COMPACT #12 - Mai 2001

A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
2nd Gen
Irony is
(Virgin/Labels - 724385032929) - 10 titres, 40m 05s - Produit par 2nd Gen - Sortie le 6 mars 2001

Bricotronick. Passée à la Moulinette, coincée entre la turbine d'un F16 et la scie à métaux du plombier, votre tête frôle l'implosion. Et dire que Wajid Yaseen a été bercé par les chants indiens de son père, mélomaneÉ Lui. Le pauvre homme a engendré une brute épaisse, bassiste de Fun-Da-Mental dans une autre vie. HelpÉ Le monde se barre en sucette, y en a marre d'écouter des trucs infâmes, de la branlette pour avant-gardiste de pacotille. Mais pourquoi donne t-on des crédits à ce genre de bûcheron ? Rien n'est écoutable, ni ces samples à vomir, élaborés à partir de bruit, ni le braillement du garçon, sans doute sous la douleur d'un doigt pris dans une porte. Franchement, à part pour faire du frisbee sur la plage, celle rondelle ne mérite aucune attention particulière. LE

0 - À concasser

59 Times The Pain
Calling The Public
(Burning Heart  Records/Epitath) -12 titres, 36m 49s - Produit par Kent Norberg - Sortie le 9 avril 2001

Rock punk. Ne vous fiez pas à un titre trompeur : Calling The Public n'est pas l'album live de 59 Times The Pain que vous attendez depuis si longtemps. Non, c'est juste leur quatrième enregistrement studio, mais votre déception sera de très courte durée. Putain que ces petits gars qui nous viennent de Suède sont doués pour tricoter de la guitare, marteler de la peau tannée et vociférer quelques points de vue bien sentis dans un microphone ! À quelques magiques occasions, on jurerait entendre des titres inédits du Clash, titres qui seraient restés dans un fond de tiroir pour d'obscures raisons. Le reste du temps, les compositions restent enthousiasmantes, nous n'avons pas à faire là aux premiers venus, believe us... TS

4 - À ranger entre Give Them Enough Rope et Governement Issue.

Aerosmith
Just Push Play
(Columbia/Sony - 5015352) - 13 titres, 53m44s - Produit par The Boneyard Boys - Sortie le 15 mars 2001 

Rock calibré FM. Ça y est, ils ont passé la frontière, depuis le temps que ça leur pendait au nez ! Aerosmith qui, depuis des années, alternait savamment gros riffs enragés et singles plus cool, vient de passer à l'ennemi, en délivrant un disque trop plat, trop mou, trop calibré, trop propre, trop creux. Il y a bien sûr toujours le même talent d'écriture, mais on songe plus à du Scorpions after-"Still Lovin' You" qu'à la débauche d'énergie des Rocks, Toys In The Attic ou encore de Get A Grip pour citer un exemple plus récent. Voir Tyler avec son beau costume et ses jolies mèches blondes ou Joey Kramer peroxydé et "branleurisé" n'arrange pas les choses. Chaque chose a une durée de vie, c'est bien connu, celle du Aerosmith burné semble arrivée en bout de courseÉ CG

2,5 - À ranger loin sous les grands classiques du groupe

Apartment 26
Hallucinating
(Hollywood Records/Edel) - 26 pistes, 53m 48s - Produit par A 26 & Ulrich Wild - Sortie en avril 2001

Electro-métal. Si Paradise Lost avait gardé la hargne des débuts, il aurait pu signer ce disque. Assez fascinant mélange des tendances électro-gore nord-américaines et d'un heavy metal plus européen, Apartment 26 est une formation US. Premier disque de jeunes trublions assez doués pour le bruit bien senti (réfléchissez à ça) mais qui n'en oublient pas les chansons pour autant. Arrangements fouillés et directs, variés et accrocheurs. Une voix rauque, belle et trafiquée, inquiétante et gothique à souhait. Au bout du compte, c'est le martèlement de la batterie (enregistrée volontairement après les pistes séquencées) et les riffs épais qui prennent le dessus. Et l'auditeur de " headbanger " à mort, la tête au- dessus d'une couronne de cuvettes, on ne sait jamais où ça peut atterrir.  MEK

3 - À ranger entre US Crush et Rammstein

Apocalyptica
Cult
(Mercury/Universal - 542 9842) - 13 titres, 52m 48s - Produit par Hiili Hiilesmaa - Sortie : mars 2001.

Heavy érable.  Dans la série « Des groupes comme celui-là, il n'y en a pas deux «, Apocalyptica va sans doute décrocher la palme plombée du groupe le plus inattendu du monde. Imaginez que ces quatre Finlandais déviants se sont fait connaître en faisant des reprises de Metallica juste avec des... violoncelles. Car Apolacyptica est un quatuor de classiqueux dévoyés qui font du heavy metal, du vrai, du qui crache et qui fume, rien qu'avec leurs " violentscelles ". Voici leur troisième album, presque exclusivement rempli de compositions (très) personnelles, avec en prime du Grieg détourné et du Metallica judicieux. Et ce n'est pas un gag. Son heavy est crédible, voire fascinant, et le propos musical est si dense qu'on peut le comparer au Crimso de Larks' Tongues. Renversant. HP

4 - À ranger entre King Crimson et Metallica

Aston Villa
Live Acoustic
(Naïve)- 13 titres, 58m16s - Produit par Aston Villa - Sortie le 24 avril 2001

Rock Acoustic. Pour consacrer leur entrée chez Naïve Aston Villa nous gratifie de son troisième album et de son premier live. Enregistré en trois jours, en public et en acoustique à La Scène (Paris), nous avons affaire à de l'Aston authentique, et le manque de vitalité que l'on aurait pu craindre dû au traitement des morceaux en acoustique n'a pas lieu. En effet des titres comme "Raisonne" ou "Comme un Coma" non seulement ne perdent pas en pêche, mais gagnent en intimité. Mis à part les morceaux piochés dans leurs deux premiers opus, deux reprises : le "All Apologies" de Nirvana et "Won't let you go" des Blues Busters (groupe de rock steady Jamaïcain des années 60) interprétés avec maestria par le combo. Sur certains titres, guimbarde et voix aborigènes lorgnent vers l'ethnique. Un live à déguster en attendant le prochain album. N & D S-D

4 - À ranger entre l'album éponyme et Extraversion

Natacha Atlas
Ayeshteni
(Labels) - 12 titres, 65m35s - Produit par Transglobal Underground, Mika Sabet - Sortie : avril 2001

Electro Orientale. Quatrième opus de la divine Natacha Atlas qui de nouveau constitue un cocktail savant et précisément dosé entre tradition et modernité. Une voix mutine, ensorceleuse, qui n'est pas sans faire penser à de grandes chanteuses égyptiennes, servie par de grandes envolées de violons et autres cordes lyriques, contrebalancés par une basse aux influences dub et des percussions énergiques. L'emballage est étincelant, la production signée pour partie par Transglobal Underground, la formation de ses débuts, est brillante et met en valeur des compositions de qualité. Ayeshni offre un céleste voyage dans un univers électro oriental puissant et aux enivrantes saveurs qui ne perd rien de sa force onirique, tout en délicatesse et en arabesque. N & D S-D

4 - À ranger entre Transglobal Underground et Warda

Bardo Pond
Dilate
(Matador/PIAS) - 10 titres, 71m 44s - Produit par Bardo Pond - Sortie le 16 avril 2001

Rock alternatif. Les Américains de Bardo Pond ont le goût de la dissonance mélodique. Héritiers du courant expérimental de leurs compatriotes, leur univers, pour le moins inquiétant et assurément hypnotique, se compose de nappes électriques et de couches instrumentales languissantes, soutenues par la voix murmurante d'Isobel Sollenberger. On ne sera donc pas surpris de la longueur inhabituelle des titres (six minutes en moyenne), servant une atmosphère dense où l'on perd ses repaires temporels. Dilate convie l'auditeur à pénétrer dans une dimension où la durée devient palpable, et le son physique. Une assertion que l'on pourra confirmer lors des concerts qu'ils donneront en première partie de Mogwaï au travers de l'Europe. CD'O

4 - À ranger entre Sonic Youth et My Bloody Valentine

Big Dumb Face
Duke Lion Fights The Terror
(Geffen/Polydor - Universal) -12 titres -52m 21s - Sortie le 02 avril 2001

Rock expérimental. Quelle est cette loi qui stipule que les albums réalisés par d'authentiques fous furieux atterrissent toujours dans le jardin du même Compact Man ? Enfin, on ne va pas se plaindre, puisque cette pratique douteuse permet d'écouter de bien belles choses déstructurées. Tel ce Duke Lion qui fait penser à Bumblefoot (le free-jazz en moins), les Flaming Lips (qui se seraient libérés du lourd carcan des 3 minutes du format pop) ou les Butthole Surfers, en nettement plus calme, tout de même. La musique se barre dans tous les sens et c'est génial. Un coup folklorique, une autre fois authentiquement hardcore, sans parler du long délire final qui ressemble plus à un collage sonore qu'à autre chose, ce qui ne l'empêche pas de se laisser savourer à longues gorgées ÉTS

3 - À ranger entre les Residents et Mr Bungle

Black Crowes
Lions
(V2) - 13 titres, 55m 07s - Produit par Don Was - Sortie le 9 mai 2001 

Rock'n'roll certifié. Ce sixième album-studio des Corbacks sonne comme un nouveau départ. Ils ont quitté Atlanta pour New York, changé de label, inauguré un nouveau producteur (Don Was himself). Mais surtout il semble qu'il y aura désormais les Crowes d'avant la rencontre avec Page, et ceux d'après, métamorphosés, revitalisés. Le travail considérable fait ici sur les riffs, mieux assumés, ou très originaux, le montre à l'envi. Enregistré sur la scène d'un vieux théâtre, le groupe sonne comme en live et en famille, mais accomplit surtout ici son plus bel effort de renouvellement musical. Lui jadis si sudiste réalise à présent une synthèse presque parfaite de Led Zep et Aerosmith, avec un rock bariolé, multiforme, parfois déroutant, et délibérément pousse-poussières. Avec en prime une performance vocale majeure de Chris Robinson. Bien joué.  HP

4 - À ranger entre Led Zeppelin et Aerosmith

Bruno Blum
Nuage d'Ethiopie
(Culture Press/De Luxe - BBCP2003) - 22 titres, 73m42s - Produit par Bruno Blum - Sortie : avril 2001

Reggae.  Ancien rock-critique, Bruno Blum est aussi l'auteur d'un ouvrage intitulé Le Reggae paru aux éditions Librio, qui est une référence pour qui s'intéresse à cette musique d'origine Jamaïcaine. Hélas, malgré tout cela, Nuage d'Ethiopie ne convainc pas vraiment et reste bien en deçà de la production française, qui il est vrai, depuis quelque temps a placé la barre très haut. Tout d'abord la voix du sieur Bruno n'a pas la "vibe" reggae comme peuvent l'avoir un Pierpoljak ou un Brahim et les textes sont parfois d'une qualité discutable lorgnant davantage du côté d'un Frankie Vincent que du grand Bob. Notre homme à des copines qui agrémentent les plages de cet opus de chœurs que ne renierait pas une certaine Mylene Farmer, on est loin de Kingston Jamaïca. N & D S-D

1,5 - À ranger entre Sinsemilla et Yannick Noah

Bonny B.
Something's Wrong
(Dixiefrog/Night&Day - DFGCD 8514) - 11 titres, 53m 48s - Produit par Sal Lombardo et Laurent Poget - Sortie mars 2001.

