomery. Si, comme dans Further, premier opus du groupe, la demi teinte et la mélancolie dominent à travers une série de balades atmosphériques aux titres écocateurs («Amnesia valley»), les guitares de Steven Dora et Stuart Evans se font ici plus incisives et plus rageuses comme l'affirmation volontariste de la démarche cohérente d'un groupe possédant déjà son identité et affirmant son droit à l'existence. À l'heure des derniers soubresauts d'une britpop laminée par la déferlante techno, le rock alambiqué et insinuant de Geneva apporte bel et bien un véritable souffle de fraicheur et de spontanéité. Amateurs de bpm s'abstenir... PR 4 - À ranger entre Jeff et Buckley The Get-Up Kids
Something To Write Home About
(Epitath/PIAS, 6587-2) - 14 titres, 52m22s - Produit par hasardSortie retardée
Pop Rock Maîtrisée - Et de main d'orfèvre, encore ! Nous ignorons tout de ces Get Up Kids, mais ils feront désormais partie de notre univers musical quotidien, pas de problème. Des groupes qui manient la Guitare et le Verbe Anglais comme d'autres la Poésie ou les Mathématiques Quantiques seront toujours les bienvenus à la maison ! Quelques poussières d'étoile parsèment ce disque d'une globale réussite : un «I'll Catch You» de toute beauté, un «Close To Home» tout de fureur contenue, un «Action & Action» qui résume parfaitement la situation, un «Red Letter Day» qui donne envie de reprendre les poussièreux cours de solfège, un «I'm A Loner Dottie, A Rebel» qui fera pâlir d'envie toutes les apprenties rock-stars de par cette vaste région parisienne, un «Long Goodnight» sans commentaire ; le reste, plus anecdotique, servant surtout de fil conducteurÉ Pour résumer : une formation rock de plus, mais pas n'importe laquelle, à confirmer sur scèneÉ TS 3 - À ranger entre les défunts Every Day People et les Burning Heads Giant Sand Chore Of Enchantment (Thrill Jockey Records THRILLO78) 16 titres, 60m moins 1 s - Produit par John Parish, Jim Dickinson et Kevin Salem - sortie début mars 2000 Country Rock Des Temps Modernes - Les albums de Giant Sand se suivent à vive allure sans jamais se ressembler. Le petit nouveau joue la carte du dépouillement et de l'intimisme, à tel point qu'à côté, les disques de Palace sont des monuments de débauches sonores en tous genres ! Anyway, cela fonctionne parfaitement et jamais l'auditeur n'aura la désagréable impression de s'être fait plumer, tant est grand le talent de Howe Gelb (je vous défie de prononcer ce nom vite et à voix haute), seul maître à bord du navire Giant Sand (mais qu'est donc devenue la goëlette The Band Of Rocky Blanchette, qui naviguait naguère sur les mêmes eaux remuantes et avec le même capitaine ?) en compagnie de ses complices de toujours John Convertino (qui officie également chez les excellents Calexico) et Joe BurnsÉ Sur les titres «Raw» et «Dirty From The Rain», Howe laisse trainer sa voix à un point tel qu'on jurerait qu'il a invité Lou Reed à vocaliser et c'est du plus bel effet. Le reste du temps, les compositions coulent tel du miel dans des oreilles affamées et les guitares plus ou moins électriques se taillent la part du fameux lion dont on parle toujours, mais qu'on ne voit qu'en de très rares occasionsÉ TS 4,5 - À ranger entre les albums Swerve et BBQ du même gang GMT GMT (Outside records, OUT 580-005) - 13 titres - 52m 25s -Produit par GMT/Outside Records Disponible Pop - Quoi de plus émouvant que de tenir entre ces mains un CD que l'on espère depuis trente ans ? Et ce depuis qu'un blondinet de douze ans, fervent admirateur de Marc Bolan décide qu'il serait guitariste sinon rien. Après avoir officié dans diverses formations, il est devenu le lieutenant fidèle d'une des légendes vivante du rock et nous gratifie enfin de son premier opus. C'est un vrai bonheur, un recueil de petites perles ciselées avec précision, de guitares cristallines ou hargneuses selon l'humeur, et de textes poétiques. La référence, citée plus haut, est incontestable tout au long des plages, mais ce n'est pas la seule, c'est aussi un condensé de tout ce que le rock a pu nous apporter de satisfaction, depuis les 70's. C'est aussi la découverte d'une personnalité manifeste et attachante. Maintenant, tous ces morceaux, on a hâte de les voir sur scène ! On aurait souhaité qu'il débarque plus tôt, et l'on ne voudrait pas languir trente ans, pour avoir l a suite, pour ne pas avoir à lui dire : « Eh, tu m'as manqué, j'étais à bout pourtant.» N&D SD 5 - À écouter impérativement ! The Green Mile B.O.F. (WEA) - 37 titres, 74m34s - Produit par Thomas Newman et Bill Bernstein Sortie le 15 février 2000 Amériques profondes - Figure de style et d'avant-scène de la musique de film US (Larry Flint, Recherche Susan Désespérément et American Beauty), T. Newman se retrouve pour La Ligne Verte à la tête d'un projet «blockbuster», avec le grand (?) Tom Hanks comme figure de proue. D'emblée, on est captivé par la douceur, presque le silence qui habite ces courtes et fines compositions, accompagnatrices non redondantes d'une histoire fantastique (d'après S. King) et émouvante. Intercalés entre les évocations sur partition de cette Amérique toujours plus complexe, quelques classiques parmi les classiques, de Fred Astaire, Billie Holiday ou encore Gene Austin. Efficacité et nostalgie ont souvent fait bon ménage, Louisiane et crocodiles aussiÉ MEK 3,5 - À ranger entre Bayou et banjo The Trey Gunn Band The Joy of Molybdenum (DGM, DGM0001) - 9 titres, 46m55s Produit par Trey Gunn et Bob MullerSortie février 2000 Progressive Roc - Originaire du Texas, Trey Gunn est le prototype du pianiste prodige ayant reçu une éducation classique qui s'est aventuré "progressivement" vers d'autres instruments (basse, guitare et claviers), et d'autres horizons musicaux. Ayant tourné avec David Sylvian ou Robert Fripp, c'est sans surprise que son album fait la part belle à des instrumentaux qui combinent influences jazz, rock ou funk. Qu'est-ce qui fait la différence avec d'autres albums du même genre ? Peut-être une approche sonique différente grâce à une guitare à huit cordes ayant le registre d'un piano, sinon rien de bien nouveau sous les tessitures métalliques de la musique "globale". CF 2 - A ranger entre King Crimson et John Paul Jones Nina Hagen
The Return Of The Mother
(Orbit/Virgin Labels, 848869) - 10 titres - 45m08s - Produit par Nina Hagen - Sortie le 15 février
2000
Daube - La foldinguo de la pop-sock-synthético-branchouille amusait peut-être la galerie du temps de sa splendeur (comprenez par là du temps où elle vendait des disques) mais ses élucubrations primales font à peine sourire aujourd'hui l'auditeur moyen qui vient de débourser 120 balles pour cette «chose» et que, franchement, non, c'est pas drôle du tout de faire des blagues aux ch'tites gens sans le souÉ Alors, bon, voilà, la Nina hurle des âneries, souvent en allemand, langue qui passe toujours aussi mal en chansons, faisant penser à une Castafiore sous acide qui refuserait de rendre son tablier pour on ne sait quelle pernicieuse idée. Ça passe parce que ça faisait des années qu'elle n'avait pas pondu de disque, la mère-machin, là, mais il serait temps de raccrocher maintenant. Même les pires choses doivent avoir une finÉ ET 0 - À ranger entre le diable de Tasmanie et Cruella Hardknox HardknoxSame (Zomba/Jive 0524062) - 11 titres,63m45s - Produit par Hardknox - sortie début 2000 Hip-Hip Electronique - Si on part du principe que le lecteur moyen de Compact n'habite pas dans le Bronx, qu'il n'est pas forcément révolté contre la société, qu'il travaille (ou essaie, ou cherche à) plus ou moins honnêtement, qu'il ne porte casquette et survêtement qu'en de très rares occasions, que les demeurés (aïe, 567 345 ennemis d'un seul coup !) qui crachotent des trucs inaudibles dans des micros trafiqués ne le branchent que moyennement, qu'une musique relativement pauvre et passablement crétine le rebute plus qu'autre chose et, surtout, que son budget mensuel pour l'achat de disques ne lui permet certainement pas de se tromper dans ses emplettes musicales, alors le lecteur moyen de Compact passera son chemin sans s'attarder plus longtemps sur ces Hardknox d'une autre dimension et il emmenera avec lui le chroniqueur moyen de Compact, fatigué de devoir se taper l'écoute de neuf albums plus ou moins redoutables, avant de tomber sur un dixième qui le fera tomber sur le culÉTS 1 - À ranger entre les oeuvres de NTM et celles de Onyx (pas obligatoire) ROGER HODGSON
Open The Door
(Epic/Sony) - 10 titres, 52m03» Produit par Roger Hodgson et Alan Simon - Sortie le 25 avril 2000
