COMPACT #16 - octobre 2001 - A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z -

22 Pistepirkko
Rally Of Love
(Clearspot/Tripsichord) - 11 titres, 45m43s - Produit par Per Sundling – Disponible - www.clearspot.de
Pop alien. Ces extraterrestres finlandais, qui jouent ensemble depuis la fin des années 70, mais se sont appropriés leur petite part de l’univers sonore ambiant à partir de The Kings Of Hong-Kong en 87, ont longtemps eu une bonne longueur d’avance sur toute la scène trip hop et pop traficotée à venir. Mélangeant programmation et instruments, tout en gardant en ligne de mire une certaine synthèse pop assez proche de la perfection (et cette voix !), ils ont longtemps nourri leur statut de formation culte aux sonorités si exotiques et pourtant si proches des calibres FM par bien des aspects. Aujourd’hui, malheureusement, en s’associant à quelques presse-boutons notoires (Alex Gopher, Jori Hulkkonnen), ils perdent un peu de leur magie d’antan sans toutefois trop égratigner leur superbe aura… CG
3,5 - À ranger entre Eleven et Bare Bone Nest

311
From Chaos
(Zomba/Virgin), 12 Titres, 40m05s – Produit par Ron Saint Germain – Disponible - www.311music.com
Fusion US. Après dix ans de carrière, 311 est encore en grande forme. Rôdés à l’exercice de la fusion, ils reviennent en France après un Soundsystem inédit chez nous. Sixième album donc du groupe californien, From Chaos se veut être un retour aux sources rock de leurs débuts. Les quatorze titres mélangent riffs de guitares et rythmiques lourdes, parsemés de-ci delà par de saveurs ska et reggae rafraîchissantes. En résumé, cet opus répond en tous points aux exigences du style californien, ajoutant même deux hits potentiels, “From Chaos” et “You Wouldn’t Believe”, ce qui ne gâche rien. En conclusion, un bon album pop rock énergique et mélodique comme il faut. CD’O
3 - À ranger entre Sugar Ray et Soundgarden

5.15
Death Of A Clown
(Record Heaven Music/Musea) - 11 titres, 55m03s - Produit par Mikko Karmila – Disponible - www.rhcd.net
Rock old school. Incroyable mais vrai, écouter ce disque donne la curieuse impression de s’être engouffré dans une brèche temporelle, de se retrouver quelque part entre 71 et 76. D’emblée, la ligne acoustique de “The Prostitute” fait ressurgir les souvenirs des meilleurs Uriah Heep, avant que le morceau ne s’emballe gentiment dans un imbroglio de sonorités rappelant notamment les Who (notamment ce “prostitute” chanté comme un “substitute”). Sans jamais tomber dans la redite facile, avec même quelques incursions plus récentes (le début de “From London With Love”), 5.15 se promène ainsi dans les seventies, reprenant à son compte quelques gimmicks admirablement millésimés, en échappant presque toujours aux travers de cette époque (solos à rallonge, etc.). Du bel ouvrage. CG
4 - À ranger entre Led Zep et Titanic

Ryan Adams
Gold
(Island/Universal) - 15 titres, 70m20s - Produit par Ethan Johns – Sortie le 25 septembre 2001 - www.ryanadamsmusic.com
Or en barre. Il a tout pour lui. Une belle gueule. Une attitude rock. Un regard qui plonge dans les diagonales. Une voix posée qui s’arrache joliment dans les montées d’adrénaline. Un jeu de guitare fin et précis (et cet harmonica, waouch !). Et surtout, ô combien surtout, un putain de talent ! Ajoutez à cela une productivité exemplaire et vous obtiendrez sans aucun doute le songwriter américain le plus doué de sa génération. Tout le monde a déjà succombé au charme de son premier album solo (suite à la fin tirebouchonnée de son groupe Whiskeytown) et ce bien-nommé Gold ne fait que conforter les espoirs que tout le monde porte en Ryan Adams. Reste à savoir si, à ce rythme et en ayant placé la barre si haut dès le début, il saura tenir la distance (il a à peine 27 ans). C’est tout le mal qu’on souhaite à nos oreilles… CG
5 - À ranger entre too much et too soon

Alien Ant Farm
ANThology
(New Noize/Polydor) - 13 titres, 65m52s - Produit par Jay Baumgardner – Disponible - www.alienantfarm.com
Metal pop moderne. La musique de jeune, par des jeunes et pour les jeunes, risque fort de ne laisser aucune trace dans l'histoire. De cette vérité incontournable, les membres d'Alien Ant Farm semblent se moquer comme d'une guigne. ANThology regorge de petits riffs crépitants, de mélopées pop, de tempos variés, le tout sur un son direct et sans artifice. Le problème c'est qu'on s'ennuie assez rapidement, les refrains se transformant petit à petit en rengaines et ce qui pouvait lors des premières mesures passer pour un agréable divertissement se transforme en prise de tête. Les bonnes intentions ne suffisent plus en ces heures de production pléthorique et Alien Ant Farm risque fort de n'être qu'un groupe à la mode parmi tant d'autres. Tant pis. HD
2 - À ranger avec Pearl Jam et The Presidents Of The USA

Richard Bona
Reverence
(Epic/Sony Music) - 12 Titres, 48m 11s - Produit par Bona – Sortie fin septembre 2001 - www.richardbona.com
World. Davantage persuadé par son talent de percussionniste, Richard Bona hausse les épaules lorsqu’il évoque l’engouement du public, à chaque fois qu’il saisit sa guitare. Pour lui, c’est un mystère… Pourtant, sa musique ne relève pas du miracle, d’ailleurs Clapton lui avait proposé de partir avec lui, en tournée. Excellent bassiste aussi, Bona écume les clubs de jazz, de New York à Paris, aux côtés de plus grands. Belle récompense pour ce musicien dont le parcours hétéroclite illustre précisément cette Reverence, sorte de voyage cosmopolite chanté en camerounais ou en anglais. Pour les néophytes, et si l’on devait comparer, la musique de Geoffrey Oryema en est assez proche, avec cette touche jazz en sus. LE
3,5 - À ranger entre Pat Metheny et Mike Stern

Booster
Loop In Release
(Blue Note/Emi) - 10 Titres, 58m 53s - Produit par Booster – Disponible - www.bluenote.tm.fr
Jazzy. Levé via le concours Blue Note/Nova, le lièvre Booster sort de sa tanière un premier album après une série de remixes vinyliques. Made in home studio, on y concasse rythmes groovy, synthétise des ingrédients funky tel Juan Rozoff, le tout nappé de samples, en veux-tu en voilà. Flûtiste, saxophoniste, guitariste sont aussi dans la boîte. Remuer bien fort… La boucle est bouclée, le Français s’en tire plutôt bien. On pense à Truffaz (au mieux de sa forme), à Magma, jusqu’à l’intervention du rapper Dynamax ou encore aux vocalises de Malia : de Prince, on passe alors au ghetto, via Sao Paulo… Oui, ça balaye large, farfouille généreusement aux rayons des aînés, mais puisque qu’on vous dit que c’est bien ficelé, alors pourquoi s’en priver. LE
2,5 - À ranger entre Julien Lourau et St Germain

Ian Brown
Music From The Spheres
(Polydor) – 10 titres, 41m 12s – Disponible - http://www.ianbrown-online.co.uk/
Indie Rock. Voilà un album qui porte bien son titre puisque l'ex-Stone Roses semble vouloir s'orienter vers une musique que l'on pourrait qualifier de "spatiale". Bien sûr, il ne s'agit pas de space-rock mais de ces tempos moyens, de ces arpèges de guitare à vocation éthérée et de ces claviers aériens venant comme souligner une notion d'apesanteur. Seuls certains riffs de basse et la voix du chanteur viennent parfois apporter une coloration plus organique à l'ensemble. Ils soufrent néanmoins, qui de conviction, qui de chaleur, pour que Music From The Spheres n'apparaisse pas comme par trop inconsistant et incapable de dégager, si ce n'est une flamboyance céleste, du moins une adhésion mesurée à cet effort somme toute bien besogneux. CF
2,5 - À ranger entre Stone Roses et Cast

Burning Spear
Spear Burning
(Pressure Sounds/Nocturne) - 16 titres, 62m26s – Produit par Winston Rodney – Disponible – www.pressure.co.uk
Reggae. Winston Rodney, alias Burning Spear est à l’instar de Lee “Scratch” Perry une figure incontournable du reggae. Découvert à la fin des années soixante par Monsieur Bob Marley en personne, Burning Spear propose dans cet opus des morceaux totalement inédits, enregistrés au milieu des années soixante-dix. Cette magnifique série de quarante-cinq tours, que l’on doit à Studio One, réunis enfin sur un album ont fait à Burning Spear, une place à part, au moyen de son style vocal et la gravité de ses propos. Accompagné de photos inédites et d’un livret très complet de seize pages, véritable vivier de documents et d’anecdotes sur la vie de ce grand monsieur, ce Spear Burning, est indispensable pour qui s’intéresse à l’histoire de cette musique, venue d’une île paradisiaque et qui a rapidement conquis la planète, au point que l’on trouve des groupes de reggae dans des contrées inattendues. DS-D
3,5 - À ranger entre Peter Tosh et Bunny Livingstone

Byrd
Flying Beyond The 9
(Lion Music/Muséa, LMC 2102 2 )- 9 titres, 46m13s - Produit par James Byrd - Sortie Mai 2001
Métal Symphonique. Le sous-titre évite toute confusion sur la marchandise : Symphonic Metal For The New Age, difficile d'être plus explicite, non ? Depuis 1983 et Fifth Angel, James Byrd est resté fidèle à la ligne musicale tracée par ses maîtres Blackmore, Malmsteen et Roth, à savoir celle d'un métal rock virtuose, éthéré et baroque, mais ses albums ne provoquèrent guère de tremblements de terre. C'est pourtant un honnête petit maître que ce Byrd, et son rock symphonique, plus allègre que pompier, plus élégant que démonstratif, a de quoi séduire les amateurs du Paganini Métal, même si en prime cet album n'est pas sans rappeler souvent les délicieuses mélodies sucre et chrome de ce bon vieux Styx. Bref, on peut se laisser séduire par cet album plus que décent . HP
2,5 - À ranger entre Styx et Symphony X

Paul Carrack
Satisfy My Soul
(Goldcircle/M10 ) - 14 titres, 62m03s - Produit par Paul Carrack – Disponible - www.carrack-uk.com
Soul satinée. Faut-il encore présenter Paul Carrack, l'ancien Squeeze, la voix magique de Mike & The Mechanics ? Certains voyaient en lui le remplaçant idéal de Collins pour Genesis. On se consolera que cela ne se soit jamais fait en dégustant ce sixième album solo de l'homme à la voix de satin. Dans un registre ici particulièrement feutré et intime, ce grand monsieur nous offre une belle brassée de ces romances veloutées dont il a le secret, portées par sa voix à la soul prenante et hypnotisante. Certains trouveront son propos un peu trop mielleux, encore moins crispé que chez les Mechanics, c'est vrai, mais c'est un réel bonheur que de se laisser flotter au gré de ces fluides mélodies. Rares sont ceux qui possèdent un si tranquille pouvoir de séduction. HP
3,5 - À ranger entre Phil Collins et Mike & The Mechanics

Clawfinger
A Whole Lot Of Nothing
(GUN/BMG) - 15 titres, 55m21s - Produit par Clawfinger et Jacob Hellner – disponible - www.clawfinger-net.de
Néo metal. Parmi les représentants du néo metal, il y a, il faut le dire, une sacrée bande de fumistes qui ne font que plagier plus ou moins vulgairement les meilleurs du lot, et parfois ça marche ! Clawfinger, lui, mérite le respect car il est travailleur. A Whole Lot of Nothing a de la personnalité et du style. Avec un son poussé à saturation, des guitares toutes dents en avant qui mordent bien les tympans, des tempos syncopés parfois limite rap et du bidouillage électronique quand le besoin s'en fait sentir, l'auditeur ne se sent pas devant un abîme nihiliste mais presque devant un trop plein de décibels. À force de bosser, Clawfinger devient parfois besogneux et c'est bien le seul reproche que l'on puisse lui faire. Mais il existe bel et bien. HD
3 - À ranger entre Coal Chamber et Fear Factory

The Clean
Getaway
(Matador/PIAS) - 15 titres, 51 m 25 s - Produit par Tom Bell & the band . Disponible - www.matadoreurope.com
Pop néo-zélandaise légendaire. On ne présente plus The Clean, à moins d'avoir à faire à des recrues tellement fraîches qu'elles en deviennent inquiétantes, pas vrai ? Ce trio a commencé sa carrière voilà vingt ans et, même si sa musique ensorcelante (pourtant à base de choses toutes simples : des bonnes mélodies, des guitares qui accrochent et une délicatesse à toute épreuve) a su tout de suite trouver un public fidèle, ils n'ont que quatre albums (plus une flopée de singles et autres maxis) au compteur, pas loin du record mondial ! Raison de plus de se réjouir de ce Getaway, dont toutes les chansons ont été rodées sur la route avant de prendre le chemin du studio d'enregistrement, ce qui donne un résultat enthousiasmant et on comprend pourquoi et comment The Clean a ouvert la voie pour les formations talentueuses que sont Pavement, Calexico et autres Guided By Voices… TS
4 - À ranger entre les trois autres et le cultissime Fear Of God des Bats

