COMPACT #14 - été 2001

A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
310
After All
(Leaf/La  Baleine) - 10 Titres, 58m 10s - Produit Par 310 - sortie le 19 juin 2001

Pop ésotérique. Ah ah ah "Décrire la musique de 310 relève de l'exploit" Pour une fois qu'une bio anticipe notre pensée, on ne va pas y aller avec le dos de la cuillère. Oui, 310 rend fou, d'ailleurs c'est presque la moitié de 666, le chiffre du malin, hein ? Oui, c'est ça, le duo new-yorkais est possédé ! Oui, il y a des jours de bouclage où l'on aimerait être peinard chez soi, à écouter des bons disques et non du brico d'insomniaque. Il y a pourtant d'autres palliatifs au stress que la musique, mais ça, est-ce qu'on leur a dit ? Faites passer le mot, par mail, pigeon mécanique, diligence à vapeur. La contagion est proche. D'ailleurs, ces ambiances expérimentales hypnotisent à la longue. On pourrait même trouver ça mieux. Merde, leur truc est viral ! LE

1 - À ranger entre X Ray Pop et Doctor L

Afro  Celt Sound System
Volume 3 : Further in Time
(Realworld/Virgin)- 12 titres, 70m42s - Produit par Simon Emmerson, James McNally & Martin Russel - Sortie le 5 juin 2001

Electro Tribal. Nominé en 1999 aux Grammy Awards avec Release, le volume 2 de ses aventures, Afro Celt Sound System est un groupe réputé pour sa facture et son innovation musicale, se situant hors des sentiers battus alliant influences Celtes et Africaines, comme son nom l'indique si bien. Plus évident dès la première écoute que ses prédécesseurs, Further in Time semble apaiser la folie qui habitait le groupe, notamment lors de ces prestations scéniques. En compagnie d'invités illustres comme Peter Gabriel sur "When You're Falling" et Robert Plant sur le magnifique "Life Begins Again", le combo démontre si besoin était qu'il n'est pas un groupe de second plan. Même si sampler et ordinateur sont à l'honneur, la flûte, le djembé et les guitares acoustiques ont droit de cité. À (re)découvrir. N&DS-D

3 - À ranger après les vol 1 et 2

Les Aliénés
B.O.F
(Jaff/BMG,4711003) -19 titres, 73m46s -Sortie le 12 Mars 2001

Bande sonore éclectique. Mélangeant allègrement passages musicaux du film en question et chansons écrites pour la circonstance, Les Aliénés réussit le tour de force d'être écoutable d'un bout à l'autre (sauf en de rares exceptions que nous ne nommerons pas par pure charité chrétienne), même par des auditeurs pas spécialement intéressés par ce style bien particulier, peut-être est-ce du aux différentes factions en présence, allez savoir ! Quand on réunit sur un même album Oneyed Jack, les excellents Nefilim (nouveau projet de Carl Mac Coy, Fields Of The Nephilim en chef jusqu'à une injuste éviction), Lofofora, LTNO et autres Watcha, il ne faut pas s'étonner du résultat, aussi surprenant soit-il : c'est cohérent malgré la diversité des styles présents et les titres se succèdent sans faux pas ni sensation de remplissage, bravo ! TS

3 - À ranger entre la BOF de Sombre (en moins bien) et celle de Baise-Moi (en mieux)

 Appliance       
Imperial Metric
(Mute/Labels) - 12 titres; 58m02s -Sortie fin juin 2001

Post Rock. Après un premier album, Manual, marqué par l'influence de Kraftwerk, ce nouvel opus du trio anglais continue dans la même veine minimaliste en nous offrant toutefois des compositions plus marquées par un sentiment de désagrément que par un éloge à la fluidité. Le groupe a opté pour l'accentuation de la dissonance, venant perturber ainsi toute atmosphère contemplative que ce type de musique peut parfois engendrer. Les titres génèrant par ailleurs leur propre ironie acide, ("Comrades In A Moscow Hotel", "Where Has The Space Race Gone ?"), ces références à une glaciation politique ou industrielle mélangent le meilleur de l'électronique sans tomber dans ses clichés. Convaincant. CF

3,5 - À ranger entre Neu ! et Stereolab

Babylon Circus
Au  Marché Des Illusions
(Small Axe / Tripsichord, BABCIR 004) - 14 titres, 64m01s - Produit par JM Sigrist  - Sorti le 27 avril 2001

Reggae / Chanson française. Babylon Circus n'est pas qu'un groupe de musique. Ce serait d'abord une histoire de potes, une aventure de passionnés qui ont décidé de mettre en commun leur joie de vivre. Au final, cela donne un univers coloré (belle pochette, site internet impeccable) , un esprit festif qui se contre fout des étiquettes : tantôt ska, parfois reggae, souvent empli de chanson made in France, leur style n'a rien à prouver. Et s'il est bien une qualité que l'on retrouve au fil de leurs trois productions (oui, déjà), c'est l'envie de faire la fête. Une fête qu'ils célèbrent à chaque concert, plus d'une centaine déjà, au travers de tout l'Hexagone. Alors pas de doute, ces lyonnais, au nombre de quatorze, sont là pour partager leur enthousiasme, et non pour vendre des tonnes de disques. Un concentré de fraîcheur et de joie. CD'O

3.5 - À ranger entre La Rue Kétanou et  les Hurlements D'Léo

Bare  Jr
Brainwasher
(Immortal/Virgin)- 15 titres, 43m 44s - Produit par Sean Slade - Sortie fin mzi 2001

Rock US. Deuxième album, bien peu passionnant, d'une énième formation rock qui traverse les États-Unis avec plus ou moins de succès. Les textes, ironiques petites pièces tentant de décrypter ce qui peut se cacher sous les crânes des demoiselles qui s'obstinent à refuser vos avances, sont plutôt sympa. Et après ? Les influences sont bien visibles (voir "rangement" ci-après), plutôt correctement digérées, ce qui n'a jamais fait naître le moindre talent particulier chez personne. On pense parfois à Soul Asylum ("Shine") sans le danger permanent qui caractérise la bande de Dave Pirner. Quelques douceurs ("Miss You The Most") ne permettent que de se détendre les tympans après un peu trop de bruit vain, mais toujours pas de dénicher la compo qui ferait la différence. MEK

1 - À ranger entre Aerosmith et Tom Petty

Beautés  Vulgaires
Zoo de nuit
(Active/Mosaic Music) - 13 titres, 61m43s - Produit par Julien Costa - mai 2001

Rock-Ska. "Mais putain qu'est-ce que c'est bon de perdre la raison, de péter les plombs !". C'est par ces mots plein de bon sens que les Beautés Vulgaires introduisent leur second album Zoo de nuit, ainsi dénommé parce queÉ Bof, on ne sait pas, mais quelle importance ? Les Beautés Vulgaires de Toulouse pratiquent un métissage rock-ska teinté de violon yiddish ("La Danse De Salomé"), de claviers et guitares tirant sur le zouk ("Fallait Pas Y Aller") et d'harmonicas subtils ("Elle Était", "L'Envers"). Et toujours ce violon qui apporte une touche franchement inédite à ce combo qui ne manque pas de charme et n'hésite pas à soutenir son propos de riffs de guitares surpuissants. À suivre de près, notamment sur scène, n'oublions pas que : petit label = petite promo, donc, soutenons les ! N&DS-D

4 - À ranger entre La Ruda Salska et Elmer Food Beat

Black  Bomb A
Human Bomb
(M10) -11 titres, 40m 03s - Sortie le 10 Mai 2001

Hardcore en Fusion. Premier album plutôt réussi pour cette bande de six amis, tous originaires de la riante petite ville de Viroflay (78) et qui comprend Jag, Poun, Scalp, Snake (Riri, Fifi et Loulou s'étant décommandés), Mario et l'efficace Frank à la batterie. Black Bomb A a creusé son trou petit à petit, de démos en cinq titres (avec le respectable Stéphane Buriez aux manettes) et de compilations en participation à la BOF des Aliénés. Bien évidemment, Human Bomb est capital à leurs yeux (un peu moins à nos oreilles, mais bon), car c'est la première fois qu'ils ont l'occasion de prendre leur temps et leurs aises sur la longueur d'un album entier, les veinards ! L'ensemble se laisse écouter sans déplaisir, même s'il souffre d'une trop grande uniformité (excepté l'original "Communication With God"), défaut inhérent au style musical pratiqué et quasiment inévitable, hélas pour nousÉTS

2,5 - À ranger entre Artsonic et Watcha

The  Black Halos
The  Violent Years
(Sub  Pop/Night & Day) - 10 titres, 38m32s - Produit par Jack Endino - Sortie      le 27 avril 2001 

Glam Punk. Se réclamant de Motley Crue et Generation X, les Black Halos, dernière (et retentissante) trouvaille du label Sub Pop, lorgne plutôt du côté du punk-rock américain plus classique (pour le gros son) et, surtout, du côté de leurs cousins anglais et scandinaves, pour la hargne qui fait de chacune de leurs chansons, un peu plus d'un simple bolide. La voix du chanteur, cassé à souhait, renvoie à d'autres déchaînés et l'on pense même parfois aux Lords Of The New Church, c'est dire ! Des Lords qui auraient vraiment exprimé sur disque ce que chacun de leurs concerts représentait. À savoir une furieuse giclée rock & roll, sans la moindre concession ni temps mort. Johnny Thunders et tous les joyeux zozos allumés peuvent roupiller tranquille, la relève est assurée !É CG

