COMPACT #19 - janvier 2002 - A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z -

54.40
Casual Viewin’ USA
(Nettwerk America / Import US) - 13 titres, 54m40s - Produit par GGGarth Richardson – Disponible - www.nettwerkamerica.com
Rock presqu’US. À l’instar d’autres groupes Canadiens (Doughboys, Tragically Hip…), 54.40 a connu jadis les honneurs d’une diffusion française (leurs deux premiers albums, Dear Dear et Smilin’ Buddha Cabaret) avant de disparaître, croyait-on, dans les tréfonds du pur split. En fait, il s’agissait juste d’un oubli plus ou moins passager selon les fournisseurs (loin des yeux, loin des oreilles !), car le groupe n’a jamais cessé d’enregistrer de bons albums, ce Casual Viewin’ USA venant apporter aujourd’hui la preuve de leur immense maturité. Entre un R.E.M. qui serait moins tourmenté et un Drivin’ & Cryin’ moins porté sur ses racines roots, voire un Smithereens qui assurerait autant en cours d’alchimie qu’aux séances pratiques d’empilage de guitares, 54.40 alterne compos soignées, rocks de tranchée et recherche du Graal mélodique, avec une franche joie de vivre (sa musique) qui fait plaisir (à entendre). CG
4,5
À ranger entre R.E.M. et Smithereens

Adam & The Ants
The Complete Radio 1 Session
(Strange Fruit/Import UK) - 15 titres, 50m03s - Produit la BBC – Disponible - www.strange-fruit-music.co.uk
Melting-Rock. Jamais aucun groupe n’a sonné comme Adam et ses fourmis, jamais personne n’a essayé de les copier d’ailleurs. Ou alors ils sont restés à jamais dans les oubliettes du néant médiatique le plus complet ! Et c’est tant mieux, car Adam & The Ants, à défaut d’être une institution (le groupe demeure finalement peu connu en dehors de son Angleterre natale) demeure l’une des bandes les plus bariolées qu’ait connu le Royaume Uni. Un conglomérat de malaxeurs fous (essentiellement Marco et ses guitares lumineuses et le Adam et ses délires tous azimuts) qui ne respectaient rien ni personne et osaient tous les mélanges (linguistiques, musicaux, rythmiques) sans jamais tomber dans l’expérimentation, mais en restant toujours intrigants autant qu’attirants. Ce disque regroupe l’ensemble de leurs enregistrements pour la BBC. Ce n’est pas ce qu’on a entendu de plus affriolant les concernant, mais pour tous ceux qui sont tombés dans la marmite, c’est l’occasion de s’en payer une tranche supplémentaire… CG
3,5
À ranger pas loin de la récente AntBox

Adema
Adema
(Arista/ BMG) - 12 titres, 42m59s - Produit par Tobias Miller - Disponible -www.ademaonline.com
Metal. Adema, on en parle beaucoup. On a raison. On en dit très souvent du bien. On a raison aussi. On prétend qu'il apporte un nouveau souffle au metal, avec ses mélodies catchy, ses refrains populaires qui n'empiètent pas sur sa rage et son punch naturels. On a encore raison. On dit que cet album éponyme a un son du feu de Dieu, qu'il est soigné, calibré pour déchaîner les passions chez une jeunesse que plus rien n'enflamme. Les résultats le prouvent : ce n'est que la vérité. Pour finir, on affirme que cet album est un recueil de hits (à la mode d'aujourd'hui) en puissance, et qu'Adema n'a pas fini de résonner dans nos oreilles car son talent naissant ne souffre aucune contestation. Et franchement, il est bon d'avoir toujours raison ! HD
4,5
À ranger entre The Offspring et Machine Head

Aidons Alger
Aidons Alger
(ULM/Universal) - 21 titres – Produit par divers – Disponible
Compilation caritative. On a souvent l’occasion de critiquer les majors et Universal en particulier, quand elles nous abreuvent de produits pré-formatés et insipides qu’ils osent appeler de la musique (suivez mon regard). Pour le coup, on est loin de cette configuration et Universal a décidé de faire un geste pour venir en aide aux victimes des inondations survenues dans la ville d’Alger. Tous les bénéfices de cet opus iront au Croissant Rouge qui vient en aide à la population en détresse. L’ensemble des stars du Raï et de la musique maghrébine en général, ont répondu présents : Idir, Khaled, Cheb Mami, Rachid Taha, Faudel, Gnawa Diffusion, l’Orchestre National de Barbès, Cheb Tarik, Natacha Atlas, etc. Une bonne approche pour qui ne connaît pas la musique maghrébine et l’occasion de découvrir, châabi, gnawi, chanson kabyle et raï à travers des morceaux incontournables. Pour les autres, c’est l’occasion d’aider un peu nos cousins de l’autre côté de la Méditerranée, à l’aide d’une compile plutôt bien foutue. D S-D
5
À ranger au rayon soleil de votre discothèque

Alias Eye
Field Of Names
(DVS/Muséa) - 10 titres, 54m 08s - Produit par Christian Schimanski – Disponible - www.aliaseye.com
Rock bien pensé. Nouveau venu sur la scène prog allemande, Alias Eye est certainement un groupe à découvrir. Si l'on peut le situer sommairement dans la mouvance Arena, IQ, Landmarq, il faut tout de suite insister sur le bonheur avec lequel son rock soigné et méticuleux évite les clichés du genre -à l'instar de l'accordéon aussi judicieux qu'inattendu qui illumine le titre éponyme. Enrichie par des claviers très attrayants et par une guitare joliment exaltée, la musique de ces Germains capte vraiment l'intérêt d'autant que le chant, lui aussi démarqué des coutumes progressistes, donne une stature intéressante à ces débutants qu'il faudra tenir à l'œil à l'avenir. HP
3
À ranger entre IQ et Cutting Crew

The Almighty
Psycho-Narco
(Sanctuary/BMG) - 12 titres, 45m45s - Produit par Daniel Rey – Disponible - www.sanctuaryrecordingsgroup.co.uk
Rock Musclé. Il y a toujours eu quelque chose d’irrésistiblement attirant chez les écossais de The Almighty (enfin, pas sur scène, où le groupe bât sans cesse des records en foirages à répétition). Sans doute ces guitares, extrêmement dures mais en même temps mélodiques dans leur rugosité. Peut-être aussi ces hymnes limite métal qui ne peuvent que fédérer tous les consommateurs gargantuesques de décibels. Également, enfin, cette faculté (on peut même ici parler de facilité) à faire simple –et donc à frapper à la bonne porte- là où d’autres nous égarent en deux riffs trois mouvements. Ce Psycho-Narco n’est sans doute pas leur meilleur enregistrement, mais les entendre une fois de plus tout arracher sur leur passage, sans la moindre concession, suffit à notre bonheur…
3,5
À ranger entre Therapy? Et Thee Hipnotics

Atom Rhumba
Chasin’ The Onagro
(Munster/Skydog/Mélodie) - 11 titres, 40m35s - Produit par Mick Collins – Disponible- www.munster-records.com
Chaos Rock. D’emblée, la batterie sourde, les délires du crooner sous acide, les cuivres dégoulinant et les guitares au vitriol mettent tous ceux qui ne se sont pas enfuis d’accord : voilà un putain de groupe de rock & roll comme on en entendra jamais assez ! Et le reste suit avec la même volonté de sonner autant que de faire bouger : hurlante de bon aloi, riffs dévergondés, basse vrombissante, solos qui ne s’éteignent jamais comme ces cigarettes qu’on enfile l’une après l’autre, et cette folie toute espagnole (une partie du groupe sévissait dans feu-La Secta) et une inspiration suffisamment hétéroclite (qui peut aller jusqu’au très funky “Techno Boy”) pour que le feu soit sans cesse attisé, jamais éteint, tant et si bien que quand le disque se termine, il faut quelques dizaines de secondes avant de retomber sur Terre, les oreilles et tout le reste sens dessus dessous. CG
3,5
À ranger entre Fleshtones et The Scientists

Bathory
Destroyer Of Worlds
(Black Mark/XIIIbis) –13 titres, 66m01s – Produit par Quorthon –Disponible - www.blackmark.net
Black metal de référence. La meilleure formation –quoiqu’en prétendent leurs rares détracteurs- de death/epic/brutal/black/viking metal, en circulation depuis déjà 1984, est de retour avec un puissant album studio (après une trilogie compilatoire certes intéressante, mais quelque peu lourde à digérer) qui saura, une fois de plus, remettre les pendules à l’heure. Qui, mieux que Quorthon et les siens, sait écrire de longues épopées telles que “Day Of Wrath”, le titre final, qui résonnera encore dans vos oreilles bien après l’arrêt du triple faisceau laser ? Quel autre groupe a-t-il compris que le chant restait un art à part entière, même dans un domaine aussi pointu et que, par conséquent, il ne servait à rien de rugir des aboiements en postillonnant dans le micro ? Non, Bathory est vraiment le maître-étalon, la seule formation capable de faire apprécier ce metal tellement sinistre à des non-initiés… TS
4
À ranger entre Blood Fire Death et un bon vieux Razor

The Beautiful South
Solid Bronze-Great Hits
(Mercury/Universal) - 17 titres, 58m35s - Produit par divers
Disponible - www.beautifulsouth.co.uk
Pop Melba. Cette compil est un véritable festin pour tous ceux qui aiment la pop à forte teneur en glucose. Les autres devront se méfier de la crise de diabète. Ex-leader des Housemartins, Paul Heaton a conservé le goût du rock caramélisé, auquel il a rajouté une dose sévère de variété frisant la musique d’ascenseur. On trouvera ici ce que Beautiful South a fait de mieux au fil de ses sept albums (“Song For Whoever”, “Perfect 10”, “Rotterdam”) mais aussi de plus laborieux, telles les reprises aseptisées du “Everybody1s Talkin1” de Fred Neil (souvenez-vous, “Macadam Cowboy”) et “Dream A Little Dream” des Mamas and Papas (souvenez-vous, la pub Yop !). Le programme se conclut gentiment sur un remix de “The Mediterranean” par Morcheeba. CV
3
À ranger entre les Housemartins et Prefab Sprout

The Bees
Sunshine Hit Me
(We Love You/Labels) - 11 titres, 39m34s - Produit pat The Bees - Sortie le 28 janvier 2002 - www.weloveyouco.uk
Pop Alternative . Ce duo s’est essayé à différents genres sous une forme assez étoffée (jusqu'à 13 membres) avant de… continuer à s’essayer à ces mêmes genres. Sunshine Hit Me est donc un album pour le moins bigarré, lumineux comme son titre l’indique, et puisant ses inspirations du côté du jazz, de la West Coast, du reggae ou d’un rock mâtinée de bonne humeur. Il y aurait presque une sorte d’inconséquence si les onze plages du disque n’étaient délivrées avec un savoir-faire évident : harmonies vocales immaculées, orchestrations tombant juste et compositions de qualité. On ne néglige pas bien sûr le petit côté expérimental propre à tout ce qui sort sur le label We Love You, voilà donc un petit album sympathique tout en demeurant alternatif. Quelque chose comme une caution au “laid back” et, allez savoir, à la futilité… CF
3
À ranger entre Soft Machine et Beach Boys