Clem Snide
The Ghost Of Fashion
(Naïve) -13 titres, 47m46 s - Disponible - www.clemsnide.com
Country déglinguée II. Ce groupe du New Jersey, interviewé de frais, s'était engagé à nous fournir le successeur de Your Favorite Music très rapidement et il a tenu parole : à peine trois petits mois écoulés depuis l'écoute primale du précédent, un record dans le genre ! Par contre, ce nouvel opus n'est pas autant différent de son grand frère qu'ils nous l'avaient laissé entendre. Certes, Eef Barzelay joue toujours aussi bien avec les mots et les cordes de sa guitare, certes les instruments employés sont toujours aussi diversifiés, employés à bon escient et sans débordement, mais tout ceci tourne quelque peu en rond et on ne sort pas vraiment de l'univers restreint de voies de fait et viol sodomite perpétrés envers la vénérable Country Music, qui en a vu d'autres, et en verra certainement de pire dans les siècles à venir… TS
3 - À ranger entre Violent Femmes et Menlo Park

CPR
Just Like Gravity
(Goldcircle/M10) - 12 titres, 61m15s - Produit par CPR et Paul Dieter - Sortie fin septembre 2001 - www.crosbycpr.com
California Rock. Rappel des épisodes précédents : CPR est le groupe fondé en 1995 par David Crosby après qu'une greffe de foie lui ait octroyé un supplément de vie et qu'il ait retrouvé son fils naturel, perdu depuis trente ans, à savoir James Raymond, justement musicien lui aussi -ah, la génétique… - avec qui il forma ce trio complété par le fin guitariste Jeff Pevar. Ceci est leur troisième album, toujours dans la plus pure lignée du rock californien, une sorte de CSNY où les claviers de Raymond supplanteraient souvent les guitares, un rock quiet fait de voix magnifiques, cousin de celui de Phil Collins. Attention à ceux qui craignent les excès de sucre sonore : ce disque sans reproche en déborde, et son esthétique peinardisme pourrait en endormir plus d'un. Réservé aux fans de Crosby. HP
2 - À ranger entre Graham Nash et Phil Collins

Dr. John
Creole Moon
(EMI) – 14 titres, 68m14s - Sortie le 2 octobre 2001 - http://imusic.artistdirect.com/showcase/contemporary/drjohn.html
Soul Funk. Après avoir sorti un album consacré à Duke Ellington, Dr John retrouve ici ses premières amours, à savoir une soul représentative de certaines de ses racines musicales. L'album se veut pourtant un hommage à sa ville de prédilection, c'est pourquoi l'on y retrouve aussi un bon nombre de références aux croyances créoles. Le tout est délivré avec expertise (le bonhomme a quand même quarante ans de carrière !) si ce n'est avec une véritable conviction. Peut-être à trop vouloir intégrer tous les stéréotypes du funk, notre légende du blues-rock a oublié qu'elle avait su précédemment faire preuve d'un allant et d'une vivacité autrement plus inspirés. CF
2,5 - À ranger entre James Brown et Little Feat

Eels
Souljacker
(Dreamworks/Polydor) – 12 titres, 40m 44s – produit par John Parish et E – Disponible - www.EELStheband.com
Rock alternatif. Avec un tel titre, référence un serial-killer qui, outre la vie de ses victimes, s'empare de leur âme, on comprendra tout de suite que E n'en a pas fini avec le travail sur soi. Soulignons pourtant que son analyse est bien éloignée des ambiances mortifères habituelles. L'ensemble se pare toujours de climats proches du mal-être, mais un titre comme "That's Not Really Funny" étonne par sa tonalité presque enjouée -du moins aussi enjouée que le chanteur en soit capable !– et une composition charnue de la trempe de "Souljacker Part 1" démontre que E s'oriente vers une musique plus "instinctive". Le jeu en vaut la chandelle, à la lueur de cette évolution qui compense largement perte introspective par approche directe fort bienvenue. CF
3,5 - À ranger entre Grant Lee Philips et Beck

Perry Farrell
Song Yet To Be Sung
(Virgin) - 12 titres, 48m44s - Produit par Perry Farrell et Krish Sharma - Disponible - www.perry-farrell.com
Electro pop. Il y a du mysticisme et de l’optimisme chez Perry Farrell. “Je trouve triste qu’il n’existe pas d’anniversaire célébrant la naissance de la terre”, regrette-t-il. Pour y remédier, il a écrit “Happy Birthday Jubile”, titre d’ouverture et de clôture d’un premier album solo mêlant electro, rock, dub et inspirations orientales. Le leader de Jane’s Addiction délaisse ici le bon gros rock au profit d’une musique à la légèreté aérienne, empreinte de sonorités variées et harmonieuses. On ne peut que saluer le travail remarquable de recherche et de mixage signé par des pointures du genre (Krish Sharma, Mad Professor, Alan Moulder…) et déplorer d’autant plus la pauvreté invraisemblable des mélodies sur chacun des titres, qui en perdent du coup leur saveur. Dommage ! CV
3,5 - À ranger avec la collection des Jane’s Addiction

Fenix TX
Lechuza
(Barclay/Universal) - 11 titres, 52m 02s - Produit par Jerry Finn – Disponible - www.fenixtx.com
Rock US. Plus inspirés que leurs "concurrents" du même moment sur le même label (New Found Glory, avec qui ils tournent), ces Fenix-là démarrent en 98 : un premier album, des dates un peu partout aux six coins des States, des vidéos qui tournent sur MTV… De parfaits petits Blink 182. Lourd, guitareux et singalongué (born to be), leur rock solide arrive l'année suivante sur les terres du vieux continent, avec Blink, évidemment, ou encore Bad Religion. "Threesome", le single (l'un des titres les moins flagrants : volonté de fer du groupe ou erreur marketing du management ?!) n'a pas encore atteint nos ondes rock nationales, mais le reste de l'album, parfois joliment brut et assez jouissif, encourage à croire qu'un jour, ils existeront vraiment par eux-mêmes… MEK
2,5 - À ranger entre Foo Fighters et Semisonic

The Flower Kings
The Rainmaker
(InsideOut / NTS / Wagram) - 11 titres, 77m05s - Produit par Don Azzaro - Sortie le 17 Septembre 2001 - www.insideout.de
Prog modèle. À peine un an après le conséquent Space Revolver, voici déjà le gang d'Uppsala de retour avec un nouvel album. Roine Stolt et ses comparses semblent en pleine fièvre créatrice, et ce d'autant plus que cette nouvelle pièce des orfèvres suédois est certainement l'une des plus belles et des plus élaborées qu'ils aient produit. Plus ou moins consciemment, le groupe semble avoir écarté de sa musique les séquences qui auraient pu trop faire penser à Transatlantic pour donner leur plein essor à des schémas plus jazzy, mais parfaitement savoureux, et toujours splendidement colorés de belles réminiscences de la prog classique des années 70 façon Genesis ou Crimson. Modernistes et surannés, ces Suédois semblent avoir mûri et leur musique possède une profondeur qu'elle n'avait pas auparavant. HP
4 - À ranger entre Transatlantic et Genesis

Brigitte Fontaine
Kekeland
(Virgin) - 13 titres, 55m 09s – Produit par divers – Disponible – www.brigitte-fontaine.com
Chanson Rock déjantée. “Des asticots dans l’héroïne, ça me dégoûte pour de bon. Dorénavant je bois du gin avec des sorbets aux marrons” C’est dans ces termes choisis que s’ouvre Kekeland, le dernier album de la grande prêtresse underground des années soixante-dix. “Demie Clocharde”, comme elle se plait à se définir, Brigitte Fontaine n’en est pas moins la reine de Kekeland, pays imaginaire et fantasque qui a un pied dans l’Île Saint-Louis et l’autre dans sa Bretagne natale. Sonic Youth, Noir Désir, M et bien d’autres sont venus lui prêter main-forte. Le contenu est hétérogène et terriblement attachant à l’image de la diva. Un album rock, mais aussi atypique, énervé, drôle et faisant fi de toutes contraintes commerciales. DS-D
3,5 - À ranger entre Le genre Humain et Comme à la Radio

Freestylers
Pressure Point
(Freskanova/PIAS) - 14 titres, 72m19s – Produit par Freestylers – Disponible - www.mammoth.com
Breakbeat. Freestylers a créé l’événement l’année passée avec son premier album We Rock Hard, un mélange efficace d’électro, breakbeat, ragga et hip hop. Sa nouvelle production n’échappe pas aux règles fixées alors : faire une musique dancefloor à tout prix. Pressure Point est une machine à remuer : le beat ne descend jamais en dessous de 180 bpm, les titres s’enchaînent sans heurt. Plus rapides que sur son prédécesseur, les morceaux ont également pris un tournant vocal significatif, avec une liste de featurings impressionnante : Tenor Fly et Navigator bien entendu, mais également Petra, Valerie M, The Cardinal et Spanner Banner. Une suite à la hauteur de laur premier effort. CD’O
3 - À ranger entre The Prodigy et Public Ennemy

Gamma Ray
No World Order
(Metal-is-records/Edel) - 11 titres, 51m56s - Produit par Gamma Ray – Disponible - www.gamma-ray.com
Heavy metal mélodique. De lui, on pourrait dire que Kai Hansen est un précurseur. Parce que le metal mélodique lui doit beaucoup, on est aussi en droit de demander à son groupe, Gamma Ray de toujours savoir se sublimer. No World Order, qui succède au fameux Powerplant, paraît plus puissant, plus dépouillé rappelant parfois les grandes heures de Judas Priest ou Metallica (sur le plan rythmique), mais toujours pourvu de ces petits chorus et de ces refrains harmonieux inoubliables, qui sont devenus une véritable marque de fabrique. Oui, cet album est séduisant, il contient un ou deux hymnes metal dont on se souviendra, des tempos heavy ou rapides, une production impeccable, des chœurs grandioses… À croire qu'il ne lui manque rien, excepté peut-être un petit supplément d'affectif. HD
4 - À ranger entre Helloween et Iron Maiden

Marc Gauvin
J'suis Ton Mec
(Eastwest/Warner) - 12 titres, 39m 21s - Produit par Jim Barr et MG - Sortie le 2 octobre
English Channel. Laissons la bio, certes succincte mais finalement assez explicite nous guider sur le parcours récent du petit bonhomme… Personne ne sait qui il est, c'est donc "l'un des compositeurs français les plus énigmatiques de ces dernières années" ; artistiquement hésitant entre Gaule et Perfide Albion, il navigue "entre les affres du brouillard anglais de Bristol et (les) ambiances poétiques et enfumées de Gainsbourg". Discret par ici (voir plus haut), "il se fait remarquer en live sur la scène anglaise". Un peu comme Sheila aux États-Unis, sans doute… En réalité, de quoi s'agit-il ? D'un sensible artiste au cœur fragile et rigolard (tout à la fois) qui patauge, sans crier gare, entre chansonnette hexagonale branchée et inspirations sud-américano-60s du même tonneau. MEK
1 - À ranger entre B. Burgalat et Julien Baer

Geldof
Sex, Age & Death
(Eagle/Edel) - 10 titres, 45m 13s - Produit par Peter Briquette - Sortie en octobre 2001 - www.eagle-rock.com
Rock & Pop. Les meilleures surprises, c'est bien connu, sont celles auxquelles on s'attend le moins ! (Bob) Geldof, l'homme aujourd'hui mûr, autrefois derrière le Live Aid (85), mais aussi (et surtout…) comme chef en chef des subtils et créatifs Boomtown Rats (75-82), sort plus ou moins régulièrement un album solo dans l'indifférence quasi-générale. Juste ? Sûrement pas, mais le gars est solide et il publie, avec Sex, Age & Death, son plus beau disque à ce jour. Entre rock bien produit et pop décalée, il avance sans entrave dans des compos originales qu'il maîtrise et malaxe à la plus grande joie d'un auditeur comblé par tant de talent. Petits portraits personnels plus ou moins amères et, surtout, drôlissimement cruels, nous guident au travers de cette musique rare et émouvante. Réconfortant ! MEK
4,5 - À ranger entre Roger Taylor et Dave Stewart

JJ Gilmour
Sunnyside (P.A.L.)
(IC Music/Edel) - 12 titres, 44m 41s - Produit par Daniel Wise . Disponible - www.edel.com
Pop immaculée. JJ Gilmour a connu deux faits marquants dans sa vie : son long passage dans les Silencers (de Seconds Of Pleasure à So Be It) et la mort récente de son ami de toujours, ce Paul Anthony Lennon qu'il n'oubliera jamais et à qui est dédié ce premier album en solo. Cet homme est délicat, ses goûts sont sûrs et sa musique est à son image. Tout au long de ces douze plages, ce ne sont que douces rêveries, regrets doux-amers et airs lancinants : n'écoutez pas ce disque si le but recherché est une overdose de boucan ou de speed, vous seriez cruellement désappointés, parole de Compact man assermenté ! "I Can't Escape The Ghost", "Judy Don't Lie", "Believe Me Now" et/ou "The American Dream" sont des titres désespérés mais qui savent tout de même se tenir, tout en retenue, en finesse et en choses non dites ou dites à demi, ce qui est encore pire : la thérapie est aussi dure pour l'auditeur que pour l'artiste, même si les thèmes abordés sont tellement personnels (mort, divorce, incompréhension et autres joyeusetés) qu'ils risquent, en fait, de vous passer bien au-dessus des oreilles, ce qui serait fort dommage et en dirait long sur vos capacités mentales… Maintenant, il ne faut pas vous attendre, musicalement parlant, à un décalque des Silencers. J.J. Gilmour a su éviter cet accueil (il a quitté ses compagnons de route parce qu'ils devenaient un peu trop célèbres et folkloriques à son goût) et son approche est à la fois plus classique et plus originale. Une fois que vous vous serez procurer ce précieux disque, merci d’envoyer vos remerciements au journal qui transmettra…TS
4 - À ranger entre un faire-part de décès et le prochain album déjà en préparation…

