AXEL BAUER à l'Élysée Montmartre, lundi 22 octobre 2001, 20h30.

Arrivée sur les notes zeppeliniennes de "OO Zen". Tranquillement mais fermement, les cinq musiciens (basse, guitare solo, claviers, batterie et rythmique/chant) s'installent, dont un Axel Bauer quelques courtes minutes sans guitare, cuir noir froissé et t-shirt rouge. Sa voix, tout de suite, est belle et puissante.

Le concert, rappels compris, durera près de deux heures. Il jouera essentiellement son dernier album, Achille, sorti dans l'indifférence quasi-générale il y a un an avant que "À Ma Place", grandiose duo, ne devienne un tube qui réveille les programmateurs et les journalistes  endormis sur leurs lauriers un peu moisis. "Qu'on m'oublie" (l'un des trois titres qu'il jouera de Simple Mortel, sorti en 98) donne le ton d'une performance à dominante rock carré et communicatif. Une demi-heure plus tard, premiers invités-surprise : le chanteur et le bassiste d'Aston Villa ("un groupe que j'adore", présente Axel Bauer) pour une bonne reprise de "J'en Rêve", puis une version lourde et énergique de "Achille". Franc succès et applaudissements nourris d'un public atypique en ce lieu : trentenaires plus qu'ados, jeunes cadres actifs plutôt qu'étudiants glandeurs et sans doute plus fans de (la grande) Zazie que de Miossec - dont Axel cite le nom pour le texte de "Une Prière". D'ailleurs, après quelques secondes d'un suspense soutenable, la voilà qui monte sur scène (c'est la deuxième invitée-surprise !) pour une version DU tube parfaite, tout en finesse et en clarté. Suit, peu après, un passage acoustique, qui offre à Bauer l'occasion de redémontrer ses talents de (grand) guitariste et d'offrir à son public (très nombreux, la salle est bourrée et les fifilles admiratives ne manquent pas!) un "Cargo de Nuit" du plus bel effet dépouillé (et pour cause). "J'aime beaucoup La Joconde. Comme Léonard de Vinci, les gens pensent que je ne suis à l'origine que d'un seul chef-d'oeuvre !" confit-il, souriant, à une foule qui connaît, cela va sans dire, tout le morceau par coeur.

Le premier rappel est impressionnant. On entend, alors que personne n'est encore de retour sur la scène, les notes d'un blues dont on cherche, non sans mal, l'origine mélodique. Puis, soudainement, en quelques secondes, Axel Bauer et Jean-Louis Aubert raboulent sur scène pour une version de "Un Autre Monde" qui laisse tout le monde sur le cul. Enchaîne l'également très attendu "Éteins la Lumière", toujours avec Aubert et le reste du groupe, rageur et puissant. Le deuxième rappel ("Comment faire après ça !" commente Bauer) est une douceur ("Tu Seras Bien") suivi d'un titre déjà interprété en début de concert : "Mens-Moi".

Rassasié par une aussi belle et communicative énergie, par un spectacle "sympathique" au sens le plus fraternel du terme, le public, calmement, s'en va et laisse l'artiste, les artistes, à leurs soucis d'artistes : une soirée privée organisée autour du disque d'or du grand garçon. Une récompense aussi futile que méritée. MEK

 

Axel Bauer, Niort le 13.10.2001.

Concert de Miro et Axel Bauer. Belle salle pour accueillir Axel Bauer, tres attendu. En première partie, MIRO fait bien mieux que faire patienter le public. Seul derrière sa guitare sèche, il capitalise l'attention avec ses chansons swingantes aux textes ironiques, rêveurs et sarcastiques. Certes, la voix et l'inspiration semblent un peu les mêmes que "M" mais cet artiste dégage un capital sympathie tres appréciable et personne ne se trompe sur sa réelle sincérité. Prestation tres sympa. Affaire à suivre. Tout le monde se rapproche un peu plus de la scène quand apparaît Axel Bauer avec sa silhouette de rocker façon THE CLASH et des musiciens bien déterminés. Alors explosion imminente ? Patience. C'est plutôt avec une série de morceaux assez planants qu'il débute le concert. Le problème est que chaque chanson ressemble, par sa structure et sa mélodie, à la précédente, genre tempo moyen. On attend donc l'étincelle, mais elle ne se produit pas encore. Le public est attentif mais… Pas explosif. les changements de guitares à chaque pause n'y changent pas grand-chose. Jusqu'au moment où Axel prend sa guitare sèche magique et, seul sur scène, joue une version acoustique, surprenante et délicieuse de "Cargo de nuit". Tout le monde s'époumone pour reprendre en choeur "l'hymne" du chanteur. Et du coup cette proximité délie l'ambiance. Les filles hurlent leur enthousiasme et leurs petits copains les surveillent d'un peu plus pres, conscients que cet artiste dégage beaucoup de charme. À partir de cet instant, on peut dire que le concert démarre réellement. "À ma place" (sans Zazie, hélas), "Tout ca, c'est rythmique", "Personne n'est parfait" s'alignent et séduisent. Et là, le clou du spectacle : Une version rallongée ultra boogie de "Eteins la lumière" qui décolle toute la salle du sol. Voici enfin la fusée supersonique attendue chargée dans les manches de guitares. Premier rappel. Axel nous ajoute quelques morceaux du dernier CD et la on sent que des liens tres forts se tissent entre la salle et la scène. Second rappel : Bauer nous joue une chanson intitulée "Nomade" très orientale dans ses rythmes qui fait chavirer de battements de mains (et de coeur) tout le public. Puis à nouveau un morceau du dernier opus et la bande nous salue, bien consciente que les gens venus ce soir emportaient avec eux le souvenir d'un très bon moment passe entre amis. Personnellement, je me serais bien repris une autre rafale d'"Eteins la lumière" qui éclairera encore longtemps, par son tonus, toute cette soirée. Une bonne tournée s'annonce, et de bons moments à vivre. Allez-y sans hésiter ! Bon concert.

Michel