COMPACT #15 - sept. 2001

A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
 A.D.
 Division De La Horde
(Le Poulailler/Last Call) - 8 titres, 24m39s - Sorti juin 2001 

Grosse surprise hexagonale. Enfin des petits gars bien de chez nous, mais talentueux quand même (le label Made In France ne constituant pas toujours un handicap) puisqu'ils ont signé la musique ici présente du mystérieux film La Mère De Ta Mère , production française s'il en est ! Leur recette est simple, mais rudement efficace : vous prenez quelques guitares fortement saturées, une ou deux boîtes à rythmes, une voix frileuse d'extra-terrestre antédiluvien pour assurer la liaison entre les morceaux, beaucoup de talent et de savoir-faire et le tour est joué ; l'auditeur se retrouve scotché à son siège, fort dépourvu lorsque la fin de ce mini-album fût venue, réclamant d'une façon écoeurante une dose supplémentaire, rien qu'une et on arrête, promis-juré... Le titre le plus réussi est incontestablement "La Horde", marche militaire rock (?) qui vous fera défiler au pas de l'oie autour de la table du salon jusqu'à ce que les piles soient nazes...TS

4 - À ranger entre les Béruriers Noirs et les Sirens Of 7th Avenue

Absurd
Pour un oui, pour un nom
(Pachy Prod/Adipocere - abs0102hlhooq) - 11 titres, 65m52s - Produit par Didier Boyat - Sortie en mai 2001 

Metal français à textes. De lui, on pourrait dire qu'Absurd est sans complexe et qu'en plus, il se soigne ! S'afficher groupe de hard rock chantant en français, constitue de nos jours, une sacrée gageure. Pari qu'Absurd remporte haut la main grâce à des compos percutantes, empruntant autant à l'univers d'Iron Maiden qu'à celui de grands dinos du progressif tricolore... Alternance de coups de speed et de ralentissements d'humeur, les idées fumantes se bousculent et le couvercle de la marmite saute irrémédiablement pour laisser échapper des lyrics originaux, poétiques et bien pensés. Baigné dans une production sans artifice, Pour un oui, pour un nom frappe inévitablement les esprits. Dans son monde, Absurd a su se trouver une identité remarquable, tout ce qu'il faut pour être haït... ou aimé.HD

4 - À ranger entre Ange et Iron Maiden (analphabète !!!)

Alexkid
Bienvenida
(F Communications/Pias) - 10 Titres, 51m 22s - Produit par Alexis Mauri - Sortie Le 18 juin 2001 

Abstract hip hop, house et compagnie. Passant avec une réelle aisance de l'abstract à la drum&bass, Alexis Mauri, alias Alexkid, a pondu un album aux sonorités superbes, ce qui n'est guère étonnant quand on apprend que ce natif de Boulogne est multi-instrumentiste, programmeur, DJ et remixeur. Cependant, le soin extrême apporté à ces dix titres pourrait vite produire un effet aseptisant s'ils n'avaient pas cette petite touche de sensualité qui fait la différence (mention spéciale à "Maybe", "U'S Variation" et "Strawberry Lane"). Quant à certains morceaux, notamment ceux chantés par Ursula Rucker et Hanifah Walidah, ils manquent un peu de consistance. Mais bon... Le Frenchy ne s'en tire pas trop mal et le CD reste une découverte intéressante. CV

3,5 - À ranger entre Nova Nova et Dj Cam

American Hifi
American Hifi 
(Island/Universal, 542 871-2) -13 titres, 49m03 s - Produit      par Bob Rock - Sortie le 21 Juin 2001 

Rock à grosses guitares. La batterie mène à tout, semble-t-il. Après avoir frappé les peaux pour Letters To Cleo, la délicate Aimée Mann période post-Til Tuesday et les récemment démissionnaires Veruca Salt, voilà-t-y pas que Stacy Jones, non content de créer son propre groupe, s'est même adjugé le poste tellement prisé de chanteur/guitariste/auteur/compositeur ! Et c'est avec facilité et énergie qu'il se démène dans ses nouvelles fonctions, une véritable renaissance, un Born Again Rocker en quelque sorte... L'album est plaisant, un véritable festival de guitares dans tous les coins et on se dit que si tous les splits de groupes talentueux se soldaient par la formation de groupes encore plus talentueux, tout le monde devrait faire un salutaire break de temps à autre...TS

3,5 - À ranger entre les Foo Fighters et votre groupe américain à guitares favori

Aqua Bassino
Beats'n'bobs
(F Communications/Pias) - 11 Titres, 67m41s - Produit Par Bassino - Sortie Le 27 aout 2001 

House de salon. On appelle ça de la deep house, de l'ambient house, c'est à dire que ça peut s'écouter en travaillant, en mangeant, en lisant, ça ne vous dérangera pas. Aqua Bassino se plaît à mélanger intimement house, jazz, groove, musique africaine ou sud-américaine, ajoutant au passage un filet de sirop pour adoucir les tympans. L'ensemble est assez original, subtilement dosé, mais ne décolle jamais vraiment, à tel point qu'on ne sait pas trop quoi dire sur ce premier album, sinon qu'il constitue un très agréable fond sonore. Parlons donc de l'artiste : depuis 1995, Bassino a sorti plusieurs EPs remarqués ("Swirl", "Deeper", "Pools"... ) et, quand il ne s'active pas dans ses studios écossais, il fait chauffer les platines des night-clubs à travers l'Europe. Sûr que là au moins, ça doit bouger plus... CV

2,5 - À ranger entre Frederic Galliano et Saint Germain

Armored Saint
Nod To The Old School
(Metal Blade/M10, 3984 14373 2 ) - 18 titres, 72m18s - Produit par Joey Vera - Sortie le 18 juin 2001

Métal exemplaire. Du côté de Metal Land, s'il ne devait en rester qu'un, un bon nombre d'enragés voudrait sans doute que ce soit l'irréprochable Armored Saint, un groupe qui a toujours pratiqué avec un allant inépuisable les fondamentaux du heavy. Ce disque est une sorte d'auto-tribute plus qu'un best of, car il rassemble une cargaison d'enclumes rares que même les fans du groupe ne connaissent pas vraiment : leur premier EP de 83, une sidérante démo 4 titres de 89, une reprise de Judas Priest et une autre de Robin Trower, une nouvelle version de "March Of The Saint", des versions acoustiques, des live, des remixes, et en plus une fournée de nouveaux titres tout droit sortis de leur four à riffer. De quoi gaver les plus exigeants. Sacré groupe que ce cuirassier sanctifié. HP

3,5 - À ranger entre Judas Priest et Blue Oyster Cult

Attention Deficit
The Idiot King
( Magna Carta/Muséa MAX9054 2 ) - 11 titres, 53m12s - Produit par Attention Deficit - Sortie Mai 2001 

Prog périlleuse. Ne vous fiez surtout pas au nom préoccupant et franchement mal choisi de ce trio progressiste. On est en fait loin du dépôt de bilan avec ce second album qui rassemble Tim Alexander, l'épuisant batteur fou de Primus, Alex Skolnick dont la guitare enflamma Savatage et Testament, et la basse libertaire de Michael Manring. Leur musique instrumentale à haut risque combine astucieusement les esprits de King Crimson et de Pink Floyd à l'improvisation jazzeuse. Le niveau technique est très -et même très très- élevé, mais l'originalité de ton et le pétillant de ces virtuoses captent tout de suite l'intérêt. Même si AD n'est pas facile d'accès et propose avant tout de la musique pour musiciens, on peut se passionner pour ces trois funambules électriques.   HP

3 - À ranger entre King Crimson et Larry Coryell

Baobab
Reggae Social Club
(Polydor/Universal - 5499002) - 13 titres, 51m 48s - Produit par Lynford Marshall & Colin York - Sortie le 19 juin 2001 
Reggae. Pour ce second opus, les Baobab ont choisi d'aller enregistré là où le reggae a pris naissance : la Jamaïque. De la banlieue de Paris à Kingston, Jamaïca, si le trajet peut être un peu long, les vibrations sont similaires. Toujours Lynford Marshall aux manettes (pour le premier album, il avait fait, lui, le voyage Kingston/Paris), et des invités prestigieux : le fameux duo Sly & Robbie, Dean Frazer, déjà entendu sur le dernier Pierpoljak, le clavier Robbie Lyn et bien d'autres encore. Un reggae aux textes fortement imprégnés de thèmes sociaux (l'Algérie, la Palestine, et la jeunesse désemparée) qui place le quatuor dans le peloton de tête du reggae francophone. Reste au combo de concrétiser sur scène, la force de cet opus, sans l'aide des Jamaïcains... N&DS-D

3,5 - À ranger entre Pierpoljak et Mister Gang

The Beta Band
Hot Shots II
(EMI) - 10 titres, 46m00s- Produit par Beta band - Sortie le 17 juillet 2001 

Néo-Electonica. Comme sur leur premier véritable album, Hot Shots II défie littéralement les genres. On y retrouve complexités sonores et éléments qui paraissent empruntés à l'histoire du rock & roll, surtout dans sa composante psychédélique. Le groupe sample ainsi le "Daydream" des Wallace Collection sur "Squares" et l'album procure une impression d'atomisation et donc d'expérience sonique différente à chaque écoute. Si le combo s'est attaché, cette fois-ci, à respecter certains canons en matière de composition (à savoir le diptyque couplets/refrains), le disque se révèle pourtant encore bien trop fragmenté pour mériter l'adjectif de "bon" ou de "mauvais". Gageons qu'il soit sans doute un peu des deux à la fois.CF

3,5 - À ranger entre Scott 4 et Spiritualized

Andrew Bird's Bowl Of Fire
The Swimming Hour
(Ryko/Naïve, RCD 10606), - 13 titres, 50m 35s - Produit par Mike Napolitano - Sortie le 24 avril 2001 
Retro Swing. Écouter The Swimming Hou r équivaut à se baigner dans l'histoire musicale du 20° siècle. Bird, ancien violoniste des néo-swingers The Squirrel Nut Zippers, mélange ainsi différents genres comme le classique, la musique latine ou bohémienne, le rock et la pop avec virtuosité et surtout bonheur. Cet extraodinaire cargaison de divers styles est unifiée en effet par les vocaux et les harmonies impeccables de Bird ainsi que par des textes à la fois intelligents et facétieux. Même si l'album est manifestement obsédé par l'histoire musicale, Bird y transmet suffisamment de sa propre verve pour l'empêcher de sombrer dans un énième et poussiéreux artefact de musée. Mémorable !CF