Gorkys Zygotic Mynci
How I Long To Feel That Summer In My Heart
(Labels/Virgin) - 12 titres, 43m36s - Sortie le 18 septembre 2001 - www.labels.tm.fr
Folk rock classieux. Les voilà déjà revenus, ces vaillants petits Gallois au patronyme décidément imprononçable pour nous autres pauvres latins ; et leur musique n'a pas varié d'une note depuis le dernier mini-album en date. Les compositions possèdent toujours ce faux-semblant de facilité alors qu'elles ont sûrement nécessité de longues heures de méditation et d'accouchement (le title track en est le meilleur exemple possible), l'instrumentation ne souffre aucun défaut ni temps mort (à noter la présence lancinante d'un très attachant banjo) et le chant est toujours aussi prenant… Dans 20 ans, les Gorkys Zygotic Mynci seront toujours des nôtres, ils en seront à leur 30e album et tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes possible… TS
3 - À ranger entre East River Pipe et Gentle Waves

Macy Gray
The Id
(Epic/Sony Music) - 13 Titres, 52m14s - Produit par divers - Sortie le 18 septembre 2001 - www.macygray.com
Sexual Revolution. Oh la la… Cette fois, on peut dire que la mère Macy Gray va mettre tout le monde d’accord, ce qui n’avait pas été franchement le cas avec On How Life Is. Du moins dans les mag aux rédacteurs chevelus et mal rasés où l’on combat encore le groovy satanicus pervertus à coup d’onomatopées. Là, l’heureux auditeur saute, sans parachute, au-dessus d’une végétation luxuriante, pour enfin se laisser porter par de délicieuses fragrances psychées émanant de mélodies tantôt 70s ou 80s. C’est festif, groovy donc, aussi frais et goutteux qu’une Caipirinha, mais surtout délicieusement interprété. Attendez un peu d’écouter le single, et vous verrez… Bref, The Id semble laisser libre cours à l’imagination de la belle et franchement, c’est une bonne surprise. LE
4 - À ranger entre Jackson Five et Melky Sedeck

Peter Green Splinter Group
Time Traders
(Eagle Records/Edel) - 13 Titres, 64m36s - Produit par Peter Green – Disponible - www.petergreen.com
Blues. Mettre Peter Green dans sa platine puis remonter le temps… Après toutes ces années, le bougre maintient toujours en haleine plusieurs générations de fans. Chaque sortie ou concert est un événement… Jusqu’à ce Time Traders ? Prenons le risque de scinder en deux ce CD, donc, de diviser/trancher les avis. À ma droite, la guitare jadis infernale, baigne ses accords dans une mer d’huile, les solos y sombrent sans échos. Pas convaincant le trip Chris Rea. À ma gauche, on réveille de vieilles ardeurs good old time et là, ma foi, on se dit que le monsieur n’est pas n’importe qui. Même Roger Cotton semble aussi en grande forme. Pourtant, cela ne suffit pas à sortir de sa torpeur ce disque trop linéaire par rapport à la magie du groupe sur scène. LE
3 - À ranger entre Clapton et Dr John

Gwenmars
Driving A Million
(PIAS) –11 titres, 42m 42 s – Disponible - www.gwenmars.com
Excellente surprise. Ce trio en provenance directe de Los Angeles fait oublier tous les clichés musicaux à base de hardos coiffés comme des caniches et virils comme un Maire de Paris ou, encore pire, de hardcoreux casquettés et bermudatés comme le prévoit le règlement intérieur : il se passe des choses bien plus intéressantes dans la cité des Anges, ces derniers temps et il était grandement temps ! Débarrassons-nous tout de suite des détails : Gwen Mars était le nom de la première institutrice (oui, comme Lynyrd Skynyrd, ou presque) de Mike Trasher (ce nom !), chanteur/guitariste/tête pensante du combo et il n’a jamais pu l’oublier… À présent que votre curiosité est satisfaite, penchons-nous sur l’essentiel : la musique de Gwenmars est prenante, glam-rock sans en faire des tonnes, construite sur un subtil équilibre entre de grosses guitares et des programmations pas du tout machinales, un peu comme les défunts Sirens Of 7th Avenue, mais en beaucoup plus rock… Cela ira comme ça ? TS
4 - À ranger entre Suicide et Sisters Of Mercy

Heather Nova
South
(V2) - 13 Titres, 52m55s - Produit par Felix Tod – Sortie le 25 septembre 2001 - www.heathernova.com
Etoile Filante. “South… Il évoque davantage un feeling qu’un concept” d’après Heather. Soit, mais à y regarder de plus près, ça sent tout de même le marketing à plein naseau. Brian Adams lui a donné un coup de pouce, tout comme l’ex-guitariste de Suede, Bernard Butler (et ça ne s’entend pas !). Puis, Bob Brokman, membre de Brooklyn Funk Essentials, a mixé le tout (ce qui ne s’entend toujours pas !). Bon d’accord, la belle peut bien se faire plaisir et collaborer avec qui bon lui semble, m’enfin tout ce barouf pour ça !!! Au risque d’être taxé de macho invertébré, ce disque, sympathique galette languissante, manque de peps, si bien qu’au septième titre, la sieste nous taraude. Oui, c’est frais, on gazouille des “Only Love”, mais dans le genre, optez plutôt pour le PJ Harvey. LE
2,5 - À ranger entre pop et folk

Hefner
Dead Media
(Too Pure/Labels/Virgin) - 15 titres, 46m41s -Produit à la maison - Sortie le 24 septembre 2001 - www.hefnet.com
Pop énigmatique. Les disques de Hefner se suivent et se ressemblent de moins en moins, à part deux détails : le parti pris graphique des pochettes toujours très bande dessinée et leur manie de dédier des chansons à des gens connus. Ici, après Lee Remick (actrice des 60s), c'est au tour d'Alan Bean (quatrième homme à avoir marché sur la lune) d'avoir son propre titre, cool ! Sinon, musicalement parlant, c'est de plus en plus expérimental et le fait d'avoir enregistré ce nouvel album au domicile de Darren Hayman, tête pensante du quatuor, n'est pas sans brouiller les pistes encore un peu plus. Le rock d'Hefner est de plus en plus brinquebalant, cahotique, imprévisible et on pense souvent aux délires juvéniles et plutôt cheap des regrettés Pianosaurus, mis à part le fait de jouer sur de véritables instruments et non sur des jouets… TS
3 - À ranger entre Triffshopping (Pianosaurus, donc) et le précédent

Joe Henry
Scar
(Mommoth/Edel) – 10 titres, 58m05s – Produit par Craig Street et Joe Henry – Disponible - http://mammoth.go.com/mammoth/artist.html?id=jhenry
Jazz Lounge. Pour quelqu'un qui a travaillé avec des gens aussi différents que Shivaree, Jim White ou T-Bone Burnett, il n'est guère étonnant que Scar, s'il n'échappe pas à toute classification, déroute par une atmosphère plus proche du jazz que du rock dans son acceptation générale. La démarche y est, en effet, délibérément évocatrice de climats enfumés (le saxo d'Ornette Coleman, l'emploi du vibraphone) et de ces états si particuliers propices aux réflexions nocturnes. Les tempos, moyens, et les vocaux, soyeux, ne font qu'étayer ces ondulations si spéciales qui semblent comme emplies de relents de cigarettes ; le tout nous délivre alors un album à la fois impeccablement exécuté et sensuellement troublant. CF
4 - À ranger entre Tom Waits et Miles Davies

John Hermann
Smiling Assassin
(Fat Possum/PIAS) - 11 titres, 42m48s - Produit par John Hermann et Bruce Watson – Disponible - www.fatpossum.com
Rock US mâtiné de country. La rondelle se met en route et les accents US à la Creedence attirent immédiatement l’oreille. Une fois n’est pas coutume, un passage par la bio s’impose et, oui mais c’est bien sûr, il s’agit du John Hermann qui assure les claviers de Widespread Panic (nouvel album chroniqué le mois prochain), celui-là même qui a longtemps tourné avec Beanland. Plus qu’un album-récréation, quoiqu’enregistré en très peu de temps, Smiling Assassin réunit quelques ritournelles imparables assurées par une poignée de figures emblématiques d’un rock US se ressourçant perpétuellement. On retrouve ainsi les deux gamins de Jim Dickinson (North Mississippi All-Stars), Widespread Panic au grand complet, Paul Edwards (Brooklyn), Cary Hudson (Blue Mountain) et George McConnell (Kudzu Kings). CG
3 - À ranger entre Widespread Panic et Blue Mountain

John Hiatt
The Tiki Bar Is Open
(Sanctuary/BMG) - 11 titres, 44m53s - Produit John Hiatt – Disponible - www.johnhiatt.com
Rock. La force tranquille, du haut de ses quelques centaines de compositions, John Hiatt est intouchale, imperturbable, immuable… D’emblée, l’ambiance de ce nouvel opus est familière, avec sa petite intro acoustique, ultime rôdage avant que la machine ne se mette en marche. Attention, toujours pas de gros coups de boutoir au menu, mais quelques plats suffisamment relevés pour qu’on en devine déjà les répercutions soniques qu’ils pourraient engendrer sur scène (magnifique solo de guitare, nous sommes toujours au cœur du “Everybody Went Low” qui ouvre le bal). Ainsi s’égrène l’album, as usual, mélangeant mid-tempos savoureux et morceaux un peu plus épicés, le tout avec une finesse d’écriture toujours aussi remarquable… Fabuleux conteur, avec en éternelle filigrane une justesse des propos de chaque instant, John Hiatt cultive le dit comme le non-dit, assemblage minutieux de notes et de blancs. Sans paraître d’une ambition démesurée (le novice y verra simplement un disque de songwriter plus inspiré que la moyenne), les compositions de John Hiatt sont ainsi faites (depuis une bonne quinzaine d’années, soit juste après la période Geffen qui se termina au milieu des eighties) : d’une intelligence rare, avec le sentiment d’entendre toujours le bon rythme et les bons instruments, comme si notre homme était incapable de faire un mauvais choix. Éternel insatisfait, il se permet même la réécriture d’un de ces morceaux (“I’ll Never Set Over You ”, originellement sur Perfectly Good Guitar)… Le Tiki Bar est ouvert, prenez place… CG
5 - À ranger entre Walk On et Perfectly Good Guitar

Scott Holt
Angels In Exile
(Spitfire/Edel) – 12 titres, 54m43s - Produit par Greg Hampton – Disponible - www.bluestormmusic.com
Blues-Rock. Scott Holt fait partie de ces travailleurs de fond, de ces musiciens importants qu’on ne connaît pas, car ils sont toujours occultés par une plus grosse pointure qui les emploie. Et puis, un jour ils décident de voler de leurs propres mélodies, comme c’est le cas ici. Holt s’est mis à la guitare sur le tard (19 ans) en découvrant, médusé, Jimi Hendrix. Quatre années seulement plus tard, il était side-man et guitaréquilibriste aux côtés de Buddy Guy (ce qui lui a permis aussi d’arpenter les mêmes scènes que Clapton ou Santana). Armé de ce bagage, il arrive aujourd’hui avec un premier album solo mature et maîtrisé, à la croisée des chemins du blues (old school mais aussi moderne). À noter la présence de Paul Barrere et Billy Payne de Little Feat…CG
3,5 - À ranger entre Jonny Lang et Steve Johnson

Intik
La Victoire
(St Georges/Sony) - 13 titres, 59m57s – Produit par Intik - Sortie le 9 octobre 2001 - www.intik.net
Ragga/Hip Hop. Pour ce deuxième opus, Reda, Youcef, Samir et Nabil, les quatre rappeurs algériens de Gallieni (quartier d’Alger) ont sensiblement changé d’orientation. Ils se sont tournés du côté du ragga déjà d’actualité sur leur premier album, mais cette fois sa présence est plus intense. Un peu moins percutant que le précédent qui racontait la vie des jeunes au pays, avec son cortège de violence et d’injustice. Ils font cette fois le tour de leurs trois années passées sur le sol français, et ne croyez pas que les choses soient tellement plus faciles ! Déracinés et désemparés dans une société ultra individualiste qu’ils ne soupçonnaient pas, le constat est amer et ne peut que nous faire réfléchir. N’oubliant pas les amis et la famille de l’autre côté de la Méditerranée, ils continuent à leur envoyer quelques messages bien sentis, dont “Notre Devoir” ou “La Révolution”. DS-D
3,5 - À ranger entre Brahim et MBS