4 - À ranger entre Smack et Hanoi Rocks

The Blind Boys Of Alabama
Spirit Of The Century
(Realworld/Virgin, 724385091827) - 12 titres, 47m14s - Produit par John Chellew - Sortie le 7  aout 2001 

Chorale blues. Nouvelle signature du label Real World, Blind Boys Of Alabama ne représente pas spécialement ce qu'on appelle communément un groupe en développement, puisqu'il existe depuisÉ 1939 ! Voilà qui calmera les vieux grincheux Rolling Stones (qui font partie des artistes "repris", avec Tom Waits et Ben Harper), via une magnifique leçon de savoir-faire, accompagnée pour l'occasion par quelques pointures, donc Charlie Musselwhite, John Hammond, David Lindley ou Danny Thompson, ce qui rajoute du panache à un disque déjà fort attachant. Clarence Fountain, fondateur des Boys, dit qu'il a réellement essayé de recréer l'esprit qui était le leur lors de leur création, voici plus de 60 ans, au Talladega Institute pour personnes aveugles. Pari réussi ! CG

4 - À ranger entre blues et gospel

Blink  182
Take  Off Your Pants And Jacket
(MCA/Barclay) - 16 titres, 51m18s - Produit par Fletcher & Darian Rundall - Sortie le 7 aout 2001 

Punk & roll. Joli pied de nez à tout un microcosme musical, celui que l'on considérait comme le cancre de la classe, le punk pas assez punk, trop propre sur lui, vient de franchir un énorme pas en avant et d'intégrer, du même coup, la cour des grands de ce petit monde soniquement vivifiant. Ainsi, malgré un titre qu'on aurait pu croire être un hommage à une certaine R. Zarai (s'ils savaient, ouarf ouarf !), quelques riffs bien torchés, secs mais s'inscrivant dans des objectifs visiblement plus mélodiques, viennent rapidement nous replacer dans le bon chemin. Celui d'un disque jouissif où le bon mot a toujours sa place, coincé entre des rythmes sautillants où grouillent des guitares habilement maladroites. Ça pourrait s'appeler "Chronique d'un succès annoncé"É CG

3,5 - À ranger entre Offspring et Everclear

Jack Bruce
Shadows In The Air
(Sanctuary / BMG 084 ) -15 titres, 62m 42s - Produit  par Jack Bruce - Sortie Mai 2001.

Rock in chair. Ah, Jack Bruce ! Il méritait de faire une carrière solo aussi fructueuse que son ancien complice de Cream, Clapton le Eric, mais il resta plus modeste, et n'obtint jamais que le respect, mais le respect sans limite du à une basse magique et à une voix unique. L'homme est donc aussi rare que précieux. Ne ratez point cette occasion de renouer avec son talent sans équivalent. Flanqué d'une impressionnante escorte de guest stars, dont le pote Clapton revenu pour l'occasion dépoussiérer avec lui deux monuments de Cream, Bruce offre ici un rock suave, feutré, confortable, un peu soft peut-être, délicieusement saupoudré d'exotisme et de jazz, façon Sade, mais un rock toujours inspiré, profond, fait pour les vrais esthètes et les amateurs sans impatience, avec toujours cette voix impériale, inégalée à jamais. HP

3,5 - À ranger entre Pommard et Chanel

Jeff Buckley       
Live a l'Olympia
(Columbia) - 11titres, 66m33s - produit par Mary Guibert et Michael Clouse - sortie  le 19 juin 2001

Rock céleste. Tous ceux qui ont eu un jour la chance de voir le regretté Jeff Buckley sur une scène vous confirmerons que chaque concert était une expérience unique, inoubliable. Pour avoir été présent ce jour de juillet 1995, à l'Olympia, je peux affirmer que ce disque magnifique en est un témoignage éclatant. Entretenant des rapports privilégiés avec la France et son public, cet admirateur d'Edith Piaf avait donné à ces 2 concerts dans la salle mythique où son idole avait chanté, une importance toute particulière. L'énergie brute de la prestation scénique conjuguée à la sensibilité à fleur de peau du personnage imprègne ainsi tout cet album qui alterne compositions personnelles et reprises décoiffantes ("Kick Out Of The Jams" du MC 5) émouvantes ("Je n'En Connais Pas La Fin" de Nina Simone) ou carrément rigolotes ("Kashmir" de Led Zep !). PR

5 - À ranger après tous les autresÉ

David Byrne
Look Into The Eyeball
(Virign) - 12 titres, 38m57s - Produit par Mike Mangini - Sortie le 7 mai 2001 

Mixture. De qui se moque-t-on ? David Byrne, illustre visionnaire, patron de label irréprochable (le patron et le label), ancien fanfaron en chef des Talking Heads (qui avaient deux décennies d'avance sur pratiquement tout le monde), se permet de sortir cette petite chose sans âme, anecdotique, aux mélodies faciles, aux orchestrations un rien pompeuses et à la versatilité toute relative. Non pas que le disque soit franchement mauvais, mais de la part d'un tel génie musical, cela fait pitié à entendre. Pas même 40 minutes, quelques violons sirupeux, quelques faux plats prétendument lyriques, une gratte acoustique qui acoustique sans gratter, des boucles qui auraient mieux fait de la boucler, et des loops loupés. Quel gâchis !É CG

1 - À ranger entre déception et grande déception

Slimm  Calhoun
The skinny
(East West/Warner, 7559-62520-2) - 17 titres, 65m25s - Produit par Earthtone III  & Michael "Blue" Williams - Sortie Avril 2001

Rap. Slimm Calhoun a plusieurs particularités celle tout d'abord d'être le premier artiste à avoir enregistré un album sur Earthtone III, le label de Antwan "Big Boi" Patton, d'Andre 3000 Benjamin & de David "DJ" Sheats et ce n'est pas rien. De plus son Skinny, a obtenu de rencontrer l'écoute de ses pairs, soit le milieu rap US lui-même. Beau pedigree et plutôt mérité, tant il est vrai que le hip hop de Slimm Calhoun est original et accrocheur. Point de braillement, mais un feulement tranquille de celui qui s'impose comme le mandataire d'un rap US sonnant différemment. De nombreux featuring avec Andre 3000 et Big Boi d'Outkast, Backbone, Killer Mike etc. dans cet album à découvrir pour être édifié sur cette nouvelle tendance du rap US. N&DS-D

3,5 - À ranger entre Outkast et Inconegro

Carnival  In Coal
Fear  Not
(Kodiak/Socadisc,  K.O.D.003) - 10 titres, 45m39s - Produit par Axel Wursthorn - Sortie en mai 2001

Crazy metal. Résumer cet album en termes psychiatriques serait réducteur. Passons donc outre la pseudo science qui permet de juger des gens sans les connaître, pour se consacrer à l'approche artistique de ce surprenant duo. Conduisant leur metal sans frontière au-delà de nouvelles limites, Arno et Axel réussissent avec leur deuxième album, à surprendre encore davantage. Reposant sur une base metal solide, les neuf titres témoignent d'une imagination excessivement fertile, empruntant successivement les sentiers du groove pénétrant, du "moody" relaxant, du riff assaillant ou du clavier planant. L'ensemble capte l'attention de l'auditeur à deux mains sans lui prendre la tête, ce qui n'est pas un mince exploit. Avec Fear Not, Carnival In Coal invente le metal fou... et génial. HD

5 - À ranger entre Syd Barrett et Faith No More

Cowboy Junkies
Open
(Cooking/Naïve, Cook CD216) - 10 titres, 49m 22s - Produit par Michael Timmins - Sortie le 14 mai 2001

Rock poétique. Les Cowboy Junkies, en quinze ans d'existence et dix bijoux d'albums, se sont imposés comme l'un des groupes les plus subtils et les plus profonds de la scène américaine, et il n'y a rien d'excessif à comparer ces Canadiens précieux à REM. Avec ce onzième ouvrage, et un retour remarqué au label indépendant, la famille Timmins nous gratifie ici d'un de ses disques les plus sombres et les plus pathétiques. Chaque morceau cherche à cristalliser en lui les différents tourments liés au vieillissement, et l'on se doute que la belle voix spectrale de Margo Timmins excelle alors dans l'interprétation de ces condensés de drame. Tout cela est très beau, réellement poignant, pas forcément facile d'accès il est vrai, mais on n'aborde pas du Baudelaire comme du Britney Spears, non ? Une magnifique perle noire. HP

4 - À ranger entre Tori Amos et REM

Robert  Cray
Shoulda  Been Home
(Ryko/Naive, RDC10611) - 15 titres, 52m50s - Produit par Steve Jordan - Sortie le mai 2001 

Soul & blues. Quinze morceaux sur ce disque à se demander ce qui est le plus gigantesque : le son, à la fois ample et pointilleux ; le jeu de guitare, qui picore par petites touches, symbiose parfaite de "non-jeu" et de construction d'atmosphères à peine électriques ; ou la masse de feelings, encore plus étincelante que sur l'album précédent, Take Your Shoes Off, qui fut fort justement récompensé d'un Grammy Award. Robert Cray, pourtant encore jeune, a tout du grand sage. Il pose sa voix sereinement comme s'il avait 50 ans de carrière de chanteur soul estampillé Memphis derrière lui. Et il a toujours dans son jeu de guitare, cette chaleur presque palpable, qui procure une sensation de bien-être qui touche chacune de nos zones sensibles. Frissons garantisÉCG