4,5 - À ranger entre Brian Setzer et Royal Crown Revue

Blue Öyster Cult
Curse Of The Hidden Mirror
(Sanctuary/NTS, SANCD 089) -11 titres, 51m44 s - Produit par Eric Bloom & Buck Dharma  - Sortie le  05 Juin 2001
Monument hard. Enième album du Culte de l'Huïtre Bleue, après un remaniement ministériel ayant abouti à l'arrivée de Danny Miranda (bass, vocals, keyboards) et Bobby Rondinelli (drums) ; du sang neuf (surtout pour des vieux vampires comme les B.O.C. !) ayant toujours un effet bénéfique sur les concerts et les enregistrements suivants. Ce nouvel album ne déroge pas à cette règle immuable : les titres sont classieux (surtout "Dance On Stilts", "The Old Gods Return" et "I Just Like To Be Bad"), on sent bien que les musiciens oeuvrent en une parfaite osmose et, pour un peu et en fermant les yeux, on se croirait (avec un effort) revenu aux temps bénis des premiers albums, avec leurs pochettes noires et blanches tellement énigmatiques. Une véritable cure de jouvence et un bond de presque 30 ans en arrière ...TS

3 - À ranger entre The Red & The Black et Tyranny & Mutation

David Bowie 
All Saints
(EMI) - 16 titres, 75m51s - Produit par Divers - Sortie le 9 juillet 2001 

Bowieserie. C'est une autre facette de notre caméléon de génie que propose cet All Saints regroupant divers instrumentaux datant de 77 à 99. Loin des extravagances "glam" et de l'austérité "industrielle", l'on découvre ici le Bowie avant-gardiste (mais ne l'a-t-il pas toujours été au fond ?) fantasque amateur de musique sérielle et toujours prompt à s'emparer de l'innovation. On sait que, loin d'être un vulgaire plagieur, Bowie sait, comme ses collaborations avec Iggy Pop, Lou Reed, Eno ou Philip Glass l'ont abondamment montré, cristalliser à merveille autour de lui plus que la somme de deux individus. All Saints c'est un peu tout cela : et si au fond, notre homme était également un fabuleux expert en maïeutique ?CF

4 - À ranger entre Low et "Heroes"

Cairo
Time Of Legends
(Magna Carta/Roadrunner 22 202522) - 7 titres, 47m31s - Produit par Mark Robertson et Jeff Brockman - Sortie Juin 2001

Prog géométrique. Cairo se résume désormais à un trio, mais quel trio, et s'est plus que jamais recentré sur les claviers des mille et une nuits de Mark Robertson. Mais il reste fidèle à ce qui fut toujours sa ligne musicale : une prog impeccable et monumentale, plombant sévèrement le chemin initié par ELP. Ce qui frappe le plus dans ce disque irréprochablement agencé est le caractère parfait de sa mise en place. Par contre, comme ce fut déjà le cas, on regrettera le déficit de passion et d'émotions vives. Cairo est un groupe de géomètres qui trace les plus belles figures musicales mais n'y place guère de pathos, à l'inverse d'un Pallas. Plus Bach que Vivaldi quoi. Tout cela forme donc un admirable engrenage sonore, mais un peu froid quand même. HP

3 - À ranger entre ELP et Magellan

Cake
Comfort Eagle
(Capricorn Records/Columbia) - 11 titres, 37m12s - Sortie  le 27 juillet 2001 

Rock. Après trois longues années de sage attente, avec pour seule consolation un best of sorti uniquement aux Etats-Unis), Cake nous honore enfin de son quatrième album, Comfort Eagle . À la réception du pré-CD, une simple copie CDR dont l'énigme réside dans l'absence quasi totale d'informations sur la production et le line-up (on savait déjà depuis 98 que le guitariste Greg Brown avait érré remplacé par Xan McCurdy, et le bassiste Victor Damiani par Gabe Nelson), surgit soudain cette question inquiétante : ce nouvel album saura-t-il assurer la succession de l'imparable Prologing The Magic  ? On se rappelle encore la reprise pince-sans-rire de "I Will Survive" en 96 sur The Distance , tout comme "Never There" et "You Turn The Screw"en 98. Venait donc le moment fatidique de la première écoute : en introduction, un condensé des deux derniers albums, section rythmique efficace, guitares et trompette finement posées. En transition, le single à venir, "Short Skirt, Long Jacket" toujours dans le même esprit joyeusement sarcastique, la trompette de Di Fiori ensoleillant cette histoire de fantasme incongru. Et puis... Les guitares se découvrent des aspirations noisy, que l'on avait oubliées depuis le temps (très présentes sur Motorcade of Generosity), les claviers font leur entrée. L'instrumental "Arco Areno" confirme les faits, ajoutant à cela une légère réminiscence mexicaine. Impeccable. "Comfort Eagle", quant à lui, est une véritable claque : distorsion et orgue, basse lourde et metal. La suite de l'album poursuit sa traversée des styles, sans crainte des étiquettes. Que pouvions-nous attendre d'autre de ce groupe unique à la croisée du rock, de la pop et de la country, et qui, chose rare, manie l'humour comme un virtuose ? CD'O

4 - À ranger entre Barenaked Ladies et The Dead Milkmen

Cerrone   
By Bob Sinclar 
(Malligator/Barclay, 731454985925) - 21 Titres, 73m52s - Produit par Cerrone - Sortie juin 2001 

Boule à facettes. Quand le pape du disco rencontre le fleuron de la house française... On en redemande ! Franchement, on avait presque oublié à quel point Cerrone avait marqué l'air du disco, alors tout comme Bob, on lui rend hommage ici : Well done, Cerrone. "Give Me Love", "Supernatural"... Ressortez le patte d'eph, ça va onduler sec dans les chaumières ! Surtout entre les mains du mercenaire Sinclar, les titres subissent un sérieux lifting, enchaînés façon clubbing, sans faire retomber la pression... Déjà à son paroxysme sous les néons du salon. Eh oui, on ne plaisante pas ici, la magie opère, que ce soit avec Liquid People ou Modjo, eux aussi de la party. Allez, rien que pour le fun et parce que ça vous colle la pêche, la note maxi est de mise. LE

5 - À ranger entre house et disco

Clem Snide
Your Favorite Music
(Cooking Vynil/M10) - 11 titres, 44m54s - Produit  par Martin Brumbach - Sortie le 7 Juin 2001 

Country déglinguée. Ne vous fiez surtout pas aux costumes de satin qu'ils portent fièrement sur la pochette et encore moins à leurs chansons faussement introspectives ("Loneliness Finds Her Own Way", "The Dairy Queen" et "Messiah Complex Blues" étant les meilleurs exemples possibles) : la musique de ce quatuor du New Jersey ne demande qu'à nous exploser à la gueule en une grande roue d'anti-matière qui ne laissera pas grand-chose sur son passage ! Your Favorite Music marche sur les traces desséchées, mais encore visibles du tout premier Violent Femmes et on se prend à penser que, décidément, les grands espaces agricoles peuvent engendrer bien des frustrations et des vocations de rock & roll bands, une manière comme une autre de conjurer le mauvais sort et de se sortir de cet avenir certes bucolique, mais pas assez glamour aux yeux de ces jeunes gens énervés...TS

3,5 - À ranger entre Violent Femmes et Neal Casal

Dax Riders
Back In Town   
(ULM/Universal) - 14 titres, 75m43s - Produit par Dax Riders  - Sortie le 11 septembre 2001 
Groove. C'est amusant, il y a six ans Daft Punk nous sautait à la gueule avec un album si avant-gardiste, qu'on se demandait où allait nous emmener Discovery. Idem pour le reste des acteurs de notre scène électronique. Si bien qu'aujourd'hui nous faisons des émules aux US... Pour combien de temps ? Une chose est sûre, maintenant que le Frenchy s'exporte, l'Hexagone tient en haleine les clubs de la planète. Alors, autant profiter de cette popularité pour exister là où nous n'avons jamais brillé... Le disco ou le funk. Un flash-back que nous propose Dax Riders via ce CD mêlant beat house au groove 80s, dans le genre de l'hommage rendu par Sinclar à Cerrone. Désormais, il faudra trouver d'autres arguments pour cracher son venin car, musicalement parlant, ca tient vraiment le pavé. LE

4 - À ranger entre Moroder et Hancock

Matt  Deighton   
The common good
(Musea - 14 titres - 50m 52s - produit par Matt Deighton - sortie avril 2001 

Pop rock british. De Mother Earth, combo d'acid jazz en passant par le Paul Weller group et Oasis, Matt Deighton a déjà pas mal roulé sa bosse et sa guitare dans le petit monde du rock, trouvant même le temps d'enregistrer deux albums solos qui n'ont pas eu la chance de franchir la Manche. Aujourd'hui, grâce à Musea, dynamique petit label, le troisième effort solo du chanteur guitariste arrive enfin chez nous. Bénéficiant de la participation vocale et instrumentale de Paul Weller, le sieur Deighton nous délivre un album fort gouleyant d'une brit pop décomplexée avec une alternance bien dosée de morceaux accrocheurs et de balades émouvantes. Le tout étant parsemé de quelques solos bien goûtus qui du blues en passant par le jazz et le rock, nous démontrent le talent et la versatilité du bonhomme. Un bon disque quoi ! PR

3 - À ranger entre Paul Weller & Oasis

Delinquents Habits
Merry Go Round
(Polydor/Universal, 0139482) - 15 titres, 58m44s - Produit par OG Style - Sortie mai 2001 

Rap. Il aura fallu attendre cinq ans après la sortie de Here Come The Horns, leur deuxième opus, pour qu'Ives, Kemo et O.G. styles nous présentent leur Merry Go Round (manège) qui salue le retour de la première formation de hip hop latino. Sortie il y a deux ans aux États-Unis, il semble que ce "manège" ait pris son temps pour parvenir jusqu'à nous. Peut-être a-t-il traversé l'Atlantique à la nage ? Inutile par contre, de chercher une apologie quelconque des gangsters, flingues et autres clichés du rap californien, le trio de délinquants ne se nourrit pas de ces artifices, mais cherche plutôt à revendiquer une identité latino encore minoritaire dans le hip hop. Fiers de leur héritage, ils peaufinent le son de l'Amérique d'aujourd'hui, métissée et créative comme le sont bon nombre de pays occidentaux. N&DS-D

3 - À ranger entre The Beatnuts et Slimm Calhoum

Dj Krush
Zen
(Small/Columbia, 4980272) - 12 Titres, 63m47s - Produit      par divers - Sortie juin 2001 

Down Tempo. Alors là, on ne comprend plus rien... Krush est en pleine phase mystique. Difficile à croire lorsqu'on a toujours en mémoire l'écoute de ses premières immondices électroniques, sans doute dispo dans les solderies. Passons l'éponge sur cet épisode malheureux, et revenons à nos moutons défilant devant nos yeux gorgés de sommeil... Zen, tout est Zen dans ce sixième opus. Fallait bien ça pour redescendre de ce viol acoustique me collant encore à l'esprit, tel un vieux sticker sur ma tatane. Ah, désolé, ce n'est pas beau d'être rancunier. Surtout que cet album n'est pas mal, teinté de beat afro, mené en douceur par les voix de Zap Mama, le tout sous une atmosphère très cosy. Du moins pour le début, car le final s'aventure dans les méandres du hip hop. LE

