COMPACT #13 - Juin 2001

A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
ABBC
Tête  à Tête
(Vicious Circle/PIAS) - 10 titres, 46m 49s - Produit par ABBC et Jim Waters - Sorti le 10 avril 2001

Lo-Fi expérimental. Tête à Tête est un album mineur, dans le bon sens du terme. Réunissant dix titres enregistrés depuis 96, date de la rencontre des Américains de Calexico et des Français d'Amor Belhom Duo, cet opus fourre tout n'est pas un album commercial. État des lieux d'une amitié fructueuse, il ressort de ses sessions " self made ", une liberté artistique qui échappe à tout formatage. Pour preuve ces deux chansons pop aux mélodies impeccables et imparables (la Française "Mobile Home" et l'Anglaise "Gilbert") nonchalamment présentes au milieu des ballades instrumentales et des pièces classiques contemporaines. Multiforme et bigarré, le fruit de cette collaboration, aussi inclassable qu'il puisse être, figurera pour les connaisseurs comme une nécessité, mais laissera peut-être les non initiés quelque peu étourdis. CD'O

3,5 - À ranger entre Amor Belhom Duo et Calexico

Adjabel
Akoustik  Résolution
(Pure Song - FR64U0201) - 17 titres, 70m 06s - Produit par Adjabel - Sortie avril 2001

World Fusion. Il est des partis pris qui font recettes. Prenez l'exemple d'Adjabel : après un premier album auto produit sur lequel on pressentait déjà une identité rare et inédite, le quatuor, serti de nombreux invités, revient aujourd'hui avec un album dense qui conserve encore ce même esprit fusionnel qui fait son charme. À base de percussions traditionnelles haïtiennes, la voix profonde et particulière de Mariame Kadi chante, tantôt en Français, tantôt en Anglais, des textes influencés par le blues et la chanson française. Ne se soumettant à aucun formatage prédéfini, on retrouve également une touche de rap avec Maïga, de jazz avec Bobby Rangell et beaucoup d'autres surprises sur cet album inhabituel. Loin d'être un produit marketing, Adjabel possède une âme qui va au-delà de toute étiquette. CD'O

3,5 - À ranger entre Xalam et Foula
Marc Almond
Stranger Things
(XIII Bis Records) - 9 titres, 39m 21s (version provisoire écourtée par le label) - Produit par Johann Johannson - Sortie en juin 2001

Pop précieuse. Régulièrement, Marc Almond, que le grand public ne connaît que pour ses tubes avec Soft Cell (il y a quand même vingt ans !), sort un nouveau disque. Imperturbable, il s'obstine (avec raison, cela lui va si bienÉ) à nous resservir la même subtile soupe, épaisse et goûtue. Les cordes synthétiques d'un «Come Out» ne sont pas sans évoquer la grandiloquence d'une B.O. de James Bond, alors que d'autres titres, comme «End Of Tears», poignant, sont un parfait écrin pour la voix intacte d'émotion du Marc. À la fois moderne et surannée, cette douce musique moderne aurait sa place sur des ondes moins timides et plus imaginatives. Comme Open All Night, le précédent album, celui-ci alterne noblement easy listening de haute tenue et ambiances trip hop. MEK

4 - À ranger entre J J Johanson et Divine Comedy

Backyard Babies
Making Enemies Is Good
(BMG) - 13 titres, 42m 15s - Produit par Thomas Skogsberg - Sortie le 28 mai 2001

Rock. Le genre de galettes qui donne la pêche et envie de baiser (et non l'inverse). Troisième effort des Suédois parmi les plus doués de ces dernières années, des mecs à l'énergie infinie qui accordent autant de temps aux purs plaisirs rock'n'rolliens (et il y en a quelques unsÉ) qu'au travail de leurs instruments (oui, ça peut revenir au même). On les classe depuis leurs débuts entre punk, glam et hard rock et ils sont les premiers à en être d'accord. Les Babies, cette fois, ont réussi le délicat tour de force de conserver toute leur énergie primale (cris mâles, guitares qui cognent et saignent, rock bourrin dans le bon sens du terme) en y ajoutant des mélodies plus accessibles, plus accrocheuses, qui devraient faire de ce disque un immense succès ô combien mérité. MEK

4 - À ranger entre 28 Days et les Dandy Warhols

Syd  Barrett
Wouldn't You Miss Me ?
(Harvest/EMI - 5 323202) - 22 titres, 73m 32s - Produit par Divers - Sortie le 18 Avril 2001

Rock Essentiel. Roger «Syd» Barrett fut cette supernova qui brilla et se consuma très rapidement après avoir laissé une marque indélébile sur le rock psychédélique avec le premier album du Pink Floyd The Piper at the Gates of Dawn. On sait tout sur son comportement erratique, ses excès de stupéfiants puis son aliénation (au sens propre) de plus en plus grande à l'égard de notre monde. De ses deux albums solo, cette compilation capture l'essentiel, elle y ajoute des extraits d'Opel ainsi qu'un inédit «Bob Dylan Blues». On y retrouve l'humour facétieux, les dérives hallucinantes, l'impact insensé et les vocaux fracassés du «lunatic». Indispensable pour ceux qui savent qu'il y a un peu de Barrett en chacun de nous. CF

5 - À ranger précieusement entre Robyn Hitchcock et Kevin Ayers
The Beatnuts
Take  it or squeeze it
(Small/Sony  Music - SMA5015642) - 14 titres, 51m 02s - Produit par The Beatnuts - Sortie mars 2001

Rap. Pour les deux "latino madmen", Jerry Tinneo alias Juju et Lester Fernandez alias Psycho Les tous deux originaires du Queens, 2001 est le grand retour sur le devant de la scène avec Take it or squeeze it, leur quatrième album. Retour mouvementé du Printemps de Bourges, qui a vu leur prestation écourtée, suite à l'intolérance du public de hip hop Français, qui n'a pas hésité à lancer sur scène divers projectiles. Trois morceaux et puis s'en vont, avec à la clef, une pile reçue dans l'oeil d'un des protagonistes. Dommage, parce que Take it or squeeze it préjugeait bien d'un show pour le moins intéressant. Les Beatnuts y sont d'ailleurs bien entourés avec en featuring des gens comme Al Tariq, Tony Touch ou le grand Method Man. À redécouvrir, n'en déplaise aux individus cités plus haut, qui de toute évidence n'ont rien compris. N&DS-D

3,5 - À ranger avec les précédents 
Beholder
The Legend Begins
(Dragonheart/SPV  CHAOS 014 CD)-10 titres, 46 m 47 s - Produit par Beholder- Sortie le 30 Avril 2001

Heavy metal inspiré.  Ces sacrés italiens et leur sens de la grandiloquence : La Légende Commence, c'est peut-être beaucoup dire, quand même, non ? Enfin bref, si cela peut leur faire plaisir, après tout É Le fait est que le hard de cette formation transalpine est agréable à l'oreille : pas barbare pour un sou, aux accents parfois médiévaux et parfois classiques qui feraient le délice de Jon Lord ou de Rick Wakeman (l'organiste de Yes), avec un chanteur et une chanteuse comme aux plus beaux jours de Divine Horsemen, toutes les conditions sont donc réunies pour que l'auditeur, ou pourquoi pas " l'auditeuse ", passe un bon moment ; maintenant, à vous de décider si votre porte-monnaie est assez garni pour vous permettre cette petite fantaisie : si oui, tant mieux et sinon, vous n'en mourrez pasÉ TS

2,5 - À ranger entre Running Wild et Manilla Road

Benoit Blue-Boy et les Tortilleurs
Parlez-Vous Français ?
(Frémeaux& Associés/Night & Day - CDLLL87) - 12 titres, 56m 45s - Produit par Patrick Tandin - Sortie avril 2001 

Blues grenouille. À travers le titre de son nouvel album, Benoit Blue-Boy tient sans doute à rappeler que le blues n'a ni langue ni nationalité, mais qu'il est simplement une musique du coeur, qui se propage et se consume par les seules émotions qu'il transporte, une sorte de mouvement perpétuel à base de quelques accords et d'autant d'histoires. Car le blues est avant tout une musique qui raconte un voyage et qui par là même voyage lui-même. Cet album, plutôt bon, quoique sans surprise, nous entraîne ainsi sur les rivages des différentes sonorités blues, avec au passage la présence de quelques potes invités, dont Bill Thomas (sur un titre). Il manque juste une petite prise de risques pour passer à la vitesse supérieure, ce que le talent du monsieur permettrait sans douteÉ CG

2,5 - À ranger au rayon Chicago d'ici

Bent
Programmed To Love
(EMI - 5325332) - 18 titres, 52m 47s - Produit par Bent - Sortie le 3 avril 2001

Electro. Après deux EP sur le label Ministry Of Sound, Simon Mills et Nail Tolliday émergent de leur caisson sensoriel, trempés jusqu'à l'os, par une vague électrisante. Une seconde naissance en somme, pour ceux dont la house se profilait à l'horizon. Tant mieux, cela leur a valu l'année dernière d'être dans les projecteurs du NME, en tant qu'album étonnamment envoûtant. C'est vrai que de ce changement de cap se dégage une atmosphère très space opera. Mais le plus drôle est que cet antidépresseur pioche ses samples dans un patrimoine pour le moins atypique : le duo a été nous dénicher des refrains de Nana Mouskouri ! Et lifté sous le scalpel electro, ce voyage au coeur des Cyclades en demeure plus séduisant. LE

3 - À ranger entre Orbital et Goldfrapp

Black Star Liner
Yemen Cutta Connection
(Echo Beach/M10 - ECHOBEACH035) - 13 titres, 62m 57s - Produit par Choque  - Sortie Avril 2001

Asian Electro. Réédition de l'album paru en 1996 épaissi de trois remixes inédits Yemen Cutta Connection, mélange savant de techno, dub, bluebeat aux accents Indiens et Yemenites vient grossir la prodigieuse diffusion du genre qui fait fureur à juste titre chez nos voisins d'outre-Manche. Ambiance plutôt énergique dans l'ensemble, parfois colorée, grouillante de la foule de Bombay ou d'ailleurs "Hoobam Hoobam !", parfois plongeant dans le spleen le plus angoissant. Un album cohérent et inventif qui n'est pas sans faire penser, sans le plagier et en étant tout aussi créatif aux Bollywood de Bally Sagoo passé maître du genre, qui mérite largement le détour. À découvrir ne serait-ce que pour se délecter "Duggie Dhol" le fleuron de ce troublant opus.  N&DS-D