Jag Panzer
Mechanized Warfare
(Century Media/Edel) - 10 titres, 65m52s - Produit par Jim Morris – disponible - www.jagpanzer.com
Heavy mélodique. Cela fera bientôt deux décennies que Jag Panzer sillonne le monde dans le but de le conquérir. Avec son metal lourd, plus souvent efficace qu'imaginatif, il n'obtient finalement qu'un succès d'estime limité chez les amateurs du genre, et ce n'est que justice. Car si la grande boîte à riffs claque toujours bien sur Mechanized Warfare, on a tout de même bien du mal à s'enthousiasmer pour ce metal d'un autre âge. Heavy typé 80s jusqu'au bout des griffes, avec grattes à la tierce et chanteur lyrique… que de poncifs ! Et même si quelques passages sont bien jouissifs ("Unworthy"), on s'arrête toujours avant l'orgasme, docteur, comment se fait-ce ? Si on vous le demande, répondez que c'est dû à un manque d'originalité, lequel n'exclue en rien le mérite. HD
3 - À ranger entre Fates Warning et Queenrÿche

Jamiroquai
A funk odyssey
(Small) - 11 titres, 48m12s - Produit par Jay Kay et Rick Pope - Disponible - www.jamiroquai.co.uk
Funk disco. On ne voit pas bien ce qu’il y a de neuf dans ce cinquième album de Jamiroquai. Certes, Jay Kay a souhaité donner une totalité plus disco à ses compositions, mais il l’avait déjà fait, en mieux, sur des titres comme “Canned Heat”. Cette fois, on est plutôt dans l’ambiance Chic, avec un disco funky très propre, répétitif, passe-partout, des morceaux qui se ressemblent en diable et qui s’achèvent comme ils avaient commencé. Fidèle à lui-même, l’ami Jay n’a pas résisté au plaisir d’intercaler quelques crus de pure variétoche, tel “Picture Of My Life”, digne d’un “Our Day Will Come” version Carpenters. Ajoutons au programme deux titres plus électro et tout le monde est content. Les inconditionnels seront probablement séduits, les autres risquent de trouver tout ça un peu redondant. CV
3 - À ranger entre Chic et Earth, Wind and Fire

Judas Priest
Demolition
(Steamhammer/ Wagram) - 13 titres, 70m51s - Produit par Glenn Tipton – Disponible - www.spv.de
Heavy mythique. Quatre ans pour donner une suite à Jugulator, le convaincant album de retour où Judas Priest étrennait Ripper Owens à la place de maître Halford, cela peut paraître aussi long qu'inquiétant. Qu'on se rassure, le vieux Priest est toujours là, et ce Demolition, en allant au-delà de son prédécesseur, confirme que le groupe a trouvé une formule viable sans Rob la Mob. On ne peut en effet que complimenter ici le groupe pour son juste équilibre entre ses riffs classiques et des déboulés bien plus modernistes, pour les superbes numéros de guitare de la paire Tipton/Downing pas vraiment usée, non non, et pour le choix judicieux de ce chanteur qui sait faire du Halford quand il en faut, et bien plus la plupart du temps. Une vitalité qui fait très plaisir et qui renvoie les divorcés dos à dos. HP
3,5. À ranger entre Screaming For Vengeance et Turbo

K Special
Cause à Effet
(Shuga/Disques Dreyfus/Sony) - 17 titres, 1h 01m 09s – Produit par Lord Jazz, Diesel, Sully Seffil etc. – Disponible
Rap. Venus tout droit de Saint-Denis, la patrie du rap Français (avec Marseille, bien sûr !), Ya2 et Tis’one qui forment à eux deux K Special ont bien l’intention de se faire une place dans le hip hop hexagonal. Cause à Effet n’est pas le genre d’opus fait pour se remplir les poches de caillasses, mais plutôt le vecteur qu’ont trouvé les Dyonisiens pour faire passer un message positif aux jeunes (et moins jeunes) générations. Un flow et une diction impeccables accompagnés de sons pointus que l’on doit à Lord Jazz (of New York), Zoxea, Sully Séfil et surtout Diesel du groupe KDD (of Toulouse) qui a su apporté son savoir faire et sa créativité. KDD et Sniper n’ont d’ailleurs pas hésité à prendre le mic pour croiser le fer et soutenir K Special dans son entreprise. Un premier album prometteur qui n’en doutons pas contribuera à tirer un peu plus le rap Français vers le haut. DS-D
3,5 - À ranger entre KDD et Mory Kante

Mory Kante
Tamala le Voyageur
(Sono/Next Music) - 10 titres, 51m47s – Produit par Paul Borg – disponible - www.morykante.com
African Groove. En intitulant son neuvième album Le Voyageur (Tamala en langue malinké), Mory Kante a souhaité raconter un peu de son histoire. L’histoire d’un griot parcourant le monde, diffusant au hasard de ses haltes, ce son Africain teinté de funk, de rap (“Yakha”), de jazz, de salsa et même de certaines rythmiques techno comme dans “Dimini”. Après s’être frotté au public de tous les continents, Mory Kante a su enrichir sa Kora de sonorités inattendues. La belle Shola Ama fait une prestation remarquée sur “Nin Kadi” et l’ensemble des musiciens accompagnant ce griot voyageur est de grande qualité. Ce nouvel opus tente de briser les barrières musicales pour les unir en une seule spécificité, l’amour des hommes et de la musique. DS-D
3,5 - À ranger entre Youssou N’Dour et Manu DiBango

The Kingsbury Manx
Let You Down
(City Slang/Labels) – 12 titres, 39m59s – Produit par Jerry Kee – Sortie le 25 septembre 2001 - www.labels.tm.fr
Indie Pop. Les Kingsbury Manx semblent vouloir manier le paradoxe puisque, selon eux, si Let You Down s'intitule ainsi c'est parce que Let It Bleed était déjà pris et, qu'en outre, ils ont choisi un producteur de rock pour "réaliser un album calme". Il est vrai que ce combo de Caroline du Nord a très vite été considéré comme représentant du courant qui proclame que le calme est le bruit d'aujourd'hui. L'album conjugue tempos moyens aux tonalités rupestres à guitares saturées contebalançant par leur filigrane rugueux une tendance à la préciosité. Les compositions sont aisées et fragiles, les refrains surannés mais sophistiqués et les harmonies graciles mais ferventes. Voilà donc un exercice de jonglage assez abouti et, en quelques ocasions, parfaitement réussi. CF
3 - À ranger entre Richard Davies et Yo La Tengo

Lamb
What sound
(Mercury/Universal) - 12 titres, 53m24s - Produit par Lamb et Guy Sigsworth - Sortie le 8 octobre 2001 - www.universalmusic.fr
Trip-hop. D’un côté, il y a Andy Barlow, ingénieur du son de formation, remixeur, bidouilleur de génie dans son home-studio. De l’autre, Louise Rhodes et son timbre si particulier, apaisant dans les aigus, poignant et rauque dans les graves, qui nous change des petites voix fluettes typiques du trip-hop. Mieux qu’un duo, ces deux-là ont opéré une véritable symbiose, conjuguant innovation électronique et qualité mélodique. Peut-être est-ce pour cette raison qu’ils furent un peu vite comparés à Portishead. Même si ce n’est pas totalement faux, ce superbe troisième album se rapproche davantage de Hooverphonic (en moins commercial) et de Björk (pour l’almichie subtile entre sons bizarroïdes et harmonies). Mention spéciale à “Gabriel”, un joyau à écouter en boucle ! CV
5 - À ranger entre Hooverphonic et Björk

Arthur Lee & Love
Five String Serenade
(New Rose/Last Call) – 10 titres, 38m11s – Produit par Arthur Lee – Disponible - www.lastcallrecords.com
West Coast Psychedelia. Voici la réédition sur CD du dernier disque à ce jour du leader des Love qui croupit en ce moment dans une geôle américaine pour une sombre histoire de drogue. Celui qui a influencé bon nombre d'artistes (Syd Barrett, Traffic, Stone Roses, House of Love…) n'y est d'ailleurs pas au mieux de sa forme, sauf sur l'envoûtante complainte donnant son titre à l'album. Le reste ne ressuscite que partiellement les vestiges de cette voix irréelle et de ces arrangements baroques que le guitariste avait si bien fait intégrer dans l'univers du rock. Prenons-le donc pour ce qu'il est, un document d'une époque et le témoignage un peu poignant d'une splendeur passée. CF
2,5 - À ranger entre Da Capo et Forever Changes

Lunatic Age
Miranda
(Reactiv Music/PIAS) - 8 titres, 31m56s – Produit par David Weber – Sortie le 18 septembre 2001 - www.lunaticage.com
Noisy mélodique. L’histoire de Lunatic Age est un peu floue. Tant mieux, le mystère étant dans le cas présent une raison supplémentaire d’être séduit par ce groupe de Montpellier à la résidence actuelle inconnue. Enregistré à Genève, leur premier long format est un cocktail jouissif de rock rageur, exténué mais révolté, combiné à des textes incroyablement efficaces. Tantôt en français, “Ça N’a Pas D’Importance” étant un modèle de chanson rock à la fois dure et séductrice, tantôt en anglais, Sébastien joue avec les mots, cible nos angoisses, vise juste. L’ensemble de l’album nous plonge dans une ambiance sombre et intimiste, mise en valeur par des orchestrations lyriques imparables. Un très bon premier opus à découvrir. CD’O
4 - À ranger entre Noir Désir et Tool

Machine Head
Supercharger
(Roadrunner / Sony) - 14 titres, 65m52s - Produit par Johnny K - Sortie le 2 octobre
Néo metal impérial. Que les béotiens se prosternent, que les sujets s'inclinent et que les sourds se sortent les doigts… des oreilles (on ne sait jamais) ! Car voici venir un seigneur du néo metal, le grand Machine Head à qui l'on doit, pour son parcours exemplaire, déférence et admiration. Supercharger est tendu comme l'élastique du slip du gros dégueulasse lorsqu'il a une minette en vue, et bien aussi méchant qu’Ike Turner ne l'était avec Tina du même nom, c'est vous dire ! Les riffs pleuvent comme des hallebardes, mais calme et dissonance aident à installer un climat malsain. Tout est dans l'humeur et celle de Rob Flynn et les siens doit être massacrante. Il en résulte un disque pas vraiment aussi novateur que ses prédécesseurs mais sans peur et sans reproche, comme on les aime. HD
4 - À ranger avec les autres Machine Head

Mad Capsule Markets
Osc-Dis (Oscillator In Distortion)
(Naïve) -12 titres, 40m59s - Produit par le groupe - Sortie le 17 Septembre 2001 - www.themadcapsulemarkets.com
Punk Rock Electronique. Les MCM (sic) sont japonais, ils existent depuis 1991, ils en sont à leur neuvième album, ils ont tourné avec les plus grands (Rage Against The Machine, Atari Teenage Riot, Helmet, Fear Factory, Red Hot Chili Peppers et tellement d'autres) et on n'en a rien su, dans notre coin paumé d'Europe ! Mais comme il n'est jamais trop tard pour bien faire, Osc-Dis bénéficie, pour la première fois dans la carrière du groupe, d'une distribution française, ce qui fait que vous allez pouvoir vous régaler de leurs riffs synthétiques et de leurs mélodies de l'an 3000 (titres à écouter en priorité : "Island" et "Step Into Yourself"), les doigts de pieds en éventail, suffoquant sous une chaleur de plus en plus suspecte et profitant des derniers véritables moments de liberté avant que tout ceci ne tourne vraiment au vinaigre… TS
3 - À ranger entre Silicon Teens et Add N To X

Russel Malone
Heartstrings
(Verve/Universal) - 10 Titres, 46m05s - Produit par Tommy LiPuma – Disponible - www.vervemusicgroup.com
Jazzy. Musique d’ascenseur pour certains, le jazz à cordes revisite habituellement les standards de Gershwin ou d’autres agapes américaines. Là, le guitariste a pioché dans un répertoire plus méconnu du grand public. Le résultat est de toute beauté. Et lorsque l’on sait qu’à la production, le grand patron de Verve Music veille, il n’y a pas grand-chose à rajouter. Toutefois, regardons à la loupe qui accompagne Malone : Kenny Baron, Christian McBride, Jeff Watts… On ne pouvait pas mieux choisir pour ces ballades dignes de Nat King Cole ou façon Stan Getz. Cette association charmera les romantiques, les amateurs de grandes productions hollywoodiennes, ici pratiquement toutes enregistrées en une seule prise. Un régal ! LE
4 - À ranger entre Cole Porter et George Benson

Bob Marley
Jungle Dub
(EMI) - 24 titres, 65m43s - produit par Lee Perry – Disponible
www.bobmarley-foundation.com
Rareté Dub. Lorsque Bob Marley revient dans son pays natal en 1970, ses multiples tentatives de percer à l'étranger se sont avérées vaines. Il n'en va pas de même pour les Wailers qui eux enregistrent tubes sur tubes. Il décide alors de s'adresser au producteur en passe de devenir internationalement renommé : Lee "Scratch" Perry. Pour ces sessions exceptionnelles, la rythmique des Upsetters, les frères Barrett, rejoignent les trois Wailers et gravent quelques petites perles intemporelles du reggae : "Kaya", "Keep On Moving" que l'on retrouve ici. Datés de 70/72, les titres qui composent cet album ont été intelligemment sélectionnés parmi les classiques et les raretés des 70's. Une sélection exigeante qui satisfera amplement le Dub addict, mais sûrement moins le fan de Bob Marley, tant la patte de l'"Upsetter" est présente. CD'O
3 - À ranger entre "Arkology" de Perry et un best of de Marley