Bertrand Betsch
B.B. Sides
(Lithium Records) – 13 titres, 35m42s - Produit par B. Betsch – Disponible - www.lithiumrecords.com
Collection personnelle. Comme Bertrand le dit si bien dans les notes du livret : “Reprendre une chanson, la tirer à soi de toutes ses forces jusqu’à ce qu’elle craque, qu’elle avoue n’importe quoi quitte à la faire mentir”. Qu’ajouter à cette déclaration sinon que BB Sides représente une initiative peu commune et très réussie. Lorsque Lithium Records commande à Bertrand un titre pour une compilation qui ne verra finalement jamais le jour, le compositeur en livre cinq. Dès lors naît l’idée de ce recueil, entre reprises inhabituelles (Dominique A, Leonard Cohen, Lou Barlow…), mise en musique poétique (magnifique “Sinon, Il N’y Aurait Rien” d’Eluard), chansons originales et instrumentaux, BB Sides séduit par son ton, réjouit par sa personnalité, et nous fait piétiner d’impatience à l’idée de son prochain album à sortir au printemps. CD’O
4.5
À ranger entre Yann Tiersen et Dominique A

Julie B. Bonnie
Julie B. Bonnie
(Island/Universal) – 14 titres, 46m13s – Produit par J. Bonnie, Kid Loco, T. Miller - disponible
Chanson folk. Il est des disques qui surprennent. Celui de Julie en fait partie. Lorsque nous apprîmes la nouvelle d’un album solo de la demoiselle de Cornu, nous pensions savoir par avance de quoi il retournerait. Que nenni ! Si les textes et le violon de Julie sont fortement reconnaissables sur les galettes du trio, ce premier album éponyme nous présente une chanteuse séduite par une écriture folk sans complexe, riche d’une simplicité régénérante qui charme à la première écoute. Étonnant, cet album l’est jusque dans les chansons en anglais où la chanteuse excelle. Cet intermède discographique s’offre l’écrin de la vraie musique, frais et spontané, recelant les trésors des participations amicales de Sébastien Martel, Gaétan Roussel, Yann Tiersen, Vincent Ségal, Kid Loco… Une douceur automnale bienvenue. CD’O
4
À ranger entre Cornu et A Trois

Brainstorm
Metus Mortis
(Metal Blade/M10) –12 titres, 50m17s –Produit par Achim Köhler – Disponible - www.truemetal.org/Brainstorm
True Metal. Brainstorm continue son bonhomme de chemin plutôt sympathique en compagnie d’un nouveau chanteur (Andy B. Franck, également au micro dans Symphorce) qui ne sera jamais que le quatrième ! Mais bon, détails futiles que tout ceci, l’essentiel étant que leur intégrité et leur univers musical soient respectés, ce qui est tout à fait le cas ici. Leur true/green/power metal (le terme hard rock est-il tombé dans la plus totale désuétude ? Dieu que le temps passe vite…) est plaisant, à part les deux/trois excursions en territoire Speed pas trop réussies (“Into The Never” est plutôt navrant, désolé) et “Metus Mortis”, l’intro, qui aurait méritée d’être mieux exploitée. Sinon, tout coule de source et les fans du genre se délecteront de “Under Lights”, chanson longue et torturée à souhait, ou bien encore de “Weakness Sows Its Seeds”, composition à tiroirs qui en déconcertera plus d’un… TS
3
À ranger entre les premiers Helloween et Taraxacum

Brando
The Headless Horseman Is A Preacher
(Talitres Records/Pop Lane) - 21 Titres, 57m40s - Produit par Derek Richey - Disponible - www.talitres.com
Indiana Dreams. Voilà un groupe qui depuis 91 lutte pour se faire entendre. Dix ans après, leur vœu est exaucé, ce premier véritable album traverse l’Atlantique pour atterrir dans nos bureaux, non pas par la fenêtre mais via un label Bordelais. Quel périple | Quel disque ! En fait, le combo s’est tout d’abord fait remarquer (à force d’opiniâtreté) par les radios US. On le comprend volontiers, Brando détonne parmi les playlists actuelles avec sa prod réduite à l’essentiel. Ça sonne live, respire la pertinence et suggère la mélancolie de ces poètes contemporains tel Joseph Arthur. Certaines mélodies nous évoquent également les orages électriques de Playdoh, la couleur de Lamb ou encore Marianne Faithfull, dont la voix du chanteur se reproche (véridique !). LE
4
À ranger entre Joseph Arthur et Nicolas Dunger

Carré Rouge
De la part de l’ombre…
(Bad Life records/Sony Music) - 17 titres, 66m14s - Produit par Carole Pays-Monnet et Carré Rouge – Disponible - www.carrerouge.com
Rap. De Marseille, on connaissait Iam (bien sûr), et ses différentes entités et la Fonky Family, mais voilà que débarque des bas-fonds de la cité phocéenne Carré Rouge. Ces derniers ont mis cinq ans pour peaufiner De la part de l’ombre…, leur premier album où DJPone et Le Rat Luciano (de la Fonky) sont venus en frangins, leur donner un sérieux coup de main. Le résultat, même s’il ne provoquera pas une révolution dans la production foisonnante du rap francophone, est intéressant et laisse présager un combo sur lequel on devra compter. Flow et instrus savent garder une originalité marseillaise, hélas carré Rouge devra composer avec une surproduction discographique qui risque à plus ou moins long terme de s’auto-asphixier. DS-D
3
À ranger entre Rocca et la Fonky Family

Cash From Chaos
The Complete Punk Collection
(EMI) – Coffret 4 CDs, 99 titres - Produit par divers - Disponible.
Punk’s never dead. Si l’on écarte quelques morceaux certes recommandables, mais mal choisis (“The Passenger” par Iggy Pop, “M Style” des Lords of the New Church –sans doute leur single le plus faible- ou encore “Pet Semetery” des Ramones), il faut reconnaître que ce coffret donne un aperçu assez juste et complet de ce à quoi ressemblait la planète punk à la fin des années 70 (Buzzcocks, Damned, Pistols, Adverts, Sham 69, 999, Generation X…), voire même largement après puisqu’on y retrouve également bon nombre de références post-punk (XTC et le géniallisime “Mongoloid” de Devo, notamment) ainsi que les prémisses de la new wave (Ultravox, Killing Joke…). 99 morceaux en tout, par 99 groupes (le centième, manquant, étant virtuellement Clash), avec dans le livret, la reproduction des… 99 pochettes correspondantes !… CG
5
À ranger avec les bons coffrets

Chocolate Genius
Godmusic
(V2) - 13 Titres, 48m19s - Produit par Thompson & Salem – sortie fin janvier -www.chocolate-genius.com
Goodmusic. L’impact de Black Music avait été tel, qu’il semblait impossible d’écouter ce nouvel opus. Puis, à la peur d’en trahir la magie, la curiosité a succédé : pouvait-il faire mieux que cette perle noire ? On s’en approche à reculons… Si la première écoute n’emballe pas immédiatement, la seconde, par enchantement, change la donne. Car Godmusic fait partie de ces albums casse-tête, inclassables, qui selon votre humeur changent l’arrière-plan d’une scène. Thompson, à la fois conteur et chanteur, y est toujours poignant, déconcerte par ses harmonies, ce qui au final, le rend encore plus captivant. L’underground New Yorkais lui voue déjà un cultes, ici, c’est la quasi-inexistence. Quel dommage. LE
3,5
À ranger entre Tricky et James Baldwin

The Church
Sing Songs / Remote Luxury / Persia
(EMI Australia / Import) - 15 titres, 56m51s - Produit par divers – Disponible - www.thechurchband.com
Aussie Rock. Sur ce disque, qui nous vient directement de l’île du bout du monde, l’on retrouve l’intégralité de trois mini-albums : Persia et Remote Luxury, tous deux de 84, qui donnèrent en France l’album Remote Luxury ; et surtout Sing Songs, paru quant à lui en décembre 82 et presque totalement inédit en CD. On y remarque d’emblée la patte qui était celle de la bande à Steve Kilbey à cette époque-là, à savoir de lumineuses mélodies, faussement simplistes, basées sur de savants zig zags entre basse, batterie (ah, ce Richard Ploog, il a tant manqué par la suite) et, bien sûr, les deux guitares asymétriques de Koppes et Wilson-Piper. Et puis, il y a aussi cette reprise de “I Am A Rock” (Simon & Garfunkel), amusante comme tout. Vu le prix du kilo de chansons en import australien, ça fait cher l’âge du capitaine, mais tant que la baignoire ne déborde pas, l’honneur est sauf !… CG
4
À ranger Seance et The Blurred Crusade

Lloyd Cole
Collected Recordings Of Lloyd Cole
(Establishment/XIIIbis) – coffret 4 CDs - Produit par divers - Disponible. - www.lloydcole.com
Pop & more. La joie initiale (“Chouette, un coffret de Lloyd Cole, enfin !”) se métamorphose rapidement en semi-déception (deux des CDs sont déjà disponibles, à savoir l’album avec les Negatives et Etc., sorti le mois dernier) puis en déception tout court, à l’écoute des deux autres galettes, qui sont un disque d’ambiances électroniques aussi insupportable (surtout de la part d’un compositeur de cette trempe) qu’inutile ; et, enfin, un live qui ne peut justifier à lui seul l’achat de l’objet (ça ferait cher l’accord de guitare), d’autant plus que le son y est assez approximatif (on entend même pratiquement les gens parler plus que les instruments à un moment !) et le choix de titres assez douteux. Quant au livret, entre vide intersidéral et pas grand-chose sans queue ni tête, il s’avère tout aussi décevant. CG
1
À oublier avant de gaspiller votre bel argent

Cornelius
Point
(Matador/Pias) - 11 titres, 45m30s - Produit par Cornelius - Sortie le 22 janvier - www.matadoreurope.com
Electro pop niponne. À trente ans, Keigo Oyamada affiche déjà à son palmarès trois albums, une ribambelle de EPs et de remixes, qui l’ont propulsé star nationale au Japon. Autodidacte, il conçoit ses œuvres (et parfois même leurs pochettes) de A à Z dans son propre studio, s’inspirant d’artistes aussi variés que les Beach Boys, les Beastie Boys, Beck, Kiss ou les Clash. Sa musique ne manque ni de grâce, ni d’idées, mais de piquant. Point distille une electro-pop créative, aérienne, mélodieuse, aux ambiances raffinées et, en définitive, trop appliquée pour susciter un semblant d’exaltation. Chaque titre s’écoute avec plaisir, rares sont ceux qui décollent assez pour retenir l’attention. Du bel ouvrage un peu fade, comme un sushi sans wasabi. CV
3,5
À ranger entre Beck et les Beastie Boys

The Court And Spark
Bless You
(Glitterhouse/PIAS) –13 titres, 44m03s – Produit par Scott Solter & The Court . Disponible - www.glitterhouse.com
Country rock bien léché. Et encore une formation talentueuse en provenance directe de nulle part, ou presque ! Rien que les noms des participants vous donneront envie de recoiffer votre Stetson fatigué : Scott Hirsch, David Graham Taylor, Gene Parsons, Tom Heyman and co… Leur country rock, pour classique qu’il soit, est très gouleyant et vous pourrez l’écouter sans éprouver l’indicible crainte de passer pour de pauvres ringards complètement out of town ! Vrai, de tels albums sont ultra nécessaires pour se remettre les idées en place, loin de toute mode musicale plus ou moins ridicule et l’esprit ouvert se délectant de toutes les informations sensitives fournies par ce Bless You au nom prédestiné. Maintenant, si vous préférez vous précipiter sur le nouveau Jichaël Mackson, l’homme plus blanc que blanc, libre à vous, hein, personne ne vous retient de force : que les choses soient bien claires (sic)… TS
3,5
À ranger entre Uncle Tupelo et Our Favorite Band