Blues cambodgien. Bonny B. s'appelle en réalité Su Pheaktra Bonnyface Chanmongkhon. Il échappa tout gamin au sanglant nettoyage du Cambodge par Pol Pot et finit par atterrir en Suisse après une jeunesse qui est déjà toute une aventure. Là, il découvrit...Le blues et Muddy Waters. Et sa vie changea, comme il le chante si bien ici. Et voilà du coup le premier bluesman cambodgien de l'histoire. Et quel bluesman. D'abord, c'est un harmoniciste exceptionnel. Ensuite, il chante avec un feeling décalé mais chaleureux, qui n'est pas sans rappeler le Paul Rodgers d'antan. En bonus, il compose sa musique comme s'il avait toujours vécu dans le Delta ou la Big Easy. Pour le coup, c'est une sacrée révélation. Voilà un exemple inattendu mais jubilatoire de mondialisation. HP

3,5 - À ranger entre John Hammond et Nico Wayne Toussaint

Bright Eyes
Don't be Frightened Of Turning The Page
(Les Disque Mange-Tout/Pop Lane - LDMTCD009) - 6 titres, 24m 21s - Produit par Mike Mogis - Sortie le 10 mars 2001 

Folk-pop. Petit mais conséquent, cet EP mélangeant allègrement " acousticité " bucolique, crachin mélancolique et " mélodicité " introvertie, est d'une pureté presque dérangeante. Une musique folk sans la pesanteur moite, pop sans la superficialité, fun sans prêter même à sourire, parsemée de piano rigolard, de mandoline curieuse, d'un mellotron souffreteux et même d'un soupçon de pedal-steel. Mike Mogis, producteur de la rondelle et co-instigateur de la chose avec le jeune Conor Oberst (22 ans seulement et déjà son 5ème album !) avait déjà fait parler de lui avec Lullaby For The Working Class, Bright Eyes s'avérant être une entreprise tout aussi sérieuse à ses yeux et oreilles. Attendons de voir si le faux duo (7 musiciens en tout ont participé à l'enregistrement) peut assurer un long jetÉ CG

3 - À ranger entre Turin Brakes et Lullaby For The Working Class

Jill Caplan
Toute crue
(Eastwest - 8573848492) - 12 titres, 54m 20s - Produit par Jipé Nataf et Pascal Colomb -Sortie  le 24 avril 2001

Pop. Rien n'était gagnéÉ Après les succès du début des années 90 et la fructueuse collaboration avec Jay Alansky, Jill Caplan se retrouve un peu dans la position d'un Axel Bauer : un autre tube sinon rien. Pourtant ce sont, comme chez Bauer, les albums qui sont importants, chez Caplan. Ses textes purs et complexes, désabusés et poétiques, sur nos petits malheurs amoureux et autres moments de grande solitude, méritent une longue écoute. L'écriture des morceaux de Toute Crue a commencé en 98 et une première collaboration avec Mirwais a même eu lieu. C'est finalement une ambiance organique et langoureuse qui prédomine. Les compos de Jipé «Innocent» Nataf sont idéales de mélancolie et d'énergie pop pour la voix, toujours aussi belle et chaude, de Jill Caplan.  MEK

3,5 - À ranger entre Les Innocents et Véro Ségo

Popa Chubby
Flashed Back
(Dixiefrog/Night & Day) - 13 titres, 58m 48s - Produit par Popa -Sortie le 27 avril 2001

Rock & roll. De loin l'artiste le plus productif de ces dernières années, Popa cultive une soif de blues, de rock, dont on a parfois du mal à suivre le rythme. Avant de le retrouver pour un " face to face " explicatif prochainement, jetons un oeil averti sur ce nouvel opus "spécial reprises''. Jusque-là rien de bien étonnant, si l'on côtoie assidûment ses concerts, mais cette fois c'est aux côtés de sa dulcinée, chanteuse et choriste du combo, qu'il s'éclate à revisiter "Hey Joe", "Don't Let Me Be Misunderstood" ou "Gloria". Ce qui étend considérablement son répertoire, et forcément son auditoire car du coup l'album ne s'adresse plus aux férus de grattes plombées, mais aux fanas de cover tirées à quatre épinglesÉ Pour ne pas dire ici sur mesure. LE

1 - À ranger entre Steve Johnson et Sonny & Cher

Eric Clapton
Reptile
(Reprise/WEA - 9362-47966) - 14 titres, 63m 59s - Produit par Eric Clapton et Simon Climie -Sortie le 23 mars 2001 

Prout-prout. Cher Eric, pour tout ce que tu as apporté au rock en général et à la guitare en particulier, nous te devons le respect le plus profond. Ceci étant dit, ce serait bien que tu arrêtes de te foutre de notre gueule, parce que les albums guimauve qui tournent en rond et se mordent la queue au bout de deux écoutes, y'en a marre ! Ton Reptile, fraîchement débarqué en nos bacs, ne conserve de la bêbête en question qu'une froideur pesante, aucune dangerosité là-dedans. Que du mâché recraché sans grand effort. Et que je te gratouille un petit coup par là, et que j'aborde tous les styles pour faire diversifié. Bien, Eric, bien, mais permets-moi de te dire qu'on s'emmerde royalement et que, à ce propos, ça fait un moment que ça dure. À quand un vrai disque de sueur et de tripes ? CG

3 - À ranger entre bâillements et soupirs

Amy Correia
Carnival Love
(EMI) - 13 titres, 45m 29s - Produit par divers - Sortie le 17 avril 2001

Pop US. Entre pop, blues et country, Amy Correia place une voix à la fois jeune et brisée, comme celle d'une adolescente qui aurait grandi trop vite. De fait, de son Massachusetts natal, elle part pour New York à l'âge de 17 ans et s'y retrouve, au départ, assez terrorisée. Mélancolique et joyeuse, sa musique (elle est auteur compositeur) est un intéressant paradoxe. Correia construit ses compositions sur des partitions pour instruments très organiques, comme le violoncelle, la mandoline et des percussions. Souvent simples et dépouillées, ses chansons racontent des histoires de (dé)routes, de vies aventureuses et bohémiennes entre villes noires et grands espaces blancs. On peut regretter une certaine uniformité dans l'écriture, mais l'ensemble est absolument authentique. MEK

3 - À ranger entre Edie Brickell et Lisa Loeb

Dominique Dazin
From Rock Point To Falgstaff
(Debercy/Socadisc - 6710003) -11 titres, 47m 31s - Produit par L. Cazaubon & Dazin -Sortie le 6 mars 2001

Rock. À la façon de Stevie Ray Vaughan & Double Trouble, Dazin & Drive In ressuscite l'esprit du Texas blues. Enfin presque, là nous sommes au coeur d'Arizona s/Loiret, Dominique est bien de chez nous. Un de ces guitaristes loin des strass du biz mais dont la renommée n'est plus à faire, d'ailleurs peut-être avez-vous déjà vu ses méthodes à la manière d'Hendrix ou SRV. Donc à force de traîner sa strat sur les partitions des uns et des autres, un album s'imposait. En compagnie de Doudou, ex-batteur de Johnny mais aussi de Magma, du bassiste Jimmy Gibson ou encore Pascal Mulot, le frenchy signe au final la quasi-totalité des compos, dont un hommage à Albert Collins, le tout en respectant au millimètre les techniques qu'il enseigne. Pour amateurs et nostalgiques de blues-rock. LE

3,5 - À ranger entre Albert King et Hendrix

Depeche Mode
Exciter
(Mute/Labels/Virgin)- 13 titres, 56m 48s - Produit par Mark Bell - Sortie le 15 mai 2001

Électro pop. Malheur ! Après une dizaine d'albums tous plus émouvants et précurseurs les uns que les autres, après avoir compris, avant U2 (Discotheque), qu'il fallait s'éloigner de la dance pour ne pas oublier le rock (le sublime Ultra en 97), Martin Gore pète un câble -ce qui n'est pas, en soi, nouveau chez lui, mais nouveau dans ses compos. Ici, presque tout est chiant et prétentieux (sauf «Dream On» et «I Am You»). La forme (tout plein de sons) prend le pas sur le fond : c'est difficile à écrire, mais les mélodies sont les grandes absentes de ce nouveau CD. Un comble pour une formation qui a bâti l'essentiel de sa (justifiée) réputation sur la magie mélodique de ses chansons ! Finalement, on est encore plus furieux que déçu d'avoir affaire à un maladroit assemblage de faces B, voire C. MEK

2,5 - À ranger entre torpeur et gros dodo

Ani Difranco
Revelling Reckoning
(Righteous Babe/Universal Jazz - RBR 024-D) - 13 titres, 59m 07s et 16 titres, 59m 31s - Produit par Ani Difranco - Sortie le 10 avril 2001

Jazz Folk. Connue aux USA depuis plus de 10 ans, Ani Difranco a également fondé son propre label ce qui lui garantit un regard exclusif sur son répertoire. Il faut d'ailleurs être gonflé pour sortir ainsi un double album de musique à vocation si non-commerciale. Revelling Reckoning propose en effet des titres mêlant refrains acoustiques et arrangements jazzy lorgnant vers le free. Servie par une voix on ne peut plus suggestive la chanteuse propose ainsi ses compositions déstructurées qui privilégient climats intimistes et troublants. Elle y parvient sans peine, reste à adhérer à ce qui semble faire fi de toute volonté mélodique pour tomber trop souvent dans l'abstraction. CF