Mass Hysteria
De Cercle en Cercle
(Yelen/Sony) - 13 titres, 53m54s – Produit par Colin Richardson – Disponible - www.mass-hysteria.com
Metal Mélodique. De Cercle en Cercle, troisième album studio de Mass Hysteria est sans doute le plus abouti. De 1995, date de création du groupe à aujourd’hui, l’eau a coulé sous les ponts ! Bien des scènes se sont vues plonger dans le métal en fusion et bien des publics se sont enflammés aux riffs de guitares de ces six petits gars. L’an 2000 marque un tournant dans la vie du groupe, puisque Erwan le guitariste et Pascal le DJ décident de quitter le navire. Olivier, ami du groupe et guitariste assurant également les samples fait son entrée, participant ainsi au renouveau du combo. De Cercle en Cercle recèle bien sûr toute la rage contenue des Mass, et à propos de contenu parlons-en ! Dans ce dernier album dans lequel on a la sensation que le groupe sort de sa chrysalide, des textes profonds et poétiques traîtent d’aventure humaine, de désir d’harmonie et de révolte contre l’injustice. Et touchent leur cible… En plein cœur ! De plus, les Mass osent un featuring original avec les rappeurs de La Brigade. Rapprochement inattendu en France, ou métalleux et rappeux restent à bonne distance les uns des autres. Une alliance, pas si contre-nature que cela, la rage étant la même. À la production, on retrouve Colin Richardson avec lequel ils avaient déjà enregistré Contraddiction. Ainsi, De Cercle en Cercle montre que les Mass n’ont rien perdu de leur gnaque et signent avec cet opus celui de la maturité. Un album de notre époque, mélancolique, sensible, enragé, engagé et que l’on redécouvre à chaque écoute. Indispensable ! DS-D
5 - À écouter et réécouter

Miles
Miles
(Big Store/V2) – 11 titres, 44m06s – Produit par O.L.AF. Opal et Tobias Kuhn – Sortie le 17 septembre 2001 - www.v2music.com
Pop à Cordes. Ce troisième album est éponyme, il aspire donc sans doute à être un nouveau départ. Cela se vérifie instantanément à l'écoute de cette pop savoureuse et léchée, parfois maniérée (les vocaux de "Disco Queen"), souvent étayée par des arrangements à cordes somptueux et parfois même quasiment des compositions frisant le sans-faute ("Barracuda"). L'avantage de Miles est qu'ils ne se trouvent jamais enfermés dans les influences qu'ils revendiquent. S'il arrive parfois que le disque dérape dans l'exercice de style moins inspiré ("Baboon"), voire le pompier, restent pourtant suffisamment de mélodies chatoyantes pour que l'écueil de la préciosité soit allègrement surmontée. CF
3,5 - À ranger entre Beach Boys et Sparks

Mo Solid Gold
Brand New Testament
(Chrysalis/EMI) - 12 titres, 46m27s - Produit par Steve Lironi, Howie B, Al Stone & Matt Vaughan – Disponible - www.mosolidgold.com
Rock and soul. Voilà un premier album qui a réussi le Pacs parfait entre le rock et la soul ! Mais pas n’importe laquelle, la vraie de vraie, celle de Stevie Wonder, James Brown et par moments Sly and The Family Stone. Tout y est : basses amples et imposantes, orgue voluptueux, chœurs lorgnant vers le gospel et, surtout, la voix exceptionnelle du chanteur K, qui possède l’intensité d’un Otis Redding et la profondeur d’un Tom Jones. Loin de nous refourguer un vague ersatz de soul à la Blues Brothers, Mo Solid Gold a su éviter la caricature, en trouvant le juste équilibre entre un style motownien très rhythm’n’blues et des sonorités plus actuelles. Résultat des courses, rien à jeter dans ces douze titres, qui, sans être révolutionnaires, donnent assurément envie de se bouger la cellulite. CV
4 - À ranger entre James Brown et Joe Cocker.

Moonspell
Darkness And Hope
(Century Media/Edel) - 11 titres, 51m32s - Produit par Hiili Hiilesmaa – disponible - www.moonspell.com
Metal gothic. Sur le grand trampoline de la gloire, Moonspell a connu son point culminant avec le populaire Sin/Pecado, avant de retomber pour le ténébreux The Butterfly Effect. Ce n'est pas le talent qui est en cause, juste l'humeur momentanée d'un large public qui n'a pas su pénétrer une œuvre trop complexe pour lui. Darkness And Hope ne sera pas l'album de la dénégation, mais sans doute celui du triomphe dans l'intégrité. Il recèle autant d'emphase que de noirceur, mais c'est le brio qui préside à ses accents gothic metal, deux tendances qui s'unissent au lieu de se combattre pour donner naissance à de fréquentes émotions fortes. Un réceptacle de feeling malin qui vous met le cœur sens dessus-dessous et vous incite à la fin de chaque morceau à aimer davantage le suivant. HD
4 - À ranger entre Metallica et Paradise Lost

Neal Morse
It's Not Too Late
(InsideOut/NTS/Wagram) - 13 titres, 60m57s - Produit par Neal Morse – Disponible - www.insideout.de
Persorock. Grosse activité dans la sphère Transatlantic en cet été puisque, outre le nouvel album à paraître bientôt, les Flower Kings, Nick D'Virgilio et Neal Morse, tous très en verve, proposent aussi chacun leurs propres ouvrages. Cet album perso du Morse est assez différent du précédent, parce qu'en fait très peu prog. Tout se passe comme si Transatlantic suffisait désormais à absorber le trop-plein de mélodies progressistes que Spock's Beard ne pouvait contenir, et Neal Morse a donc tout loisir de consacrer ses œuvres solos à d'autres envies musicales, en fait ici celle de créer de simples et belles chansons plus pop, de laisser parler librement son piano, et de déployer sa belle voix dans d'autres registres évoquant tour à tour Ian Hunter ou George Michael. Et c'est à nouveau très convaincant. HP
3,5 - À ranger entre Spock's Beard et Ian Hunter

Nestor Is Bianca
Nestor Is Bianca
(La Grange À Disques/Wagram) – 11 titres, 53m38s – Produit par Olivier Mellano - Disponible
Pop électro-acoustique. En dépit d'un line-up pour le moins hétéroclite voire erratique, le son de Nestor Is Bianca reste en permanence consistant et homogène dans la mesure où il marie avec bonheur atmosphères pastorales et climats plus électroniques. Les vocaux ainsi que les chœurs, essentiellement féminins, sont presque distanciés et s'emploient à privilégier des ambiances proches d'un psychédélisme à la Kevin Ayers, atemporelles et comme surgies de nulle part. L'étrangeté est alors contrebalancée par une production en un lieu qui porte bien son nom (les studios Cocoon), elle permet ainsi de brider cette roideur par une forme d'intimisme rassurant et ces panoramas où rêgnent l'anomalie par une harmonie toute enveloppante. CF
3 - À ranger entre Dominique A. et Tue Loup

New Order
Get ready
(London Records/WEA) 10 titres - 50m 38s - sortie 28 septembre 2001
Retour en force détonnant. On les avait un peu trop vite rangés au rayon des vieilleries et accessoires, colonne Manchester, années 80. Et voici que le trio redéboule plus frais et plus percutant que jamais avec, sans exagérer, l’un de ses meilleurs albums depuis des lustres ! Si l’on reconnaît d’emblée le patte inimitable de la basse vrombissante de Peter Hook, le son s’est considérablement durci. Il faut dire que le combo possède depuis peu une nouvelle recrue de taille en la personne du sieur Billy Corgan. Oui vous avez bien lu, celui des défunts Smashing Pumpkins venu prêter main forte à nos trois compères (“Turn My Way”) ! Pas étonnant alors que le disque sonne carrément heavy (“Rock The Shack”) avec ses riffs de guitare aussi rageurs qu’accrocheurs. Si l’on ajoute à cela des rumeurs de concerts dévastateurs, on comprendra que ces pères fondateurs du rock mancunien sont loin d’avoir dit leur dernier mot. New Order est de retour ! Get ready ! Préparez-vous ! PR
4,5 - À ranger après tous les autres

New Found Glory
New Found Glory
(Barclay/Universal) - 12 titres, 36m 18s - Produit par Neal Avron – Disponible
Rock US. Dernier rejeton en date de cette nouvelle vague néo-punk (!) que matraquent MTV et les b.o. "teenage" des cartons cinématographiques américains, New Found Glory joue bien son bruit et ses gentilles mélodies mais, très franchement, avec quelle originalité par rapport aux autres, quelles différences ? Aucune. Quand on aime cette musique énervée, ce qui est notre cas, on prend malgré tout un certain plaisir, presque réflexe, mais d'excitation face à la découverte de vrais nouveaux talents, point. "De la musique pour quiconque a déjà été amoureux&Mac183; au moins une fois dans sa vie", conclut la bio, confirmant par cette remarque proche du néant le manque
d'inspiration trop flagrant de ces petits bonhommes sans doute authentiquement survoltés. MEK
1 - À ranger entre Blink 182 et 28 Days

Noir Désir
Des Visages Des Figures
(Barclay) - 12 titres, 67m50s - Produit par Jean Lamoot, Nicolas Sansano et ND – Disponible - www.universalmusic.fr
Gris Acquis. Il est des disques qui appellent la facilité, voire dans le cas présent l’unanimité dans la facilité, via une espèce de langage unique et Universal. Il est vrai que l’entité Noir Désir et les quatre entités qui la forment imposent tant et si bien le respect qu’il est bien difficile de voir autre chose dans ce nouvel album que le courage qui les anime, la conviction avec laquelle ils repartent à la charge, et la force de caractère avec laquelle ils remettent les compteurs à zéro. Car le Noir Désir écorché semble désormais réservé à la scène, ce nouveau disque lorgnant plutôt vers un nouveau métissage de chansons posées au milieu desquelles subsistent encore quelques vestiges de leur passé proche (“Le Grand Incendie”, “Lost”, “Son Style 1”). Et c’est là que le doute s’infiltre et semble contaminer ce disque que les quatre ont eu tant de mal à pondre et dont on ressent encore, en filigrane, toutes les hésitations et tergiversations. Car ce qui gêne avant tout, ce n’est pas tant le virage à 720 degrés effectué par le groupe, mais bel et bien qu’éloigné de son noyau dur il perd son statut de référence et, à nouveau en position de fœtus, fait ressortir d’autres références qui, quoique fort respectables (Kat Onoma sur “L’Appartement” ou Bashung sur “Son Style 2”), déprécient fortement son propre pouvoir de séduction. Et puis, franchement faire venir Manu Chao (à la guitare, qui plus est), excusez l’image (avec le respect qu’on a pour l’ex-Mano), c’est un peu comme si l’équipe de France de football faisait jouer un cul de jatte au poste d’avant-centre lors de la prochaine Coupe du Monde !… CG
4 pour l’album - 2 pour un disque de Noir Désir

Oh Susanna
Sleepy Little Sailor
(Fargo) - 11 titres, 47m 34s - Produit par Colin Cripps – Disponible - www.ohsusannamusic.com
US Folk. On dira ce que l'on voudra, le nombre de songwriters nord-américain(e)s dignes de ce nom est proche de l'infini… Suzie Ungerleider, canadienne, n'en est à la fois "qu'une" de plus et… une (majeure) de plus !… Jim White, Ryan Adams ou encore John Hiatt compteraient parmi ses plus fervents admirateurs… Dès le premier titre, "Sleepy Little Sailor" ("mon oncle était marin", raconte la Suzie sur le livret, "il passait ses journées à écouter de la country car son âme était trop triste pour être touchée par le jazz de la ville"), le ton retenu est donné : la jeune femme (31 ans) chante ses textes et ses musiques à vif, comme si c'était la dernière fois. Tristesse et espoir, pourtant, s'échappent dans le même temps des fins sillons de ce disque possédé, émouvant et perturbant.
3,5 - À ranger entre Fiona Apple et Amy Correia

Oberkampf
Bataclan 2001
(Remedy/FGL) - 18 titres, 77m38s - Produit par Oberkampf - Disponible
rock punkeux. Associé au plaisir (évident) de retrouver, après Parabellum, cet autre monstre sacré da la scène punk-rock alternative du début des années 80, ce qui fait plaisir avant tout, c’est cet alignement de chansons qui se négligent (sans aucun overdub s’il vous plait !). Ça pue la sueur, la bière et quelques morceaux suffisent à peine pour imaginer très bien Joe Hell et les siens dans un Bataclan bondé et archi-surexcité… Manu de Dolly vient prêter son brin de voix au “Poupée De Cire” de Gainsbourg et un “I Don’t Care” dévastateur vient rendre un hommage fiévreux aux Ramones. Pour le reste, c’est une visite sans aucune concession des plus grands hymnes de la bande, avec (deux fois) “Couleurs Sur Paris”, mais aussi “Maximum”, “Rien À Foutre” ou encore “Johnny Sois Mauvais”… CG
4 - À ranger entre Parabellum et OTH