4 - À ranger entre Bally Sagoo et Talvin Singh

Blue Mountain
Roots
(Glitterhouse/PIAS - GRCD523) - 14 titres, 57m 48s - Produit par Bruce Watson - Sortie mi- avril 2001 

Folk-rock US. Pour ce nouvel album, Blue Mountain laisse toute superficialité de côté et gratte encore un peu plus l'os que le quatuor grignote depuis quelques années déjà. Violon, harmonica et autres sonorités chaudes viennent conforter ce retour aux sources (d'où le titre) qui, s'il ne se démarque pas totalement de leurs efforts précédents, n'en demeure pas moins un bel exemple de simplicité mise au service des seules chansons. Au diable les artifices ; un peu de caisse claire, une guitare qui ondule, tenue par une basse ronde, quelques bonnes paroles et le tour est joué ! Quelques enluminures à base de slide ou de mandoline, pour alterner tous les plaisirs d'un folk rock maîtrisé, et ce Roots de trouver sa place dans un registre pourtant bien fourni. CG

3 - À ranger entre et Rank & File et Mark Olson

Boukakes
Makach mouch'kil
(La Coca International/Mélodie distribution - DK026) - 11 titres, 45m 57s - Produit par La Coca International - Sortie Avril 2001

Raï-Groovy. " De l'exil est né le Boukake ", et ces Boukakes-là (contraction de bougnoule et macaque) ont échoué à Montpellier et nous gratifient de leur premier album Makach mouch'kil littéralement : Y'a pas de problème. Pas de problème que du plaisir, à l'écoute de cet opus, un vrai bonheur de retrouver une énergie qui semblait avoir disparu depuis l'arrêt provisoire (on l'espère) de Raï Kum. Les Boukakes fusionnent et mélangent à tour de bras et rock et raï s'entremêlent avec délices appuyés sur une rythmique efficace et ponctués par les chants d'Abdou et Djelal qui emmènent le tout dans un voyage ensoleillé. Deux reprises dans Makach mouch'kil, "Tayla" de Raïna Raï, le groupe de référence et "Mon amant de Saint Jean" inattendu et transcendé par les Boukakes. Pour résumer, un album que l'on n'attendait pas et qui est un heureux avènement. Éwa ! N&DS-D

4,5 - À ranger entre Raï Kum et l'ONB

Brainpool
You Are Here
(Pop Lane - PLR000) - 12 titres, 44m 29s - Produit par Christoffer Lundquist - Sortie le 9 avril 2001

Pop. Ce groupe suédois a survécu au départ de son chanteur en 97 et nous revient avec un nouvel album enregistré en trio dans une atmosphère "rurale" et forestière. You Are Here ne traduit pourtant aucunement quelque coloration rupestre, au contraire. Brainpool ont en fait agrémenté leurs compositions "pop" d'arrangements électroniques, mais ils ont eu le bon goût de ne pas les sampler. Le résultat en est des morceaux qui naviguent entre Bowie pour les vocaux ("You Are Here") et Phil Spector (!!!) pour certaines orchestrations ("Walk On By"). En prime le combo a conservé son talent pour nous proposer des mélodies imparables ; que demander de plus dans le monde charmeur de la pop ? CF

3,5 - À ranger entre Beatles et Radiohead

Califone
Roomsound
(Glitterhouse/PIAS  - GRCD 527) -10 titres, 49m 27s -Produit par Brian Deck -Sortie le 26 Avril 2001

Rock expérimental aux accents country. Califone est un trio basé à Chicago dont les membres traînaient auparavant dans des groupes de seconde zone (dont un Red Red Meat de rigolote mémoire) avant de comprendre qu'ils perdaient leur temps et de recentrer leur énergie dans/sur Califone, ambitieux projet qui ravira aussi bien les amateurs de mélodies bien troussées ("Bottles & Bones", "New Black Tooth") que ceux qui préfèrent des choses un peu plus consistantes. Même si elles peuvent rebuter de prime abord, il ne faut pas en dégoûter les autresÉ L'ambiance générale est triste sans exagération, plutôt mélancolique en fait et les trois membres de Califone sont des multi-instrumentistes qui savent jouer sur les cordes sensibles. Excellent. TS

3,5 - À ranger entre Beck et Dirty Three

MaryChapin Carpenter
Party  Doll And Other Favorites
(Columbia/Sony - 4886592) - 17 titres, 72m 54s - Produit par John Jennings, et Mary Chapin Carpenter - Sortie mars 2001.

Country platiné. Ce disque patchwork était sorti, il y a deux ans aux USA. On se demande pourquoi il a mis tant de temps à franchir l'Atlantique. Il s'agit en fait d'un Greatest Hits actif façon Texas. Plutôt que de s'ennuyer à compiler un Best Of sans surprise, la petite reine de la néo-country nashvillienne a préféré réaliser un montage astucieux de hits certifiés, de bandes live oubliées (dont une avec Beausoleil en ouverture d'un SuperbowlÉ ), de reprises bien senties (Lennon, Jagger), de chansons nouvelles et d'extraits de shows télé dans lesquels elle alla traîner sa guitare cristalline et sa voix puissante. Le tout donne une galette bien garnie qui contentera joliment les amateurs de romances pour stetsons et boots empoussiérés, et les fans de ce Dwight Yoakam en jupons trop peu connu par ici. HP

3,5 - À ranger entre Bonnie Raitt et Melissa Etheridge

Louis Chedid
Boucbelair
(Atmosphériques)  - 15 titres, 53m 29s - Produit par Louis Chédid - Sortie le 18 avril 2001

Jolie variété. Après une courte "Ouverture" à cordes (enregistrées à Abbey Road, ça vous évoque quelque chose ?É), c'est la cool lounge musique de Chedid qui redémarre. Sa voix de velours sur une mélodie que l'on a l'impression troublante de déjà connaître ("Chaque jour est une vie"). On ne pourra pas reprocher au papa de copier le fils, malgré le succès que l'on sait et les similitudes de ton(s). Même optimisme désabusé, si l'on ose écrire, même moiteur des ambiances, entre érotisme soft et traditions chantées. " Les seventies et les Beatles sont partout dans cet album ", confie la bio, prenant des désirs de lieu pour une transcendance de la réalité artistique. Il s'agit bel et bien d'un album gentil, dans les lignée des précédents et parfait pour les fans du musicien. MEK

2 - À ranger entre Souchon et Jonasz

Christophe
Comme si la terre penchait     
(Mercury/Universal ) - 11 titres, 49m 09s - Produit par Christophe - Sortie le 6 juin 2001

Mélodies veloutées. Il est des albums que l'on n'attend pas, qui arrivent au détour d'un envoi, avec, pour seule parure, une sommaire étiquette blanche annonçant la liste des morceaux, c'est le cas de celui de Christophe. Les plus âgés d'entre nous, l'on rencontré dans les années 60 quand il construisait des " marionnettes " avec de la ficelle et du papier, puis l'ont soutenu quand il cherchait une certaine " Aline " à corps et à cris. D'autres l'ont croisé dans les années 70 quand il susurrait des " mots bleus " avec les yeux, peut-être à une " señorita " langoureuse. Parmi les plus jeunes, peu ont entendu parler du dernier des Bevilacqua, le dandy à la voix de velours s'étant fait trop rare ces dernières années. Quelques compiles au début des années 90 ont permis de retrouver son univers si particulier, mais depuis peu de traces à part Bevilacqua sorti en 1996. Avec Comme si la terre penchait, Christophe au mieux de sa forme nous offre onze petites perles, toutes en douceur et en ciselure qu'il faut absolument que vous possédiez, ne serait-ce que pour (re)découvrir le dernier des grands romantiques. N&DS-D

5 - À poser délicatement tout près de la platine

Shawn Colvin
Whole  New You
(Columbia/Sony - 4949382) - 11 titres, 44m 11s - Produit par John Leventhal - Sortie 27 Mars 2001.

Velours mental. On l'avait découverte au début des années 90 dans la vague des filles folk alors à la mode, parmi les Suzanne Vega, Michelle Shocked, Tanita Tikaram ou Tracy Chapman. La vague est bien retombée depuis, mais Shawn Colwin est toujours là, et même bien là puisqu'elle vient de récolter deux Grammy Awards. Juste reconnaissance pour une artiste authentique qui a su faire la différence en allant au-delà des romances acoustiques pour s'imposer comme une véritable nouvelliste musicale, un écrivain de chansons, où tout ce qui est chez les autres charme superficiel et romance suave acquiert chez elle une immédiate profondeur. Ce très bel album est tout à son image : jamais gratuit, toujours inspiré et mature, et un pur régal pour l'oreille. HP

4 - À ranger entre Joni Mitchell et Six Pence None The Richer

Ann  Sofie Von Otter meets Elvis Costello
For  The Stars
(Deutsch Gramophon - 469 530-2) - 18 titres, 63m 42s - Produit par Elvis Costello - Sortie le 10 Avril 2001

Lieds. On est toujours réticent devant les tentatives d'amalgamer " Grande Musique " et pop/rock. Voilà un exemple qui doit nous faire reconsidérer la chose car la mezzo-soprano a collaboré avec Costello dans le choix de ces ballades. L'option retenue - titres méconnus d'auteurs confirmés, enregistrements dans des conditions contemporaines et non classiquesÉ - greffe une VOIX sur un répertoire " moderne ". On évite toute affectation pour redécouvrir finesse d'interprétation et chaleur émotive. For The Stars rappelle aux puristes que la musique classique originelle s'abreuvait aux sources de celle dite " populaire ". " Total Respect " comme le proclament les ceusses qui en exigent beaucoup et en offrent si peu ! CF

5 - À ranger entre Joe Jackson et Marianne Faithfull

DBA
Doin'  Business As...
(Steamhammer/Wagram - 08572202) - 11 titres, 54m 33s - Produit par Greg Hampton et Carmine Appice - Sortie Avril 2001.