3,5 - À ranger entre Suzanne Vega et Melissa Etheridge

Sandy Dillon
East Overshoe
(One Little Indian/Labels) - 13 titres, 45m 15s - Produit par divers - Sortie le 13 mars 2001

Modern Blues. Après The Electric Chair Sandy Dillon continue dans son itinéraire underground qui refuse toutes les facéties du rock féminin. Son répertoire, essentiellement urbain, greffe aux schémas country (guitare slide) ou aux vocaux gospels des tonalités inattendues qui semblent trouver leurs racines dans la musique vaudoue ou un phrasé éraillé très proche d'effets cabaret à la Brecht. East Overshoe se singularise ainsi par une atmosphère où le Gothique le dispute au Décadent mais le tout est malheureusement desservi par une voix trop systématiquement agressive. Avec plus de nuances dans son approche, la chanteuse pourrait alors sonner moins caricaturale et surtout moins épuisanteÉ CF

2,5 - À ranger entre Tom waits et Marianne Faithfull

Dolly Varden
The Dumbest Magnets
(Fargo/Wagram - FA20138) - 12 titres, 43m 00s - Produit par Brad Jones - Sortie le 12 mars 2001 

Multi-cartes folk-rock. Au détour de la tour de pise " cédéesque " qui sert de pain quotidien aux modestes éclaireurs soniques que nous sommes arrive, parfois, sans coup férir, et sans même frapper à la porte, un disque qui, d'emblée, titille notre sensibilité, sans qu'on puisse souvent même expliquer pourquoi. Ces échanges organiques, plus ou moins démultipliés suivant l'humeur du moment, dignes des déplacements spatio-temporels de la quatrième dimension, sont différents selon les individus, mais toujours inexplicables. Pour ce qui est de votre serviteur, consommateur gargantuesque ayant un petit penchant pour le rock US dans sa globalité, et sa tranquille " folkitude americanesque " en particulier, ce couple de songwriters en provenance de Chicago a touché la corde sensible. Bingo ! CG

4 - À ranger entre Jayhawks et Mark Olson

Downer
Downer
(Roadrunner - RR85842) - 11 titres, 66m 54s - Produit par Bob Marlette - Sortie Mars 2001.

Hardcore cafardeux. Le nom du groupe renseigne assez sur ses pensées maniaco-dépressives. Bluesmen pervertis des cafards modernes, les " harcoreux " américains de Downer chantent la tête en bas et vous le font bien sentir. En fait, on dirait du Offspring lugubre. Si vous cherchez une musique pour faire une teuf de la mort qui tue, ceci vous servira juste de bande-son pour les quatre derniers mots. Cela dit, ce n'est pas si mal. Les musiciens sont compétents, et surtout le chanteur est excellent. On rêverait même pour ce John Scott d'un meilleur groupe, ou du moins d'un groupe qui possède un vrai compositeur, lacune essentielle de Downer, dont le propos musical est désespérément conventionnel. Une bonne voix et pas grand-chose derrière, au total. Déprimant, non ? HP

2 - À ranger entre Fugazi et Offspring

Droom Mix
Droom Mix
(Vicious Circle) -12 titres, 36m 36s -Produit par l'artiste -Sortie le 23 Avril 2001

Rock heureux de vivre. Et d'être débarrassé de cette entité encombrante qu'était devenue The Thugs, apparemment. Il y a certainement partout en France, à l'heure où je vous parle, quantité de personnes qui détestent plus ou moins cordialement Christophe Sourice pour avoir sabordé leur groupe préféré, mais il ne faut pas trop lui en vouloir. Le célèbre combo d'Angers était devenu d'une insupportable routine au fur et à mesure que les années passaient, c'était pire que de travailler à la chaîne. Il fallait faire quelque chose et Christophe a eu le courage de briser ce rassurant carcan, d'essayer de réaliser un disque assez différent pour ne pas retomber inlassablement dans la même ornière. Bravo à lui... Ce projet possède au moins le mérite d'exister et de faire avancer les choses. TS

2,5 - À ranger avec tous les side projects réussis

Dusminguet
Postrof
(Virgin - 8506792)- 18 titres, 70m 32s - Produit par Dusminguet, T. Arroyos, F.Aromi et T. Arimany - Sortie le 30 janvier 2001

Métissage catalan. Formation folklorique moderne, Dusminguet distille sa musique festive aux accents gitans sans souci des convenances. Et tant mieux ! Les trois acolytes se plaisent à revisiter les sons latinos, flamenco et même jamaïcains, tout en affirmant leur propre vision des choses. On se plaît à écouter l'accordéon s'acoquiner avec la guitare et les textes jongler entre catalan, espagnol et français. Enregistré au Maroc, Postrof est une invitation au voyage planétaire, de l'Espagne à la Colombie, en passant par la Nouvelle-Orléans. Un voyage auquel quelques amis ont été conviés, dont Tomas Arroyos, ancien membre de la Mano Negra et de Color Humano. Un cocktail savoureux à déguster sans modération.  CD'O

3 - À ranger entre Macaco et Sergent Garcia

Echo & the Bunnymen
Flowers
(Cooking Vinyl/Naïve) -11 titres- 45m 30s- produit par divers - sortie le mai 2001 

New wave nostalgique. Dans la foulée d'Avalanche, mini LP de reprises disponible uniquement via Internet, les "hommes lapins" de Liverpool reviennent avec ce premier vrai album depuis 1997. Après une vingtaine d'années d'existence et des fortunes diverses, Will Sergeant et Ian Mc Culloch, se sont adjoints les services de 3 petits jeunots à peine nés lors de la formation du groupe. Sans atteindre l'urgence et l'intensité de la grande époque, Flowers nous délivre son lot de morceaux attachants qui rappellent parfois les meilleurs moments du groupe ("Supermellow Man"). À l'image d'une pochette délicieusement rétro, Flowers joue sur la nostalgie à fond les manettes, mais qu'est ce que c'est bon d'entendre à nouveau les envolées gracieuses de la guitare de Will Sergeant ou la voix rauque du big Mac ! PR

3,5 - À ranger entre Crocodiles et Ocean rain

ELBOW
Asleep in the  back
(V2 music) - 12 titres, 66m 06 s - sortie le 9 mai 2001. 

Rock mancunien sublime. Après la débâcle des Happy Mondays, Stone Roses, et autre Oasis, on ne donnait pas cher de toute musique en provenance de Manchester, jusqu'à ce que déboule ce combo semblable à nul autre. Surmontant plusieurs années de galère, les lascars signent enfin chez V2 et nous livrent un premier album renversant qui évoque tout autant le Floyd première mouture que Talk Talk, Peter Gabriel, Radiohead ou Coldplay. Les morceaux sombres, torturés et aventureux avec un son d'orgue sépulcral et des mélodies addictives, dépassent parfois les 7 minutes tel le fabuleux "Newborn" au climax final incroyable. Elbow franchit ainsi allègrement le pont entre le rock prog des 70s, la new wave gothique des 8Os et le baggy rock mancunien. Souvenez-vous en : si les dieux du rock veillent sur eux, ce groupe va être immenseÉ PR

4,5 - À ne pas ranger !

Elysean Fields
Queen Of The Meadow
(Jet Set/Coup Franc - TWA33CD) - 11 titres, 59m 10s - Produit par Good and Evil - Sortie en mars 2001

Piano Bar gothique. Elysean Fields s'étaient fait éjecter de leur label pour avoir refusé de remixer un 2e album trop «anticommercial». Celui-ci les voir renouer avec l'essence de Bleed Your Cedar dans le fond si ce n'est dans la forme. Si l'on retrouve en effet les mêmes atmosphères gothico-sulfureuses, elles se font plus veloutées et délicates. Les climats brumeux cèdent la place à des atmosphères lounge et les partitions aqueuses à des ambiances lascives et étouffées. La pulsation du groupe, bien que toujours aussi mortifère, se fait alors sensuelle et la voix de Jennifer Charles, soft et enveloppée, nous emmitoufle dans un cocon de volupté vers lequel on ne peut que se laisser irrésistiblement entraîner.  CF

4 - À ranger entre Tindersticks et Mazzy Star

Alejandro Escovedo
A Man Under The Influence
(Bloodshoot/Fargo/Wagram)-11 titres, 50m 18s -Produit par Chris Stamey -Sortie le 17 Avril 2001

Folk rock élégant. Retour d'un intéressant songwriter qui livra à un monde incrédule deux formations (son premier groupe, les Nuns, n'ayant jamais franchi l'Atlantique) valant leur pesant de cacahuètes : les fabuleux Rank & File au tout début des 80s (l'un des meilleurs combos country-punk avec Jason & The Scorchers ) et les True Believers quelques années plus tard, le tout sans succès fracassant. Ce qui entraîna forcément une démotivation générale et un abandon total au bout de quelques batailles perdues d'avanceÉ Mr Escovedo revint alors sous la forme d'un artiste solitaire et depuis, même si son premier million de dollars n'est encore qu'une vue de l'esprit, il nous régale régulièrement de ses chroniques désabusées et aigres-douces, visions d'un monde et d'une Amérique en pleine déliquescence. TS

4 - À ranger entre13 Years et live more Miles Than Money

The Ex
Dizzy Spells
(Vicious Circle) -12 titres, 59m 29s -Produit par Steve Albini-Sortie le 13 Avril 2001

Rock déglingué et émotif. Peu d'entre vous le savaient, mais The Ex est une formation hollandaise légendaire qui compte à son actif 20 années d'existence, 15 CDs et plus de 900 concerts ! Leur musique a toujours été un joyeux fourre-tout dans lequel ils réussissent à faire rentrer aussi bien du rock que du jazz, du noise ou des improvisations on ne peut plus personnelles. Le redoutable Steve Albini a été volontaire pour produire Dizzy Spells, le petit dernier et force est de constater que ce diable d'homme a su tirer la substantifique moelle du potentiel de ces Bataves qui ont toujours refusé de se laisser enfermer dans quelque catégorie que ce soit, préférant laisser parler leur coeur et leur âmeÉ Sur ce disque, vous pourrez apprécier quelques participations extérieures, tel ce Thurston Moore qu'on ne présente plus. TS

3 - À ranger entre les précédents et un vieux Sonic Youth

Experience
Aujourd'hui, Maintenant
(Lithium/Virgin- 72 4381 00240 7) - 10 titres, 41m 53s - Produit par S. Teynié et M. Cloup - Sorti le 20 mars 2001

Rock Français. Intimiste et sombre, le premier album de l'ex-Diabologum, Michel Cloup, Aujourd'hui, Maintenant surprend par l'atmosphère qu'il dégage. Influencées par l'expérimentalisme américain, les guitares s'expriment sans ménagement, hurlent et vitupèrent. Quant aux basses, elles creusent irréversiblement les sillons de certains titres noirs comme "La Pièce Du Frigo". Chanson avant tout, les textes qui composent cet opus brut et crépusculaire dépeignent des tableaux sociaux pas très gais. Ça sonne dans l'air du temps direz-vous. Et pourtant, le ton est plus fin et moins démagogique que chez d'autres (pas de nom !). Une Experience concluante qui devrait en séduire plus d'un.  CD'O

3 - À ranger entre Raphaël et Sonic Youth

Fear Factory
Digimortal
(Roadrunner) - 11 titres, 43m 18s - Produit par Rhys Fulber et Fear Factory - sortie le 24 avril 2001.