3 - À ranger entre Tunde Ayanyemi et Orbital

Dr. Ring Ding & The Senior Allstars
Big Up
(Small Axe/Tripsichord, SMALL012) - 13 titres, 49m24s - Produit      par Ekki Maas - Sorti en juin 2000 

Reggae Ragga. Cette formation allemande n'a rien a envier à nos groupes nationaux : maîtrise de tous les genres, ska, ragga, reggae jazzy... Avec un son résolument roots à l'anglaise, les treize titres explorent avec un humour certain le ska soul ("I Don't Love You Anymore") et les classiques ("Move On Up" de Mayfield comme vous ne l'aurez jamais entendu !). Il est toujours intéressant de constater que la vague reggae ne s'est pas restreinte à la France et a séduit les pays européens. L'influence ragga est indéniable, et les accents jazzy offrent une fraîcheur bienvenue à cet opus dense et éclectique. Quatrième album du combo dirigé par Richie Senior, alias Dr Ring Ding, qui a déjà partagé la scène avec les pointures que sont les Skatalites, Yellowman et quelques autres, Big Up est un album agréable qui se déguste sans difficulté. CD'O

3 - À ranger entre The Slackers et Prince Buster

Dry Kill Logic
The Darker Side Of Nonsense
(Roadrunner/Sony Music, RR 8479-2) - 12 titres, 44m11s  - Produit par Wohl, Regina et Caggiano - Sortie en juillet 2001 

Néo metal. Voyons donc où en est notre belle jeunesse. Toujours rebelle et énergique, les dents sont saines et acérées, prêtes à manger une nouvelle galette de pur néo metal... Ouf, dire qu'on pensait le style sur le déclin ! Dry Kill Logic vient ajouter du sang neuf à cette veine de groupes qui mettent en exergue des attaques de guitares bodybuildées, un chant hurlé à réveiller un comateux, quelques samples pour le modernisme, le tout dans une ambiance électrique et saccadée, bien violente. Les breaks et alternances de tempo font mouche, le son est énorme et bien travaillé, et la vocation défoulante des morceaux n'empêche pas les musiciens de démontrer une belle maîtrise technique. Tout ce qu'il faut pour plaire aux fans du genre. En fait, seule la pochette craint velu.HD

3 - À ranger entre Coal Chamber et Fear Factory

Eldritch
Reverse
(NTS/Wagram, 5490172 ) - 11 titres, 48m47s - Produit  par Lou Stefanini - Sortie Juin 2001 

Cybermétal. Comme ne l'indiquent ni le nom du groupe ni les patronymes des musiciens, Eldritch vient d'Italie, et même que cela commence à nous gonfler la glande à jalousie que de voir tous ces groupes trop bons qui nous viennent de Ravioli Land, alors que les métal gangs notables sont si rares à Camembert Country. C'est vrai, quoi. Bon, cela dit, ceux-ci se sont spécialisés non dans le prog métal lyrique habituellement en usage chez les Transalpins riffomanes, mais dans l'indus mécanicocyber, du qui sonne comme une machine à la Orwell et qui fait peur. Et c'est tout à fait réussi : ce groupe possède une parfaite justesse de ton et évite l'esbroufe indigeste dans laquelle tombent souvent les adeptes du mécariff. Une très esthétique furie qui ravira les cybertympans. HP

3 - À ranger entre Fear Factory et Machines Of Loving Grace

Brian Eno & Peter Schwalm 
Drawn From Life
(Virgin) - 11 titres, 68m04s- Produit par Eno &  Peter Schwalm - Sortie le 30 avril 2001 

Ambient. Brian Eno a toujours essayé de redéfinir nos goûts auditifs. Cette fois, c'est avec le DJ et percussionniste Peter Schwalm qu'il tente cette nouvelle incursion dans l'ambient. Avec des morceaux avoisinant les sept minutes, il est indubitable que Drawn From Life fait mentir son titre puisqu'il exsude plus la contemplation, voire la béatitude, que ce qui fait partie de notre lot quotidien. Ces longues nappes sonores se dégustent donc dans un environnement approprié, elles sont le fruit d'une vision accessible à un petit nombre. Elles raviront donc les esthètes qui sauront y plonger plutôt que de s'y assoupir, quant à notre environnement, il n'en sera pas, hélas, transformé !CF

3,5 - À ranger entre John Cale et John Cage

Fish
Fellini Days
(Chocolate Frog/Musea, CFVP 007 ) - 9 titres, 57m10s  - Produit par Elliot Ness - Sortie juin 2001 

Rock décomplexé. Le merveilleux Raingods With Zippos , il y a deux ans, aura eu décidément bien des mérites, et surtout celui de décomplexer totalement notre cher Fish. Le géant écossais a compris à l'occasion qu'il était désormais affranchi de toutes les fausses obligations qu'il s'était imposées et qui freinaient sa carrière solo. Non, il n'avait ni à assumer l'héritage de Marillion, ni à faire systématiquement le contraire pour affirmer son autonomie. Non, il n'avait pas à s'accabler d'une ruineuse croisade pour la gloire des labels indépendants. Non, il n'était pas du tout contraint de faire de la prog music certifiée pour définir son identité. Dès qu'il a eu compris tout cela, les ailes lui ont poussé, et ce Fellini Days est le symbole même de cette salutaire émancipation. Èvidemment il y a un abîme entre ce qu'est ce disque et l'image que se font de Fish ceux qui n'ont suivi sa carrière que de loin. Cet album fait chuter de partout les idées préconçues. Voici désormais la nouvelle musique de Derek le Dick : un rock simple, libéré, sans exercices de style obligatoires, mais un rock bourré d'émotions superbes et d'une authenticité viscérale. L'ambiance peut surprendre avec ses extraits d'interviews de Fellini servant de fil rouge entre les morceaux, les bruitages cinématographiques, et rien pourtant de très italien. Mais la musique aérée ici offerte dissipe vite les égarements passagers de l'auditeur. Fish s'est trouvé enfin un complice judicieux en la personne du guitariste John Wesley qui a composé tout ceci avec l'ex-bûcheron de l'East Lothian. Le résultat de leur collaboration aboutit à quelque chose qui n'est plus de la prog et pas davantage du rock ordinaire, quelque chose d'aussi difficile à définir et d'aussi fort qu'une âme. HP

4,5 - À ranger entre Porcupine Tree et Marillion

Funny BrasSKA
In Town 2 Play
(WCM/Mosaic) - 11 titres, 56m02s - Sortie juillet 2001  

Ska. Franchement, le ska a toujours été reconnu presque d'utilité publique, tant il file la pêche et donne envie de grimper aux rideaux, et ces Canadiens rentrent d'emblée (le groupe est encore jeune, car formé en 97) par la grande porte. Rock & roll jusqu'au trognon, parfois même bien keupon aux entournures, avec un côté fêtard toujours présent en filigrane ("7/8), la musique des Montréalais est une véritable machine à faire skanker ! Ça tombe bien, la bande débarque en fanfare (cuivrée, of course) sur nos terres pour une tournée française du 31 juillet au 12 août. Et comme leur album s'intitule fort justement In Town 2 Play et que tous les zines spé d'outre-Atlantique ont déjà craqué sur la bande, il est fort à parier que ça va dégager plus que de raison...CG

3 - À ranger entre Caméléons et Specials

The Dave Graney Show
Kiss Tomorrow Goodbye
(Cooking Vinyl/Naïve, COOKCD 206) - 13 titres, 50m 36s - Produit par Clare Moore et Dave Graney - Sortie le 7 Mai 2001 

Indie Rock. Cet Australien, leader de feus les Coral Snakes, est une des figures les plus attachantes de la scène des Antipodes. Apte à mélanger différents genres (psychedelia, gothique, punk), il nous délivre ici une musique envoûtante et bigarrée marquée par l'influence de la littérature et du film noirs. Il ne faut pas s'attendre à redécouvrir ici une quelconque flamboyance mais plutôt accepter de se plonger dans une atmosphère qui vise à récréer toute une phraséologie centrée autour du "glauque". Loin d'être unidimensionnel l'album séduit pourtant par un mélange de chroniques incisives et étrangement dépouillées, c'est cet équilibre avec l'éthéré qui rend Kiss Tomorrow Goodbye chaudement recommandé.CF

4 - À ranger entre Nick Cave et Flaming Stars


Hangnail
Clouds In The Head
(Rise Above/Next Music - RISECD32) - 10 titres, 44m57s -      Produit par Dave Chang - Sortie le 26 mars 2001 
Stoner gras. Est-ce le fog caractéristique de la bonne ville de Londres dont il est originaire, qui a copieusement enrhumé les amplis et guitares de Hangnail pour leur conférer le son délicieusement granuleux qui préside à cet album de pur stoner ? Ça vibre, ça tousse, ça ronronne, la distorsion sonne près de l'oreille, les rythmes sont furieusement rock, le chanteur éructe avec panache et l'ensemble incite fréquemment à taper du pied : un programme de roi. Les tempos varient, mais les intentions demeurent identiques, du premier riff à la dernière mesure. Ni novateur, ni prétentieux, pas plus incontournable que décisif, respectant aujourd'hui l'esprit 70s, Clouds In The Head n'a d'autre vocation que de vous faire passer de sacrés bons moments en musique. Et c'est réussi.HD

3 - À ranger entre Geezer et Helmet

Sophie B. Hawkins
Timbre
(Ryko/Naïve) - 12 titres, 58m51s - Produit par S. B.  H. - Sortie juin 2001 

Pop US. Ouvrant pour Sting au début de l'année lors d'une série de concerts sold-out, la grande Sophie a décidé, outre le fait de jouer elle-même de tous les instruments, d'également produire cet album. Un sincère désir de maîtriser au maximum ses créations anime la jeune femme depuis 92. Douce et pesée, sa musique emmène, subtilement, l'auditeur vers des contrées plus africaines, plus aérées (plus authentiques ?), notamment lorsqu'on sait qu'à l'origine, Hawkins a étudié, très jeune, les percussions dans une école de musique de Manhattan et le vibraphone jazz dans le West Side. Elle écrit actuellement un roman qui, selon elle, complétera le sens de sa création, avant d'aborder une tournée mondiale qui devrait conforter sa position déjà solide en Europe.MEK

3 - À ranger entre Sarah McLachlan et Sheryl Crow

Richard Hawley
Richard Hawley      
(Setanta Records/Pop Lane) - 7 titres, 22m 30s - produit      par Richard Hawley et Colin Eliot - sortie le 22 mai 2001 