The Cure
Greatest Hits
(Fiction/Polydor) –2 CDs, 36 titres - 137m36s – produit par divers –disponible - www.thecure.com
Monument rock . La question cruciale reste : alors, dissous ou pas dissous, le célébrissime groupe de Robert Smith & co ? Aux dernières nouvelles, il semblerait que non ; raison de plus pour se réjouir de la parution de cette double compilation (enfin, double pour une édition limitée qui comprend, sur le second disque, les mêmes titres que sur le premier, mais en version électro-acoustiques souvent surprenantes), ni mieux ni plus mal foutue que les précédentes, mais qui a le mérite de mettre en avant certains titres habituellement non-sélectionnés (dont un “Mint Car” vraiment excellent) et de proposer deux inédits situés en bout de piste… Certes, on pourrait objecter qu’un best of de Cure sans “Killing An Arab” et autres “The Caterpillar” n’est pas un vrai best of, mais foin de ces peccadilles qui ne sauraient gâcher le plaisir pur et simple de l’écoute de ces chansons inaltérables… TS
4
À ranger entre Staring At The Sea et Galore

The Czars
The Ugly People Vs The Beautiful People
(Bella Union/ Naïve) - 12 titres, 60m29s - Produit par Simon Raymonde et Giles Hall – Disponible - www.theczars.net
Pop Alternative. Malgré un titre aussi manichéen, la musique des Czars fait plus dans la nuance que dans l’affirmation péremptoire. La plupart des titres y sont en effet le plus souvent doux-amers (“Drug”) et, s’ils visent à véhiculer intensité et émotions extrêmes, ils le font sans sombrer dans la démesure et l’emphase. Il y a donc une retenue permanente, elle se vérifie bien évidemment dans la complexité mais également dans ce qui semble improvisé comme le solo de trompette de “Caterpillar”. Ainsi, même des titres aussi pop et addictifs que “Killjoy” parviennent à conserver une splendeur troublante par un côté incantatoire, la voix pour le moins prenante de John Grant et une imagerie poétique plutôt sombre. Au total un disque où le romantisme excelle et où chacun, laid ou beau, devrait pouvoir se retrouver sans peine. CF
4
À ranger entre Tarnation et Mark Lannegan

Dare
Belief
(Legend Records/M10) - 11 titres, 54m08s - Produit par Darren Wharton – Disponible - www.darrenwharton.demon.co.uk
Rock Hydromel. Darren Wharton tint un bon moment les claviers de Thin Lizzy jusqu'au décès de son Lynott de tête. Il ne manque d'ailleurs aucune des reformations périodiques de la Fine Babette. Mais ce Mancunien a aussi monté son propre groupe, Dare, depuis 1988, groupe qu'il réactive périodiquement depuis avec différents comparses. Wharton a sérieusement évolué car, parti d'un heavy FM soigné façon Heaven's Gate ou Foreigner, il en est arrivé à présent, notamment sur cet album, à un rock beaucoup plus quiet, voire carrément apaisé, soigneusement marié à des mélodies et des sonorités celtiques. Le tout est joliment mis en place, parfois franchement beau, mais manque quand même de corps. C'est tellement évanescent qu'on finit même, dans le genre, par trouver les Corrs franchement plus émoustillantes. HP
2,5
À ranger entre Gary Moore et les Corrs

Michael De Jong
Park Bench Serenade
(Munich/Socadisc) - 10 titres, 67m33s - Produit par Mike Stewart – Disponible - www.munichrecords.com
Songwriter. Il y en a qui ont une telle faculté d’adaptation et une telle maîtrise technique de leur organe qu’ils vous tireraient des larmes à chanter le suicide de leur meilleur ami, tout en faisant autre chose, machinalement. Et puis, il y en a d’autres, extrêmement plus rares, qui n’ont aucune mécanique, et dont le seul moteur demeure le vécu, que ce soit leurs démons intérieurs autant qu’extérieurs. Michael De Jong est de ceux-là et son cas est d’autant plus atypique qu’il a également un certain talent pour écrire les histoires déchirantes qu’il arrache de sa voix vibrante, avec une sincérité confondante et presque chancelante. Venant de ce rescapé (de tout et de tous), ce sixième album en six ans est sans doute la plus belle carte postale qu’un Hollandais nous ait envoyé d’Austin, Texas. CG
3,5
À ranger entre Townes Van Zandt et Mary Gauthier

dEUS
No more loud music-The singles
(Island/Universal) - 11 titres, 58m41s - Produit par divers
Disponible - www.deus.be
Rock & pop. Trois albums et déjà un best of ! L’initiative peut sembler prématurée mais elle reflète assez bien le parcours imprévisible de ce groupe belge. D’autant plus que, contrairement à certaines compils structurées n’importe comment, celle-ci a le mérite de classer les titres par ordre chronologique. D’abord, trois morceaux du premier album : du gros rock grungy tonitruant et bordélique, dont la lourdeur tend à masquer lesqualités. On passe aux quatre crus du suivant : agressivité canalisée, recherche musicale moins décousue, on se rapproche du dernier album en date, avec trois compositions mélodiques, créatives, plus subtiles, qui expriment enfin réellement le potientiel de dEUS. Un talent confirmé par l’excellent inédit “Nothing Really Ends”. CV
4
À ranger entre REM et Nirvana

The Devics
My Beautiful Sinking Ship
(Bella Union/Naïve) - 15 titres, 63m24s - Produit par Tracy Chisholm – Disponible - www.devics.com
Gothique éthéré. Les Devics viennent de Los Angeles, mais leur musique n’a rien à voir avec ce que produit d’ordinaire la West Coast. Cet album, leur quatrième (les autres ayant été enregistrés sur leur label Splinter), est une longue suite de ballades mélancoliques où percent attrait pour le mystérieux et l’ambigu. L’orchestration se veut hétérodoxe (pianos et violons se mêlant à une instrumentation plus tradititionnelle), mais même le rôle de la guitare se veut aux antipodes d’une utilisation classique. La voix, particulièrement céleste et envoûtante de Sara Lov, étaye alors des refrains alternant cascades gothiques, rythmes puissants et délicats et atmosphères cabaret ; My Beautiful Sinking Ship justifie par conséquent fort bien son titre, quelque part existe une réelle exaltation à se sentir ou se voir sombrer. CF
4,5
À ranger entre Marianne Faithfull et Elysian Fields

DJ Spooky
Under The Influence
(Nocturne/Six Degrees Records) - 26 Titres, 73m37s - Produit par divers – Disponible - www.djspooky.com.
Mix. Sur le même principe que le concept Honeymoon avec DJ Cam sur le label Chronowax, Six Degrees Records, indé de San Francisco, laisse carte blanche à Spooky. Pas franchement rooky, ni hyper médiatisé (du moins pour l’instant) le garnement saisit sa chance et taille sa route dans une brousse tonitruante dont on se demande comment il s’en extirpe encore en vie. 26 titres, ce n’est pas la mer à boire en comparaison à la majorité des sets, mais lui ne se cantonne pas à enchaîner ses trouvailles, il les triture de sorte qu’il rend impossible au chroniqueur légiste la moindre identification… Pourtant, avec Moby, Carl Graig, Ryuichi Sakamoto, Anti Pop Consortium, Michael Franti, Amon Tobin, Mike Ladd, Soul Williams ou Sonic Youth on devrait passer allègrement ce blind test. LE
3
À ranger entre Dr Dre et Tom Parris

Lila Downs
Border
(Narada World/Night & Day) - 15 titres, 63m59s - Produit par Lila Downs, Paul Cohen & Aneiro Tano – Disponible - www.narada.com
Traditionnel. . Border est le premier album de Lila Downs, fille d’une indienne mixtèque et d’un père anglo-américain, elle chante l’émigration. 15 titres dans lesquels elle perpétue la mémoire mexicaine et mixtèque. Ayant étudié la musique et l’anthropologie, elle renoue avec son héritage culturel au travers de la musique. Elle a recherché d’anciens manuscrits des Mixtèques et des Zapotèques qu1elle a mis en musique. Sur le plan musical, l’artiste est accompagnée d’instruments précolombiens et la cumbia traditionnelle oscille entre folk mexicain aux inflexions jazzy. Sa voix comme une longue plainte prend aux tripes, comme le ferait une chanteuse de gospel. Peut-être pas évident au premier abord, cet album vaut que l’on s’y attarde et que l’on y revienne pour entrer dans l’univers de Lila Downs. DS-D
2,5
À ranger entre tradition et modernité

Epileptic
Last Temptations
(Timer) –9 titres, 58m36 s –Autoproduction (ou presque) –Disponible - www.chez.com/epileptic
New wave noisy . Certains ne se sont jamais remis du choc que demeurent les premiers albums de The Cure et autres formations à corbeaux. 25 ans plus tard, le temps est toujours gris, les longs manteaux de rigueur et les disques qui sortent dans cette catégorie ressemblent de plus en plus à d’agréables voyages en train, le visage collé à la vitre, regardant défiler les mornes paysages de campagne enneigés sans vraiment les voir… Tout ceci pour vous faire comprendre que Ghislain (basse+claviers), David (batterie+chœurs) et Sam (guitare et chant, sa voix ressemblant étonnement à celle de Robert Smith !) ne collent pas du tout à l’actualité musicale et que nul ne songera à s’en plaindre, aussi longtemps qu’ils nous proposeront des rondelles argentées aussi douloureusement qualitatives que ce Last Temptations… TS
4
À ranger entre 17 Seconds et un bon vieux Trisomie 21

Eternal Tears Of Sorrow
A Virgin And A Whore
(Spinefarm/XIIIbis Records) - 12 titres, 64m49s - Produit par Karmila, Sundin & Kortelainen - Disponible - www.eternaltears.net
Metal Gothic . Pour beaucoup, le metal gothic devient de plus en plus une nébuleuse dans laquelle tous les groupes se ressemblent et ne s'adressent qu'aux initiés. Dommage, car ce style, plus ouvert et diversifié qu'il n'y parait d'un point de vue extérieur, recèle quelques petits bijoux, dont Eternal Tears Of Sorrow. Il n'est pas question de surpasser Paradise Lost, leader qui a un peu entraîné tout le mouvement dans ses derniers revers, mais de passer quelques moments de jouissance auditive, calé entre la violence d'une voix et l'harmonie des arrangements ou la finesse des mélodies. Tous les morceaux sont dignes d'intérêt, leurs structures complexes contiennent assez de richesse sonore pour satisfaire toute curiosité. A Virgin And A Whore, est un espace de contrastes et de découvertes. HD
4
À ranger entre Theatre Of Tragedy et Paradise Lost

Melissa Etheridge
Skin
(Island/Universal) - 10 titres, 38m44s - Produit par Melissa Etheridge – Disponible - www.melissaetheridge.com
America rock. Cela fait déjà bien des années et bien des albums que cette nerveuse et inusable Melissa Etheridge nous invite à partager son folk rock musclé et tonique. Tous ses disques ne soulevèrent pas un enthousiasme à brûler son canapé, mais elle n'en commit jamais de mauvais, tout en oscillant entre country acoustique et refrains plus électriquement mordants. Ce nouvel album fait incontestablement partie des tous meilleurs de la dame, parce qu'il affiche un équilibre d'une sérénité absolue entre le plugged et l'unplugged, l'urbain et le campagnard, le rootsy et le modernisme, la guitare acoustique et les loops. La voix est pleine, sûre, d'une présence ineffaçable. Les mélodies ne sont jamais dispensables ou creuses. Bref, un disque dense et parfait qui régalera bien des lecteurs de “Crossroads”. HP
4
À ranger entre Bonnie Raitt et Bonnie Tyler