Hardcore Industriel. La grande qualité de Fear Factory, groupe parfaitement effrayant par ailleurs, est de ne jamais faire n'importe quoi et de ne lancer un album sur la planète que quand il a vraiment quelque chose à dire. Ce qui est encore le cas avec ce quatrième disque seulement en dix ans. Une fois de plus, le concept est aussi impeccable qu'implacable : une abominable vision futuriste où le capital émotionnel des gens est stocké avant d'être réinstallé à leur mort dans un clone. Il n'y a pas une histoire ordonnée comme dans Obsolete, plutôt une série de visions débridées autour de ce thème. La musique, elle aussi, est particulièrement achevée, du heavy industriel qui choque joliment le tympan, parfaitement mis en place. En fait, à la différence de bien d'autres braillards, chez Fear Factory, ça gueule, mais ça a de la gueule.  HP

3,5 - À ranger entre Péchiney et Usinor

Neil Finn
One Nil
(Emi) -12 titres- 48m 58s - produit par divers - sortie le 10 avril  2001 

Pop-rock australopithèque. Il est de ces groupes qui ont su composer des mélodies magnifiques restant à jamais gravées dans nos mémoires. Crowded House est de ceux-là. Après 5 albums superbes sortis dans une indifférence quasi générale, le groupe de Neil Finn splitte en 1996 au grand dam de leur douze fans français (les Compact Men au complet !). Mais c'était compter sans l'abnégation de Neil Finn qui entamait une carrière solo avec Try whistling This aujourd'hui suivi de ce savoureux One Nil (jeu de mots ironique sur one Neil ?). Et l'on retrouve avec plaisir cette voix reconnaissable entre toutes et ces chansons graciles qui faisaient tout le charme de Crowded House. L'ami Neil possède toujours ce don inné de composer des morceaux accrocheurs et ça fait drôlement du bien de le retrouver ! PR

3 - À ranger après les 5 albums de Crowded House

The Fleshtones     
Solid Gold Sound
(Comotion) - 14 titres, 36m 59s - Produit par The Fleshtones - Sortie avril 2001 

Rock craquelé. Les Fleshtones sont morts dix mille fois, ressuscités deux fois plus, toujours plus grands, toujours plus forts, toujours plus fous, vive les Fleshtones ! Zaremba, Streng et les deux zautres zozos (Ken Fox, le bassiste, est passé jadis par la case Jason & The Scorchers, curieux parcours), as usual, se la jouent cool, les médiators en éventail. Leur rock n'a jamais été aussi joyeusement garagisant (en majeure partie enregistré au studio parisien le Garage, d'ailleurs) et anti-prise de tête. Juste une poignée de ritournelles rock & roll à ajouter à la liste impressionnante de celles déjà mises en boîte, prétexte à un disque sans surprise (réussi donc) qui lui-même sera prétexte à une énième (et très attendue) tournée de la bande. Finalement, que demande le peuple ?É CG

4 - À ranger entre More Than Skin Deep et Fleshtones Vs Reality

Gerard
The Ruins Of A Glass-Fortress
(Muséa - FGBG4364) - 7 titres, 45m 11s - Produit par Toshio Egawa - Sortie Avril 2001.

Tsunami Prog. Il est désormais inutile de présenter Gerard, les Emerson, Lake & Palmer du Soleil Levant. Ces Nippons survoltés nous ont déjà épatés plus d'une fois par leur virtuosité terrassante, l'incroyable niveau de mise en place de leur production et la surprenante vitalité qui les anime. Ce bel album n'en fournit qu'une supplémentaire confirmation, avec en prime un surplus de maturité dans la composition, particulièrement sensible dans la longue pièce éponyme. Pour le reste, on demeure toujours béat d'admiration devant les envols de claviers de Toshio Egawa, et cette batterie survitaminée qui tempête derrière lui. Mais de belles mélodies parfois joliment poignantes savent donner du coeur à cette très picturale exhibition. HP

4,5 - À ranger entre ELP et Ars Nova

G.Love & Special Sauce
The Electric Mile
(Epic/Sony) -14 titres, 53m 21s - Produit par Chris DiBeneditto & G.Love - Sortie le 2 Mai 2001

Sauce inimitable. Une excellente sauce, pourtant, que G. Love nous balance depuis pas mal d'albums et d'années, à présent. Il nous faut en effet remonter au mois de Mai 1994 pour retrouver les premières traces sonores et éponymes de cet entraînant combo Philadelphien, qui n'a cessé depuis de vouloir nous inoculer son amour du groove, du jazz et du rhythm'n'blues, à grands renforts certes de disques, mais également de tournées marathon qui partaient d'un point A des USA et mettaient des mois et des mois avant d'arriver enfin au fameux point B ! Pour cet Electric Mile, G. Love a invité quelques amis comme Billy Conway (Morphine), le sorcier des claviers John Medeski (de Medeski, Martin & Wood) ou des membres de Widespread Panic : ils se sont entendu comme larrons en foire, les garnements ! TS

3 - À ranger entre Yeah, It's That Easy et Philadelphonic

Gojira
Terra Incognita
(Gabriel/Next Music - 24G001) -14 titres, 66m 38 s -Produit par Stephan Kraemer -Sortie  le 19 Mars 2001

Rock lourd et obsédant. Assez lourd pour que vous n'ayez plus la moindre envie de vous lever après écoute et assez obsédant pour que vous vous arrachiez tout de même aux bras de votre fauteuil préféré, afin de vous le remettre ! Autrefois appelé Godzilla, le quatuor landais n'a pas fait que changer de nom. Leurs classes se sont effectué en ouvrant pour Cannibal Corpse, Mass Hysteria et autres Edge Of Sanity et leur musique en est sortie grandie et de plus en plus ambitieuse, comme en témoignent les 66 minutes de cette Terre Inconnue avec ses morceaux nommés : «Lizard Skin», «Satan Is A Lawyer», le final grandiloquent «In The Forest». Ou bien encore les deux amusants intermèdes «5988 Quatrillions De Tonnes» et «1990 Quatrillions De Tonnes», un pur régal pour les esprits torturés... TS

3 - À ranger entre Type O Negative et Tool

Gorillaz
Gorillaz
(Parlophone/EMI)- 15 titres, 63m 46s - Produit par Dan The Automator - Disponible

Frisbee. Mettez le chanteur de Blur sur un titre, un poil de Cibo Matto, deux doigts de Talking Heads, un bonnet de rappeur, l'ombre de Buena Vista Social Club et vous secouez bien fort le shaker. Hop, c'est magique, on vous sort un disque. Tantôt hype, parfois hop, pop aussi, Gorillaz hache menu-menu tout ce qui s'écoute à la radio, se joue dans les clubs ou se sifflote dans les toilettes d'aéroports. Alors on l'écoute comme on fait son marché, en tâtant la marchandise d'étal en étal, jusqu'à marquer l'arrêt devant un truc bien juteux, croustillant. Goûteux, quoi. Seulement là, c'est la course à l'échalote, la chasse au dahu, on vous prend pour des cons et en plus, ça dure une heureÉ Au secoooooouuuurrs !  LE

1 - À ranger entre Pizzicato Five et 1000 Clowns

Gwenc'hlan
Un peu d'airÉ
(CiréJaune/Wagram) - 12 titres, 40m34s - Produit par Patrice Marzin - Sortie mai 2000

Rock Celto Celtique. Quand vous vous trouvez devant un groupe avec un nom comme Gwenc'hlan, vous frémissez à l'idée qu'ils ont peut-être recyclé Stivell, vous tremblez à l'idée qu'il s'agisse de Manau à la sauce rock, et bien pas du tout. Oubliez vos préjugés, vous n'êtes pas obligés d'être adeptes des Fest-Noz et autres "bretonneries" pour apprécier ces "Ajoncs Blancs" et prendre Un peu d'air avec eux. Il s'agit là de rock mâtiné de cornemuse, flûte traversière ou de Whistle, péchu, musclé, qui sait se faire tendre au détour de certains titres "Ce on peut être nous" par exemple. Rendons grâce également au chanteur dont la voix présente quelquefois un net cousinage avec Miossec, mais qui dans l'ensemble est plutôt originale.  N & D S-D

3 - À ranger entre Miossec et Matmatah

John Hammond
Wicked Grin
(Pointblank/Virgin- 724385076428) - 13 titres, 55m 55s - Produit par Tom Waits - Sortie le 21 mars 2001 

Tchak-poum blues.  Petite devinette pour les plus perspicaces d'entre vous. Ce nouvel album de John Hammond propose une sélection de chansons de Tom Waits, il est produit parÉ Tom Waits, et le type qui assure les parties de guitare (avec John quand même) est un certainÉ Tom Waits ! À qui ce disque fait-il irrémédiablement penser ?É Si vous trouvez la réponse, vous gagnez un dîner en tête-à-tête avecÉ Monsieur MEK (désolé, Tom Waits est occupé ailleurs).Attention, n'allez toutefois pas croire que Mister Hammond s'est laissé écraser par l'immensité intergalactique du talent du sieur Waits. Au contraire, la collaboration est fructueuse et chatouille les cages à miel, du bien bel ouvrage donc, à la fois organique et sensuel, profond et prenant. Un de ces miracles comme il en arrive parfoisÉ CG