Super Trempe - Tiens, voilà le nouveau Supertramp. À ceci près que c'est Hodgson qui l'a fait. Supertramp nouveau, donc. Peu importe d'ailleurs les chicaneries d'héritage avec Rick Davies, les fans du groupe, eux, y trouveront leur compte, et quel compte : dix chansons magnifiques, superbement mises en son et interprétées, avec de ces mélodies magiques comme ils les aiment, et le bonus d'un son considérablement enrichi du fait de la collaboration d'Hodgson avec le touche-à-tout breton Alan Simon qui a élargi le spectre sonore de son complice en recourant à cent instruments divers. L'album se place dans la lignée pure et translucide de Rites Of Passage -dont il reprend d'ailleurs l'époumonant «Showdown» avec le renfort de Didier Lockwood- mais avec cette fois les fastes d'une superproduction qu'impose un retour sur une major. Production luxueuse qu'on oublie d'ailleurs, tant elle sert avec justesse l'art précieux de l'esthète anglais, et tant la communicative chaleur et la sensibilité épidermique du grand Roger transcendent le pur savoir-faire. Au-delà de la montagne de hits potentiels que renferme ce disque, c'est surtout un vrai grand beau moment de bonheur qu'on savoure ici. HP 4,5 - A ranger entre Logical Song et Jeopardy John Lee Hooker It Serves You Right Yo Suffer (MCA/Universal, MCD12025) - 8 titres - 32m54s - Réédition produite par Andy McKaie Sortie fin 1999 Blues - Des John Lee Hooker, on n'en fait plus et on n'en fera plus, le moule est cassé ! Imaginez aujourd'hui un artiste à l'aurore de sa carrière (car ce disque est originellement sorti enÉ 65 !) que vous placez là, avec son groupe, en plein mois de Novembre, à New York, et qui vous pond en une journée seulement un disque de cette trempe, impossible ! Composé de nouvelles versions de ce qui était dejà le passé de Hooker (qui chante depuisÉ 1948 !), déjà riche à cette époque, comme ce «Shake It Baby» ahurissant en guise d'introduction, mais aussi de nouvelles compos, cet album, court mais dense, propose aussi la meilleure version de tous les temps de «Money» (avec William Wells au trombone), bien au-dessus de celle des Beatles ou même de celle des Kingsmen's qui pourtant grimpa dans les charts UK en 64.DL 3 - À ranger à l'origine du blues électrique Idlewild 100 Broken Windows (EMI) - 12 titres, 38m45s - Produit par Dave Erringa et Bob Weston - Sortie le 10 avril 2000 Heavy rock - Dans Music Up !, il y a un peu plus d'un an, on appréciait le premier effort d'Idlewild, tout en regrettant un certain conformisme dans leur «rock punk gueulard» et en espérant officiellement qu'ils évoluent vers un style plus fin, plus personnelÉ Ce souhait se réalise aujourd'hui ! Toujours écossais et de plus en plus influencés par REM ou les Smiths -sans jamais les copier- les quatre jeunes gars s'éclatent sur des compos solides et mélodieuses, où la puissance des tempos ne le dispute qu'à la grâce des refrains. Ce (court) CD se déroule un peu comme le dernier Stereophonics, avec cette fort satisfaisante sensation d'avoir affaire à des musiciens doués, intelligents et fertiles. Qu'ils s'obstinent !MEK 4 - À ranger entre Manic Street Preachers et Foo Fighters Al Jarreau Tomorrow Today (Universal/Verve, 5478842) - 11 titres -49m36s - Produit par Paul Brown Sortie le 15 février 2000 Lifting - On entend déjà les ayatollahs du rock cracher leur venin à la vue de cette poignée de lignes annonçant le retour fracassant (ben oui, faudra s'y faire) du crooner nasillard. Un come back mettant ainsi fin à six années d'absence (en studio), durant lesquelles le chanteur s'est bonifié tel un vin liquoreux, dont la douceur n'est pas s'en rappeler les stigmates du R&B. Al Jarreau s'offre donc une nouvelle jeunesse, va conquérir une autre génération de fans qui jusqu'à présent n'osaient pas fouiller dans les disques de papa. N'oublions pas qu'il s'agit, tout de même, d'une pointure jazzy, soucieux des moindres détails, à commencer par la qualité de l'écoute. À savourer. LE 4 - À ranger entre Look To The Rainbow et Breakin' Away Jay Jay Johanson
Poison
(BMG) - 16 titres, 67m10s - Produit par JJJ & Erik Jansson - Sortie le 19avril 2000
Trip pop - L'agacement et l'overdose de préciosité, que l'on pouvait parfois ressentir à l'écoute des deux premiers albums (Tattoo et Whiskey) ont définitivement cédé la place à l'émotion, pure et forte comme une senteur d'amour fou. Car le jeune homme suédois ne quitte pas ses thèmes obsessionnels que sont l'amour toujours, l'amour déroute, l'amour trahison, l'amour impossible, l'amour briséÉ «Time Is Running Out», titre instrumental, n'est pas éloigné de ce que Joe Jackson propose depuis quelques temps (piano, tic tac, flûte, crescendos). Les mélodies sont tristes, viscéralement mélancoliques et, pourtant, l'espoir et la passion ne s'éteignent jamais. Étrange petit monde, que celui de ce musicien qui aime autant être seul qu'entouré de ses musiciens et qui ne conçoit une bonne chanson qu'accouchée dans un contexte d'angoisse et de solitude. Cliché ? À l'arrivée, en tout cas (avec en exclu pour la France deux titres supplémentaires), l'inspiration fait rarement défaut et la lenteur des tempos est souvent en parfaite adéquation avec la profondeur des trémolos. MEK 4 - À ranger entre George Michael et Jimmy Sommerville Kelis
Kaleidoscope
(Virgin, 724384791124) - 14 titres61m45s - Produit par Pharrell Williams et Chad Hugo
Sortie le 20 janvier 2000
Lifting - L'affaire submerge déjà les ondes US -souvenez-vous du "Got Your Money" aux côtés d'Ol' Dirty Bastard- à tel point que le raz-de-marée sera prochainement signalé de ce côté de l'Atlantique. Là, Kelis a toutes les chances de réussir pour séduire : un minois à déclencher un micro climat permanent, des sérénades guimauves estampillées hip-hop et surtout des producteurs veillant au grain, The Neptunes. Amis du célèbre Bastard, les jeunes loups ont flairé le jackpot, ajoutent au traitement une surdose de R'n'B. Ça tient la route, sans pour autant révolutionner le genre, ni satisfaire les cérébralles. Quant aux textes, d'une mièvrerie suffocante, ils sont sûrement à mettre sur le compte d'une jeunesse grisée par le succès. SW 3 - À ranger entre mielleux et doucereux Korn Issues (Epic/Immortal, EPC4963592) - 16 titres, 53m18s - Produit par Brendan O'Brien sortie le 23 novembre 1999 Rock burné - Après Korn, Life Is Peachy et Follow The Leader, voilà le nouvel opus des Américains, produit par O'Brien, l'homme de l'ombre de Rage Against The Machine, Pearl Jam, Soundgarden, etc. De cette collaboration, il en résulte un arrière-goût de souffre, un nuage de terre battu par les Converse des milliers d'ado sous le joug de ces énervés, élevés au mille shakes. La recette de leur rock est loin du breuvage low fat prodigué par les bonnes ames du top 10, diffusés jusqu'à plus soif dans les chiottes aéroportuaires. Là, Korn tient l'auditeur par lesÉ (minute de vérification)É oreilles (en fait, tout dépend de la posture initiale), hurle, abuse sexuellement de la saturation sur les pauvres grattes, sans parler de la grosse-caisse qui bourine. On ne fait pas dans la dentelle, mais ça défoule. LE 3 - À ranger entre Creed et Metallica Lambchop Nixon (City Slang/Labels, 72438489062-9) 10 titres, 49m40s - Produit par Mark Nevers & Kurt Wagner Sortie le 8 février 2000 Country/Soul - On a tendance à oublier que Nashville, le temple de la country music n'est guère éloigné de Memphis, le berceau de la musique soul ; voilà pourquoi cet album est salutaire ! ll l'est dans la mesure où il réalise un hybride d'autant plus réussi qu'il était osé. Comment concilier mélodies à cordes et suavités grinçantes, comment mêler hymnes rednecks à climats gospels ? Voilà une gageure qui avait échappé aux tenant du alt.country qui visent à débarrasser cette musique de ses oripeaux conservateurs ; Lambchop réussit le prodige d'aller puiser dans ce mélange original sans que celui-ci ait l'air de sonner comme une pièce rapportée. On ne peut que goûter les mélodies délicates, les arrangements de cuivres et de cordes finement discrets ou les délicieux falsettos de Kurt Wagner pour se convaicre que Nixon est un pur joyau, si ce n'est un chef d'oeuvre ! CF 4,5 - A ranger entre Hank Williams et Wilson Pickett Amel Larrieux
Infinite Possibilities
(Epic, 494879) - 11 titres - 49m50s Produit par Amel et Laru Larrieux Sortie février 2000
R&B - L'ancienne chanteuse de Groove Theory vole désormais de ses propres ailes. Si elle a gardé le mélange d'influences jazz, hip-hop, soul et funk au profit d'un R&B classieux, elle a toutefois pris bien soin de placer son joli brin de voix à l'épicentre de chacune de ces nouvelles compositions, multipliant parfois les «couches vocales» comme autant de plaisirs évidents. Au total, un parfait résumé de ce que peut proposer la musique black actuelle (hors rap), avec des textes positivistes vantant la foi, l'espoir et toutes ces belles choses qui n'existent que dans les chansons. Amel a co-écrit et co-produit l'album avec son mari Laru, dans un soucis de contrôle total ; c'est ainsi que nous retrouvons telles qu'ils les ont pensées quelques petites funky, avec parfois des emprunts au gospel («Even If») ou à la jungle («Down»)ÉML 3,5 - À ranger avec Groove Theory Larry Garner Once Upon The Blues (Night & Day, 7559624782) - 11 titres - 42'09s - Produit par Larry Garner, Dick Shurman Song Writter - À l'inverse des certaines pointures (texanes ou non), Larry Garner a plongé tardivement dans la concoction blues. Dès 1990, ses foulées suivent à la trace les pionniers mélomanes, guitar heroes et autres géants du blues, dans la veine de Melvin Taylor. Des premiers pas alertes lui permettant d'imposer sa patte traditionnelle (mais d'une précision chirurgicale, ce qui ne gâche rien), sur des textes contemporains. D'où ce condensé bluesy, langoureusement ressuscité par le grain d'une voix marquée par les affres d'un long voyage. Un carnet de route écrit au cours d'une jonction entre Chicago et Memphis, ville dans laquelle fut enregistré ce Once Upon The Blues. LE 4 - À ranger entre Luther Alison et Albert Collins John Lennon Imagine (Parlophone/EMi, 7243524858) - 10 titres - 39m29s - Sortie le 14 février 2000 Mince alors, «Imagine» n'est pas un morceau inventé par les publicistes qui travaillent pour les banques et les compagnies d'assurance, mais une chanson composée par John Lennon ; on avait presque oublié ! Livré tel quel, sans les sempiternels bonus-fonds de poubelle, simplement remasterisé (le «simplement» est employé ici à double-sens tant la remasterisation est subtile et discrète), avec néanmoins un beau livret 16 pages (paroles des chansons et photos inédites), cet album mythique passe avec succès le cap des 24 bits et par la même occasion du nouveau millénaire. «Jealous Guy» (oui, celui-là même que Roxy Music avait repris avec le succès que l'on sait), «I Don't Wanna Be A Soldier Mama», «Gimme Some Truth», «How Do You Sleep», le «Oh Yoko !» final ou encore le morceau-titre ; que des classiques pour ce classique, un must.SL 5 - À ranger dans votre imaginaire Little Bob Lost Territories (EMI, 7890302) - 12 titres - 55m36s Produit par Jeff Eyrich - Sortie mars Du grand Bob - Il arrive parfois, pour des raisons inexplicables, et cela ajoute une aura mystérieuse à ces petites merveilles, qu'un artiste ou un groupe, pourtant reconnu pour ses qualités, sorte un disque littérallement renversant. Une concordance de lieu, de temps et de composants, quelque chose d'impalpable. Pour fêter les 25 ans de carrière du plus grand des petits Bob de la planète, et la tournée qui accompagne ce remarquable anniversaire (allez-y, bougez-vous, un peu !), EMI ressort intelligemment (mais il était temps, on songeait à le faire nous-mêmesÉ véridique !) ce Lost Territories en tout point parfait. Les compositions sont sublimes, les textes inspirés (même au bout de la centième écoute, le morceau-titre file la chair de poule !), la voix de Bob incroyablement vibrante, la production de Jeff Eyrich adéquate et le choix des musiciens on ne peut plus pertinent. Définitivement un grand disque, rien à redireÉCG 5 - À ranger avec Blue Stories, son digne successeur Little Steven