Dollar rock. DBA, c'est BBA à une lettre près, mais une lettre qui fait une sacrée différence. En fait Tim Bogert et Carmine Appice (Vanilla Fudge, Cactus...) ont décidé de ressusciter leur super groupe BBA mais sans le B, c'est-à-dire Jeff Beck. C'est ce brave Rick Derringer qui le remplace, ce qui aurait pu être très bien comme suppléance. Malheureusement, l'album tourne complètement à vide et, en fait de mythe grandiose, le trio ressemble assez à une momie desséchée. On suppose que c'est pour collecter un peu de dollars que les trois gaillards ont ranimé leur Grand Ancien. Ils auraient mieux fait de s'abstenir, tant le résultat manque d'inspiration, mais surtout de cette suavité groovy et de cette réelle folie qui habitaient le groupe à l'origine. HP

1 - À ranger au Père-Lachaise

Doubleman
Freaky Music
(Alienor  Records/Wagram Music) - 11 titres, 38m 49s - Produit par Doubleman - Sortie le 30 avril 2001

Freaky Music. É Une séance de poil à gratter concoctée par un binôme parisien. Voilou ce que Doubleman nous expédie, enveloppé dans un billet doux pour journaliste lobotomisé. Un foutage de gueule bien senti, à prendre au second degré tout comme leur musique, un genre de rock dissonant. À l'Anglaise, c'est pire encore, mais ça l'fait et finalement on arrive à passer outre cet accent qui "feel the blues" à la façon deÉ Ouais, cette Freaky Music tient quand même le pavé. Cependant, cela aurait mérité d'explorer davantage les limites de l'auditif, et non de naviguer entre deux courants : À force de maintenir la barre entre rock débridé et pop branchouillarde, on frôle le bouillon. En bref, même sur le fil du rasoir, l'album demeure une curiosité sympathique. LE

2,5 - À ranger pas loin de Calc

Mark Eitzel
The Invisible Man
(Ole/PIAS) -13 titres, 53m 09s - Produit par Mark Eitzel- Sortie le 14 Mai 2001

Rock déprimant. Mr Eitzel n'est pas à conseiller aux âmes sensibles et autres broyeurs de noir : sa musique en solo se paye le luxe d'être encore plus triste que quand il était aux commandes du navire disparu en pleine mer de l'indifférence American Music Club ! À part un ou deux titres relativement entraînants, on baigne vraiment en plein cafard musical, même si ce n'est pas exactement le terme approprié. Non, rigueur et quant-à-soi seraient plus près de la vérité : Mark Eitzel est un écorché vif et ce n'est pas le manque de succès de son pourtant sublime groupe chéri qui va arranger les choses ! Il faut souhaiter que son cuir s'endurcisse assez pour supporter sereinement toutes ces vicissitudes - c'est que nous avons encore besoin de luiÉ TS

3 - À ranger entre un Nick Cave et un formulaire de testament.

Electric Light Orchestra
Zoom
(Epic/Sony)- 13 titres, 43m 46s - Produit par Jeff Lynne - Sortie juin 2001.

Nickel Rock. Quinze ans après la dissolution de son fructueux ELO, Jeff Lynne a finalement décidé de remettre en ordre de vol son orchestral aéronef. Tout seul comme un grand, ce qui lui a quand même demandé deux ans et demi de labeur. Le résultat est sidérant. On croirait qu'il n'a jamais arrêté : ce disque aurait pu sortir après New World Record ou Discovery, dont il est le magistral descendant, que personne n'y aurait trouvé à redire. Toute la magie d'ELO semble ici intacte, miraculeusement préservée de l'usure du temps et des modes ambiantes. Lynne n'a fait aucune concession aux rengaines actuelles, et a quintessencié ici toutes ses recettes mélodiques les plus séduisantes. Tout le contraire de Supertramp quoi. Un vrai bonheur HP

4 - À ranger entre New World Record et Discovery

Finntroll
Jaktens Tid
(Spikefarm/XIII Bis Records - 132962M863) - 13 titres, 45m 20s - Produit par Tuomo Valtonen et Finntroll - Sortie 26 Avril 2001.

Metallic Saga. Les patibulaires musiciens de Finntroll semblent tout droit sortis du Treizième Guerrier : une bande de vikings hirsutes et très belliqueux. Leur heavy metal leur ressemble, ravageur et goguenard. Côté musique, c'est tout à fait excellent : riffs en coups de sabre, et ambiance déjantée - au point de vous asséner au passage quelques rafales d'accordéon heavyÉ On se défoule et l'on se marre au milieu du massacre généralisé. Mais, hélas, tout est gâché par un ténor dont les testicules ont pris la place des amygdales, et qui ne sait au choix que vomir ou éructer. Ce genre de dégueulis death metal n'amuse plus grand monde. On reste donc étourdi mais partagé face à ce nouveau groupe finlandais pas banal, un de plus. On ne s'ennuie pas en Suomi. HP

2,5 - À ranger entre Attila et Terminator

Ella Fitzgerald
Ella Sings Broadway
(Verve - 549373-2) - 12 Titres, 34m 10s - Produit Par Norman Granz - Disponible.

Jazz jovial. Autant être clair, il ne s'agit pas là d'un monument dans la carrière d'Ella Fitzgerald, mais plutôt d'une curiosité sympathique, lisse et bien emballée. Avec son inébranlable bonne humeur, Miss Ella reprend les classiques des grandes comédies musicales américaines ("Brigadoon", "My Fair Lady", "Guys and Dolls"É ) assaisonnés à la sauce jazzy. Tout cela nous donne une succession de titres entraînants, pétris d'une joie de vivre qui rendrait hilare un dépressif, impeccablement mis en boîte, mais à des années-lumière de l'intensité du "Porgy and Bess" qu'elle avait interprété quatre ans plus tôt. Bref, c'est ce qu'on pourrait appeler un album de commande très honorable, qui bénéficie en bonus d'un remarquable travail de remasterisation. CV

3 - À ranger entre Harry Connick Jr et Charles Trenet

Fonky Family
Art de rue
(Small/Sony Music - SMA5019192) - 17 titres, 69m 59s - Produit par System One - Sortie Mars 2001

Rap. Le rap vient de la rue, c'est même un Art de rue comme nous le rappelle la Fonky Family dans son deuxième album. Formés pour un concert hommage à Ibrahim Ali, assassiné lâchement par les colleurs d'affiches du FN, les Bad Boys de Marseille ont depuis fait leur chemin. Si Dieu veut, leur premier opus les avait propulsés sur le devant de la scène hip hop Hexagonale aux côtés d'IAM, Art de la rue enfonce le clou et concrétise les espoirs mis en eux. Provocateurs et revendicateurs, Don Choa et ses acolytes prennent du recul sur leur quotidien et nous livrent là un constat sans complaisance, un peu désabusé comme dans "on s'adapte" ou "entre deux feux" mais toujours réaliste, comme un Art de rue. N&DS-D

 3,5 - À ranger entre Le Rat Luciano et Rocca

Freak Kitchen
Dead Soul Men
(NTS/Wagram) - 12 titres, 48m 22s - Produit par Mattias Eklundh - Sortie Avril 2001.

Heavy Zigzag. On connaissait déjà les qualités de ce trio suédo-danois, et surtout celles de son leader, le chanteur-compositeur-guitariste Mattias Eklundh. Principalement son talent de guitariste d'ailleurs, tout à fait impressionnant. L'homme avait aussi manifesté un goût certain pour l'innovation : il l'a cette fois exploité à plein, créant un heavy metal bizarre et bigarré, tout en zigzags et en surprises, qui va en étonner plus d'un. Cette sorte de Zappa du métal est capable des trouvailles les plus pétillantes et voilà donc incontestablement un groupe qui fait avancer les choses, à croire que l'initiative créatrice revient désormais aux Scandinaves, si l'on songe aussi à Ark. Voilà un album remuant et excitant qui pourrait en dérouter certains mais qui ravira les amateurs d'émotions nouvelles. HP

3,5 - À ranger sur une étagère encore vide

French Ska Reggae 
Party 3
(Big Mama Records/Skanews/Tripsichord - BMR007) - 40 titres, 152m 59s - Sortie avril 2001

Compilation ska et reggae. Après deux premiers volumes au succès aussi époustouflant que mérité, Big Mama Records et Tripsichord, associés aujourd'hui au magazine Skanews, proposent le troisième et ultime volet de cette compile exemplaire du reggae français. Quarante titres qui nous emmènent aux quatre coins de France, à la découverte de groupes plus ou moins connus, de La Ruda Salska à A.S.P.O. On remarque pour l'occasion la tendance très ska de la scène frenchy, à l'image de l'incursion dans le titre même de la galette. Du ska donc, mais aussi du bon vieux rock steady (Rude Boy System, Jim Purple Memorial), ainsi que l'entrée en course du Dub (Zenzile, Improvisators Dub). Un tour d'horizon bien foutu qui, au-delà de son éclectisme, reste vraiment accessible à tous. Signalons également que ce double album est vendu moins de 100 F. CD'O

4 - À ranger après les deux premiers volumes

Friends Of Dean Martinez
Wichita Lineman
(Glitterhouse/PIAS) -10 titres, 37 m 41 s -Sortie le 14 Mai 2001

Country instrumentale.  Contrairement à une légende tenace, ce groupe n'est pas l'un des nombreux side projects de Mr Howe Gelb, homme très occupé devant l'Éternel : il s'est contenté de tenir les claviers sur The Shadow Of Your Smile, leur jet initial, puis de se répandre en compliments à leur sujet dans ses interviews, ce qui n'est déjà pas si mal ! Et pourtant, le line up de ceux qui voulaient devenir les amis de Dean Martin (avant que ses héritiers n'y mettent le hola) a de quoi laisser rêveur : des anciens Naked Prey, des actuels Calexico et des futurs Giant Sand : ça c'est du super groupe ! Leur musique (pas l'ombre d'un chanteur à l'horizon) est douce, flemmarde et elle incite au voyage vers les grands espaces que nous rêvons tous de découvrir avant qu'il ne soit trop tard pour entreprendre ce périple É TS

4,5 - À ranger entre Rainer Placek et le tout premier Dirty Three


Jay Gordon
Extremely Dangerous Blues
(Dixiefrog/Nigh&Day - DFGCD8516) - 12 titres, 52m 13s - Produit par Blue Ace - Sortie Mars 2001.