3,5 - À ranger entre Memphis et Jackson, Mississippi

Debout sur le Zinc
L'homme à tue-tête
(Agathe/Next Music) - 16 titres, 53m32s - Produit par Alain Cluzeau - sortie le 15 mai 2001

Chanson française. Des textes et une diction dans la tradition de la chanson réaliste française, trois chanteurs, un nom de groupe emprunté à Prévert, un violon aux accents Yddish, des guitares acoustiques, une clarinette pour faire la fête, un beau banjo barjo, une contrebasse plutôt classe et un accordéon pas poltron : le décor de L'Homme à tue tête est planté. Second album pour Debout Sur Le Zinc qui a interrompu sa tournée des grands ducs, de bars en scènes, le temps de goupiller au studio Acousti, quinze titres vibrants, tristes ou gais, en tout cas toujours émouvants. Un mélange vivifiant et une mixture homogène bien représentative des hirondelles bigarrées de nos faubourgs. À écouter debout sur le zinc en reprenant les refrains à tue tête, si ça vous chante !N&DS-D

3 - À ranger entre La Tordue et Les têtes Raides

Eisheilig
Eisheilig
(Napalm/M10)  -11 titres, 50m18s - Sortie le 7 Juin 2001

Hard gothique teuton. Une bien belle découverte que ce groupe germanique, au nom un peu rugueux pour nous autres latins, mais au talent et au savoir-faire indéniable. Une biographie anormalement sobre les définit ainsi : "Type' O Negative chanté en allemand" et, Mein Gott, c'est exactement ça ! Ces petits malins ont repiqué tous les bons plans qui ont assuré le succès du gang du déprimant Peter Steele : voix d'outre-tombe, mélodies superbement envoûtantes, guitares qui arrachent et synthétiseurs pas trop envahissants. Ils y ont ajouté leur touche personnelle, à savoir le chant dans leur langue maternelle (qui passe étonnamment bien, d'ailleurs) et le tour était joué : leur premier album est attachant et les voir sur scène dans un avenir proche va vite devenir l'une de vos préoccupations majeuresÉTS

3 - À ranger entre October Rust et Elizer, le troisième Fields Of The Nephilim .

Elk City
Status
(Parasol/Talitres Records) - 13 titres - 56m39s - Produit par Ray Ketchem- sortie mai 2001     

pop arty new-yorkaise. Il est de ces petits groupes qui, surgis de nulle part, déboulent avec un premier album intrigant et enthousiasmant. Sorti chez nous grâce au flair d'un petit label indé bordelais, Elk City est de ceux-là. Issu des obscurs Melting Hopefuls, ce trio new-yorkais de composition basique (basse, guitare, batterie), séduit avant tout par son approche modeste voire minimaliste d'un rock d'apparence sombre et torturée qui joue habilement sur les sonorités et les atmosphères sans pour autant virer dans l'intellectualisme prise de tête. Preuve en est leur reprise enjouée du classique "California dreaming". Prônant un retour bienvenu aux valeurs essentielles du rock et avec pour devise "Amusons-nous en l'absence de règles", Elk City nous livre un premier album totalement addictif et dont les richesses se dévoilent à chaque nouvelle écoute. Cédez à la tentation ! PR

4 - À ranger entre Luna et Yo La Tengo

Entwine
Gone
(Spikefarm/XIIIBis, 130882 M 863) - 8 titres, 41m12s -Produit par Anssi Kippo - Sortie le 16 Avril 2001

Hard progressif sans excès. Ce groupe finlandais existe depuis 1995, mais il s'est détourné du death metal pur et dur qu'il pratiquait en un premier temps pour se consacrer à une musique plus douce et aérienne, nos tympans lui disent merci ! Gone est leur deuxième album (après un Treasures Within Hearts  prometteur) et leur style s'affine dangereusement : des chansons telles que "Grace" (aux magnifiques intonations à la Jeff Buckley), "Closer My Love" (vraiment magnifique) ou/et "Silence Is Killing Me", dont les claviers vont vous hanter longtemps, sont on ne peut plus addictives, si aucune précaution élémentaire  n'est prise ! Entwine est bien parti pour supplanter 69 Eyes dans les coeurs de la jeunesse finlandaise (écoutez donc "Thru The Darkness" avant de protester bêtement) et pourquoi pas dans quelques organes vitaux de nos futurs héritiers, on peut toujours rêver, pas vrai ? TS

4 - À ranger entre Treasures Within Hearts et un The Gathering pas trop tarte

Essex Green 
Everything Is Green
(Kindercore/Pop Lane, KC034) - 11 titres, 44m22s - Produit par William Wells - Sortie en Juin 2001

Psychédélisme bucolique. Ce premier album d'Essex Green capture le son et l'esprit de l'ère psychédélique avec acuité et justesse. On y trouve donc des effets de guitares colorés, des artifices de studio et des orchestrations pleines de trouvailles, mais le plus sidérant est la maîtrise avec laquelle le groupe s'approprie des procédés si "datés". Il le fait non pas de manière superficielle mais en transcendant ce qui pourrait sonner comme un hommage à l'âge doré des Sixties. "Primrose" ou le majestueux "Mrs. Bean" sonnent par exemple instantanément familiers mais aussi foncièrement uniques. À cet égard, ils évoquent non seulement la grandeur d'un passé pop mais également ses possibilités infinies. Un régal  CF

4 - À ranger entre Apples In Stereo et Olivia Tremor Control

Flightcrank
Beyond All Reasonable Doubt
(Copasetik/Wagram, COPA20CD) - 14 titres, 55m56s - Produit par Leeroy Thornhill - sorti en juin  2001

Projet post gloire. Danceur émérite des technoïdes Prodigy, Leeroy Thornhill sort aujourd'hui son premier album solo en forme de patchwork stylistique. Apparemment décidé à ne pas suivre le chemin prédestiné des majors, Leeroy a préféré la proximité d'un petit label et une distribution française indépendante. BeyondÉ, sous de faux airs anodins, s'annonce beaucoup plus sérieux qu'il n'y paraît. Les compositions en présence, passablement hétéroclites, naviguent entre folk, reggae, break beat et trip hop. Laissant l'auditeur dans un premier temps quelque peu dubitatif, une seconde écoute révèle les charmes potentiels de ce disque, ne serait-ce que pour la liste des invités : Lee Scratch Perry (pas au mieux de sa forme), Finley Quaye, Kieron PepperÉ Un premier essai qui attendra d'être confirmé par un choix stylistique plus précis. CD'O

3 - À ranger entre Massive Attack et Finley Quaye

Flotsam And Jetsam
My  God
(Metal Blade/M10, 3984 14370 2)-12 titres, 64m26 s - Produit par Bill Metoyer & Flotsam And Jetsam - Sortie le 28 Mai 2001

Metal de bonne facture. Les Flotsam ne se sont jamais vraiment remis du départ inopiné de leur bassiste Jason Newsted pour la multinationale Metallica et ceci, juste après le succès mérité de Doomsday For The Deceiver, leur meilleur album à ce jour. Depuis et malgré quelques réussites (dont un intéressant High voilà quatre ans), ils subissent leur malédiction de plein fouet, traînent tels des âmes en peine et reproduisent à l'infini la même ossature de disque dès que l'occasion s'en présente ! Mais, mais, peut-être bien que les choses vont enfin évoluer avec My God : le groupe semble avoir repris du poil de la Bête et proposent là, outre des titres classiques mais puissants, quelques chansons plus originales qu'à l'accoutuméeÉ Un "Trash" largement expérimental, un "My God" qui ne vous quittera plus, ainsi qu'un "I.A.M.H." final, instrumental et légèrement jazzy : à découvrir en premier, pas d'histoire !TS

3 - A ranger entre Doomsday For The Deceiver  et le prochain qui sera encore meilleurÉ

Flying Pooh
Viva San-Antonio
(Auto-production)  - 14 titres, 47m47s - Produit par Flying Pooh & Stefan Kramer- Sortie mai 2001

Ska/Reggae/Fusion & toutes ces sortes de choses. Le dessin de pochette (signé Cromwell, une valeur montante de la bande dessinée) est superbe et lorgne sur celui tellement controversé du Appetite For Destruction des Guns & Roses, sauf que là, le robot ne la ramène pasÉ Et la musique ? Ah, la musiqueÉ Disons que l'ensemble est sympathique, quoique souffrant de quelques longueurs : un ou deux morceaux font même penser à Reg'lyss, formation inutile s'il en est ! Mais bon, l'humour joyeux et la bonne volonté manifeste qui règnent font vite oublier ces tracas sans vraiment d'importance ; après tout, la technologie appliquée aux disques compacts permet de faire rapidement son choix, n'est-il pas ? Les huit musiciens présents sur cet hommage au défunt Frédéric Dard possèdent les défauts de leurs qualités et vice-versa : ils sauront sûrement faire le tri dans les années qui vont suivreÉTS

2 - À ranger entre Bumblefoot et les Satellites

Paula Frazer
Indoor  Universe
(Fargo/Wagram)- 11 titres, 41m 07s - Sortie le 5 juin 2001

