![]() |
|||||||||||
COMPACT #10 - Mars 2001 |
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z | ||||||||||
|
|
|||||||||||
Les Amis d'ta Femme Lave toi la bouche ! (AND Music/Tripsichord - AND1) - 11 titres, 46m11s - Produit par AND - Sortie 5 février 2001 Chanson déconnante et intelligente. Voilà un album qui nous donnerait presque envie d'aller faire un petit tour du côté de Nancy, si l'on n'avait pas appris que les trois zigues des Amis d'ta Femme entamaient une tournée mondiale aux quatre coins de l'Hexagone. Lave-toi la bouche, deuxième opus du trio s'étant déjà illustré avec l'inénarrable Faut qu'ça Lime nous présente treize petites perles révolutionnaires dont les paroles sont à pisser de rire. Protagoniste de plusieurs danses dont "le Tango du Viagra", notre préférence va au "Hoch-Cul" car : " Ca s'dans' le cul à l'air, pour faire chier la police, ça f'ra pleurer vos mères : le Hoch-Cul c'est du vice ! !" Si vous n'aimez pas en vrac et dans le désordre : Chevènement, la police, Notre-Dame de Paris ou la nouvelle économie, cet album est pour vous. N & D S-D 5 - À ranger entre Ploum et Tralala Ange Rêves parties (M10- 156362) - 2 cds - 12 titres, 65m 47s et 9 titres, 56m 38s - Produit par Un Pied Dans La Marge - Sortie Janvier 2001Prog d'ici. Pour fêter dignement ses trente ans de carrière, Ange nous offre en guise de commémoration cet imposant double live, fait d'extraits des tournées de 97, 98 et 2000. Une belle somme, vivante et vivace, où la nostalgie n'a finalement pas si grande part, puisque le présent - ou le passé récent - du groupe y fait jeu égal avec les légendes de jadis. De ce magnum opus sans reproche, on tirera quelques conclusions qui s'imposent, à savoir : 1/ que le nouvel Ange patriarche et loupiots a aussi belle allure et peut-être plus d'allant que l'ancien, 2/ que ce groupe a finalement plus d'endurance et donc de répondant que tous les autres french bands morts en route, 3/ que somme toute voilà un des rares groupes à avoir créé une prog authentique et personnelle, bien démarquée des influences britanniques. Sacré bilan. HP 4 - À ranger entre Dieu et Diable The Angels Left Hand Drive (Import Shock Records Australia) - 10 titres, 50m 47s - Produit par divers - sortie janvier 2001 Rock. Depuis la sortie de l'excellent Skin & Bones, nous guettions attentivement chaque nouvelle provenant du pays du Down Under : quelques rééditions bien senties chez Axe Killer, une apparition dans le dernier film de Jane Campion avec en point d'orgue, la reprise du "I Put A Spell On You" de Screamin' Jay Hawkins, puis le désert totalÉ C'est donc avec délectation que nous accueillons cet album fait de titres rares figurant en face B de leurs singles ("Don't Break Me Down", "Dead Man's Shoes "É) ou travaillés en remix comme le fabuleux "Don't Waste My Time" et le non moins célèbre "Backstreet Pickup". Dix pépites remasterisées pour une véritable mine d'or recherchée par les fans absolus de la bande des frères Brewster. Et ce malgré la pauvreté du livret intérieur. BB 4 - À ranger entre Watch The Red et Beyond Salvation Anjali Anjali (Wiiija Records/Labels) - 11 titres, 44m 41s - Produit par Anjali Bhatia et Spykid - Sortie le 9 janvier 2001 Songes électroniques. Ambiances ! Issue de la scène très particulière du clubbing, des DJs et des samples de tous poils, Anjali, dont c'est ici le premier album après quatre EPs, propose cette fois une musique "originale". Celle-ci est faite d'influences aquatiques, de réminiscences de B.O.F. et d'un trip hop un peu éthéré. Atmosphères en échos divers, sons doux et cassants à la fois, la nouvelle reine de "l'underground asiatique" semble réussir à imposer sa propre marque de fabrique. Parfois un peu trop répétitif, linéaire et flou mélodiquement, le travail d'Anjali repose aussi sur un brin de voix, évoquant Julee Cruise et Beth Gibbons et de jolis textes poétiques aux tendances abstraites. Un ensemble sonore pour planer, qui génère le rêve et ralentit le temps. MEK 2,5 - À ranger entre Shirley Bassey et Silent Poets Annihilator Carnival Diablos (Steamhammer/Wagram - 08572142) - 11 titres, 59m 45s - Produit par Jeff Waters - Sortie février 2001Power Trash Metal. On peut faire du speedotrashometallorock bien gras de la liquette sans pour autant être le dernier des abrutis. C'est tout à fait le cas des Canadiens d'Annihilator qui continuent sereinement à buriner leur enclume sans se soucier des modes ambiantes et qui, parce qu'ils se bonifient album après album, vont finir par devenir exemplaires. Certes, ceci n'a rien de révolutionnaire, mais vous récure joliment les radars, et il faut apprécier le gros travail sur les riffs, splendides, l'atout majeur du disque, car les passages chantés sont plus braillards-convenus. Et ceux qui croient encore qu'AC/DC est un grand groupe devraient écouter leur "Shallow Graves", fameux, histoire d'y laisser leurs dernières illusions. HP 3 - À ranger entre Slayer et AC/DC Anywhen The Opiates (Clearspot/Tripsichord- EFA 05419-2) - 8 titres, 42m 33s - Produit par Thomas Feiner - Sortie le 26 janvier 2001 Pop de Chambre. Combo power pop suédois, Anywhen a brusquement changé de direction en enregistrant avec l'Orchestre Philharmonique de Varsovie (sic !) The Opiates est ainsi tout entier pétri de compositions majestueuses et en demi-teintes, somptueusement "mises en scène" et produites avec goût et retenue. Ce qui charme en effet, c'est qu'Anywhen parvient à éviter les écueils inhérents à ce type de mélange : les titres conservent une fluidité et une immédiateté toute pop, et les orchestrations savent se montrer discrètes et mesurées. L'album déroule alors climats éthérés mais concis, comme si ses attraits mélancoliques et tamisés ne faisaient que masquer les délices, plus vénéneux, de l'opiacé. Grandiose ! CF 4,5 - À ranger entre Procol Harum et Eric Matthews Gildas Arzel Autour de Nous (Epic/Sony Music- EPC5006232) - 13 titres, 60m16s - Produit par Kevin Organisation - Sortie février 2001 Variétoche. Entre Cabrel, Obispo et autres incarnations de la variété française, Gildas Azrel dont autour de nous est le quatrième album, n'a pas réussi à imposer son nom jusqu'ici. Si vous aimez les bluettes éthérées surchargées de guitares aériennes, cet album est pour vous. Si vous n'êtes pas adulateurs du genre, ce qui est notre cas, la pauvreté des mélodies accompagnant des textes insipides est pour le moins décourageante. Toutes choses égales par ailleurs, force est de constater qu'Autour de Nous n'est sûrement pas pire que ce que certaines radios commerciales matraquent à longueur de journées dans de jeunes oreilles encore fragiles. À contourner quand même. N & D S-D 1 - À ranger entre Gold et Images Lisa Barel Lisa Barel (tôt Ou tard) - 12 titres, 40m 23s - Produit par Pascal Colomb - Sortie le 23 janvier Douce pop. Dans l'esprit d'une Keren Ann pour la façon de susurrer les mots et de les enrober de sons finement organiques (cordes diverses, claviers et percussions discrets), subtilement étouffés, Lisa Barel est dans l'air du temps. Sur des textes d'amour à la construction elliptique, se plaisant à fouiner dans les recoins cachés de nos pensées les moins sûres, Barel amène son style à la fois traditionnel (la chanson française dite "à texte" -enlever le "a" de son nom, vous verrez bienÉ) et branché (les arrangements) sur la pointe des pieds. Reste à préciser que cette retenue et ce "calme" musical, très linéaire, bénéficieront à tous ceux qui ont le sommeil facile et que les mélodies manquent souvent d'une vraie force. Trop mou ou trop fade ? MEK 2,5 - À ranger entre Axelle Red et Françoise Hardy BS 2000 Simply Mortified (Grand Royal Record/Source - GR093CD) - 21 titres, 43m 12s - Produit par BS 2000 - Sortie le 5 février 2001 Beastie Sound. Derrière les manettes de cette version anglaise de Pizzicato Five, se planque Adam Horovitz, sale gosse des Beastie Boys. Ici, le gus étend son terrain de jeu, fait joujou avec son sampler, trifouille en profondeur les limites du mélodieux. Parfois on pense à Morgan, mais en moins bien, ou encore à du poil à gratter. Ça démange, ça dérange aussi, ça vous colle le baby blues à force d'entendre ces p'tits sons d'un Bontempi premier âge. Pas franchement mauvais, mais pas vraiment transcendant, ce babillage sonore fait de copier-coller, s'aborde toutefois avec un certain sens de l'humour, à défaut, selon l'humeur. Un disque sur le fil du rasoirÉ Pour ne pas dire limite barbant. Amusant, sans plus. LE 2 - À ranger entre Alec Empire et Sofa Surfers Caféine Nouveaux Mondes (Muséa - FGBG4340AR) - 9 titres, 66m 29s - Produit par Patrick Jobard - Sortie décembre 2000.Prog rock phrançais. Les gens de Caféine sont d'authentiques artisans qui aiment peaufiner leur musique comme une horlogerie de précision : en dix ans, ils n'ont produit que deux albums, dont celui-ci. Cela n'en donne que plus de prix à leur prog rock ouvragé et méticuleux, savant mélange d'emprunts britanniques et de tendances néo-jazz plus françaises qui en fait de dignes continuateurs de Shylock ou Terpandre. La matière musicale de ce disque est donc admirable de savoir-faire et de raffinement. Hélas, ça chante. Et comme Caféine est un groupe sans chanteur, ils ont convié en guest stars les gosiers de Minimum Vital, Galaad et même Chris le Décamps pour leur faire chanter des trucs de non-chanteurs si alambiqués et ampoulés que cela en tue toute émotion. Dommage vraiment. HP 2.5 -À ranger entre Terpandre et Minimum Vital. Calla Scavengers (Quatermass Records/SubRosa/Tripsichord - QS106) - 10 titres, 55m 34 s - Produit par Calla & Michael Gira Rock minimaliste en apesanteur. Imaginez une orgie monstrueuse entre Swell, Swans, Spiritualized ou les B.O. d'Angelo Badalamenti et vous aurez une idée de la démarche de Calla, trio texan installé à New York. Morceaux léthargiques dominés par la voix insinuante d'Aurelio