COMPACT #11 - Avril 2001

A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z

16 Horsepower

Hoarse

(Glitterhouse/PIAS - GRCD497) - 11 titres, 52m 36s - Produit par Bob Ferbrache - Sortie février 2001

Trip-Rock. Voici enfin (avec un packaging un peu plus cheap) le live que le groupe vendait lors de sa dernière tournée européenne. Une dizaine de déflagrations magnifiques qui soulignent que 16 Horsepower, en plus d'être ce qui est arrivé de mieux en matière de rock US torturé depuis dix ans, est une fabuleuse formation de scène. Au milieu de titres perso astucieusement décalés par rapport aux versions studio, on remarque trois reprises tout aussi habilement malmenées : "Bad Moon Rising" de Creedence, "Day Of The Lords" de Joy Division et l'inaltérable "Fire Spirit" du Gun Club, avec Bertrand Cantat en hurleur providentiel. Plus qu'un simple témoignage en public, Hoarse est la preuve ultime que le rock, comme toute forme de musique vivante, n'en finira jamais de nous surprendre... CG

5 - À ranger entre Gun Club et Violent Femmes

 

ADAGIO

Sanctus Ignis

(NTS/Wagram) - 9 titres, 54m 21s - Produit par Dennis Ward - Sortie le 13 Mars 2001

Métal symphonique. Avec son beau titre empreint de rituel et de foi, ce premier album d'Adagio ne pouvait produire qu'un éblouissement. Et c'est le cas. On ne sait trop ce qu'il faut admirer ici en priorité des talents de compositeur de Stéphan Forte, de la force de persuasion de son excellent groupe international, du talent instrumental ébouriffant du jeune guitar-hero français, de l'équilibre parfait entre son heavy vorace et ses références classiques, du souffle profond qui anime ce heavy néosymphonique, de la reprise bluffante d' "Immigrant Song", de la production impeccable de Dennis Ward, ou de cette sorte de subtile amertume du ton qui distingue Adagio de ses plus gaillards concurrents tels Rhapsody ou Angra. Bref, pour un coup d'essai, Forte a réussi un coup de maestro.HP

4 - A ranger entre Symphony X et Yngwie Malmsteen

 

Alex Lloyd

Black the sun

(EMI) - 13 titres, 49m 42 s - Produit par Ed Buller - Sortie le 6 mars 2001

Bricolo rock mélodique. Disque de platine en Australie, ce premier album d'un petit prodige de 25 ans a tout pour séduire : mélodies accrocheuses ( les tubesques «Lucky star» ou le magnifique «Black the sun» qui donne son titre à l'album), guitares incisives, rythmiques groovy. Impossible bien sur, de ne pas songer à un Elliot Smith en plus speedé ou à un Beck en moins déglingué dans les compositions iconoclastes de ce musicien éclectique né d'un père russe et d'une mère irlandaise qui fit ses premières armes dans le circuit des pubs. Enregistrées entre Sydney et Santa Monica sous la houlette d'un ex-Psychedelic Furs, les treize petites perles de cet album miraculeux révèlent à chaque nouvelle écoute de nouveaux trésors d'intelligence et de subtilité. À vous de les découvrir sans tarder... PR

4,5 - À ranger entre Beck et David Gray

 

Anja Garbarek

Smiling & Waving

(Virgin) - 10 titres, 39m 26s - Produit par Steven Wilson et Anja Garbarek - Sortie le 20 mars

Jazz & pop. Elle nous fait coucou ! Une demoiselle venue Oslo, installée en Grande-Bretagne depuis 1998 et qui n'en est pas à son coup d'essai (2 albums en Norvège). Anja et ses amis (Erik Satie l'ancien, Brian Eno le moderne et Robert Wyatt, avec qui elle interprète "The Diver") combleront nos confrères des Inrocks : lent, foncièrement anti-commercial, répétitif, évasif, expérimental... Ils n'auront pas forcément tort, avouons-le, car ces ambiances, à consommer avec modération, ne manquent pas d'un certain élan... mélancolique. Partir dans ses pensées... Entre trip hop et free jazz, Garbarek fera triper les branchés de tout poils, mais également les véritables amateurs de musiques, sensibles à ces artistes un peu trop centrés sur eux-mêmes mais néanmoins capables de sens. MEK

2 - À ranger entre Laurie Anderson et Mark Hollis

 

Apples In Stereo

The Discovery Of A World Inside The Moone

(Cooking Vinyl/Naïve - CD 195) - 12 titres, 41m 11s - Produit par Robert Schneider - Sortie en mars 2001

Pop. Dans la tradition des meilleurs groupes de cette délicieuse pop anglaise (celle des 60's pas l'autre) on trouve souvent des Américains. C'est à nouveau le cas ici où nos petites pommes ont mitonné une savoureuse recette à base de mélodies enjouées ou paresseuses; de vocaux sucrés et d'arrangements biscornus mêlant guitares, mellotrons, claviers et cuivres. Alternent ainsi morceaux pétulants et directs et titres plus alambiqués zestés de psychédélisme. Le tout déborde d'une bonne humeur certes inconséquente mais affriolante, plus qu'une musique les Apple ont recréé un esprit ; rien que pour cela ils méritent d'être perçus comme autre chose que des revivalistes ! CF

4 - À ranger entre XTC et Hollies

 

Arab Strap

The Red Thread

(Chemikal Underground Recors/PIAS - CHEM050) - 10 titres, 56m 58s - Produit par G. Allan, J. Famous & A. Miller - Sortie mars 2001

Pop mélancolique. Véritables vedettes en leur pays (Guinness les a choisi pour leur spot publicitaire), les Écossais n'ont pas connu le même succès en France. The Red Thread, cinquième opus du duo de Glasgow depuis leur formation en 95, figure ainsi comme une occasion rêvée de faire connaissance avec cette pop obscure et envoûtante. Aidan Moffat (chant) et Malcom Middleton (guitare) semblent aujourd'hui maîtriser parfaitement les composantes de la mélancolie et des humeurs noires. Certes, nous sommes en présence de compositions dépressives et paranoïaques. Mais qui a dit que, parfois, ça ne faisait pas du bien de se faire du mal ? CD'O

3 - A ranger entre Joy Division et Mogwaï

 

ARK

Burn The Sun

(NTS/Wagram - 3067792) - 11 titres, 56m 46s - Produit par Tommy Newton - Sortie le 27 mars 2001

Métal Futur. Tout le monde avait été sérieusement commotionné par le heavy plus qu'original du premier album de ce trio nordico-new yorkais. Un Yes du heavy venait de naître, enfantant le futur du riff. Ce second disque non seulement confirme l'invraisemblable créativité d'Ark, mais nous restitue en prime un groupe déjà mûri et renforcé, et donc meilleur. Côté personnel, on note le renfort sensible de Randy Coven à la basse - et quelle basse ! - et de Mats Olausson, l'ex-clavier-vertigo de Malmsteen. Côté musique, Ark a recentré sa faconde prog sur l'élaboration de chansons moins hétéroclites, et plus immédiatement efficaces. À cet égard, "Absolute Zero" est un chef-d'oeuvre irradiant qui laisse hors de souffle. Si Maiden est de fer, Ark est du vif-argent. HP

4 - A ranger entre Whitesnake et Liquid Metal Experiment

 

A.R.M. POSSE

A.R.M. Posse

(Rootscore Undaprod/Scalen - SCA 455) - 13 titres, 55m 41s - Produit par ARM - Disponible

Chansons reggae urbaines. Le collectif a maintenant trois ans. Le temps suffisant pour sortir un premier album conceptuel dédier aux problèmes de polytoxicomanie et d'évoluer vers un line up efficace. Aujourd'hui, les Montpelliérains reviennent avec leurs chansons urbaines (Nada et Tel S sont des "Tchatcheurs"), aux saveurs d'allégories contemporaines, toujours engagées, sans jamais tomber dans la leçon de morale. Une ouverture d'esprit que l'on constate également au niveau musical : si l'ensemble est indéniablement roots, les influences les plus diverses, du blues au créole, ont droit de citer. À noter les collaborations du Sergent Garcia et de l'ivoirien Tiken Jah Fakoly sur "Mélangez-vous". CD'O