Farafina
Kanou
(l’empreinte digitale/hamonia mundi) - 11 titres, 46m 43s – Produit par Thierry Van Roy – Disponible - www.farafina.com
African Groove. Fondé dans les années 80 par Mahama Konaté, maître balafoniste, Farafina nous vient d’Afrique de l’Ouest et plus précisément du Burkina-Faso. Le groupe a aujourd’hui 20 ans, et bien des événements plus tard, certains sont partis et d’autres sont décédés, de jeunes musiciens ont remplacé les anciens, l’esprit de Farafina a survécu. Bien que leur musique soit inspirée des chants des griots, et jouée avec des instruments traditionnels (balafons, flûtes et koras, djembés, tama, bara), elle est contemporaine dans l’orchestration. De plus, sont venus s’ajouter guitare, claviers et une voix féminine en la personne de la griotte Fatouma Dembelé qui vient apporter une touche nouvelle. Abordant des thèmes d’actualité (la mortalité des jeunes, la richesse et la pauvreté) et d’autres de tout temps (la mort la croyance…), Kanou est un bel album à découvrir sur scène, les Farafina étant souvent en Europe. D S-D
3,5
À ranger entre tradition et modernité

Les Fatals Picards
Navet Maria
(M Label/Next Music) - 13 titres, 46m 53s – Produit par Les Fatals Picards – Disponible - www.fatals-picards.com
Chanson déconnante. On n’a pas souvent de nouvelles de cette étrange contrée qu’est la Picardie. On la regarde de loin (la rédaction de Compact se trouve à la frontière entre la civilisation et cette terre aride peuplée d’individus aux comportements nébuleux), ma famille s’y est réfugiée (là, je vous raconte ma vie, mais sachez que c’est une douleur quotidienne pour moi), et Les Fatals Picards en sont originaires. Leur hymne, “I am from Picardie, the land of the 2 be 3” résume assez bien le dilemme qui a secoué la rédaction : doit-on parler de ce disque ? N’est-ce pas faire de la publicité à ce qui peut être considéré comme une déviance ? Bon, vous vous ferez votre opinion, sachez que cet album a dû être enregistré par une horde de barbares, nourris à la chair humaine et au Ricard©. À réserver lorsque vous recevez vos beaux-parents. D S-D
4,5
À ranger entre Les Amis d’ta Femme et Marcel et son Orchestre

Felix da Housecat
Kittenz & Thee Glitz
(Omnisound/EMI) – 16 titres, 57m03s - Produit par Felix da Housecat –Disponible
Néo-new-wave. L’américain Felix Da Housecat, accompagné ici par la franco-suisse MissKittin pour le côté kitschy , a décidé de donner sa propre vision de la chose, à savoir l’aspect un peu crade des productions de l’époque (“Control Freaq”) avec la classe des technologies modernes. Ça peut faire peur, mais Kittenz & Thee Glitz est indéniablement un album réussi, qui arrive même à offrir des mélodies new wave imparables (“Pray For Star”). CD’O
4.5
À ranger entre passé et présent

Fugazi
The Argument
(Chronowax/Dischord) - 11 Titres, 45m02s - Produit par Fugazi - Disponible
Indé US. À Washington D.C., la dissidence rock maintient toujours le désordre moral à l’ombre d’une Maison-Blanche inébranlable. Politiquement engagé, musicalement enragé, Fugazi milite en première ligne de cette milice, la guitare à bout de bras, les arguments de choc en munitions, faisant également feu sur les majors que jamais ils ne joindront. Et pour cause, ici on prône une résurgence punk rock (et non hardcore, quoi qu’on en dise), toutefois moins énervée que Dead Kennedys. À l’instar de ces derniers, Fugazi démusèle son style, déjà brut de décoffrage, sans plier sous ce taux d’adrénaline, voire un son limite cradingue, bien pêchu. Entre les nouveautés fadasses du moment, cet opus satisfera à coup sûr, toute soif d’énergie non-conformiste. LE
4
À ranger entre Coal Chamber et Toploader

Green Day
International Superhits !
(WEA) - 21 titres, 60m43s - Produit par divers – Disponible - www.greenday.com
Punk rock. Un peu surprenante, cette compilation après seulement six albums (dont deux brouillons) et une carrière d'à peine dix ans. Leur succès européen, et en particulier français, est plus qu'inégal (le carton planétaire de Dookie, en 94, mis à part), ce qui peut facilement expliquer une tentative de reprise en main via ce Best Of prématuré (2 inédits). Que cela ne nous empêche pas de rappeler qu'en peu de temps, donc, Green Day s'est affirmé, sur scène avant tout, comme un groupe de rock majeur des années 90. Encore très jeunes et imbibés d'une énergie revendicative saine et utile, il est facile de parier qu'ils sont loin d'avoir prononcé leurs derniers mots. D'ici à leurs prochains méfaits sonores, gavons-nous sans rechigner de ce condensé d'authentique rock'n'roll attitude (eux…). MEK
4,5
À ranger entre Ramones et Foo Fighters

Herman Düne
Switzerland Heritage
(Prohibited Records/Wagram) - 14 Titres, 46m20s - Produit par Herman Düne – Disponible - www.prohibitedrecords.com
Blues polaire. En évoquant souvent ces groupes indé, usés par moult concerts intimistes, nous allons finir par sombrer du côté hype du business, direz-vous. Tout autoproduit ne rime pas forcément avec talent, mais force est de constater qu’attachés à de forte conviction dont celle de rester libre, de composer sans cahier des charges, ces musiciens s’avèrent être les plus fascinants ou subtils. Au rock australien certains riaient, à la pop belge et l’électro bretonne les badigoinces se tordaient… Puis on y tend les oreilles. Tout comme à ce blues suédois chanté par ces frangins, pas pire -voire aussi bon- que celui de Calvin Russell, le plus parisien des Texans. Mêlant folk attitude et guitare acoustique, leur répertoire souffle un chaud-froid des plus délicieux. LE
4
À ranger entre Will Oldham et Nicolai Dunger

Idaho
Levitate
(Idaho/Pop Lane) – 11 titres, 43m 06s – Produit pa Jeff Martin – Disponible - www.idahomusic.com
Slow Core. Idaho est un groupe injustement méconnu ici et originaire de Los Angeles. Levitate est un produit étrange, oscillant entre mélancolie et fantaisie, à la fois minimaliste et au son très plein et porté par la voix assez hallucinante de Jeff Martin. Celui-ci est le seul véritable élément stable du groupe et il s'est efforcé à enregistrer l'album en seulement douze semaines. Le résultat en est donc ce croisement de recherche atmopshérique sophistiquée un peu abstraite et de refrains où priment spontanéité et affectivité. On dit d'Idaho qu'il a été instigateur du mouvement "slow core", on peut l'admettre sans toutefois y adhérer : perdurent tout au long de Levitate des climats beaucoup plus troubles que cette image un peu figée. CF
4
À ranger entre Low et Mazzy Star

Jack Heatbeat & The U.G.S.
Back From World War III
(Munster/Mélodie) - 13 titres, 48m35s - Produit par divers – Disponible - www.munster-records.com
Psyché-enclume. Rien ne tourne dans ce disque, tout tourne en rond (faudrait savoir !), il ne semble y avoir ni début ni fin ni même une ligne de conduite quelconque entre ces deux poles invisibles. L’on patauge donc dans des espèces de constructions psyché mais pas tout à fait, plaintes lancinantes aux multiples échos de guitare et aux effets moyennâgeux. Heureusement, parfois, sans prévenir, tout explose et Jack Heatbeat & The U.G.S. se métamorphose en conglomérat de fous furieux indomptables (“Stay & Dance”) voire en copie (en évidemment beaucoup moins bien) des Stooges première période (“Brainwash Time”). Et, finalement, ces quelques moments de plénitude sonore font ressortir les passages les plus timorés (plus nombreux aussi, ceci expliquant cela) et procurent à l’ensemble de ce disque un sentiment de fringale assez désagréable. CG
2
À ranger entre Stooges et Celibate Rifles

Jimmy Eat World
Jimmy Eat World
(Dreamworks/Polydor) - 46m43s - Produit par Mark Trombino & JEW – Disponible -www.jimmyeatworld.net
Rock or not. À l'unanimité (entre moi et moi), skeud schizophrénique du mois ! Entre le premier morceau ("Bleed American", originellement titre de l'album, avant le 11 septembre…) et le huitième (le très beau "Get It Faster"), il faut apprécier/supporter un rock/pop mainstream et dangereusement mielleux. D'un côté l'énergie sans détour d'un bon combo rock, de l'autre les mauvais penchants d'une formation qui veut passer sur MTV. Retenons, magnanimes que nous sommes parfois, la qualité et la relative originalité de leurs mélodies qui, de ce fait, ne se noient pas (trop) dans la surproduction rock US calibré actuelle… Troisième album, sept ans d'existence, plusieurs participations à des B.O.… Nous tenons là un petit groupe qui pourrait devenir grand. MEK
3,5
À ranger entre Smashmouth et les Rembrandts

Ol Kainry
Au-Delà Des Apparences
(Nouvelle Donne/Barclay/Universal) - 18 titres, 65m29s – Produit par Nouvelle Donne – Disponible
Rap. Le rap francophone cherche un nouveau souffle, et Ol Kainry pourrait bien contribuer à lui amener un peu d’air. Fidèle au label Nouvelle Donne avait déjà signé son groupe : Agression Verbale. Pour ce jeune de l’Essonne (à peine vingt-deux ans), dont les racines sont au Bénin, l’observation du monde et de ses déséquilibres fournit matière à mettre sous la plume. Les relations familiales dans “Frédéric”, homme-femme dans “Lady” sont autant de thèmes qu’aborde Ol Kainry dans Au-Delà Des Apparences, son premier opus solo. Évitant les clichés inhérents au rap, Ol Kainry n’hésite pas à stigmatiser les mentalités qui règnent parfois dans les quartiers. Le regard tourné outre-atlantique (son label le présentant comme “le plus Américain des rappeurs français”, il a su s’entourer de faiseurs de sons pointus tel Sully B Wax et Ajavi, entre autres, qui donnent une couleur internationale à son album. D S-D
3
À ranger entre Oxmo Puccino et Kayze

Kelis
Wanderland
(Virgin) - 14 Titres, 62m 58s - Produit par The Neptunes – Disponible - www.virginmusic.com
R&B. Plus personnel, éclectique, c’est ainsi que Kelis dépeint ce deuxième opus, que, pour notre part, nous trouverons dans la veine du précédent. Nul doute, que l’avalanche de prix accumulés ces derniers mois lui a permis de dresser sa guest list (par exemple le bassiste de Korn), de mener la production à sa guise et donc d’obtenir au final un disque sur mesure. Quant à l’éclectisme… À l’évidence, la soul music en est le thème principal, mais de là à se sentir chamboulé par une kyrielle de mélodies variées… Cependant, un titre sort du lot : “Perfect Day”. D’une facture plus rock (ceci étant dû à la collaboration citée ci-dessus), il marque une pause à ce répertoire 100% R & B, assez féminin, nous en conviendrons. Adepte de Kaleidoscope, ce disque est pour toi ! LE
3
À ranger entre Foxy Brown et Missy Elliott

King Kobra
Hollywood Trash
(MTM/M10) - 13 titres, 56m15s - Produit par Carmine Appice et Kelly Keeling – Disponible - www.kingkobrarocks.com
Rock incolore. Carmine Appice possède, on le sait, un étourdissant pedigree : Vanilla Fudge, Cactus, BBA, Rod Stewart, Ozzy, Jean Pass, Ed De Meyer. En plus de divers mercenariats de luxe à la batterie, il fonda en 83 son groupe-à-lui, ce King Kobra qui ne vécut que cinq ans et ne révolutionna guère le créneau du hard FM où il s'était inscrit. Un King Kobra qu'il a décidé de reformer aujourd'hui, chose dont, honnêtement, personne n'avait ni envie ni besoin. Une reformation bien vaine à en juger par cet album certes fort bien joué et mis en place, mais d'un intérêt quasi nul, et qui ne provoque à son écoute qu'un très distingué mais mortel ennui. Que celui qui trouve une justification à ce disque nous écrive, il l'a gagné. HP
1
À ranger là où le dit le titre