Blues teigneux. Fils adoptif de Chicago la venteuse, héritier spirituel de Johnny Winter et vieux complice d'Albert Collins, Jay Gordon exprime depuis le début des nineties une conception fort réjouissante du blues : pour lui, pas question de tempos cafardeux et de mélodies cool, il faut que ça saigne. Avec son groupe de carnassiers patentés, il a décidé de se jouer les douze mesures de la manière la plus gaillarde qui soit. Riffs teigneux, slide égratigneuse, vocaux à canines découvertes et solos nappés de hot salsa : voilà les ingrédients très pimentés de sa tonique bluestiffaille. Ceux qui adorent les grandes bourrades façon Lynyrd Skynyrd vont adorer le traitement de choc que va leur réserver ce desperado patibulaire. HP

3,5 - À ranger entre Johnny Winter et Dave Hole

Gun Barrel
Power Dive
(LMP/NTS/Wagram - 08541542) - 12 titres, 48m 52s - Produit par Olaf Reitmeier et Gun Barrel - Sortie Avril 2001.

Heavy rock'n'roll. Il y a quelque chose de Motörhead dans ce quatuor germain, qui tient sans doute à sa façon très fun, très rock'n'roll d'aborder le heavy metal. Plutôt que de faire dans le tragique et le riff à faire peur, ces bougres-là préfèrent s'amuser à chauffer leur monde à la bonne franquette, et l'on passe somme toute un sacré bon moment en leur compagnie. Ils ne vont pas révolutionner le système, mais ils connaissent leur boulot, rament avec un bel allant, possèdent un chanteur excellent - je dirais même plus : excellent - et l'on se régale en rigolant, ce qui est devenu plutôt rare ces temps-ci dans le domaine de la musique plombée, entre les épopées prog & dragons et les harangues hardcore. Du rock bien foutu et divertissant, c'est aussi du rock, non ? HP

3,5 - À ranger entre Motörhead et Fastway

Hajiro
Hajiro
(Autoproduction - HAJ 2000 CD)-9 titres, 40m 55s - Produit par Hajiro-Sortie le 31 Janvier 2001

Rock dur mais pas trop. Le Dieu des autoprods veillait farouchement sur l'élaboration du premier album d'Hajiro, nouveau groupe prometteur basé à Fécamp et qui laisse exploser tout son potentiel le long de ces neuf compositions qui lorgnent quelque peu du côté des Grands Anciens, ceux dont la musique sortait des tripes et savaient comment faire frissonner l'auditeur, tous ces Bad Company, Free et autres Led Zeppelin, dans une moindre mesureÉ Pas à dire, ce disque est parfait dans son genre : gros son (grâce à l'aide de l'estimable Jean-Benoît Têtu), titres qui tiennent la route, interprétés dans un Anglais châtié, guitares qui vous vrillent la tête mais c'est tellement bon, mon pauvre monsieur. Les jeunes de maintenant, y savent même plus plaquer un accord, avec leur saloperie de techno robotiqueÉ Bravo ! TS

3 - À ranger entre Straight Shooter (Bad Co) et Physical Graffiti

Halford
Live Insurrection
(Metal Is/Wagram - MISDD007) - 2 cds : 15 titres, 62m 56s et 13 titres, 50m 27s - Produit par Roy Z - Sortie Avril 2001.

Métal vorace. Si ce cher Rob Halford n'a pas connu ces dernières années une carrière aussi fructueuse qu'avec Judas Priest, il a su par contre conserver toute sa crédibilité et sauvegarder sa vigueur dans des groupes résolument hargneux. Du coup, ce double live qui commémore la tournée 2000 du Barthez du heavy metal génère réellement l'enthousiasme par sa fraîcheur, sa combativité et la vigueur de son groupe de bouffe tout. Entre morceaux récents et emprunts millésimés au Priest mythique, Rob la mob vous convie à une vraie fiesta heavy, dans une ambiance plutôt chaude de chaude (écoutez "Electric Eyes" : tout le disque possède cette formidable incandescence). On croyait le bougre un peu las, il prouve ici tout au contraire qu'il a encore la canine acérée. HP

3,5 - À ranger entre Unleashed In The East et Live!

Hope Well
The Curved Glass
(South Cherry/PIAS) - 12 titres, 76m 00s - Produit par Max Lichtenstein - Sortie avril 2001

Rock Alternatif. Quand bien même l'info n'aurait pas figuré sur la biographie qu'on l'ait forcément deviné. Quoi donc ? Que Jason et Justin Russo, respectivement chanteur et claviers de Hopewell, sont déjà rentrés en contact avec l'ovni Mercury Rev. Et pour cause, puisqu'ils l'ont accompagné en tant que musiciens suppléants lors de leur dernière tournée et lui ont même emprunté son producteur artistique, Max Lichtenstein. Conséquence : on retrouve les mêmes ambiances psychédéliques et autres odes électriques de Desert's Songs, jusqu'à la voix que l'on jurerait être celle de David Baker. Certes l'album est réussi et même très agréable. Mais ça sentirait pas le clone tout ça ? CD'O

2,5 - À ranger entre Mercury Rev et Mercury Rev

Bon Jovi
One Wild Night
(Mercury preview) - 15 titres, 77m 27s - Produit par Bon Jovi - Sortie le 15 mai 2001      

Heavy & soft. Même si cette nuit sauvage n'en demeure pas moins maîtrisée (belle production, Sambora au meilleur de sa forme, des jolis choeurs en veux-tu en voilà, et donc point trop d'excès), elle représente sans conteste la face la plus énergique de Bon Jovi-le groupe. Ce qui ne nous emmène pas loin question débordements électriques, la scène métal actuelle nous ayant habitué à tous les martèlements possibles, mais prouve s'il en était encore besoin que la machine à tubes Bon Jovi passe sans encombre le cap de la scène. Au passage, mine de rien, quelques gouleyantes envolées (une reprise vitaminée de "Rockin' In The Free World", par exemple), la succession de classiques attendus de tous ("Wanted Dead Or Alive", "It's My Life", "Keep The Faith", "Mad Medecine"É) et une nouvelle version de "One Wild Night". CG

3,5- À ranger entre bon et jovial

Manu Key
Manuscrit
(Small/Sony Music - SMA5007382) - 15 titres, 61m 56s - Produit par Manu Key 4 SURGHETTO- Sortie février 2001

Rap. Second opus solo pour Manu Key, celui qui réalisa le premier album de 113, Les Princes de la Ville. On retrouve dans Manuscrit le posse du bonhomme, la Mafia K1 Fry : Rohff, 113, ODB, Karlito et d'autres, ce qui a pour effet de tendre de temps à autre à la réunion de potaches et les featurings sont un peu trop omniprésents. La production et les musiques sont à la fois variées et minimalistes et semblent datées et bien loin de la création actuelle du hip hop. Décevant, on peut le dire, Manuscrit ne remplit pas les attentes que l'on avait de cette figure discrète et emblématique du rap Hexagonal, et l'on a l'impression, à l'écoute de cet opus, qu'il a été réalisé dans l'urgence et la précipitation, sans véritable fil conducteur. DommageÉ N&DS-D

2 - À ranger entre Rohff et 113

The Living End
Roll On
(Reprise/WEA - 9362-48062-2) - 15 titres, 52m39s - Produit par Nick Launay - Sortie le 27 mars 2001 

Aussie-rock. Curieux comme l'on peut associer à certaines contrées des sonorités qui sans être foncièrement uniques n'en demeurent pas moins particulières dès qu'elles proviennent de ces endroits décidément à part. Un peu comme un accent qu'on n'arriverait pas à camoufler. Il y a ainsi chez Living End un " je ne sais quoi " qui d'emblée laisse supposer que le groupe est Australien (ce qu'il est, trop fortiche le mec !). Un mélange d'insouciance rythmique, un rock un rien tribal dans son exécution, une production typée (Nick Launay, déjà aux manettes du côté de Midnight Oil ou encore Silverchair), des textes concernés mais pas trop, et une dualité acoustique/électrique bien maîtrisée. Les trois zozos de TLE ont été certifiés cinq fois de suite platine chez eux, et ce n'est certainement pas un hasardÉ CG

3,5 - À ranger entre Powderfinger et Midnight Oil

 

Lofofora
Double
(Jaff/BMG) - 18 titres, 82 m52s - Produit par Lofo - Sortie avril 2001 

Lofolafait. Lofofora est aimé de son public et le lui rend bien. Ce nouvel album est double, double perspective et double plaisir. Le plaisir d'un concert de Lofofora, pour commencer, avec onze titres enregistrés sur scène dont le moins qu'on puisse dire est qu'ils sont monstrueusement efficaces. On s'y croirait vraiment ! Quand vous aurez repeint les murs de bière et que vous commencerez à headbanger sur votre canapé, devant le regard médusé de votre chien qui n'a pas l'habitude d'être dérangé pendant sa sieste digestive, c'est qu'il sera temps de passer au second CD, plaisir studio alternant morceaux perso et reprises bien senties : OTH ("Quand On A Que La Haine"), Arno ("Vive Ma Liberté"), Gainsbourg ("La Chanson Du Forçat") et Bashung ("Madame Rêve")É CG

3 - À ranger entre turbulences et apesanteur

Lucyfire
This Dollar Saved Life At Whitehorse
(SPV - 085-72212-P)-11 titres, 47m 26s - Sorti le 5 Mars 2001

Flamboyance gothique. Extension du groupe spécialisé dans le Doom Metal le plus sombre possible et répondant au doux nom de Tamiat, Lucyfire se traîne par terre en remuant frénétiquement la queue et en exhibant son ventre devant le Seigneur Andrew Eldtrich, maître de cérémonie au sein des Sisters Of Mercy. Ce Dollar est une pure merveille de contrefaçon joyeuse et apparemment défouloir et si vous êtes taquins dans l'âme, vous vous amuserez à piéger les derniers Corbeaux de vos relations en leur faisant croire qu'il est grand temps qu'ils se repentissent de leurs pêchés, vu que les Sisters sont de retour et qu'elles ne sont pas contentes du tout. Vous verrez leurs longs visages s'illuminer d'un fol espoirÉ À vous de décider de la suite ! TS

4 - À ranger entre Vision Thing et Crematory .