Born Again Savage
(Renegade Nation/Eagle/Sony) - 10 titres - 61m04s - Produit par Little Steven - Sortie le 14
mars 2000
ROCK TOUCHÉ PAR LA GRACE - On savait le monsieur talentueux. Ses albums solos précédents, quoique inégaux, laissaient planer l'ombre d'un grand compositeur, et sa présence à l'épicentre du E.Street Band de Springsteen est sans aucun doute le meilleur gage de qualité possible, mais rien de tout ceci (et du reste d'ailleurs) ne pouvait laisser présager le feu d'artifices qui nous explose à la face aujourd'hui ! Bien sûr, des guitares, il y en a dans tous les coins, Little Steven n'a pas fait semblant, mais c'est surtout la bonne santé de l'ensemble qui surprend : beaucoup de rythmes différents et donc de changements de rythmes, des riffs qui claquent (on n'est parfois pas loin du Electric de The Cult, si si, juré !) et surtout une voix vraiment bien placée et des textes qui laissent de la place à un certain lyrisme débordant joyeusement sur la musique (6 minutes en moyenne par morceau !)É Ricain jusqu'au bout du médiator, le renégat du rock aligne ainsi dix compos carrées qui s'imposent d'elles-même sans excès de production. Certains ne manqueront pas de trouver l'album trop basique, ce à quoi les amateurs de bonnes vibrations soniques que nous sommes ne prêterons pas la moindre attention. Depuis quand nous faut-il plus qu'un trio et une bonne chanson pour nous faire taper du pied ? Que le dard du mépris perce votre carapace d'ignares, na ! CG 4,5 - À ranger entre l'infiniment petit et l'infiniment grand Lord Kossity Ever Lord (Naive) - 16 titres - 55m55s - Produit par Clyve Hunt et Kool Chen - Sortie le 4 avril 2000 Ragga-ga - "Ma Benz" l'avait bombardé sous les projecteurs d'un plateau sulfureux, aux côtés de Kool Chen. 300 000 singles plus tard, le bô gosse (il a joué les mannequins pour Adidas, Nike, etc.) à la tchatche toujours aussi assassine, affinée, tranchante, du genre Shabba Ranks, souvent cité en référence par le Lord. Si bien que son nouvel album s'inscrit dans la même lignée, recoit les précieux conseils de Clyve Hunt (producteur de Jimmy Cliff ou Peter Tosh), la participation de l'actrice Victoria AbrilÉ Sans oublier la voix de NTM. À noter que deux titres se planquent derrière le dernier morceau : "J'accélère" sorti en vinyle en 99 et "A Who Dat". SW 3,5 - À caler entre les jambes d'une bimbo Loudmouth
Engines Of Creation
(Hollywood/Edel/Sony, 01218112HWR) - 12 titres - 57m55s - Produit par Joe Barresi et John
Sullivan - Sortie mars
Metal - Tout Metallica a craqué sur Loudmouth, en se répandant élogieusement dans la presse américaine. Lars et James sont même venus les voir dans un club de Chicago, début d'une grande entente puisque Lars voulait les signer sur son label perso et que, lors d'un concert à Saint-Louis, tout Metallica a repris un morceau de Loudmouth en rappel («Not Fine») en invitant Bob le chanteur à les rejoindre sur scène. Un coup de pouce mérité pour ce gang qui manie le lourd, mais pas le balourd, avec la même réussite que ses aînés prestigieux. Grosse gueulante, rythmique en béton armé, parfois quelques grammes de finesse dans un monde de brut (le solo d'harmonica de «Not Free» par exemple) et ces riffs, putain, ces riffs ! De quoi se fracasser la tête dans la joie et la bonne humeur ! Enfin, une nouvelle révélation métal, ça commençait à nous manquerÉDB 4,5 - À ranger entre Metallica et Queens Of The Stone Age Magnolia
B.O.F.
(WEA) - 12 titres, 47m14s - Produit par divers - Sortie le 29 février 2000
Pop & folk - Réalisé par Paul Thomas Anderson, Magnolia est la première collaboration entre le metteur en scène et Aimee Mann, qui signe l'essentiel des chansons présentes ici. Presque un nouvel album, en fait, ce qui confère à cette B.O. un attrait original. Deux superbes chansons de Supertramp (un groupe qui, du jour au lendemain, après plus de dix ans d'une carrière éblouissante, a été rayé par la critique bien-pensante des cartes de l'histoire du rock, mais la vengeance n'est jamais loin !É) accompagnent la pop délicate de la dame, femme de Michael Penn, auteur de la musique de Hard 8 et Boogie Nights, du même cinéaste. Depuis son départ de Til Tuesday (dans les années 80), Mann parcoure les scènes engagées, comme récemment celle du Lilith Fair, et développe une musique intimiste et mélodiquement fascinante. À découvrir.MEK 4 - À ranger entre Chrissie Hynde et Heather Nova Mapuka Métis (2good) - 9 titres - produit par Mapuka sortie début 2000 Roots Reggae Dub - Voici enfin le premier album après cinq ans d'existence et de scène. Le reggae comme on l'aime, un retour aux sources bienfaisant qui nous donne envie de faire un petit tour dans les années 70. Neuf titres où se rejoignent les meilleurs ingrédients. La section de cuivres est remarquable ; elle s'était déjà illustrée pour son travail studio au côté de Saï Saï et Jeff de Paris. La basse sait être en osmose avec la batterie et dérouler des phrases impeccables. Moralité : il y a tout pour un dub de qualité. Ajoutez la voix de Cécile Nbebi, qui se mêle à l'harmonie musicale, chantant la justice et l'Afrique patrie d'origines et vous obtenez du reggae roots. Les fidèles de Bob Marley savent désormais à qui s'adresser ! CD'O 4 - À ranger entre Bob Marley et 38 Dub Band Marcy Playground Phaseshifter (Capitol/EMI, CDLRL 027) - 12 titres 48m05s - Produit par John Wozniak Sortie le 20 mars 2000 Rock post-grunge - Avec "Sex And Candy", ce trio de Minnéapolis est déjà fort d'un succès aux USA qu'il vise fort justement à renouveler avec ce nouvel album. Bien que les titres ne soient pas tous mémorables, certains sont raisonnablement forts : la mélodie infectieuse de "It's Saturday" ferait un single idéal, "All The Lights Went Out" combine accords puissants et air accrocheur et "Our Generation" s'essaie au commentaire social sur les années 90. Phaseshifter est pourtant un disque "wagabond" ; il navigue entre différents genres sans jamais s'impliquer, voire s'aventurer, dans l'un ou l'autre. C'est cela, sans doute, son problème ; ça et aussi une peine certaine à tenir la distance. CF 2,5 - A ranger entre Pearl Jam & Dave Matthews Wynton Marsalis Septet Live At The Village Vanguard (Columbia/Sony, CXK69876) - 8 disques - Produit par Steve Epstein- Sortie le 29 février 2000 Jazz - Le Village Vanguard ; ce temple mythique a rendu ivre d'exaltation, révolutionné le genre, un nombre incommensurable de fois, fait vibrer le coeur des jazzmen du Greenwich Village. Le lieu est magique tout comme ce printemps 90, l'été 91 ou les mois de décembre 93 et 94. Les dates aux cours desquelles le trompettiste investit les murs, ajoute une nouvelle page à l'histoire nocturne d'un calendrier intemporel. Déclinés sous les sept jours de la semaine, les disques et le CD bonus, alternent les formations live (Wessell Anderson, Todd Williams, Wycliffe Gordon, Marcus RobertsÉ), diffusent l'humeur tantôt blues, swing et jazzy du maestro avant-gardiste, tout en prenant bien soin de ne pas laisser place au plus petit temps mortÉ On s'y croirait ! LE 5 - À ne pas ranger Helen Merrill Helen Merrill Jelena Ana Milcetic a.k.a. Helen Merrill (Universal/Verve, 5430892) - 13 titres - 53' 19» - Produit par Helen Merrill et Daniel Richard Sortie le 25 janvier Jazz - D'un côté du miroir, Jelena Ana Milcetic, fille d'immigrants croates, née a New York dans les années trente. De l'autre, Helen Merrill, pseudo naissant d'une passion musicale exacerbée, brassée au sein de ce puzzle éponyme. Composé des pièces maîtresses d'un coeur partagé entre ses racines et son quotidien, ce nouvel opus jalonne la route de la chanteuse de musiques traditionnelles croates, de souvenirs d'exil, voire de blues lancinants. Tour à tour triste, émouvante, solennelle, sa voix adopte les affres et les joies d'une vie américaine, japonaise ou d'une reconnaissance française. Sa vie est ainsi, multiculturel, sans frontièreÉ LE 3 - À ranger entre jazz et blues Pat Metheny
A Map Of The World
(WEA/Wagram) - 28 titres, 66m37s Produit par Pat Metheny et Steve Rodby - sortie fin 1999