Alison Kraus + Union Station
New Favorite
(Rounder/Next Music) - 14 titres, 45m07s - Produit par Alison Kraus + Union Station – Disponible - www.continental.nl
Bluegrass. Alison Kraus fait partie des quelques artistes ayant profité du succès inespéré de la B.O. de O’Brother. la nouveauté essentielle étant, qu’au-delà du public bluegrass, qui la connaît déjà pour être l’une des meilleures chanteuses du genre, que ce soit avec ses albums solos ou avec ses efforts collectifs avec Union Station (Ron Block nous ayant lui même gratifié récemment d’un très bon Faraway Land en solitaire). Cette popularité accrue n’a cependant rien changé à sa façon de travailler (et donc à son indiscutable crédibilité), à savoir essentiellement enluminer des chansons déjà existantes (ici notamment le “Stars” de Dan Fogelberg, le morceau-titre écrit par Gillian Welch ou le traditionnel “Bright Sunny Youth”), le tout avec moults banjos, dobro, violon et autres guitares country & western. Une pure merveille… CG
4,5
À ranger entre Gillian Welch et Ron Block

Lighthouse Family
Whatever Gets You Through The Day
(Universal/Polydor) - 10 Titres, 47m59s - Produit par Lighthouse Family – Disponible - www.thelighthousefamily.com
Cool music. Ocean Drive, puis Postcards From Heaven… Les deux furent un tel succès que le duo s’éclipsa dernièrement durant quatre ans à jouer à travers le globe, puis à préparer ce nouvel album. La rumeur laissait planer le spectre du split, mais non, Lighthouse Family n’est seulement pas très prolifique. Cependant, avec la précision d’un métronome, les Anglais restent dans l’air du temps, ce qui leur assure un véritable coup de masse à chaque sortie : on s’arrache par millions les CDs. Inévitablement, cet opus ne dérogera pas à la règle, Paul et Tunde sont fidèles à leurs inspirations premières, ce qui s’avère être aussi un handicap, car leurs magnifiques mélopées se succèdent à l’infini. Beau mais trop linéaire… LE
3
À ranger entre Bill Whiters et Fun Lovin’ Criminals

Limp Bizkit
New Old Songs
(Polydor/ Universal - 16 titres, 73m58s - Produit par divers - Disponible - www.limpbizkit.com
Metal remixé. Avec plus de 100000 albums vendus en France, on peut affirmer que Limp Bizkit a fait un tabac. Et pour que tout cela ne parte pas en fumée, il convient d'être présent. C'est ainsi qu'arrive aujourd'hui New Old Songs, un album de hits remixés qui devrait permettre aux fans de patienter. En fait, le metal syncopé, d'influence rap, se prête complètement à ce genre d'exercice qui n'a désormais plus rien de périlleux tant il est pratiqué. C'est ainsi que les nouvelles versions de My Way, Faith, Crushed ou Nookie risquent de ne pas trop surprendre tant ces morceaux paraissaient taillés pour ce genre de conversion. L'électricité cède la place à l'électronique, la qualité demeure, mais ce disque s'adresse aux métaleux tolérants. Limp Bizkit, les a déjà éduqués dans ce sens. HD
3,5
À ranger entre Fear Factory et Prodigy

Lord Kossity
The Real Don
(Naïve) - 17 titres, 66m15s - Produit par divers - Disponible
Ragga. À l’origine, cette compilation de différents titres de Lord Kossity, que ce dernier a enregistré pour diverses occasions, au cours des années écoulées, était destinée uniquement au marché antillais, département dont le Lord est originaire. Depuis, cet album est devenu la sensation de l’été aux Antilles et a notamment fait un carton en Martinique. D’où la décision de Naïve et de Lord Kossity de le présenter à la métropole, histoire de faire patienter le public continental avant la sortie du successeur d’Everlord, prévu pour l’année prochaine, et qui lui sera résolument hip hop. Pour The Real Don, la part belle est faite au ragga dancehall où il est vrai que Lord Kossity est aussi à l’aise que dans un rap plus hardcore. DS-D
3
À ranger entre Rap et Ragga

Shelby Lynne
Love, Shelby
(Island/Universal) - 42m15s - Produit par Glen Ballard - Disponible
www.shelbylynne.com
Variété US. La bio me traite de, attention : "eunuque émotionnel" !! Car je "peux écouter Love, Shelby (sans) immédiatement ressentir (toute) cette superbe musique"… Juré, c'est écrit !!… Blonde décolorée, minois tentant, court short en jean's et débardeur étroit… Bandant quelques secondes, inquiétant pour le contenu. Il reste, dans les chansons rock et toc de la fille, quelques renvois raplapla à sa country d'origine. Sa musique, on a l'impression de l'avoir déjà entendue cent fois, dans des films, dans des aéroports… Alors évidemment, l'insignifiante reprise finale de "Mother" (Lennon) achève de rendre ces vains efforts pathétiques. L'histoire d'une vieille petite fille qui a toujours rêvé de devenir Dusty Springfield, mais qui n'arrive même pas à la cheville de Shania Twain ! Parole d'eunuque !! MEK
0
À ranger entre la soupe et les croûtons

Macaco
Rumbo Submarino
(HCP/Edel) - 16 titres, 67m09s - Produit par Macaco el Mono Loco – Disponible - www.macaco.to
Spanish Stroll. Voici l’album qu’aurait pu faire Manu Chao si… La filiation existe bien, ne serait-ce que dans la tessiture vocale du chanteur, pour le reste… Cette Rumbo Submarino est nettement supérieure à Proxima Estacion : Esperanza, tant au niveau de l’inventivité des arrangements, que dans les morceaux en eux-mêmes. Il faut tout d’abord passer la barrière de la pochette, qui, sans être totalement hideuse, ne reflète en aucun cas ce que peut-être son contenu. Une fois que l’on a pénétré à l’intérieur de l’univers de ces huit Barcelonais, on ne peut qu’être séduit. Produisant un rock latino teinté d’une pincée d’electro, que renforce des scratchs habilement parsemés ici ou là, Rumbo Submarino vous emmène dans les ruelles du Barrio Chino à l’heure des tapas, quand le soleil commence à descendre doucement sur la ville et que la nuit promet d’être chaude… Macaco, c’est comme si la Mano avait croisé Kid Loco… Un bien beau mélange, un combo on ne peut plus prometteur que nous vous invitons à découvrir (avant que d’autres ne le fassent à votre place). DS-D
4
À ranger entre La Mano Negra et Les Negresses Vertes

Mano Negra Illegal
(Big Mama Records / Tripsichord) – 20 titres, 72m38s – compilé par la Big Mama Crew – Disponible - http://perso.club-internet.fr/cmecanik/mano.html
Tribute . Au programme de ce premier tribute (mais pourquoi personne n’y avait pensé avant ?!) à la Mano, une pléthore d’artistes, dont quelques membres de l’équipe Tripsi (le Maximum Kouette et sa reprise sensuelle de “Out Of Time Man”, Les Fils de Teuhpu et “Patchuko Hop”, Les Caméléons…), ainsi que les madrilènes Ska-P, Flor Del Fango et même Yuri Buenaventura qui offre un “Mala Vida” tout en nuance, bien plus subtil que le désormais classique “Ne Me Quitte Pas”. On pouvait craindre de voir les tubes des mains noirs dénaturés. Il n’en est rien. Intéressante et agréable, une belle compil’ de Big mama Records toujours à un prix défiant toute concurrence. CD’O
4
À ranger dans votre collection de la Mano

Natalie Merchant
Motherland
(Esat West/Warner) - 12 titres, 58m16s - Produit par T Bone Burnett et Natalie Merchant – Disponible - www.nataliemerchantcom
Folk Rock Alternatif . Depuis son groupe original, 10 000 Maniacs, Natalie Merchant a montré qu’elle avait su se distancier de l’étiquette folk-rock accolée à elle. Ce nouvel album solo, s’il continue à se situer dans la même veine que ses productions précédentes (vocaux plaintifs, “lyrics” à la conscience sociale appuyée) la voit explorer des horizons musicaux plus inédits. “This House Is On Fire” la voit par exemple emprunter des tonalités arabisantes alors que “Put The Law On You” flirte avec le jazz et que “Buid A Levee” va, lui, plutôt puiser du côté du R&B. La production, elle, est soyeuse et immaculée, dégageant une chaleur parfois même envoûtante. Motherland est donc un album captivant tout au long de ses douze plages, le témoignage que le rock peut se montrer à la fois intelligent en maintenant sa cohésion expressive, et charnel par l’aventurisme émotionnel dont il fait preuve. CF
4
À ranger entre Tracy Chapman et Fiona Apple

Mink De Ville
Cadillac Walk
(EMI) – 22 titres, 70m 52s – Produit par Ben Edmonds – Disponible - http://willydeville.cjb.net/
Rock. Même s'il est un produit de la scène punk new yorkaise, Willie de Ville puisait avant tout son inspiration dans la soul, le rhythm and blues et la musique cajun. C'est donc à tort qu'il a été associé aux Ramones, Television ou autres Blondie. Cette compilation reprend le meilleur de ses premiers albums : Cabretta, Return To Magenta et Le Chat Bleu. On y retrouve donc ce mélange de punk rock à la Lou Reed ("Cadillac Walk"), de titres où pointent les influences soul ("Mixed Up Shook Up Girl", "Little Girl") ou les refrains romantiques du Chat Bleu. Reste que Willie de Ville n'était pas qu'un compilateur, il suffit d'écouter des titres aussi personnels que "Venus Of Avenue D" ou "Gunslinger" pour s'en persuader. Un must absolu ! CF
5
À ranger entre Graham Parker et Rockpile

Money Mark
Change Is Coming
(Emperor Norton / Pop Lane) – 12 titres, 38m56s – Produit par M. Caldato & Craig Silvey –Disponible - www.moneymark.com
Instru funky soul . Grand retour de Money Mark, le quatrième larron des Beastie Boys ! Comme il fallait s’en douter, Change Is Coming est à mille lieux des formatages convenus du music bizness. Au programme des festivités, Mark Ramos-Nishita (et ses invités, dont Sean Lennon) vous propose son orgue aux réminiscences funky, ses lignes de basses old school, agrémentés s’il vous plaît d’un sens pointu du travail instrumental des cordes et des cuivres sans prise de tête. À ne pas confondre avec une production fourre-tout, ce nouvel opus offre des plages qui ont une réelle potentialité, jonglant entre saveurs américaines et latines, qui donne un sens tangible à l’ensemble de la galette. CD’O
3.5
À ranger entre Mark's Keyboard Repair et Push The Button

Noisy Fate
Avoir L’air
(Timer Records/M10) - 13 Titres, 59m35s - Produit par Stephan Kraemer & Noisy Fate – Disponible - www.noisy-fate.com
Heavy Sound. Nous voulions des guitares… Nous sommes servis ! Sur fond d’atmosphères plombées, les Français évoquent les dissonances d’un répertoire généreux en watts. Ça frappe sec, on s’arrache les tripes dans ce set où le combo met le paquet afin de vous en donner pour votre argent. Un bon esprit que nous saluerons donc par ces maigres lignes toutefois ébranlées par l’inégalité du disque. Autant certains titres nous font taper du pied que d’autres nous le clouent au plancher, car Noisy Fate a une certaine tendance à mettre trop en avant une voix, qui devrait de temps en temps laisser plus s’exprimer le reste des musiciens. À part ce détail (qui pèse néanmoins dans la balance), rien en semble entraver l’énergie de Noisy Fate. LE
2,5
À ranger entre Mass Hysteria et Dolly