3 - A ranger entre I Am et Bob Marley

 

Arthur Neilson

A Piece Of Wood, Some Strings And A Pick

(Dixiefrog/Night&Day - DFGCD8511) -12 titres, 49m 17s - Produit par Popa Chubby - Sortie Février 2001

NYC Blues. Ce bluesman new-yorkais au trajet atypique nous avait été présenté par son pote Popa Chubby sur le disque New York City Blues consacré aux héros trop peu connus de la scène blues de la Big Apple. Le Popa a décidé d'aller plus loin en produisant cet album, et Neilson le vaut bien, croyez-nous. Ce type qui manie ses Fender depuis trente ans et fit un moment partie du premier groupe de Cyndi Lauper, le fameux Blue Angel, est en fait un talent de première grandeur qui a même mis sur le cul Albert King, c'est dire. Il se promène avec aisance dans tous les genres du blues, paraît faussement classique, mais au détour de chaque solo, un truc se passe, une sorte de fièvre folle qui surgénère tout et vous fait pendre la babine d'admiration. À découvrir vite fait. HP

4 - A ranger entre Roy Buchanan et Danny Gatton

 

Ash

Free All Angels

(Infectious/Edel, 0125832MSHP) - 13 titres, 48m 20s - Produit par Owen Morris et Ash - Sortie en avril 2001

Indie Pop. Le précédent album de Ash, Nu-Clear Sound, avait déçu car il ne possédait pas l'impact de 1977. Le groupe a donc bifurqué d'une approche "rock" pour nous proposer ici des titres beaucoup moins tumultueux. Biens que directs, les morceaux bénéficient ici d'une tonalité plus lyrique et galvanisatrice. Le résultat est assez convaincant puisque les plages atteignent une dimension et un éventail dont ils étaient dépourvus auparavant. On reste bien sûr dans un univers foncièrement limité, mais au détour de certains titres, Tim Wheeler, leur leader, prouve qu'il est capable d'accomplissements plus mûrs, et même de refrains poignants. CF

3 - A ranger entre Supergrass et Matthew Sweet

Blackstone

Blackstone

(XIII Bis Records - 156472) - 11 titres, 56m 31s - Produit par Marc Varez - Sortie 8 Mars 2001

Stoner macabre. Si la composition de ce groupe de chez nous semble plutôt hétéroclite - un Vulcain + un Ricain blueseux +un quepon reconverti + un trip hopiste convaincu - la musique de Blackstone est au contraire toute d'une pièce, 100 % granit, le genre de gros aérolithe brûlant venu traîner sa cosmique pierraille par ici. Certes, la tendance est nettement heavy stoner, mais ce gang dépasse largement les limites un peu étriquées du genre pour renouer avec l'incantatoire puissance macabre du premier Black Sabbath. On reste somme toute impressionné par cette musique assez élaborée croisant au-dessus de vous ses ogives de pierre vive, avec un savoir-faire digne des meilleurs groupes étrangers de ce style. Ce noir caillou serait-il un futur joyau ? HP

3,5 - A ranger entre Monster Magnet et Black Sabbath

 

Brothers In Sound

Family Is For Sharing

(Regal/EMI - REG 51 CD) - 14 titres, 69m 00s - Produit par Brothers In Sound et Divers - Sortie le 20 Février 2001

Pop électronique. Voici des frères qui, bien qu'issus de l'"électronica", n'ont rien à voir avec ces autres, plus chimiques. Ici, le travail du son est entièrement axé sur la notion de songwriting et tous les tripatouillages bruitistes ne font qu'accompagner ce que l'on croyait perdu dans l'univers techno pop, la composition. Le lancinant ne devient pas prétexte à lobotomisation mais un adjuvant à des titres mêlant avec bonheur refrains pop, tonalités "world" ou acoustisme space. Paradoxe temporel aidant, c'est comme si la musique populaire renouait avec des échappées psychédéliques, elle le fait, ce qui est assez rare pour être souligné, avec talent, originalité et une bonne pincée de génie. CF

4,5 - A ranger entre Pink Floyd et Beta Band

 

Buddy & The Huddle

Take A Ride Into The Life Of Thomas Alva Edison

(Glitterhouse/PIAS - GRCD494) -23 titres, 75m 42s -Produit par Rob Mc Cabe - Sortie le 26 Février 2001

Concept album. Maman, au secours, les fous sont lâchés ! Buddy & The Hubble, en fait un duo de doux dingues, plus une flopée d'invités pour la circonstance, ont décidé de célébrer à leur manière le génie visionnaire de Thomas Edison. Ils ont donc concocté 23 titres (enfin, 16 plus deux fils rouges : quatre intermèdes baptisés «Edison 1, 2 , 3 et 4» et trois «Announcements») sensés représenter une journée particulière dans la vie de cet homme de sciences... Le résultat est intéressant, même si on se demande assez souvent où ils veulent en venir et quoique ce ne soit pas du rock & roll à l'état pur, c'est assez tordu et diversifié pour ne pas provoquer de sentiment de lassitude. Mais qui n'aurait pas envie d'écouter une chanson intitulée « Santa Claus Is Living In Your Phonograph » ? TS

2,5 - A ranger entre Bumblefoot et les Flaming Lips

Clarika

La fille, tu sais

(ULM/Universal) -12titres, 367m 38s - produit par Dominique Blanc-Francard - Sortie début Mars 2001

Pop electro. Rares sont les artistes qui savent capter l'air du temps et créer des disques avec une longueur d'avance sur leurs contemporains. À ce titre la sortie d'un album de Clarika est toujours un événement. Un succès confidentiel, mais qui cette fois espérons-le sera un peu plus médiatique. Cet album, réalisé par JJ Nyssen, s'ouvre à la pop- électronique et marie admirablement les bidouillages techno à la chanson. Le résultat nous emmène dans univers décalé comme une plongée au pays d'Alice et des merveilles où le fantastique côtoie la féerie. Les chansons sont un mélange de samples, et d'instruments, intelligemment dosés par l'alchimiste Nyssen. La rythmique est enlevée, joyeuse, le phrasé délicat comme un souffle à l'oreille... JCM

4,5 - A ranger entre Enzo et Lio

David 
          Thomas & Two Pale Boys

Surf's Up !

(Glitterhouse/PIAS - GRCD 519) - 8 titres, 51m 28s - Produit par D. Thomas - Sortie le 19 février 2001

Avant-Rock. Précurseur du rock expérimental avec Père Ubu, David Thomas nous revient avec le deuxième album de son nouveau combo. On y retrouve les mêmes paysages soniques et les mêmes déconstructions mélodiques à base de pulsions hypnotiques, de cadences abrasives et de mélopées vocales incantatoires. Thomas poursuit sa démarche exploratrice de la musique moderne, ici le "Surf' Up" de Brian Wilson, et alterne puissance dévastatrice ou refrains épiques. Il est sidérant d'entendre l'impulsion rythmique de ce trio où ne figurent ni basse ni batterie, il est tout aussi dantesque d'être témoin de la dextérité avec laquelle il renvoie à leurs études les nouveaux apôtres de la musique d'avant-garde. CF

4,5 - À ranger entre Alan Vega et John Lurie

Dimmu Borgir

Puritanical Euphoric Misanthropia

(Nuclear Blast/Edel) -12 titres, 63m 12s -Produit par le groupe -Sortie le 12 Mars 2001

Black Metal ambitieux. Encore plus que son prédécesseur, le pourtant gouleyant Spiritual Black Dimensions , tiens ! Les Norvégiens ont fait le ménage dans leurs rangs et les débarqués ont été remplacés par d'impressionnantes pointures, comme ce Nick Barker de nouveau batteur qui officiait auparavant au sein des Cradle Of Filth. Le nouveau lead guitariste vaut également le détour : Galder a écumé la scène black metal norvégienne depuis ses débuts et nul ne saurait mieux que lui placer le riff adéquat, celui qui colle exactement aux compositions alambiquées (de plus en plus) de ce groupe qui monte qui monte qui monte... Comme bien souvent, les intros et outros sont somptueuses mais, et c'est là toute la différence, ce qui se passe entre ces deux extrémités tient solidement la route ! TS