Jazzy - L'univers visuel du long-métrage A Map Of The World de Scott Elliott (avec Sigourney Weaver) se métamorphose sur les frets du guitariste Pat Metheny, davantage coutumier des clubs jazzy que du septième art. Ceci n'est pas un nouvel opus proprement dit, mais davantage une succession de scènes acoustiques plus ou moins longues, replongeant l'artiste vers les méandres d'un jeu dépouillé, mais de précision, où seuls les passages liés aux ambiances, telles les intempéries, un sursaut dramatique ou transition mélo, deviennent barbants à la longue (bande originale oblige). À ses côtés, basse acoustique, animée par Steve Rodby ainsi qu'une formation philharmonique, s'organisent sous l'ombre d'une soixantaine de musiciens. Pas mal. LE 3 - À ranger entre Mike Stern et Khalil Chahine Ministry (Tribute) Another Prick In The Wall (Invisible/Caroline, INV163) - 12 titres - 56m13s - Produit par divers - Sortie janvier 2000 ORGIE INDUS - Fallait pas commencer par le Electric Hellfire Club ! Ces types-là sont tellement cramés qu'ils font passer l'univers de Ministry, pourtant déjà sévèrement pernicieux, pour des comptines enfantines. Plus qu'un hommage, il s'agit d'une nouvelle déflagration pour l'univers joyeusement maladif de Jourgensen. Parmi les figurants à cet album ressemblant plus à un habile jeu de massacres et attrapes qu'à une succession de reprises, on note la présence de Shining, Resident Phase Shifter, Dessau, The Aliens, Heavy Water Factory ou encore Meg Lee Chin, pour des remakes de l'impossible de chansons telles que «Land Of Rape And Honey», «You Know What You Are», «Just One Fix» (deux fois), «The Cannibal Song» ou encore «Jesus Built My Hot Rod». Monstrueusement jouissif !ÉDB 3 - À déranger les plus atteints Joni MITCHELL
Both Sides Now
(WEA, 9362 - 47640 - 2) - 12 titres, 51m29s - Produit par Larry Klein - Sortie le 29 février 2000
Ballades swing - N'ayant depuis longtemps plus rien à prouver, la chanteuse s'attaque ici à un répertoire, des ballades des années 20 à 70, dont on aurait tort de penser qu'il s'inscrit à contre-emploi pour elle. Représentante d'une tradition qui a largement puisé dans le jazz, c'est sans complexes que Joni Mitchell reprend ici des titres de Sinatra, Ella Fitzgerald ou Billie Holiday. Sa voix chaude et émouvante convient donc à merveille pour épouser de luxuriantes orchestrations auxquelles ont participé Wayne Shorter, Herbie Hancock ou Peter Erskine et elle en profite pour donner des versions pour le moins originales de deux de ses classiques "A Case Of You" et "Both Sides Now". Un disque précieux, pour soirées langoureuses ou matins mélancoliques. CF 4 - À ranger entre Ella Fitzgerald et Linda Rondstadt Molotov Apocalyptshit (Sufco/Universal, 163074-2) - 13 titres, 51m47s - Produit par Mario Caldato Junior Sortie février 2000 Tortillas Trash - Avec les joyeux cinglés de Molotov, le dépaysement musical est garanti. Adieu les frontières bien déterminées de la santé mentale et de la chanson sagement et froidement découpée en rondelles technologiques de trois minutes et trente secondes chacune et bienvenue au dérèglement rthymique, aux compositions qui font comme chez elles, se vautrent dans le canapé, mettent des pieds malodorants sur la table basse tout en se grattant furieusement l'entre-jambe. Vous aurez compris que nous avons là affaire à un groupe et un disque pas comme les autres, remplis de joie de vivre et de je m'en foutisme communicatif, l' album étant constitué de titres étranges oscillant savamment entre le folklore mexicain le plus respectueux et le trash metal le plus débridé ! Le résultat de cette bizarre alchimie est parfois déconcertant, souvent amusant mais toujours digne d'une écoute approfondie : les musiciens bien barrés dans leur tête qui constitue le noyau central de ce Molotov sont beaucoup plus compétents que vous pourriez le soupconner. Allez, laissez-leur une chance de pénétrer votre discothèqueÉTS 4 - À ranger entre Le Jour De La Bête (film espagnol) et Little Bad Dynamos (groupe défunt ayant oeuvré dans le même registre) Vinnie Moore
Live !
(Shrapnel/MSI, SH11362) - 12 titres - Produit par Vinnie MooreSortie février 2000
GUITARE MASTURBATOIRE - Bon, OK, le Vinnie est un virtuose, il l'était il y a dix ans déjà ; mais, franchement, qui s'intéresse aujourd'hui à ces démonstrations barbantes déjà entendues à maintes reprises ? Même Steve Vai et Joe Satriani n'arrivent plus à nous surprendre et nous intéresser, ce n'est pas un Vinnie Moore quinze fois inférieur en inspiration et qualité technique qui va nous faire grimper aux rideaux ! En même temps, il nous est assez pénible de cracher sur ce pauvre gars qui, finalement, mène plutôt bien son truc. Son principal défaut consisterait en fait à ne pas avoir raccroché pendant qu'il en était encore temps, c'est-à-dire avant de tomber dans le ridicule dans lequel il stagne actuellement et d'où il ne se relèvera jamais. Paix à son âmeÉDB 1 - À ranger entre Malmsteen-le bouffi et les autres bouffons de la six-cordes Morifade
Possession Of Power
(NTS/Wagram, 3056272) - 11 titres, 51m27s - Produit par Jan Strandh et Morifade - Sortie
le 4 février 2000
Heaviking - Encore un groupe chaud qui vient du froid. Morifade est en effet le dernier brûlot que nous expédie la scène métallomélodique suédoise. Le groupe existe en fait depuis 1992, mais voici seulement son premier véritable album, d'ailleurs accompagné en bonus de la réédition en CD de leur première cassette, Across The Starlit Sky. Ce quatuor sévèrement lesté s'avère assez convaincant, même s'il ne va pas pour l'instant provoquer de commotion majeure. Une verve réelle habite ces riffs cuirassés et souvent racés tout court, et l'on se laisse emporter de bon coeur par l'allant de ces jeunes barbares. Il est certain que ce genre de métal symphonique serait plus excitant s'il bénéficiait d'une production plus chatoyante façon Rhapsody, mais le fond semble bon. HP 3 - À ranger entre Symphony X et Freedom Call Morphine The Night (Rykodisc/Harmonia Mundi, RCD10499) - 11 titres - 50m10s - Produit par Mark Sandman et Morphine Sortie le 31 janvier 2000 POP ADDICTIVE - Évidemment, suite au décès de Mark Sandman, tête pensante de Morphine, groupe qui eut son gloire mérité à ses débuts, avant que ne retombe l'intérêt du public, à cause d'albums moins aboutis, on prend bien soin d'écouter attentivement ce disque, pour lequel il a travaillé d'arrache-pied pendant deux ans, assurant lui-même la production. Ainsi, plutôt que de tenter de refaire encore et toujours du Morphine calibré tel que le public l'avait demandé puis conspué, Sandman a élargi sa vision, son orchestration et ses arrangements, tout en favorisant l'expérimentation. Ainsi entend-t-on par exemple de l'oud (instrument du moyen-orient) sur «Rope On Fire», ou encore du violon et du violoncelle. Au total un beau disque, malheureusement le dernier pour Morphine dont la carrière aurait certainement pu être relancée grâce à cet intelligent mélange du (déjà) vieux (le Morphine du début) et de renouveauÉ ET 3 - À ranger avec les 4 autres Murder Inc. Locate Subvert Terminate (Invisible/Caroline, INV158) - 19 titres - 88m34s - Produit par Murder Inc et Steve Albini Sortie janvier 2000 DARK ROCK - Comment avons-nous pu passer à côté de ce groupe sans même nous retourner sur son passage ! Rien que sa composition aurait du nous mettre la puce à l'oreille : Geordie Walker (Killing Joke), Paul Ferguson (Killing Joke), Paul Raven (Pigface et Killing Joke), Martin Atkins (Pil, Ministry, Pigface etÉ Killing Joke !), John Bechdel (Killing Joke) et Chris Connelly (Ministry, Revolting Cocks, Pigface etÉ c'est tout !). Un album éponyme est passé -pffuit, pas vu !- puis un EP de remix et enfin une tournée. Et nous, comme des blaireaux, nous devions être aux fourneaux à bichonner un sanglier ou sur le trône à profiter du dernier Inrocks (doux au contact des fesses, merci les mecs !) ! Heureusement, Murder Inc. n'est pas rancunier et nous propose aujourd'hui un CD double regroupant l'album, le EP et des titres live enregistrés à Birmingham et à Leicester. Au total, tous les ingrédients d'un rock torturé, trituré et noir comme savaient déjà les inoculer les groupes desquels sont issus les différents membres de Murder Inc., avec en prime la présence non négligeable de Steve Albini aux manettes. DB 3,5 - À ranger entre Killing Joke et Pigface The Next Best Thing B.O.F. (Maverick/WEA) - 12 titres, 49m29s - Produit par divers - Sortie le 29 février 2000 Belle ouvrage - Il se dégage de cette B.O. une atmosphère inattendue, en particulier pour le plus ou moins inévitable bric-à-brac qui fait cette nouvelle génération de compiles parfois très bon marché. Mais Madonna, qui a su apprendre de ses erreurs, conserver sa complicité avec William Orbit (deux titres, ici, dont une reprise, «American Pie», avec Rupert Everett, co-star du film, avec la dame) et superviser un ensemble musical cohérent, intelligent. L'ambiance y est internationale (Gabriel Yared, Manu Chao) et un brin mélancolique (Beth Orton, une reprise réussi du «I'm Not In Love» de 10 CC par Olive, des anglais, actuellement en studio avecÉ Madonna). Se partagent aussi l'affiche des artistes aussi différents que Christina Aguilera, Moby ou encore Groove Armada. MEK 4 - À ranger entre homos et hétéros NIACIN Deep (Magna Carta / MSI MAX 90 48 2) - 13 titres, 65m37s - Produit par Billy Sheehan et John Novello Sortie début mars 2000 Virtuoserie - Le trio Niacin, à savoir Bassman Sheehan, maître d'oeuvre aux états de service épais comme la Bible, Keywizard Novello et Drum Madman Chambers nous racontent ici une histoire qu'on nous narrait beaucoup jadis, du temps du jazzeroque triomphant, celle de trois virtuoses considérables qui s'offrent une rencontre au sommet hautement instrumentale et virtuosineuse. Le genre de disque qui laisse pantois d'admiration tous ceux qui tâtent un peu d'un instrument (Jean suit), et qui plonge tous les autres dans un ennui mortel (Jean suit aussi). Le disque, brillant et morose, qui arrive même à anesthésier du