Jim O’ Rourke
Insignificance
(Domino/Labels) - 7 titres, 38m 27s – Prduit par Jim O'Rourke –Disponible - http://tisue.net/orourke/
Rock alternatif. Après un Eureka situé aux confins de l'expérimental et de l'easy-listening, Jim O’Rourke revient avec un album qui n'a pourtant rien d'insignifiant. Insignificance se veut pourtant néanmoins fragmenté puisqu'oscillant entre refrains rock ("All Downhill From Here", "Therefore I Am") et atmosphères plus minimalistes. O'Rourke n'a jamais cherché cohésion ni même cohérence dans sa démarche éclectique, on peut donc bien lui accorder le droit de se montrer elliptique sur cet album fort court. Il est vrai que le bonhomme estime que le degré d'attention d'un fan de musique lambda ne doit pas excéder la durée d'un LP. O'Rourke parvient tout au long de ces 7 plages à y agrémenter son indéniable savoir-faire. CF
3,5
À ranger entre Smog et The Dylan Group

Ocean colour scene
Songs for the front row - the best of Ocean colour scene
(Island/Universal) - 17 titres, 66m50s - Produit par divers
Disponible - www.oceancolourscene.com
Pop. Mélodies rondes, guitares dynamiques mais caressantes, Ocean Colour Scene s’illustre depuis une dizaine d’années dans la pure tradition de la britpop. L’influence des Beatles, des Who & Co. saute aux oreilles et ce n’est, somme toute, pas désagréable ! Enrichi d’un inédit et d’un titre live, ce best of est l’occasion rêvée de (re)découvrir le savoir-faire des quatre Anglais. Dix-sept compositions au style classique et efficace, qui naviguent entre la douceur de Travis, la tonicité de Supergrass et la hargne d’Oasis. À une époque, Noel Gallagher proclamait d’ailleurs à qui voulait bien l’entendre qu1OSC était le meilleur groupe du monde. Sans aller jusque là, on ne peut que conseiller la dégustation de ces morceaux choisis.. CV
4,5
À ranger entre Oasis et les Who

Les Ogres de Barback
Croc’ Noces
(Les Ogres/Irfan) - 17 titres, 55m 14s – Produit par Les Ogres de Barback – Disponible
Chanson. Non contents de sortir un album sous le nom Un Air, Deux Familles (en collaboration avec Les Hurlements d’Léo), témoignage d’une tournée mémorable effectué sous le chapiteau Latchô Drom (chronique dans le Compact #18). Les quatre frères et sœurs qui composent Les Ogres de Barback nous présentent leur quatrième opus intitulé Croc’Noces. Violon et violoncelle, guitare et contrebasse, piano et flûte composent le line-up de ce combo atypique. Des chansons simples mais efficaces, aux arrangements discrets. Des textes qui, sans en rajouter, assènent quelques vérités qu’il est toujours bon de rappeler à nos oreilles si maltraitées, ces jours-ci, par des Star Academy et autre Pop Stars. Un vent de fraîcheur. D S-D
3,5
À ranger entre Les têtes Raides et La Tordue

Ozomalti
Embrace the chaos…
(Almo Sounds/Interscope Records/Polydor) - 11 titres, 45m 06s – Produit par Mario Caldato Jr – Disponible
Fusion latino. Ozomalti est un combo pour le moins hétéroclite, regroupant Japonais, Latinos, Afro-Américain et… Philippins. Fusion entre un style s’apparentant aux big bands latinos, mâtiné d’un rock pour le moins énergique tout en lorgnant du côté du rap vers lequel il n’hésite pas à faire quelques détours, Embrace the chaos… est leur troisième opus. Résolument engagé et contestataire, le groupe ne lésine pas à se produire dans les facultés et les meetings politiques, le groupe essuya même des tirs de balles en caoutchouc de la part d’une police passablement énervée par leurs propos, lors de la convention démocrate qui se tenait dans leur ville : Los Angeles. Chanté en grande partie en espagnol, surprenant et éclectique, Embrace the chaos… est sans conteste un album des plus réussis. D S-D
4
À ranger entre Rap et Big Band

Papa M
Whatever, mortal
(Domino/Labels) - 13 titres, 52m49s - Produit par David Pajo et Will Oldham – Disponible - www.papa-m.com
Pop introspective. Ex-membre de Slint puis de Tortoise, guitariste occasionnel pour Stereolab, David Pajo a amorcé sa carrière solo sous divers pseudos, notamment Aerial M. Cet album est le troisième sous le nom de Papa M. Il n’a pas grand-chose à voir avec les références précitées, puisqu’il se place sous le signe d’une pop-folk mélancolique, intimiste, au rythme des guitares sèches ou électriques, du banjo, de l’harmonica et du piano. Les premiers titres séduisent d’emblée, l’enthousiasme s’émousse à mi-parcours pour ressurgir en fin de course. Motif : l’accumulation abusive de ballades languissantes, dont la qualité des mélodies et des arrangements nous sauvent in extremis de la léthargie. Une œuvre en tout cas très personnelle, donc attachante. CV
3,5
À ranger entre Will Oldham et Belle & Sebastian

Paris Combo
Attraction
(Polydor/Universal) – 13 titres, 50m56s – Produit par Paris Combo – Disponible - www.pariscombo.com
Chanson swing . Quintet cosmopolite aux multiples horizons, Paris Combo est la preuve par neuf (plutôt par trois en l’occurrence) que la bonne chanson française, à savoir celle qui porte toute son attention aussi bien aux textes qu’à la musique, peut avoir du succès. Si parfois l’accès au grand public est synonyme de baisse de qualité, Paris Combo est bien une exception à la règle. Avec Attraction, ils signent ici déjà leur troisième album, un disque toujours fin où Belle du Berry dilue ses textes simplement poétiques, souvent drôles, toujours illuminés par l’esprit joyeux de la belle époque des années 40/50. Derrière, ça swing à la perfection, la contrebasse, la batterie, la guitare, l’accordéon et la trompette faisant la java pour le plus grand bonheur de ceux qui aiment les plaisirs simples. CD’O
4
À ranger entre Enzo Enzo et Edgar de l’Est

Pleasant Grove
Auscultation Of The Heart
(Glitterhouse/PIAS) –10 titres, 44m03s –Produit par Matt Pence – Disponible - www.pleasantgrovemusic.com
Country-rock déglingué . Bon sang, combien de formations talentueuses –mais inconnues pour la plupart- exercent-elles dans ce genre musical beaucoup moins aisé qu’on pourrait le penser de prime abord ? Chaque semestre semble apporter de nouveaux petits génies ayant grandi à l’ombre des villes fantômes et des saloons désertés depuis tellement longtemps… Ce disque est un festival de slide guitar neurasthénique et les cinq membres qui composent Pleasant Grove ont sûrement forcé sur la consommation de bières tièdes et de tequila sunrise, à la tombée du jour et aux abords du désert, sur fond de Calexico et autres Pernice Brothers ! Toujours est-il qu’en écoutant ce disque, que vous sentirez une agréable langueur vous engourdir et vous vous moquerez soudain comme d’une guigne de tous vos petits ennuis… TS
3
À ranger entre Dirty Three et Giant Sand

The Popes
Across The Broad Atlantic
(Eagle/Edel) - 20 Titres, 74m47s - Produit par divers - Disponible - www.eagle-rock.com
chope & rock ; Le revoilà notre bon vieux Shane MacGowan.. Épisodiquement il sort la tête du houblon, entrechoque deux bocks et trois couplets, puis s’en retourne dans la nature… Pour réapparaître à l’occasion de la St Patrick. Une autre fête de la bière où le bougre s’époumone, éructe un langage asséché de toute consonne qu’une foule ivre de folklore reprend en bon matelot. Voguant ainsi sur une vingtaine de titres, on revoit The Pogues (“Dirty Old Town)”, on se dit que rien n’a vraiment changé malgré ce live enregistré à Dublin et New-York. Ni même le répertoire, d’ailleurs est-ce que Shane arrive lui-même peut en discerner les variations ? Bah, après tout, on s’en fout, c’est tout de même mieux que les compil irlandaises à dix balles. LE
3,5
À caler entre deux pintes

Queensrÿche
Live Evolution
(Metal-Is/Sanctuary/BMG) – 2 CDs, 30 titres, 135m25s - Produit par Queensryche – Disponible - www.queensryche.com
Metal Prog. Les récentes productions du mythique Queensrÿche ont surtout exploité les archives de ce groupe-culte qui commit quelques bourdes, mais publia des masterpieces inoubliables : après la réédition de luxe de Operation:Mindcrime et un Greatest Hits généreux, voici le double live monumental, histoire de clore le bilan avant de repartir de plus belle (nouvel album l'an prochain…). Habilement agencé en quatre suites qui combinent chronologiquement les morceaux phares de leurs quatre périodes historiques, ce live est évidemment une splendeur : le son est époustouflant, le talent éclate de partout, et l'on n'en finit plus d'admirer le génie inventif -pas toujours égal, il est vrai, mais en général fondamental- de ces géniteurs incontestés du prog metal. Du grandiose à grandes doses. HP
4,5
À ranger entre Iron Maiden et Rush

Radio Birdman
The Essential
(Sub Pop/Night & Day) - 22 titres, 70m30s - Produit par divers – Disponible - www.subpop.com
Rock sévèrement burné. Il y a d’un côté les lance-pierres et de l’autre les Tomahawk téléguidés depuis la salle de bains ! Il y a d’un côté les pistolets à eau et de l’autre les M16 automatiques présentés par des pin-ups en bikinis de camouflage ! Il y a d’un côté la Smart de Dick Rivers et de l’autre les bolides de Formule 1 customisés et leurs belles pubs pour des marques de sucettes à cancer ! Et puis, il y a d’un côté le rock passe-partout, celui qu’on entend sur toutes les ondes du monde, et qu’on aperçoit vaguement entre deux daubes R&B sur les chaînes de TV soi-disant musicales. Et de l’autre, des comètes indomptables comme la bande à Rob Younger (il s’agit ici d’une compilation retraçant leur saignante épopée, de 74 à 78), plus sauvages que l’étaient les Stooges, plus violents que la quasi-majorité de la scène Australienne de l’époque, dont ils demeurent bien malgré eux la figure de proue. CG
5
À ranger entre Stooges et Scientists

Saul Raki
Boxcar and I
(Les Chantiers Sonores/Fairplay) - 15 titres, 51m43s - Produit par Les Chantiers Sonores - Disponible
Jazz des hautes plaines. Si Ennio Morricone avait signé une bande originale pour un western de Sergio Leone transposé à la Nouvelle-Orleans, le résultat n’aurait peut-être pas été très éloigné de Boxcar And I. Après avoir exploré les musiques tziganes et balkaniques au sein de l’Attirail, qu’ils fondèrent en 1995, Jean-Stéphane Brosse, Xavier Demerliac et Philippe Sirop empruntent en effet ici les chemins poussiéreux de l’Ouest américain. Harmonium, banjo, guitares, nous plongent dans une ambiance de saloons désœuvrés ou de chevauchées épiques, tandis que clarinettes, orgues et percussions nous rappellent qu’il s’agit d’abord d’un album de jazz et de blues. Non seulement c’est original, mais en prime, c’est vraiment bien. CV
4
À ranger entre Ennio Morricone et Sidney Bechet