Country Rock. Il est des épithètes difficiles à trouver tant la musique de l'ex-Tarnation échappe à toute référence pointue. Si le terme beauté cherchait un synonyme il pourrait s'appliquer à cet Indoor Universe pétri de douceur ("This Is A Song") et de menace ("Deep was The Night"), d'envolées lyriques ("That You Know") et de refrains où les tonalités rupestres font presque place à la musique de chambre ("Not So Bad"). Voilà un disque audacieux qui, ne serait-ce que par son judicieux amalgame d'influences exotiques ou venues d'Europe de l'Est, mérite écoute et considération. Placer la barre aussi haut suscite l'admiration. Quand le talent s'y cumule, l'on touche le domaine de la grâce et du respect qui lui est dû. CF

4,5 - À ranger entre Calexico et Walkabouts

Freeman
Mars  Eyes
(Delabel - 724389742824) - 7 titres, 26m45s - Produit par divers - Sortie mai 2001

Rap. Deux ans après la sortie de L'Palais de Justice, son précédent opus solo qui l'a propulsé sur le devant de la scène hip hop, Freeman, le troisième MC d'Iam, revient avec un mini album, dans la lignée du premier. Avec Mars Eyes, Freeman confirme les espoirs mis en lui, les textes affûtés comme des rasoirs font l'état des lieux du rap Français ("Le Barème", avec Akhenaton et Shurik'n) ou de la guerre Israélo-Palestinienne ("P-I"), sur laquelle le rappeur de Marseille porte un regard lucide et objectif. Un album attachant où Freeman affine son flow et prouve si besoin était que la première génération du rap français est encore là, et n'est pas encore prête à baisser les bras devant les nouveaux venus. Un seul reproche, c'est trop court, 7 morceaux, 26 minutes, à quand la suite ? N&DS-D

3,5 - À ranger entre Iam et NTM

Hammerbass
Dub Action Captures Hammerbass
(Hammerbass/Tripsychord, BASSCD004) - 16 titres, 72m55s - Produit par le team Dub Action - sortie le 21 mai 2001

Dub Sound System. Premier label français dédié au Dub, Hammerbass est une grande famille réunie autour de la même passion. Les amateurs connaissent certainement déjà les fameux Sound System "House of Dub", lors desquels se sont croisés les pointures que sont Adrian Sherwood (pape du reggae anglais), Mad Professor ou encore Zion Train. En forme de cross over sans frontière, cette nouvelle production nous apporte sur un plateau d'argent une vision internationale d'un Dub par essence libre, et ce par l'oeil avisé des dames (et oui) et messieurs du Dub Action Sound System, que sont Véronique et Christelle, Marco et Trispa (les mêmes qui oeuvrent au sein d'Elephant System). Plus d'une heure de son, tous les maxis vinyles du label en format CD, des remixes et des compos inéditesÉ Que dire de plus ? CD'O

3,5 - À ranger entre vos vinyles Dub

Ed Harcourt
Here Be Monsters
(Heavenly/EMI) -11titres, 52m10s - Sortie le 26 juin 2001

Folk-rock classieux. Après l'impeccable EP six titres Maplewood (dont deux morceaux réapparaissent ici avec une nouvelle orchestration), essai transformé pour Ed Harcourt avec l'arrivée de ce très attendu premier vrai album. Bénéficiant de moyens plus conséquents que son premier opus, ce petit prodige de 24 ans qui possède déjà en rayon un répertoire de près de 300 chansons, nous offre avec ce Here Be Monsters, un dosage harmonieux de balades languissantes et de morceaux un peu plus pêchus ou carrément aventureux. La versatilité du bonhomme admirateur de Morphine, des Flaming Lips ou de Tom Waits et sa capacité à sortir des chemins bien délimités du folk rock transparaît ainsi constamment dans cet album  éclectique et "monstrueusement" agréable qui confirme un talent plus que prometteur. PR

4  - À ranger entre Nick Drake et Elliott Smith

Heideroosjes
Fast Forward
(Epitath/PIAS, 6515-2) - 16 titres, 38m45s - Produit par Oscar Holleman - Sortie mai 2001 

Punk-o-rama. Voilà un titre d'album qui porte bien son nom, tant ces punks bataves assurent le turbo-compresseur, avec tous les rouage du genre : batterie marteau piqueur, voix puissante (et en colère), textes en colère (et puissants), et des guitares empilées jusqu'au plafond. Il faut dire que ces zouaves ne sont pas les premiers venus, avec déjà douze ans de belle débauche d'énergie à leur actif. Cela s'entend d'ailleurs car, à l'instar de bon nombre de punkeux de la même époque (démarrage dans la seconde partie des années 80), ils injectent de temps à autre quelques (minuscules) lâchers de décibels, si peuÉ Cela n'empêche pas Heideroosjes (à vos souhaits !) de demeurer un groupe d'éternels teenagers, pour le vivifiante santé de nos insatiables oreilles !CG

3 - À ranger entre PeHoly Moses

 Ice Age
Liberation
(Magna Carta/Muséa, MA 9051 2) - 12 titres, 63m 05s - Produit par Jimmy Pappas et Josh Pincus - Sortie Avril 2001.

Prog énervée. Ice Age n'en est plus à son coup d'essai, et l'on peut désormais prendre très au sérieux ce convaincant quatuor de méditerranéo-américains qui s'est fait une spécialité d'un prog rock excité et remuant, soigneusement métallisé aux entournures, le genre de synthèse appétissante entre Kansas et Dream Theater qui devrait attirer plus d'un amateur du genre. Le plus appréciable dans ce nouvel album nerveux et remuant comme un nid de fourmis chromées, c'est sans doute son absence de clichés, chose plus qu'appréciable dans ce créneau musical très sévèrement marqué et cerné. Ces quatre gaillards semblent galoper en toute liberté dans leur musique, sans références trop voyantes ni schémas bien prévisibles, et c'est ce qui donne tout son prix à ce prog rock franchement entraînant. HP

3,5 - A ranger entre Kansas et Magellan

Iced Earth
Horror Show
(Edel/Sony, CM 77305) - 11 titres, 56m52s - Produit par Jim Morris - Sortie le 18 juin 2001

Heavy metal. Les temps changent. Jadis raillé pour ses pochettes reprenant tous les clichés éculés du heavy metal de base, Iced Earth bénéficie aujourd'hui d'un surprenant engouement chez ceux qui voient désormais en lui, un courageux et fidèle serviteur de la cause. Horror Show présente effectivement onze titres d'une rare efficacité, pourvus de refrains conquérants, agrémentés d'une production percutante et imaginés avec intelligence par Jon Shaffer, guitariste et principal compositeur, qui a puisé son inspiration à la source intarissable de l'univers des contes et légendes fantastiques. Il en résulte un onctueux mélange entre les mélodies typées 80s et la puissance qui caractérise le nouveau millénaire.  Un très bel album, taillé sur mesure pour le peuple metal, sans exclusion. HD

4 - À ranger entre Grave Digger et Iron Maiden

Inconegro
Keepin'It Lovely
(Doxa/La Baleine - EFA645532) - 14 titres, 55m 08s - Produit par Inconegro & Plastic  Eaters - Sortie le 2 mai 2001

Hip Hop &Soul. Premier album pour Inconegro, même s'ils ne sont pas de complets inconnus. Ce nouveau combo est composé de trois des membres de The Goats et l'on pourra déceler une filiation certaine entre les deux. En effet, le MC, le DJ et le clavier sont à la base de la création d'Inconegro, Uh-Oh au mic, Smoove aux platines, et c'est Gungi de Boss Hog qui assure la programmation de cet excellent Keeping'It Lovely. Du hip hop et de la soul-funky aux accents jazzy distillés par sept musiciens de talent composent cet opus cool et subtil. Un flow agréable qui coule à l'oreille, des rimes politiques, avec Inconegro on est loin des poses de certains groupes de hip hop, et de l'ego trip. N&DS-D

4 - À ranger entre De La Soul et Boss Hog



Steve  Johnson
Bluesville
(Virgin  Roots, 724381041321) - 15 titres, 49m45s - Produit par Steve Johnson - Sortie  fin mai 2001 

Blues. Comme tout bluesman qui se respecte et respecte les autres et donc la musique qui frémit en lui/eux, Steve Johnson alterne toujours sur ses albums compositions perso et reprises chiadées. Ici, il nous offre notamment des interprétations lumineuses du "Rainin' In My Heart" de Slim Harpo, du "I Just Want To Make You Love Me" de Willie Dixon et le "Walking Spanish" de Tom Waits, plus waitsien presque que l'original !É). Si son jeu de guitare reste toujours aussi clair et virevoltant, sans jamais nous assaisonner un déluge de notes, souvent supplanté par l'harmonica ténébreux du "Professor" Michael Boykin, sa voix se fait un peu plus rocailleuse encore, comme ce blues qui lui colle si bien à la peau, moins suintant que chez certains, mais définitivement aussi contagieux.CG

3,5 - À range

Josh Joplin Group
Useful Music
(Epic/Sony)   - 13 titres, 51m 57s - Produit par divers - Sortie en juin 2001