Crooner-folk. Après Matthew Jay et Ed Harcourt un autre folkeux british ? Que nenni les amis ! Après avoir traîné sa guitare un peu partout en Angleterre, dans des premières parties, ce jeune chanteur compositeur originaire de Sheffield, nous balance un superbe mini-album qui doit tout autant à la préciosité de la musique acoustique made in England qu'aux balades ricaines estampillées fifties. Ce mélange a priori incongru fonctionne pourtant parfaitement et la voix superbe du bonhomme se mêle parfaitement à un accompagnement discret de grattes acoustiques ou électriques avec un son rétro très Sun Studios. Dans cette succession de chansons parlant de séparation, d'amour perdu, le "frissonomètre" monte souvent au maximum et c'est tant mieux. Mini album du mois ! PR

4 - À ranger entre Edwin Collins et Roy Orbison

Michael Hill 
Larger Than Life
(Dixiefrog/Night&Day, DFGCD 8517) - 15 titres, 67m26s - Produit par John Tiven et Michael Hill -  Sortie Mai 2001

Blues Multicolore. Michael Hill a traîné sa généreuse carcasse dans tous les clubs de New York pendant bien des mortes saisons avant de pouvoir, à 42 ans, publier un premier disque. La presse blues yankee s'extasia aussitôt, et certains se rappelèrent alors que ce bougre leur avait servi de chauffeur de taxi dans son Bronx natal. Sans doute Popa Chubby l'avait-il pour voisin et lui piqua-t-il quelques plans de guitare. Car elle est fameuse, sa guitare, c'est même l'attrait essentiel de cet album qui cesse d'être du blues banal dès que mister Hill parcourt son manche : son jeu est extraordinairement varié, et il s'y entend à vous surprendre à chaque instant par une dérive inattendue vers des couleurs sonores habituellement réservées à d'autres genres que le twelve bar. Un régal. HP

3 - À ranger entre Allman Bros et Popa Chubby

Honeydogs
Here's Luck
(Palm Pictures/Naïve) - 11 titres, 46m40s - Produit      par John Fields - Sortie le 4 juin 2001 

Top pop. Dans une lignée inaugurée par Cheap Trick pour les références omniprésentes (et, surtout, bien digérées) aux harmonies des Beatles, Honeydogs sortent leur quatrième album en sept ans. Variété des compositions d'Adam Levy pour ce nouveau changement de label, personne n'ayant, jusqu'à présent, été capable de sincèrement porter attention aux belles chansons du trio. Citant dès qu'il le peut Lennon et Davies (Ray), Levy aime plus que tout imprégner sa musique de nostalgie 60s et 70s sur des textes en forme de cauchemars enfantins universels. La voix du jeune homme ne peut échapper à la comparaison avec les aînés sus-cités, ce qui est un atout de taille lorsque celui-ci se marie avec une volonté tenace et justifiée (par le talent) de ne pas céder à la moindre mode musicale. MEK

4 - À ranger entre Ocean Colour Scene et Everclear

Human League   
Secrets
(Roadrunner) - 18 titres, 60m 20s - Produit par Toy - Sortie le 24 juillet 2001 

Electro pop. Grande claque ! L'un de ces groupes électroniques des années 80, maquillages grotesques en option, et dont on n'imaginait plus trop le retour (et OMD ?) refait la une avec un très bon disque ! À l'écoute de Secrets , on comprend mieux pourquoi Moby adore Human League, tout comme Marc Almond (Soft Cell) pour des raisons plus évidentes, d'ailleurs. Le son est magnifique, les basses tuent et les chansons sont aussi énergiques, mélodieuses et originales qu'à la meilleure période du groupe. Le plus passionnant et convaincant est sans doute qu'à aucun moment Secrets n'est connoté années 80, justement, dans le sens démodé ou raplapla sonore du terme. Complexe, très construit et très inspiré, Secrets est un giga carton en puissance !MEK

4,5 - À ranger entre Depeche Mode et ABC

Ian Hunter
Rant   
(Papillion/Roadrunner, 22 202602) -12 titres, 56m49s - Produit      par Ian Hunter, Andy York et Richie Pagano - Sortie le 25 Juin 2001 

Flamboyance hard. La voix cassée et le piano magique de Ian Hunter qui ont présidé aux destinées de chansons aussi magiques que "All The Young Dudes", "Half Moon Bay" ou bien encore "Violence", du temps où son groupe Mott The Hoople régnait sur la planète métallique, sont de retour et force est de constater qu'il n'a pas perdu un gramme de son talent de songwriter. Son nouvel album est tout simplement excellent (titres à écouter en priorité : "Ripoff", "American Spy", "No One" et le somptueux "Death Of A Nation") et il trouvera sa place naturelle avec les autres disques, solo ou pas, de ce sacré bonhomme qu'on a, apparemment, enterré un peu vite avec la venue de toutes ces machines à faire du boucan plus ou moins réussi...TS

4 - À ranger entre All The Young Dudes et You Never Walk Alone With A Schizophrenic

Jacobs Dream
Theater Of War
(Metal Blade/M10, 3984 14363 2 ) - 9 titres, 44m59s - Produit par Jacobs Dream et  Joe Viers - Sortie 5 juin 2001
Heavy de heavy. Ces solides gaillards à l'allure de Harley Riders viennent de Colombus, Ohio. En fait, leur nom d'origine était Iron Angel, et ce fier patronyme, lourdement connoté, définissait finalement fort bien leur musique très nostalgique des années de la British Wave Of Heavy Metal, entre Iron Maiden et Angel Witch. Somme toute, cela fait du bien de réentendre du heavy bien classique comme celui-là, qui ne confond pas rage et brailleries, puissance et ratatinage, comme les néométalliers pris du virus hardcore le font un peu trop souvent. Il y a une justesse dans l'excès, et c'est l'essentielle qualité de ces Américains qui, s'ils n'ont certainement pas inventé la bombe à riffs, s'y entendent fort bien à la faire exploser. HP

2,5 - À ranger entre Iron Maiden et Praying Mantis

Jess Klein
Draw Them Near
(Ryko/Naïve SRRCD 56 ) - 12 titres, 43m06s - Produit par George Howard - Sortie le 24 avril 2001

Rock & Folk. Il faut absolument que vous découvriez, si ce n'est déjà fait, cette petite chose bouclée à la voix magique du nom de Jess Klein. Elle vous fera le don précieux d'un rock mâtiné de folk vraiment de toute beauté, à mi-chemin entre la conviction hargneuse d'une Sheryl Crow, la suave séduction d'une Stevie Nicks et la fausse candeur enfantine d'une Cindy Lauper, avec en plus le savoir-écrire et raconter d'une Shawn Colwyn. Voilà de sacrées références, n'est-ce pas ? Mais la petite Jess les mérite amplement et vous ne pourrez faire autrement que de céder au charme de ce rock mi-acoustique mi-électrique d'une formidable force de persuasion et à celui de cette voix d'une fausse douceur à faire fondre un coeur de granit. Il n'y a pas que le bimbo rock, dans la vie... HP

4 - À ranger entre Sheryl Crow et Stevie Nicks

Wayne Kramer presents
Beyond Cyberpunk
(Music Blitz/Roadrunner, 22 202532) - 15 titres, 54m45s      -Produit en partie par Wayne Kramer - Sortie le 02 Juillet 2001 

Pépites punks. L'ancien guitariste des inoubliables MC5 a eu l'excellente idée de réunir en une sorte de collection (à suivre, si les choses se passent bien) la crème des musiciens (dont lui-même) avec qui il a été amené à collaborer durant sa longue et fructueuse carrière, ce qui explique cette cohabitation hétéroclite et quelque peu disparate entre des artistes ou groupes aussi différents que Mudhoney, Ron Asheton, Pere Ubu, Stan Ridgway, Chris Spedding et tellement d'autres ! Attention, ne vous méprenez pas : les chansons présentées ici ne sont pas des vieilleries ou des fonds de tiroirs dont personne ne voulait jusqu'à présent ; bien au contraire, elles ont été collectées sur Internet au fur et à mesure de leur élaboration, ce qui tendrait à prouver que Wayne Kramer surfe sur les vagues au lieu de couler à pic avec la plus grande d'entre elles...TS

3 - À ranger entre deux bonnes compilations de rock sauvage et débridé

KRS One   
The Sneak Attack
(Koch Records/Edel, 0128002ERE) - 19 titres, 57m59s - Produit  par KRS One - Sortie le 28 mai 2001 

Rap. Après avoir mis un terme à sa carrière discographique en 1997, Christopher Parker alias KRS One (Knoowledge Reigns Supreme Over Near Everybody, autrement dit, en français, le savoir règne en maître sur tout le monde), a décidé de reprendre sa mission d'éducation des masses face au danger grandissant. Et quel danger, nous direz-vous, justifie le retour de celui que l'on surnomme également "the teacher" ? Rien de moins que l'élection d'un crétin congénital à la tête de la plus grande puissance mondiale. Fustigeant les stars du hip hop, plus préoccupé de faire résonner le tiroir-caisse que de préoccupations sociales, dénigrant à juste titre le gansta rap qui n'engendre que haine et violence, KRS One avec The Sneak Attack ne se laisse pas décourager, et avec la rage d'un pitbull devant un uniforme bleu marine assène quelques vérités dont on ne peut qu'être solidaire.N&DS-D

3,5 - À ranger avec les neuf précédents

Laïs
Dorothea
(Virgin, 724381027127) - 15 titres, 67m55s - Produit par Fritz Sundermann & Laïs - Sortie mai 2001 

Polyphonie Belge. La Belgique nous envoie quelques fois des artistes atypiques dont le charme atteint rapidement le coeur d'un public français souvent blasé. Ce fut le cas d'Arno et de Deus dans un style plus rock, ou de Starflam pour le hip hop. Cette fois-ci, honneur aux dames avec le trio de Polyphonies vocales Laïs. Dorothea , leur second album, constitué de chansons traditionnelles ou de compositions originales est interprété en Flamand et en Français. Rien de bien surprenant lorsque l'on connaît le bilinguisme du plat pays. Ces trois voix cristallines enrobées d'une production résolument moderne transcendent des morceaux que l'on avait plus l'habitude d'entendre autour des feux de camps néo-babas. N&DS-D

3,5 - À ranger entre Les Polyphonies Corses et le Mystère des Voix Bulgares
Mark Lanegan
Field Songs
(Sub Pop/Labels, BBQCD 224) - 12 titres, 42m29s - Produit par John Agnello      et Martin Feveyear - Sortie le 19 juin 2001 

Indie Rock. Sur ses efforts solo, le chanteur de Screaming Trees explore des horizons qui semblent se situer aux antipodes de ce qu'il réalisa avec son groupe. Le ton y est beaucoup plus acoustique et l'inspiration plus sérieuse et personnelle. On retrouve sur Field Songs ces atmosphères minimalistes familières ancrées dans la tradition du folk, du blues et de la country. Ce décorum rustique transmet ainsi à merveille les climats hantés que délivre le vocaliste. Ils sont étayés par une voix reconnaissable entre toutes, elle est faite de ces grognements voilés et rauques propres à traduire avec justesse et émotion les climats envoûtants d'un gothisme rural qui sied si bien au chanteur.CF