Vale, une basse omniprésente et les bruitages électroniques de Sean Donovan, un petit prodige issu de la scène expérimentale. À l'image du fabuleux "Slum creeper" balade borderline se terminant par un boogie dégénéré façon ZZ Top sous acide, Calla distille ses sonorités atmosphériques, fragiles, vulnérables. Fasciné par les bestioles volantes, rampantes et grimpantes, Calla nous livre la musique idéale d'un film de David Lynch : calme et sereine en apparence mais laissant entrevoir des univers ténébreux, grouillants et vertigineux dans lesquels on se plonge avec délices. PR 4 - À ranger entre le premier et le prochain Swell Neal Casal Basement Dreams (Fargo/Wagram, FA20127) - 23 titres, 69m21s - Produit par divers - Sortie le 6 février 2001 Folk-rock & more. Ce disque est un recueil de chansons que Neal Casal n'avait pas choisi pour figurer sur Anytime Tomorrow et The Sun Rises Here, ses deux précédents albums. Cela n'enlève cependant rien à leurs qualités intrinsèques, car mieux que de simples chutes de studio, elles sont la preuve indiscutable de son talent prolifique. Souvent produites de façon plus minimaliste (dans le home-studio de Neal, dans sa maison du New Jersey), elles restituent à merveille la pureté d'émotions mises à nu, la sincérité de textes toujours partie prenante, et la variété des styles abordés par ce songwriter aux multiples visages. Ceux qui ont eu la chance de le voir sur scène successivement avec son groupe (très électrique) puis seul accompagné d'une simple guitare, savent de quoi il retourneÉ CG 4 - À ranger entre The Sun Rises Here et Anytime Tomorrow Roland Casper To The Naked Eye (Essence/Edel - EDL5091-2) - 12 titres, 66m 54s - ¨Produit par Roland Casper - Sortie le 6 février 2001 Electronica. Venu de Cologne, Casper propose avec To The Naked Eye une musique qui vise à s'éloigner des canons "bpm" de la techno traditionnelle. Les titres alternent atmosphères électroniques ("Position") et variations plus tribales ("Busride"), comme pour explorer toutes les facettes de ce que pourrait être des mélopées instrumentales mais ils le font toujours de manière volontairement minimaliste. L'album déploie alors des climats qui, s'ils visent à susciter la transe, le font de manière plus allusive que démonstrative. Cette économie de moyens valorise ainsi le travail effectué sur le son, comme quoi l'on peut parfaitement évoquer le délire tout en s'éloignant de l'hébétude frénétique. CF 3 - À ranger entre Bentley Rhythm Ace et Klaus Schulze Cast Legacy (Muséa - FGBG4339AR) - 13 titres, 72m 46s - Produit par Cast - Sortie décembre 2000Chicano prog. Aux fous ! Ces Mexicains survitaminés ont publié neuf albums en sept ans ! Et s'ils sont de la densité et du dynamisme de celui-ci, cela fait une discographie de poids. Cela dit, ce prog remuant et inspiré n'a de Mexicain que le passeport et ne se lance guère dans la fusion Yes-Mariachi. Très respectueux des modèles anglais, Cast sonne comme Genesis première manière ou Camel. Pour le dépaysement, c'est raté. Par contre, quelle pêche dans ces longues pièces survoltées d'une rare qualité mélodique. Le travail des claviers est particulièrement remarquable, façon IQ ou Banks, et la fébrilité latine des musicos donne à tous ces arpèges bien classiques une appréciable vitalité et évacue tout excès de sagesse. Un régal, même sans sauce salsa. HP 4 - À ranger entre Genesis et IQ Cathal Coughlan Black River Falls (Cooking Vynil/Naïve) - 12 titres, 51m 42s - Sortie le 5 Février 2001 Chanson rock étonnamment calme. Surtout si on compare ce disque de l'enfant terrible de Cork à quelques-unes de ses exactions passées, comme sa reprise de "Shiny Happy People", ou encore le provocateur "Blues For Ceausescu", du temps où il officiait au sein de ses très bizarres Fatima Mansions. Cathal a réussi à endormir ses exigeants démons intérieurs assez longtemps pour sortir cet apaisé Black River Falls aux compositions toujours aussi personnelles, mais beaucoup moins revendicatrices et acides qu'auparavant. Quelque chose comme le retour à la source Microdisney, groupe scandaleusement sous-estimé qu'il créa voici une quinzaine d'années en compagnie de Sean O'Hagan ... Nous n'allons pas nous plaindre, vu que nous gagnons en mélodies éclairées ce que nous avons perdu en crachats furibards ! TS 4 - À ranger entre "39 Minutes" (Microdisney) et "Crooked Mile" (pareil) Daft Punk Discovery (Daft Life/Labels) - 14 titres - Produit par Daft Punk - Sortie le 12 mars 2001 Pochette Surprise. Discovery n'est pas du calibre de Homework. Un jugement certes personnel, mais à l'écoute du CD le plus attendu, en matière de musique électronique, on se demande si les Daft ne vont pas laisser derrière eux, les fans de la première heure. Rarement un single, tel "One More Time", avait autant révélé les codes d'un album, n'en avait synthétisé les rouages. Première nouveauté, quasiment tous les titres sont chantés au vocoder, un gimmick qui, à la longue, use. Puis, Daft Punk nous coince, là où nous ne les attendions pas, dans un magma culturel allant des 70's au 80's. Wow, ça sonne disco, on joue funk, replonge dans un slow langoureux de 10cc après un morceau à la Supertramp. Donald Fagen, Herbie Hancock viennent aussi à l'esprit, alors qu'une guitare saturée enfonce le clou de la stupéfaction. Des tubes, on en dénombre au moins trois. Mais à qui s'adresse ce retour vers le futur ? LE 2,5 - À ranger entre Superfunk et Masters At Work Richard Davies Barbarians (Kindercore/Pop Lane - KCO43) - 10 titres, 33m 38s - Produit par Richard Davies et Tony Lash - Sortie en février 2001 Indie Pop. Ce troisième album solo est le disque de pop le plus direct qu'ait produit Davies à ce jour. Débarrassé des orchestrations florissantes et des textures psyché-folk de ses précédents opus, Barbarians est une galette de "guitar pop" directe mais en même temps nuancée. Que ce soit sur le "garage rock" ("Great Republic") ou sur la lumineuse ballade acoustique, ces barbares auxquels le compositeur fait allusion, lui permettent une méditation abstraite sur son pays d'adoption, les USA. Beaucoup des titres tournent autour du thème de la migration et de l'exploration, étayés qu'ils sont par une imagerie poétique riche. Les mélodies gracieuses peuvent ainsi s'emparer de l'auditeur et l'atmosphère spontanée de Barbarians évoque alors, cette nonchalance en phase avec ses ambitions en demi-teintes. CF 3,5 - À ranger entre Michael Penn et Elitt Smith Destiny's End Transition (Metal Blade/M10 - 3984143402) - 10 titres, 55m 11s - Produit par Joe Floyd et Destiny'End - Sortie Février 2001Heavygoureux. Tiens, un groupe de heavy californien bien classique, qui speede et trashe honnêtement. C'était devenu plutôt rare. Il reste donc des groupes qui échappent à l'influence perverse de Marylin Manson et Rage Contre les Boutons et qui ne cèdent pas au bruit gratuit et au grand guignol vide ? Merci à eux. Cela dit, pour être conventionnels, ils le sont jusqu'au fond des boots, et ce n'est pas par hasard si Joe Floyd, l'ancien producteur de Bruce Dickinson et Rob Halford, s'est occupé d'eux, puisque c'est exactement entre Maiden et Priest qu'ils se positionnent. De façon compétente, mais sans génie notable. Ne comptez pas sur eux pour changer votre vision du monde. Mais un bon riff est-il fait pour ça, après tout ? HP 2 - À ranger entre Iron Priest et Judas Maiden Dificil Equilibrio Trayecto (Muséa - FBGB4344AR) - 11 titres, 40m 04s - Produit par Dificil Equilibrio - Sortie janvier 2001Prog Crimsonibérique. On en voit déjà certains bâiller : ouais, encore un groupe qui veut être Crimso à la place de Crimso. Oui mais voilà, ce trio de Barcelone a peut-être plus de légitimité que les autres à s'inspirer du "Frippounet Suprême" puisque son Diaz de guitariste est justement un des élèves du Bob, un de ceux qui cotisaient à la Ligue des Crafty Guitarists. Ce troisième album, mi-live mi-studio, suit donc impeccablement la trajectoire crimsonienne avec une série d'architecturaux instrumentaux à la guitare lourdement plombée de cauchemars et aux réseaux mélodiques aussi abracadabrants que volubiles. Beau boulot, un rien austère certes, mais impressionnant quand même, et qui ne déparerait pas le coffret des Projeckts. HP 3,5 - À ranger entre King et Crimson Dirty Ray Primitive (Guilty Records) - 13 titres, 47m 46s - Produit par Rainy Moor - Sortie février 2001Blues tangentiel. S'il ne doit rester des cendres fameuses des Immaculate Fools que l'âme de Kevin Weatherhill métamorphosé en Dirty Ray, l'on aura quand même sauvé l'essentiel. D'abord proposé sur le net, ce premier album nous revient aujourd'hui en bacs. Bacs à blues peut-être, mais blues différent, à la tangente de tout ce qui s'est fait, blues primitif, primaire, quintessencié, et évidemment hors de toute routine musicale. Pas du BB King quoi. On pense plutôt en savourant la rauque voix de Ray le Dirty à Tom Waits, Ben Harper, Chris Whitley, Link Wray, JJ Cale ou même Canned Heat. Rien que de bonnes pensées pour une musique profonde et juste, dépouillée jusqu'au rudimentaire parfois, mais capable avec trois fois rien de vous tisser un drame et de vous peupler l'âme de biens troublants émois. Grand artiste, ce gaillard. HP 4 - À ranger entre TomWaits et Ben Harper Divine Comedy Regeneration (Labels/Virgin) - 11 titres, 49m 54s -Produit par Nigel Godrich - Sortie le 12 Mars 2001 Orfèvreries pops. Neil Hannon est passé maître dans l'art de trousser une chanson, que ce soit vite fait sur le gaz, ou bien en se donnant beaucoup de temps et des moyens considérables. Il s'est enfin presque hissé au niveau de ses idoles, tous ces Scott Walker et autres Brian Wilson qui lui inoculèrent sans le savoir ni le vouloir vraiment, le virus obsédant de l'écriture du titre mélodieusement parfait. Ce nouvel album est nettement plus digeste que le précédent, qui contenait quelques