Van Halen, est heureusement sauvé par l'avant-dernier morceau, un épique blues zeppelinien avec le renfort de Glenn Hughes et Steve Lukather. HP 2 - A ranger entre Lenny White et Alfonso Johnson Oderose Spectrum Delirium (Total Fun 2 TF2 OOO OO5) - 11 titres, 48m11s - Produit par Phil Délire - Sortie janvier 2000 Pub & Road Rock - Bel exemple de persévérance que ces Oderose : ils se forment fin 94 (à noter qu'ils sévissaient auparavant dans des groupes tels que Sherwood et Sticky Flies), tournent comme des fous, attendent deux ans avant de proposer leur première K7 auto-produite, retournent comme des fous, signent enfin un contrat discographique 24 mois later, foncent en studio au printemps de l'année dernière pour y enregistrer les chansons proposées aujourd'hui, mixent le tout en compagnie du sieur Délire (Bashung, Thiéfaine, Noir Désir), tournent une ultime fois comme des fous et voient, enfin, tous ces efforts porter leurs fruits avec la sortie -il était temps- de ce Spectrum Delirium de fort bonne facture. Les compositions tiennent la route, les textes (sans atteindre des sommets) sont intéressants, les guitares des frères Terranova vrillent la tête aussi bien (et même mieux !) que celles des dernières baudruches à la mode et ils n'ont de leçon à recevoir de personne en ce qui concerne l'art et la manière de trousser une chanson et tenir les auditeurs en haleine, parfois de cinq à six minutesÉTS 3 - À ranger entre un bon vieux Little Bob Story et un Dogs des grands jours Palm Skin Productions
Künstruck
(Pussyfoot/Delabel) - 11 titres, 52m35s - Produit par Simon Richmond - Sortie le 8 février
Électro-dinguo - Lancé par le label Mo Wax, S. Richmond exerce ses armes de DJ dès le début des années 90. Remixeur et producteur côté, il signe chez Hut (Virgin) en 96 et sort Remilixir, expérience sonore qui part d'un beat dancefloor classique pour s'éloigner rapidement vers des contrées électriques torturées et innovantes. Point de chant(s), mais des sons froids, glacés et, pourtant, mystérieusement enveloppants, enivrants. Il faut, certes, être en grande forme (ou tout le contraire, d'ailleursÉ) pour entrer des deux pieds dans ce monde très synthétique et un peu dingue, mais l'expérience vaut, sans doute, la peine d'être vécue ! MEK 3 - À ranger entre Rock It (H Hancock) et Mr Oizo Shawn Pittman Somethin's Gotta Give (Cannonball Records CBD 28111) - 11 titres, 47m34s - Produit par Jim Gaines - Sortie février 2000 Blues Rock - Deuxième album de ce Texan amoureux du blues depuis sa plus tendre enfance, au point de ne plus penser à grand-chose d'autre depuis déjà pas mal de tempsÉ Shawn transmet fort bien sa passion et il nous fait partager de bien belles émotions, grâce à ses onze nouvelles vignettes pleines de guitares lancinantes et de chant à fleur de peau ; comme le dit si bien sa biographie, à l'âge où d'autres guitaristes ne pensent qu'à jouer de plus en plus vite et de plus en plus fort, Shawn Pittman ne pense qu'à améliorer son jeu basiquement près de ses racines et à écrire des choses de plus en plus mélodiques et c'est tant mieux pour nous ! À noter la présence de deux instrumentaux bien juteux («Get Started» et «East Side Groove») et d'une reprise («Something To Remember You By» de Ed Jones») de derrière ces fameux fagots que personne n'a jamais vuÉ TS 3 - À ranger entre Tommy Castro et Bill Perry Positive Radical Sound
Bougnoule, Blacko, Negro, Bicot
(T.A.F.) - 14 titres - 73m08s- Produit par F. Chapat - Sortie fin 1999
Reggae Français - On croyait l'Ouest fermé sur lui-même, il n'en est rien. Une preuve de plus avec ce groupe en provenance directe de Caen, qui nous livre un reggae dynamique, cuivré et sympathique. Deux ans qu'ils tournent, enflammant les scènes, illuminant les visages rassasiés d'ondes positives. Outre la qualité musicale, il se dégage une réelle connivence au sein de cette formation composée de huit éléments. Il faut dire que les galères des premiers temps savent cimenter mieux que n'importe quoi. Cette énergie se trouve un peu amoindrie sur l'album sorti il y a quelques mois sur le nouveau label T.A.F., mais qui reste efficace. Pour la suite, on retrouvera les PRS sur la compilation de reggae 100% français à paraître bientôt chez Sony. CD'A 3 - À ranger entre Mister Gang et Baobab Elvis Presley
The Concert
(RCA/BMG, 7432164429) - 33 titres - 91m25s - Produit par le Dieu $ - Sortie le 14 mars 2000
CHAUD VIRTUEL - Ils ont osé : après les duos virtuels sur disque, voici venu le temps des concerts virtuels ! Pour le bonheur des petits et des grands, le King est ressuscité sur grand écran, accompagné d'une myriade de musiciens, dont certains traçaient déjà la route avec lui du temps de son vivant (on ne vous raconte même pas leur état de décrépitude !). En France, c'est au Zénith de Paris (complet depuis bien longtemps) que se déroulait le premier mars dernier la grande messe rock & roll. Ainsi, les fans de 7 à 777 ans purent revivre par écran interposé les déhanchements du bonhomme (si les grand-mères avaient encore leurs dents, elles en hurleraient de jouissance visuelle !) et son formidable jeu de scène façon Gargentua. Bon, blague à part, en dehors de l'aspect purement technique assez bien foutu (la voix du king a été isolée, les musiciens jouent «dessus»), on touche là le fond du pitoyable au pays du roi dollar. Heureusement, le double album, sous-titré «2000 World Tour» (!!!) se laisse gentiment écouter, pas mal de classiques et un beau livret à l'appuiÉML 2,5 - À ranger à côté de votre photo de mariage à Las Vegas QUEENSRYCHE
Operation Mindcrime
(Axe Killer/Wagram, 3052182 ) - 20 titres, 80m45s - Produit par Pete Collins - Sortie février 2000
Heavy cérébral - Voici une réédition de luxe, épaisse et impressionnante, sur laquelle il faut se ruer puisqu'elle nous redonne sous un emballage magnifique ce qui restera à jamais le chef d'oeuvre de Queensryche, et même un chef d'oeuvre absolu du rock, à savoir Operation Mindcrime, le disque qui est au heavy flamboyant ce que The Lamb est à la progressive et Sergeant Pepper aux Beatles. Avec le bonus de l'EP Queen Of The Reich, certes moins conséquent, mais qui gavera les fans. Pour cette cauchemaresque suite très inspirée de George Orwell, Geoff Tate, Chris de Garmo et Mike Wilton avaient quintessencié leurs talents, produisant en 1986 ce beau monstre qui allait inspirer tant de groupes ensuite, notamment Dream Theater. Indispensable. HP 5 - A ranger entre Rush et Dream Theater Quickspace
The Death Of Quickspace
(Virgin/Labels, 724384887728) - 9 titres - 44' 49s - Produit par Tom Cullinan - Sortie le 20 mars
Pop - Entendre Quickspace, c'est comme succomber au chant des sirènes, se laisser bercer par l'incessant ressac d'un flot harmonieux tournant à l'obsession, à l'écho immortel. Sans doute à cause des titres très longs, échafaudés d'accords primitifs mais étirés à leur paroxysme. D'où ce vague à l'âme, ce bleu au corps témoignant d'une profonde ivresse probablement inspirée par Muse, voire l'écorché Playdoh. Du moins, hypothétiquement, car Quickspace est né bien avant ces insolents bambins. Quant à la production, elle ne noie pas le poisson dans l'eau, lâche plein pot l'onde dissonante, le chant approximatif d'un enregistrement capturé sur le feu, alternant le chaud/froid d'une métallurgie frappée par le talent. LE 4 - À ranger entre The Silencers et Playdoh Lou Reed
Ecstasy
(Reprise/WEA -836247425-2) - 14 titres, 77m14 - Produit par Dieu - Sortie le 04 avril 2000
Futur Classique Lou Reedien - En effet, il vous sera bien difficile de vous passer ce cet Ecstasy , une fois que vous le connaîtrez à peu près par coeurÉ Bon sang, le lunatique Lou n'avait pas sorti un aussi bon album depuis, à peu de choses près, l'inusable New-York, parole de rock plus ou moins criticÉLa Voix est toujours là, celle qui nous accompagne et nous console de bien des choses depuis les débuts en Wayfairer au sein du mythique Velvet Underground, ce groupe qui influença tant et tant de futurs musiciens ; quant à la durée des disques, on est loin des maigrelets Berlin et/ou Transformer : plus d'une heure un quart en compagnie d'un demi-Dieu vivant, qui serait assez fou pour négliger une telle occasion ? Personne !Même si l'ensemble est d'une homogénéité rare, un morceau se détache cependant des autres, «Like A Possum», qui dure presque dix-huit minutes (vous avez bien lu : encore plus longtemps que le célèbrissime «Sister Ray» !) et son refrain entêtant, accompagné d'une guitare qui traîne somptueusement, restera en tête de votre hit-parade personnel pendant au moins six mois. Autres compositions royales : «Paranoïa Key Of E», «Moderne Dance» et l'incroyablement sombre «Rouge» ; et, après un «Blue Sky» final léger comme tout, vous n'aurez plus qu'une envie : remettre ce chef d'oeuvre sur/dans la platine again and again and again and again andÉTS 5 - À ranger entre Coney Island Baby et le double album Live In Italy Rita Mitsouko
Cool Frénésie
(Delabel) - 13 titres - 59m30s
Piège à cons - Le retour des Rita carillonne dans le lointain telles les clochettes de bovidés glissant sur la pente savonneuse d'un come back casse-gueule, ça fleure bon le ringard, les films de Max Pecas, le mauvais goût. Honnêtement, on s'étonne encore que l'ensemble de la presse rock ose se palucher sur ce nouvel album (les incorruptibles, les grandes manoeuvresÉ) uniquement parce que certaines plumes (mal placées ?) les intègrent respectueusement au registre des monuments historiques. Effectivement, il s'agit bien ici d'une institution tombant en ruines. Tout est laborieux, musicalement horripilant, et les acteurs à bout de souffle. Ben oui, c'est un triste de constat, mais nous sommes à des années lumières de la "bonne" époque. LE 0 - À compacter Roxy Music