3 - A ranger entre Spiritual Black Dimensions et le At War With Satan de Venom

 

Doyle Bramhall Ii

Welcome... Doyle Bramhall II & Smokestack

(Hifi RCA/BMG  -07863 693602) - 12 titres, 68m 27s - Produit par Jim Scott, Benmont Tench et Doyle Bramhall - Sortie 20 Février 2001

Rock ricain. Doyle Bramhall deuxième du nom est le genre de type qui hante votre discothèque depuis des années sans que vous remarquiez vraiment sa présence : il a oeuvré dans l'ombre de Jimmy Vaughn, dans celle des Arcangels, il a composé et joué pour le duo Eric Clapton et BB King de "Riding With The King". Au moment où il ouvre la tournée de son pote Clapton, il publie ce disque où il se révèle enfin en pleine lumière. Et c'est un joli brin de talent que le sien, tant pour le chant, la composition, que la guitare, nerveuse et inspirée. En dépit de quelques pétillants numéros de rétro-Cream, ce cd est plutôt voué au rock américain le plus caractéristique, entre country et blues, Neil Young et Dan Baird, le genre de produit tellement yankee qu'il marche rarement en Europe, hélas.HP

2.5 - A ranger entre Eric Clapton et Neil Young

 

Drugstore

Songs For The Jet Set

(Global Warming/Village Vert - GLOB CD6) - 11 titres, 48m 18s - Produit par Drugstore - Sortie le 6 mars 2001.

Folk alternatif. Bien que basée sur une instrumentation acoustique et agrémentée, çà et là, d'un violoncelle, d'un harmonium ou d'une pedal-steel, la musique de Drugstore n'a rien à voir avec le folk "ruralo-intimiste" traditionnel. Servi par la voix susurrante d'Isobel Monteiro, tour à tour, charmeuse, perverse, enfantine, acidulée ou faussement réconfortante, Songs For The Jet Set dévoile plutôt des climats mortifères où se mêlent le morbide et le glamour, le maladif et le macabre. L'atmosphère cultive ainsi le paradoxe d'être à la fois sépulcrale et apaisante ; voilà une contradiction fort engageante tant elle est savoureuse et grisante, on n'aura par conséquent aucune peine à y adhérer ! CF

4 - À ranger entre Nico et Tindersticks

Elysean Fields

Queen Of The Meadow

(Jet Set/Coup Franc - TWA33CD) - 11 titres, 59m 10s - Produit par Good and Evil - Sortie en mars 2001

Piano Bar gothique. Elysean Fields s'étaient fait éjecter de leur label pour avoir refusé de remixer un 2° album trop "anticommercial". Celui-ci les voir renouer avec l'essence de Bleed Your Cedar dans le fond si ce n'est dans la forme. Si l'on retrouve en effet les mêmes atmosphères gothico-sulfureuses, elles se font plus veloutées et délicates. Les climats brumeux cèdent la place à des atmosphères lounge et les partitions aqueuses à des ambiances lascives et étouffées. La pulsation du groupe, bien que toujours aussi mortifère, se fait alors sensuelle et la voix de Jennifer Charles, soft et enveloppée, nous emmitoufle dans un cocon de volupté vers lequel on ne peut que se laisser irrésistiblement entraîner. CF

4 - À ranger entre Tindersticks et Mazzy Star

Everclear

Songs From An American Movie Vol. Two

(EMI) - 12 titres, 44m 42s - Produit par A.P. Alexakis - Sortie mars 2001

Rock US. Sans retomber dans le total brutus mal léché des deux premiers albums du groupe, le second volume de cette Story From An American Movie (énorme succès aux States), subtilement sous-titré "Good time for a bad attitude", s'impose dès les premières secondes comme plus couillu que son frère cadet. Sans toutefois laisser en plan l'apport mélodique impressionnant que le premier volume avait développé (arrangements subtils et magnifique équilibre instable), on y retrouve néanmoins leur hargne des premiers jours. Une hargne qu'ils utilisent toujours à bon escient et qui, armée de textes incisifs et de mélodies imparables, frappe toujours à la bonne porte. Plus qu'une surprise, le nouvel Everclear est la confirmation d'un énorme groupe en devenir. On vous aura prévenu... CG

5 - À ranger dans le même écrin que le premier volume


Feeder

Echo Park

(Roadrunner) - 12 titres, 45m 38s - Produit par Gil Norton - Sortie le 2 avril

Rock. Il est, évidemment, bien simple de "ranger" ce disque (non, surtout ne le faite jamais, il doit tourner en boucle sur votre platine) entre deux groupes (et pas des moindres) précédemment produits par Norton. Force est, cependant, de reconnaître que son son est si particulier qu'il en dénaturerait presque les artistes ! En réalité, il unifie sous une production certes caractéristique, des songwriters rock de haute volée. Énergie, contenue ou non, et mélodies splendides font parfait ménage. C'est, donc, le cas de Grant Nicholas, âme première de Feeder, groupe gallois dont c'est là le troisième effort. Alors que "Piece By Piece" évoque le Eels des débuts, toutes ces chansons courent dans l'esprit comme des merveilles désannihilantes de nos jours trop longs ou trop lourds. MEK

5 - À ranger entre Foo Fighters et Pixies 

François Audrain

Détachée

(tôt Ou tard/Warner) - 12 titres, 47m 56s - Produit par skot - Sortie le 10 avril

Deep pop. On pense à Miossec, aux Valentins, on pense... C'est déjà énorme ! La musique nouvelle de ce jeune auteur-compositeur (33 ans) fait réagir : planer, voler, sombrer, s'arrêter, chanter, danser, songer... Enseignant et journaliste, Audrain a pris le temps qu'il lui fallait pour s'entourer d'une équipe de musiciens et arrangeurs solides (skot) et enrober ses subtiles et littéraires mélopées d'habits complexes et délicats. Rarement, surtout sur un "premier jet", le mariage entre électronique et organique a été aussi abouti. Il n'est, d'autre part, pas négligeable de noter que le bonhomme écrit de vraies chansons, aux mélodies solides et mémor(is)ables, et non pas juste une répétitive trame musicale prétexte à décliner ses (passionnants) textes.MEK

4 - À ranger entre Kat Onoma et Julien Baer

Gary  Moore

Back To The Blues

(Sanctuary/Wagram - SANCD072) - 10 titres, 53m 29s - Produit par Gary Moore et Chris Tsangarides - Sortie février 2001

British Blues. Au début des années 90, à l'orée de sa grande période blues, Moore jurait qu'il ne jouerait désormais plus jamais une autre forme de musique que celle-là. Il ne tint pas promesse et fit récemment un détour douteux vers un hard FM vaguement pop qui ne convainquit personne. Pas idiot, l'Irlandais s'est rendu compte de sa bévue et en est revenu, comme on dit au ru'by, aux fondamentaux. Retour au bon vieux blues donc, de la même veine que Still Got The Blues en 90, avec une pochette en écho, et toujours autant de réussite. Pas de doute, c'est là son langage de prédilection, et comme il est le dernier représentant du bon vieux british blues, façon Peter Green et consorts, avec en prime sa rogne personnelle, son disque n'en est que plus délectable.HP

3,5 - A ranger entre Still Got The Blues et After Hours

Hard-Ons

This Terrible Menace

(Bad Taste/Tripsichord - BTR45) - 14 titres, 47m 16s - Produit par Hard-Ons - Sortie février 2001

Rock punchy. On les avait presque oubliés. Et pour cause, puisque le trio avait splitté en 94, pour revenir finalement après trois ans de break régénérant. Après un double album compilatoire et une interminable tournée, voici enfin le nouveau rejeton des Australiens et, surprise, si le groupe n'a pas mis d'eau dans sa vinasse, il a cependant relativement levé le pied et gagne en mélodicité ce qu'il a perdu en spontanéité. Point de guimauve cependant, mais quelques belles rondeurs et même, parfois, de surprenantes douceurs pop ("Ice Cream"...), comme quoi, one more time, les ex-brutus sont parfois les plus doués quand il s'agît de construire arrangements futés et mélodies entêtantes. Bref, les Hard-Ons ont pris de la bouteille, mais ne bandent pas encore mou...CG