3,5 - À ranger entre Grant Lee Buffalo et Peter Droge

Bernard Lavillier
Arrêt Sur  Image
(Barclay) - 12 titres, 51m53s - Produit par Lavilliers et Georges Baux - Sortie le 12 juin 2001 

Noble variété. Lavilliers a écrit plus d'une vingtaine d'albums depuis le milieu des années 70. L'essentiel de ces recueils est fort et émouvant, typique d'une vraie culture musicale internationale et caractéristique d'un homme à vif et très doué. Plus lent, plus "cool" que d'habitude, Arrêt Sur Image offre pourtant tout ce qui fait le grand (et fort) musicien, depuis toujours : les Amériques, les marginaux et les femmes brunes, sur fond de reggae, de rock et de rythmes latins et langoureux . Redite, alors ? Peut-être, si ce n'est que, comme tous les auteurs, Lavilliers a un nombre infini et sans cesse renouvelé de façons de parler de ses belles obsessions. Enfin, et c'est sans doute la corde conductrice de toute son oeuvre, sa voix est un peu plus chaude et vibrante à chaque fois. Bravo, l'artiste ! MEK

4 - À ranger entre alcools forts et mers indomptées

Ismaël Lô
Dabah
(Mercury/Universal, LC00268) - 14 titres, 61m33s - Produit par Christian Lachenal & Laurent Gueneau - Sortie le 19 juin 2001 

African Groove. Né sur les rives du Niger d'un père sénégalais et d'une mère nigérienne, Ismaël Lô croise le Super Diamono, formation Dakaroise de grande renommée et les accompagne pendant un an. Il enchaîne par la suite les albums et devient une star internationale avec "Tabjone", un titre qui fera le tour du monde et lui vaudra le surnom de "Dylan africain". Depuis, Ismaël Lô a regagné l'Afrique et a préféré prendre son temps pour pouvoir vivre à son rythme d'homme tranquille, malgré d'incessantes sollicitations de tournées internationales. Dans Dabah , son nouvel opus, l'on retrouve tous les thèmes qui lui sont chers : racisme, égoïsme et prédominance du pouvoir de l'argent. Ceux qui connaissent l'homme ne seront pas déçus par cet album où sa voix enchanteresse se promène allègrement d'un morceau à l'autre. Les autres découvriront un grand artiste. N&DS-D

4 - À ranger entre Youssou N'Dour et So Kalmery

Loeil
Bulles
(Mercury/Universal, 548 209-2) - 11 titres, 56m35s - Produit par Ian Caple  - Sorti en juillet 2001 

Chanson pop rock. Affichant fièrement son goût pour les années 80 et ses groupes pour qui textes rimaient avec écriture significative et travaillée, Loeil développe, sur ce deuxième album, sa propre vision de la musique, après Oe , auto produit en 97. Si les textes, séminaux et poétiques, et la voix de Gilles Doyen sont parfois déroutants, la vraie richesse de l'album réside sans aucun doute dans les compositions alternant savamment énergie rock et trip hop. Sous la houlette experte de Ian Caple (Bashung, Tricky, Tindersticks), les mélodies prennent des virages holistiques bien négociés, sans sacrifier à la force de l'électricité. Rejoint récemment par leur ami Bruno Guedj et ses cuivres, les quatre avignonnais ne devraient éprouver aucune difficulté à faire évoluer leur musique vers des sphères encore plus élevées. CD'O

3 - À ranger entre dEus et Axel Bauer

Lunar Chateau
Beyond The Reach Of Dreams
(Muséa, FGBG 4393AR) - 6 titres, 39m03s - Produit par Lunar Chateau - Sortie en Mai  2001

Prog à claviers. À l'instar des Corrs, mais pas vraiment dans le même registre, et avec moins de jupettes, voici un groupe qui se résume à une joyeuse famille musicienne : les trois Sekulovich constituent l'intégralité de ce groupe du Wisconsin. Un trio bien placé dans la lignée de Nice et ELP, et qui axe sa musique, souvent instrumentale, sur des claviers luxuriants soutenus par une rythmique têtue. Ce n'est pas aussi vigoureux ou estomaquant que les trios équivalents que l'on trouve au Japon, façon Gerard ou Ars Nova, mais cela s'en rapproche, et la musique proposée s'écoute avec un plaisir certain car elle est bien dosée et finement composée. Un peu plus de percutant serait parfois bienvenu, mais ce castel sélénite mérite qu'on le visite. HP

Mercury Rev     
All is dream
(V2) - 10 titres - 49m47s - produit par Dave Fridmann, Jonathan, Grasshopper, Jeff Marcel - sortie août 2001 

Pop cosmique. En 1998, la sortie du sublime Deserter's Songs nous réconciliait définitivement avec ce groupe mystérieux et insaisissable déjà auteur d'une poignée d'albums aussi fascinants que déconcertants. Poursuivant dans cette veine d'une pop ambitieuse dotée d'orchestrations grandiloquentes, All is dream est tout aussi superbe. Dédié au grand Jack Nietzsche avec qui le groupe devait collaborer si la Grande Faucheuse n'était pas intervenue, l'album est une succession de petites perles envoûtantes où les orchestrations aériennes de Toni Visconti décuplent la force émotionnelle des compositions et la voix déchirante de Jonathan Donahue, son chanteur charismatique. À la fois plus homogène et plus aventureux que son prédécesseur, All is dream témoigne de la sérénité retrouvée d'un groupe jadis chaotique. Entre imaginaire et réalité, racines rurales et ambiances urbaines, Mercury Rev a atteint sa plénitude et c'est d'autant plus magnifique. À coup sûr, un des disques incontournables de cette rentrée 2001.Dream on ! PR

5 - À ranger entre Neil Young et Grandaddy

Missy "Misdemeanor" Elliott
 ...So Addictive
(Mercury/Universal, 7559626392) - 15 titres, 65m30s - Produit par Missy "Misdemeanor"      Elliott - Sortie mai 2001 

R&B/Rap. Rappeuse, chanteuse, Missy Elliott en deux albums a bouleversé les rapports r&b et hip hop en passant du chant au rap au gré de son inspiration, appuyée par des textes on ne peut plus crus. ...So Addictive son troisième opus la voit entourée d'invités prestigieux, les duettistes Method Man et Redman, Busta Rhymes, Timbaland, Mary Mary, Eve et son amie Da Brat pour un album éclectique qui passe d'un r&b conventionnel à des titres plus audacieux et fortement... épicés. Son physique lui évitant de jouer les poupées Barbie, elle fait passer sa sensualité dans un chant chaloupé et torride. Même si dans ...So Addictive, elle chante plus qu'elle ne rappe, il est impossible de classer Missy Elliott dans une seule de ces catégories.N&DS-D

3 - À ranger entre Supa Dupa Fly et Da Real World

Nashville Pussy
High As Hell
(Axe Killer/Wagram, 3070092) - 17 titres, 56m07s - Produit par Kurt Bloch-  Sortie juin 2001  

Rock. Monstrueusement joussif, voilà comment résumer en une poignée de mots la musique hi-octane des Nashville Pussy ! Sur l'autoroute de l'enfer, un nouvel arrêt impératif est donc constitué ce bien-vomis High As Hell , dont l'intensité esr désormais à la hauteur des prestations scéniques du groupe (depuis que Tracy a remplacé Corey à la basse, moins de show et plus de décibels pour un seul cri de ralliement : ROCK & ROLL !!!). C'est on ne peut plus hot, la bière à roter coule sur la tête dégarnie de Blaine, échappé de Délivrance ou de je ne sais où, et les formes offertes de Ruyter, excentrique et exhibitionniste guitariste qui renvoie Poison Ivy et ses shorts léopard au placard. Quant au mélange de reprises (Rose Tattoo, AC/DC, Turbonegro...) et de titres perso tout aussi rutilants, le moins que l'on puisse dire est qu'il est explosif ! Allez, zou, je vais m'en prendre une nouvelle dose au Festival d'Evreux, c'est parti...CG

4 - À ranger entre American Dog et Rose Tattoo

Nightwish
Over The Hills And Far Away  
(XIII Bis Records, 135 062 ) - 10 titres, 51m15s - Produit par Mikko Karmila et  Nightwish - Sortie le 25 juin 2001

Métal finois. Nightwish, qui existe depuis 96 et en est déjà à son quatrième album, produit un heavy metal pas banal du tout et est excellent. Conclusion : il ne peut venir que de Finlande. Eh oui, encore un finngang ravageur. C'est une véritable déferlante. L'originalité de celui-ci repose entièrement sur la personnalité de sa fabuleuse chanteuse Tarja Turunen, la fille cachée de Pat Benatar et de Kiri Te Kanawa, qui a le culot de mélanger le chant hard avec celui de soprano d'opéra. On peut craindre le pire, et c'est le meilleur qui se produit, d'autant que le groupe compose fort bien, tient solidement la scène (il y a six titres live ici) et est capable avec la chanson-titre de reprendre sans faillir le légendaire morceau-phare de Gary Moore. Rien que du tout bon. HP

3,5 - À ranger entre Rhapsody et Edguy

Oomph!
Ego
(Virgin) - 16 titres, 43m04s - Produit par Oomph! - Sortie le 10 juillet 2001      

Metal Indus. Certes, Oomph! fait du metal indus. Mais pas n'importe lequel. Comme le démontre Ego , sa musique est organique, aussi proche du corps qu'une mini-jupe de bimbo, et donc pas très loin du coeur. Seize titres durant, le groupe expose son talent, explore les tréfonds de l'âme humaine et illustre ses sentiments à coups d'arrangements samplés et de riffs, de vocaux en anglais quand la mélancolie ou la douceur prennent le dessus ; ou en allemand lorsque le ton monte. On rencontre à la fois du rythme, de la force, du positivisme et de la dépression, mais tout est agencé afin que l'auditeur trouve en permanence une accroche mélodique. Oui, Oomph! mérite mieux que son statut d'outsider, car il a de la classe et Ego en est la preuve. L'important, c'est qu'on se le dise !HD

4 - À ranger entre Laibach et Rammstein

Osunlade
Paradigm
(Soul Jazz/Discograph, SJR 52) - 9 titres, 56m35s - Produit par Osunlade - Sortie le 2 juillet 2001 

House exotique. Après avoir officié au sein de son propre label Yoruba en tant que producteur, le new-yorkais Osunlade nous invite à un voyage au sein de sa house métissée et ésotérique. Première signature du label britannique Soul Jazz, connu pour ses rééditions reggae, soul et funk, Paradigm réunit neuf titres qui animeront aussi bien nos sorties que nos soirées au coin du feu. "Oxossi Da Focha Brabcha" est un remix d'une chanson traditionnelle afro-brésilienne subtilement remis au goût du jour, tandis que "Rader Du" et "Blackman", avec son harmonica omniprésent, fait le lien entre l'Afrique et les States. Si les deux premiers morceaux n'ont rien d'extraordinaires, une écoute patiente vous permettra de découvrir une house des plus innovante et séduisante. CD'O