The Olivia Tremor Control
Presents : Singles And Beyond
(Kindercore/Pop Lane) – 20 titres, 51m 01s – Productions diverses – Disponible - http://come.to/otc
Néo-Psychédélia. Non il ne s'agit pas du nouvel album de nos loufoques athéniens, mais d'une compilation regroupant des titres difficiles à se procurer, des EPs et singles dont certains n'étaient disponibles que sur vinyl ; aussi l'on retrouvera sans surprises les atmosphères bizarroïdes empruntes de dadaïsme psychédélique coutumières chez ce groupe. L'hétéroclisme des enregistrements ne fera d'ailleurs que souligner ce qui constitue sa démarche formelle, le saugrenu comme méthode de travail. Reste que voilà un discours de la méthode qui ne séduira que les fans ou les esprits attirés par le déraisonnable et qui laissera de marbre les ceusses qui sont justement froids comme lui. CF
3 - À ranger entre Kevin Ayers et Beulah

Lee Perry
Divine Madness… Definitely
(Pressure Sounds/Nocturne) - 17 titres, 61m46s – Produit par Lee Perry – Sortie le 28 septembre - www.pressure.co.uk
Reggae. Figure incontournable du reggae Jamaïcain, au même titre que Bob Marley, Peter Tosh ou Bunny “Wailer” Livingstone, Lee “Scratch” Perry ouvre en 74 son propre studio, le légendaire Black Ark (l’Arche Noire, en référence à la liturgie Éthiopienne). Il va y enregistrer de véritables merveilles avec son groupe, The Upsetters. De ces merveilles, Pressure Sounds nous offre un troisième volume consacré à la période 1974/1978. Pour cet homme, qui fut le héros des skinheads anglais de la fin des années 60, grâce à Trojan qui distribuait ses vinyles outre-manche, l’histoire ne rend que partiellement hommage et c’est profondément injuste. Lee Perry n’hésite pas à injecter des sons puissants sur des rythmiques lourdes pour en faire des dubs au son énorme. Un petit bijou que l’on doit à un nouveau label, Nocturne qui distribue dorénavant les productions Pressure Sounds. DS-D
4 - À ranger entre King Tubby et bunny “Striker” Lee

Puddle of Mudd
Come Clean
(Polydor/Universal) - 11 titres, 48m11s – Disponible - www.puddleofmudd.com
Grand rock. En 1994, quand Wes Scantlin forme la première mouture de Puddle of Mudd, lui et ses trois compagnons deviennent très rapidement les grosses rock stars… de Kansas City. "Nous serons plus grands que Creed !" clame-t-il encore aujourd'hui, après un premier split en 97 et, depuis, une renaissance auprès de trois nouveaux acolytes. Scantlin a derrière lui les bagarres glauques et les désillusions, mais surtout des années de scène (ils sont actuellement sur la route aux US avec les Deftones et en Europe avec Linkin Park) et de répétitions. C'est ce qui fait de Come Clean un premier album (après quelques singles épars) grandement maîtrisé et d'une rare tenue créative et musicale. Un million de copies (fait rarissime pour un nouveau groupe) a été envoyé dans les magasins et MTV ne les quitte plus. Il faut dire qu'entre mille clones tristes et insipides des authentiques Green Day et quelques maîtres qu'ils égalent déjà presque (de Bush aux Foo Fighters, en passant par Creed, indeed), Puddle of Mudd est aussi la première signature de Flawless, le label de Limp Bizkit. "Control" rentre d'emblée dans le lard, puis "Drift & Die", à l'intro acoustique, garde la hargne et la mélancolie d'une voix aussi solide que brisée. "Out of My Head" et "Nobody Told Me" (une pure merveille !) imposent un rock puissant, intelligemment calibré pour les stades. Les guitares sont lourdes et efficaces. "Piss It All Away" conclue l'album comme un hommage à peine décalé à Led Zep. Inspiré comme bien peu de ceux de leurs chers collègues sus-évoqués, ce skeud majeur est à dévorer sans tarder. MEK
5 - À ranger entre Nirvana et Silverchair

Quasi
The sword of God
(Domino/Labels) - 14 titres - 52m 54s - produit par Quasi- Disponible - www.dominorecordsco.com
Rock bricolo sympa. Déjà un cinquième album pour ce duo de l’Orégon composé de Janet Weiss (moissonneuse-batteuse occasionnelle chez Sleater Kinney) et Sam Coomes (bassiste chez Elliott Smith) et qui, après des débuts assez bruitistes, semblent eux aussi avoir opéré un virage à 90 degrés vers des sonorités nettement plus audibles. Enregistré dans leur home studio de Portland, l’album se présente sur la forme d’une succession hétérogène de morceaux mélancoliques ou plus énervés où dominent piano, synthés et harmonies vocales avec des textes souvent bien sentis (“Fuck Hollywood”). D’où une impression de joyeux fourre-tout aussi hétéroclite que sympathique. À l’image du personnage de dessin animé d’où est tiré son nom, le duo joue la carte d’une musique gentiment bordélique prônant le retour à un rock libre, décomplexé et toujours vivant. Comme le proclame le dernier morceau : “Rock and roll can never die !”… PR
3,5 - À ranger entre Mercury Rev et Grandaddy

The Real Kids
The New Rose Years
(Last Call) - 30 titres pour 103m52s - Produit par Andy Paley Disponible - www.rockinboston.com
Rock séminal. Bien avant les extraordinaires Del Fuegos, la ville de Boston était fière de compter comme membres résidents John Felice et ses trois acolytes, même si leur carrière fût à l'image de leur musique chaotique, très peu recommandable mais tellement attachante… L'espace de trois disques (un album entier, un mini et un live enregistré au Bataclan parisien le 2 Février 1983), ces Vrais Gosses firent régner un salutaire vent de simplicité sur un rock & roll qui commençait à se prendre un peu trop au sérieux. Des riffs de guitares plus coupants qu'un couteau de boucher, une rythmique infaillible, des chansons qui ne parlaient que de filles et la voix légèrement écorchée de John Felice : il n'en fallait pas plus pour que l'auditeur soit aux anges et se reprenne à espérer… TS
4 - À ranger entre le Coffret New Rose et l'album de la reformation

Reindeer Section
Y’All Get Scared Now, Ya Hear !
(Bright Star Records/PIAS) - 14 titres, 40m25s – Produit par Gary Lightbody - Disponible.
Rencontre pop au sommet. Avant même d’écouter le disque, le projet Reindeer Section a de quoi plaire, à ne considérer que la liste des participants : des membres de Mogwai, Arab Strap, Belle & Sebastian, Astrid, Hercules,… Bref, une grande réunion au sommet de la crème des artistes pop de la scène écossaise. Puis, fatalement, vient le moment du doute. Que peut bien valoir cet album aux atours si séduisants ? À la première écoute, nous sommes rassurés. Points positifs : le son est bon, une certaine identité ressort de l’ensemble, de belles mélodies. Point négatif : Y’All Get… n’arrive pas à la cheville de Rock Action ou The Red Thread. Quoiqu’il en soit, un album bien sûr fort recommandable.
CD’O
3.5 - À ranger entre Belle & Sebastian et Arab Strap

Rhany
Alamtini
(Atoll Music/Sony) - 14 titres, 51m22s – Produit par – Disponible - www.atollmusic.com
Groove Arabo Latino. De père Marocain et de mère Franco-Algérienne, Rhany part très jeune s’installer en Tunisie. C’est donc l’ensemble des pays du Maghreb qui nourrissent son âme et son esprit. Mais pas seulement, car notre homme est un fan de musique latino et construit un pont entre culture orientale et sud américaine. Son premier album avait été enregistré à Los Angeles, l’enregistrement de celui-ci a eu lieu à Cuba, au studio Egrem réputé pour ses productions et artistes légendaires (Ibrahim Ferrer, Buenaventura et Compay Segundo…). Compay Segundo dont il n’hésite pas à reprendre “Chan-Chan” arrangé de mélopées orientales. Hélas, d’une démarche intéressante on arrive assez vite à une variété sirupeuse qui gâche un peu le propos de son auteur. Considéré par certain comme le Ricky Martin d’une tendance Salsa-Orientale, et star dans son pays natal : le Maroc. Rhany a du talent, mais devrait chasser quelques vieux démons commerciaux. DS-D
2 - À ranger entre Casablanca et La Havane

Nambo Robinson
Reggae in my bone
(Sound of World/Night & Day) - 12 titres, 46m 46s – Produit par Ronald Nambo Robinson & Dean Frazer – Disponible – www.soundworld.free.fr
Reggae. Le trombone, en solo, n’est pas un des instruments les plus usités dans le reggae. Pourtant Nambo Robinson, un des piliers du reggae jamaïcain ayant accompagné aussi bien sur scène que sur disque, des personnages aussi prestigieux que Jimmy Cliff, Bob Marley, Peter Tosh, les Fugees et même… Pierpoljak, n’a pas hésité pour son premier album solo à nous faire découvrir cet instrument trop peu connu. Dean Frazer, un des rois du saxo jamaïcain est aux manettes et participe avec Nambo aux arrangements. Mis à part “Her Majesty”, le second titre de l’album, le reste des morceaux sont des instrumentaux qui, s’ils peuvent décourager certains amoureux des vocaux Jamaïcains, valent que l’on découvre cet instrumentiste, longtemps resté dans l’ombre. DS-D
3 - À ranger dans vos valises

Rollins Band
Nice
(Steamhammer/Wagram) - 12 titres, 45m00s - Produit par Henri Rollins – Disponible - www.spv.de
Softcore. Henri Rollins a le noyau dur ! Impossible de le faire dévier de sa trajectoire, c’est lui qui influe sur son entourage et si cet auditoire n’est pas aussi large que le Monsieur le mériterait, ça ne change en rien sa façon de procéder ou ses envies de diversité dans la mise en mots de ses maux (spoken words, livres, albums plus rock…). Ici, il revient à un bon gros rock proche parfois de ses premières armes hardcore, mais versant dans le cynisme (“Up For It” notamment) dès qu’une occasion se présente. Pas simplement un disque de formules exultées, Nice est aussi une habile collection de morceaux rock où la guitare prédomine (mixée souvent très en avant sur les solos). Au total, quelques grammes de brutalité dans un monde de finesse… CG
3,5. À cacher dans 1000 Ways To Die

The Rosenbergs
Mission You
(Discipline Global Music/Naïve) – 11 titres, 44m17s – Produit par Dan Iannuzzelli – Sortie le 2 ocobre 2001 - www.therosenbergs.com
Indie Pop. Un quatuor pop-rock enregistrant sur le label de Robert Fripp, voilà qui mérite une attention allant au-delà du registre proposé par les Rosenbergs. Ceux-ci s'étant fait connaître par une attitude intransigeante à l'égard du music-business, on aurait pu supposer que ce premier album s'éloigne des chemins par trop prévisibles de la pop. Ça n'est pas le cas, aussi faut-il se résoudre à apprécier Mission You pour ce qu'il est, à savoir un album d'honnête facture, aux mélodies agréables, sans être véritablement transcendantes. Le combo dissipe les soupçons de ne représenter qu'un coup publicitaire, attendons une suite éventuelle pour voir s'il fait véritablement l'affaire. CF
3 - À ranger entre Cheap Trick et Built To Spill

Royal Hunt
The Mission
(NTS/Wagram ) - 13 titres, 51m53s - Produit par Andre Andersen – Disponible - www.royalhunt.com
Heavy Martien. Les Danois de Royal Hunt ont visiblement dû être très réconfortés par leur période de rodage avec leur nouveau ténor John West, car, gonflés à bloc, ils se sont lancés ici dans l'ambitieux projet de mettre en riffs les Chroniques Martiennes du sieur Bradbury. Un concept surdimensionné dans lequel le quatuor scandinave ne s'est pourtant pas égaré, loin de là. C'est une réussite totale, qui alterne des morceaux d'un heavy racé d'une mise en place sonore digne de Boston et des séquences de bruitages sci-fi pour assurer l'ambiance, façon Pink Floyd. Tout ceci a beaucoup d'allure, John West est encore meilleur et se rapproche maintenant du grand David Couvert d'Ailes, c'est dire, et Royal Hunt risque d'en bluffer plus d'un avec cette superproduction métallique impressionnante. HP
4 - À ranger entre Boston et Stratovarius

La Ruda Salska
Passager du Réel
(Yelen/Sony) - 14 titres, 55m57s – Produit par Andy Lyden - Sortie le 9 octobre 2001 - www.larudasalska.com
Rock Ska. Pourquoi ? Pourquoi les huit gaillards de La Ruda Salska ont-il choisi pour leur troisième album studio une pochette aussi laide ? Le clin d’œil aux films de série Z des années 60, O.K, mais quand même… Et le livret intérieur est pire, insipide… Dommage. Cela dit, qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse, et l’ivresse, on l’a. Car la Ruda n’a jamais été en meilleure forme. Produit par Andy Lyden (Marley, U2 etc. Excusez du peu !), Passager du Réel est un grand disque. L’essence de ce qui fait ce groupe si particulier est là, des textes magnifiques et subtils, une grande cohésion de l’ensemble du groupe, des cuivres en folie, des guitares pointues, une rythmique impeccable. Bref, Pierrot et son gang ont su tirer le meilleur parti de ce producteur de talent, à moins que ce ne soit l’inverse. En tout cas le résultat est plus que probant. DS-D
4,5 - À ranger entre L’Art de la Joie et En Concert