3 - À ranger entre Happy Hate Me Nots et Celibate Rifles

Homeboys

Disconnected People

(Crash/PIAS - Crash CD 34) -10 titres, 24m 47s - Produit par Fred Gramache & Fred Noguet - Sortie le 26 Février 2001

Hardcore mélodique. Ou punk-rock vigoureux, c'est selon l'opinion de chacun ! Les petits gars de Homeboys sont issus de la région parisienne et cela ne s'entend pas : leur Anglais est limpide et leur musique supporte sans problème la comparaison avec celle venue d'outre-Manche... Disconnected People est leur premier véritable album, après deux démos, un EP et un split-single en compagnie des Canadiens de Bionic et, foi de Compact Man, c'est du bon boulot. Les compositions sont solides et accrocheuses, le tempo est rapide sans que l'attention ne se relâche une seule seconde, les morceaux - courts mais nombreux - sont interprétées par des musiciens qui connaissent leur affaire : ils méritent bien de faire partie de votre environnement sonore habituel ...TS

2,5 - A ranger entre Seven Hate et les Burning Heads

John Frusciante

To Record Only Water For Ten Days

(WEA - 9362-48045-2) - 15 titres, 42m 21s - Produit par John Frusciante - Sortie le 13 Février 2001

Pignolade sans grande conséquence. Bon, d'accord, le Johnny remis sur pied a grandement participé au succès de Californication, le dernier CD des Red Hot Chili Peppers, mais le moins que l'on puisse écrire, c'est que ses albums solo (le troisième !) ne sont guère convaincants, quand ils ne sont pas carrément chiants. Le fait d'avoir tout composé, joué, enregistré et produit comme un seul homme ne pèse pas assez lourd dans la balance pour contrecarrer l'ennui assez profond qui se dégage à l'écoute de ces miniatures. Exception faite des instrumentaux «Ramparts» et «Murderers» qui sont très jolis et dont on peut tirer l'amère conclusion que, décidément, Mr Frusciante devrait se contenter d'être le guitariste hors-pair et le songwriter souvent doué des RHCP.TS

1 - A ranger avec tous les albums solo ratés passés, présents et à venir

King  Biscuit Time

Sings nelly Foggits Blues in

(Regal/EMI - 849 6572) - 8 titres, 26m 35s - Produit par Duck Hairback - Sortie le 20 évrier 2001

Bruit-Pop. Les fondateurs de Regal sont les membres du Beta Band, on comprend donc tout de suite que le label vise à s'affranchir de certaines considérations commerciales et à s'orienter vers une pop psychédélique mâtinée de house. C'est le cas sur ce court album de King Biscuit Tim dont on ne sait pas très bien s'il s'agit d'un D.J. ou d'un véritable groupe. Toujours est-il que pour un disque intitulé également No Style on a affaire à un capharnaüm musical ou le style est justement d'en avoir plusieurs. Diverses influences électroniques peuvent y être décelées, axées sur une recherche mélodique plus que sonique ; on attend dorénavant autre chose que des idées éparses jetées sur un brouillon sonore. CF

2,5 - À ranger entre Pink Floyd et Orange Can

King Diamond & Black Rose

20 Years Ago / A Night Of Rehearsal

(Metal Blade - 3984143592) - 12 titres, 63m 38s - Pas produit - Sortie Février 2001

Muséum rock. Attention, ceci n'est pas un nouveau King Diamond. Il s'agit en fait de bandes datant de septembre 80 enregistrées avec son groupe d'alors, Black Rose, avant qu'il ne parte faire le zouave sanglant dans Mercyful Fate. Imaginez que ceci est l'enregistrement d'une nuit de répétition - le titre ne ment pas - dans le débarras d'un bar de la banlieue de Copenhague, le tout mis en bande sur un huit pistes à cassette par un groupe en train d'apprendre son métier. S'il s'agissait d'un groupe comme Deep Purple ou Kansas - principales inspirations de Black Rose - , un tel témoignage aurait au moins un intérêt historique. Mais qui peut se soucier de cet obscur combo danois où le chant du Roi Diamant est même ce qu'il y a de plus faible dans le disque ? Ne vous faites surtout pas avoir ! HP

Down - A ne pas ranger

I Am Kloot

Natural History

(We Love You/Labels) 12 titres, 43m 39s - Produit par John Bramwell - Sortie le 27 mars 2001

Pop acoustique. Voici une des premières sorties de la branche "pop" du label wall Of Sound qui, bien qu'issue de Manchester, se démarque musicalement de la scène "Madchester". Ici ce ne sont que guitares acoustiques, basse et batterie parcimonieuses, au service de la voix frêle et déjantée de John Bramwell. Sur ce rendu minimaliste pointent des compositions assez éclectiques où voisinent les mânes de Brecht ("Twist"), Nick Drake ou Lennon. On comprend dès lors tout de suite que si ces sérénades sont déchirantes, elles ont toujours tempérées par un entrelacé de refrains épurés ; il faudra donc percer l'apparente sérénité impavide pour découvrir la cruauté inhérente de ces vignettes faussement banales. CF

3 - À ranger entre Syd Barrett et Roy Harper

La Grande Sophie

Le porte bonheur

(Epic) -15 titres, 52m 18s - produit par Phil Délire - Sortie le 13 Mars 2001

Grande musique. Depuis 10 ans qu'elle chante et joue dans les bars, il était temps qu'une maison de disque s'intéresse à son cas. Ce disque risque de frapper fort pour plusieurs raisons. Tout d'abord la voix bien mise en valeur et toute en nuances, tantôt suave rappelle parfois celle de PJ Harvey, tantôt étirée comme les plaintes d'un chat de gouttière. Les mélodies dissonantes et tubesques à souhait sonnent dans l'esprit des groupes pop-grunge. Les chansons sont écrites avec intelligence et prennent le parti pris du son riche en couleurs, en plaisir et en humour. Enfin, les textes sont touchants, grinçants mais toujours humains sur fond de guitares saturées. Bref cette jeune chanteuse à la croisée du rock et de la pop, s'inscrit dans la tradition des songwriters français talentueux. JCM

5 - A ranger entre Nancy Sinatra et les Calamités

Labradford

Fixed : Context

(Mute/Labels/Virgin - 7243 85088728) - 4 titres, 37m 08s -Produit par Steve Albini - Sortie le 19 Février 2001

Post-rock planant. Le trio originaire de Richmond (Virginie) est toujours aussi à part, décalé et loin de toute mode fédératrice et les compagnons de jeux se font de plus en plus rares : souvenez-vous de vos bourricots de copains qui tenaient absolument à vous faire partager leur stupide passion pour le football, et vous comprendrez à quel point les gars de Labradford doivent se sentir à l'aise en compagnie d'autres musiciens ! Leur musique est belle, purement instrumentale (sic) et elle respire les grands espaces. Étonnant qu'un enragé tel que Steve Albini ait réussi à les comprendre et à capter l'essence même de leurs aspirations sonores, comme quoi il ne faut jamais se fier aux appâts rances... Un pur moment de détente et de bonheur, laissez-vous donc aller. TS

4 - A ranger entre Tortoise et Dirty Three .