Jonathan Richman
Her Mistery Not Of High Heels And Eye Shadow
(Vapor/WEA) – 14 titres, 32m 20s – Produit par Niko Bolas et Jonathan Richman – Disponible - http://www.vaporrecords.com/
College Rock. Depuis le succès de Mary À Tout Prix, Jonathan Richman est devenu un peu plus qu'une figure "culte". Il reste pourtant irréductible dans son approche minimaliste et faussement naïve. Ce nouvel album le voit donc reprendre les mêmes refrains où perce ce mélange d'ingénuité décontractée et de second degré légèrement ironique. La méthode reste donc indéniablement pop puisque ultra simpliste. Mais cette candeur réserve néanmoins assez de cryptisme (ne serait-ce qu'au niveau du titre du disque) pour laisser l'auditeur osciller entre une interprétation acerbe de ce que Richman nous délivre ainsi et une adhésion à ces ritournelles qui fleurent bon une désinvolte inconséquence. CF
3,5
À ranger entre The Go-Go's et They Might Be Giants

Rothko
In The Pulse Of An Artery
(Bella Union/Naïve) - 7titres, 26m28s - Produit par Simon Raymonde – Disponible - www.bellaunion.com
Electronica. Ce groupe présente une configuration bien spéciale : un son basé sur l’utilisation de trois basses. Sur ce nouvel album, pourtant, il essaie de s’échapper de ce format en y intégrant samples, guitares et des textures beaucoup plus dynamiques. Plutôt que de s’égarer dans des chemins de traverse, Rothko vise ainsi à créer de véritables schémas harmoniques intégrés à ce qui reste avant tout une musique d’atmosphère. On découvre alors riffs plutôt saignants (“Pulse Of An Artery”) et une utilisation du feed back qui est tout sauf “planante”. Le brièveté du disque se révèle par conséquent un atout : elle évite de virer dans un contemplatif plus ou moins redondant et désorientant. Bref une musique expérimentale particulièrement bien balisée. CF
3,5
À ranger entre Brian Eno et Tortoise

Roudoudou
Just A Place In The Sun
(Delabel/e-zic) - 14 Titres, 57m07s - Produit par Roudoudou & Mako - Disponible - www.roudoudou.fr
Electro relax. Par la faute de Chumbawamba, nous étions restés sur le triste constat de ne pas avoir ondulé de plaisir au son du mix prodigué par Roudoudou, lors des dernières festivités d’Evreux. Il aura fallu attendre quelques mois, un rabibochage de label, puis une heure festive pour remettre les compteurs à zéro. Cela aurait été dommage de passer outre cet album car le monde de Roudoudou, il nous tourneboule de bruitages amusants, d’ambiances exotiques, de petits mots nous emmenant du côté de Gopher, voire proche de Le Tone et son joli dragon. Un tel second degré ne peut qu’être salué, voire encouragé puisque, ne nous servant pas la soupe habituelle, Vijay Rood se casse les méninges à orchestrer instruments et vocaux. Kitch et marrant à la fois. LE
3
À ranger Grand Popo Football Club et Les Jardiniers

Rue De La Muette
Après La Fête
(Le Loup Du faubourg/Mélodie) – 12 titres, 48m37s – Produit par Jean-Paul Trombert – Disponible - www.leloupdufaubourg.com
Chanson aux arômes Yiddishs . L’histoire de Rue De La Muette ressemble à celle de beaucoup d’autres formations françaises animées par la passion de la musique et le goût des mots : une rencontre inattendue, quelques bars, un public conquis, puis le pas vers le studio. C’est ainsi, brièvement résumée, que s’est déroulé la genèse d’Après La Fête, premier album du chanteur à la voix grave qui rappelle celle d’un Arthur H, Patrick Ochs, et de ses cinq musiciens. Parmi eux, Vincent Lacou qui, à l’aide de sa flûte, offre de nombreux accents yiddishs exotiques, lorsqu’il n’utilise pas son didjeridoo (“Rue De La Muette”) pour perdre l’auditeur dans les méandres des influences. Les textes parlent de bals animés, de personnages esseulés et dépeignent des tableaux provinciaux. Un bon premier album à écouter pour s’évader. CD’O
3.5
À Ranger entre Arthur H et Rageous Gratons

Sense Field
Tonight And Forever
(Nettwerk/EMI) - 12 titres, 47m03s - Produit par Chris Evenson, Meredith Chinn, Sense Field.
Disponible - www.sensefield.com
L.A. rock. Sans arrêt reporté par cinq années de conflits entre le groupe et sa précédente maison de disques, le quatrième album de Sense Field a pu, enfin, voir le jour chez Nettwerk (également label de Coldplay). Il aurait été dommage de devoir se priver de ces douze titres électrisants, toujours animés par une forte influence émotionnelle, mais adoucis par des rythmes mid-tempo, des chœurs mélodiques et une bonne louche de reverb. Sans oublier la voix de Jon Bunch, qui n’a pas besoin de brailler pour se faire entendre. Le dosage est suffisamment habile pour ne pas tomber dans le rock FM gluant ou la bouillie post hardcore, et de nombreux morceaux, tels “Am I A Fool”, “Fun Never Ends”, dégagent une belle intensité. Ça valait le coup de patienter. CV
4
À ranger entre Stereophonics et Jimmy Eat World

Silent Force
Infatuator
( NTS / Wagram ) - 13 titres, 59m48s - Produit par Alexander Beyrodt – Disponible - www.silentforce.de
Métal Précieux. Dernière production incandescente sortie des hauts-fourneaux germains, Silent Force mérite l'attention du métallomane averti. En effet, on retrouve au générique de cette belle production germanique rien moins que ce cher DC Cooper, transfuge du danois Royal Hunt, auteur d'un remarquable album solo, et ici embarqué dans une aventure musicale plus typée et moins versatile que son parcours soliste. Voilà en effet un métal mélodique intense et enflammé qui lui convient à merveille, plus purement heavy que progmetal d'ailleurs. Les fans de Symphony X vont adorer par ailleurs les prestations ébouriffées du guitariste Alex Beyrodt, et ceux qui doutent du potentiel de ce combo nouveau n'ont qu'à écouter sa version du "All Guns Blazing" du Priest pour se convaincre de son potentiel. HP
4
À ranger entre Malmsteen et Stratovarius

Silver Jews
Bright Flight
(Domino/Labels) - 10 titres, 35m27s - Produit par Mark Nevers – Disponible - www.dominorecordco.com
Country-rock. N’y allons pas par quatre chemins : si vous n’aimez pas tout ce qui touche de près ou de loin à la country, il ne vous reste qu’à fuir en courant. Celle des Silver Jews a beau être une “country alternative” et lorgner par intermittence vers le rock, ce quatrième album n’en garde pas moins un goût de terroir américain prononcé. Au mieux, ça se rapproche des ballades les plus nashvillesques de Dire Straits, genre “How Long”. Au pire, on se sent envahi par un ennui profond, ce qui confine à l’exploit pour un CD qui dure à peine plus d’une demi-heure. Entre les deux, on trouvera quelques morceaux pas désagréables pour peu que l’on accroche à l’interprétation morne de David Berman, auteur-compositeur de la quasi-totalité des titres. CV
2
À ranger entre Papa M et Lambchop

La Space Family
A Force
(ABDC Prod/Mosaïc) – 12 titres, 51m10s – produit par Space Family – Disponible - www.abdcprod.com
Chanson groovy . On avait laissé les onze lascars de la Space Family avec un premier album qui, à l’instar d’un Sinclair popisant la funk, avait donné un bon coup de pied dans la chanson à part musicale essentielle. Aujourd’hui avec leur second album, les p’tits gars nous réinjectent une bonne dose de groove à tendance contagieuse. Avec sa basse funky, ses rythmiques chaleureuses, sa guitare rock, Alex Bianchi pose ses textes, donnant à l’affaire un tournant résolument chanson française. On ne voudrait pas se plaindre, mais il y a un côté Johnny dans la voix qui nous retient d’adhérer totalement à cet opus pourtant réussi. Reste toutefois une pêche bien présente, et des compos qui séduisent de suite. Histoire de goût, à vous de voir ! CD’O
3,5
À ranger entre Daran et Sinclair

Chris Spedding
Café Days Revisited
(Music Avenue/M10) - 17 titres, 57m50s - Produit par Steve Berlin - Disponible - www.chrisspedding.com
Guitar Jamboree. Cette nouvelle version de l’album Café Days, paru en 90, présente quelques bonus gratinés : un morceau extrait d’un hommage à Edith Piaf (le “Black Denim Trousers & Motorcycle Boots” de la paire Leiber/Stoller), une reprise du “Hey Little Boy”, d’Otis Blackwell, en duo avec Chrissie Hynde, ou encore le très bon “Put It On Hold” en compagnie de Southside Johnny. Celui qui fut jadis l’une des plus fines gâchettes d’Angleterre (la légende dit qu’il assura “officieusement” toutes les guitares de l’album des Pistols), qui osa refuser d’intégrer les Stones, qui forma Sharks avec Andy Fraser (ex-Free) et qui joua entre autres pour Bryan Ferry, Elton John, Paul McCartney, les Moody Blues, Donovan, John Cale, Brian Eno ou encore Roger Daltrey, vient de finir une longue tournée en compagnie de Roxy Music et parcourt les routes, qu’il ne quitte jamais, en compagnie de son propre groupe (Paris, Strasbourg et Marseille en ce début décembre). À quand un véritable nouvel album ?… CG
4,5
À ranger tout près du Café Days originel

Sportès
Sportès
(TMT) – 6 titres, 22m 35s – Produit par Benamin Sportès – Disponible - modernthings@hotmail.com
Chanson française. Voici un mini-album six titres qui vise à réconcilier sans doute les tenants de la chanson française traditionnelle et ceux d'une approche plus contemporaine. Le choix n'est pas évident : la couleur musicale (acoustique et swing) et l'importance donnée aux textes semble privilégier ceux qui se reconnaissent dans le néo-réalisme à la Prévert alors que les inflexions world ou arabisantes ainsi que la poésie fortement ancrée dans notre quotidien visent à satisfaire ceux qui souhaitent s'affranchir du passé. L'amalgame fonctionne pourtant fort bien tout au long de ces six morceaux pour le moins inspirés. Reste à franchir l'écueil que constituera la réalisation d'un album en phase d'enregistrement. CF
3,5
À ranger entre Léo Ferré et Django Reinhardt

Stereo Rue
Classic
(Fuck Tha Major/Chinese Chocolate Box) - 33 titres, 73m45s - Produit par Stereo Rue – Disponible - www.stereorue.com
Rap. Après s ”être impliqués dans la création du magazine Radikal, avoir formé le groupe Le Scénario qui donna le jour à deux albums, Fred, Kolt et Mister Shogunn viennent d’accoucher d’un album sobrement intitulé Classic. Mélangeant allègrement les différentes influences de la culture hip hop, sans oublier qu’elle vient d’outre atlantique, et n’a pas été créée dans une quelconque banlieue européenne, les Stereo Rue ont apparemment décidé de contourner majors et labels de moindre importance pour auto-produire leur album à l’aide de leur home-studio intitulé Chines Chocolate Box. En guerre ouverte contre l’industrie du formatage discographique (leur leitmotiv Fuck Tha Major, est non seulement l’un des titres de l’album, mais aussi le nom de leur label), Stereo Rue signe un opus innovant et pêchu. DS-D
3,5
À ranger entre Carré Rouge et Triptik