Rock et Folk. Surpris que l'on est, dès le premier titre, par la voix très Michael Stipienne du jeune américain, il est d'autant plus remarquable de l'oublier rapidement grâce à des compositions suffisamment personnelles. À la fin des 90s, il devient new-yorkais par nécessité artistique autant que pécuniaire. Entre rock mainstream et folk nostalgique, la musique de Josh Joplin se révèle vite très utile, et pas que pour faire la nique à tous les groupes hype qui naissent et meurent chaque jour que Shawn Mullins fait, celui-ci produisant l'essentiel de l'album. La voix profonde et émouvante de Joplin accompagne, avec une vraie grâce, des mélodies délicates et addictives. Varié, ce disque ne lasse pas et laisse au contraire présager une carrière qui mériterait d'être durable.  MEK

4 - À ranger entre REM et John Mellencamp

 Jude    
King Of Yesterday
(Maverick/WEA)  - 11 titres, 42m42s - Produit par Jude - Sortie juin 2001

Pop Rock. Après No One Is Really Beautiful qui avait séduit par son mélange de mélodies pop et de refrains plus acoustiques, Jude revient avec un deuxième album qui approfondit la direction initiale. On retrouve donc des titres alternant tempos musclés aux arrangements "made in L.A." et des titres plus introspectifs dans lesquels le chanteur conjugue confession et regards acerbes sur l'univers "arty" dans lequel il évolue ("Sit-Ups", "Oh Boy"). Ce vocaliste hors-pair sait, par ailleurs et comme sur "Red Room", ne pas abuser de son fameux falsetto. Résultat des courses, un savoir-faire indéniable auquel il manque néanmoins ce charme né de la première surprise et de l'économie de moyens. CF

3 - À ranger entre Elliott Smith et Jeff Buckley

Kamino       
Universal Love Music
(Labelman/ Pop Lane, LM015) - 10 titres, 36m10s - Produit par Kamino - Sortie le 5 Juin  2001

Variépop. Voici un groupe belge qui nous délivre une pop onctueuse délicatement teintée de touches électroniques et d'orchestrations à base de cordes. La plupart des titres est bâti sur la notion de mélodies (souvent assez addictives) et Kamino fait preuve d'un indéniable savoir-faire dans la maîtrise des climats et des arrangements. Reste pourtant une sérieuse tendance à se contenter de cette agréable dextérité et à tourner très vite en rond, ce qui est un comble pour un disque aussi court. On eût aimé que ce professionnalisme soit moins marqué par une impression de confection, bref que celui-ci permette au groupe d'enrichir son répertoire plutôt que de le sérier. CF

2,5 - À ranger entre Jellyfish et Eggstone

Killers
Killing  Games
(Brennus, BR 8081 AR)-11 titres, 44m34s -Produit par Killers -Sortie le 7 Mai 2001

Hard français ambitieux. Premier album anglo-saxon (plus exactement, l'habile transposition du petit dernier) pour le gang des frères Andrieu (sans oublier messieurs Dolheguy & Oliver) et premier essai réussi. Autant Killers nous charmait avec son métal français qui rappelait les grandes heures de Sortilège et/ou ADX, autant leur nouvelle façon de procéder est plaisante et, d'une certaine façon, logique : l'exportation passe par l'adaptation, pas moyen de faire autrement ! Sur Killing Games, vous trouverez un peu de tout : un "Spit For Your Life" à plusieurs étages, un "Azken Agurraren Negarra" (n'oubliez pas que ce groupe est basque) étonnant et un "L.A.M.F." (sans rapport avec les Heartbreakers) émouvant, entre autres réjouissances ; la preuve est faite que le bon rock ne se concocte pas en Ile De FranceÉTS

3 - À ranger entre les précédents et un bon vieux Satan Jokers

King Django
Reason
(Hellcat/PIAS,  809432-2) - 12 titres, 50m53s - Produit par King Django - Sorti en mai 2001

Dance-hall Ska. Figure de proue de la scène du Ska de la Côte Est US, King Django est celui qui avait créé le Ska-zine new yorkais Rude Awakening en 84. Dès lors, on le retrouvait en maître d'oeuvre dans les groupes Stubborn All-Stars et Skinnerbox. Aujourd'hui sous son propre nom, King Django s'autorise les expérimentation les plus osées. Reason, premier album autoproduit et distribué par la label américain Hellcat, propose quelques morceaux de ska très classe, à l'image de "Never Try" ou d'"I Got A Ride". À leurs côtés figurent des titres dance-hall expérimentaux, entre Drum'n Bass et Hip Hop, dotés d'un gros son d'infra basse inévitable, parsemés d'overdubs surprenants. "Iko" en est un exemple parfait : Django joue avec sa voix de ragga man, travaillée et retravaillée en studio. Assez inattendu, cet album mérite qu'on s'y arrête. CD'O

3 - À ranger entre Stubborn All-stars et The Bosstones

La  Brigade
Il   Était Une FoisÉ
(Barclay/Universal) - 16 titres, 72m35s - Produit par La Brigade - Sortie le 6 juin 2001

Rap. Le Testament, son premier opus, sorti il y a deux ans retraçait la vie du combo en concentrant les messages, comme s'il s'agissait de l'album précédant l'apocalypse. Les brigadiers avec Il était une foisÉ, racontent leur version de l'Histoire de la communauté afro-caraïbéenne, jusque-là tronquée et déformée par des années d'esclavage et de colonisation. Engagés et militants, soutenant les sans papiers et animant des débats sur la citoyenneté dans les cités et les Facultés, les membres de La Brigade conçoivent le rap comme un vecteur de réflexion. Puissant et nerveux, tels sont les qualificatifs qui conviennent à cet album, où l'on pourra même croiser sur "Révolution", le groupe de métal Mass Hysteria, venu leur prêter main-forte dans un featuring pour le moins énergique. N&DS-D

3,5 - À ranger entre Fonky Family et Les Militants

Lacrimas Profundere
Burning : A Wish
(Napalm/SPV  084-23332 CD) -10 titres, 45m03s - Produit par Marc-Patrick Fleischer -Sortie  le 18 Mai 2001

Sombre beauté. Dans la famille sans cesse grandissante des traîne-savates et autres pleure-misère, laissez-moi vous présenter Lacrimas Profundere (six membres, dont deux frères), groupe au sein duquel une solide mélancolie est de rigueur, du moins si l'on en juge par les dix chansons déprimantes présentes sur cette rondelle, ceci étant un compliment déguiséÉ Vrai, la voix triste de Christopher Schimd, les guitares entêtantes de son frère Oliver, les claviers bien sentis (dont de magnifiques parties de piano sur "Morning Grey" et "A Summer's End") de Christian Steiner, sans oublier le Willi Wurm de batteur tout sauf mécanique, ainsi que des paroles poétiques et souvent surréalistes, tout concourt à faire de LP la prochaine sensation chez les corbeaux de tous poils et même chez les auditeurs normaux, d'ailleursÉTS

3,5 - À ranger entre And Also The Trees et Garden Of Delight

Lemonator
The   Waltz
(Spinefarm/XIII Bis Records  132 952) -11 titres, 46m59s - Produit par Jussi Jaakonaho - Sortie le 15 Mai 2001

Pop des pays nordiques. Un Compact man farceur et en fin de chronique rangerait ce disque et ce groupe entre Gigantor et Albator, mais nous sommes entres gens sérieux, pas vrai ? Lemonator (ce nom, quand même !) en est déjà à son troisième album et le quatuor finlandais qui le compose rencontre de plus en plus de succès sur sa route semée de roses, en tout cas dans son pays d'origine ; une tentative de percée internationale a donc été mise sur pied à l'occasion de la sortie de The Waltz, histoire de voir s'il n'y a pas moyen d'envahir l'Europe entière avec leurs mélodies touchantes, même si parfois un peu trop savamment calculéesÉ Certes, les chansons présentes sont plaisantes, notamment un "One Last Day" et un "The Unbreakable Two" de toute beauté, mais l'ensemble reste un peu poussif et sans panache .TS

2 - À ranger entre Eggstone et Elliott Smith

Lifehouse
No Name Face
(Dreamworks/Universal) -12 titres, 55m23 s - Produit par Ron Aniello - Sortie le 18 Juin 2001

Rock sombre mais tellement beau. Inconnu il y a encore une paire d'années, les membres de Lifehouse (trois permanents plus "un mec à la guitare sur les démos et sur scène") ouvrent, à présent, pour des pointures telles que Pearl Jam, Everclear ou bien encore Matchbox 20 et leur single "Hanging By A Moment" est en tête du classement Modern Rock du respectable Billboard, quand ils ne l'interprètent pas pour le show télévisé très prisé aux USA "Roswell" ! Quel parcours, mes aïeux ! Il faut dire que leur album a tout pour plaire : le ton original et légèrement plaintif des tous premiers REM, la voix vite familière de Jason Wade et ses guitares perlées de rosée ("Everything", "Simon" ou "Only One"), plus ce petit quelque chose d'indéfinissable qu'on appelle parfois talent et parfois chance du débutantÉTS

4 - À ranger entre Chronic Town et un bon vieux The Toll

Los Super Seven
Canto
(St  Geoge/Sony, CK61429) - 12 titres, 51m29s - Produit par Steve Berlin - sortie mai 2001

Los super groupos. Le concept du super-groupe à la sauce latine, voilà à quoi peut être comparer ce très gouleyant Los Super Seven. On y retrouve entre autres Ruben Ramos, grande star de la musique Tejano, deux membres de Los Lobos (David Hidalgo et Cesar Rosas), Raul Malo des Mavericks ou encore Susana Baca, pour une visite complète de toute la sphère latino, de Cuba au Brésil, le tout étant produit par Steve Berlin, qu'on ne présente plusÉ Le son est énorme de sobriété, faisant ressortir chaque note de contrebasse, chaque percu, aussi infime soit-elle, avec des sonorités chaudes comme un été qui n'en finirait plus, sous le soleil des Amériques. Moins routinier encore que le précédent album, qui avait -rappelons-le- récolté un Grammy Award en 98, ce Canto a tout d'un grand disqueÉ

4 - À ranger entre Cuba et L.A.