Roxy Music
(Virgin/Fnac Import) - 10 titres - 45m42s - Produit par Peter Sinfield - Sortie 1999
MUST - Quand on essaye d'imaginer aujourd'hui le choc pour les gens qui découvrirent cette petite merveille à sa sortie en 1972, tout ceci est encore bien palpable tant Roxy Music était en avance sur son temps. Dès le premier morceau («Re-Make/Re-Model»), tout est dit : plus rock, plus glam, plus dépravé et plus original que tout ce qui pouvait exister à l'époque (hormis sans doute les premiers Sparks), Roxy Music a marqué son époque et tout se qui en a découlé depuis, même si les roucoulades de Bryan Ferry (à partir du cinquième album, puis en solo) ou les expérimentations souvent stériles de Brian Eno ont finalement lassé pas mal de monde en chemin. Mais revenons à ce premier jet, habilement remasterisé : dix morceaux seulement, un son ample et kaleidoscopique (tous les musiciens sont mis en avant de façon identique, comme sur les innombrables breaks de «Re-Make»), quelques petites trouvailles parfois désuètes mais toujours efficaces, et surtout une surprise de chaque instant. Quand on frôle la guimauve, les guitares volcaniques de Phil Manzanera viennent rétablir une trajectoire jamais rectiligne ; et à l'inverse les passages les plus déconcertants sont toujours contre-balancés soit par une orchestration plus classique, soit par la voix déjà magnifique de Bryan Ferry. Définitivement un grand disque !SL 4,5 - À ranger entre le souffre et le velours Scarve Translucence (Furtive Metal/Musisoft, FUR001C) 11 titres, 53m25s - Produit par Daniel Bergstrand Sortie début 2000 Hardcore quelque peu brutal - Bon sang, en écoutant ce disque, on se croirait revenu au bon vieux temps de Venom ou de Obituary, de ces borborygmes tenant lieu et place de lyrics, de ces guitares extrêmement agressives balancant sans le moindre répit de pauvres accords appris tant bien que mal, de cette alliance basse/batterie contre nature -chacune essayant de tirer la couverture à elle- qui faisait griller les haut-parleurs pas assez fournis en impédance- enfin bref, le bon vieux temps des concerts au Gibus de «groupes» tels que Kreator, Sabbat et autres Coroner, quoiÉPersonne ne prétend, dans nos locaux, que cette musique primitive mérite une quelconque reconnaissance artistique ; mais alors, qu'est-ce que cela fait du bien aux conduits auditifs pollués par trop d'albums soi-disants sophistiqués, mais pétant bien plus haut que leur rondelle centrale ! Il semblerait que le Métal, sous toutes ses formes, soit en train de redorer un blason qui semblait bien terni ces dernière années mais qui reprend, petit à petit, du poil de la Bête - qui osera et pourra bien s'en plaindre ? TS 3 - À ranger entre At War With Satan et Slowly We Rot Scorpions In Trance+Virgin Killer (The Back To Black Collection)(Axe Killer 2/FGL Productions) - 26 titres 114 m18s - Produit par Dieter Dierks - Sortie février 2000 Hard-Rock - Légendaire, et le mot est faible : voici disponible dans un superbe coffret contenant une mini-biographie et de saisissantes photos, la trilogie (car il y a bien un troisième album : Fly To The Rainbow est réparti, dans son intégralité, en bonus-tracks sur les deux compacts) qui a fait exploser les Scorpions à la face d'un monde incrédule et vacillant sur ses bases et les a mis en orbite tout en haut des charts pour bien des années à venirÉCertes, en 74/75/76, le groupe se cherche encore un peu, mais les guitares magiques d'Ulrich Roth et de Michaël Schenker, ainsi que la voix si caractéristique et familière de Klaus Meine sont bien présentes sur tous ces titres qui participèrent à la construction du Mythe : «Virgin Killer», «In Trance», l'impeccable instrumental «Night Lights», le survolté «Speedy's Coming» ou bien encore le long et déchirant «Fly To The Rainbow»ÉUne perle rare, un objet de convoitise, une pièce de collection à posséder absolument et à ranger précieusement dans une vitrine fermée à clef. TS 5- À ranger entre le Queensrÿche paru dans la même collection et un flingue Scream 3
B.O.
(Epic/Sony, 4976111) - 18 titres - 73m10s - Produit par divers - Sortie le 14 mars 2000
METAL - Pour la sortie du troisième volet de Scream, les producteurs du film sortent l'artillerie lourde : Creed (deux titres et un poste de producteur exécutif pour le groupe), Incubus, Dope, Sevendust, Slipknot, System Of A Down, Coal Chamber, Fuel ; j'en passe et pas forcément les moins brutaux !É Le film est un immense succès aux Etats-Unis et du coup la B.O., avec «What If» de Creed qui passe sur toutes les télés déversant ses arpèges métalliques -mais aussi des images du film, cartonne tout autant, ce qui permet au film de multiplier encore son audience et au disque, etc. On commence à connaître la combine, puisque tout le monde utilise la même, mais il est indéniable que tant que des petits malins aligneront plus d'une heure de pépites (métal ou non, là n'est pas la question) autour de l'univers d'un film, il n'y a pas de raison de bouder notre plaisir, même si ça pue le marketing à pleins naseauxÉDB 5 - À ranger après le 1 et le 2 (sans blague ?) William Sheller
Les Machines Absurdes
(Mercury) - 10 titres, 39m25s Produit par Yves Jaget - Sortie le 18 janvier 2000
Pop éclectique - Au départ, un album qui devait être triple. Une face piano chant dans l'esprit d'«Un homme heureux», une face électro-expérimentale et une face symphonique. À l'arrivée, le grand William a décidé d'opter pour une sorte de synthèse contraire, puisque l'album reprend, certes, les trois directions musicales pré-citées, mais est simple et court ! On ne peut que trépigner en attendant que sorte, comme l'artiste le promet déjà , le «reste» de ces longues années d'enregistrements, tellement ces machines n'ont rien d'absurde !É C'est là l'album d'un créateur libre, qui défile trop vite entre nos deux oreilles aux anges. C'est aussi, ne manqueront pas de le noter certains, comme un pot pourri de ce qui fait l'univers de Sheller, des allusions à cordes contemporaines de «Parade», au rock lourd et lent de «Indies» (pas très éloigné du «Innuendo» de Queen), en passant par le dépouillement sublime d'un dialogue «To You» entre un piano et un hautbois. Le monde musical de William Sheller est intact, une invitation polie et subtile aux voyages et totalement indémodable.MEK 5 - À ranger entre Saint Saëns et Zazie Silicone Soul It's A Soul Thing (Virgin/Labels, 724384861629) - 10 titres - 70m59s - Produit par G.Reedie, C.Morrison Sortie le 22 février 2000 Clubbing - Signés chez Soma depuis 97, les gus de Silicone Soul nous livrent ici, un premier album prometteur, voire le plus festif de ces derniers mois. Habituellement connu pour sévir dans les clubs branchés d'outre-manche, le quatuor (qui n'est pas s'en rappeler Felix Da Housecat ou l'esprit des soirées Magic Garden) surf sur la vague disco/funk, dont certains labels exploitent le filon comme en témoigne "Right On 4 Tha' Darkness", leur précédent mix, toujours administré à forte dose dans les esgourdes des noctambules anglais. It's A Soul Thing, est de la même veine et déferle une vague deep house, certes un poil vieillotte, mais diablement efficace. LE 2,5 - À ranger entre Dan Ghenacia et DJ Q Six By Seven The Closer You Get (Mantra/Labels, SA 4946) - 12 titres, 44m20s - Produit par Ric Peet & Six By Seven Sortie le 21 mars 2000 Rock - Indémodable ou démodé ? C'est la réflexion que l'on a parfois à l'écoute de certains disques, The Closer You Get par exemple. Pour ce type de rock mâtiné de new-wave, comme pour tout autre genre d'ailleurs, la gageure est d'arriver à susciter l'intérêt quand on sait bien que la surprise est dorénavant absente. Six By Seven parvient à concilier concision rythmique ("Eat Junk Become Junk"), climats modulés ("Ten Places To Die") ou atmosphères plus troubles et lyriques ("My Life Is An Accident"). Tout cela se fait sur fond de guitares savamment saturées et de vocaux au phrasé vindicatif comme il se doit d'être. Au total, voilà un album qui délivre sans fanfreluches et avec efficacité énergie avec la dose de sophistication nécessaire pour ne pas paraître trop élémentaire.CF 3 - A ranger entre Buzzcocks et Love & Rockets Sixteen Horsepower Secret South (Glitterhouse/PIAS) - 11 titres42m12s - Produit par 16 Horsepower Sortie le 27 mars 2000 Rock Du Terroir - Du changement dans la continuité pour Sixteen Horsepower (définitivement la révélation rock de la fin des années 90) qui passe d'une major à un indépendant et qui produit lui-même son nouvel album. Un album riche en images fortes, en sonorités pesantes et mélancoliques (son titre résume bien l'ensemble). La grosse artillerie rock, parfois présente dans les deux albums précédents, se fait plus nuancée. Pas de batterie coup de poing, mais des émotions livrées à l'état brut, avec toujours au centre de ces grandes manoeuvres une volubilité instrumentale assez fascinante et la voix incroyable de David Eugene Edwards, clamant, récitant ou hurlant des textes d'une profondeur inégalée en ces jours de disette créatrice. Ainsi, on pense pas mal à l'album Hallowed Ground de Violent Femmes, pour cet équilibre fragile mais toujours maîtrisé entre le rugueux et le liquoreux, entre le religieux et la provocation, entre l'hommage et la révolution artistique. Définitivement hors des sentiers battus et rabattus empruntés par les populaces FMisantes, Sixteen Horsepower s'impose d'album en album comme une valeur sûre et incontournable, aussi bien sur disque que sur scène. Respect.CG 5 - À ranger entre Violent Femmes et Grant Lee Buffalo The Smashing Pumpkins
Machina/The Machines Of God
(Delabel, 7243848936) - 15 titres73m23s - Produit par Flood & Billy Corgan - Sortie février 2000