baudruches prêtes à éclater dans un grand fracas, comme ce "Generation Sex" qui en a fait rigoler plus d'un, à l'époqueÉ Non, ce coup-ci, tout est parfait et même la voix de ce malicieux lutin vire au grave, au point de ressembler à celle de Peter Hammill période (bénie des Dieux) Van Der Graff GeneratorÉTS 4 - À ranger entre Still Life (VDGG) et le premier Divine Comedy Djama Rastaman (Jahmin' records/Musisoft distr. JAHCD 42) - 9 titres, 48m51s - Produit par Cristal records - Sortie janvier 2001 Reggae. Difficile de se frayer sa place au soleil dans un paysage reggae français si florissant, en effet il n'est pas un mois, sans que n'éclose un nouveau talent. Les six Rochelais de Djama, l'ont appris à leurs dépens, leur premier opus Le Peuple Bouge n'ayant pas obtenu le succès escompté. Avec Rastaman, ils ont plutôt réussi à restituer le son qui fait leur particularité sur scène, à garder cette émotion alliée au côté roots des Comores dont sont originaires les deux chanteurs. Malheureusement, sur cet album, vous n'entendrez pas la reprise décoiffante du Boléro de Ravel qu'ils interprètent sur scène en hommage à la France, terre d'accueil, les ayants droit étant allergiques au reggae. Espérant qu'il n'en est pas de même pour vous, cet album valant le détour. N & D S-D 3 - À ranger entre Baobab et Ragga Sonic Djoloff Lawane (Emma production/Universal, 159 498-2) - 10 titres, 43m33s - Produit par Max Amphoux - Sortie janvier 2001 Rap Sénégalais. L'excellent "11'30 contre les lois racistes", les révélait parmi quelques pointures du hip hop, dans un texte scandé en Woloff. Depuis, trois années ont passé et Lawane leur premier opus est dans les bacs pour le nouveau millénaire. Le titre de cet album n'a pas été choisi au hasard : "Lawane" est une expression d'Afrique de l'Ouest qui allie l'esprit des griots, le chant guerrier et la verve des conteurs. Cette locution synthétise bien l'essence de Djoloff qui allie éloquence et lucidité sur fond de musique traditionnelle. Des textes engagés qui font le grand écart entre l'Afrique d'hier et d'aujourd'hui prônant l'éveil des consciences sans pour cela inciter à la haine. Une chose est sûre le renouveau du hip hop passera par l'Afrique.N & D S-D 4 - À ranger entre Daraa-J et Positive Black Soul Dum Dum Boys Soul Bondage Deluxe (Vicious Circle) - 11 titres, 42m 14s - Produit par Dum Dum Boys -Sortie le 19 Février 2001 Expérimentation rock and rollesque. Quelle mouche a donc piquée nos braves Dum Dum Boys ? Ont-ils trop écouté les oubliés Young Gods ces derniers temps, ou bien ont-ils décidé qu'ils se devaient de négocier un virage à 180 degrés ? Ce n'est pas que le résultat soit désagréable, loin de là, mais ils ne nous ont pas habitués à de telles pratiques, voilà toutÉ Enfin bref, leur nouveau disque débute par une poignée de chansons un poil trop électronique au goût du Compact Man, avant de calmer le jeu en proposant les pures merveilles dont un "Vicious Circle" (bande de fayots !) du plus bel effet, juste avant de s'enfoncer à nouveau dans des marécages sonores desquels ils auront bien du mal à s'extraire. Les gars, réagissez avant qu'il ne soit trop tard, nous n'avons pas besoin d'un Neo Romantics Revival ! TS 2,5 - À ranger entre un Young Gods et le maxi des Sirens Of 7th Avenue Dyslesia Who Dares Wins (NTS/Wagram) - 10 titres, 51m 50s - Sortie Février 2001Heavy d'ici. Le précédent album de ces riffeurs froggies nous avait déjà sérieusement aiguisé les oreilles. Et sans chauvinisme aucun. Le groupe a depuis ce temps joliment évolué et a su s'extraire judicieusement des empreintes trop voyantes d'Iron Maiden et Dream Theater. Son heavy grandiose et attilesque n'en est donc devenu que meilleur en se personnalisant, et en adoptant une démarche musicale plus adaptée à sa nature, quelque part entre un Judas Priest réactualisé et un Edguy un peu moins wagnérien. Nous écrivions dans Up! en 99 : "Pour peu qu'on prenne soin de lui à l'avenir, Dyslesia pourrait fort bien devenir un produit d'exportation très crédible". C'est encore plus vrai, mais c'est un peu agaçant de devoir le réécrire deux ans aprèsÉHP 4 - À ranger entre Edguy et Judas Priest Eiffel Abricotine (Virgin/Labels - 724385069628) - 12 titres, 52m 43s - Produit par Romain Humeau - Sortie le 9 janvier2001 Puppet Rock. Un monument rock ? A priori, un consensus médiatique en a décidé ainsi et il est de bon ton de se taire, même si vous brûlez d'envie de glapir le moindre avis critique. Sinon, votre tête pourrait rouler sur les quais rive gauche de la scène, ce roman-fleuve pour universitaires en mal de barricades. Oui Abricotine appelle à la révolte et ce cri du coeur que Romain arrache de ces mots, frappe immanquablement. Voilà pourquoi un anti-cyclone protège le combo, on ne nous sert pas à la louche les niaiseries habituelles nappées de mêli-mêlodies sirupeuses. Là, c'est bien punchy. Mais côté live, l'altimètre s'affole, la chute est douloureuse. Notamment à ce concert de La Scène où le chanteur était sans voix et le reste bien médiocre. En attendant que tout cela se rode, contentez-vous du disque. LE 3 - À ranger entre Dyonisos et Supergrass Elephant System Elephant System (Hammerbass/Island - 548 298-2) - 12 titres, 51m 55s - Produit par Adrian Sherwood - sortie le 20 février 2001 Reggae Dub urbain. On promettait à la mouvance reggae français un apogée de courte durée. C'était sans compter sur sa capacité évolutive, cette attitude contemporaine qui consiste à mélanger divers genres pour faire naître la nouveauté. Elephant System en est un bon exemple. Issu de la scène dub et hard core indus (Dub Action et Treponem Pal), le collectif a enregistré son premier album dans les studios britanniques Matrix et Mayfair, aux côtés d'Arian Sherwood, figure emblématique du reggae punk anglais des 80's. Métissage bien pensé entre un chant roots et des rythmes dub, hip hop (on retrouve une collaboration avec l'américain Jamalsky), Elephant System métisse savamment les styles, ouvrant une voie encore inexplorée par leurs compatriotes. CD'O 3 - À ranger entre Asian Dub Foundation et Dub Action Etta James Matriarch Of The Blues (Private Music/BMG - 01005822052) - 12 titres - 62m 03s - Produit par Donto James - Sortie le 12 janvier 2001 Grandma Blues. Etta, femme à poigne, celle que l'on qualifie comme étant l'une des mamelles nourricières du blues finit toujours par avoir raison sur la sélection de ces musiciens, ou le choix de son répertoire unisexe. Du caractère, elle en a, des fans également, d'ailleurs on la considère telle une reine. Outre-atlantique, on la vénère ! Un tour de force dont elle se réjouit, car devenir l'alter ego de Muddy Waters, Hooker ou Al Green dont Etta reprend ici "Rhymes", n'est pas une mince affaire. Ce n'est pas tout, ici ce quintal de dynamite (et je pèse mes mots) se paye aussi le luxe de concocter à sa sauce un autre standard : "Miss You". En ce bas monde, seule Etta peut se permettre un tel culot. Et si le talent est làÉ Pourquoi pas ? LE 3 - À ranger entre Otis Redding et Aretha Franklin Experimental Pop Band The Tracksuit Trilogy (City Slang/Labels - 850910-2) - 13 titres, 40m 00s - Produit par John Parrish - Sortie le 5 mars 2001 Pop Collage. EPB mêle pop enjouée et ironique à arrangements tarabiscotés et ludiques, utilisant à merveille les collages sonores. Le groupe parsème ainsi ses compositions désinvoltes et acerbes d'influences plus directement accessibles et l'on y trouve, alors, un équilibre assez subtil. EPB ne se contente pas, en effet, de cultiver une démarche formelle visant à marier les contraires de façon systématique, il met ses talents mélodiques au service d'une dimension lyrique. Percent alors désarroi, menace, tonalités glauques et amères, utilisation de l'humour macabre comme antidote dissident à une pop anodine. C'est sans doute plus que son appellation qui a empêché EPB de conquérir un large public, souhaitons que The Tracksuit Trilogy mette un terme à cette indifférence. CF 4 - À ranger entre Velvet Underground et Kevin Ayers Farès Farès (Columbia/Sony Music) - 10 titres, 44m34s - Sortie 6 février 2001 Raï. Pas moyen d'éviter la comparaison avec l'album de l'éminent petit frère chroniqué juste en dessous, mais Farès n'a rien d'un copier/coller de Faudel. Si la ressemblance physique est indéniable, la voix et la musique sont sensiblement différentes et Farès a sa propre personnalité, et un grain de voix très différent. Si la filiation Raï est indéniable, Funk et Salsa parsèment agréablement cet album. Donc plutôt que de mettre ses deux frères en concurrence, référons nous à la sagesse de la maman de ces rejetons talentueux, qui estime que le choix n'est pas préjudiciable, bien au contraire, et que tout le monde peut avoir sa place au soleil. Nous vous proposons le choix du roi, les deux ayant largement leur place dans votre discothèque.N & D S-D 3,5 - À ranger entre Faudel et Khaled Faudel Samra (Mercury/Universal LC00268) - 13 titres, 55m08s - Produit par Mohamed Mestar - Sortie le 6 février 2001 Raï. Deuxième album pour la famille Belloua et second opus très attendu de Faudel, après le succès incontestable de Baïda. De l'équipe du début, il ne reste que Samir Bouchakara, compositeur du célèbre "Tellement N'Brick", exit donc Gérald Toto et Patrick Goraguer au profit du talentueux Nabil Khalidi déjà présent sur 1,2,3 Soleils. Mis à part une petite faute de goût ("Mantes la Jolie") l'ensemble met le cap sur l'Egypte avec quelques fragrances electro, des arrangements inspirés pour certains morceaux, du travail de Rachid Taha. Avec Samra, Faudel semble avoir acquis de la maturité tout en gardant la fraîcheur qui fait son charme. Un album un peu inégal, mais quel plaisir de retrouver le petit prince du Raï ! N & D S-D 3,5 - À ranger entre Farès et Rachid Taha Freedom Call Crystal Empire (NTS/Wagram- 3063042) - 11 titres, 49m 11s - Produit par Charlie Bauerfeind et Freedom Call - Sortie Février 2001.Métal Épique. Freedom Call est certainement le "petit-groupe-qui-monte" sur la scène pourtant déjà très fournie du prog métal symphonique allemand. On connaissait son goût pour les grandes cavalcades en armure et les gros hymnes couillus. Il le déploie ici dans toute sa panoramique largeur pour un concept album très inspiré de l'univers de l'Heroïc & Fantasy et des jeux de rôle. Et comme le quatuor a considérablement mûri et bonifié, ce CD se hisse sans problème au niveau des Edguy et autres Rhapsody dans ce genre particulier certes, mais très réjouissant de la Chevauchée des Walkyries revue à la manière du heavy metal le plus mord-le-mors-à-mort. Plus que jamais les amateurs du genre se doivent de ne pas négliger ce nouveau Bayard braillard. HP 4 - À ranger entre Edguy et Rhapsody Freedom for king kong Primate diplomate (Boucherie Productions/Pias - BP1472) - 14 titres, 48m07s - Produit par FFKK - Sortie Février 20001 Fusion techno/punk. Attention, nous voilà dans un univers encore méconnu jusqu'à présent : la Goril'Musik. Freedom For King Kong défriche depuis six ans des contrées musicales jusqu'alors inexplorées. Avec Primate diplomate, ils nous livrent leur deuxième opus, une fusion de punk, rap, musique électroniques, on en passe et des meilleures. Un coup de maître, pour "Un mec qui aime bien ça" le "Chaos", "les étiquettes" le rend "comme un fou" et ceci à "100%" en espérant une rencontre dans la "boite de nuit story" qui n'est autre que "la cour des miracles" dont il aurait voulu qu'elle ne soit "jamais politiquement correct". " Um-um", Bring's et sa bande inaugureraient-ils le son de cette nouvelle décennie ? Si c'est le cas, un seul conseil à vous donner : gare au gorille ! N & D S-D 4 - À ranger entre Toutouriquiqui et Maousscosto Fun Loving Criminals Loco (EMI) - 15 titres, 58m 24 s - Produit par Tim Latham - Sortie le 28 février 2001 Patchwork groovy. Nos gangsters new-yorkais préférés sont de retour ! Après Mimosa, album parenthèse, les voici donc de retour et en pleine forme dans un registre nettement plus funk/hip hop/groove. Toujours sous haute influence Scorsese/Tarentino/De Palma, ils nous balancent leurs petites tranches de vies imparables où sexe, drogue et violence font bon ménage. Ceux qui aimaient les digressions rock du style "Scooby snacks" en seront pour leurs frais. Mis à part les paillards "Where the bums go" ou "Dickholder", l'ensemble enregistré en partie sous le soleil hawaïen, respire nonchalance, décontraction et hédonisme. En tout cas et n'en déplaise aux intégristes d'un rock pur et dur, c'est cool, c'est frais et ça fait rudement du bien ! PR 4 - À ranger entre les vidéos de Taxi driver et Scarface Future Pilot AKA Tiny Waves, Mighty Sea (Geographic/Labels - GEO6CDP) - 13 titres, 44m 06s Produit par Sushil K. Dade - Sortie le 20 février 2001 World Pop. AKA (also known as) est le signe que Future Pilot est un pseudonyme, celui de Sushil Dade un Ecossais d'origine indienne. D'emblée cet habitant de Glasgow élabore d'ailleurs une musique qui fait la part belle aux enlevées éthérées (Belle & Sebastian ont participé à l'album), à des refrains romantiques (c'est le cas aussi des Pastels et des Delgados) ainsi qu'à des structures rythmiques empruntées à ses origines ethniques. L'atmosphère de Tiny Waves, Mighty Sea est donc liquide et élevée et elle révèle, aux détours de ses mélopées diaphanes, des parfums capiteux et hypnotiques. Cet effort à susciter l'ivresse des sens n'est pourtant pas caricatural, comme si, au fond, le vrombissement de la musique indienne mariait avec bonheur sa langueur aux mélodies ciselées d'une douceur fragile. CF 3,5 - À ranger entre Cornershop et Bill Wells Octet Howe Gelb Hisser (Glitterhouse/PIAS - GRCD516) - 22 titres, 69 mn 49s - Produit par Howe Gelb - Sortie le 29 Janvier 2001 Folk rock intimiste. Le leader de Giant Sand, OP8 et autres Friends Of Dean Martinez est déjà de retour, quelques mois à peine après la sortie de Chord Of Enchantment, le dernier GS en date. Il semble que Mr Gelb ait beaucoup de mal à surmonter la disparition brutale de son meilleur ami, ce Rainer Placek en compagnie duquel il fonda les Sables Géants et qui lui manque au point de lui consacrer les quelque 70 mn de cet album solo, notamment lors d'un émouvant "Soldier Of Fortune" qui raconte un peu sa vieÉ Le ton général est très calme et introspectif, il faut respecter la douleur de l'ami Gelb et se délecter de "Satellite" aussi bien que de "Living On A Waterfall", chansons tristes mais tellement belles, surtout quand on contemple la liste des invités : Paula Brown, Lisa Germano et 75 % de Grandaddy ! TS 3 - À ranger entre un vieux Leonard Cohen et un Rainer Spacek Tino Gonzales Modern Day Hobo (Dixiefrog/Night&Day - DFGCD 8515) - 12 titres, 62m 09s - Produit par Tino Gonzales - Sortie Janvier 2001Chicano Blues. Ce Gonzales, speedy à ses heures seulement, est un bluesman hispano-américain. Plus bluesman que Mexicain à l'écoute de ce disque d'ailleurs, car il rappelle plus souvent l'Allman Brothers Band et le Dicky Betts des premiers temps que Santana, quoique "Dancing With Angels" soit un très excitant Carlos-like. Bluesman donc, certes avec un phrasé de guitare d'une exubérance bien latine, mais bluesman classique, parfois jazzy, qui reprend "Born Under A Bad Sign" comme s'il était du Delta. Cela dit, il confesse que ce disque - ce qui ne se voit guère - a été très influencé par notre Sud-Ouest français et notre bon pays cathare. On se croirait quand même plus à Austin qu'à Béziers, ce qui n'empêche pas ce blues solaire de vous bronzer joliment les tympans. HP 3 - À ranger entre Allman Bros et Coco Montoya Gotthard Homerun (NTS/Wagram) - 12 titres, 48m 42s - Sortie février 2001Hard platiné. Juste une petite expérience pour situer le niveau, plutôt élevé, du nouveau produit chromé des Suisses de Gotthard. Vous remplacez la voix, pourtant magnifique, de Steve Lee par celle de Jon le Bongiovi et vous faites croire à tout le monde qu'il s'agit du dernier Bonjovi. On n'y verra que du feu. Non seulement l'inspiration, la matière musicale et la mise en oeuvre sont similaires, mais le niveau - d'excellence - est identique aussi. Alors, pourquoi refuser à ces Helvètes surdoués les louanges dues habituellement à nos Ricains platinés ? Homerun est même l'un des disques les plus aboutis de Gotthard, comme le terme princier d'une judicieuse évolution, qui l'a conduit à se dériffer, s'unplugger, pour enfin se réélectrifier superbement. Bô. HP 4 - À ranger entre Bonjovi et Scorpions Le Hammond Inferno My First Political Dance Album (Bungalow/Labels - 850665-2) - 11 titres, 48m 03s - Produit par Le Hammond Inferno - Sortie le 6 mars 2001 Dance Pop. Ce duo, tête pensante du label Bungalow, manie l'électronique et les beats disco/groove avec une facilité qui lui a déjà donné un hit, "Easy Listening Superstar", utilisé pour la pub Nike. Il ambitionne, dit-on, de fusionner la musique moderne et contemporaine en lui greffant une once de sensualité héritée du funk, et, miracle !, quelques guitares (samplées sans doute) venues de la pop. On peut trouver ironique de titrer ainsi un album pour une musique revendiquant le fun, on peut y voir aussi un témoignage d'une modernité affranchie de toute honte à l'égard de la médiatisation. Voilà un album, fort habile au demeurant, symptomatique d'une ère où la culture devient un produit marketing et où une prétendue universalisation musicale ne fait que gommer les aspérités. CF 2,5 - À ranger en enfilant son pantalon Gap en ingurgitant un Starbuck Coffee. ED HARCOURT Maplewood (Heavenly/EMI - HVNLP 27 CD) - 6 titres, 21m 55 s - Produit par Ed Harcourt Folk rock inspiré. Attention, jeune prodige en gestation ! Imaginez un croisement entre Jeff Buckley, Randy Newman, Elliott Smith ou même Tom Waits et vous aurez une idée de ce dont est capable ce petit nouveau de 23 ans en provenance de Brighton qui, au vu de ce magnifique Ep 6 titres, enregistré sur un quatre pistes, se place d'emblée au rang des plus gros espoirs de cette année 2001 ! Non content de nous composer quelques petites perles superbes, balades nostalgiques, tendres et désabusées, le bonhomme joue lui-même de tous les instruments et utilise judicieusement banjo, piano ou même trompette pour donner à ses chansons une intensité romantique déchirante génératrice de gros frissons. Inutile d'ajouter que c'est avec une certaine impatience que l'on attend le véritable album prévu pour avrilÉPR 4 - À ranger entre Elliott Smith et Jeff Buckley Indochine Nuits intimes (Columbia/Sony) - 16 titres, 64m 42s - Produit par Mr Pilot et Indochine - Sortie le 9 janvier 2001 Grande pop. Cet album de transition entre Dancetaria et le prochain est, avant tout, un hommage sublime (et rare, dans le genre) aux fans du groupe. Disons-le immédiatement : tout le monde peut l'acheter ! On y retrouve en effet des versions différentes et souvent passionnantes de titres rares et de quelques hits comme "Tes yeux noirs" ou "Juste toi et moi". Arrangements magiques, profondément émouvants et sincérité de l'interprétation font le ciment de ce très beau disque. Subtilement perchées entre "unplugged" et nuances électriques, ces ré-interprétations de la poésie à la fois populaire et énigmatique de Nicola Sirkis et d'Indochine sont également le reflet fidèle de la fin de leur dernière tournée. Les meilleures choses finissent toujours par s'imposerÉMEK 4 - À ranger entre ciel et colline Kat Onoma Album ? (Dernière Bande/EMI) - 13 titres, 52m16s - Produit par Ian Caple & Kat Onoma - Sortie le 6 mars 2001 Rock français. Il aura fallu attendre six ans après le sublime Far from the Pictures, pour que Rodolphe Burger et ses acolytes relance l'aventure Kat Onoma commencée au milieu des années quatre-vingt. Groupe culte, Kat Onoma