3 - À ranger entre Masters At Work et Kerri Chandler

Over The Rhine
Films For Radio
(Back Porch/Virgin) - 11 titres, 57m 05s - Produit par Dave Perkins et Linford Detweiler - Sortie le 7 mai 2001 

Classe pop. Avec un aussi joli titre, on est légitimement en droit d'attendre beaucoup de ces américains-là ! Dire qu'ils cartonnent déjà chez eux avec ce très beau disque (et le single "Give Me Strength") n'est pas tout. Qui sauront-ils séduire par ici ?... Sans doute les fans les plus impatients et les plus fins de Tori Amos ou de Aimée Mann. Les chansons de Over The Rhine, groupe d'un homme accompagné par une femme, la chanteuse Karin Bergquist, sont de classiques mais solides compositions, hautement mélodiques et soigneusement emballées dans des écrins soyeux et confortables. Envoûtante, dépaysante et variée (tempos, genres), leur musique écrite à quatre mains s'inscrit dans un courant créatif qui a appris à marier, avec bonheur, intégrité artistique et potentiel commercial.MEK

4 - À ranger entre Dido et Emiliana Torrini

Overstep
Karrig An Ankou
(Brennus/Muséa, BR8079AR) - 11 titres, 67m39s - Produit Par Overstep  - Sortie Avril 2001 

Chouchen plombé. Gary Moore avait jadis prouvé que la musique celtique et le heavy metal peuvent faire excellent ménage. C'est justement le cocktail revigorant que proposent les Bretons chromés d'Overstep, des bretons pas si bretonnants d'ailleurs puisqu'un seul titre cause breizh, le reste étant gaillardement assuré en français sans que cela soit gênant. Il faut préciser qu'il y a bien plus de métal que de celtique dans la musique de ces armoricains, et que les amateurs de riffs y trouveront davantage leur compte que les fondus de la fusion. Ce heavy flamboyant et volontiers épique, dans la lignée d'Iron le Maiden, tient joliment la route et la production le met assez bien en valeur. Voici un groupe méritant à garder à l'oreille, et qu'on verrait mieux sur Total Metal que TV Breizh. HP

2,5 - À ranger entre Iron Maiden et Gary Moore





Pallas
The Cross & The Crucible
(InsideOut/Wagram, 085 41522 ) - 9 titres, 63m39s - Produit par Pallas - Sortie  Juin 2001 

Top Of The Prog. Pallas est probablement LE groupe-culte de la prog. Simplement parce que ce groupe est avare de ses publications (trois albums en 15 ans), qu'il mène une existence fantomatique en Ecosse, et qu'il ne fait que des chefs-d'oeuvre. Un groupe aussi rare que précieux. Ce nouveau disque, lumineux et étourdissant, confirme tout cela. Plus emphatique que son prédécesseur, Beat The Drum , plus élevé de ton et d'ambition, notamment par de singulières séquences de heavy grégorien, d'une atmosphère alchimique cultivant l'hermétisme, ce disque apporte suffisamment d'innovations pour relancer sans peine l'intérêt et possède l'étonnante vigueur passionnelle qui fut toujours la force principale du groupe d'Aberdeen. Voilà donc un monument de plus à son actif. HP

5 - À ranger entre Marillion et Pendragon

Omar Pène & le Super Diamono de Dakar
25 ans
(Mediator/Night & Day, NDCD083) - 10 titres, 53m12s - Produit par Phillipe  Bouvet & Pape Dembel Diop- Sortie mai 2001 

African Groove. 25 ans, c'est vingt-cinq ans d'histoire musicale pour Omar Pène et le Super Diamono de Dakar qui effectue aujourd'hui un retour très attendu sur la scène internationale. Dix morceaux puisés dans la carrière très riche de ce groupe dont le répertoire est devenu une véritable référence et a influencé l'ensemble de la musique sénégalaise. Dix morceaux réenregistrés et réarrangés pour un album qui n'est pas un best of de plus mais bien un panorama musical du "m'balaax", véritable courant musical sénégalais. S'appuyant sur des textes fortement engagés dans la défense des valeurs de la culture africaine, Omar Pène & le Super Diamono de Dakar peut aspirer à une véritable reconnaissance internationale comme la connaissent déjà ses confrères Youssou N'Dour et Ismaël Lô, Ça ne serait que justice.N&DS-D

4 - À ranger entre Ismaël Lô et Youssou N'Dour

Pepe Deluxé
Super Sound 
(Catskill Records/Sony) - 13 titres - 66m 46s - produit par James Spectrum  - sortie juin 2001 
Trip hop groovy. Qui a dit que les Nordiques avaient le sang froid ? Après Gus Gus, voici que déboule ce combo finlandais qui a décroché la timbale avec son  "Before You Leave" choisi par Levis pour sa dernière campagne de pub "tordue". Mais réduire la musique de ce trio à un seul tube si emballant soit-il, serait injuste. Dans le genre dance and groove, l'album est en effet tout aussi réussi avec une succession de morceaux très accrocheurs. Samples et rythmiques infernales se mêlent harmonieusement pour former un ensemble irrésistible dans la lignée du dernier Moby. Loin de la démarche frelatée de certains musicos français qui exhibent les gloires passées de la musique disco (suivez mon regard...), le trio nous livre un disque sympa, décontracté et ludique. Bref, le véhicule idéal pour s'éclater au Macumba  ou ailleurs...PR

3,5 - À ranger entre Moby & Fat Boy Slim

Kelly Joe Phelps
Sky Like A Broken Clock
(Ryko/Naïve, RCD 10612 ) - 10 titres, 55m05s - Produit par George Howard - Sortie le 18  juin 2001

Country blues. KJP est la nouvelle petite merveille du country blues moderne, on le sait déjà depuis son précédent album, on en est encore plus persuadé cette fois. Il faut dire qu'il possède un magnétisme incomparable, cet ours de Seattle : une voix éraillée et chargée d'émotions qui psalmodie de cafardeuses et magnifiques histoires, une guitare envoûtante égrappée en picking ou caressée en slide, un blues peu respectueux de la forme mais totalement bluesy d'esprit, avec une richesse d'atmosphère peu banale. Tous ceux qui adorent Ben Harper ne peuvent que tomber sous le charme de cet blues unplugged, country mais pas bouseux, écho moderne d'un Robert Johnson ou d'un Skip James, mais sans nostalgie superflue. À déguster à petites lampées gourmandes et intimistes. HP

3,5 - À ranger entre Ben Harper et Robert Pete Williams

Porcupine Tree
Recordings
(Kscope 36551 28402 ) - 9 titres, 61m52s - Produit par Steve Wilson - Sortie Juin 2001 

Rock évolutif. Quand on connaît la créativité de Steve Wilson et de ses inspirés comparses, l'on imagine que les hommes de Porcupine Tree doivent cacher dans leurs placards des merveilles inexploitées. L'on en avait d'ailleurs eu un aperçu avec les morceaux complémentaires figurant sur leurs singles. Voilà donc une excellente idée que de réunir en un album les inédits, versions longues, extraits de single qu'ils possédaient. Et curieusement cet album qui n'aurait dû être qu'un supplément sans conséquence propose une musique qui va bien plus loin que le dernier album en date, et ceux qui avaient peut-être trouvé trop sages les chansons de ce dernier savoureront comme il se doit cet extra beaucoup plus aventureux et musicalement dense. Voilà véritablement un groupe qui invente l'au-delà du rock. HP

4 - À ranger entre Talk Talk et King Crimson

Poundhound
Pineappleskunk
(MetalBlade/M10,  3684 14639 2) - 16 titres, 49m27s - Produit par Doug Pinnick - Sortie le 5  juin 2001

Metal Groove. Doug Pinnick, le pétulant leader de King's X, le Phil Lynott des années 90, déborde tellement d'idées, on le sait, que son groupe attitré lui suffit à peine à les exprimer. Depuis 98, il lui a donc créé une annexe avec son complice Gaskill, ce Poundhound dont voici le deuxième album. Celui-ci vous balance dans les radars une grosse quinzaine de morceaux nerveux et vite expédiés qui combinent le groove le plus moderne avec du métal bien lesté. Tout n'est pas très réussi, les idées se bousculent sans être vraiment triées, ce qui rend l'album inégal, mais ce disque contient quelques salvatrices fulgurances comme "Jumpin'" qui valent à elles seules le déplacement. Pinnick ne se trouve pas toujours, mais quand il se trouve, c'est irrésistible. HP

3 - À ranger entre King's X et Infectious Grooves

Poverty's No Crime
Once In A Million
(InsideOut/Wagram, 085 41612 ) - 10 titres, 59m23s - Sortie juin 2001 

Dentelle de Métal. Nous avions soigneusement rangé la fiche de ce groupe allemand dans notre casier de bronze réservé aux gros espoirs à surveiller de très près. Zavions eu raison, et pakunpeu. Avec ce nouveau dixe, ces Rhénans surdoués ont ajouté cinq vitesses à leur turbo et sont carrément en passe de devenir les Scorpions des années 2000. Ils possèdent la même finesse mélodique, la même science des riffs en dentelle, le même mordant carnivore, le même pouvoir émotionnel dans le chant, avec en plus l'actualité, puisque ce gang astucieux a su emprunter ce qui lui convenait le mieux de la mouvance prog métal pour échafauder son propre heavy à lui, d'une beauté comparable à celle de l'antique Boston, et d'une vigueur on ne peut plus contemporaine. Réellement magnifique. HP

4,5 - À ranger entre Scorpions et Vanden Plas

Professional Murder Music
Professional Murder Music
(Geffen/Universal) -12 titres, 47m32s - Sortie le 22 Mai 2OO1 

Rock lourd et neurasthénique. Le Compact man de service ce jour-là se rongea les ongles jusqu'au sang, tout en maudissant la profession entière : pas l'ombre de la moindre qui fournirait quelques renseignements sur PMM, leur origine (je les suppute nord-américains), leur précédent parcours musical, le nombre de musiciens dans les rangs ; enfin, tout ce qui pourrait faire avancer le schmilblick ! Tant pis, il faudrait vous contenter de ces quelques impressions : leur musique est oppressante (quoique fort bien faite), les guitares ne sont pas toutes authentiques et l'impression générale dégagée est celle d'une formation qui se cherche encore, mais qui possède un réel potentiel, ainsi qu'un talent certain pour générer des ambiances épaisses et angoissantes... Satisfaits ? TS

2,5 - À ranger entre Faith No More et Chemlab

Quireboys
This Is Rock And  Roll  
 (Sanctuary/NTS) - 13 titres, 54m18 s - Produit par les Quireboys - Sortie le 25 Juin 2001