Rock tendance - La maison de disques n'ayant pas daigné nous envoyer le disque avant sa sortie, nous sommes contraints de le chroniquer alors que vous l'avez déjà tous acheté ou que, de toute façon, vous vous en foutez royalement. Dans le premier cas, vous aurez donc remarqué que le groupe de Corgan revient à des arrangements sensiblement plus rock, mais demeure prétentieux, et dans sa musique et dans sa façon de la présenter, tant dans sa production que visuellement. Beaucoup de gras encore, comme sur Mellon Collie (les deux sont produits par Flood, y aurait-il un lien ?) dans ce disque qui aurait sans doute gagné à être plus dense et plus court, mais bien sûr un grand savoir-faire qu'on ne peut nier, même avec la plus grande mauvaise foi. Au total, du bon rock branché qui marquera sans doute son tempsÉ un certain temps.CG 3 - À ranger entre l'irritation et la révérence Patti Smith
Gung Ho
(Arista/BMG) - 13 titres - 64m36s Produit par la Grâce - Sortie le 22 mars
PATTI EST REVENU - Il existe peu de personnalités aussi fortes, tant humainement que musicalement, que Patti Smith. Elle déborde de ses disques, les englobe, y avale sa rancoeur, recrache ses paroles, déglutit ses émotions, crache son amour, interpelle ses envies et vomit ses rares joies. Rien ne ressemble plus à un disque de Patti Smith qu'un autre disque de Patti Smith, et c'est tant mieux ! Il est ainsi difficile de savoir/comprendre et donc de dire/ecpliquer si ce Gung Ho apporte quelque chose au moulin ou non. En définitive, cela n'a aucune espèce d'importance, car les gens qui aiment Patti Smith l'aiment pour toujours. Ni elle ni son public ni son univers ne changent. Nous sommes juste heureux d'apprendre, de temps à autre, que la Dame est de retour et qu'elle continue son bonhomme de chemin, sans trop regarder derrière ou devant, les yeux dans cet ailleurs où elle semble tant se plaire, quelques bouts de papier dans la poche, avec quelques bribes de phrases griffonés, quelques mélodies dont elle a le secret, des accords éparpillés au gré de la vie pour la postérité, en parfait désaccord avec elle-même, car elle a ce don rare et précieux de vivre sur des contradictions transformées en affirmationsÉ CG 4 - À ranger à la suite des autres Sonata Arctica
Ecliptica
(NTS/Wagram, 3055822 ) - 10 titres47m27s - Produit par Spinefarm Sortie le 21 janvier 2000
Speed épique - Sous ce nom baroque se dissimule un quatuor de jeunes loupiots finlandais qui semble avoir décidé de faire de l'ombre à Stratovarius, le groupe-culte du heavy mélodique arctique. Et c'est peu dire que cet album stimulant sonne comme une formidable révélation. Ces gamins surdoués vont sans doute administrer une claque majeure à tous ceux qu'attirent le speed à crinière déployée, les mélodies échevelées du prog metal et les épiques empoignades de décibels voraces. Que faut-il admirer le plus à l'écoute de ce CD exaltant entre l'étonnante maturité musicale de ces Mozart nucléaires, les duels virtuoses entre guitare häkkinienne et synthé makinien, le chant qui marie idéalement lyrisme et entrain et les ambiances sonores réellement prenantes ? Tout. HP 4,5 - A ranger entre Stratovarius et Europe Steely Dan Two Against Nature (Giant/BMG, 74321 62190 2) - 9 titres, 51m26s - Produit par Walter Becker et Donald Fagen Sortie le 28 février 2000 Jazz Rock - On ne devrait pas avoir à présenter Steely Dan, tout comme on ne devrait pas avoir à se gausser de l'expression "jazz rock" ! Mais voilà, ce duo mythique n'a plus produit d'albums depuis 20 ans et le terme rime, aujourd'hui, avec les dévoiements prétentieux des années 70. On aurait tort pourtant d'oublier qu'ils ont commis au moins trois albums légendaires et que, chez eux, perfectionnisme n'a jamais entraîné nombrilisme et austérité. Two Against Nature rappelle fort justement qu'une musique intelligente peut swinguer ("Shame About Me") et que les entames free-jazz ("Two Against Nature") sont capables de déclencher chaleur et sensualité. Ajoutons des arrangements immaculés, un professionnalisme impeccable mais jamais stérile et voilà un disque qui pourrait fort bien raviver la flamme d'un rock qui était oecuménique avant l'heure. CF 4 - À ranger entre Weather Report et Jon Mc Laughlin The Story Of Us
B.O.F.
(WEA) - 24 titres, 40m37s - Produit par Eric Clapton et Marc haiman - Sortie le 21 février 2000
Ébauche - Cette nouvelle B.O., en partie composée par Eric Clapton, semble bien être, à nouveau (le terme tombe mal), un moyen pour lui de reculer la sortie d'un véritable nouvel album. Ici, hormis le titre «I Get Lost», inédit et thème principal du film, on retrouve aussi une (noble) vieillerie, «Wonderful Tonight» (77), une dizaines d'intros instrumentales et péniblement similaires sur lesquelles on devine «God» (?) derrière sa jolie guitare et quelques titres jazzy plus ou moins périmés. Bruce Willis et Michelle Pfeiffer feront-ils, à l'écran, montre de plus d'imagination et de modernité, souhaitons-le (rendez-vous fin mai). En attendant, parmi la myriade de B.O. disponibles depuis quelques temps, celle-ci passera aprèsÉ ou ne passera pas. MEK 1 - À ranger entre leur histoire et la notre Sven & Jane
Allongé sous l'Agara
(Tibet Libre AKPROD 6833) - 14 titres, 57m05s - Produit par le groupe - Sortie début 2000
Rock Expérimental & Planant - Ben oui, comment définir autrement ces sept caméléons grenoblois talentueux qui passent, d'une chanson à l'autre et sans le moindre complexe, d'un Hawkwind période Space Ritual (l'un des doubles live les plus monstreusement bons de l'histoire du rock) à l'unique disque des Masked Marauders (à savoir la réunion incognito, un soir lointain de 70, de Jagger, Lennon, Harrisson et Dylan) contenant des jams et des improvisations éblouissantes, en passant par les intriguants Salaryman ?Les groupes franchouillards deviennent bons, très bons même et encore ne connaissons-nous que ceux qui vont jusqu'au bout de leur rêve et enregistrent un album plus ou moins bien produit. Sven & Jane jouent la carte multiraciale : chants et instruments parfois arabes ou africains, mais guitares et basse/batterie 100% anglo-saxonnes ! Le résultat est tout-à-fait honorable et, en tout cas, des plus intéressants. Calez-vous donc «Kalamazoo Safari», «Goulmima» ou bien encore la suite intitulée «Coban Palace» entre les oreilles et devenez les esclaves obéissants de Sven & Jane, en quête d'une dose de plaisir supplémentaireÉTS 2- A ranger entre le Masters Of The Universe d'Hawkwind et le prochain album The Third Eye Foundation
Little Lost Soul
(Virgin/Labels, 724384887827) - 7 titres - 43m46s - Produit par Matt Elliott - Sortie le 29
février 2000
Monde virtuel - Encore une nouvelle page échappée du carnet de route de Matt Elliott. Le manuscrit suggère une lecture tactile, un sens du touché par la grâce des mélodies empruntées à la drum & bass, voire plus subtile, si l'on devine le double sens à l'écriture. Il ne s'agit pas de surenchère électronique, mais plutôt de mini-scénarii s'emboîtant le pas à la perfection, pour au final ne faire qu'un seul chapitre. Idéal pour se ressourcer à la suite d'une nuit agitée, l'onde samplée (parfois 10 minutes) enveloppe délicatement, renvoie l'écho d'un refrain à l'infini, avant de se coucher sur la bichromie d'un clavier. Sans oublier ces nappes synthétiques se mariant à cette voix haut perchée. Little Lost Soul prend alors tout son sensÉ LE 3,5 - À ranger entre Breakbeat Era et Bang Bang Mary Timony Mountains (Matador/PIAS) - 15 titres, 43 m08s Production artisanale - Sortie le 7 Mars 2000 Chansons narratives souvent rock - Mary Timony vient du groupe de rock progressif (enfin, en quelque sorte) Helium et elle a fini par quitter la nacelle du Ballon, pressée qu'elle était de voler de ses propres ailes et sans la moindre aide extérieure. Son premier album solo, Mountains donc, prouve que la musique de son ancienne formation ne lui convenait finalement pas tant que cela et qu'elle a bien fait de tirer la paille la plus courte ! Mary triture ses chansons à la manière d'une Cat Power qui aurait soudainement du talent et qui aurait enfin résilié son abonnement au célèbre magazine inutilement élitiste, à savoir qu'elle tente de les destructurer au maximum, histoire de voir jusqu'où les choses peuvent aller sans craquer. Et il faut dire que ce traitement qui peut sembler redoutable leur convient parfaitement, aux chansons ! Des compositions telles que «Valley Of One Thousand Perfumes», «Whisper From The Tree» et/ou «Rider On A Stormy Sea» sont vraiment de bien étranges expériences qu'on ne peut ni détester ni franchement adorer, mais qu'on a, en tout cas, envie de réécouter, afin de s'assurer qu'aucun détail auditif ne nous a échappéÉTS 3 - À ranger entre Mary Coughlan (pour la voix) et Lydia Lunch (pour le style) WalterTrout Face The Music (Provogue/MSI, PRD71212) - 9 titres 55m04s - Produit par Joe Satriani et Eric Caudieux Sortie mars 2000 BLUES - Non pas que le blues de Walter Trout soit particulièrement en deçà de ce à quoi nos oreilles sont habituées, mais ses albums studio, trop linéaires, n'ont jamais cassé des briques. Ce live remet les pendules à l'heure, avec son lot d'émotions nettement plus palpables et, notamment, le jeu volubile de Walter qui prend de l'ampleur sur scène, avec ses erreurs qui lui donnent plus de charme. De plus, son backing band (les Free Radicals) assure plus que l'essentiel et participe sans complexe à la mise en place d'un mur du son bluesy au possible. Contrairement aux (bonnes) habitudes des guitaristes de blues, pas la moindre reprise sur ce live, mais un bon aperçu du meilleur de Walter en neuf morceaux s'étirant plus ou moins, dont un «The Reason I'm Gone» palpitant sur plus de dix minutes et un «On The Rise» final véritablement étincelant. SL 3 - À ranger avec le reste de l'écurie Provogue VanMorrison The Skiffle Sessions (Virgin Roots) - 15 titres - Produit par Van Morrison - Sortie février 2000 Irish coffee - Depuis pas mal d'années déjà, Van Morrison pratique sur sa propre personne une espèce d'auto-mutilation commerciale assez énervante, dans la mesure où, connaissant le talent énorme du monsieur, on aimerait le voir vendre plus de disques. Mais non, lui préfère s'enfoncer dans un univers introverti pour une musique qui ne l'est pas réellement, un contraste qu'il assume sans problème, en refusant totalement de parler de ses choix -et du reste, d'ailleurs !