Lars Frederiksen & The Bastards

Lars Frederiksen & The Bastards

(Hellcat Records/Epitath) -13 titres, 34m 27s -Produit par le groupe -Sortie le 19 mars 2001

Punk rock plus punk que rock. Ne croyez surtout pas que Mr Frederiksen ait mis un terme à la carrière de ses tenaces Rancid, car ce serait mal le connaître ! Non, c'est simplement un side project (comme on dit au fin fond de la Bourgogne) qui lui trottait dans la tête depuis déjà quelques temps et qu'il a concrétisé en compagnie de son fidèle Tim (oui, celui de Rancid, justement), histoire de voir et, pourquoi pas, de continuer si un quelconque succès pointe le bout de son nez ...Ne vous étonnez donc pas si les différences entre ces deux formations sont minimes : même genre musical (quoique les Bastards soient un poil plus mélodiques), mêmes revendication socialo-humanitaires (à noter un superbe « Vietnam » final, sans conteste la plus belle réussite de cet album) et même énergie débordante ... TS

2,5 - A ranger entre Out Come The Wolves (Rancid) et un bon vieux

Lyzanxia

Eden

(Trepan/Wagram - 3065192) - 10 titres, 41m 24s - Produit par Fredrick Nordström - Sortie février 2001

Quake rock. Un bon gros soir de déprime,vous pouvez vous prendre un Lyzanxia. Sous cette forme sonore, cela devrait vous donner la délicieuse impression de passer sous un trente-huit tonnes en feu conduit par des mammouths sadiques, et vous coller une hargne à détester la terre entière. Les autres soirs, s'abstenir, car tout ce bruit vous paraîtrait peut-être bien vain. Le heawisigoth de ces gaillards est de fait bien en place, si l'on excepte les vocaux pas tous réussis loin de là, mais le groupe s'enferre un peu trop dans les clichés éculés du trash macabre, alors que certaines séquences prouvent qu'il serait bien meilleur en devenant soit plus indus, soit plus mélodique. On attend donc mieux. NB : ce traitement de choc n'est pas remboursé par la CQ. HP

2 - A ranger entre Loudblast et Berliet



Madrugada

The nightly disease

(Virgin) - 12 titres, 64m 06 s - Produit par Madrugada & John Agnello - Sortie le 6 mars 2001

Fjord rock habité. Après leur magnifique «Industrial silence» et une série de concerts impressionnants, les quatre Norvégiens de Madrugada reviennent avec ce deuxième album tout aussi impeccable que le précédent. Plus mature, plus varié (du piano, des choeurs féminins), l'album alterne harmonieusement morceaux tendus sur le fil du rasoir et superbes balades épurées où domine la voix profonde et envoûtante de Silvert Hoyem. Le groupe parvient ainsi à conserver une atmosphère unique à mi-chemin entre un univers gothique vertigineux et un rock plus classique directement issu du blues ou du psychédelisme. Bref c'est beau, ça file souvent des frissons dans le dos et ça ne quitte plus la platine. Vous l'aurez compris : cette «maladie nocturne» est bel et bien hautement contagieuse !  PR

4,5 - À ranger entre les Doors et le Gun Club

Manic Street Preachers

Know Your Enemy

(Epic) - 16 titres, 65 m 51 s - Production inconnue -Sortie le 19 Mars 2001

Pop Rock flamboyant. Non, le guitariste Richey James n'a toujours pas fait sa réapparition mais peu importe, après tout : les Manic Street Preachers sont au sommet de leur art et leurs albums se font de plus en plus précis, touchant leur cible en plein coeur, à présent. Les compositions sont poignantes («Ocean Spray»,  «Miss Europa Disco Dancer»), innovatrices ou tout simplement belles (le single «So Why So Sad» ou l'hallucinant titre final «Freedom Of Speech Won't Feed My Children») et l'ensemble est d'une cohérence et d'une cohésion à toute épreuve. Il est loin le temps des déclarations ridiculement provocatrices et des entailles dans l'avant-bras devant un parterre de journalistes plus ou moins consentants -place à l'amour du travail ultra fignolé... TS

4 - A ranger entre « Generation Terrorists » et « The Holy Bible » .

Masters Of The Hemisphere

I Am Not A Freemdoom

(Kindercore/Pop Lane - KCO39) - 13 titres, 50m 58s - Produit par Chris Colbert - sortie le 22 février 2001

Pop. Voilà des Maîtres qui ne se prennent pas la tête pour nous offrir une pop qui se veut fraîche et savoureuse. Harmonies vocales voisinent ainsi avec mélodies enlevées, nappes sonores joyeuses avec refrains entraînants et délicats, et les vocaux voilés et étincelants résonnent de façon pétulante et presque délurée. Certes le groupe ne prétend pas révolutionner la musique, il ambitionne tout au plus à nous faire passer du bon temps, chose qu'il parvient à faire sans sembler trop se forcer. Notons pourtant quelques arrangements plus composites, trop épars hélas, et gageons qu'avec un peu plus de direction dans ce sens ce combo vigoureux parviendra à un peu moins faire mentir son patronyme CF

3 - À ranger entre House Of Love et Wedding Present

Matmatah

Rebelote

(Trema) - 11 titres, 45m33s - Produit par Jesus Presley - sortie

Pop électrique . Il est bien connu que le deuxième album est une étape cruciale. Surtout lorsque l'on s'appelle Matmatah et que la première production s'est vendue par milliers. Rebelote, n'est pas la copie conforme de son prédécesseur. Si l'on retrouve des souvenirs tenaces de la Ouache ("Y'a D'la Place" ne vous rappelle rien ?), les brestois s'essaient aujourd'hui à des sons bien plus rock & roll, à coup de guitares saturées et de folk à la Neil Young ("Grave Digger"). Les textes oscillent entre français et english, et partent à la conquête de sujets plus sérieux qu'à l'accoutumée (" Abonnés Absents "). Qu'en penseront les fans ? En tout cas, une chose est sûre, cet album ne plaira pas à tout le monde ! CD'O

3 - A ranger entre Noir Désir et Tri Yann

MIRAGE

A Secret Place

(Muséa - FGBG4361AR) - 8 titres, 63m 11s - Produit par Mirage - Sortie Février 2001

Prog mimétique. C'est vrai, il faut respecter les vieux adages bluesy du genre "Don't Judge A Book At The Cover". Ni un cédé à son illustration. Néanmoins, au premier coup d'oeil jeté sur l'enveloppe de cet album, on a l'inébranlable conviction que l'on va entendre du Camel : titre, visuel, couleurs, l'hommage est appuyé. Pas de surprise donc, Mirage nous livre un bel exercice de Camel-like. Tout y est, des mélodies limpides aux cabrioles de synthés. Seule la voix féminine nous éloigne des bons gros accents de Latimer. Evidemment, cela n'atteint pas le niveau du modèle. Et l'on se demande alors à quoi peu bien servir un album de ce genre s'il ne fait pas le moindre effort de démarquage ou d'innutrition. Autant aller écouter directement "Lunar Sea" que son ersatz. HP

1 - A ranger entre The Snowgoose et Moonmadness

Migala

Arde

(Acuaerla/Pop Lane, nois 1017) - 14 titres, 47m 23s - Produit par Abel & Rodrigo Hernandéz - Sortie le 22 février 2001

Post Folk. La patrie du flamenco continue de s'éveiller au folk/rock même si celui-ci n'a rien à voir avec les envolées lyriques et flamboyantes des paysages U.S.. Migala a au contraire choisi, après un premier album remarqué, Asi Se Duele Un Verano, des atmosphères beaucoup plus brumeuses, évocatrices d'étrangeté plutôt que des improbables plateaux désertiques et nimbés de soleil. La musique reste néanmoins paresseuse et les vocaux indolents, comme si elle les touches baroques que le groupe invoque trouvaient mieux à s'exprimer avec guitares acoustiques et vocaux mystérieux, comme si, enfin, accordéons et violoncelles, s'accordaient à l'émotion atemporelle de la désespérance. CF

3 - A ranger entre Morricone et Mazzy Star

Mogwaï

Rock Action

(Southpaw/PIAS - PPAWCD1) - 8 titres, 38m 45s, produit par Mogwaï - Sortie le 19 Mars 2001

Rock expérimental. On ne présente plus Mogwaï, dont Stephen Malkmus (Pavement) disait, voici quelques années, «qu'ils étaient LE groupe du 21ème siècle» ; même si cette assertion peut sembler un peu exagérée, il est quand même vrai que Mogwaï vaut beaucoup mieux que toutes ces formations de trip-hop à 3 francs auxquelles ils furent injustement comparés au début de leur carrière ! La musique de ce combo prend de grands risques à chaque album, en délaissant dédaigneusement les sentiers rabattus pour s'enfoncer au plus profond de la forêt. Là où personne n'aura le courage de venir les rejoindre, pas guêpes les folles ! Rock Action est une franche réussite, les huit compositions réunies sont superbes d'arrogance et on se demande déjà ce qu'ils vont bien pouvoir trouver pour le prochain CD. TS

3,5 - A ranger entre Mogwaï Young Team et Mogwaï For Satan

Nelly Furtado

Whoa, Nelly !