Cheb  Mami
Dellali
(Virgin)- 13 titres, 58m11s - Produit par Nile Rodgers & Nitin Sawhney - Sortie le 12 juin 2001

Raï chic. C'est aux Etats-Unis que Cheb Mami a choisi d'enregistrer tous ses albums, et Dellali, le quatrième ne déroge pas à la règle. Pour cet opus, celui qui possède indubitablement la plus belle voix du raï s'est entouré de producteurs prestigieux. Nile Rodgers, que l'on ne présente plus, et Nitin Sawhney surnommé par la presse, le roi de l'Asian Sound. Avec des arrangements innovants et créatifs, Dellali, réussit le tour de force de garder l'esprit pionnier du raï des débuts tout en étant bien loin de l'amateurisme que l'on retrouve dans bon nombre d'enregistrements. De Sting à Ziggy Marley, les featurings discrets prouvent la reconnaissance obtenue par Cheb Mami au fil du temps sur le plan international. Auteur compositeur inspiré, il signe là, treize pépites et confirme, si besoin était, qu'il est un grand monsieur. N&DS-D

4,5 - À ranger entre Saïda et Meli Meli

Manu Chao
Proxima Estacion : Esperanza
(Virgin)  - 17 titres, 47m16s - Produit par Manu Chao & Renaud Letang - Sortie le 6 juin 2001

Chao Manu. Un an. Un an que cet album est annoncé et repoussé de mois en mois, à qui la faute ? À la maison de disques qui ferait monter la sauce pour provoquer le trépignement des aficionados, ou au Manu lui-même, trop occupé par ses voyages en Amérique du Sud pour boucler un travail entamé dès la sortie de Clandestino ? Enfin, l'album est là, et les problèmes commencent : Foutage de gueule or not foutage de gueule ? 17 titres pour seulement 47 minutes de musique, c'est beaucoup moins que la moyenne des sorties actuelles. Et puis quelques recyclages de l'album précédent et "Denia", morceau déjà entendu sur l'album d'Idir, superbe et émouvant au demeurant. Le résultat vaut-il tous les espoirs que l'on avait mis dans cet opus ? Les ventes pharamineuses obtenues par Clandestino auraient-elles tourné la tête de certains, voire de not'Manu ? La pub accompagnant la sortie de cet opus le laisserait à penser. Cela dit, ne boudons pas notre plaisir, il y a sur Proxima Estacion : Esperanza de véritables perles comme "Me Gustas Tu", "Mi Vida" ou "Merry Blues". Mais, l'ensemble fait de collages et de récupérations sonores diverses laisse un peu sur sa faim, avec un sentiment de déjà vu. Comme si Proxima Estacion : Esperanza était un album transitoire précédant la sortie d'un véritable nouvel opus, original et inventif comme a su le faire Manu Chao par le passé avec Clandestino ou la Mano Negra. On ne demande que ça et, en attendant, ça ne nous empêche de le faire tourner en boucle sur la platine É N&DS-D

3,5 - À ranger avec Clandestino

Melon Galia
Les embarras du quotidien
(Les disques mange-tout, LDMTCCD005/29366) - 12 Titres, 43m37s - Produit Par Melon  Galia - sortie le 25 mai 2001

Chansons. Un peu d'air frais dans cette torpeur estivaleÉ Melon Galia rafraîchit les idées à la méthode Mickey 3d. Des mélodies pop, parfois rapide, mais également plus lentes que ces cinq bruxellois diffusent en français. On pense alors à Superflu, aux textes de Miossec, ce qui teinte d'une certaine mélancolie, ce premier album, ma foi, pas mal du tout. On peut même dire qu'avec un nom pareil, on s'attendait à pire. Erreur, le design du digipack est superbe, les titres tiennent le pavé et calme nos ardeurs de rockers. Tiens, justement voilà la seule remarque désobligeante qu'on pourrait leur faire à ces jeunes pousses, tout est si calme que le coup de blues nous gagne. D'un autre côté, ça prouve que les morceaux fonctionnentÉ LE

3 - À ranger entre Miossec et Superflu

Miro
Miro
(Columbia/Sony)  - 6 titres, 25m59s - Produit par Miro - Disponible uniquement lors des concerts

French Touch. Un E.P. annonciateur d'un album à paraître en septembre. Nous décidons cependant d'en faire état ici même, dans le sens où il s'inscrit dans une lignée majeure du nouveau rock français. Entre déconne et nostalgie, inspiration pop "classique" et bricolage home studio, Miro détonne. Après avoir longtemps traîné en Europe puis dans le métro pour créer et développer un univers très personnel, le voilà qui débarque par la grande porte avec sa musique attachante et ses textes naïfs et spontanés. "Tu ne te rends pas compte/Mais la maison que tu habites n'est pas ta propre maison/ La vie que tu mènes n'est pas la véritable vie" est parlé/chanté comme Aubert le faisait sur le premier Téléphone. Les grands aînés ne sont jamais très loinÉ MEK

3,5 - À ranger entre M et les Little Rabbits

Mokoka
Egon Lasai
(Crash /PIAS, CD 33) - 11 titres, 33m35s - Produit par Mokoka - sorti    en mai 2001

Punk Basque. Fondée en 97, Mokoka est d'abord le nom d'une association dont le but est de collecter des fonds pour les familles des prisonniers politiques basques. Leur première action était la compilation remarquée Amnistia, suivie du split single Fun "Da" Muntal. Egon Lasai, comprenez restons calmes, est la première production 100% Mokoka. Un concentré d'énergie punk, sur lequel Dom pose sa voix atypique pour des chansons en langue basque. Le trio, à moitié breton, semble avoir des choses à dire. Chantées dans son intégralité en basque, toutes les paroles ont été traduites dans le livret en français, anglais et espagnol.  On comprend alors qu'il s'agit surtout d'un album qui a des choses à dire sur les problèmes de société et des hommes qui se battent pour le pays Basque. Très engagé, le punk core de Mokoka déménage tout sur son passage. CD'O

3 - À ranger entre Skunk et Fermin Muguraza

Muse
Origin of Symmetry
(Naïve) - 11 titres, 52m 21s - Produit par David Botrill - Sortie le 16 juin 2001

Néo-rock. Voilà typiquement le genre de groupe qui se dirige droit dans le mur de l'incompréhension générale ! Que jouent-ils ? Du rock basique et bruyant ? Du Rachmaninov sous acide recyclé soixante dix-huit tours ? Du low-fi pour étudiants des beaux quartiers ?! Un peu tout ça et surtout bien plus, tellement leur profonde volonté de ne pas être un simple groupe de plus saute aux tympans les plus blasés (pas nous, donc) : in-clas-sables ! Et la balbutiante histoire du journalisme rock a trop souvent démontré que les inétiquetables "sans références" étaient jetés aux orties sans ménagement. Le plus impressionnant, chez Muse, est sans doute ce mélange aussi explosif qu'improbable entre lyrisme et punkitude. À partir de riffs stridents et ravageurs, ils amènent des mélodies magnifiques, subtiles et recherchées. En embuscade pas si loin derrière du vrai et beau bruit rock'n'rollien comme on n'en avait pas ouï depuis un moment, des chansons bouleversantes s'imposent sans effort. Une magie de composition si exceptionnelle qu'on a du mal à l'attribuer à de si jeunes et modestes individus. Matthew Bellamy, chef d'orchestre de cette symphonie pour scies électriques et violons du bal (masqué), sait à tel point ce qu'il veut, qu'il est déjà (voir échos dans la presse anglaise) victime d'un ostracisme peu inspiré de la part de ses moins jeunes collègues, mais néanmoins également débutants. Ils ont peurÉ La guerre de Muse pour plus de Beauté ne fait que commencer et ses Partisans ne le savent que trop. MEK

5 - À ranger entre Queen et Radiohead

Dave Navarro
Trust No One
(Capitol  /EMI) - 10 titres, 44m57s - Produit par Rich Costey et Dave Navarro - Sortie  le 19 juin 2001

Rock tendu. Une nouvelle fois, Navarro s'est échappé. Après avoir faussé compagnie à la tribu Jane's Addiction (qu'il sera amené à revoir) puis au non moins populaires et cultissimes Red Hot Chili Peppers, le guitariste emblématique de toute une génération se la joue solo. Mais Trust No One n'a rien de l'album démonstratif et stérile : il contient de véritables morceaux qui dégagent une atmosphère singulière. Tendu, électrique, tapinois, l'auteur a manifestement joué à fond la carte des émotions grâce à une puissance réelle mais très contrôlée. Moderne, harmonieuse ou hostile, l'oeuvre reflète parfaitement l'état actuel du monde et le guitariste s'inscrit, de manière artistique, comme témoin de son époque. Le territoire de Navarro est désormais bien délimité. HD