se place résolument à part dans le paysage rock hexagonal, et n'a jamais failli à la ligne de conduite qu'ils s'étaient fixée à leurs débuts : l'intégrité. Ce nouvel opus ne déroutera pas les amoureux du groupe, tout y est, la voix envoûtante, la trompette lancinante et les guitares inimitables. Pour autant cet album, pourra surprendre par la réalisation étonnante de Ian Caple et l'apport d'un quatuor à cordes et des choeurs de la London Academy. Comme toujours les textes sont graves et d'une éminente beauté. Un GRAND disque pour un GRAND groupe. N & D S-D 5 - À ranger entre Cheval-Mouvement et Far from the Pictures KBB Lost And Found (Muséa - FGBG4363AR) - 7 titres, 64m 37s - Produit par Akihisa Tsuboy - Sortie janvier 2001Prog du soleil levant. La scène japonaise peut se flatter de posséder des groupes prog de première grandeur, et de proposer des albums toujours admirablement produits et mis en son. Le premier ouvrage éblouissant de ce trio né en 92 en apporte une preuve supplémentaire. Disque entièrement instrumental animé par un guitariste/violoniste de première force, Akihisa Tsuboy, épaulé par un claviériste pharaonique, ce CD fait penser à un cocktail ravageur fait de UK, de Curved Air, de Ponty, de Nigel Kennedy et de PFM. Et au niveau de ces gens-là. Le rock fastueux de KBB possède leur luxuriance instrumentale, leur subtilité mélodique, leur fébrilité spontanée. C'est très impressionnant vraiment, d'aisance, de créativité et virtuosité. Pfiou. HP 4,5 - À ranger entre UK et Curved Air King Cobb Steelie Mayday (Rykodisc/Naïve- 3771-1) - 11 titres, 46m 48s - produit par Guy Fixsen - sortie février 2001 Électro organique. Nouvelle recrue de l'équipe Naïve, KCS est une formation alternative canadienne qui n'en est pourtant pas à ses premiers essais. Restés longtemps coincés sur le continent américain, ils rencontrent une critique unanimement favorable et très prometteuse dès 1994, date de leur fort remarqué Project Twinkle. Mayday est une bonne occasion de découvrir ce collectif à géométrie variable, composé principalement du trio Kevan Byrne, Kevin Lynn et Michael Armstrong, et ses quelques dizaines de mélodies organiques et holistiques. Influencés par le mouvement hip hop et dub, les morceaux convolent gracieusement avec les accents trip hop, insufflées par les voix de Michelle Mc Adorey et Tamara Williamson. Un groupe à découvrir. CD'O 3 - À ranger entre Hum et Far Kings of Convenience Quiet Is The New Loud (Souce/Virgin - SOURCDP019) - 12 titres, 44m 59s - Produit par KoC - Sortie en mars 2001 Folk Pop. Duo mixte norvégien auteur déjà d'un EP moins intimiste puisque enregistré live dans une pièce, KoC nous propose ici un premier véritable album comme affranchi de toute référence "glaciaire" : Vocaux enveloppants, arrangements acoustiques, refrains épurés, la musique de Quiet Is The New Loud évoque avant tout l'apaisement et la quiétude. On y décèle parfois, comme sur "Singing Softly To Me", quelques inflexions latines semblant extraites de Joao Gilberto, mais celles-ci ne font qu'intensifier les accents tamisés et intérieurs des compositions. KoC, se réclame aussi du Pink Floyd, on a du mal pourtant à y découvrir une quelconque touche "spacy". On peinera également à y trouver la menace mortifère qu'avait su si bien suggérer cet autre groupe nordique, Madrugada. CF 3 - À ranger entre Tracy Chapman et Belle & Sebastian Kristin Hersh Sunny Border Blue (4AD/Labels - CAD 2102) - 13 titres, 51m 13s - Produit par K. Hersh - Sortie début mars 2001 Alors que Sky Motel mêlait guitares abrasives à arrangements luxuriants, ce nouvel album voit le retour d'un son plus direct et acoustique. La chanteuse y joue de tous les instruments. Résultat : une approche encore plus personnelle et intimiste. On retrouve ces mêmes récits de passions conflictuelles où les relations humaines ne semblent exister qu'à travers la discorde, ces "folk songs" fracturés où l'épure instrumentale ne fait qu'amplifier une dramaturgie des sentiments, bref, cette même approche viscérale visant sans doute à une énième catharsis. Hersh y fait preuve d'une maestria certaine, on eut aimé une démarche un peu moins récursive, un travers qui empêche d'adhérer à Sunny Border Blue. CF 3 - À ranger entre Liz Phair et Edith Frost Kyu Voxyca (shoshin Sounds/Ultra Violet/Tripsichord - UVISSUE007) - 10 titres, 46m 41s - Sortie le 12 janvier 2001.Electropop. Alors, electronica allemande, rock/techno, rock urbain US, ambiant, noise, grooveÉ ? La presse ne sait plus où donner de la plume, se perd dans la lecture aléatoire des critiques élogieuses. Tant mieux, ces p'tits gars d'Angers le méritent. Après un passage remarqué au Fair en 99, le trio basse/batterie/gratte se séquestre d'un commun accord pour dompter ce rock qui leur tient aux tripes. À la sortie de l'alambic, Voxyca, un vaporeux cocktail electro/rock aux essences subtiles, flatte les papilles, titille l'encornet par ces mélodies nappées à gogo d'electro jazzy. D'embruns trip hop, aussi. Pas un titre ne se ressemble, ne joue la carte démonstratrice du traqueur de sample, le combo préfère les couleurs du cuivre, conducteur idéal pour un esprit alternatif. LE 3 - À ranger entre Zenzile et Doves La Rue Kétanou En attendant les CaravanesÉ (Yelen/Sony - Salut Ö P010) - 16 titres, 75m 35s - Produit par Bibou - Sortie le 16 janvier 2001 Chanson de rue. Venus du théâtre, les têtes pensantes de ce trio : Mourad, Olivier et Florent se sont forgé une expérience en écumant les routes. Terrasses de cafés, squatts, bars enfumés et fêtes locales n'ont plus de secrets pour eux. Entièrement acoustique, ce premier opus produit par Bibou, par ailleurs ingénieur du son de Tryo, met en valeur les qualités des trois compères. Pas de samples, ni synthés ou guest stars pour La Rue Kétanou, mais la quintessence du trio tel qu'il est sur scène. Héritiers de Pigalle ou des Têtes Raides, ces Parisiens nous retracent des tranches de vies croisées dans les bistrots de Paname sur fond d'accordéon. À écouter, pour pouvoir chanter avec eux : "C'est pas nous qui sommes à la rue, c'est la rue Kétanou". Pourvu que ça dure ! N & D S-D 3,5 - À ranger entre Pigalle et Tryo Lacuna Coil Unleashed Memories (Magic Art/Century Media) - 10 titres, 49 m 52 s - Produit par Waldemar Sorychta- Sortie le 29 Janvier 2001 Rock gothique, quelque peu métallique. Les six Italiens formant le groupe Lacuna Coil composent plus vite que leurs ombres respectives. En a peine trois petites années, ils ont eu le temps d'enregistrer deux albums complets et deux EPs remplis jusqu'au couvercle d'une fort belle musique, bien loin du heavy metal transalpin qui nous fit tant rire dans les 80s. On ne change pas une équipe qui gagne à être connue, les Lacuna Coil sont retournés aux Woodhouse Studios et ont repris ce producteur talentueux, en compagnie duquel ils avaient mis en boîte, voilà quelques mois, ce Halflife qui nous avait intrigués, charmés, pour ne pas dire enthousiasmés ! Unleashed Memories est prenant, la dualité chanteur/chanteuse fonctionne de mieux en mieux et les deux guitaristes commencent à devenir de fines gâchettes. TS 3,5 - À ranger entre In A Reverie (leur first LP) et un Corrs (je plaisante) Le Rat Luciano Mode de vieÉ Béton style (Small/Sony Music, SMA499622-2) - 19 titres, 71m51s - Produit par Carole - Sortie décembre 2000 Rap. Le Rat Luciano ne vient pas de débarquer sur la scène rap française, mais est un membre de la Fonky Family, l'un des groupes notoire de la scène marseillaise, Mode de vieÉ Béton style est sa première incursion en solo. Inspirés du quotidien, les textes du Rat n'ont rien perdus de leur acidité "On hait voir la flicaille patrouiller, on hait les snobs, on hait voir nos mômes se faire embrouiller, on hait tant de choses". Rien de très consensuel, mais une lucidité sur les conditions de vies dans les quartiers qui fait froid dans le dos. Le discours est radical, appelant la jeunesse à rester intègre, sans baisser les bras. Côté son, le minimalisme pourra surprendre, mais crée une atmosphère mise au service de textes pragmatiques. N & D S-D 3,5 - À ranger entre Fonky Family et Freeman The Little Rabbits La Grande Musique (Rosebud/Barclay) - 15 titres, 62m 02s - Produit par Jim Waters et Scott Benzel - Sortie le 3 janvier 2001 Pop gros délire. Le cinquième album et le deuxième, après Yeah (98) et sa mémorable "Piscine", en Français. Des paroles plus dites que chantées, aux faux airs d'improvisation, directes et décalées. Langoureux et sensuels, leurs délires sonores, une fois encore mis en sons par Jim Waters, génèrent autant d'agacement que d'admiration. Effets de profondeurs stéréophoniques faussement anachroniques, bruits divers et choeurs féminins "à la "B 52's". Et si Henri Dès, fait et torché, se cachait là derrière ? "Me réveiller dans les bras de Dalida" sur "Dans les bras d'une autre" résume bien l'esprit de ces tarés talentueux. L'originalité à tout prix ? On frôle parfois l'anecdotique dans la dérision, mais l'appellation de post-rock à la française pourrait, finalement, bien leur aller. MEK 3 - À ranger entre M et Gainsbourg Lou Ford Alan Freed's Radio (Glitterhouse/PIAS- GRCD 491) - 15 titres, 53m 44s - Produit par Mark Williams et Lou Ford -Sortie le 21 novembre 2000 Pop/Rock alternative. Malgré son titre, hommage au disc-jockey de l'époque héroïque du rock, Alan Freed's Radio n'a rien à voir avec un quelconque exercice "rétro/nostalgique". S'il explore maintes facettes de la musique populaire américaine, il le fait avec une aisance assez confondante et une acuité pour le moins remarquable. Les compositions sont concises et ramassées, impeccablement exécutées et arrangées avec cette tessiture si particulière qui conjugue efficacité et émotion. Le groupe a délaissé les refrains de country alternative qui parsemaient son précédent opus, il évite ainsi de s'enfermer dans une