Benardo Sandoval
Buenos Dias
(Passage/Next Music) - 13 titres, 52m42s – Produit par Benardo Sandoval – Disponible - www.nextmusic.fr
Flamenca Lounge. Pas vraiment un nouveau venu, Bernardo Sandoval avec Buenos Dias présente son septième album. Césarisé en 1998 pour la musique du film de Manuel Poirier Western, et membre fondateur du collectif 100 % Collègues avec les frères Amokrane du groupe Zebda, ce Toulousain d’origine espagnole distille un flamenco “désintégré et intègre” selon sa propre expression. Accompagnées entre autres de Jean-Luc Amestoy à l’accordéon et de l’orchestre national de chambre de Toulouse, ses mélodies mélancoliques sont un vrai bonheur. Pourvu d’une voix de bluesman espagnol, Bernardo Sandoval, appuyé des textes de son frère Gabriel, nous enchante comme le ferait un coucher de soleil sur l’arrière-pays catalan. DS-D
4 - À ranger entre Gilberto Gil et Chet Baker

Sanseverino
Le Tango Des Gens
(Saint George/Sony) - 11 titres, 44m17s - Produit par P. Avril - Sortie le 25 septembre 2001 - www.sonymusic.fr
Chansons tziganes. Stéphane Sanseverino a 39 ans, de l’expérience musicale (il officiait auparavant chez les Voleurs de Poules) et beaucoup de voyages à son actif. Une somme d’arguments des plus convaincants qui font du Tango Des Gens un album mûr et complet. Musicalement d’abord, car l’ami nous emmène dans ses explorations manouches et orientales au fil des onze titres impeccablement interprétés par une formation classique agrémentée d’un violon tzigane, de cuivres et de guitares exotiques. Lyriquement ensuite, puisque les textes de Stéphane fleurent bon la France populaire maligne qui ne craint ni les mots légers, ni les idées fortes. À la fois dépaysant et familier, le premier album solo de Sanseverino ouvre de nouvelles voies plus qu’intéressantes à la chanson française d’aujourd’hui. CD’O
3.5 - À ranger entre les Têtes Raides et Mano Solo

Saxon
Killing Ground
(Steamhammer/Wagram) - 11 titres, 49 m 49 s - Produit par Nikolo Kotzev et Herman Franck - Sortie le 24 Septembre 2001 - www.spv.de
Jurassic Hard. Depuis 79 -si l'on excepte un break de deux ans- le groupe de Biff Le Byford et Paul Quinn n'a jamais dételé. Une longévité à saluer. Cela ditn l'ancien maître de la NWOBHM a connu des hauts, des bas, des débats, des dérives leppardiennes, des albums exsangues, et des come-back alléchants. Ce nouveau disque est à l'image de sa carrière, inégal et chaotique. Il contient de très bonnes pétarades heavy, notamment tous les morceaux bien animés. Mais les mid-tempos à la AC/DC sont moins convaincants malgré une voix supérieure. Et surtout, il y a aussi ici de francs naufrages : un plagiat de Wishbone Ash, une reprise navrante de "In The Court Of The Crimson King", et un "Shadow s On The Wall" affligeant. Saxon tel qu'en lui-même, des gros riffs, et peu d'idées. HP
2 - À ranger entre Iron Maiden et AC/DC

Timothy B. Schmit
Feed The Fire
(Giant/BMG) - 11 titres, 44m59s - Produit par Timothy B.Schmit – Disponible - www.timothybschmit.com
Tequila Sunrock. La voix souple et enlaçante de Timothy B. Schmit avait d'abord ensorcelé Poco avant de venir soutenir celles des autres Eagles. Mais comme les Aigles ne furent guère des forcenés du travail ces vingt dernières années, cela permit à Timotibi de mener en pointillé une carrière solo fort diversifiée dont voici le quatrième épisode. Cette fois, le chanteur-bassiste-compositeur est soigneusement resté dans le créneau musical des Eagles, entre California rock ondoyant et country rock ensoleillé, et personne ne s'en plaindra car l'homme excelle vraiment dans ce style. Sa voix seule suffit une fois de plus à faire de cet album un vrai régal, à s'offrir peinard les yeux perdus dans le couchant et la chair languissante de bien-être, une Tequila Sunrise à la main. HP
3,5 - À ranger entre Eagles et America

Seafood
When Do We Start Fighting ?
(PIAS) -11 titres, 54m37 s – Disponible - www.pias.com
US College Rock. Défini de la sorte, pas de vraie discussion possible, et pourtant ! When Do We Start Fighthing ? est exactement le genre d'album qu'il vous faudra patiemment et religieusement écouter (comme à l'époque bénie où vous vous passiez en boucle les premiers REM et Microdisney) une bonne demi-douzaine de fois, avant de commencer à en apprécier toutes les subtilités. Le quatuor londonien répondant au doux et odorant nom de Seafood n'a rien fait pour faciliter le confort de l'auditeur (mis à part un son clair et riche dont nous ignorons le maître d'œuvre) et les fans, si fans il y a, viendront d'eux-mêmes et non pas à grands renforts de panneaux publicitaires et autres coups médiatiques plus ou moins tordus… TS
3,5 - À ranger entre Surviving The Quiet (leur premier LP) et Pavement

Sonata Arctica
Silence
(NTS/Wagram) - 13 titres, 62m - Produit par Mikko Karmila et Sonata Arctica – Disponible - www.sonataarctica.com
Finn Champhard. Ce ne sont pas les plus expérimentés loin de là, ni les plus barges non plus, mais les jeunes godelureaux de Sonata Arctica forment certainement le groupe le plus éclatant de la scène métal finlandaise en plein boum. Que de progrès accomplis depuis leur premier album, pourtant pas si ancien. Ils ont vraiment trouvé leur voie entre speed heavy à la Raikonnen et prog métal bien peaufiné. Leurs compositions sont beaucoup plus affirmées et débordent d'idées. La voix de Tony Kakko a gagné en ampleur, et les empoignades entre la guitare flamboyante de Jani Liimatainen et les claviers cinoques de Mikko Harkin sont devenus de fantastiques moments d'ivresse. Tout cela impressionne joliment, surtout compte tenu du jeune âge de cette explosive pouponnière.
4,5 - À ranger entre Stratovarius et Rhapsody

Spearmint
A Different Lifetime
(Hitback/Poplane) – 15 titres, 53m26s – Produit par Pete Hofmann – Disponible - www.spearmint.net
Indie Pop. Si le premier album de Spearmint évoquait les mânes de New Order, c'est par contre du côté de la pop bucolique qu'il faut chercher ici l'inspiration de A Different Lifetime. Les 15 titres qui composent le disque s'emploient en effet à déployer mélodies douceâtres, légèrement étayées par de délicates guitares électriques ouvragées, des vocaux subtils à la limite du maniéré et ces envolées où le lyrisme est tempéré par des climats plus acoustiques et pastoraux. Plaisamment parsemé parfois de gracieux arrangements à cordes, ce disque comblera de ravissement les amateurs d'une pop qui, faute d'être foncièrement originale, a le mérite de viser au raffinement plutôt qu'à la trop facile immédiateté. CF
3 - À ranger entre Belle & Sebastian et Lilac Time

Spiritualized
Let It Come Down
(BMG) - 11 titres, 62m53s - Produit par J. Spaceman et J. Coxon - Sortie le 17 septembre 2001 - www.dedicated.co.uk
Pop rock symphonique. Quant le chanteur/leader Jason Pierce décide d'agir, il ne le fait pas à moitié. Après avoir connu un succès mérité avec leur élégant Ladies And Gentlemen We Are Floating in Space en 1997, les trois membres restants de Spacemen 3 partent en tournée au travers du globe. En 1999, il ne reste de Spiritualized que Pierce, les trois autres, Kate Radley, Sean Cook et Damon Reece, ayant, selon la version, abandonné le pauvre chanteur à son triste sort d'artiste incompris et solitaire ou bien, plus concevable, été gentiment congédiés. Riche d'un nouveau line-up (qui atteindra 13 personnes sur scène), ce nouvel opus alterne encore savamment pouvoir pop rock énergique et mégalomanie instrumentale (une centaine de musiciens mis à contribution lors de l'enregistrement) pour un résultat certes impeccable, mais cependant en deçà de ce que l'on pouvait attendre de ce groupe insolite. CD'O
3 - À ranger entre Embrace et Stereolab

Staind
Break The Cycle
(Eastwest/Warner) - 14 titres, 56m36s - Produit par Josh Abraham – Disponible - www.staindmusic.com
Heavy Rock. Ils suivent de près les traces des plus grands aînés, Staind. Et Metallica n'est jamais très loin… Tous les éléments essentiels sont là : énergie, urgence, lourdeur, beauté palpable du son et des compositions. Original, aussi ? Nettement moins, ni dans les textes, futés condensés d'états d'âme mille fois ressassés par nos rockers favoris (solitude, monde cruel, sentimentalisme versus cul, and so on…), ni dans la voix, précise, puissante, mais trop identique à tant d'autres déjà ouïes auparavant. Staind, once again, comme trop d'autres rock bands, va devoir rapidement crever l'abcès, destroyer le cordon ombilical et devenir vraiment incorrects. Leur potentielle personnalité sera à ce prix si, un jour, ils veulent ne plus être d'éternels abonnés des "premières parties"…
2 - À ranger entre Soundgarden et Paradise Lost

Starsailor
Love Is Here
(EMI) – 11 titres, 57m51s – Sortie le 2 octobre 2001
Pop éthérée. La pop de ce groupe issu du Nord-Ouest de l'Angleterre et dont il s'agit ici du premier album, parvient à la fois à être aérienne et pastorale. Immatérielle par ces vocaux volatiles aux frontières de la féminité et par ces nappes de claviers qui étayent les mélodies légères, rurale pour ces titres où la guitare acoustique sert de toile de fond. Il y a donc de l'acrobatie dans ces atmosphères musicales, des nuances non pas douces-amères mais plutôt apaisantes par leur côté serein. Starsailor dit poursuivre à travers des titres forts comme "Tie Up My Hand" ou "Poor Misguided Fool" une quête ou naïveté mène à rédemption. Il y parviendra sans doute si l'ensemble de ses compositions se hissent à la hauteur des intentions ainsi revendiquées. CF
3 - À ranger entre Neil Young et Jeff Buckley

Stereolab
Sound-dust
(Eastwest - 12 titres, 63m39s - Produit par John McEntire, Jim OíRourke et Stereolab) - www.stereolab.co.uk - Disponible
Pop hermétique. Il faut être persévérant pour entrer dans l’univers de Stereolab, car, en toute franchise, la première écoute inspire d’abord un sentiment de rejet. Le style est tellement aseptisé, expérimental, linéaire, que même les cuivres et les cordes paraissent synthétiques. Quant à la chanteuse d’origine française Laetitia Sadier, elle psalmodie comme si elle récitait l’annuaire. Si l’on accepte ce parti-pris, on se laissera -peut-être- bercer (berner ?) par cet alliage de pop éthérée, de musique d’aéroport tendance sixties et d’electro un peu kitsch, qui caractérise ce groupe britannique. Moins portée sur le jazz-fusion et la bossa nova que Cobra and Phases, cette “poussiËre de sons” s’avère tout aussi froidement uniforme et propice à l’engourdissement. CV
2,5 - À ranger entre Brian Wilson et Kraftwerk

The Strokes
Is This It ?
(RCA/BMG) - 11 titres, 36m 24s - produit par Gordon Raphael – disponible - www.thestrokes.com
Futur du rock ricain ? Dernière sensation en date new-yorkaise et déjà chouchous de la presse rock outre-Atlantique et outre-Manche, The Strokes nous balancent un premier album renversant qui va faire singulièrement jaser dans les chaumières. Ces mecs-là ont tout compris ! Look passe-partout de rocker de base, pochette classieuse, juste ce qu’il faut provoc et tape à l’œil et musique d’enfer ! 11 morceaux courts (pas plus de 3mns 54) secs, concis et nerveux qui évoquent tout autant le Velvet que Television première mouture. Rien de moins ! Ici, point de démonstration instrumentale incongrue mais des coups de riffs cinglants soutenus par une rythmique carrée et sans fioritures, le tout étant agrémenté de quelques solos de guitare aussi courts que bien envoyés. Le combo aligne ainsi une succession quasi ininterrompue de mélodies impeccables aux textes imagés reflétant les frustrations existentielles d’une jeunesse à la dérive et en quête d’idéal. On n’est pas loin de l’esprit punk néo beatnick américain de la grande époque des Patti Smith, Ramones et autres groupes new-yorkais. Comme référence, y’a pire ! C’est bien simple cette petite merveille ne quitte plus ma platine et foi de Rossferatu, (rejoint par tous les Compact Men), on tient bien là le disque de cette rentrée et sans trop s’avancer, l’un des grands albums de l’année 2001 ! Succombez aux “Caresses”… PR
5 - À ranger entre incontournable & indispensable

