
ETTA JAMES
Blues To
The Bone
(Jive/BMG)
Carnassière.
Si la Lady a encore faim elle a surtout toujours très envie de se faire
plaisir, témoins les disques de (très) grande classe qu'elle
continue d'enregistrer. "Blues To The Bone" voit Etta James se plonger
aux sources d'un blues très roots puisqu'elle s'empare de classiques
du genre tels "Got My Mojo Working", "Hush Hush", "Lil'
Red Rooster", "Crawlin'King Snake", "Dust My Broom"…(et
il y en a encore sept autres du même accabit), pépites écrites
par les plus grands noms de cette musique du Diable, j'ai nommé Willie
Dixon, John Lee Hooker, Howlin' Wolf, Sonny Boy Williamson, Lightnin' Hopkins
ou encore Robert Johnson. La Dame s'approprie ces titres avec déférence
et émotion et les sublime par la phénoménale interprétation
avec laquelle elle les chante. Les musiciens, tout en nuances, font un travail
magnifique à l'image de l'harmonica joué par John Juke Logan,
éblouissant. La production de l'ensemble, même si elle est brillante,
n'en reste pas moins d'une sobriété "près de l'os"
qui confère à ce disque, et malgré un son actuel, un
côté authentique et vintage des plus envoûtant. Jean-Do
BERNARD
4,5 - A ranger soit à côté des titres originaux,
soit à la suite de vos autres disques d'Etta James
EDDIE AND THE HOT RODS
Better Late Than Never
(Bad Reputation/FGL)

Pub Rock. Il y a combien de
temps que l’on n’avait pas eu le droit à un nouvel album
des Hot Rods ? Une paye ! Mais mieux vaut tard que jamais… Que de souvenirs
nous rappellent les challengers du bon docteur… Mont de Marsan 76 et
77, le Déjazet les mêmes années, etc. À l’époque,
Alain Pacadis s’extasiait sur leur fraîcheur et la plastique de
Barrie Masters, leur chanteur. Ce dernier ayant même fait la couv’
du fanzine punk Sniffin’ Glue. Car les Hot Rods, s’ils n’ont
jamais été punks, tournait avec les Damned, les Pistols, les
Clash qui à l’époque faisaient leur première partie.
Du groupe originel, il ne reste plus que le charismatique Barrie Masters,
les autres ayant jeté l’éponge il y a déjà
plusieurs années. Pourtant, la magie ne s’est pas estompée,
l’énergie est toujours là près de trente ans après
la sortie de Teenage Depression leur premier album. Douze titres bien ficelés
car les gaillards connaissent le rock’n’roll jusqu’au bout
des ongles et n’ont à ce sujet peur de personne. À l’instar
de Doctor Feelgood et Little Bob, Eddie And The Hot Rods a su bon gré
mal gré, passé au travers, des différents courants musicaux
de ses dernières années en restant fidèle au pub rock
qu’ils ont contribué à populariser. Better Late Than Never…
est une bonne surprise, un album rafraîchissant — qui bénéficie
d’une production un peu trop ronde quelquefois — mais reste acéré
et percutant. Nadia & Dom Sarraï-Desseigne
3 - À ranger au côté des Feelgood et autres Inmates

Chat Ter Tone. Setzer reste
un grand malade même s’il s’est bien calmé côté
castagne ces dernières années. Alternant, insatiablement, entre
son trio et le Setzer Orchestra (dorénavant anecdotique aux USA), il
tourne autour du globe tel un spoutnik du rockab’. Et tant mieux vu
que ça marche très fort pour lui quelle que soit la géographie
variable de ses formations. Son ultime délire était de sortir
un album live correspondant à chacune des dates de sa tournée
d’été. Allez faire un saut dans les bacs des chats tigrés,
c’est l’extase : Live in Bonn, Live in Luzern, Live in Holland,
Live in Lyon, Live In Paris, Amsterdam, Hamburg, Helsinki, Turku, Barcelona…
Eh oui, il l’a fait ! Comme si cela ne suffisait pas, Setzer en remet
une couche avec ce double live de 24 titres, dispo également en DVD.
Une pure merveille, papy s’accroche au Bigsby de sa Gretsch comme jamais,
à croire qu’il a basculé dans une bonbonne de DHEA (putain,
qu’est-ce qu’il est doué). Idem avec Lee Rocker, le sémillant
contrebassiste tient une forme olympique, si bien qu’après vérification
des précédents botleg live des Cats, on peut certifier que rarement
il nous ont donnés un concert de ce niveau, d’autant plus que
la voix de Brian n’a rien perdu de son éclat malgré les
années de bourlingue. Quant au son dans l’ensemble (mix, gain,
etc) il surpasse bien des générations de CD. Un chef-d’œuvre,
évidemment. Laurent Erre
5 -A ranger entre Roy Kay Trio et Vavoom
SONS
AND DAUGHTERS
Love The Cup
(Pias)

Indie
Pop. Vingt-cinq minutes c'est court pour un premier album, c'est néanmoins
suffisamment long pour que, tout au long des sept morceaux, l'ont soit très
vite captivé par ce combo écossais. Originaire de Glasgow, comme
les Franz Ferdinand, Sons And Daughters s'en démarquent par des titres
variés et éclectiques mais tous intenses et rageurs. "Johnny
Cash" rend ainsi hommage à l'Homme en Noir d'une manière
dont celui-ci aurait sans doute été fier s'il avait adopté
un peu plus l'électricité, "La Lune" susurre une noirceur
que l'on retrouve également chez Smog et les arpèges de guitare
de "Blood" doublés de vocaux féminins incantatoires
évoque une americana hantée par la gigue écossaise. Love
The Cup découle de et déroule ainsi un bon nombre de clichés
fantasmatiques, il le fait par ces références omniprésentes
à certains stéréotypes US, il s'en distingue par la sensualité
âpre du "road album" dont il nous gratifie. Claude FREILICH
3 - A ranger entre PJ Harrvey et The Kills