image pour le moins systématique, et ne s'égare pas sur les chemins de traverse inhérents à une tentative qui courrait le risque de lui faire perdre son identité. Un somptueux délice ! CF 4 - À ranger entre Everything But The Girl et Caroline's Spine Aimee Mann Bachelor N° 2 Or The Last Remains Of The Dodo (SuperEgo/V2 - WR1015542) - 13 titres, 49m 21s - Produit par Aimee Mann - Sortie le 13 mars 2001 Pop. Depuis Magnolia, l'ex-chanteuse de Til' Tuesday cartonne (enfin !) aux USA. Ce nouvel album, enregistré à peu près à la même époque, continue dans la même veine pop-rock mélodique. Les arrangements sont riches et habiles, la musique est claire, vive et tranchante et les orchestrations tissent une toile où s'entremêlent sans effort guitares et claviers. Consistance et adéquation pourraient d'ailleurs mieux définir l'album tant les éléments de Bachelor (y compris des lyrics où la vocaliste n'hésite pas à s'auto analyser) se conjuguent pour former un tout mélancolique et en même temps assez irrésistible. C'est la première fois que Ms Mann a le complet contrôle sur un album et c'est assurément du beau travail. CF 3,5 - À ranger entre Michael Penn et Cyndi Lauper The Married Monk Rocky (Ici d'ailleurs/Wagram- IDA012) - 13 titres, 50m15s - Produit par Jim Waters - Sortie le 6 février 2001 Pop bigarrée. Married Monk, toujours debout, toujours fringant, voilà qui fait plaisir à voir, et surtout à entendre ! Car elle est envoûtante la musique des anciens de l'écurie Rosebud, et à plus d'un titre ! Chahuteuse sans jamais trop défricher. Inspirée mais jamais copie conforme, confirmée ou déformée. Ouverte sur le monde mais par ailleurs ratatinée sur ses retranchements les plus profonds, prête à toutes les tentatives, mais imperturbablement incorruptible. Ainsi, à force de tâtonnements, le groupe se perd parfois en chemin ("Stuck", "A Life Of Ease"), mais quand il décroche la queue du Mickey ("Greyhound" ou leur version du "Sea Song" de Robert Wyatt), c'est la fête au village, avec grande kermesse animée, feu d'artifice multicolore et tout le tintouinÉ CG 3,5 - À ranger à côté des Little Rabbits Masquerade Flux (Metal Blade/M10 - 3984142002) - 11 titres, 51m 50s - Produit par Tony Johansson et Thomas G:son - Sortie Février 2001Heavy Aquavit. Alors que ces Suédois existent depuis plus de douze ans, ceci n'est que leur troisième album. Pourraient quand même hiberner moins longtemps, ces Vikings, car ils sont doués et devraient le faire savoir plus souvent. Leur heavy peaufiné n'a cessé d'évoluer, et le quatuor semble à présent se destiner à être un spécialiste du tempo moyen. Les déboulés speedosoniques ne l'intéressent visiblement pas, mais son sens mélodique, ses guitares tragiques et ses décors musicaux élaborés suffisent amplement à lui donner une belle densité. Tout cela a même une sacrée allure, et sans le moindre recours aux pompes du prog metal. Le groupe pourrait même décrocher un jour un hit hard avec un slow pervers comme "Wish". À surveiller de près. HP 3 - À ranger entre King's X et Whitesnake MC Solaar Cinquième As (Sentinel Ouest/East West) - 19 titres, 72m22s - Produit par Anissa Badaoui - Sortie février 2001 Rap. On ne présente plus Claude M'Barali alias MC Solaar, ce Cinquième AS est aussi son cinquième album, rien d'étonnant quand on connaît la propension du monsieur à jouer avec les mots. Et des jeux de mots, cet opus en est truffé, dix-neuf titres dont les textes ciselés sont empreints de références à la religion, notre homme aurait-il eut une crise de foi ? Toujours est-il que la mort, la lutte entre le bien et le mal semble l'obséder. L'ego trip est toujours de rigueur avec "Le Cinquième As" ou "Solaar Pleure" et peut sembler agaçant tant il est dur d'aller y chercher le deuxième degré. Erik K-Roz et Alain J signent la majorité des musiques et là, on voit que MC Solaar sait très bien s'entourer. Un album inégal, mais ou la magie de Claude MC, plane toujours. N & D S-D 3 - À ranger entre Stomy Bugsy et Passi Mike G Sugar Daddy (Seethru Broadcasting/PIAS) -16 titres, 31m 21s - Produit par Mike G & D. Sardy - Sortie le 5 Février 2001 Expériences pop en solitaire. Mike Gagliardi fait partie de la grande famille des songwriters qui tiennent absolument à tout faire de leurs mains, n'acceptant, à la rigueur et vraiment du bout des lèvres, que l'aide occasionnelle d'un ami qui réussit le tour de force de s'immiscer dans la production de l'oeuvre en cours d'enregistrement. Le résultat de ces cogitations tout à fait personnelles est toujours intéressant, à défaut d'être génial à tous les coups ! Pour l'heure, nous pouvons savourer seize scènes poppies rafraîchissantes à souhait, garanties sans la moindre prise de chou intempestive. Le disque idéal à se passer quand tout va bien. Certes, nous pourrions ergoter et prétendre que 31 minutes, c'est bien peu, mais vu que nous ne serions pas foutus d'en enregistrer un dixième...TS 4 - À ranger entre Jack Drag et R.Stevie Moore Mouthwash 1000 Dreams (Hellicat Records/Epitaph - 0431-2) - 11 titres, 38m 55s - Produit par Paul Madden - Sortie le 12 janvier 2001 Ska Punk. Dans la droite lignée des groupes punk qui ont fait la renommée de l'Angleterre de Mme Tatcher, Mouthwash s'inscrit également au sein de son époque. Formé en 97, le quatuor commence à poindre son nez sur la scène de Corydon, et arrive rapidement à s'imposer à Londres et à Brighton. S'en suivront les premières parties des Hepcat, H20 et autres Rancid. C'est ainsi avec cette énergie enragée que les titres de ce 1000 Dreams nous baladent entre Punk Harcore et Ska, au coeur d'un univers revival, parfois dans des contrées inattendues, comme sur ce très bon "Live Like Kings", où figure une belle envolée de flûte. Ce premier album, qui joue encore avec ses influences manifestes, laisse présager un futur plein d'espoir. CD'O 3 - À ranger entre The Clash et Bad Religion Elliott Murphy & Iain Matthews La Terre Commune (Last Call - 3066912) - 13 titres, 58m 49s - Produit par Elliott Murphy & Iain Matthews - Sortie le 13 Février 2001 Évènement musical. Quand l'auteur de tant d'albums magnifiques (Elliott) rencontre l'ex-figure de proue du mythique Fairport Convention (Iain) et que ces deux géants s'enferment en studio pour se tripoter le potentiomètre, le résultat est forcément jubilatoire : Quatre compositions originales d'une richesse peu commune, le reste étant de flamboyantes reprises d'artistes aussi talentueux que Bob Dylan, Bruce Springteen, Jesse Colin Young, ou carrément l'intouchable tandem Brecht/Weill. Cet album est profond, chaque nouvelle écoute en fait ressortir un jeu de guitare ou une intonation vocale tapie derrière dans l'ombre Enfin, vous aurez bien compris qu'il ne faut pas positionner Cette Terre Commune dans la platine et brancher l'aspirateur tout de suite après ! Un disque intelligent. TS 4 - À ranger entre "Beauregard" (Elliott) et le premier Fairport Convention My vitriol Fine lines (Infectious Records/Pias) - 16 titres, 48m 06 s - Produit par Chris Sheldon & Sam Wardner - Sortie le 26 février 2001 Pop rock survitaminé. Avec un nom bien vu, inspiré de Brighton Rock, roman culte de Graham Greene, voici que déboule le premier album de la dernière sensation d'une brit pop qui ne cesse de renaître de ses cendres. Ici, pas de compromissions : mélodies incisives portées par un mur de guitares omniprésentes, morceaux courts (3m en moyenne), secs et nerveux, humour ironique ("critic-orientated rock" ou 38s d'un heavy metal bien poisseux, histoire d'affoler le journaleux en mal d'étiquette !). Bon d'accord, les vocaux sont un peu faiblards, mais l'énergie brute et la fraîcheur du quatuor londonien se révèlent finalement aussi ébouriffantes qu'emballantes. My vitriol, le bien nommé, nous balance un rock certes pas franchement original mais qui brûle et arrache les tripes sans faire de détailsÉ PR 4 - À ranger entre Ash et les Stereophonics Natalia M.King Milagro (Metisse/Universal Jazz - 5481872) - 9 titres, 68m 24s - Produit par Natalia M.King et Walfisz - Sortie le 22 janvier 2001 Songwriter. Le nom évoque une floppée d'autres King, sans pour autant confirmer le moindre lien de parenté. Pourtant à l'image de ces demi-dieux vivants ou non, ces rois du blues, du rock, Natalia s'offre elle aussi, en guise de couronnement, une place d'honneur sur ce label jazz. Cependant, le CD ne demeure pas moins pop dans l'esprit, rock dans l'attitude. Un sacré mélange pour un sacré bout d'femme, qui après avoir sillonné les US de long en large, se pose à Paris. Un asile politiquement correct qu'elle choisi pour ancrer les bases d'un carnet de route qui aurait pu être celui de Liz Horsam, Helen Merrill ou Neneh Cherry. Les influences sont larges et pourraient l'être davantage lorsque l'on sait que Jeff Buckley, Tom Waits, Monk ou Mingus sont ses disques de chevet. LE 4 - À ranger entre Diana Krall et Tracy Chapman Nought Same (Shifty Disco/Pop Lane) - 10 titres, 57 m 00s - Produit par Nought - Sortie le 13 Février 2001 Rock expérimental. Plus expérimental que ce disque, tu meurs d'overdose ! Les dix musiciens qui composent le groupe Nought sont des fans de, entre autres : Sonic Youth/The Fall/Philip Glass/Steve Reich/Glenn Branca et, plus surprenant, Stravinsky. Tous les titres sont de longs délires instrumentaux qui, pour être parfois un peu longuets, tentent d'intéressantes boutures. Un coup, les guitares furieuses se marient admirablement avec un bouquet de violons, un coup ce sont des instruments à vent qui sont conviés à venir enfourcher la jeune épouse et c'est ainsi pendant près d'une heureÉ Le fait de ne pas avoir de chanteur/chanteuse est un plus, contrairement à ce qu'on pourrait croire : La musique reste à un état pur et primal. Une belle leçon pour bien des apprentis-égosilleurs. TS 3 - À ranger entre Dirty Three et Sonic Youth Roland Orzabal Tomcats Screaming Outside (Eagle Records/Edel) - 12 titres, 54m 41s - Produit par R O et Alan Griffiths - Sortie le 19 mars 2001 Pop orchestre. Impossible de ne pas rappeler que même après le départ de Curt Smith (90), Orzabal créait toujours sous le nom de Tears For Fears. Décidé à imposer son propre nom et une musique plus aventureuse, il revient en force avec un disque ambitieux et assez intéressant. Pour la critique officielle, voilà typiquement le genre d'album qui n'a pas le droit de cité. Très léchée, mélodique, amorcée dans les années 80, sa musique ne vaudrait même pas le moindre coup de tympan. Pourtant, en mélangeant influences electro, rock et world, Orzabal offre un travail riche et créatif. Parfois, en effet, une trop lourde production nuit à ces chansons souvent belles et envoûtantes. Mais si un tiers des titres est plutôt faiblard (exercices de style ratés), le reste vaut largement le détour. MEK 3,5 - À ranger entre Tears For Fears et Andreas Johnson Paradise Lost Believe in nothing (EMI) - 12 titres, 46m 00s - Produit par John Frier - Sortie le 28 février 2001 Heavy new wave. Avec déjà plus de 13 ans au service d'un heavy metal original et sans oeillères et sept albums au compteur, Paradise Lost revient après Host, hommage inattendu à Depeche Mode, à un rock teinté d'électronique plus violent mais toujours très mélodique. Nick Holmes, le chanteur ne cache pas son admiration pour Morrissey et sa passion pour les Smiths. Ce qui donne une assez bonne idée des ambitions affichées : parvenir à un juste équilibre entre une certaine brutalité instrumentale et une harmonie vocale et mélodique porteuse de subtilité. Avec John Frier (Nine Inch Nails) à la production, l'alchimie fonctionne parfaitement et comme le proclame fièrement le titre de l'album : "Ne croyez en rien" et débarrassez-vous de vos préjugésÉ PR 4 - À ranger entre A Perfect Circle et Depeche Mode Pascal Parisot Rumba (Epic/Sony music - EPC4996692) - 11 titres, 42m50s - Produit par Pascal Parisot - Sortie le 23 janvier 2001 Chanson française. Auteur/compositeur, ce trentenaire sympathique a passé dix ans de sa vie à jouer les standards de la bossa-nova dans les pianos-bars du monde entier. Il décide en ce début de siècle de présenter ses propres chansons. Avec une voix qui n'est pas sans rappeler le Gainsbourg des premières années, l'ami Parisot nous fait partager un univers inattendu et attachant. Et même si Rumba garde une atmosphère de bricolage fait maison, ce multi-instrumentiste accompli nous dispense sa vision du monde sur ce premier album. Ne vous y trompez pas, Rumba n'est pas un hommage à la musique cubaine même si certains rythmes cubains colorent par petite touche cet opus, mais le nom du chien de son auteur lorsqu'il était enfant. Quand on vous dit qu'il est attachant ! N & D S-D 3 - À ranger entre Gilbert Lafaille et Stefie Shock The Presidents of The United States Freaked Out and Small (Musicblitz/Roadrunner) - 12 titres, 36m 19s - Produit par Martin Feveyear - Sortie le 27 février 2001 Dingo rock. Après un split bidon fin 97, Les Presidents reviennent pour faire les cons, balancer leurs titres courts et concis, enregistrés "à la" Frank Black (quelques jours, beaucoup de spontanéité, morceaux à peine apprivoisés). Arpèges en douceur et guitares grinçantes, mélodies sautillantes et choeurs infiniment USÉ Il y a plus de finesse dans ces compos, qui fleurent parfois bon leur They Might Be Giants, que ne pourrait le laisser supposer la frénésie obsessionnelle à jouer des trois lascars. Qui a oublié "She's Lump", en 95 ? Vous retrouverez ici l'esprit de ce titre, aussi déconneur que maîtrisé sur "Jazz Guy" et le reste. Quatrième album, Freaked Out and Small a la fraîcheur des premières oeuvres et la qualité des albums plus pensés qu'ils n'en ont l'air. MEK 3,5 - À ranger entre les Red Hots et les Rentals Quark Manga (Naïve)- 9 titres, 35m 23s - Produit par StereoQ - Sortie le 7 novembre Remixes pop. Attention : album intermédiaire ! Quark était sorti en juillet 99 et avait impressionné l'ensemble de la presse, toutes tendances confondues, par ses audaces atmosphériques et son fort potentiel créatif. Avant le deuxième album prévu pour cette année, on retrouve ici des remixes du premier album et quelques inédits. Plus radical que le premier opus, Manga pose les bases d'une musique ouvertement expérimentale. La voix féminine et éthérée de Qvoice se mêle aux synthés lointains autant qu'aux accords de guitares saturées. Des rythmiques brisées ou répétitives, définitivement hypnotiques, évoquent noirceur et claustrophobie. Restent des ébauches de mélodies pop que l'on aimerait parfois plus achevées etÉ un peu plus accessibles. Trop de froideur nuit ! MEK 3 - À ranger entre Autour de Lucie et Lily Margot Rae & Christian Sleepwalking (Grand Central/PIAS- 941.0030.220) - 11 titres, 47m 10s - produit par Mark Rae & Steve Christian- sortie 26 février 2001 Melting Pot electro. En 98, la critique avait vu en Rae & Christian les sauveurs du hip hop anglais. Sans s'y réduire, Northen Sulphuric Soul proposait de nouvelles perspectives aux musiques black en général. Ce second opus s'inscrit dans la même lignée que son prédécesseur, reprenant à la sauce break beat la quintessence du hip hop (donc) et de la soul, par des collaborations aussi prestigieuses que variées (Bobby Womack, les rappeurs The Phacyde ou encore The Congos). Le duo touche-à-tout de Manchester s'offre également le luxe de pouvoir prétendre rivaliser en qualité avec les meilleurs du trip hop actuel, fait souvent passé sous silence, grâce notamment à des titres tel que "Not Just Anybody", un bijou de composition organique et éthérée. CD'O 4 - À ranger entre Massive Attack et Faithless Reggae Cowboys Wild West Indian (Dixiefrog/Night & Day - DPGCD8513) - 14 titres, 54m 22s - Produit par Bird Bellony - Sortie janvier 2001 Reggae & Country. Le stetson bien enfoncé sur leurs dreadlocks, les Reggae Cowboys, viennent de Toronto, et nous font découvrir avec Wild West Indian une page de l'histoire du grand Ouest américain pour le moins méconnue : le rôle joué par les cow-boys de race noire dans l'histoire des Etats-Unis. Savant mélange de reggae, de rock et de country & western, ce premier album (pour l'Hexagone), surprenant à la première écoute, nous entraîne sur les pistes poussiéreuses chères à John Ford. Emmenés par Stone Ranger et Click Masta Sync, tous deux originaires de République Dominicaine, les Reggae Cowboys marient de multiples influences qu'ils ont su allier pour en faire un style qui n'appartient qu'à eux. À noter une version décoiffante d'" Hotel California " des Eagles qui n'a rien à envier à l'original. N & D S-D 3,5 - À ranger entre Jamaïque et Texas Kurt Rosenwinkel The Next Step (Verve/Universal Jazz - 5491622) - 8 titres - 62m 03s - Produit par Daft Punk - Sortie le 9 janvier 2001 Jazz. Au programme de ce deuxième album, huit compositions originales signées par ce jeune guitariste, une récente recrue dont Verve se targue d'avoir dans ses filets. L'atmosphère y est propice au cocooning, les titres, ou plutôt, une audacieuse percée instrumentale dévoile une formation basse/batterie/saxo/guitare, dont John Scotfield pourrait être fier, puisque son ombre rode durant cette heure bleue. Pour une fois que le genre ne se montre pas trop introspectif, mais au contraire expose à la fois swing et élégance, harmonie et délicatesse, on ne se privera pas de vous conseiller, et cela ne fait aucun doute, les premiers pas alertes d'une prochaine figure emblématique d'un jazz résolument contemporain. LE 3 - À ranger entre Bill Frisell et Pat Metheny Saga House Of Cards (SPV/Wagram - 085 72162) - 11 titres, 49m 54s - Sortie le 12 février 2001.Prog-rock chromé. Les Canadiens de Saga sont aujourd'hui infiniment plus appréciés qu'ils ne le furent dans la fécondité de leur jeune temps. On sait qu'on leur doit, avec Kansas, Rush et Angel la paternité du prog metal d'origine, mais, un peu éclipsés par leurs homologues, ils connurent intérêt et respect, mais malheureusement jamais l'adulation. Ce nouveau disque, qui est peut-être un de leurs meilleurs, montre pourtant à quel point leur rock lumineux et volubile mérite qu'on se passionne pour lui. Entre Yes musclé et Mechanics métallisés, Saga maîtrise parfaitement toute la syntaxe de la prog chromée et étale de splendides paysages musicaux derrière des mélodies toujours radiophoniques en diable. Un vrai FM rock, si cela signifie Finesse Métallisée. HP 3,5 - À ranger entre Rush et Yes Tobias Sammet Avantasia - The Metal Opera (NTS/Wagram - 3063382) - 13 titres, 59m 04s - Produit par Tobbias Sammet - Sortie Février 2001Heavy Walkyrie. L'idée d'enregistrer un opéra heavy metal démangeait Tobias Sammet depuis plusieurs lunes déjà. Il n'y a qu'à examiner les paroles qu'il chantait sur les deux derniers albums d'Edguy pour s'en rendre compte. Le jeune chanteur/claviériste/compositeur allemand s'est donc lancé dans son grand-oeuvre. On redoutait un peu l'inévitable pompiérisme d'un tel projet. Meu non, c'est du tout bon. Le concept ne pèse pas du tout sur la musique et l'on a en fait ici un excellent disque de heavy symphonique, exalté et caracoleur, à peine ralenti par l'emphase de son propos. Les différents invités sont à la hauteur de leur tâche, la production made in Finnvox est admirable, et même si cela sonne souvent comme du Edguy sans Edguy, voilà un bon gros morceau de fer forgé à déguster sans scrupule aucun. HP 4 - À ranger entre Edguy et Rhapsody Michael Schenker MS 2000 (SPV/Wagram - 085 72172) - 21 titres, 43m 00s - Produit par Michael Schenker - Sortie février 2001Heavy sans voix. Sans doute fatigué de se colleter avec des chanteurs caractériels du genre de Phil Mogg dans UFO, le Schenk a du avoir envie de se passer une fois pour toutes de ces ténors envahissants et de faire un album instrumental rien que pour sa