3 - À ranger entre Manic Street Preachers et  Lou Reed

No-Man
Returning  Jesus
(3rd Stone/Musea) - 9 titres, 54m05s - Produit par No-Man - Sortie en Avril 2001

Prog atmosphérique. Sur fond de nappes synthétiques envoûtantes mais classiques, Tim Bowness (chant) et Steven Wilson de Porcupine Tree (le reste !) amènent tout en douceur une musique qui ne l'est pas moins. Parmi les musiciens invités, on repère Steve Jansen de Japan (batterie) ou encore Ben Christophers, pertinent songwriter remarqué il y a bientôt deux ans (guitare acoustique). L'ensemble est inspiré, mais ne s'écoute pas en toutes circonstances. Lent, aérien, on pense parfois aux meilleurs titres de U2 ou de Simple Minds ("Close Your Eyes") dans la catégorie down tempo. Étrangement, voilà presque 15 années que les deux compères composent ensemble une musique complexe et expérimentale, à la fois dépouillée et recherchée. C'est là leur sixième collaboration. MEK

3 - À ranger entre Mark Hollis et Peter Gabriel

John  Phillips
Pay  Back And Follow
(Eagle/Edel,  EAGCD171) - 9 titres, 39m56s - Produit par Mick Jagger & Keith Richards  - Sortie mai 2001 

Monument historique. John Phillipps, papa principal des Mamas & Papas est décédé voici peu. Mick Jagger, Keith Richards et Mick Taylor et Ron Wood, tous très potes avec Papa John (son surnom), surtout Keith et le Jagg (qui produisent ensemble ce disque) ont décidé de laisser sortir ces cultissimes enregistrements datant de 1973 à 79 (à Londres puis New York). Dans le même hôtel londonien pour suivre les championnats d'Europe de cricket, les amis de longue date (ils se connaissaient depuis 66) se sont mis à bosser autour de chansons composées par John. Musicalement, ça ressemble beaucoup à du Rolling Stones, bien sûr (Chris Spedding, la plus fine gâchette de l'époque, est aussi de la partie), la gouaille de Jagger en moins, remplacée par un John Phillips plus introspectif et intimiste. Au total, un pur moment de vintage rock & rollÉCG

4 - À ranger entre Mamas & Papas et Rolling Stones

Prefab Sprout
The Gunman And Other Stories
(Liberty/EMI)  - 10 titres, 43m25s - Produit par Tony Visconti - Sortie le 18 Juin 2001

Chef-D'oeuvre Pop intemporel. Le gang de Paddy Mac Aloon est enfin de retour, après quatre trop longues années de silence discographique et il frappe très fort, une fois de plus. Ce septième album (déjà !) est un futur classique, du niveau des deux premiers et des quelques excellentes chansons mystérieusement éparpillées sur de nombreux maxis, c'est dire la qualité de cet enregistrement ! Ce concept-album tourne autour de l'inusable thème de l'Ouest américain et les titres les plus inoubliables ("marquants" n'eût pas été assez fort) sont, dans l'ordre : "Cowboy Dreams" et son refrain désenchanté, le doublé "Streets Of Laredo/Not Long For This World" pour son incroyable mélancolie, le title-track pour sa mélodie impeccable et ses 8'40'' et, enfin, "Farmyard Cat" pour sa touche humoristique finale. TS

5 - À ranger entre Swoon et Two Wheels Good (version enrichie de Steve Mac Queen ) .

Preston School of Industry    
All This Sounds Gas
(Domino/Labels,  WIGCD96P) - 10 titres, 49m43s - produit par Scott Kannberg - Sortie le 28  août 2001

Indie Rock. Depuis le split de Pavement, on n'avait eu droit qu'à un album de son leader Stephen Malkmus. Son guitariste nous gratifie enfin d'un premier opus solo qui témoigne de l'influence qu'il a pu avoir au sein du groupe. Les chansons sont baignées de sa fascination pour la pop anglaise (arrangements psyché-pop) et ce qui se fait de mieux dans la musique traditionnelle américaine (climats roots). Bien sûr on est loin de l'éclatante fluidité qu'a pu nous offrir Malkmus à son top et l'on sent qu'il s'agit d'un album de musicien plutôt que de compositeur ; reste que All This Sounds Gas réjouira ceux qui se satisfont d'une démarche qui bien que brinquebalante n'est pas dénuée d'agrément. CF

3 - À ranger entre Pavement et R.E.M.

R.E.M.
Reveal
(Warner)   - 12 titres, 53m43s - Produit par Pat McCarthy et REM - Sortie le 14 mai 2001

Top of the pop. Il y a deux ans, quand un certain Chris G. et R.E.M. sortaient chacun leur Up respectif, l'accueil fut unanime : novateur, hors-norme, iconoclaste, politiquement incorrect, en un mot : génial. Deux ans plus tard, dans un format plusÉ compact (trois musiciens seulement d'un côté -comme sur Up-, quelques pages en moins de l'autre), la créativité fébrile (et réciproquement) demeure. Si on vous le dit !É Après, en vrac, les aventures rock plus brut (Monster) pop plus folk (Automatic For The People) ou hi-fi plus low (New Adventures In Hi-Fi), qu'allaient bien pouvoir atteindre les uniques athéniens afin de nous surprendre à nouveau ? Et bien des rivages plus easy listening (trafiqué) mâtinés de nostalgie plus 60s (finement digérées), figurez-vous ! Pas moins de 21 employés des cordes ont répondu présents à l'appel du trio, histoire d'assaisonner de pincées plus ou moins conséquentes les compositions hautement attachantes du groupe. Comment ne pas fondre immédiatement à l'écoute du sublime, comme par exemple les mélodies à tiroirs de "All The Way To Reno" ou "She Just Wants To Be" ? Stipe, sur ce disque, chante d'une voix qui semble (É) fragilisée, plus hésitante et, du même coup, plus émouvante. Voilà bien un album aérien au sens le plus poétique ou le plus dopé du terme. "Le soleil se reflétait au fond de mon regard/Ma tête s'est cognée contre le ciel" ("Beat A Drum"). Quant à "Imitation of Life", le premier single, c'est un "Shiny Happy People" déglingué, faussement cajoleur et infiniment triste. MEK

5 - À ranger entre Burt Bacharach et les Byrds

Radio  777
Revolucion
(Globe/Sony  Music) - 12 titres, 53m07s - Produit par Pierre Schott - Sortie mai 2001

Rock français. "Viva la Revolucion" est un cri de guerre dont on connaît, dans les faits, les conséquences humaines tellement tragiques, que l'entendre à nouveau chantonné ici (ou làÉ) par cet énième avatar d'un rock français sans imagination agace. Il se trouve qu'en écoutant en détail les textes de Paul Schaffer, guitariste et chanteur de Radio 777, les thèmes "révolutionnaires" n'apparaissent que peu, au profit de jolis mots d'amour et autres regards désabusés et peu originaux sur notre pauvre monde et notre triste société de consommation (qui leur permet, accessoirement, d'enregistrer ce disque). Radio 777 joue un rock passe-partout et impersonnel. C'est le genre de formation que l'on apprécie l'été, le soir, au bord de la plage, entre le douzième pastis et le cornet quinze boules. MEK

1 - À ranger entre Aston Villa et Blankass

Radiohead   
Amnesiac
(Emi) -11titres, 53m25s - Sortie le 5 juin 2001

élecro-rock torturé. "Si Kid A voulait donner l'impression de contempler un incendie dans le lointain, Amnesiac vise à placer l'auditeur au beau milieu des flammes" (Thom Yorke)É Alors ce tant attendu Radiohead : incendie généralisé ou braises mal éteintes ? Inventaire et état détaillé des lieux : "Packt like sardines in a crushed tin box" (4m 00) : Boite à rythme et electronica à fond la caisse. Du Radiohead funky et (presque) dansant ! " Pyramid song " (4m48) : le single. Magnifique balade quasi ascétique (voix et piano) plus un jeu de batterie tout en finesse très "King Crimsonien". "Pull pulk revolving doors" (4m07) : expérimentation à fond la caisse. Pas de mélodie, pas de chant : pas très convaincant tout ça ! "You and whose army ?" (3m10) : dans la lignée d'OK Computer. Intro toute simple (voix et guitare), puis superbe arrivée d'un piano. My favorite ! "I Might Be Wrong" (4m53) : un riff de guitare obsédant + rythmique déglinguée = un autre grand morceau ! "Knives out" (4m 14) : guitare acoustique et la voix de Thom : accessible et reposant. "Morning Bell Amnesiac" (3m14) : version apaisée de "Morning bell" = heureux recyclage. "Dollars & Cents" (4m50) : morceau atmosphérique très pink-floydien première mouture avec un mellotron ? "Hunting Bears" (2m01) : un petit instru  (arpèges de guitares) histoire de décompresser un peuÉ " Like Spinning Plates" (3m57) : une bande passée à l'envers façon Beatles + choeurs aériens + chant = un autre morceau génial mais trop court ! "Life In A Glasshouse" (4m34) : ambiance jazzy très funérailles à la Nouvelle Orléans avec la participation d'Humphrey Lyttleton clarinettiste vétéran du jazz britishÉ Résultat des courses : entre Kid A et Ok Computer, Radiohead semble avoir trouvé son équilibre et sa plénitude. Le meilleur album du groupe ? PR

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Pour/Contre Radiohead Amnesiac