Lycosia
Unisex
(Araknid/M10 AKD003/M10 320692) -9 titres, 41 m 09 s -Sortie le 17 Avril 2001

Mutation réussie.  Passer du métal en fusion à un style beaucoup plus primesautier fleurant bon les 80s façon Cure, Gang Of Four et autres Depeche Mode, il fallait oser et les membres de Lycosia l'ont fait sans hésiter, suivant cet instinct qui leur a si bien réussi jusqu'à présent ; maintenant, rien ne garantit que ceux et celles qui avaient été séduit(e)s par l'impétuosité de leur précédent album passablement hard les auront suivi dans cette nouvelle voie à base de refrains pop, de basse obsédante et de claviers omniprésents, mais ils savent sûrement ce qu'ils font É Unisex est un disque charmant dont les compositions vous seront familières dès la première écoute, signe de qualité et d'une maturité certaine ; Lycosia a gagné en clarté et en accessibilité ce qu'il a perdu en hargne et en fougue juvénile et nous avons certainement plus besoin de formations mélodiques dans ce genre que d'un surplus de métallurgistes en colèreÉ TS

3,5 - À ranger entre Human League et Gang Of Four

Marillion
Anoraknophobia
(EMI)- 8 titres, 63m 40s - Produit par Marillion - Sortie le 9 Mai 2001.

Rock évolué. Depuis que Steve Hogarth a rejoint Marillion, le groupe a sans cesse entre des albums d'intentions plus pop (Afraid Of Sunlight, Radiation), et d'autres aux ambitions plus poussées (Brave, This Strange Engine, Marillion.com), comme s'il créait toujours en rejetant ce qu'il vient de faire. Il a ici trouvé un bien meilleur équilibre en combinant ses deux vocations musicales en un même album, particulièrement réussi. Tout ici commence comme une chanson, puis prend de l'ampleur, se poursuit en histoire, et s'épanouit en aventure. Loin désormais des recettes prog trop marquées, Marillion innove autant et même plus qu'un Porcupine Tree, et demeure un groupe aussi vivace que passionnant dont la musique multiforme ne cesse de surprendre. HP

4,5 - À ranger entre Porcupine Tree et Massive Attack

Mister Gang
Paris, Lisbonne, Pointe-à-Pitre
(Epic/Sony Music) - 14 titres, 69m 08s - Produit par - Sortie le 9 Mai 2001

Reggae.  Les Mister Gang avec ce Paris, Lisbonne, Pointe-à-Pitre frappent fort, très fort. Deux ans après Liberté Illégale, leur précédent opus qui les avaient propulsés sur le devant de la scène reggae française, les voilà de retour avec un album en tout point excellent. Groupe de scène avant tout, ils ont pu affiner sur la route leur son et possèdent à présent une identité propre. Chanté en Créole, Français et Portugais, Paris, Lisbonne, Pointe-à-Pitre recèle en son sein de véritables petites merveilles auditives : "Pli Fo", "Nation contre nation", on pourrait en citer plein d'autres, pratiquement la totalité de l'album. Mention spéciale à "Comme un seul homme" clamée en duo avec Manu des Baobab et "Partir ailleurs" qui, comme son titre l'indique invite au voyage et nous donne quelquefois l'envie d'aller se réchaufferÉ À déguster sans modération ! N&DS-D

4,5 - À ranger entre Brahim et K2R Riddim

Mobil Session Team
Another Side
(Timer/M10  - ouf10)-7 titres, 26m 10s -Produit par Michel Toledo -Sortie le 18 Avril 2001

Pop session. En exclusivité mondiale, mesdames & messieurs, voici un aperçu de ce à quoi nous aurons droit bientôt, quand le successeur de Hard To Get, album de la révélation pour ce combo d'Angoulême qui sait si bien nous faire frissonner avec son power pop de toute beauté, sera enfin prêt à faire ses premiers pas dans le grand mondeÉ Au menu, deux ou trois nouveaux titres, quelques compos du disque précédent en version acoustique et une étonnante reprise de Cure : leur "A Night Like This" à la sauce Mobil Session Team prend des couleurs nouvelles ; combien d'argent ces messieurs désireraient-ils encaisser pour relifter The Head On The Door  dans son intégralité ? Trêve de plaisanterie, MST (l'ont-ils seulement fait exprès ?) fait partie de ce bataillon de nouveaux groupes frenchies à surveiller de près -pour une fois que nous n'avons pas à rougir de nos exportationsÉ TS

3,5 - À ranger entre Gamine et Mister Moonlight

My Insanity
Solar Child
(Parallel Union Records/Season Of Mist - SOM047)-12 titres, 48m 03s -Produit par Xy -Sortie le 28 Mai 2001
Rock electro & metal. My Insanity est un groupe allemand qui sévit (?)depuis 1996 et qui est déjà le principal actionnaire d'un premier 
album baptisé Still Dreams In Violent Areas, agréable mélange de rock progressif et de sonorités un peu plus dures qui a été très bien
accueilli par la presse Métal internationale. Ce qui a entraîné comme conséquence que les coudées ont été beaucoup plus franches 
pour l'enregistrement  du deuxième : studio prestigieux (Woodhouse, lieu d'élaboration  des principaux Tiamat et autres Theater OF Tragedy)
producteur de renom (dont les surdoués Samael) et budget plus confortable. Dans ces conditions, il est normal que Solar Child soit encore 
plus élaboré que son prédécesseur, l'absence de stress et de soucis d'horaires ou de finances n'amenant que des bonnes choses, sauf
exception notable, mais ceci est définitivement une autre histoireÉ TS
2,5 - À ranger entre Grip Inc et Lacuna Coil
My Morning Jacket
At Dawn
(Darla Records/Pias)- 14 titres, 74 m 11 s - Produit par My Morning Jacket - sortie  le 14 mai 2001 

Folk Rock référentiel. Tiens Neil Young et Crazy Horse ont sorti un nouveau disque ? Ah ben non, en fait. Ça s'appelle My Morning Jacket, et l'on s'y tromperait ! Même voix un brin nasillarde, même accompagnement acoustico-électrique pour des balades languissantes, pas franchement joyeuses alternant avec des morceaux plus longs et des semblants d'impros instrumentales. Bref, on se croirait revenu à la grande époque d' After the gold rush ou Everybody knows this is somewhere. Originaire de Louisville (Kentucky), le groupe existe pourtant depuis une dizaine d'années et a déjà enregistré deux albums ! Bon, passée cette première impression de photocopieuse, il faut reconnaître que Jim James est un excellent compositeur et que le disque est vraiment plaisant à écouter. Alors pourquoi pas les gars ? PR

3 - À ranger à côté de Neil et Young

Peter Nathanson
Houdoo Guru
(XIII bis Records) - 11 titres, 55m 47s - Produit par Peter, Gilles & Sylvain- Sortie le 3 mai 2001

Blues. Et un de plus à ajouter à la monumentale liste des guitaristes de blues, made in USA. C'est fou ce que suscite notre petit lopin de terre, outre-atlantique. Au point que lorsque les musiciens ont épongé leur soif de scène, d'arena rock, ils se tournent vers l'export. Encore heureux, dans l'Hexagone, le blues fait encore recette et surtout des émules. Alors on vient écumer les bars, on goûte aux joies de cette authenticité plus ou moins rustique, dont les musiciens se passent le mot entre eux. Ici, le public est vivant et les musiciens adulés. C'est un peu le parcours de Peter, remarqué au New Morning puis aussitôt embarqué dans le staff de Katie Webster. Là, il pose ses valises le temps d'un back to the roots, accompagné à la slide par Patrick Verbeke. Pas mal, pas malÉ LE

3 - À ranger entre Buddy Miles et Robben Ford

Oboken
Peace Of Mind
(Le Village Vert/Wagram) -14 titres, 51m 23s -Produit par Oboken-Sortie le 15 Mai 2001

Country hexagonale. Écrit ainsi, cela sonne légèrement péjoratif et pourtant il n'en est rien : ce second album du duo parisien qui se cache sous le patronyme d'Oboken est une franche réussite qu'on situera sur la route longue et poussiéreuse qui relie les élucubrations de The Band Of Rocky Blanchette aux tranquilles expériences de Sparklehorse. Le dépaysement est assuré et, si vous n'êtes pas du genre à consulter les notes de pochette, vous serez persuadés d'avoir à faire à d'authentiques rednecks clamant l'amour de leur pays et de leurs étendues sauvages, Bruno Fleutelot et Philippe Saucourt étant loin d'être les premiers venus. Ils ont surfé habilement sur les vagues new wave et alternative avant de savoir vraiment ce qu'ils désiraient faire de leur talent évident, à savoir Oboken et sa musique aérienne (dans le bon sens du terme) qui vous raviront sans jamais vous surcharger É TS

3 - À ranger entre Mojave 3 et Whiskeytown

Ol
Ceux que je tutoie
(EMI - 53328862) - 13 titres, 57m 22s - Produit par Benjamin Biolay - Sortie Mai 2001

Chanson Groovy.  Réalisé par Benjamin Biolay à qui l'on doit avec sa complice Keren Ann le come-back impressionnant de monsieur Henri Salvador, ce premier album d'Olivier Ngog qui se présente sous le nom d'Ol bénéficie d'une production impeccable. Difficilement classable Ceux que je tutoie oscille entre chanson française et world music sans pour autant y perdre son âme et quoi de plus naturel pour ce Franco Camerounais adepte du voyage. Artiste prometteur, ce coup d'essai même si il recèle des textes subtils et des musiques originales n'atteint pas encore la force que l'on sent poindre par-delà les plages de l'album. À découvrir quand même, car on reparlera sûrement bientôt de monsieur Ol. N&DS-D

2,5 - À ranger entre Tété et Ben Harper

Oneyed Jack
Prepare To Reactivate
(Yelen/Sony - YEL3119662) - 16 titres, 64m 38s - Produit par Virgile et Bernard Natier - Sortie fin avril 2001 

Néo-Fusion. Oneyed Jack a dit : " prends ça dans la gueule ! ". Et, putain, permettez le vocabulaire un rien relâché, mais ça arrache vraiment les tympans, genre dépucelage auditif, ces scratches perdus dans l'inter-perturbation à l'infini d'une fusion au sens propre (fusionnelle). Quelques boucles et on la boucle ! Le laboratoire Oneyed fonctionne à pleins tubes, et si un nouveau pas a été franchi, après deux ans de presque silence, il s'agit d'une envolée gargantuesque des plus soniques. Les vibes se font désormais métalliques, la voix est toujours aussi triturée (un instrument à part entière) et le métissage trip-dub-core fonctionne à plein régime. Énervés les garçons, mais toujours dans le bon sens, celui du concerné qui partage consternationÉ CG

4 - À ranger entre Cynique et Aris

Panico
Telepathic Sonora
(St Georges/Sony Music) - 13 titres, 55m 20s - Produit par Andres Levin- Sortie Mai 2001

Chili Con Electro. Premier album dans notre beau pays, Telepathic Sonora ne serait apparemment pas le premier dans le pays d'origine de ce combo, le Chili. Apparemment, car nos informations concernant Panico sont très succinctes, pas moyen donc de vous dire combien sont les membres du groupe, ni pourquoi ils chantent un morceau dans la langue de Molière (y aurait-il un Français dans la salle ?). Morceau qui soit dit en passant n'aurait pas dépareillé au générique des dessins animés de feu le "club Dorothée". Vous l'aurez compris Panico est loin de nous avoir séduit et manque un peu de chaleur, dû au traitement electro de certains morceaux et à la production pour le moins aseptisée. N&DS-D

2 - À ranger où vous voulez !