(Dreamworks/Polydor) - 13 titres, 53m 29s - Produit par Gerald Eaton, Brian West & NF - Sortie en mars 2001

Pop freestyle. Elle a vingt et un ans. Elle a chanté sur scène lors du festival Lilith Fair aux côtés de Chrissie Hynde et de Beth Orton et cela l'a beaucoup émue. Canadienne d'origine portugaise, elle se réfère autant à Abba qu'à Salt'n'Pepa, à TLC qu'à De La Soul. Trompettes, petits synthés mutins, cordes, voix "à la" Britney Spears (mais si, messieurs...) et compos qui partent dans toutes les directions. Multi-instrumentiste (guitare, ukulélé, trombone), la dame écrit des textes d'amours désabusées, entre ironie et tristesse. Sa musique, ici swinguante, là soul, parfois gentiment dance, bref, empreinte d'une variété qui porte bien son nom, déroute l'auditeur par ses tâtonnements artistiques... Est-ce pour cela que Polydor hésite tant (comme c'est souvent leur cas...) à envoyer le disque aux journalistes ?! MEK

1,5 - À ranger entre Solex et Anjali

Nick Cave

No More Shall We Part

(Mute/Labels) - 12 titres, 67m 52s - Produit par miracle - Sortie le 2 avril 2001

Rock-Mortem. Nick Cave déroule sa voix de crooner d'outre-tombe, aligne les lignes comme autant de miraculeuses formules magiques. Derrière, la machine Bad Seeds tourne au ralenti, éructe, crachote ou s'enivre de sa propre essence. Ce nouvel album, pas le plus évident du groupe, s'inscrit néanmoins dans la belle lignée des sans faute (de goût). Nick et les siens construisent toujours les mêmes cathédrales crépusculaires, les mêmes imbroglios mélodiques, sombres et hypnotiques. Ainsi, No More Shall We Part paraît presque trop plein, débordant d'émotions lâchées au tout venant, de futiles déflorations soniques qui sont autant d'escapades d'utilité publique. Des chansons, une douzaine, qui vivent, palpitent, tressautent, font peur parfois, mais procurent toujours des sensations inédites. CG

4 - À ranger du côté de Murder Ballads

 
Oberkampf

La Totale

(Remedy/FGL/Wagram - R067402) -2 cds : 19 titres pour 74m 24s et 18 pour 75m 37s - Produit par Oberkampf, Garage et C.Bourrague -Sortie le 19 Février 2001

Punk français des temps glorieux. Si Oberkampf a marqué (et continue de le faire) les esprits, ce n'est pas seulement pour sa musique rageuse et revendicatrice grâce à laquelle ils eurent l'insigne honneur d'être surnommé «Les Clash Français», mais également pour leur intégrité, sans faille, qui les poussa, après un bref passage sur une major et un ultime album étonnement triste et sombre, à mettre la clef sous la porte plutôt que d'être obligés de faire à nouveau des concessions, noblesse et rectitude morale obligent ! Tout a réussi à rentrer dans ce CD : on commence par «Couleurs Sur Paris», leur plus grand succès à ce jour avant de poursuivre par Plein Les Couille, le disque de tous les excès, jusqu'au maxi final qui mit le terme à 6 années de bordel musical joyeux et d'incertitudes financières... TS

3 - A ranger entre la réédition du second Wampas et celle du Radical Hystery des Thugs

Omar Sosa

Prietos

(Otà Records/Night & Day - MSCD007) - 13 titres, 57m 34s - Produit par D. Alexander et J.Phelps - Sortie le 12 mars 2001

Jazz Fusion. À 36 ans, le Cubain Omar Sosa possède déjà une carrière accomplie. Régulièrement salué par la critique, il reçoit en 99 le prix "Choc" de Jazzman pour son second album solo Inside. Désormais à la tête d'un septet international, il revient aujourd'hui avec Priestos, premier volet d'un triptyque annoncé. Priestos, qui en cubain signifie noir, symbolise l'Afrique mère de tous les Africains, l'Afrique inspiratrice. Tout y est : Cuba et la voix de Martha Galarraga, la Côte d'Ivoire et les percussions de Gustavo Ovalles , le Maroc et ses musiciens gnawa. Et même la voix du rappeur poète Will Power pour rappeler les accents noirs occidentaux. Une étourdissante ballade free jazz au coeur des cultures de la diaspora africaine. CD'O

3 - A ranger entre XL Talla Extra et Koan Fusion

Opeth

Blackwater Park

(Music For Nations/Wagram - CDMNF264) -8 titres, 67m 12s - Produit par Opeth et Steve Wilson - Sortie 12 Mars 2001

Death Metal évolutif. Ces effroyables suédois sont d'inlassables marteleurs qui viennent de produire leur cinquième album en six ans. Mais attention, il ne s'agit pas d'un groupe de dark metal scandinave de plus. Celui-ci se situe largement au-dessus de la moyenne du genre, même si les vocaux façon "Godzilla rouspète dans les égouts" sont on ne peut plus typiques. En fait toute l'originalité du groupe - et elle est grande - et donc sa force de frappe - et elle est sévère - viennent de ce qu'il marie la bestialité du death metal le plus dégoulinant à de réelles stratégies de prog music et d'innovation musicale. Du coup, voilà un groupe qui en impose, et ce d'autant plus - signe qui ne trompe pas - que Steve Wilson lui-même, celui de Porcupine Tree, est venu les coproduire. Lourd, mais impressionnant. HP

3 - A ranger entre Morbid Angel et Nocturnus

Pink Cream 69

Pink Cream 69's Mixery (Fan Edition)

(NTS/Wagram - 3065242) - 6 titres, 25m 59s -Produit par divers -Sortie le 5 Mars 2001

Green Metal. Eh si, cette appellation existe bien et sert à désigner les productions beaucoup plus joyeuses que leurs sombres consoeurs -enfin, c'était comme ça en 1948...Le hard rock des PK 69 reste fort jouissif, même si leur carrière a toujours été plus ou moins en dents-de-scie. À noter que ces solides gaillards semblent bien remonter la pente puisque, à peine quelques mois après la sortie de leur petit dernier, les voilà qui remettent le couvert avec ces six friandises offertes à l'appétit des fans, sans doute pour les faire patienter jusqu'au prochain plat de résistance ! Au menu : un titre inédit, une version acoustique de «Seas Of Madness», une version de «One Step Into Paradise», deux chansons en public et une fumeuse reprise de Mötley Crüe, à savoir un «Looks That Kill». TS

3 - A ranger entre le Tribute To Mötley Crüe et le Keeper Of The Seven Keys d'Helloween

Powderfinger

Odysseynumberfive

(Barclay/Universal) -11 titres, 45m 27s -Produit par Nick Didia -Sortie le 13 Mars 2001

Rock australien des grands jours. Les Powderfinger sont prophètes en leur immense pays et ils ont écoulé, à peine mis en vente, 100 000 exemplaires de leur quatrième album, alors qu'il va sûrement sortir au compte-gouttes sur le territoire national ! Leur rock aurait été qualifié d'héroïque en des temps plus reculés et les connaisseurs auraient traqué le moindre maxi de ces Australopithèques surdoués avec la même ferveur joyeuse et la même collectionnite aiguë que pour les productions de Big Country, The Alarm et autres Wire Train . Bon, c'est certain, nous n'en sommes plus là et les Compact Men de tous poils passent pour d'incorrigibles nostalgiques du règne de la six-cordes, à force de défendre des disques faits de sueur, de larmes et de sang... TS