Al Stewart
Year Of The Cat
(EMI) – 12 titres, 56m06s – Produit par Alan Parsons – Disponible - http://www.alstewart.com/
Folk-Rock. Ce chanteur écossais eut son heure de gloire à la fin des années 70 et la réédition remastérisée de cet album, un de ses meilleurs, est plus que bienvenue. On y trouve en effet délicatesse impressionnante, production luxuriante et sophistication extrême des arrangements. Les mélodies sont élégantes, raffinées même, sans pourtant tomber dans un lyrisme trop facile. Plus vraiment folk mais pas totalement rock, Year Of The Cat est aux lisières d'une sorte de folk progressif que certains épigones modernes du retour à l'acoustisme feraient bien de réécouter. Autre souhait : la réédition de Past, Present & Future, sans doute son chef d'œuvre, sans aucun doute un chef d'œuvre ! CF
4,5
À ranger entre Chris De Burgh et Gerry Rafferty

Testament
First Strike Still Deadly
(Spitfire / Edel / Sony Music) - 11 titres, 48m49s - Produit par Testament - Disponible – www.testamentlegions.com
Thrash Metal. Si le thrash metal a connu ses heures de gloire dans les années 80, c'est en grande partie grâce à des groupes comme Testament. Aujourd'hui, devant les hordes néo metal, les glorieux anciens ont bien du mal à tenir et à se faire respecter. C'est sans doute pour cela que Testament a décidé de ré-enregistrer les morceaux essentiels de ses trois premiers albums, avec le son et la patate d'aujourd'hui. Sans doute histoire de remettre les pendules à l'heure et de montrer de quel bois il est fait. En rappelant d'anciens comparses comme le guitariste Skolnick, Chuck Billy a retrouvé sa force de frappe. Résultat, cet album bombarde de bout en bout. Un brin nostalgique peut-être mais sacrément efficace. Une fois de plus, the songs remains the same... HD
3
À ranger entre Anthrax et S.O.D.

Mike Tramp
Remembering White Lion
(Dream Catcher / Next Music) - 12 titres, 64m49s - Produit par Mike Tramp - Disponible - www.miketramp.com
Heavy poli. Mike Tramp, le chanteur Danois qui fait du rock U.S., a connu autant de succès avec son ancien groupe White Lion, que de déboires lors de sa carrière solo. Alors pour viser juste, il choisit aujourd'hui la solution intermédiaire et revisite en tant qu'artiste solo, les meilleurs titres de White Lion. Et le résultat est de toute beauté. La voix reste la même, légèrement éraillée, mais les arrangements prennent une couleur seventies magnifique, sonorités d'orgue Hammond à l'appui. Et l’on se régale à entendre "When The Children Cry", "Lonely Nights", "Wait" ou "Fight To Survive" dans ces versions modifiées qui ont la force de l'authenticité. Mike Tramp est parvenu à revitaliser copieusement son passé glorieux, sans doute pour mieux conquérir l'avenir. Succès d'estime garanti. Bien joué ! HD
4
À ranger entre White Lion et Deep Purple

Mike Tramp
Recovering The Wasted Years
(NTS) –12 titres, 50 m 49 s –Produit par l’artiste –Sortie le 22 Janvier 2002 - www.miketramp.com
Blues rock à l’ancienne . Notre Mikounet préféré (après Mr Peters, bien entendu) est de retour, un nouvel album moulé à la louche sous le bras (pas trop près des aisselles, tout de même) et toujours cette sincérité et cette authenticité désarmantes qui le poussent à nous proposer exactement le même genre de rock simple mais profond que sur Capricorn, des fois que nous n’ayons pas compris du premier coup que White Lion était mort et enterré et qu’il n’avait nulle envie de persister dans une voie qui n’était définitivement plus la sienne… Les disques qui sortent depuis sous son propre nom vous toucheront bien plus, à la condition express toutefois que vous écoutiez VRAIMENT les CDs que vous vous empressez d’acheter, au lieu de les collectionner sans réelle motivation et que vous ne soyez pas une bête à concours technologique ; là, vous vous régalerez de “Falling Down” et de “Darkness”… TS
3,5
À ranger entre Paul Rodgers et Graham Parsons

Joe Lynn Turner
Slam
(MTM / M10) - 12 titres, 53m 55s - Produit par Joe Lynn Turner et Bob Held – Disponible - www.joelynnturner.com
Purple Rock. Bon, Joe Lynn Turner, quoiqu'en dise les langues de vipère, n'est pas le Gillan du pauvre. Il tint plus que brillamment le poste de ténor qu'il occupa successivement pour Rainbow, Yngwie Malmsteen ou Speed Turtle lui-même. Pas de reproches à lui faire de ce côté-là. Il mène à présent une carrière solo un peu trop prolifique et l'on se demande si ses fans actuels sont suffisamment nombreux et affamés pour ingérer la copieuse fournée d'albums qu'il a publiés ces dernières années. En voici un de plus, et un fort bon, ma foi, joliment positionné entre Deep Purple et Bad Company, chanté avec flamme et conviction, et magistralement enluminé par la guitare babillarde du nippon Akira Kajiyama Katoukassé. Rainbow n'a pas toujours fait aussi bien... HP
3,5
À ranger entre Deep Purple et Bad Company

Vue
Find Your Home
(Sub Pop/Night & Day) - 10 titres, 31m53s - Produit par Vue et Leslie Grant – Disponible - www.spv.de
Ovni rock. Court sur pattes, ce disque pourrait être le petit frère dévergondé et caché des Stones estampillés seventies (Keith Richards, sors du placard, on t’a reconnu !). Rythmiques tribales, orgue débouche-trou et guitares bûcheronnes contiennent comme elles le peuvent un chant toujours en rupture (de cassure). Et quand les guitares (deux… douzaines, au moins !) rentrent en jeu, c’est carrément feu d’artifices à tous les étages ! Et si, de temps à autre, les tempos se font sensiblement plus calmes, de forts relents garage psyché du plus bel effet se font jour, apportant à cet album de nouvelles colorations qui, si elles ne sont pas aussi fortes en chocolat que les virevoltantes envolées dont nous faisions l’écho quelques lignes ci-avant, n’en demeurent pas moins fort sympatoches, et permettent surtout, à la marmite qui nous tient lieu de cervelet d’arrêter de bouillir quelques instants… CG
3,5
À ranger entre Fool Killers et Smack

Chuck E. Weiss
Old souls & wolf tickets
(Rykodisc/Slow River/Naïve) - 14 titres, 52m49s - Produit par Chuck E. Weiss - Sortie le 22 janvier - www.rykodisc.com
Blues. Il avait attendu dix-huit ans pour sortir son deuxième album, il ne lui en aura fallu que deux pour réaliser le troisième. Légende vivante de la scène blues/rock, batteur de vocation, Chuck E. Weiss a accompagné les plus grandes pointures, de Willie Dixon à Muddy Waters. Ses meilleurs amis s’appellent Rickie Lee Jones, Tom Waits et Johnny Depp (ces deux derniers ayant d’ailleurs co-produit son précédent LP). Avec Old Souls & Wolf Tickets, il poursuit brillamment sa route à travers les racines de la musique américaine. Rocks décapants, blues veloutés, jazz New-Orleans, cet album, brut et revigorant comme une jam-session dans un bar enfumé, renferme aussi un trésor sorti des archives du grand Chuck : un duo avec son acolyte Dixon enregistré en 1970 ! CV
4,5
À ranger entre Tom Waits et Willie Dixon

Louis Winsberg
Jaleo
(Universal Music Jazz) - 11 titres, 56m48s - Produit par Nemo – Disponible - www.louis.winsberg.com
Fusion fondante. Louis Winsberg est un des acteurs éminents de la scène fusion jazz dont un des cœurs est à Paris. Il a à son actif plus d'une expérience passionnante, s'aventurant tour à tour vers les musiques corses, maghrébines, africaines, réunionnaises ou caraïbes. Et il réalise cette fois un magistral tour de passe-passe musical en mariant le flamenco, la musique indienne et le jazz. Cocktail enivrant, gorgé de soleil et de générosité, qui enchante tant par la diversité des coloris sonores, la chatoyance de mélodies réellement magiques, et la pure intelligence de cette synthèse malicieuse. C'est comme si on pouvait se régaler dans le même disque des acrobaties d'un Shakti et des orgueilleuses pavanes d'un Paco de Lucia. Tout un voyage dans un album vraiment hors du commun, dans un univers hybride et fascinant. Une merveille. HP
4,5
À ranger entre Paco De Lucia et John Mac Laughlin

Les yeux noirs
Balamouk
(EMI/Odeon Records) - 13 Titres, 46m47s - Produit par Baux & Mader – Disponible - www.emi.fr/lesyeuxnoirs
Folklore. Balamouk ou la maison des fous en Roumain. Tout un programme auquel il ne faut prêter la moindre aliénation car en guise de folie ce combo capitonne nos murs de clichés macédoniens, un héritage slave que les musiciens capturent au gré d’une musique à la fois traditionnelle et contemporaine. Cuivre, guitares électriques, violons fanfaronnent des airs yiddish, tandis que Boris Bergman y revisite “La tendresse” de Bourvil rebaptisée alors “Liebkeit”… Un mélange aigre-doux, atypique, mélancolique, destiné à une carrière sans frontière, à un public amateur de curiosité ethnique et rythmique. Espérons que ce quatrième album leur offre une nouvelle opportunité de concourir aux Victoires de la Musique, ce qui rendrait enfin intéressant "l’événement". LE
2,5
À ranger entre Namas Pamos et Padam

Zeke
Death Alley
(Aces And Eights/Sub Pop) –16 titres, 28m40s –Produit par Bill Stevenson –Disponible - www.zekeyou.com
Country grind . Maman, les fous furieux sont lâchés ! Rien qu’en jetant un coup d’œil aux photos du livret intérieur, vous comprendrez avoir affaire à d’authentiques barges qui mettent un point d’honneur à torcher la plupart de leurs compositions en à peine plus d’une minute, tous les potentiomètres dans le rouge et dont le dernier câlin prodigué à leur jolie maman a rapidement tourné au bain de sang… Ceci écrit, leur rock reste tout à fait écoutable, même si l’on peut difficilement conseiller ce disque comme cadeau de Noël et la rapidité d’exécution cache à grand peine un certain talent qui ne demanderait qu’à s’affirmer sous la forme de jolies chansons d’amour, pleines de fleurs, de papillons, de libellules et de pantoufles, en attendant mieux… TS
2
À ranger entre Guitar Wolf et The Orson Family

Rob Zombie
The Sinister Urge
(Geffen/Universal) - 11 titres, 39m40s - Produit par Scott Humphrey & Rob Zombie – Disponible - www.robzombie.com
Métal Gorrifique ; Là où tous les Marylin Manson de la planète ont besoin de consultants en image, de spécialistes en marketing, de maqulleuses ; et aussi qu’on leur tienne la main lors de la cruelle scène où Bambi perd sa maman, Rob Zombie, lui, est aussi connaisseur qu’adepte de l’imagerie gore et horrifique qui inonde voluptueusement chacun de ses albums. Le livret de ce nouvel opus est ainsi à la démesure du bonhomme et, pour parler simplement de musique, l’on regrettera par ailleurs qu’il pense désormais un peu trop aux ambiances qu’il veut développer par rapport aux chansons elles-mêmes. Il est loin le temps de White Zombie, un temps où Rob ne se contentait pas de sampler des bouts de films et de scander des hymnes “à la” Alice Cooper, sur fond de métal faussement décalibré. Cela n’enlève rien aux qualités de ce Sinister Urge, mais cela ne les met pas spécialement en avant. Un disque finalement rop prévisible pour être totalement honnête…
3
À ranger entre White Zombie et Ozzy Osbourne