Pernice Brothers
The World Won't End
(Southpaw/PIAS)-11 titres, 40m 41s -Produit par Pernice Brothers- Sortie le 7 Mai 2001

Country alternative (sans blague ?) Retour attendu des excellents Pernice Bros, que les lecteurs fidèles de Compact (lèche lèche) connaissent par l'intermédiaire de l'album solo (enfin, plus exactement le side project baptisé Big Tobacco) de leur leader, Joe Pernice pour ne pas le nommerÉ Au menu : de longues promenades tranquilles à dos de cheval ("Working Girls",  "7:30" aux étonnants accents Beach Boys, "Our Time Has Passed"), quelques petites rixes sans trop de bobo avec le shérif local, une soirée feu de camp/whisky pour oublier tout ça ("Bryte Side", "Let That Show" et l'amusante "Ballad Of Björn Borg"), demain est un autre jour, another day another dollar et autres proverbes oubliés de ce Far West qui nous a tellement fait fantasmer depuis notre plus tendre enfanceÉ TS

3 - À ranger entre Pernice Brothers et Poco

Bill Perry
Fire It Up
(Blind Pig /Dixiefrog) -11 titres, 44 m 27 s -Produit par Jimmy Vivino -Sortie le 18 Mai 2001

Blues mais pas trop. Entendez par là que Bill Perry continue à ne pas raconter les malheurs de son existence bien remplie : loin de pleurer, sa guitare exulte une joie de vivre farouchement chevillée au corps, à l'image de son ami de 10 ans Johnny Winter et cela nous change un peu des clichés inhérents au genre, tous ces " My Baby Left Me " qui finissent par devenir rasoirs É L'ancien guitariste de Richie Havens (une star déchue du premier festival de Woodstock) sait tenir son auditoire en haleine, musicien ou simple amateur ; un type bien qui veut simplement partager son amour de la musique sans nous bourrer le mou avec de prétendus messages à caractère social, un type au poil vous dis-je ! De temps à autre, il laisse apparaître ses influences majeures et là, c'est carrément la fiesta : Jimi Hendrix, Cream et Muddy Waters sur le même disque, que pourrions-nous demander de plus ? TS

3 - À ranger entre son album live et Johnny Winter .

Iggy Pop
Beat Em Up
(Virgin) - 15 titres, 66m38s - Produit par Iggy Pop - Sortie Juin 2001

Rock stoogien. Il y a quelques années, on parlait de plus en plus sérieusement d'un retour des Stooges sur disque. L'iguane et les frères Ashton avaient même composé (enregistré ?) quelques titres ensemble, mais cela n'avait débouché sur aucun disque, Iggy continuant seul son chemin, assurant le meilleur comme le bien meilleur, un sans faute d'autant plus surprenant que notre homme n'a jamais fait dans la facilité. Tout ceci pour en venir au fait qu'Iggy n'avait sans doute pas oublié ses envies de Stoogeries, comme le prouve cet album endiablé, dans lequel se succèdent bolides punk & roll, morceaux métal rentre-dedans, quelques homéopathiques restes de ballades (si peu) et même un "V.I.P." final de plus de 13 minutes qui n'est pas sans rappeler Fun House. Et ce type a plus de 50 balais, incroyable !É CG

5 - À ranger entre Instinct et American Ceasar

Tom Principato
Play It Cool
(Night & Day/Dixiefrog - VDCD125) - 12 titres, 55m 45s - Produit par divers - Sortie avril 2001

Blues. Si on vous dit qu'il a obtenu 9 Grammy Awards dont celui du meilleur musicien et chanteur, on ne pas passer des heures à faire les louanges d'un talent qui crève les yeux. Certes, Tom Principato évoque davantage Un flic dans la mafia qu'un guitariste planqué dans ce patronyme latino. Et n'imaginez pas non plus un chicanos, Tom a l'allure d'un prof à la retraite, barbichette grisonnante, costard sombre et strat en bandoulière. Dans le circuit depuis une vingtaine d'années, il a bossé dans l'ombre pour John Lee Hooker ou Freddie King et forcémentÉIl n'en est pas resté indemne ! Ici, ses riffs s'aventurent du côté d'Hendrix dont il reprend "Up From The Skies" ou John Perry. Bref, un album assez mixte où se côtoient 40 % de reprises et 60 % d'audace. LE

3 - À ranger entre Sunnyland Slim et Clapton (pour le look)

Radio Tarifa
Cruzando el Rio
(Ariola/BMG - 74321829622) - 11 titres, 36m 10s - Produit par Radio Tarifa & Local N°5 - Sortie Avril 2001

Flamenco-Arabo Rock.  Précurseur de la fusion entre le flamenco, l'arabo andalou et la musique traditionnelle africaine, le trio madrilène nous présente ici même son troisième opus. Cruzando el Rio est un disque mélancolique qui nous emporte des rives Espagnoles à l'Afrique du Nord en passant parÉ Le Japon. Fain S. Duena, Vincent Molino et Benjamin Escoriza n'hésitant pas à reprendre "Gujo Bushi" un traditionnel Japonais, pas plus qu'ils ne rechignent à s'attaquer à certains airs du XVe siècle. Mélange de multiples influences, Cruzando el Rio confirme donc ce que ses deux prédécesseurs avaient laissé deviné, Radio Tarifa est un groupe à part qu'il ne faut pas laisser de côté et qui mérite que l'on s'y arrête. N&DS-D

3,5- À ranger entre Ciel et Mer

Reamonn
Tuesday
(Virgin - 7243 81013328) - 11 titres, 55m 36s - Produit par Steve Lyon - Sorti le 13 mars 2001

Pop Rock. Formation germano-irlandaise, Reamonn illustre avec qualité cette tradition pop rock qui fait école en Europe depuis une bonne décennie. Mélodique et facile d'accès, Tuesday rappelle les récentes tentatives post-80's de groupes tels que U2 ou encore Depeche Mode, cela grâce au mélange très mode de sons passéistes, comme l'orgue Hammond ou le synthé Moog, et les arrangements modernes orchestrés par le producteur Steve Lyon (The Cure, Paradise Lost). Indéniablement marqué par des influences germaniques bien loin des nôtres, il est à craindre que ce premier album ne touche pas en France le grand public auquel il s'adresse, plus friand de Dance à deux francs et de voix de Castafiores. CD'O

3 - À ranger entre U2 et Liquido

Receiver
Teddy Has Stopped Breathing
(Microbe/Discographe - HBR01CD) -11 titres, 44m 37s -Produit par Receiver -Sortie  le 8 mai 2001

Low Hop. Oh, ohÉ Encore un qui a pris une claque en découvrant Massive Attack et qui ne s'en est jamais remis. Faut dire que vivre à Bristol, ça doit forcément jouer sur les nerfs, surtout lorsque tous les médias braque leurs projos sur le moindre bricoleur du coin. M'enfin faut qu'en même être sympa avec ce Receiver (autrefois Ratman), en traînant ses guêtres sur le label d'Adrien Sherwood, il a été à la bonne école. Du moins, ce n'était pas flagrant sur Chicken Milk, mais la séance de rattrapage rectifie le tir. Puis sa rencontre avec le chanteur Rich Beale est sans doute ce qui a dû lui arriver de mieux. Certains diront qu'il pompe diablement Massive (y a pas photo), d'autres, les boulimiques de ce trip mi-hop, mi-pop, ni verront qu'une variation intéressante d'une contre-Attack bien goupillée. LE

3 - À ranger entre Experimental Pop Band et Massive Attack

The Reign Of Terror
Sacred Ground
(LMP/NTS/Wagram - 08541532) - 12 titres, 63m 18s - Produit par Joe Stump et Michael Vascera - Sortie avril 2001.

Guitare Turbo. Que The Reign Of Terror pratique un prog metal élégant, nerveux, bien inspiré et épique en diable est une bonne chose. Que son chanteur ne soit pas vraiment passionné est un défaut que l'on pardonne. Mais l'essentiel n'est pas là. Tout tient ici dans une guitare magique, volubile, Paganinienne, qui va vous en faire voir de toutes les couleurs et même plus. Tous ceux qui adorent les virtuoseries osées et la six-cordes survoltée vont en prendre plein les cornets. Il y a du Malmsteen dans cette musique, dans son goût des arpèges fébriles, dans ses emprunts aux schémas classiques, mais du Malmsteen inspiré et pas pesant. Bref, c'est du tout bon. En fait, malgré son nom, ce groupe ne fait pas si peur que cela, ce serait plutôt un heavy séducteur. HP

3,5 - À ranger entre Malmsteen et Symphony X

Rico & His Band
Get Up Your Foot
(Groover Records/Tripsichord - 049) - 14 titres, 61m37s - Produit par R. Rodriguez - Sorti en avril 2001

Ska-jazz. Tromboniste attitré des Specials, Rico Rodriguez n'est plus un novice. Après avoir collaboré avec les plus illustres musiciens jamaïcains dans les belles heures du reggae des 60's, de Bob Marley à Burning Spear, il se lance dans une carrière solo dès 1970. Après une expérience de plusieurs années au sein de Jazz Jamaïca, Rico revient avec Get Up Your Foot, son sixième album studio. Un opus instrumental qui fait la part belle aux cuivres (trombone, flûte, sax et trompette) dans une atmosphère posée et tonique. On retrouve également au milieu des compositions originales cool jazz reggae quelques références à la culture jamaïcaine avec quatre morceaux traditionnels. En somme une belle balade d'une heure au coeur d'un univers relaxant et ensoleillé.  CD'O