4 - À ranger à côté du dernier Tom Waits

Ben Harper
Live From Mars
(Virgin) - 25 titres, 134m 45s - Produit par Ben Harper - Sortie le 27 mars 2001

Rock/folk. Enregistré au cours de la dernière tournée, ce double album live alterne périples électriques et ballades acoustiques. Deux disques à déguster/savourer selon l'humeur, le coup de blues du moment tel ce "Please Bleed" façon Neal Casal ou encore la reprise de The Verve "The Drugs Don't Work". Voilà pour le côté obscur. En vis-à-vis, douze titres punchy lèvent le voile sur l'ambiance orchestrée par le maître de cérémonie : en dépit de son immobilité due à une technique non visuelle, il fait vite oublier ce spectacle par une formidable volée de décibels. En d'autres termes, nous avons ici un enregistrement de qualité, mais surtout, à la carte. Une formule bien mieux que n'importe quel Best Of, que devrait reprendre tous les labels. LE

5 - À ranger entre Neal Casal et Lenny Kravitz

Hazeldine
Double Back
(Fargo - FA 20150)- 13 titres, 56m 43s - Produit par Chris Stamey - Sortie le 5 mai 2001

Country Pop.    Hazeldine est un trio féminin, originaire du Nouveau-Mexique, dont la musique est directement héritée de l'ambiance du désert du sud-ouest américain. La plupart des ballades de ce 3e album sont ainsi imprégnées de climats mélancoliques et de cette notion d'espace, si prégnante dans l'Ouest US, sur lesquels le groupe greffe des titres mêlant rock, folk country et même soul music. Mais, loin de se cantonner dans cette tonalité, Hazeldine s'évertue à la transcender. À cet égard la production de l'ex-Db's apporte une coloration pop bienvenue («Sunsetstrip») et l'épatante complainte «Body And Soul» montrent combien le trio sait jongler avec les limites inhérentes à ses racines. Vivifiant ! CF

3 - À ranger entre Emmylou Harris et Neil Young

Helena
Azul
(Tricatel/Universal - TRICDFR012) - 11 titres, 40m30s - Produit par Philippe Katerine- Sortie : avril 2001

Bossa Nueva. Né d'une rencontre entre Helena et Philippe Katerine, Azul est le fruit des rêves de musique brésilienne de la belle. L'une aux textes, l'autre aux musiques, on peut saluer ici une association réussie pour un album enregistré en seulement quatre jours. Composé essentiellement de chansons d'amour, cet opus qui se situe à contre-courant des modes du moment saura garder, nous n'en doutons pas, une fraîcheur et une intemporalité. Helena, qui avait déjà laissé ça et là quelques traces discographiques un peu éparses signe avec Azul un album attachant et nonobstant sa carrière de présentatrice de Plus vite que la Musique sur M6, prouve ici qu'elle est dotée d'un véritable talent d'auteur et de chanteuse. À découvrir les soirs de blues ou de déconvenues amoureuses. N & D S-D

4 - À ranger entre soleil et clair obscur

The Holmes Brothers
Speaking in Tongues
(Alligator/Night&Day- ALCD 4877) - 13 titres, 55m 08s - Produit par Joan Osborne - Sortie en mars 2001.

R'n'B inspiré. 10 ans d'existence discographique, six albums, plus de cent concerts par an dans les clubs du groovy New York, telle était la carte de visite des frangins Holmes, noirs de peau et blancs de barbe. Néanmoins, ils ne jouissaient pas jusqu'ici d'une franche renommée. Et voilà qu'un soir, Joan Osborne en balade perçoit leur funk mystique passant par la porte entrouverte d'un bar de la 14e. Coup de foudre, et la jeune donzelle embarque les trois sages sidérés pour le studio le plus proche. Voilà le suave résultat, un disque magnifique, à mi-chemin entre le rhythm'n'blues, le funk et le gospel, avec, surprise, une belle fournée de reprises de Ben Harper, car dans ce monde tourneboulé, voilà que ce sont les vétérans qui piquent aux jeunots. Une perle noire. HP

3 - À ranger entre Aretha Franklin et Ben Harper

IQ
The Seventh Hour
(Giant/InsideOut/Wagram - GEPCD1028) - 6 titres, 57m 06s - Produit par Michael Holmes - Sortie Avril 2001.

Prog diplômé. Recevoir un album des Anglais d'IQ est une assurance de qualité et de plaisir. Ces gens-là, tout au long de leur histoire déjà étendue, n'ont jamais fait de mauvais disques, pas même de disques décevants, parce qu'ils possèdent au-delà de la compétence et de l'inspiration une sorte de fondamentale sincérité qui finit toujours par vous aller au coeur. Certes cet opus n'atteint pas le niveau de Subterranea, il est vrai exceptionnel, mais c'est quand une grande et belle chose qui ravira tout amateur de prog travaillée et bien vécue. Comment expliquer alors qu'IQ n'accède jamais décisivement au top majeur des grands du genre ? Peut-être parce que, comme ici, le chant sophistiqué, tout en volutes et chanfreins, n'a pas l'émouvante spontanéité des concurrents. HP

3,5 - À ranger entre Genesis et Arena

Matthew Jay
Draw
(Food/Emi) -12  titres- 46 m 17s - produit par divers - sortie le 10 avril 2001 

Folk-rock printanier. Il est revenu le temps des guitares acoustiques, de ce folk rock précieux made in GB et héritier de ses glorieux aînés, Fairport Convention, Roy Harper ou autre Nick Drake. Issu d'une famille de musiciens, ce jeune Gallois d'une vingtaine d'années débarque sur la scène musicale avec un premier opus déjà étonnement mature. Dans le sillage d'un David Gray ou d'un Eliott Smith, il nous offre douze compositions savoureuses et rafraîchissantes aux arrangements discrets et de bon goût (loops, samples et la contribution de Sam Hempton, ex-guitariste des Six by Seven) qui mettent en valeurs des textes parfois sombres, mais qui ne versent jamais dans la complaisance morbide. En résumé, un disque agréable, sans prétention et donc idéal pour bien commencer une belle journée de printempsÉ PR

3 - À ranger entre Nick Drake et Eliott Smith

Kamelot
Karma
(Noise/Sanctuary/NTS)-10 titres, 43m 10s -Production inconnue à l'heure actuelle - Sortie le 30 avril 2001

Heavy metal lyrique. Ces adorateurs des Chevaliers de la Table Ronde ont eu une riche idée en changeant de chanteur, voilà de ça quelques années à présent. L'actuel chanteur possède non seulement un bien meilleur timbre, mais il participe de plus à l'élaboration des chansons, comme cette épopée finale consacrée à Elizabeth Bathory répartie sur trois segments et une douzaine de minutes, riche en évènements, changements de rythme et guitares délicieusement langoureuses. Une véritable déclaration d'amour à cette pourtant cruelle comtesse ! Mais Kamelot, c'est également des titres qui filent à 100 km/h sans dévier une seconde de leur trajectoire, à savoir nos pauvres cerveaux vaincus et dépendants avant même que ces bolides d'acier n'atteignent la ligne d'arrivée. TS

4 - À ranger entre le double live paru récemment et Helloween

Kana
Kana
(Pama Records / Productions Spéciales, 219048) - 13 titres, 52m11s - Produit par A. Bertuzzi - Sortie : mai 2000

Reggae français écolo.  Le créneau de Kana, c'est la Nature, avec une majuscule s'il vous plaît. Et quel meilleur moyen que le reggae pour aborder les thèmes du respect d'autrui, de l'environnement et bien sûr des herbes exotiques (cf. la petite référence explicite dans le nom du groupe). Les textes humoristiques sont signés par le chanteur franco espagnol Zip, et nous font même parfois rire. On y croit davantage sur des sujets plus sérieux comme " Le Magicien ". Quant aux musiciens, il n'y a rien à dire : c'est du reggae de qualité irréprochable. Alors on se laissera séduire par le nouveau single, " La Nature " (avec le clip en prime, si si), ou bien on attendra une version instrumentale, au choix. CD'O

2,5 - À ranger entre Tryo et Pierpoljak

Lift To Experience
The Texas Jerusalem Crossrads
(Labels/Virgin) - 11 titres, 74m 34s - Produit avec rage -Sortie le 15 mai 2001

Holly Rock. WowÉ Le moins qu'on puisse dire, c'est que le spectre de Jeff Buckley auréole ce Josh Pearson. Du reste, il a bon dos ce pauvre Jeff, à chaque fois qu'un gus perche sa voix sur des hauteurs d'un répertoire quasi féminin, on dépoussière Grace. Mais aujourd'hui, la comparaison dépasse le sens même de son utilisation tant ce trio texan endosse la personnalité du défunt. Tout comme lui, le répertoire puise son inspiration vers des abîmes bibliques où résonne une guitare qui en vaut dix, entrelacée de litanies. Une obsession qu'exorcise le chanteur (sublime clef de voûte de ce sanctuaire) en proie à un vague à l'âme incurable. Ce mal est contagieux, voilà pourquoi ce premier disque vous transperce les tripes, on ne peut pas y échapperÉ LE

4 - À ranger entre Jeff Buckley et Gun Club

Low
Things We Lost In The Fire
(Tugboat/ PIAS - TUGCD027) - 12 titres, 53m 17s - Produit par Steve Albini - Sortie le 12 février 2001

Low Fi. Ce 5e album de nos natifs de Duluth les voit poursuivre dans la même veine sépulcrale et austère que leurs précédents opus. Tout n'est ici que mélancolie et tranquillité, tristesse métronomique et vocaux emplis d'une infinie délicatesse. La production sait se faire discrète, comblant les silences de légères vibrations minimalistes au piano ou par l'emploi de cordes fantomatiques. Quand, parfois le ton s'élève, ("Dinosaur Act") c'est pour tamiser les distorsions d'harmonies élusives et fugaces, quand, enfin, comme sur "Laser Beam", le calme se fait hallucinant et fantasmatique, c'est pour mieux nous faire entrer dans ces climats où la quiétude est plus retentissante que le bruit. CF

4,5 - À ranger entre Spain et Smog

Lowfinger
Who's Got The Biscuits ?
(Virgin/Labels, 724385062421) - 12 titres, 46m 59s - Produit par Lowfinger - Sortie le 6 mars 2001

Pop déjantée. C'est vrai que Lowfinger a un petit quelque chose des B52's, période Mesopotamia. Leur zique est aussi allumée que celle des ricains, gonflée de coeurs topless avec en toile de fond, une gratte clear and loud façon Fred Schneider. Jusqu'à la pochette pop art aux couleurs flashy, tout indique que ces British ne se sont pas remis des 80s. Outre ce plagiat plutôt bien ficelé, on s'attardera davantage sur les paroles de cette course au biscuit. Qui veut en croquer, qui désire en abuser, où le mettre, autant de libidineuses questions que se pose le combo obsédé par les histoires de cul. D'ailleurs la pochette se déplie genre brochure touristique ou carte au trésor pour célibataire en quête de viande fraîcheÉ Amusant. LE

2,5 - À ranger entre B52's et Brassy

LOWGOLD
Just backward of square
(Nude records/Pias)- 11 titres, 49m 56 s - Produit par Tony Lash- sortie avril 2001. 