Gibson à lui. Les inconditionnels du Schenker junior seront forcément ravis par ce disque évidemment brillant et irréprochable, comme tous ceux qui se délectent des dixes du Satriani. Mais les autres trouveront tout cela un peu veuf et dépourvu de tension. En fait, la guitare superbe de Schenker est faite pour épauler et décorer de bonnes chansons et pas pour se balader ainsi en solo. Et puis il manque la présence d'un chanteur caractériel qui aurait donné du tonus à l'album en mettant bien en boule les nerfs du SchenkyÉ HP 2,5 - À ranger entre Joe Satriani et MSG Sheeloves Forever Is Bullshit (Coloursound Records) - 12 titres, 52m 04s - Produit par Stephan Krieger - Sortie le 30 Septembre 2000 En compétition pour le titre de meilleur groupe français. OK, le troisième Sheeloves n'est plus d'une actualité brûlante, mais outre le fait qu'ils méritent largement cette chronique tardive, le public rock est trop ignorant de leur existence pour que nous n'essayions pas d'y remédier. Plus intimiste que son prédécesseur, ce Year Of The Monkey qui nous fit tendre l'oreille comme un seul homme, Forever Is Bullshit recèle de bien beaux moments, comme ce "Asking For Toilet" final qui dépasse les neuf minutes, qui est quasi instrumental et qui vous empêchera de vous lever de votre fauteuil élimé avant son achèvement. Il est prenant, à la limite de l'hypnotisme, du grand art, assurémentÉ Qui a dit que les formations rock nationales ne pouvaient en aucun cas rivaliser avec leurs grandes soeurs anglo-saxonnes ? TS 4 - À ranger entre Syd Barett et Jay Mascis sans ses Dinosaurs Slobberbone Everything You Thought Was Right Was Wrong Today (New West/Night & Day - NWCD 6021) - 12 titres, 52m 16s - Produit par Paul Ebersold - Sortie en janvier 2001 Country Alternative. Jusqu'alors cantonné dans une approche strictement country, Slobberbone s'en éloigne ici en expérimentant de nouvelles combinaisons instrumentales. Everything mélange ainsi accordéon et mandoline sur le délicat "Meltdown" alors que "Placemat Blues" fait intervenir un aspect plus musclé du groupe avec l'intrusion remarquée de trompettes et de saxos. Mais l'ajout le plus exceptionnel est celui de Jess Barr, un émérite joueur de banjo. On retrouve sa dextérité sur le fabuleux "Trust Jesus" tout comme l'exceptionnelle aptitude du reste du groupe sur le CD. Slobberbone a interprété ce répertoire plus d'un an avant d'enregistrer l'album, cela transparaît au détour de chaque plage et ça en fait un des prétendants les plus sérieux au titre de champion de l'alt-country. CF 4 - À ranger entre Green On Red et Lambchop Sniper Du rire aux larmes (Desh musique/East West France PRO2214) - 16 titres, 68m00s - Produit par Desh - Sortie janvier 2001 Rap. Originaires pour la plupart de Deuil-la-barre, El Tunisiano, Aketo, DJ Boudj et Black Renega, après avoir posés quelques titres sur des compils prestigieuses comme "Première Classe" et "The Power of Unity" présentent avec Du Rire aux Larmes leur première galette. Un groupe de Rap de plus nous direz-vous ? Pas si sûr. Plus qu'un énième témoignage de la vie en banlieue Du Rire aux Larmes comme son titre nous l'indique sait faire la part des choses. Ponctué de samples originaux, cet opus arrive à nous faire partager des tranches de vies, ou l'on ne pourrait reprocher aux textes bien écrits et très rythmés qu'une certaine misogynie sous-jacente. Joey Starr qui leur a permis de sortir de l'anonymat en sortant leur premier titre sur BOSS ne s'y est pas trompé. N & D S-D 3,5 - À ranger entre NTM et Mafia Maghrebine Starlight Mints The Dream That Stuff Was Made Of (SeeThru/Pias - Mhz 004) - 11 titres, 35m 45s - Produit par Andy Nunez - Sortie le 12 février 2001 Pop Psychédélique. Bien que natifs d'Oklahoma, Starlight Mints puisent leur inspiration dans l'âge doré de la pop anglaise, celle des Sixties bien sûr. The Dream foisonne d'arrangements à cordes baroques, d'effets psychédéliques luxuriants et de ces mélodies imparables qui semblent être le rêve humide, inconscient, de tout collectionneur de disques rock. Enumérer les influences serait une entreprise vaine ici, il convient avant tout de savourer ce disque trop court et de se plonger dans les délices de cette période où les singles tordus avaient leur place à la radio, où la pop osait se parer d'oripeaux novateurs et ou elle n'était pas encore dévoyée par un ersatz de 30 ans son cadet. Rafraîchissant ! CF 4 - À ranger entre Beatles et Move Statics Ce Soir Je Rêve (SMALL/Sony - 499 967-2) - 12 titres - 46m 29s - Produit par Daniel Presley - Sortie janvier 2001Chanson. Statics, nous avait gratifié en 98 d'un Vingtième Siècle encore inexact mais néanmoins aguichant. Ce Soir Je Rêve est un second effort qui oscille encore entre ces deux attitudes. On ne pourra nier les talents de compositeur - arrangeur de Pierre Rougeant, alias Statics, qui n'hésite pas à convier une section de cordes aux côtés des mélodies qui s'orientent volontiers vers des horizons inhabituels. Chaque titre s'aventure dans des ambiances hétéroclites et intéressantes, entre pop noisy ("Seul") et musique de film à la Morricone ("Delphine's Story"). Toutefois, l'approximation de la voix, le timbre un rien inconsistant, les textes fragiles, font douter du caractère de l'ensemble, surtout lorsqu'il s'agit de chanson. CD'O 2 - À ranger entre Daho et Berthet Story About The Clown Story About The Clown (La Frette/Night & Day - JNCD045) - 13 titres, 51m 09s - produit par Gilles Sampic - Sortie le 26 février 2001 Pop acoustique. Si vous vous attendez à retrouver Bozo version musicale, prenez garde ! Point de fanfare hystérique ou de monsieur loyal. Le clown de notre histoire est triste et mélancolique. Les textes de Nili, jeune chanteuse française d'origine israélienne, sont indéniablement mis en valeur par une formation de qualité. Story About The Clown réuni en effet une guitare, un violon, un violoncelle, un piano et une section rythmique qui parviennent à créer une atmosphère particulièrement intimiste et sensible. Une réticence pourtant subsiste quant au chant. Cherchant du côté de Tori Amos, les intonations sonnent parfois faux, le choix de l'anglais ne semble pas évident, nous laissant intrigués, mais insatisfaits. CD'O 1,5 - À ranger entre Toti Amos et Beth Hirsh Taal Mister Green (Muséa - FBGB4348AR) - 10 titres, 68m 29s - Produit par Taal - Sortie janvier 2001Patchrock évolutif. Ce premier album des poitevins de l'ex-Stratus impose d'emblée une sacrée personnalité musicale. Boudi, voilà un groupe pas banal, et même sans équivalent. Leur rock progressif étourdit par son inventivité kaléidoscopique. Par moments, on pense à Pink Floyd pour les bruitages, à King Crimson pour la magnifique guitare frippoïde, à l'imagination surréaliste d'un Zappa, et même au spectre antique des tourneboulants Moving Gelatine Plates. Collage plutôt surréaliste de séquences musicales hétéroclites, la musique essentiellement instrumentale de Taal séduit malgré son débridé par sa subtilité émotionnelle, la maestria des musiciens et sa bouillonnante inventivité. Voilà vraiment un groupe original digne du pays des Magma, Heldon ou Weidorje. HP 4 - À ranger entre Pink Crimson et King Zappa Terrorvision Good To Go (Papillon/Roadrunner - RR581) - 12 titres, 50m 47s - Produit par Neil McLellan - Sortie le 12 mars 2001 Rock. Cinquième opus du groupe et toujours ce même mélange de hard, de punk et de pop. Good To Go démarre ainsi sur les chapeaux de roue avec un "D'Ya wanna Go Faster" qui sonne comme une profession de foi et continue avec une verve qui allie refrains rock and roll ("Alone") et tonalités enjouées quasiment pop ("Friends & Family") voire "surf" ("Fists Of Fury"). Malgré une production toujours aussi dense, le mérite de Terrorvision reste de se démarquer d'une approche strictement "métal" et, sur cet album, il le fait toujours avec le même humour et la même efficacité. Notre combo a quitté E.M.I. pour atterrir sur un label plus proche de sa démarche, au vu du résultat, on ne peut que dire tant mieux ! CF 3,5 - À ranger entre Ramones et Def Leppard Tété L'Air De Rien (Epic - 501290-2) - 14 titres, 50m 44s - produit par Renaud Letang - sortie le 16 janvier 2001 Chanson folk. Tété n'est pas un inconnu. Bien que L'Air De Rien soit son premier album officiel (après un EP autoproduit très remarqué sorti l'an dernier), son nom se lisait déjà auparavant sur de nombreuses lèvres de fans de la première heure, convertis à la poésie tantôt profonde, tantôt sarcastique de notre troubadour. Bien rôdés lors des multiples concerts qui ont ponctué ses deux dernières années, les titres en présence prennent aujourd'hui toute leur ampleur, offrant une nouvelle perspective à ce folk revisité, à ces chansons douces amères. Dorénavant la guitare acoustique s'acoquine avec une section rythmique bienvenue, invite des cuivres à venir faire la fête, se la joue New Orleans. Une excellente entrée en matière qui annonce un avenir prometteur. CD'O 3.5 - À ranger entre M et Mickey 3D Tito & Tarantula Little Bitch (Remedy/FGL - 3066972) - 15 titres, 62m 46s - Produit par Tito Larriva et Mark Howard - Sortie janvier 2001Rock avec plomb. Découvert puis révélé par le cinéma - remember Une Nuit En Enfer de Rodriguez et Tarantino, dont les deux titres sont ici offerts en bonus live - Tito et Tarantula est devenu un vrai groupe-culte, c'est-à-dire la lubie frénétique de ceux qui savent à quel point ce trio sulfureux et intrigant est un groupe fascinant. Le problème est qu'il y a ceux, encore trop nombreux, qui ne savent pas (ce qu'ils perdent), et qu'il faudrait que ça change. Alors, profitez d'urgence de ce troisième album si vous êtes dans ce cas. Vous découvrirez alors enfin ce groupe, synthèse presque parfaite entre les Stones et le Clash, Lou Reed et Angel City, cette musique installée narquoisement entre rock d'éternit&eac | |||||||||||