3 - A ranger entre Wire Train et Kory & The Fireflies

Pure Sins

Pure Sins

(Pure Songs) - 5 titres, 18m 38s -Produit par le groupe -Sortie en juin 2000

Pop songs. Parfois l'actualité est si dense que l'on passe à côté de l'essentiel, ces autroprod vouant corps et âme à leur passion. Ici, le combo officie en France depuis une décennie, sous une autre identité d'abord (Weird Sins guidé par Daniel Darc), via plusieurs oripeaus aussi. En commençant par un batteur, jadis métronome de Jad Wio, puis le chanteur-guitariste autrefois membre d'Anne Pigalle. Sans oublier Ria, bassiste dont le destin croisa les Sins dans les années 90. Aujourd'hui complétée, la formation se fraye un chemin sur les sentiers de la pop, en inoculant à quelques privilégiés, une délicieuse dose folk, une concoction électrique chantée en anglais. (Dispo dans les Fnac parisienne ou au 01 40 33 35 28). LE

4 - A ranger entre Beautiful Toy et Suede

Rammstein

Mutter

(Motor/Mercury Island - 5496392) - 11titres - Produit par Rammstein - Sortie le 2 avril 2001

Indus. Changement de voie pour les Allemands qui opèrent ce virage à 180° vers un terrain miné : Guitar land. Difficile de passer outre ces riffs pour heavy métalleux, ponctuant tous les titres de ce nouvel opus. Rammstein nous livre une volée de décibels dont les fans se souviendront. Si toutefois ces derniers se sentent ébranlés par un quelconque bouleversement. Là, on s'oriente vers la branche dure de l'indus, voire les tréfonds du hardcore, l'électronique en moins. D'ailleurs, ne croyez pas que Mutter soit le plus abordable des albums, pour y faire vos armes (si vous n'avez pas déjà franchi le cap), remontez la discographie, plus mélodique que cette artillerie symphoniquement lourde. Seules les paroles méritent ici de s'attarder, puisqu'on y découvre un Till Lindemann poétiquement correcte ! SS

3,5 - À ranger entre Ministry et Oomph !

Reach The Sky

Friends, Lies And The End Of The World

(Victory Records VR138) -12 titres, 32m 18s -Produit par Brian Mc Ternan - Sortie le 20 Mars 2001

Hardcore émotif. Le nom du groupe et ceux de leurs albums sont somptueux, mais on ne peut hélas pas en dire autant de leur musique truffée de riffs débités au kilomètre et de rugissements revendicatifs. Pas si facile de distinguer Reach The Sky de ses collègues oeuvrant sensiblement dans la même veine ! Boston nous a habitués à bien mieux que cela, Lyres et Del Fuegos en tête et ce n'est pas ce quatuor boutonneux qui viendra les déloger. Peut-être faut-il avoir 16/17 ans et faire semblant de s'être rebellé contre le monde entier pour apprécier pleinement les «subtilités» de ce courant pourtant fort prisé, je ne sais pas vraiment... Ou alors, il faut que la collection de disques ne dépasse pas les 50 rondelles et encore, toutes dans le même genre laminoir ! TS

1,5 - A ranger entre 7 Seconds et les Misfits

Savatage

Poets And Madmen

(SPV/Wagram) - 11 titres, 62m 41s - Produit par Paul O'Neill - Sortie 19 mars 2001

Heavy Cérébral. Mine de rien, Savatage en est à son quinzième album, et le groupe américain ne se flatte que d'un succès d'estime, ce qui est bien désespérant. Est-ce cela qui a fait fuir Zachary Stevens et Al Pitrelli, réduisant pour ce disque le groupe à un trio, et forçant Jon Oliva à reprendre le chant ? En tout cas, ces désertions n'ont pas entamé le moins du monde le potentiel du gang, qui en a même profité pour mieux rééquilibrer sa musique entre son heavy première manière, façon mid-eighties, et son rock conceptuel plus ambitieux des années récentes. Ce cédé est donc un nouveau concept album bien peaufiné mais avec une recrudescence de méchanceté, due pour beaucoup au chant d'Oliva. Ce cocktail tripes et neurones est assez réussi, il faut dire. HP

3 - A ranger entre Queensrÿche et Stephen King

Scamps

Satisfaction Guaranteed

(Guilty Records) - 11 titres, 42m 48s - Produit par Moon Martin - Sortie en avril

Rock. Déjà quelques années que les quatre havrais tournent, et pas qu'en Haute-Normandie ! Ils sont de cette école aujourd'hui classique qui, à l'instar de Little Bob ou des Roadrunners (qui, eux, aimaient à mixer Molière et Shakespeare), chante en anglais sur un rock éprouvé et très influencé US. Scamps (les sauvageons, si !) n'a pas son pareil pour proposer des titres accrocheurs, pas forcément très originaux, mais qui auraient leur place dans des charts plus couillus ("Too Good To Be True"). Harmonies vocales très au point se marient habilement avec des guitares plombées et une batterie béton, et pas qu'un peu grâce au savoir-faire de Moon Martin, le troll rock de Nashville, dont on est, au passage, ravis d'apprendre qu'il y croit encore. MEK

4 - À ranger entre les Dogs et les Stray Cats

Sepultura

Nation

(Roadrunner) - 15 titres, 51m 36s - Produit par Steve Evetts - Sortie Mars 2001

Hardcore tribal. Il y a dix ans, Sepultura se présentait comme l' incontournable espoir du métal futur. Pas grand-chose ne s'est hélas passé depuis. Angra lui a piqué la position de leader brésilien, l'initial intérêt tiers-mondiste est retombé, Max Cavalera les a quittés au milieu des nineties. Dommage, car l'authentique rage de ces Brésiliens méritait un meilleur sort. Les revoilà de retour aujourd'hui, tels qu'en eux-mêmes, n'oubliant jamais que leur premier album s'appelait Bestial Devastation, et essayant toujours de diversifier leur musique aux sources diverses de leur terroir ou de la modernité ambiante. Essai pas vraiment transformé d'ailleurs. En fait, à l'écoute de cet album certes aussi brut que brute, on se demande souvent si tout cela tourne avide ou à vide. HP

2 - A ranger entre Slayer et Outface

Snooze

Goingmobile

(Crammed/Island - 5485752) - 14 titres, 54m 30s - Produit par Snooze - Sortie

Jazzytronic. Fort sympathique, ce disque. D'emblée une créature joue sur les mots afin de vous faire saliver : ceci est le deuxième album des Frenchy, lèchez-vous les babines ! Mais tout d'abord jetons un coup d'oeil sur le mastering... Aux commandes, Alex Gopher. Rien que cet indice devrait vous mettre sur la voie quant à l'ambiance snoozesque. Bien que cette étape finale (avant fabrication) n'ait rien à voir avec la composition des titres, les embruns du «Quiet Storm» parviennent jusqu'ici. Un brin jazzy via ses chanteuses, tantôt groovy par ses samples, Goingmobile s'amarre également aux rivages brésiliens, explore une fraction de seconde ces beat festifs, avant de replonger vers les délices du cocooningLE

4 - À ranger entre lounge et deep house

Snow Patrol

When It's All Over We Still Have To Clear Up

(Jeepster/PIAS) - 14 titres, 47 m 41 s - Produit par le groupe -Sortie le 05 Mars 2001

Rock bricolé et intimiste. Vu le peu d'informations disponibles sur cette nouvelle sensation en date, on va se débrouiller avec les moyens du bord, comme d'habitude ! Les membres de Snow Patrol varient de 1 à 64, ils ne sont pas tous originaires de la planète Terre -certains sont même recherchés pour meurtre sur la personne d'un Garde Impérial- et les habitudes alimentaires de la plupart d'entre eux vous feraient vomir tripes et boyaux, mais tout ceci n'a aucune importance. Leur musique est prenante, parfois énigmatique, parfois aussi limpide que le discours d'un cyber-directeur financier, mais en tout cas toujours variée et accrocheuse. Exactement le genre d'album qui intrigue assez pour ne pas être délogé de la platine par le nouveau Corrs (beurk) ou la dernière comédie musicale niaise au possible (re-beurk). TS

3 - A ranger entre un Residents accessible et un R. Stevie Moore des grands jours

Solar Project

Five

(Muséa - FGBG4372AR) - 15 titres, 74m 38s - Produit par Rob Valet et Peter Terhoeven - Sortie Février 2001