Spleen rock. Ils aiment Neil Young, Grandaddy, Sparklehorse, Elliot SmithÉ Et sans doute beaucoup Coldplay auxquels on ne va pas manquer de les comparer. Dans la lignée de ce rock chargé de nostalgie qui semble émerger outre-Manche (cf. la chronique de Elbow), le premier album de ce jeune groupe prometteur, pour peu qu'il se débarrasse d'influences encore trop pesantes, nous délivre son lot de ballades apathiques et déchirantes à la fois. Empreints d'un romantisme à fleur de peau, les textes évoquent la solitude, l'incommunicabilité, les guitares se font insinuantes et le rythme languissant. Et si à première écoute, cette succession de balades peu apparaître monotone, l'ensemble finit par dégager une cohésion interne séduisante. Les nouveaux romantiques du XXIe siècle ont décidément le spleen contagieuxÉ PR

3 - À ranger entre Coldplay et Elbow

Lupine Howl
The Carnivorous Lunar Activities Of...
(Vinyl Hiss/Beggars Banquet/Labels - BBQCD 219) - 9 titres, 55m 54s - Produit par Sean Cook et Mike Mooney - Sortie le 24 avril 2001

Néo Psychédélia. Éjectés de Spiritualized par Jason Pierce, ses trois ex-membres ont formé Lupine Howl. Après un single et une collaboration avec John Baggott de Portishead, voilà leur premier véritable album enregistré à Bristol. Le groupe s'est, paraît-il, astreint à écouter toutes sortes de musiques pour rompre avec le carcan Spiritualized (de la soul, de la country et du Krautrock) mais cette diversité ne se traduit qu'imparfaitement sur le disque où la plupart des plages ont du mal à s'extraire de climats qui alternent électronique et passages acoustiques. Reste une indéniable faculté à reproduire un son, prouve qu'ils étaient plus que les faire-valoir du père Pierce. CF

3,5 - À ranger entre Clinic et Spiritualized

Marcel & Son Orchestre
Si T'En Reveux Y'En Re N'A
(Meso/Wagram - 306 8152) - 15 titres, 49m 01s - Produit par Rudy Coclet - Sortie  le 3 avril 2001

Musique festive alternative. Les sept zigotos de Marcel ont gravi les marches de la célébrité une à une, à force de concerts et de bouches à oreilles. Chacune de leur production est l'occasion de constater comment fonctionne la fusion des genres, aussi divers soient-ils, du rock très électrique, au bal populaire. Depuis leurs débuts, les Marcel s'étaient donné pour mission de charger à bloc les batteries de leur public, et y arrivent parfaitement. Ce nouvel opus ne contredira pas cette belle vocation. Les textes ont conservé leur deuxième degré ironique et les compositions, toujours explosives, parviendraient à faire remuer n'importe quel quidam inflexible. Les fans ne seront pas déçus ! CD'O

3 - À ranger entre la Mano Negra et les Wampas

John Mayall
Along For The Ride
(Eagle/Edel) - 13 titres, 61m 24s - Produit par John Mayall - Sortie en Avril 2001

Blues Rock. On ne présente plus ce découvreur de multiples talents du "British Blues". C'est presque un hommage qui lui est rendu ici puisque Mayall est entouré de (excusez du peu !) : Peter Green, Mike Fleetwood, John McVie, Gary Moore, Steve Miller, Otish Rush, Dick Heckstall-Smith, Jeff Healey, Steve Crooper, etc. Ainsi c'est avec plaisir et nostalgie que l'on retrouve sur le "Yo Yo Man" de Tony Joe White les ex-Fleetwood Mac, les accents soul de "Testify" ou les solos homériques de toutes ces fines gâchettes. Ce voyage au pays du blues, retrouve l'esprit de l'improvisation, le paysage a été déjà bien parcouru, mais il révèle encore des joies quand, comme ici, la technicité fait place à l'émotion. CF

3,5 - À ranger entre Le Blues Before et After

Mickey 3d
La Trêve
(Virgin) - 14 titres, 61m 56s - Produit par Mickey 3d - Sortie le 20 mars 2001

Jeudi Pop Pop. Libé pense que Mickey, c'est démago. Ils n'ont pas comprisÉ On ne comprend pas. Dépeindre la société au vitriol n'est-ce pas ce que proposent quotidiennement les médias ?. Sans doute sont-ils tombés dans le piège d'une écoute "sur le feu''. Oui mais, La Trêve ne se découvre pas dans les soirées branchouille, entre café froid et dossier de presse. Si l'on accorde du temps à l'album, le fin pelliculage brico s'effrite, libère des arrangements chiadés. Une atmosphère soignée contrairement à son allure d'auto-prod de seconde zone. Nous en avions déjà noté les prémices sur Mistrigri Torture et aujourd'hui encore l'iconoclaste M3d remet ça, avec la virulence du novice, ses quatre vérités et ses défauts. Par bonheur, à chaque écoute, on en découvre un peu plusÉ Inlassablement. LE

4,5 - À ranger entre Little Rabbits et Tue Loup

Big Bill Morganfield
Ramblin' Mind
(Voodoo Records/Dixiefrog - VCCD124) - 14 titres, 47m 09s - Produit par Dick Shurman- Sortie le 27 mars 2001

Blues. Nous avions déjà fait des éloges de Rising Son, le premier album du fiston de Muddy Waters, alors ne soyez pas étonnés de constater ici un certain parti pris. Big Bill mérite les acclamations des plus fervents accros à la scène du DeltaÉ Comment résister à ce crooner baryton, doublé d'un don inné pour la gratte ? Ne cherchez pas, aucune ombre au tableau ne vient entacher le début de parcours de ce musicien découvert sur le tard. D'abord tourné vers un style contemporain, B.B. bouclera un moment son flightcase avant de revenir vers l'inévitable, un retour aux sources. Pour l'heure, Taj Mahal en partage les joies sur 2 titres, sorte de bouffée old school au milieu de cette torpeur électrique. LE

4 - À ranger entre Lil'Ed et Muddy Waters

Hubert Mounier
Le Grand Huit
(Tréma) - 11titres, 46m 03s-produit par Benjamin Biolay- Sortie mars 2001

Crooner. Après 15 ans de bons et loyaux services et 6 albums rangés dans le patrimoine de la chanson française, le leader de l'Affaire Louis Trio, qu'on appelait autrefois Cleet Boris, sort son premier disque intimiste. Ici, Hubert parvient une fois de plus à marier merveilleusement les influences Beatles à ses titres pour obtenir ce son riche et frais que lui savait seul concocter avec l'ALT. D'entrée de jeu, il réussit l'ouverture avec l'imparable «Nelson» et nous assène dans la foulée «Le même ciel», probablement l'un des hits potentiels de ce printemps. Les mélodies sont attachantes et les refrains trottent dans la tête du début à la fin. Hubert Mounier est un crooner sachant aussi pousser ses cordes vocales sur des titres plus rock. Superbe !  JCM

4 - À ranger après L'Affaire Louis Trio

Les Naufragés
Namasté
(XIII bis Records)- 12 titres, 45m26s - Produit par Les Naufragés - Sortie : mars 2001

chansons marinières.  Des cendres d'OTH, groupe-culte qui fit les beaux jours de la scène punk Montpelliéraine est né Les Naufragés à l'instigation de Spi chanteur du combo. Après quinze ans d'existence et huit albums à leur actif, les Naufragés avec Namasté nous présentent leur neuvième bébé qui, à dire vrai, prend un peu l'eau de partout. Hésitant entre une imagerie bretonnante et arabisante, les textes restent dans l'ensemble assez faibles et les arrangements semblent datés de quelques décennies. On est très loin de la magie d'OTH et consort, et l'influence des Négresses Vertes a vraisemblablement été mal digérée. Un album décevant où l'on cherche vainement à quoi se raccrocher et qui laisse un goût amer sur le devenir des punks des années 80. N & D S-D

1 - À ranger au fond de la pile

The Nectarine N°9
Received Transgressed & Transmitted
(Beggars Banquet/Labels- BBQCD 221) - 12 titres, 58m 43s - Produit par King Edward - Sortie mai 2001

Pop saugrenue. Les Nectarine sont des Écossais qui font partie de ce que les Britanniques appellent la "guitar noir" tradition (sic !). Sur ce 4e LP, le combo collabore ici avec Gareth Sager, un des chantres du free jazz. Sa clarinette fuzz apporte une touche de surréalisme sonique à des couplets pour le moins "agités" que ce soit au niveau de la construction que de l'habillage sonore. Si, en effet, les morceaux se veulent sensiblement pop par leur tonalité enlevée, les arrangements cultivent une veine poétique proche du non-sens. Toute la démarche se résume en fait dans le titre de l'album : reste que si le groupe subvertit un genre on n'est pas vraiment certain de ce qu'il est capable de transmettre. CF

3,5 - À ranger entre Julian Cope et Captain Beefheart

NTM
Le Clash (Boss vs IV My People)
(Epic/Sony Music - 4996672000) - CD1,11 titres, 38m03s -Produit      par IV My People - CD2,11 titres, 41m19s - Produit par Boss