Sugar Ray
Sugar Ray
(East West) - 11 titres, 39m55s - Produit par Gilmore, Kahne et Sall – Disponible - www.sugarray.com
Rock pop américain intelligent. "En cas de succès planétaire, les membres de Sugar Ray ne deviendront pas des trous du cul pompeux". Tel est le pacte présenté lors d'une interview et signé par les membres de Sugar Ray (véridique) ! C'était à la sortie de Lemonade And Brownies, que ces turbulents gamins ont ensuite décoré de platine, matière dont ils ne se sont plus départis depuis. Certes, ce nouvel album apparaît bien plus calme et rangé, mais il déballe une telle cargaison de trouvailles mélodiques géniales, qu'il n'y a pas lieu de douter de son avenir. Empruntant certains refrains ou harmonies à la magie des Beatles ou de REM, ajoutant un aspect acoustique poussé et quelques riffs au rock basique, le groupe concocte une mixture pour charts de tous pays. Et en plus, tous ces morceaux ont une âme… HD
4 - À ranger entre The Beatles et REM

Suicidal Tendencies
Lights…Camera…Revolution/The Art Of Rebellion
(FGL) - 26 titres, 121m52s - Produit par Mark Dodson & Peter Collins – Disponible - www.suicidaltendencies.com
Skate Metal. Le groupe préféré des surfers et des skaters californiens (et sûrement d'autres régions) vient de rentrer au panthéon des luxueuses rééditions FGL et la pochette noire ornée du sigle du combo saura épater vos invités, surtout si vous avez su harmonieusement disposer les six références déjà disponibles et qui n'attendaient plus que la venue du petit dernier ! Le rock hardcore, crossover et ironique de Mike Muir, Robert Trujillo et leurs comparses fait toujours mouche à tous les coups et les envolées de guitares voraces vieillissent plutôt bien, comparées à certains enregistrements plus récents mais nettement moins intéressants. Les bonus tracks (deux par disque) ont été choisies avec soin, surtout "Waking The Dead" (rap phrasé hallucinant) et "How Will I Laugh Tomorrow ?", deux perles rares repêchées… TS
4 - À ranger entre Join The Army et How Will I Laugh Tomorrow When I Can't Even Smile Today

Sum 41
All Killer No Filler
(Island/Universal) - 13 titres, 32m19s - Produit par Jerry Finn – Disponible - www.sum41.com
Punk rock. Une grosse demi-heure d'une B.O. de film ado US, n'importe lequel, entre Buffy 3 et Scary Movie 9. Efficace comme tous les autres, un son trop cool, un respect infini pour les aînés (ce qui, comme à chaque coup de ce genre, implique un flagrant manque de personnalité). Joyeuse, énergique, déjantée, gueularde, vaguement plus authentique que la plupart de ses concurrents, ultra-speed, heu, quoi encore… Arpèges fastoches mais trop efficaces confrontés à des relents de Rage ou, ailleurs, de Blink 182, of course ! Prends pas un cida en plus de la zikmu des Sum 41, man, tu risquerais d'y passer… Ah oui : dans le livret, y'a tout pour commander t-shirts et vidéo (?!) et là, évidemment, le bon esprit se métamorphose vite en vulgos caisse Enregistreuse… MEK
2 - À ranger entre Green Day et Smash Mouth

Super Furry Animals
Ring Around The World
(Epic) – 12 titres, 53m05s – Sortie le 18 septembre 2001 - www.ringsaroundtheworld.co.uk
Néo-Psychédélia. Après un album enregistré essentiellement en gallois, SFA revient sous un format plus "universel" mais pas pour autant plus accessible, musicalement s'entend. On retrouve en effet les mêmes idiosyncrasies dissidentes qui font du groupe une entité à part des scènes habituelles. Ring Around The World semble effectivement avoir été conçu comme une épopée, un périple dont l'itinéraire est délibérément indéfini. Les mélodies sont variées, alternant passages mélodieux avec circonvolutions psychédéliques, comme pour prendre à contre-pied l'auditeur. Le risque de se noyer est indéniable, restent des compositions suffisamment frappantes pour qu'on puisse surnager avec un effort conséquent ; et cela en rend d'autant plus appréciable le disque. CF
3,5 - À ranger entre Mercury Rev et Gorky's

Superchunk
Here's To Shutting Up
(Matador/PIAS) - 10 titres, 43m41s - Produit par Brian Paulson – Disponible - www.superchunk.com
Pop aventureuse. Huitième album studio des New Fab Four, en provenance directe de Chapel Hill (Caroline du Nord) cette fois-ci et de nouvelles couleurs chatoyantes ont été ajoutées à leur palette musicale de plus en plus complète. En 2001, Jim, Jon, Mac et Laura se permettent de jouer de la pedal steel guitar ("Phone Sex") ou d'agrémenter la majeure partie de leurs compositions d'une nappe d'orgue du plus bel effet ("Rainy Streets", "Florida's On Fire") et, comme disait le regretté Coluche, la question est : jusqu'où s'arrêteront-ils ? On les a souvent comparés à d'autre formations fantômes telles que East River Pipe ou bien encore The Magnetic Fields, mais une influence bien plus évidente s'impose : Paddy Mac Aloon et son fabuleux Prefab Sprout, mais en beaucoup moins mélancolique, en plus enlevé.TS
3 - À ranger entre Swoon et The Gunman And Other Stories

Triptik
Microphonorama
(Flavor Records/Next Music) - 18 titres, 62m04s – Produit par Drixxxé – Disponible – www.triptik.net
Rap. Trio comme son nom l’indique, composé de deux Mcs , Black Boul’ et Dabaaz, et un producteur Drixxxé, s’étaient déjà fait remarquer avec un premier album, L’ébauche, paru près de trois ans auparavant. Premiers pas, pas très concluants en termes de vente. Un mini album éponyme sorti l’année suivante eut un peu plus d’audience, mais l’ensemble resta assez confidentiel. Des invités prestigieux tel DJ Fresh, DJ Damage, DJ Polska, DJ Pone, Cut Killer ou encore Cutee B sont venus prêter main-forte, et ça l’fait. Les influences Soul/Jazz sont très présentes et donnent parfois un ton très cool à Microphonorama. Le groupe a mûri et les productions de Drixxxé sont extrêmement soignées. Les lyrics variés passent d’un constat lucide à un humour de potache (Bouge tes cheveux) et la diversité en est le maître mot. DS-D
2,5 - À ranger entre Oxmo Puccino et Salif

UHT
Pic de pollution
(La Baleine) - 8 titres, 41m31s – Produit par UHT – Disponible - http://uht.fr.fm
Drum’n (contre)basse. Trio composé du DJ Click aux machines, K 1000 (contre-basse) et Nino Korta (scratchs), UHT délivre sur ce premier album une Drum’n Bass inspirée, développant tour à tour un hip hop groovy et des harmonies jazz. On retrouve en invités le poète Black Sifichi (Radio Nova), ainsi que le saxophoniste Gaël Horellou, offrant à cet album classieux une touche supplémentaire de charme. Si le style n’est pas inédit, loin de là, Pic De Pollution explore avec talent ce genre désormais très formaté. La contre-basse vieille de près d’un siècle donne un ton authentique, rehaussé impeccablement par les improvisations des platines et des machines. Destinée à tous les publics, la musique hybride d’UHT a de belles heures devant elle. CD’O
3,5 - À ranger entre le Peuple de l’Herbe et Erik Truffaz

Jimmie Vaughan
Do You Get The Blues
(Epic/Sony Music) - 11 Titres, 54m 45s - Produit par divers – Disponible - www.jimmievaughan.com
Bluesy Baby. Et hop, rebelote, Jimmie revient avec une nouvelle galette de plus au compteur. Mouais, sans surprise, direz-vous. Eh ben, non. On pourrait même s’aventurer à repousser les frontières de votre tolérance en disant que cet opus et meilleur que Out There, voire se frotte à Strange Pleasure. Tout d’abord parce que le frérot du surdoué y joue la carte de la simplicité, de la prod efficacement soignée, sans oublier -et c’est ce qui retiendra notre attention- qu’il fait sauter l’asphyxiante couche de vernis de ses compos. Ça nous rappelle quelques bons souvenirs made in SRV, divers titres bluesy traditionnels, mais aussi des duos. Ici, la texane Lou Ann Barton chante sur deux titres. Pas mal, pas mal… LE
3,5 - À ranger entre Albert Collins et Robert Cray

Vivid
Auto All
(Virgin) - 11 titres, 45 m 17 s - Produit par Mark Willis & Lutz Rahn – Disponible - www.vividweb.de
Rock tourmenté. Il semblerait que cette formation qui en est à son troisième album (le premier date de 1997, alors que le groupe naquit en 1991) soit native de ces contrées qui donnèrent au monde les jolis et efficaces casques à pointe et autres gaz moutarde, ce qui ne l'empêche nullement d'être talentueuse et de resplendir d'une beauté sombre et angoissante, un peu à la manière d'un R.E.M. première période, ou bien encore comme Mark Etzel avant le scandaleux sabotage de son pourtant nécessaire American Music Club, vous situez à peu près ? Le chant est maladif, bien sûr, et l'orchestration le suit dans cette voie tortueuse, ne craignant pas d'étaler au grand jour des tourments personnels, faisant fi d'une pseudo pudeur de rigueur habituellement… Plaisant mais éprouvant à l'écoute… TS
3 - À ranger entre San Francisco (AMC) et Fables Of The Reconstruction (REM)

The Wonderstuff
Cursed With Insanity
(Spitfire/Edel) - 26 titres, 93m25s - Produit Mick Glossop - Disponible
Celtico-rock. Fin 2000, les Wonderstuff, jadis dissous dans l’indifférence générale, décident d’une énième reformation, le temps de quelques concerts, dont est issu ce double enregistrement live. Dommage que la destinée de cette bande de joyeux lurons ait été autant semée d’embûches, car leur rock a tout pour plaire : de l’énergie (beaucoup), des textes qui en disent long (souvent), quelques emprunts celtiques (pour la bonne bouche) et une bonne humeur communicative au possible. Ainsi retrouve-t-on sur ce très bon album live quelques-uns de leurs meilleurs moments de bravoure (“Welcome To The Cheap Seats”, “On The Ropes”, “Unbereable”, “The Size Of A Cow”…). Finalement, leur seule erreur aura été d’émerger au cœur des eighties, la décennie des pestiférés… CG
4 - À ranger entre The Men They Couldn’t Hang et Wedding Present

Hawksley Workman
(last night we were) The Delicious Wolves
(Recall/Discograph) - 11 titres, 39m 50s - Produit par Hawksley Workman - Sortie le 16 octobre - www.hawksleyworkman.com
Rock déférent. D'un premier titre, "Striptease", qui évoque Babylon Zoo, à un dernier, "Lethal and Young", réminiscent du plus émouvant Nick Cave, le Travailleur canadien n'en finit plus d'aligner les plus troublants exercices de style. À l'image de For Him And The Girls (il y a huit mois !), ce deuxième tome des aventures sonores du multi-instrumentiste est la suite d'une ré-écriture, par le jeune artiste, de ses influences musicales favorites, conscientes ou non. Des tonnes de kilos de louanges pleuvent sur ses solides épaules depuis presque un an, mais le grand public ne soupçonne toujours pas son existence. Il y a pourtant sur disque, encore plus limpidement que sur le premier, une majorité de "pop songs" que des radios intelligentes, si elles existaient, pourraient passer en boucle. MEK
4 - À ranger entre David Bowie et Beck

Thalia Zedek
Been Here And Gone
(Matador/Pias) – 11titres, 54m 56s – Produit par Thalia Zedek et Bryce Goggin – Disponible - www.matadoreurope.com
Avant Rock. Ex-chanteuse et guitariste de groupes comme Come, Uzi ou Skull, Thalia Zedek s'est fait remarquer par une interprétation intense comparable à celle de Patti Smith ou Nick Cave. Sur ce premier album solo, elle s'éloigne de ce registre plutôt rauque et exacerbé pour nous offrir un opus dépouillé, axé sur la notion de "singer/songwriter" et étayé par une instrumentation acoustique. On retrouve pourtant cette virulence directe, basée cette fois sur une approche plus organique et viscérale que dissonante et avant-gardiste. Certaines compositions ("Back To School") sont même plus qu'envoûtantes et l'utilisation d'instruments inattendus (trompette et surtout viole) accentue avec bonheur l'étrangeté véhémente de l'album. CF
3,5 - À ranger entre Marianne Faithfull et John Cale

Zen Guerilla
Shadows Of The Sun
(Sub Pop/Night & Day) - 14 titres, 41m55s - Produit par Jack Endino – Disponible - www.evilbitch666.com
High Rock. Le cocotier du rock bien lourd est une fois de plus secoué vigoureusement en cette fin d’été avec le Therapy? Estampillé 2001 (grandiose, on en reparle le mois prochain), l’excellente surprise Puddle Of Mudd et ce nouveau Zen Guerilla aux accents joyeusement barbares. Pour employer une expression certes à la mode, mais ô combien efficace et imagée dans le cas présent : ça déchire ! Et pas qu’un peu : batterie syncopée, guitares en chute libre, voix de garage, les titres défilent et appuient tous un peu plus sur nos pauvres boîtes crâniennes malmenées. Le pire, c’est qu’on en redemande, qu’on participe (battements de pieds pour les plus introvertis, rideaux arrachés et plafond maculé de bave pour les autres). High Voltage et haute voltige garantis !… CG
4 - À ranger entre Therapy? et Sonic Assassin