Glam rock béni des Dieux. The Boys are back in Town ! Quel plaisir que de retrouver cette voix éraillée et ces guitares virevoltantes qui nous manquaient tellement depuis 1993, date funeste du split de ce combo pas tout à fait comme les autres, le seul à avoir su apprivoiser les grandes gueules des Guns & Roses, au point de se retrouver en support band sur leur tournée mondiale correspondant à la sortie de Use Your Illusions I & II , excusez du peu ! Le titre de l'album des retrouvailles peut sembler légèrement prétentieux, mais il annonce pourtant exactement la couleur : ce disque est une bonne leçon de rock & roll, tel qu'il devrait être plus souvent pratiqué, une galette argentée pleine de joie de vivre, d'énergie et de compositions léchées...TS

4 - À ranger entre A Little Bit Of What You Fancy et Faster Pussycat


Susheela Raman
Salt Rain
(Narada World/Virgin) - 12 titres, 58m40s - Produit par Sam Mills - Sortie mai 2001 

Indie Groove. Jeune espoir de la scène indo-pakistanaise britannique, Susheela Raman nous amène douze petites gouttes de pluie salées comme autant d'éclats de diamants éparpillés. Mêlant les sonorités urbaines occidentales et le charme sensuel de la musique indienne, la belle Susheela n'a pas fini de vous étonner. Chanté en anglais et en plusieurs langues indiennes, Salt Rain est une rencontre de musiciens venant de plusieurs continents, fédéré autour de la chanteuse qui se fit remarquer au sein de Joï, groupe de fusion anglo-indien. Un disque qui ne pourra que vous enchanter et transporter dans un voyage intercontinental où les sonorités se mélangent pour ne devenir plus qu'une, celle du talent.N&DS-D

4 - À ranger entre Joï et Sally Bagoo

Rockenfield Speer
Hells Canyon
(Bee  & Bee/Muséa, BBRS2001) - 12 titres, 50m52s - Produit par Rockenfield  Speer - Sortie Mai 2001

Prog panoramique. Après Tele Void, revoici le duo américain Scott Rockenfield/Paul Speer qui, s'il connaît le même écho qu'avec son précédent album, pourrait prétendre à une nouvelle nomination aux Grammy Awards. Ces deux orfèvres musiciens se sont fait une spécialité d'un rock instrumental qui mélange la progressive éthérée et l'ambient rock paysager, à savoir qu'ils aiment évoquer à coups de longues fresques instrumentales des paysages grandioses et lourds de sens, comme ici ceux des canyons américains encore rouges du sang des indiens. Plus électrique nomade que planant ou new age, cela possède beaucoup d'allure et d'élégance, et s'écoute fort joliment en toile de fond de la vie, histoire de faire oublier les murs environnants. HP

3 - À ranger entre Steve Hillage et Tangerine Dream

Sergent Garcia        
Sin Fronteras 
(Labels/Virgin) - 13 titres, 68m27s - Produit par Bruno Garcia, Renaud Letang & V. Jogerst - Sortie le 21 août 2001 

Salsa muy caliente. Deuxième opus très attendu du Sergent qui fait avec Sin Fronteras une rentrée impressionnante. Un Poquito Quema'o le prédécesseur a eu un retentissement aussi remarquable qu'imprévu, et a emmené notre Sergent et ses fidèles lieutenants les Locos Del Barrio au quatre coins de l'hexagone et bien au-delà en Espagne et à Los Angeles. Bruno Garcia avec Sin Fronteras a affiné sa Salsamuffin' en l'ouvrant à des sonorités inattendues puisque l'on peut croiser Amadou et Mariam, le duo malien qui transcende le morceau "Serenos" de leurs voix magiques. Avec un titre (sans frontières) qui définit bien l'état d'esprit du Sergent, cet album, loin de l'enfermer dans un style afro-cubain qu'il n'a jamais revendiqué, lui ouvre des portes et lui permet de faire un lien planétaire. Cet album respire le soleil, le farniente et les vacances, même si "Los Desaparecidos" reprise de Ruban Blades rend hommage aux disparus des dictatures. Si Bruno et ses comparses font une musique "festive et enjouée", ils ne négligent pas pour autant les préoccupations sociales, qui sont aussi les leurs et tiennent à ce que nous ne dansions pas idiots... Un second opus on ne peut plus réussi, et nettement moins décevant que celui d'un Manu Chao avec qui il partage entre autres choses, le réalisateur Renaud Letang. De quoi prolonger l'été en gigotant et en sirotant quelques Margaritas à l'ombre des parasols, pour les moins chanceux d'entre nous, coincés tout l'été dans des villes enfumées. N&DS-D

4,5 - À ranger entre Manu Chao et Flor del Fango

Speedealer
Here Comes Death
(Palm/Naive, NV47501) - 32 titres, 56m48s - Produit par Jon Smith - Sortie juillet 2001  

Rock burné. On a souvent un peu tendance à piedestaliser (oui, ça existe, la preuve) les formations pratiquant un rock turbotraction, avec moulinette de riffs à l'infini et speederie ambiante, mais c'est  trop vite oublier -et donc mettre de coté- ceux qui arrivent à tempérer leurs envies de vitesse, tout en alourdissant leur musique, effort pourtant sensiblement supérieur. Speedealer (joli nom) est de cet acabit et réussit, apparemment avec une facilité déconcertante, à bourriner joyeusement tout en enfonçant son sillon de rondeurs à la limite de l'estoufade, droit à l'essentiel (plus de 30 titres en moins d'une heure !). C'est parfaitement mené, encore trop linéaire ou répétitif pour casser la baraque, mais il y a là une bonne tenue générale et un bon esprit d'ouverture qui feront sans doute rapidement la différence... CG

3 - À ranger entre Pig et Therapy?

Stereo MC's     
Deep Down & Dirty 
(Island) - 12 titres - 51m 05s - produit par Stereo MC's - sortie le 28 mai 2001 

Dancefloor music. Une si longue absence... Après 9 ans de silence durant lesquels l'incontournable Connected a continué de tourner sur nos platines et influencé toute une nouvelle génération de groupes tournés vers l'electro dance, les Stereo MC's sont de retour, plus déterminés que jamais. Certes la gestation de Deep Down & Dirty aura été longue et difficile et à première écoute, les mauvaises langues diront que nous avons affaire à un Connected bis et que l'originalité n'est guère au rendez-vous. So what ? Le plaisir éprouvé à l'audition de ces morceaux chaloupés dominés par la voix lancinante de Rob Birch reste intact. Et puis le son s'est enrichi, étoffé même. Alors pourquoi bouder notre plaisir de retrouver ce groupe indispensable. Comme disait l'autre :  shut up and dance ! PR

3,5 - À ranger entre Stereo et MC's

Stone Temple Pilots
Shangri La Dee Da
(Eastwest) - 13 titres, 47m 19s - Produit par Brendan O'Brien - Sortie le 19 juin 2001 

Rock US. À la fois plus puissant et plus posé que sur le noir Stone Temple Pilots (99), le beau rock des STP s'obstine dans la voie de l'originalité. Pourquoi, malgré un son rock assez courant, des guitares plurielles et un ensemble d'une facture somme toute classique a-t-on l'agréable impression d'entendre un groupe unique ? Les compositions, le haut niveau d'exigence de Scott Weiland et des frères DeLeo, sûrement. Aérienne et terre-à-terre, cette musique sans compromis (c'est leur cinquième album) fut enregistrée dans un studio de Malibu dont cet album porte le nom ! Moins écorché vif, donc, que le précédent, offrant plus de plages de douceurs, Shangri La Dee La ravira les fans et pourrait, enfin, ouvrir les oreilles de ceux qui ne les connaissent pas encore. MEK

4 - À ranger entre Bush et Cheap Trick

Suicidal Tendencies
Friends & Family  2  
(XIII  Bis, 0507 2) - 20 titres, 74m02s - Produit par Suicidal Tendencies - Sortie le 15 juin 2001

Skate Music. Les joyeux pétards humains de Suicidal Tendencies ont toujours eu le sens de la famille et de la solidarité. Les voilà donc qui rouvrent leur auberge espagnole pour partager l'affiche de ce disque avec tous les gangs cousins, proches et affiliés de leur scène musicale venicienne, à savoir Infectious Grooves, My Head, Creeper, Zen Vodou, The Funeral Party et autres zèbres pittoresques. Cela donne à l'arrivée le soundtrack barge d'une fiesta bigarrée où l'on retrouve tous les sons qui tournicotent dans la tête des skaters fous de la West Coast. Comme c'est le lot de ce genre de compil atomique, tout n'est pas d'égale qualité, mais l'on en retire une régénérante impression de vitalité, de tonus, de plaisir de s'éclater qui confère à l'ensemble une réjouissante dynamique. Voilà du vrai fun. HP

3 - À ranger entre Red Hot Chili Peppers et votre skate board

Thorn.Eleven
Thorn.Eleven  
(Steamhammer/NTS/Wagram  085 72312 ) - 11 titres, 53m31s - Produit par Andy Sneap - Sortie le 23 juillet  2001

Métal charnu. Thorn.Eleven est considéré par ceux-qui-savent, la secte bien connue, comme l'un des gros espoirs de la scène métallique allemande. Après cinq années d'existence, ils quittent le circuit indé et chacun va donc pouvoir se faire une idée de leur potentiel. Et ce potentiel est effectivement considérable. Leur musique, métal résolu mais pas désincarné, judicieusement inspiré de Tool ou Korn, possède de la substance et du coeur, mais toute son originalité tient à un sacré chanteur, le dénommé David Becker, qui est tout sauf l'archétype du gosier-hurlant habituellement requis pour ce genre de pratique virulente. Ce gaillard n'a pas le timbre habituel du ténor trash, ni le phrasé, et tout ce qu'il propose donne vraiment une personnalité bien tranchée à son groupe. HP

3,5 - À ranger entre Tool et Incubus

Thug Murder
The 13th Round
(I Use To Fuck People Like You In Prison Records -authentique !/Edel) -15 titres, 33m37s, sortie le 18 Juin 2001 

Punk-rock asiatique rigolo. Ces trois jeunes filles japonaises fortes en chocolat - quoi ? du chocolat avec des grains de riz, alors ? Très drôle, vraiment...- semblent sortir tout droit d'un gigantesque cartoon (manga ne serait pas approprié) qui serait dédié à la joie de vivre et de faire du bruit (mélodique, quand même) en toute liberté... Les titres s'enchaînent sans le moindre temps mort -y compris une salvatrice reprise du "I Fought The Law", déjà couvert en leur temps par les regrettés Clash- la durée moyenne oscille entre 59 secondes et trois petites minutes, avec une pointe à 5'22'' pour "Restart" et on reste baba devant l'énergie déployée par ces apprenties geishas qui laissent loin derrière elles leurs ridicules compatriotes de Guitar Wolf et se rapprochent pas à pas des Grands Maîtres Thee Michelle Gun Elephant. TS