- avec quiconque. Un repli sur soi qui n'empêche aucunement chacune de ses apparitions, compilée ou sur les planches ; et chaque maillon de sa discographie, live ou studio, de demeurer un grand moment d'émotions pures. The Skiffle Sessions, dernière pierre angulaire de l'oeuvre en date propose, en compagnie de musiciens irlandais de renommée (dont Lonnie Donegan, Chris Barber et Dr John) une visite de morceaux traditionnels réarrangés pour l'occasion, ainsi qu'une poignée de reprises (Jimmie Rodgers notamment), le tout enregistré à Belfast. On en vibre encoreÉDL 4 - À ranger dans le livre sacré dédié à Van Morrison WAGON Beauty Angel Queen (Glitterhouse/PIAS, GRCD 465) - 11 titres, 47m18s - Produit par Wagon Sortie février 2000 Country Rock - Voilà un album qui se savoure doucement et comme un impromptu ! Les refrains de Wagon, en effet, ne semblent au départ recéler rien de bien marquant (une pedal steel par ci, un road song par là), mais ils s'insinuent en vous avec une délicatesse insidieuse. Bien sûr, s'inspirer du folk ou du bluegrass n'a rien de franchement révolutionnaire, mais les compositions sont suffisamment élaborées et la voix, mélancolique à souhait, suffisamment expressive pour que, subrepticement, s'instaure en l'auditeur un climat fait de rêveries et de fuite. Les arrangements enfin, à mi-chemin entre le mélodrame et le dépouillé, trouvent par ailleurs le juste équilibre pour que ce voyage en wagon se révèle, en définitive, une odyssée aux lisières d'une évasion bienvenue. CF 3,5 - À ranger entre Joe Ely et Lou Ford Wampas Kiss (ASAP/FKO/CANAL/PIAS) - 17 titres (dont un caché) 40m44s - Sortie le 20 Mars 2000 Punk Rock habituellement déjanté - Parfois, il est facile de comprendre pourquoi les personnes aux lèvres minces et aux idées étriquées détestent franchement les Wampas : le chant de Didier tient souvent du piaillement de la poule franchement plumée, le bordel sonore est garanti et les textes sont légers, tellement légersÉ Et pourtant, ce sont à peu de choses près les mêmes causes qui engendrent une affection et une fidélité inaltérables dans l'autre camp, celui des adorateurs des Wampas. La voix de Didier, on s'y est habitué depuis des années ! Ce que les ennemis désignent comme un bordel sonore est, en fait, un joyeux fourre-tout jouissif, libérateur et sans la moindre prise de tête. Quant aux textes, ils valent largement la dernière litanie en règle sur la faim dans le monde ou l'insécurité dans certaines banlieues, believe usÉ Un nouvel album des Wampas, c'est l'assurance de 40 minutes de bonheur insouciant, de joie de vivre débridée et de grand moments de rock and roll 100 % pur jus. Qui serions-nous, si nous osions en demander davantage ?ÉTS 4 - À ranger entre le précédent, Chicoutimi et le prochain qu'on attend déjà The Wannadies Yeah (BMG) - 14 titres, 50m08s - Produit par Ric Ocasek - Sortie le 6 mars Power rock - Puissant, rock, pop, drôle, auto-dérisoire, mordant, ironique et suédois. Jouissif, écrirait-on sans trop d'inspiration, même si le terme correspond finalement bien à la musique bouillante de ce quintet européen. Monsieur «Cars» se trompe décidément rarement quand il se planque derrière les consoles (Weezer, au hasard) et il tient là un groupe trop fortÉ Depuis une dizaine d'années que les Wannadies écrivent et tournent (Yeah est leur cinquième album), leurs références se fondent étrangement avec des «gros» actuels, comme Radiohead (encore eux) ou les Smashing Pumpkins (encore eux !). Ce ne serait pas la première fois que des moins connus inspireraient des plus connus, eux-mêmes influencés par d'incontournables aînés (le rock 70s de «ÉHave Another One»). In rock ! MEK 4,5 - À ranger entre The Rentals et les Pixies Weeping Willows Endless Night (Grand Recordings/Virgin 7243 8 4842420) - 13 titres, 52m49sProduit par Pal Svenre et Janne Hansson - Sortie le 21 Mars 2000 Pop Suédoise Dans Le Vent - Ouais, ouais, ouaisÉ La musique des Weeping Willows est sûrement à prendre au second degré, mais de là à les proclamer «la réponse scandinave à Divine Comedy et aux Smiths (il faut avouer que la voix du chanteur ressemble étonnamment à celle de Stephen Morrissey)», quand même !!! Leurs chansons sont certes mélodiques et mignonnes tout plein, mais une certaine monotonie vaguement ennuyeuse se dégage de l'ensemble, la faute sans doute à une interprétation un poil trop rigoriste et bien trop sage É C'est vrai, les Weeping Willows ont raflé quelques prix (dont l'Award du meilleur groupe live pour un magazine des spectacles de là-bas et celui du meilleur album suédois de l'année) mais rien à faire, l'auditeur en manque de guitares et de sensations fortes en sera pour ses frais, pas à dire ! Certains (suivez mon regard) vont encore crier au miracle, sûr et certainÉMention spéciale, cependant, pour «Looking For A Home», très réussi.TS 2 - À ranger entre Broken Promise Land (leur premier) et la porte de sortie CHRIS WHITLEY
Live At Martyr's
( Fargo / Wagram FA20022 ) - 14 titres, 47m30s - Produit par John Alagia - Sortie le 21 février 2000
Ego Tripes - Destiné à être au départ une sorte de bootleg autorisé offert au marché allemand, ce disque est devenu un live officiel, et personne ne s'en plaindra. Il a d'ailleurs gardé du bootleg son aspect brut de jus, sans overdubs ni fioritures, du condensé d'âme qui s'exprime sans détours ni artifices. Mais si Whitley apparaît ici seul sur scène, juste avec sa dobro et son talon comme rythmique, n'allez pas en conclure qu'il nous fait le coup du retour aux sources, un back to roots peinard lorgnant vers ce Living With The Law qu'il voudrait à présent ne pas avoir fait tel quel. C'est bien le Whitley dur, extatique, viscéral des imprévisibles disques suivants qui s'étale ici dans la nudité d'un live austère mais passionnant, sorte d'électrochoc sans électricité. Poignant. HP 3,5 - A ranger entre John Coltrane et Kevin Coyne The Who bbc sessions (Polydor/Universal, 547727) - 26 titres - 74m26s - Produit par Bill Curbishley et Robert Rosenberg - Sortie fin février 2000 Radio crochet - Ah, la BBC et son inépuisable mine d'or ! Aujourd'hui, ce sont différentes sessions des Who qui nous sont présentées. Des sessions enregistrées principalement entre 1965 et 1967, mais avec aussi des incursions en 70 et en 73. Parmi les 24 titres (+ deux jingles) présents, on remarque surtout un rafraîchissant medley «Shakin' All Over»/»Spoonful», deux versions de «Substitute» assez différentes, «The Seeker», «My Generation» bien sûr, ou encore «Relay», «Boris The Spider», «Good Lovin'», «Dancing In The Street», «Long Live Rock», etc., etc. Que du bon ! Voilà qui permet de reviser ses classiques, en attendant un hypothétique énième retour des Who sur scène ou sur disqueÉSL 3 - À ranger à côté de son vieux poste à lampes Yo La Tengo And Then Nothing Turned Itself Inside-Out (Matador/PIAS, OLE371) - 13 titres 77m36s - Produit par Roger Moutenot - Sortie le 22 février 2000 Rock Low-Fat - Retour noir de rose pour Yo La Tengo qui oscille toujours diablement bien entre le sensuel redondant et l'aliénant destructuré. Guitares qui pleurent sur chant d'apocalyse amoureux. Percus grivoises assassinées net par une rythmique réduite au quasi-silence morbide. Si le groupe est indéniablement passé maître dans l'élaboration de paysages musicaux paralysants, ses humeurs semblent définitivement inversement suicidaires. Pas dans le sens où ce disque travaille les âmes à rebrousse-poil (encore que), mais bel et bien parce que, contrairement aux émotions mises en place (ah, l'amour, toujours l'amour !), ça ne respire que trop rarement la joie de vivre, tandis que leurs précédents opus étaient nettement plus rigolards. And Then NothingÉ n'en demeure pas moins fascinant et prenant avec ses orchestrations subtiles, sans aucune matière grasse : batterie minimaliste, son de claviers qu'on croirait sorti d'un vieux Bontympan hors d'âge, et la voix qui marmonne plus qu'elle ne chantonne. Presqu'un disque pour s'endormir paisiblementÉ et faire de beaux cauchemarsÉ d'amour ! ET 3 - À caler entre la collection Harlequin et la corde de pendu Zend Avesta
Organique
(Artefact/Barclay, 843) - 11 titres66m08s - Produit par Arnaud Rebotini - Sortie début 2000
OVNI - Un disque en marge d'un système asphyxié par les clichés. Un monde capturant les ambiances trip hop à la force d'un violon, des cordes d'une contrebasse, ou par le souffle d'une clarinette enchanteresse. La performance n'est pas uniquement musicale, mais aussi vocale et le producteur se targue d'avoir à ses côtés la chanteuse de Gus Gus ou la présence (ténébreuse) de Bashung. Non, décidément, cet album n'a rien de banal. Il déroute même, par la forte identité des titres, représentant les pièces maîtresses d'un jeu subtil. Mais lequel ? Peu importe, la magie opère et l'on se laisse guider sur ce chemin pavé de mélodies, simples, mais authentiques. LE 2,5 - À ranger entre Bang Bang et Debussy |
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