3,5 - À ranger entre Jazz Jamaïca et Sly Dunbar

Christina Rosenvinge
Frozen Pool
(SmellLike Records / PIAS) - 10 titres, 42m57s -Produit par L. Ronaldo & S. Shelley - Sortie e mars 2001

Pop éthérée. Vedette en son pays, l'Espagne, ainsi qu'en Amérique du Sud, Christina Rosenvinge n'est pas une inconnue. Elle a même été la star préférée des ados lorsqu'elle se produisait dans le duo Alex & Christina. Mais aujourd'hui, la miss a d'autres vues artistiques. Frozen Pool est son premier album américain : enregistré à Manhattan dans les studios de Sonic Youth, c'est la première sortie du nouveau label Smell Like Records. Un opus très calme aux accents bossa dilués dans un grand verre de pop, dont la véritable richesse se situe au niveau des textes, riches et ironiques, qu'elle chante doucement à la manière de la demoiselle de Belle & Sebastian. De la chanson US de qualité, qui risque pourtant de ne pas rencontrer le public non anglophone. CD'O

3 - À ranger entre Gentle Waves et Beth Hirsh

Ruby
Short-staffed at the Gene Pool
(Clearspot/Tripsichord - Woebb 006/EfaCD 21963) - 11 titres, 43m 59 s - Produit par Mark Walk -  Sortie le 23 avril 2001 

Trip Hop sensuel. Après 5 années de silence, un séjour particulièrement mouvementé à la Nouvelle-Orléans (un serial killer n'a rien trouvé mieux que de balancer les fringues de sa victime dans la poubelle de la pauvre Lesley !), Ruby alias Lesley Rankine flanquée de son inséparable Mark Walk, apporte enfin un rejeton à son impeccable Salt Pepper. Enregistré à Seattle entre 97 et 99, l'album (suivi en juillet d'une version remixée), marque une nette évolution par rapport à son prédécesseur. Moins linéaire, plus varié, il fait des incursions bienvenues dans les rythmes jungle, le jazz ou même la bossa-nova avec bien sûr comme constante, cette voix rauque et toujours aussi envoûtante. "Come and play with me" nous invite sensuellement la mignonne Lesley. Comment résister à un tel appel ? PR

3,5 - À ranger entre Portishead et Moloko

Rocca
Elevacion
(Barclay/Universal - LC026) - 17 titres, 73m 55s - Produit par Rocca & Gallegos - Sortie le 24 avril 2001

Rap.  Pour son second opus, Rocca ne fait pas dans la dentelle. Pas question de trouver autre chose dans Elevacion qu'un constat dur et terrifiant sur les ravages de notre société. Depuis Entre deux mondes et sa collaboration avec La Cliqua, le franco-colombien a fait du chemin et apporte avec cet album une des pierres essentielle qui manquait au rap francophone. Avec un flow sans faiblesses et une diction impeccable servant des textes aiguisés comme autant de chroniques démythifiant une culture de rue qui n'est pas sans dangers. Entouré de son complice Gallegos et de quelques autres qui ont su construire une architecture musicale originale, Rocca signe là, un excellent opus, radical, engagé et qui a su rester intègre. Du beau travail. N&DS-D

4 - À ranger entre NTM et La Cliqua

Mr Salek
Le chainon manquant
(2 Good Distribution) - 15 titres, 70m 44s - Produit par Watoomama - Sortie Avril 2001

Rap.  Mr Salek est un fan de Bruce Lee et n'hésite pas à détourner l'affiche du "Jeu de la Mort", pour rendre hommage à son idole sur la pochette de son premier opus. Un flow cool et propre sur lui que l'on pourrait davantage rapprocher d'un MC Solaar que du rugissement de l'ami Joey S. Pour ce gamin des Tarterets, originaire du Maroc et du Yemen, dix ans de rap "underground" ont façonné des textes certes intéressants, mais qui ont du mal à se dégager de certaines influences ubiquistes. Racisme, amour, paix, les thèmes abordés font un état des lieux de notre société, mais toujours de façon douce. Cet album n'est pas un cri, mais un murmure et l'on aimerait que Mr Salek se laisse aller à appuyer ses propos. N&DS-D

2,5 - À ranger entre Stomy Bugsy et MC Solaar

Bally Sagoo
Dub of Asia
(Echo Beach/M10 - ECHOBEACH036) - 10 titres, 60m 26s - Produit par Bally Sagoo  - Sortie avril 2001

Asian Electro.  Bally Sagoo est incroyable, quelques mois après la sortie de son précédent et excellent opus Bollywood Flashback II, le voilà qui s'amuse avec Dub of Asia à mélanger les sons venus du Continent Indien avec ceux du reggae dub. Le moins que l'on puisse dire est que le résultat est surprenant et réjouissant. On se laisse envahir par ces sons si particuliers qui nous emmènent des rues surpeuplées de la capitale de l'Inde à la Jamaïque sans crainte le décalage horaire. Pour ce créateur prolifique (14 albums au compteur), ce Dub of Asia est une manière de faire (re)découvrir des artistes comme le regretté Nusrat Fateh Ali Khan, Udit Narayan et bien d'autresÉ Un album à ne pas manquer ne serait ce que pour se laisser convaincre par ce métissage inattendu. N&DS-D

4,5 - À ranger entre Kingston et Bombay

Salif
Tous ensemble, Chacun pour soi
(IV My People/Sony Music - MYPM112) - 16 titres, 58m 28s - Produit par Kool Shen - Sortie mars 2001

Rap. Avec Tous ensemble-chacun pour soi , Salif signe un premier album très personnel et plutôt mature du haut de ses 19 ans, mais " apprenez qu'aux âmes bien nées la valeur n'attend pas le nombre des années ". Le fer de lance de l'écurie du label de Kool Shen présente un opus varié, alternant les morceaux dansants "Ghetto Cailles" et d'autres plus intimistes "Elle est partie". Le rappeur frondeur n'a pas la langue dans la poche "Faut qu'les gens comprennent ça" et un flow à la hauteur de ses explicites lyrics, on regrettera des termes comme "pédale" surtout de la part d'un MC qui a un authentique talent d'écriture. Côté son, les producteurs maison Madizm et Sec.Undo s'y sont collés, au final album plutôt réussi, mais gageons que le meilleur reste à venirÉ N&DS-D

3,5 - À ranger entre Rocca et Starflam

Duncan Sheik
Phantom  Moon
(Atlantic/Eastwest) - 13 titres, 54m 03s - Produit par Duncan Sheik - Sortie le 7 mai 2001

Pop & Folk. Il a beaucoup été dit que Duncan Sheik était le digne héritier de Nick Drake. Ce n'est pas entièrement faux, si ce n'est que Sheik avoue n'avoir découvert Drake il n'y a que peu d'années. Sur ce troisième album, l'Américain épure au maximum un folk basique mais très inspiré. D'une minimaliste partie de piano à des arpèges de guitare aussi simples qu'efficaces, à aucun moment la mélodie ni la voix ne font défaut. "J'ai, chez moi, un studio équipé d'une multitude d'instruments, et dans lequel je passe l'essentiel de mon temps. Quelles excuses pourrais-je avoir pour ne pas m'imposer de composer de bonnes chansons ? ! " Ainsi, Duncan Sheik sait nous envoûter sans en rajouter et décline avec tact et précision un répertoire volontairement pathétique et émouvant.  MEK

4 - À ranger entre Aimée Mann et Richard Davies

Derek Sherinian
Inertia
(InsideOut/Wagram - IOMCD077) - 10 titres, 46m 58s - Produit par Derek Sherinian et Simon Phillips - Sortie Avril 2001.

Metal Jazz Rock. L'ancien clavier de Dream Theater ne laisse pas s'étioler son talent inemployé. Après l'excellent Platypus, le voici en solitaire, mais solidement épaulé par des gens aussi considérables que Steve Lukather, Zakk Wylde, Simon Phillips et Tony Franklin, excusez du peu. Comme c'est souvent le cas quand des musiciens de cette trempe se retrouvent pour faire un album instrumental, la tendance est au jazz rock mâtiné de métal. Et c'est tout à fait le genre de disque qui va passionner ceux qui touchent peu ou prou d'un instrument - et que les prouesses techniques de ces orfèvres vont épater - et ennuyer franchement tous les autres. Comme quoi il ne suffit pas qu'un disque soit bien fait pour qu'il fasse du bien. HP

2 - À ranger entre Joe Satriani et Return To Forever

Sigmund Snopek III
Trinity, Seasseizesees
(Musea - FGBG4330AR) - 3 actes, 120m - Produit par Sigmund Snopek - Sortie début 2001 

OVNI-prog. Sigmund Snopek troisième du nom est le fou furieux bariolé qui assurait l'orchestration des cuivres à l'époque où les Violent Femmes mariaient allègrement mélodies moites, orchestration complexe et cocktails inédits (solos de coquillage, etc.). Sigmund était de la dernière tournée en date des VF, mais depuis des lustres (presque trois décennies !), il travaille en secret et en solitaire à ce Trinity dont la totalité de la musique a été composé en un seul mois, en 1973. Depuis lors, notre homme met tout en oeuvre pour donner vie à l'intégralité de cette entité musicale dont les paroles sont venues d'un seul jet, en une petite journée (il existe une version "courte" sortie fin 74). Deux heures en tout et trois actes pour cette histoire d'Aliens complètement louftingue. CG

2,5 - À ranger entre Hawkwind et Aamon Duul

Silentium
Altum
(Spikefarm/XIII  Bis Records - 132 972M863) - 9 titres, 53m 21s - Produit par Silentium - Sortie Avril 2001.