Rap.  Quand les maisons de disques ont de bonnes idées, il convient de les saluer et celle qui consiste à réunir les deux entités de NTM et leurs labels respectifs pour un album de remix en est une. Pour ce double album, une face est consacrée aux remix effectués par IV My People, la deuxième à ceux du BOSS. De ce clash, le gagnant reste incertain, si BOSS à su se mettre en danger en remixant des morceaux du crew plus vieux et un peu moins connu, on peut saluer le travail de IV My People sur "Seine St-Denis Style" ou "Police". Une excellente manière de redécouvrir les titres du combo le plus connu de Saint-Denis et de patienter en attendant la prochaine production de Kool Shen et de Joey Starr, ensemble ou séparément. Détrompons ceux qui prédisent (ou espèrent, les chiens !) la mort de NTM : la bête bouge encore. N & D S-D

4,5 - À ranger avec votre collection de NTM

Ojos De Brujo
Vengue
(Edel - 0126892 ERE) - 12 titres, 54m 05s - Produit par La Fabrica De Colores - Sortie le 26 mars 2001

Fusion espagnole. Décidément, les Espagnols ont la cote en ce moment. Serait-ce parce que leurs musiques nous apportent le soleil dont nous manquons ? Toujours est-il que la tendance est aussi à la fusion des genres. Repris dans un esprit assurément flamenco, Ojos De Brujo, le groupe parallèle de Monoloco, le chanteur de Macaco, et du batteur d'Amparanoia, livrent leur vision du hip hop, du funk et du ragga. Quand bien même ce projet s'avère moins fusionnel qu'ils le voudraient, il demeure toutefois savoureusement exotique et dépaysant. Petite surprise : ce sampler qui accompagne la première édition de Vengue, composé de sept remix dub pour le moins original.  CD'O

3 - À ranger entre Dusminguet et Kings Of Dogs.

OPM
Menace To Sobriety
(Atlantic Records/EastWest - 7567-92977-2) - 15 titres, 48m 23s - Produit par M. Patterson & OPM - Sorti en mars 2001

Pop Rock californien. Quand les bad boys surfers se mettent à la musique, ça donne OPM. À la croisée du hip hop, du pop rock US et du punk (paraît-il), avec quelques pincées latinos par-ci, ska par-là, ce premier album, plutôt posé, est emblématique de la production américaine actuelle. Et excepté l'interlude "15 minutes", l'ambiance est plus posée qu'on ne pouvait s'y attendre. Les dizaines de "fÉ" qui parsèment l'ensemble des titres semblent justifier l'étiquette "Parental Advisory", argument de vente non négligeable lorsqu'on se veut rebelles dans un monde consensuel. Toutefois, si les Californiens n'ont rien inventé, Menace To Sobriety se laisse déguster sans difficulté. CD'O

3 - À ranger entre Elwood et Everlast

The Orb
Cydonia
(Island/Mercury- 5482062) - 13 titres, 68m 49s - Produit par The Orb &  Witchman- Sortie le 26 février 2001

Space opera. Onze ans à explorer les strates de la musique électroniqueÉ Plus d'une décennie à maintenir le cap d'une lévitation suivant les monts et merveilles de l'acid house, à la trépidante drum & bass, pour finalement s'engouffrer dans le sillage de l'electronica. Un choix étonnant mais résultant du turnover pratiqué au sein du groupe périodiquement. Enfin, on ne va pas s'en plaindre, le sang neuf évite à The Orb de tourner en rond, sur un axe plutôt casse-gueule. Là, ils nous sortent de leur chapeau un sixième album easy mélodique, truffé de programmations mystiques, très cool, un brin robotique. Mais la quasi-nouveauté se situe ailleurs, vers des cieux plus humains puisqu'un chant de sirène ponctue Cydonia, et du coup chasse l'ennui d'un univers hermétique.  LE

4 - À ranger entre Massive Attack et Doctor L

Outlines
Open The Dog
(Zap Zap Records - ZZ3000-02) -9 titres, 40 m 26 s -Produit par Jo De Krume & Fred Goguet -Sortie le 28 mars 2001

Punk rock laborieux. Et encore est-ce un doux euphémisme. Il semblerait que cette formation soit de retour après quelques années d'absence, mais ses membres n'ont pas dû consacrer beaucoup de temps à la musique et à peine plus à l'écriture de nouvelles chansons, car le résultat est décevant et poussif au possible. Mises à part les franches réussites que constituent «Slow Grind», «Nowhere Café» et «Electra Sound» -soit les trois titres les plus " acoustiquement " mélodiques du lot- on s'ennuie poliment en se tapant (si j'ose dire) cet Open The Dog (amusant) et l'on regarde sa montre à de fréquentes reprises. Signe certain que ce disque ne va pas s'éterniser sous le tir croisé des trois faisceaux laserÉ La vie est trop courte pour écouter triste ! TS

1 - À oublier le plus rapidement possibleÉ

Padam
Padam
(Epic/Sony Music - MDCD718) -13 titres, 48m 49s-produit par Padam - Sortie mars 2001

Festirock. Les Padam sont originaires de la région parisienne et viennent de sortir un premier album de qualité, qu'on ne se lasse pas d'écouter et de réécouter. La pochette illustre l'atmosphère de leur musique, des chansons de tziganes modernes et populaires, dans une ambiance de feria de bars que l'on retrouve partout ici. Des chansons en décalage total avec ce que l'on entend sur les radios, qui nous procure un sentiment de mélancolie, de légèreté, quelque chose qui nous fait du bien à l'âme. C'est la vie, avec ses joies et ses pleurs. On retrouve ici les parfums et les couleurs de la culture tzigane, l'ambiance des films de Kusturica, sur fond de couleurs orientales, teinté de furie, de joie de vivre, d'humour et de tristesse. Fortement recommandé. JCM

5 - À ranger entre Mano Solo et Au Ptit Bonheur 

Pendragon
Not Of This World
(Toff Records) - 9 titres, 67m 22s - Produit par Pendragon - Sortie avril 2001.

Velours Prog. Le dernier véritable album de Pendragon remonte à bien longtemps déjà. Mais ils doivent faire leurs économies pour s'offrir de quoi enregistrer décemment, alors... Cela a l'avantage de laisser tout le temps à Nick Barrett de peaufiner ses compositions, et on le sent bien sur cette nouvelle production, ajustée comme une mécanique de cristal. Celle-ci, si elle reste dans le périmètre musical habituel borné par Camel et Steve Hackett, sonne néanmoins beaucoup plus Floyd que d'habitude, semble plus spacieuse, tout en restant ce velours de l'oreille qu'a toujours été le prog rock satiné de Pendragon. À noter aussi que la guitare s'impose davantage comme l'axe musical central, ce qui n'est pas pour déplaire quand on connaît sa qualité. Au total, le charme opère plus que jamais. HP

4 - À ranger entre Pink Floyd et Camel

Poncho Kingz
Plan De Contingencia
(Night & Day - 085) - 14 titres, 50m 58s - Produit par Didi Gutman - Sorti en mars 2001

Hip Hop Groovy. Enregistré il y a près de quatre ans dans les studios new-yorkais de l'Electric Ladyland, le premier album des Mexicains de Poncho Kingz charme par son métissage exotique, entre hip hop old school et funk. Précurseurs de la scène rap mexicaine, les six musiciens de la formation ont déjà parcouru l'Asie avec dans leurs bagages ces sons tropicaux universels. Quant à l'Europe, il est à craindre que cet album passe malheureusement inaperçu. Ce qui serait bien dommage, car, si l'originalité n'est pas le maître mot, l'ensemble des titres brillent par leur groove " funkiesque " saupoudrés d' "espanglish" dépaysant. Un disque pour attendre le retour des beaux jours. CD'O

3 - À ranger entre George Clinton et Sergent Garcia

Randy
The Human Atom Bombs
(Burning Heart  Records/Epitath - BHR129) -17 titres, 38m 10s Produit par Randy & Pelle Gunnerfeldt -Sortie le 9 Avril 2001

Punk joyeusement bordélique. Un peu trop même, par moments. Mais on ne va pas bouder le plaisir d'écouter enfin une formation véritablement punk dans l'âme (les paroles prônent la révolte anarchique et la musique, humÉ approximative), au point de faire passer les grosses pointures de ce nouveau millénaire et de ce genre bien précis pour des rock stars apathiques et gangrenées jusqu'à l'os ! Les chansons de ce groupe suédois (one more time) sont souvent drôles, telle cette parodie de «Rockin' Pneumonia & The Boogie Woogie Flu» rebaptisée «Rockin' Pneumonia & The Punk Rock Flu» et la satisfaction est garantie, même si le son n'est pas souvent à la hauteur de l'entreprise. TS

2,5 - À ranger entre GBH et Agnostic Front

Red Cocktail
W.A.R.R.I.O
(Warm/EMI - 5317752) - 24 titres, 128m 00s - Produit par Jessica Ibgui - Disponible.

Dancefloor. Excellente initiative que de consacrer un double album à ce samouraï de la scène française. Davantage connu des clubbers parisiens, W.A.R.R.I.O mérite de graviter sous d'autres cieux. Au même titre que ces acolytes, Dan Ghenacia, Jef K, habitués à orchestrer les soirées Magic Garden, il livre une programmation davantage dance que house. On pourrait même s'aventurer à dire qu'il dresse un rapide topo de ce qui a fait vibrer les noctambules avertis, de la capitale, au cours de ces derniers mois. Par contre, les néophytes, eux, risquent d'être un peu paumés face à la sélection ésotérique mixée sur le CD 2. On conseillera donc de camper sur les rives d'une première partie baléarique, histoire de commencer en douceur, par des titres plus FM. LE

3 - À ranger entre David Holmes et Djulz

Respect Is Burning     
presents Respect  To DJ Deep
(Labels/Virgin - 724385073823) - 13 titres, 78m 46s - Produit par divers - Sortie le 27 mars 2001

Deep House.  Depuis des années dans l'écurie house française, DJ Deep est enfin à l'honneur via cette nouvelle compilation Respect is Burning, bien plus savoureuse que le précédant Playboy Mansion de Dimitri From Paris. Tout d'abord parce que Deep y rend un vibrant hommage à tous ceux sans qui la house ne serait pas ce qu'elle est aujourd'hui, à savoir Kerri Chandler ou Little Louis Vega des Masters At Work. Mais aussi par l'alternance de ces oldies but goodies, perles rares sorties de derrière les fagots mêlant inspirations afro-cubaine, géni jazzy, noctambules new-yorkais. Habituellement les compiles du genre ressemblent davantage à des vides greniers, or cette fois il semble bien que cet opus domine largement tout ce qui a été fait à présent. LE