C'est vrai que nous avons la critique facile à CompactÉ Pourtant, nous ne sommes pas tous là, le fiel aux lèvres, à attendre notre prochain souffre-douleur. Non, il n'y a pas d'effet de meute, et il survient toujours des désaccords au sein de la rédaction. Malgré cela, on ne pratique aucune censure, chacun est libre de s'exprimer, de noter en son âme et conscience ce qu'il considère comme un chef d'oeuvre. Cependant, depuis l'année dernière, Radiohead ne cesse de diviser l'équipe, malgré une couverture, plusieurs pages consacrées à Kid A. Si bien que la chronique fut quasiment lapidaire, ce qui nous vaut encore quelques échos. À cette période, je faisais partie de ceux montés aux barricades, vociférant au nez de la critique venimeuse. Aujourd'hui, je retourne ma veste, comme dirait Dutronc, toujours du bon côté. Non pas sans un léger pincement au coeur, si je repense à tous ces concerts hallucinatoires, à ces albums fabuleuxÉ À tout cela succède dorénavant l'incompréhension, malgré l'obstination à vouloir préserver solide comme un rock, ce plaisir effrité un peu plus chaque jour. Certes, Kid A marque un tournant intéressant dans la carrière du groupe, mais également la rupture avec une partie de ses partisans. Un sentiment malheureusement confirmé avec l'arrivée des titres issus de la session de Kid A : Amnesiac. Hormis l'apathie, rien d'autre ne nous terrasse. Ce n'est pas non plus le grand retour " à la normale'' tellement attendu car seul trois morceaux nous laissent reprendre notre souffle coupé par un tel marasme expérimental. De plus, la plupart des compositions furent jouées au cours de la dernière tournée, gâchant au passage l'effet de surpriseÉ Indéniablement, ce disque n'est pas celui des fans. Non, on ne peut que rester bouche bée devant cette séance d'auto-flagellation que s'inflige Tom Yorke, en espérant qu'après avoir exorcisé ses maux, un avenir serein s'offrira encore à luiÉ LE
Nitin  Sawhney
Prophesy
(V2)  - 15 Titres, 52m13s - Produit Par Nitin Sawhney - sortie le 5 juin 2001

Electro world. Cinquième album de l'anglais, Prophesy s'articule autour de l'asian sound et de la world music. Un travail que Nitin Sawhney avait amorcé précédemment et qu'il achève aujourd'hui à la façon d'un carnet de route. Voire une succession de scènes de la vie quotidienne. Lui considère ce disque comme le regard qu'un enfant pourrait porter sur le métissage des cultures. D'où cette réalisation complexe, cet univers assez visuel que l'homme, en outre cinéaste, peaufine dans les moindres détails. Au fil de ce voyage, on y croise des personnages aux antipodes de notre culture, enregistrés sur le vif, mêlés et mixés au son de l'Asie. Chants orientaux, clavier jazzy, sample philharmonique, tout ici baigne dans une ambiance très lounge. C'est un bonheur. LE

4 - À ranger entre Waldeck et Llorca

Sea  Of Green
Time To Fly
(Dream  Catcher/Musisoft) - 12 titres, 53m53s - Produit par Nick Blagona - Sortie en mai 2001

Stoner enjôleur. Le stoner, c'est la musique qui plaît aux avisés critiques mais que personne n'écoute. Succès d'estime garanti et, pour les musiciens, pauvreté salvatrice car synonyme d'authenticité. Et puisqu'il paraît que la tradition, ça a du bon, pourquoi dénier à Sea Of Green, originaire de Toronto et qui signe avec "Time To Fly" son premier album, son indiscutable capacité à composer du bon riff heavy rock de base à la chaîne ? Pourquoi ne pas souligner ses recherches mélodiques qui poussent ses refrains à devenir d'agréables tatouages pour cerveau en mal de décibels ? Pourquoi renoncer à parler de cette fameuse reprise du "Breathe" de Pink Floyd qui respecte autant qu'honore l'esprit originel du morceau ? Hein, pourquoi ne pas l'écrire, si tout le monde s'en fout ! HD

3 - À ranger entre Screaming Trees et Spiritual Beggars

Brian Setzer '68 Comeback Special
Ignition
(Surfdog/Socadisc)  - 14 titres, 48m24s - Produit par John Holbrock et Brian Setzer - Sortie juin 2001 

Rockab'. Esbrouffe or not esbrouffe, telle est la question ! Le problème de Brian Setzer, qui quitte ici (provisoirement ?) son grand orchestre pour un retour au trio, c'est que la distance entre son talent (évident et éclatant) et son auto-recyclage permanent (flagrant et désespérant) se réduit dangereusement, au point que, parfois, au détour du rabâchage de trop ou de solo maintes fois répété, on en arrive à se demander si le Brian ne fait pas dans l'intox toc depuis un bon moment déjà. Et si le monsieur n'était qu'un bouffeur de crêpes Suzette tout juste bon à exciter les Michel Drucker d'outre-Atlantique ? Et s'il n'était finalement qu'un profiteur sachant profiter mieux que la majorité ? L'écoute d'un Big Rude Jake, par exemple, remet sérieusement en ballottage sa place sur un quelconque piédestalÉ CG

2,5 - À ranger entre Stray Cat et Spray Fat

Ron Sexsmith
Blue  Boy
(Cooking Vinyl/Naïve, CD214P) 14 titres, 43m, 55s -  Sortie fin mai 2001

Pop/Rock alternative. Ce quatrième album du chanteur canadien perpétue ses facultés à nous révéler ses réflexions personnelles, souvent mélancoliques, sur la vie et sur lui-même. Mais cette introspection sonne moins vulnérable, à l'image d'un "This Song" aux tonalités presque enlevées, que sur son précédent opus, Whereabouts. On retrouve donc avec plaisir ces refrains doux-amers, le plus souvent acoustiques, ces incursions vers un jazz légèrement "loungy" ("FoolProof") et une production qui, à l'inverse d'un Whereabouts où elle était parfois un peu métallique, met en valeur à merveilles les mélodies subtilement ciselées et les arrangements délicats et contemplatifs qui constellent Blue Boy. CF

3,5 - À ranger entre Blue Rodeo et John Hiatt

Sharko
 Meeuws 2    
(Bang/Wagram, 29620) - 15 titres, 45m00s - Produit par D. Bartholomé  et Rudy Coclet - sortie le 9 mai 2001

Pop. David Bartholomé est un artiste belge qui a longtemps vécu aux USA avant de retourner dans son pays. Sur Meeuws 2 on trouve ainsi ce type de compositions pop atemporelles, semblant issues de nulle part et mêlant refrains acoustiques et recherches plus électroniques. Sa voix, par ailleurs voilée et soyeuse, traduit à merveille climats éthérés et fluides, contrebalancés parfois par de courtes incursions plus virulentes. Sharko privilégie en fait une pop axée sur les atmosphères plutôt que sur le songwriting, voilà une contribution exemplaire à ce qui se fait de mieux en matière de pop continentale. CF

4 - À ranger entre Deus et Venus

Shelter
The Purpose, The Passion...
(Edel/Sony,  CM 77371-2) - 14 titres, 56m52s - Produit par Ken Olden - Sortie le 21 mai  2001

Hardcore mélodique. Pour tout roller-skater émérite, la quintessence est bien de se taper une bonne rampe, suivie d'une gamelle monumentale. Le tout devant les caméras de FR3 Champagne, sur une bande son signée The Offspring. Voilà résumé tout le problème de Shelter, dont le hardcore mélodique de haute volée ne franchit que rarement le cercle des initiés et qui s'inscrit pourtant dans la même lignée que l'incontournable icône populaire. Une fois de plus (c'est la sixième), le groupe, armé de The Purpose, The Passion, tentera de séduire avec ses refrains accrocheurs, ses riffs speedés, un son franc et direct, une démarche sincère, le tout dans une ambiance dynamique et joyeuse. C'est assez pour convaincre ceux qui savent, mais sans doute insuffisant pour le "grand public". HD

3 - À ranger entre Bad Religion et The Offspring

The Sixth Great Lake
Up  The Country
(Kindercore/Pop Lane, KC063) - 15 titres, 49m59s - Produit par The Sixth Great Lake - Sortie  en Juin 2001

Indie Folk. The Sixth Great Lake n'est autre que la version folk et roots de The Essex Garden puisque les deux groupes sont composés des mêmes personnes. Up The Country est donc un album au ton mesuré, aux douces harmonies vocales et aux lentes et paresseuses mélodies. Le groupe reconnaît d'ailleurs explicitement ses influences musicales, Johnny Cash ("Last In Line", "Blue") et The Band dont ils reprennent le "Rockin' Chair". Les climats, s'ils sont panoramiques, n'ont rien à voir avec une atmosphère psycho-éthérée et aérienne, mais sont plutôt pétris de la contemplation de paysages enracinés dans la terre et du lyrisme délicat et fragile d'arpèges de guitare acoustique. CF

3 - À ranger entre Olivia Tremor Control et Neutral Milk Hotel

Soneros de Verdad
A  Buena Vista : Barrio De La Habana
(Timba Records/M10 - 15875-2) - 13 titres, 57m56s - Produit par Detlef Engelhard - Sortie juin 2001

Son cubain. Initiateur de ce projet, Luis Frank appartient à la nouvelle génération des soneros de Cuba, cette musique qui fit recette dans les années 40/50. Le film Buena Vista Social Club réalisé