Ecolo Prog. Le titre signale en même temps qu'il s'agit du cinquième album de ce groupe allemand et d'un cd-concept autour du thème des éléments. Ce collectif centré autour du claviériste rhénan Rob Valet, fort ici d'une douzaine de membres, se positionne franchement , tant par le ton écolo, les bruitages que l'inspiration musicale, entre le Manfred Mann's Earth Band et Roger Waters, avec quelques références aussi aux dernières années d'Amon Düül II. L'ensemble, bien qu'ambitieux et démonstratif, n'est pas si empesé qu'on pourrait le redouter, le son est aussi précis que précieux, et Solar Project possède effectivement une certaine originalité malgré son créneau très déterminé ainsi qu'une indéniable beauté de son. On peut se laisser séduire. HP

2,5 - A ranger entre Pink Floyd et Earth Band

Supreme Beings Of Leisure

Supreme Beings Of Leisure

(Naive - NW38211) - 11 titres, 44m 54s - Produit par SBL, Krish Sharma - Sortie le 15 février 2001

Pubtronic. La pub d'Air France nous avait déjà titillé par sa B.O. signée Chemical Brothers. Même topo avec la campagne du TGV ou la Lancia, dont les spots intriguaient le chaland par des vibes échappées d'une atmosphère electro-pop branchouillarde. Une création des SBL, dont nous découvrons entre ces lignes, un premier album fort agréable, mené par une enchanteresse, un rien rétro dans ses inflexions. Une once de Massive Attack, un rien de Bjork et les compos roulent toutes seules, vous enveloppent d'une écharpe magnétique, électrisant votre épiderme. Certaines mélodies sont aussi douces que du velours, glaciales et spatiales, séduisent un bref instant avant de vous inspirer un sentiment de déjà vu... Ma foi, pas si gênant que ça. LE

4 - À ranger entre Archive et Hooverphonic

The Ark

We Are The Ark

(Virgin) - 12 titres, 47m 29s - Produit par Marco Manieri et The Ark - Sortie le 5 mars

Pseudo pop. Ami rocker, passe ton chemin ! Importé de Suède et ayant déjà dix années au compteur (mais... c'est leur premier album !), The Ark se fout de notre gueule. Non contente d'arborer un look guerrier peinturluré entre Goldorak et Musclor, cette bande de cinq arnaqueurs s'obstine, sans un gramme de talent, à pomper ici Bowie et Sweet, là Queen et Abba. Beau bordel pour un mélange pas joyeux du tout. Ce groupe est le malheureux archétype d'une forme (grotesque) qui élimine tout fond. "It Takes A Fool To Remain Sane" passe en boucle sur MTV et détrône Madonna dans les charts suédois. "Nous voulons vivre dans un monde où il est permis d'être ridicule", déclarent (sic) ils. Hé, les mecs (?) : nous, on veut vivre dans un monde où il est permis d'envoyer chier les gros branleurs. MEK

Down ! - À ranger entre Babylon Zoo et Menswear

The Soft Boys

Underwater Moonlight

(Matador/PIAS) - 2 cds : 19 titres pour 72m 19s et 17 pour 55m 55s - Produit par Robyn Hitchcock - Sortie le 13 Mars 2001

Classique rock enfin réédité. Il était grand temps qu'une perle noire telle que ce Underwater Moonlight bénéficie d'une remasterisation et d'un relookage dignes de ce nom, sans parler de ces bonus tracks additionnels, ni de ce second cd (l'édition vinyl voit carrément triple !) rempli de titres en public (le son n'est pas génial, mais l'intérêt historique est garanti !), quel bonheur... On ne dira jamais assez à quel point les Soft Boys furent en avance sur leur époque : cet album est sorti, à l'origine, en 1980 et il sonne comme le dernier (ou le prochain, c'est au choix) disque solo du passionnant Robyn Hitchcock, tant leur musique se fiche des modes et des canons en vigueur au moment de l'enregistrement. C'est l'apanage des très grands que de pouvoir réaliser un pareil tour de force ...TS

5 - A ne surtout pas ranger, à laisser bien en évidence pour rendre les amis fous de jalousie ...

Third Eye Foundation

I Poopoo On Your Juju

(Domino/Labels - WIGCD91P) - 8 titres, 50m 04s - Produit par Matt Elliott - Sortie le 26 février 2001

Expérimambient. Voilà un nouvel album de M. Elliott constitué de remixes divers auxquels le musicien a participé. Poopoo propose ainsi un panorama des différentes expérimentations pour lesquelles il s'est fait connaître, ambient, jungle, drum and bass avec même certaines incursions vers la musique concrète. Si le disque démontre ainsi les facilités éclectiques du bonhomme et ses facultés à s'adapter à n'importe quel type d'artiste (de Yann Tiersen à Blonde Redhead !), il est limité par les limites intrinsèques de l'exercice. On y verra donc une pause récréative plutôt qu'un véritable effort à la consistance et ce, d'autant plus que la fin du CD s'égare dans schémas plus robotiques que roboratifs. CF

2,5 - A ranger entre Labradford et Hood

Tram

Frequently Asked Questions

(Setanta/Pop Lane - SETCD 083) -11 titres, 40m 27s -Produit par Tram & John Parish (pour un titre) - Sortie le 27 Février 2001

Pop intimiste. Ce duo irlandais (Paul Anderson & Nick Avery) avait déjà sorti un premier album, passé relativement inaperçu, alors que Heavy Black Frame, puisque c'est son nom, méritait pourtant déjà le détour, dans la série « on s'enferme en studio et on fait notre disque tous seuls comme des grands sans rien demander à qui que ce soit » ... Espérons que ce second opus récolte de plus larges suffrages et, surtout, que le fait d'avoir John Parish (guitariste et mentor secret de PJ Harvey) comme fervent supporter, puisqu'il les aide sur Frenquently Asked Questions à accoucher de leur reprise de Tim Buckley en jouant de la slide guitar sur «Once I Was» et en produisant le résultat, les aide à briser l'épais mur d'indifférence qui les entoure. TS

3 - A ranger entre Jack Drag et un Tim Buckley, justement

VAN ZANT

Van Zant II

(SPV/Wagram - 085 72182) - 10 titres, 45m 04s - Produit par Robert White Johnson - Sortie Mars 2001.

Rock confédéré. Donnie et Johnny, les frères du défunt Ronnie, remarquables animateurs de 38 Special ou Lynyrd Skynyrd, ont décidé de se la faire entre frangins. Ils brossent donc comme les Allman, les Jackson ou les Warner. Le résultat est évidemment impeccable, mais hélas sans surprise. Sur un rock sudiste très propre sur lui et un peu trop calibré FM, les deux Van Zant se renvoient la balle dans un numéro très au point. Mais cela manque un peu de jalapeno dans le chili et de mauvaise conduite. On les a connus moins sages, ces blonds desperados. Heureusement que sur deux morceaux - mais seulement deux - ce jeune loupiot affamé de Kenny Wayne Shepherd vient mettre le feu aux poudres. Ils auraient dû l'inviter pour tout le disque... HP

2.5 - A ranger entre Lynyrd Skynyrd et 38 Special

Zenzile

Sound Patrol

(Crash Disc/PIAS - DLP37) - 16 titres, 58m 52s - Produit par Pascal Ianigro - Sortie le 6 mars 2001

Dub. Découvert il y a deux ans avec son premier LP Sachem in Sachem, le quintet angevin illustrait déjà la qualité et le talent de cette scène Dub à la française, désormais incontournable. Zenzile démontre aujourd'hui avec Sound Patrol qu'il possède parfaitement la maîtrise de cette musique profonde et métissée. Aspirés par les ambiances holistiques diluées au fil des onze instrumentaux majestueux, conquis par les rythmes 'pur reggae'' des cinq titres chantés (feat. Jamika Ajalon et Jean Gomis de Meï Teï Shô), on ressort de cette aventure d'une heure sans mot, encore hypnotisé. Car le Dub opte ici pour les atmosphères aériennes, prend le parti de la volupté en jouant la carte des sons organiques. Encore ! CD'O

4.5 - A ranger entre 38 Dub Band et High Tone

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