Étrangeté finlandaise. Curieux pays que la Finlande, où dans chaque lac sommeille un pilote de course et où dans chaque arbre pousse un groupe de heavy metal bizarre. Il y avait déjà Apocalyptica et Finntroll, entre autres curiosités locales. Il faut y ajouter ce Silentium qui, outre une fascination pour le latin et le rituel tout à fait pardonnable, pratique une musique sans équivalent qui pourrait être définie comme du Pendragon plombé, ou mieux du Renaissance panzerisé. Difficile à imaginer, mais eux ont des idées précises sur la question, et en plus, tout cela s'écoute avec plaisir et intérêt, même si cela laisse dans les tuyaux un goût étrange venu d'ailleurs. Ce n'est même pas du prog metal, mais bien une sorte d'opéra mineur et décadent plongé dans un bain de chrome à OVNI. Sont vraiment givrés, ces Finnois finauds. HP

3 - À ranger sur une étagère à construire

The Slackers
Wasted Day
(Hell Records, Epitaph, 0429-2) - 16 titres, 66m 59s - Produit par V. Ruggiero et The Slackers - Sortie mars 2001

Ska Soul US. Intriguant et séducteur, le nouvel album des Américains est une petite perle dans le genre. Après dix ans de carrière, The Slackers diffuse aujourd'hui sans complexe aucun leur ska inhabituel, qui flirte allègrement avec les vieilles sonorités et l'esprit soul. Puisant dans les racines jamaïcaines ce petit côté smooth et pur old school, l'ensemble des compositions de Wasted Day nous font passer une heure au coeur d'un univers et ce n'est vraiment pas une perte de temps. Entre quelques incursions rocksteady très sympathiques, les trompettes, saxos et autres trombones nous emmènent au-delà d'un genre formaté et monotone pour nous faire découvrir leur propre vision de la chose. C'est ainsi que, Ô surprise, "Wanted Dead Or Alive" de Bon Jovi se trouve métamorphosé en hit ska lover, hopÉ CD'O

4 - À ranger entre Prince Buster et Toots & the Maytals

Slop Shop
Makrodelia 2
(Poets Club Records/Chronovax, PCR 016) - 10 titres, 50m 36s - Produit par J. Peter Schwalm - Sortie le 15 mai 2001

Ambient. Makrodelia 2, la suite d'un album dont vous devinerez aisément le titre, se veut le prototype d'une "forme libre" musicale qui intègre à ses synthétiseurs divers instruments traditionnels (guitare, basse), parfois samplés, parfois doublés d'une production électronique. On est donc ici dans le domaine de la recherche formelle, dans celui aussi des arrangements raffinés, le tout au service d'une interprétation qui se pose comme "climatique" et abstraite. Ce disque mêle donc tonalités jazzy et atmosphères introspectives, les (rares) vocaux, traités au vocoder, tentant de tamiser ces ambiances pour le moins conceptuelles d'inflexions plus organiques et moins réfrigérantes. CF

2,5 - À ranger entre Eno et Weather Report
Spain
I Believe
(Restles/PIAS - 73737-2) - 10 titres, 37m 53s - Produit par Josh Haden - Sortie le 14 mai 2001

Pop-Rock nocturne. Josh, leader de Spain, est le fils du célèbre jazzman Charlie Haden. Le groupe conserve ainsi certaines influences jazzy : précision rythmique et climats "cool/lounge". Sur ce troisième album, les orchestrations spacieuses ont fait place à des arrangements plus ramassés et à une atmosphère plus dépouillée. On ne doit pas voir pour autant avec I Believe une évolution vers une musique moins mélancolique. Les vocaux restent toujours enfumés et le répertoire toujours composé de ces textures évocatrices de nonchalante langueur. Le disque s'écoutera comme d'habitude pour Spain ; dans une douce pénombre incitant à s'embarquer dans un captivant voyage au pays des mélodies veloutées. CF

4 - À ranger entre Tindersticks et Cowboy Junkies

Superheroes
Igloo
(Crunchy Frog/Spirit/Wagram) - 13 titres, 44m 57s - Produit par Per Sunding - Sortie le 17 avril 2001

Électro-pop. Ce combo danois est, paraît-il, en passe de remporter les Victoires de la Musique en son pays. Doit-on pourtant considérer que sa musique n'est pas trop réfrigérante ? Oui et non. Si les inspirations revendiquées (Human League, Duran Duran, Depeche Mode) visent à apporter des tonalités un tant soit peu chaudes à leurs compositions plutôt affables, elles sont nappées dans des arrangements synthétiques hérités également des groupes précités. Notons quelques titres ("Johnny And I", "What's Going On ?") qui pourraient se transformer en tubes pop sur nos rives, et admettons que cet Igloo, s'il se fait parfois rafraîchissant, ne mérite pas pour autant un déluge d'honneurs.  CF

2 - À ranger entre A-Ha et Ultravox

Swell
Everybody Wants To Know
(Beggars Banquet/Labels) - 9 titres, 36m 27s - Produit par Divers - Sortie le 5 juin 2001

Neo Pop. Swell nous a habitués à une remarquable consistance dans ses albums et celui-ci ne déroge pas à la règle établie par le précédent, For All The Beautiful People. On y retrouve donc, sans surprise, ce mélange de styles schizophréniques à la frontière de la pop noisy et de légères envolées psychédéliques. Cet amalgame est constamment sous-tendu par une aisance à proposer, en contrepoint, des atmosphères parfois laid-back, parfois hypnotiques, et par les vocaux minimalistes de David Freel. Le fleuri musical de ce sixième album est patent, reste à regretter que la confiance qu'il dégage ne s'exerce que sur ces neufs maigres morceaux. CF

3,5 - À ranger entre Sonic Youth et REM

Shadow Gallery
Legacy
(Roadrunner)- 6 titres, 71m 55s - Produit par Carl Cadden-James et Shadow Gallery - Sortie le 16 mai 2001.

Métal précieux. Comme Shadow Gallery ne sort un album que tous les trois ans et survit dans le circuit indépendant, on a tendance à oublier à quel point c'est un groupe de référence dans le domaine du prog metal. Ce quatrième disque, véritable monument, va heureusement rappeler à tous qu'il est l'égal de Dream Theater ou de Vanden Plas. Affinant les audaces initiées sur Tyranny, le sextette revient ici au niveau d'excellence suprême de Carved In Stone, et nous offre un véritable chef-d'oeuvre à placer au niveau de ce que Dream Theater, Kansas ou Yes ont fait de meilleur. Vocaux imposants et magnifiés, guitares étourdissantes, claviers en Himalaya, tout ici rend béat d'admiration, jusqu'à une mégalomélomane suite de 34 minutes qui confirme que Shadow Gallery est vraiment un géant. Somptueux.  HP

5 - À ranger entre Dream Theater et Yes

Shadow
Shadow
(Spikefarm/XIII Bis Records - 132982M863) - 9 titres, 42m - Produit par Shadow, Koichi Hara et Susumu Nagata - Sortie Avril 2001.

Métal nippon. Comme toujours quand il s'agit de productions japonaises, la mise en son de cet album est irréprochable, d'autant qu'elle a été achevée en Finlande à Finnvox, nouvelle Mecque du métal bien branché. Comme toujours, quand on a affaire à des Nippons, le niveau instrumental de ce heavy macabre autant que morbide est particulièrement élevé. L'ambiance générale, à l'image du visuel très Silent Hill, donne dans le heavy maléfice. Bref, tout cela serait très encourageant s'il n'y avait un inutile braillard au poste de chanteur qui vient saper tout ça par ses vaines gueulantes d'éviscéré de naissance. Dommage car Shadow possède un potentiel suffisant pour convaincre par ailleurs. Il y a des barres de nougat dur qui se perdent.  HP

2 - À ranger entre Morbid Angel et Concerto Moon

Takfarinas
Quartier Tixeraïne
(BMG/RCA - LC00316) - 14 titres, 61m 13s - Produit par Takfarinas - Sortie Avril 2001

Yal Musika.  Compilation choisie parmi les 11 albums du monsieur, Quartier Tixeraïne se veut le condensé d'une carrière florissante, pour le représentant de la musique Yal tel qu'il la lui-même dénommée. À l'écoute du premier morceau, on peut être surpris, "Anef Imime" tient la route et ne ressemble pas à la production habituelle de Takfarinas. Hélas, dès le second morceau, les choses se gâtent et "Louisa, ma vie" ressemble à du Macias sous ecstasy, la suite est du même acabit, on retrouve l'inénarrable "Zaama zaama", qui était déjà le fleuron de Yal, son précédent opus. Rien à faire " le rénovateur de la musique kabyle " dixit Le Monde, ne nous convainc pas une seconde et l'on préférera attendre le prochain album d'Idir prévu début 2002, pour se délecter d'une poésie kabyle dont Takafarinas reste très éloigné. N&DS-D

1 - À ranger avec le précédent, loin, très loinÉ

 
Uncommonmenfrommars
Welcome ToÉ
(Cascade Productions/Wagram, 3058422) - 7 titres, 18m18s - Produit par Préhisto' Records & La Cascade - Sortie début mai 2000

Punk Rock Energique. Ce groupe au nom improbable à moins d'en séparer les différents segments (et encore vous sera-t-il épargné le titre de l'album dans sa totalité : il faut le lire pour le croire !) s'est constitué quand les trois frères Trint, Daff & Ed, après une jeunesse insouciante passée à Washington, ont sagement suivi leurs parents frenchies qui commencaient à souffrir un peu trop du mal du pays. À peine débarqués en terre étrangère, ils s'acoquinent avec un certain Big Jim et ne tardent pas à former ces Hommes Hors Du Commun Venant De Mars, la plus grosse rigolade (dans le bon sens du terme, évidemment) de ces six derniers mois : pas de prise de tête sur la manière dont l'Homme court à sa perte, pas de message lourdingue dont tout le monde se contrefout royalement ; non, du punk rock mélodique teinté de ska et de reggae exécuté pour le fun (une notion qui a presque complètement disparu du vocabulaire et de la vie de tous les jours, le FUN !) et avec un savoir-faire certain. Il ne nous reste plus qu'à prier pour que ces Hommes, se plaisent sur notre planète et ne retournent jamais sur Mars. TS

3 - À ranger entre Man Or Astroman ? et Burning Heads

Yamakasi
B.O.F.
(Epic/Sony Music) - 16 titres, 61m 45s - Produit par BOSS - Sortie avril 2001

Rap. Même si vous n'ètes pas un fana de Luc Besson et de ses productions, même si Yamakasi le film, vous fait plus penser à un "téléfilm" qu'autre chose. Il convient de s'arrêter et de prêter une oreille attentive à cette production BOSS que l'on doit à Joey Starr et DJ Spank. On y retrouve Faby et Lady Laistee, Iron Sy et Diziz la Peste, Busta Flex, sans oublier l'ami Joey qui ne s'en laisse pas compter et nous assène comme à son habitude quelques vérités premières. Mélange de rap pur et dur et de r'n'b est un album intéressant et permet de faire un point sur les productions actuelles de B.O.S.S. À découvrir en attendant les prochaines actualités du label et de son créateur. N&DS-D

3 - À ranger avec les autres productions B.O.S.S

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