5 - À ranger entre Todd Terry et Derrick May

RUN DMC
Crown Royal
(BMG) - 13 titres, 48m 23s - Produit par RUN DMC, Jam M Jay et Randy Allen - Sortie le 26 mars 2001

Rock & Rap. Marqués que nous le sommes tous, toutes tendances confondues, par la collaboration légendaire (et, novatrice) de RUN DMC et d'Aerosmith en 84, nos oreilles se dressent encore aujourd'hui différemment (plus droites, plus ouvertes) lorsque ces messieurs offrent une nouvelle galette à des fans qui ne sont pas que des purs et durs du hip hop. Septième album, attendu depuis six ans, Crown Royal confirme l'impressionnante inventivité du trio. Cette fois, ils collaborent avec Kid Rock, Everlast, Sugar Ray ou encore Third Eye Blind. Lourdes et mélodiques, répétitives et "'addictives'', toutes ces compositions dégagent autant de force que d'envie de danser (si, Christophe). Il est encourageant et réjouissant de voir une formation aussi établie dégager autant d'énergie positive. MEK

4,5 - À ranger entre Beastie Boys et Method Man

Shaggy Dogs
A Dog's Life
(Outside Records- OUT580-010) -11 titres, 34m 56s -Produit par divers -Sortie le 9 Avril 2001

Pub rock ressuscité Ces braves toutous ne sont heureusement pas tombés entre les mains crochues de la soi-disant SPA, tant mieux pour eux et encore plus pour nous, car les gangs pratiquant le genre musical jubilatoire immortalisé par le Dr Feelgood ou le J Geils Band première mouture ont tendance à se faire rares de nos jours. Est-ce à cause de la grisaille qui entoure désormais notre quotidien ? Ça fait peur, comme dirait notre JPS national. Toujours est-il que cette Vie De Chien est réussie, la cerise sur le Canigou étant constituée de quelques reprises plus bandantes que les autres : «Stupidity» bien évidemment, mais également le «Fire» du Boss, le «Wait» du susnommé J Geils Band, plus le «Night Time» repris par les précédents à leurs débuts. La boucle est boucléeÉ Longue vie à ces quadrupèdes ! TS

3,5 - À ranger entre Down By The Jetty et le 1er J Geils Band

The Silencers
A Night Of Electric Silence
(Last Call/Wagram) - 15 titres, 71m 35s - Produit par The Silencers - Sortie avril 2001 

Rock celtico-héroïque. Commençons par les reproches ; ensuite, nous serons débarrassés ! D'abord, les Silencers auraient mérité un double album (carrière riche, présence scénique maintes fois reconnue). Ensuite, le choix des titres ressemble davantage à un best of en public qu'à un réel témoignage de tout ce que peuvent apporter Jimme O'Neill et les siens sur les planches de France et d'ailleurs. Ceci étant dit, il n'en reste pas moins quelques magnifiques moments, des versions de classiques incontournables (les versions comme les classiques) et, sans faire plus de bruit que cela, l'un des meilleurs albums live de ces dernières années, toutes tendances confondues, le tout enregistré dans son ancien home sweet home, à Glasgow, Jimme habitant désormais près de RennesÉ CG

4 - À ranger entre Letter From Saint Paul et Receiving

Spoon
Girls Can Tell
(12XU/PIAS -12XU 006-2) -11 titres, 36m 10s -Produit par Mike Mc Carthy, Britt Daniel & Jim Eno -Sortie le 4 Avril 2001

Rock pop de belle facture. Quelqu'un possèderait-il de précieux et bienvenus renseignements sur ce groupe surgi d'on ne sait où ? Prière de les adresser au journal qui transmettra un peu trop tard, mais bon, c'est l'intention qui compte, pas vrai ? Bref, cette cuillère n'est pas en argent, elle est en or massif. Ce trio redéfinit l'art et l'écriture de la chanson pop telle qu'on la connaissait jusqu'à présent et la transforme en quelque chose de plus musclé, muscles n'excluant pas une certaine sauvagerie, loin de làÉ Les Spoon ont, sans doute, beaucoup écouté les Fleshtones durant leur adolescence et il leur est resté cette manière de faire danser les guitares, de se fracasser le crâne à grands coups de tambourin (c'est du vécu). Du grand art, sans le moindre doute. TS

4 - À ranger entre Roman Gods et un bon vieux Cry Of Love

Spor
Is Today Tomorrow ?
(Atmosphériques/Sony - 2382-2) - 11 titres, 67m 04s - Produit par Bertrand Siffert - Sortie le 27 mars 2001 

Nouvel étalon-rock. Si Spor débute aujourd'hui avec un premier album plus que convaincant, c'est parce que ces différents membres ont tous un background respectable (à respecter donc), certains ayant déjà officié dans No One Is Innocent, par exemple. Sonique autant que mystique, lourd mais astucieusement orchestré, ce premier essai se transforme rapidement en véritable réussite. Un disque loin des (mauvaises) habitudes du " consommable-jetable ", pour lequel il faut faire plus d'efforts qu'à l'accoutumée. Prendre le temps d'y pénétrer corps et âme, pour en ressortir non pas grandi mais simplement transformé. L'univers est pesant, mais jamais oppressant, et chaque morceau apporte un éclairage différent à l'ensemble, le rendant parfois plus limpide, pour mieux en brouiller les pistes la seconde suivante... CG

3,5 - À ranger entre Tool et No One Is Innocent

Bruce Springsteen & The E Street  Band
Live In New York City
(Columbia/Sony) - 19 titres, 136m 59s - Produit par le gang Springsteen - Sortie le 3 avril 2001 

Rock. On attendait plus long, peut-être plus intense, mais ce nouvel (énième) album live du boss, enfin réconcilié avec ses tospos du E Street Band, s'impose une fois de plus comme un incontournable tour de force. Il est vrai qu'à l'écoute d'un disque de cette teneur, avec autant de modestie, de tripes, de sueur, d'émotions, tout ceci partagé généreusement avec le public, il est difficile de faire la fine bouche. Cependant, avec Springsteen, comme avec tout ce qui est trop bon, on perd rapidement le sens de la mesure et l'on veut toujours davantage. Il faut dire que s'il ne nous avait pas tant sevré, nous laissant à maintes reprises sans nouvelles pendant de longs mois, voire de longues années, peut-être arriverions-nous plus facilement à être rassasiés.  CG

4 - À propager en attendant le vrai retour du groupe en studio

Steel Prophet
Book Of The Dead
(Nuclear Blast/Edel NB558) -12 titres, 40m 52s - Produit par Steve Kachinsky -Sortie le 23 Avril 2001

Heavy metal ancestral. Cette formation existe depuis vingt longues années à présent, même s'ils ont commencé leur carrière sous l'appellation Hard Prophet et, moi Compact Man décontenancé, je me demande bien pourquoi ils n'ont jamais eu autant de succès que Black Sabbath et/ou Iron Maiden (leurs idoles et influences revendiquées). Ou alors à une échelle moindre, genre Overkill et/ou Exodus, car ce n'aurait été que justice. Le groupe de Steve Kachinsky ne démérite nullement comparé aux sommités précitées et le speed metal qu'ils nous délivrent inlassablement, album après album et concert après concert, vaut largement celui de tous ces tâcherons dont nous tairons les ridicules noms par pure charité chrétienne. Définitivement un combo à redécouvrir. TS

3 - À ranger entre les sept albums précédents et Helloween

Swayzac
Himawari
(Medecine Label/Small - 4986462) - 12 titres, 71m 27s - Produit par J. Taylor, D. Brown - Sortie le 27 mars 2001

Snooploops. On est censé se perdre dans un dédale d'influences allant de Visage à Giorgio Moroder, en passant par Krafwerk, etc. Effectivement, certains bidouillages façon 80s donnent l'illusion de vous plonger dans les prémices d'une scène pseudo-expérimentale, les débuts du breakdance aussi, avant de revenir vers ce qui se fait de mieux en matière de clubbing. L'album débute donc comme une compilation vieillotte, un poil rococo, puis rebondit sur des titres deep house, ce que fait de ce duo issu de la scène underground londonienne. Depuis peu dans le circuit, le binôme traîne néanmoins une sacrée réputation, du moins chez l'oncle Sam, car par ici, les maigres maxi ayant traversé la Manche, ne laisse pas un souvenir impérissable. LE

2 - À ranger entre Demon et Attica Blues

Taproot
Gift
(Atlantic/Eastwest/WEA- 7567-83341-2) - 12 titres, 43m 30s -Produit par Ulrich Wild - Sortie le 2 Avril 2001

Bourdons métalliques. Les Deftones n'en finissent plus de susciter des vocations parmi la génération montante, témoins ces Taproot qui commencent bien leur carrière -à noter également qu'ils ont ouvert pour leur groupe chéri lors de leur dernier concert parisien- avec leur cadeau (ou don pour les plus religieux d'entre vous) de premier album ; opus entièrement dédié aux guitares acidulées, batterie concassée et chants tribaux inhérents au genre. À croire que le salut de leur âme ne se fera pas sans larmes et sans souffrance... Au total, un bon disque, certes peu original, mais qui possède une énergie et un savoir-faire faisant passer haut la main cette amère pilule, surtout avec du whisky à portée de gosier. TS

2 - À ranger entre White Pony et la prochaine révélation

Yann Tiersen
L'Absente
(Ici, d'Ailleurs/Labels) - 12 titres, 45m 37s - Produit par Y.Tiersen- Sorti le 10 avril 2001

Musique romantique chantée. Incontestablement, ce nouvel opus fera figure d'événement pour les aficionados. On y retrouve toujours cette même émotion saisissante, ce goût des instruments classiques et des arrangements très construits. Ses amis de toujours (Dominique A, Christian Quermalet, les Têtes Raides, Lisa Germano, Neil Hannon,ÉEt l'actrice Natacha Regnier) ont été conviés à la fête, ainsi que les 43 musiciens de l'orchestre symphonique de Vienne. Au final, on compte six chansons (un record !) et des instrumentaux encore plus denses qu'à l'accoutumée. L'Absente est un très bel album qui, s'il confirme le talent de multi-instrumentiste du monsieur, offre une vision synthétique de son univers très particulier.  CD'O

4 - À ranger entre Le Phare et La Valse Des Monstres

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