3 - À ranger entre Rancid et Toy Dolls

To Die For
Epilogue
(Nuclear Blast/Edel, NB 482-2) - 12 titres, 54m31s - Produit par Mikko Karmila - Sortie le 25 juin 2001 

Metal gothic. Amis de la dépression musicale, chantres de la poésie macabre, pin-ups serties de vinyle, voici venu le temps d'écouter le nouveau To Die For. Une nouvelle étoile finlandaise brille au firmament du gothic metal et Epilogue la conduit à son apogée. Un chanteur aux allures de barde en sursis et sous Prozac, dans la lignée des grandes heures de la cold wave, de bonnes guitares, des claviers et des effets harmonieux, des refrains avec format d'impression instantané sur cerveau : il n'en faut pas davantage pour rafler la mise et faire de cet album un incontournable du style. Avec intelligence et panache, To Die For a su éviter les poncifs pour ne livrer que le meilleur de son âme. Un véritable monument de mélodie et de sensibilité, une belle réussite artistique. HD

4 - À ranger entre Theater Of Tragedy et Sentenced

Triangle
Square The Circle
(Bee & Bee/Muséa) - 7 titres, 65m39s - Produit par Triangle -Sortie  Mai 2001 

Prog azurée. Bon, Triangle comprend quatre musiciens et thématise ici sur la quadrature du cercle, mais on finit quand même par s'y retrouver, et ce d'autant mieux que leur musique, elle, n'a rien de labyrinthique. Il s'agit d'une jolie et convaincante prog transparente, élégamment atmosphérique, qui fait en sonorités ce que les peintres expriment dans toutes les nuances du bleuté. On pense en écoutant ces fluides romances à peine crispées à un Camel nerveux ou un Hackett rasséréné, tout ce qu'il faut pour passer un beau moment de rêverie, même si quelques syncopes savantes et quelques poussées de fièvre empêchent ce rock d'être trop quiet-coi. À déguster aux heures crépusculaires ou dans la fraîcheur d'une matinée d'été. HP

2,5 - À ranger entre Steve Hackett et Camel

Tricky
BlowBack
(Anti/PIAS, 6596-2), - 15 titres, 58m29s - Produit par Tricky - Sortie le 25 juin 2001 

Electro-Soul. Etait-il possible d'être encore plus varié que sur Juxtapose son précédent album ? Tricky semble penser qu'il le fallait puisqu'il s'est entouré ici de Cindy Lauper ou de membres des Red Hot Chili Peppers pour nous mâtiner un opus dans lequel il concocte un savoureux mélange de soul, de dub et de hip-hop. On peut ajouter que son art de la composition est ici si exemplaire qu'il correspond aux meilleures recettes de ce que devrait être une pop song absolue. Plusieurs titres, "Excess", "Evolution Revolution Love" ou "You Don't Wanna" feraient ainsi des singles idéaux et la plupart des autres morceaux bénéficient de ces subtilités orchestrales, parfois psychédéliques, parfois élecroniques, qui dépassent allègrement les frontières des musiques black. L'épatant est que, sous couvert d'explorer tout un pan de climats qui ont constitué certains des plus grands chefs d'oeuvre de la musique US (comment ne pas penser à Prince ou aux Temptations ?), Tricky parvienne à construire un album qui soit à la fois personnel et éclectique. On a trop considéré que le mouvement hip-hop ne faisait que reprendre des recettes anciennes pour ne pas s'en réjouir. Concluons aussi que, puisque le but de l'artiste était de faire un disque qui soit "radio-friendly", Blowback mériterait sans conteste de tourner sur les play-lists de toutes les stations possibles, indépendamment de leurs formats. CF

4,5 - À ranger entre Prince et Sly And The Family Stone

 
Ugly Duckling
Journey To Anywhere 
(XL Recordings/Delabel) - 15 titres, 51m17s - Produit par Ugly Duckling -  Sortie mai 2001 

Hip Hop. Avec une approche old school, Ugly Duckling s'est toujours situé à contre courant du milieu West Coast dont ils sont originaires. Pour Andy Cooper, Dizzy Dustin et Dj Einstein trois blancs de Long Beach, le parcours a été semé d'embûches et les trois compères ont dû faire face à un environnement parfois hostile et dû dans un premier temps se résoudre à l'auto-production. Journey To Anywhere , leur premier album, témoigne d'une vision positive du rap et tourne résolument le dos à l'aspect sulfureux que semblent affectionner quelques-uns de leurs congénères. Fort d'une réputation acquise sur scène au cours des innombrables tournées qu'ils ont effectué, Ugly Duckling représente un des courants, fort sympathique, qui pourrait bien transformer l'avenir du hip hop outre-atlantique. À déguster. N&DS-D

4 - À ranger entre Inconegro et The Beatnuts

Uncle Kracker
Double Wide
(Atlantic/Warner, EW851) - 11 titres, 44m19s - Produit par Kid Rock - Sortie en mai 2001
Groove rock. Pour être le DJ du fameux Kid Rock, Uncle Kracker n'en demeure pas moins créateur. Double Wide a été écrit sur la route et il a le rythme du voyage. Étonnant amalgame de rock, rap, blues, hip hop, groove, country et je n'en passe pas, cet album vaut avant tout par l'ambiance qu'il dégage. À écouter au volant d'un confortable PT Cruiser, la climatisation à fond, sur une autoroute toute droite, tandis que les boomers vibrent sous ce son large et profond. De véritables paysages ricains peints en musique défilent sous vos yeux tandis que résonnent des accents de rap, un harmonica, une guitare aérienne suivie d'une acoustique, le tout souvent durant le même morceau ! Le genre de trip qui fait rêver et taper du pied simultanément et qui vous colle le bonheur pour la journée. HD

3 - À ranger entre Kid Rock et MC Hammer

Vital Duo
Ex Tempore
(Muséa, FGBG 4322 AR ) - 14 titres, 61m54s - Produit par Muséa/Vital Musique - Sortie Juin 2001

Médiérock. Vital Duo, c'est en fait Minimum Vital réduit aux frangins Payssan. Si ceux-ci ont ainsi refermé le cercle de famille, c'est pour mener à bien le projet, ici réalisé, de marier de la musique médiévale façon Guillaume de Machaut à un rock progressiste plus récent. Rangez vos préventions, réprimez vos bâillements : ils ont parfaitement réussi leur coup. Leur fusion est idéalement dosée, interprétée avec justesse, et il faut avouer qu'ils ont trouvé ici l'argument musical qui leur convient parfaitement, et qui manqua toujours à Minimum Vital. Pour tout dire, il y a plus de belles choses et de vraies réussites dans cet album unique de l'essentiel duo que dans toute la disco du groupe au complet. Voilà un joli filon à exploiter davantage encore. HP

3,5 - À ranger entre Mike Oldfield et Guillaume de Machaut

Rufus Wainwright
Poses
(Dreamworks/Universal, 450 237-2) - 13 titres, 53m26s - Produit par Pierre  Marchand - Sortie juin 2001 

Folk Pop. Alors que son premier disque évoquait indéniablement l'album solo par excellence, Poses semble plus être l'effort d'un groupe (collaborations diverses et production plus hétérogène). Les arrangements sont ainsi plus lustrés, ce qui, en contrepartie, donne une démarche moins intimiste à ce second effort. On retrouve pourtant l'humour grinçant du chanteur, des compositions immaculées (son point fort) et un usage plus que raisonnable du gimmick que pourrait constituer sa voix de tenor d'opéra. Au total, Poses est un album sophistiqué et mature, complexe mais personnel, contrebalançant sa densité instrumentale par une émotion qui sait rester à fleur de peau. CF

3,5 - À ranger entre Jeff Buckley et Elliott Smith

 
X-Ray Pop
Surrealistic Pilot
(EastWest) - 24 titres, 61m39s - Produit par X-Ray Pop - Sorti le 3 juillet  2001 

Pop expérimentale. Neuvième album du duo azimuté X-Ray Pop, à savoir Zouka Dzaza & Doc Pilot, Surrealist Pilot est, comme ses prédécesseurs, inclassable et problématique pour la critique. Confronté ce qu'il juge être une incompréhension, X-Ray Pop ne cherche cependant pas la facilité : des recherches conceptuelles barrées et originales, ici autour du rhythm and blues, sur lesquelles se greffent la voix très particulière de Zouka Dzaza, rappelant irrémédiablement tout une ambiance 80's qui ne séduit plus grand monde aujourd'hui. Les compositions sont quant à elles des plus respectables, surtout lorsque Robert Wyatt (Soft Machine) signe un titre, que Pascal Comelade, les journalistes Patrick Eudeline et Yves Adrien, Ariel Wizman, viennent participer à la fête. Anecdotique ou objet de collection, à vous de voir. CD'O

2 - À ranger entre franche rigolade et curiosité musicale

Pete Yorn
Musicforthemorningafter
(Columbia) - 14 titres, 57m38s - Produit par Brad Wood, Walt Vincent et PY - Sortie en juin 2001 

Rock ouvert. Nous tenons là, entre nos oreilles, la première oeuvre d'un jeune américain originaire du New Jersey, "hype" du moment dans les milieux artistiques branchés new-yorkais. Sa participation remarquée à la BO de Fou d'Irène , des frères Farrelly, y est pour beaucoup. Varié et accrocheur, cet album mérite largement le détour pour ses multiples qualités. Textes assez impressionnants de maturité, sur le thème classique des déboires amoureux, pour un être ayant à peine franchi le quart de siècle ; solidité, également, de compositions rock, pop et folk, hommages aux grands aînés (de Neil Young aux Replacements). Décidé à ne pas trahir son inspiration tout en aspirant à un large succès, Pete Yorn s'offre sans réticence comme un outsider pertinent et attachant. MEK

4 - À ranger entre Josh Joplin Group et Elliott Smith

Zuco 103
The other side of Outro Lado 
(Crammed Disc/Wagram, 3069732) - 11 titres, 62m10s -various remixs - sortie  en juillet 2001 

Remixs latino. Outro Lado , sorti l'année passée, était le premier album du trio germain Zuco 103, un doux mélange de bossa et d'électronique. Très remarqué en France, même s'il est resté assez confidentiel, Outro Lado s'est vu décerner la première place des charts brésiliens et latino et les Zuco devenir des vedettes incontestables en ces contrées ensoleillées. Cet album de remixs n'est pas anodin : les sept titres originaux sont ici revus de la plus belle manière qui soit. Rien n'est laissé au hasard, et chaque plage dévoile des trésors house, jungle, dub et même trip hop (le magnifique "Fome Total" revisité par The Funky Lowlives). Nous sommes donc bien loin des remixs qui viennent à la rescousse des faiblesses d'un album ou d'un coup commercial. Original et créatif, voici un disque prioritaire sur les chemins de vos vacances. CD'O

4 - À ranger entre Outro Lado   et Trip Do Brazil

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