OUI FM

«Il y a quelque chose qui me turlupine. C’est une menace, une menace qui pèse sur un collègue de la presse cinématographique et par extension sur la liberté de parole des journalistes de cinéma : est-ce qu’on n’a plus le droit, est-ce qu’on risque de ne plus avoir le droit, de dire ce qu’on pense des films, des cinéastes, est-ce qu’on n’a pas le droit de faire de l’humour, est-ce qu’on n’a pas le droit de faire du pamphlet, est-ce qu’on n’a pas le droit de faire de l’humeur ?
Le journal en question c’est Brazil. Brazil c’est un jeune collègue de la presse cinéma qui a un an d’existence. C’est un journal parrainé par Terry Gilliam, qui s’est fendu d’un édito signé de sa plume dans le premier numéro et celui qui intente un procès à Brazil n’est autre que Luc Besson.
Luc Besson qui a été chatouillé dans son ego et peut-être dans son compte en banque, je ne sais pas, par un article signé Hervé Deplasse, qui est un journaliste de feu Starfix, revue culte des années 80. Hervé Deplasse qui a écrit un papier, un papier d’humeur, un pamphlet, qui s’appelle «Besson m’a tuer mon cinéma». Un papier au cours duquel il dit à quel point il n’aime pas le cinéma de Luc Besson. Il taille des croupières à toute la filmographie de Besson ; il le compare à George Lucas, ce qui, a priori, est un compliment, mais sauf que comme George Lucas, Luc Besson est en train de réussir une crétinisation massive du cinéma français.
Il y a peut-être une phrase qui relève du dérapage, à la rigueur, quand Hervé Deplasse écrit que Luc Besson fait du cinéma pour être riche mais aussi pour tirer de belles gonzesses qu’il fait tourner dans ses films. Objectivement, ce n’est peut-être pas faux, mais Luc Besson en tout cas, ça ne lui a pas plu. Ce qu’il a dû oublier, Besson, c’est une des phrases de ce billet, qui dit «Ce petit article n’a d’autre fonction que de rappeler au réalisateur prometteur du Dernier Combat (son premier film) qu’il y a un autre sens au cinéma que celui qui mène à la banque».
C’est peut-être davantage un article qui propose une rédemption à Luc Besson, qui lui propose de faire du vrai cinéma et Luc Besson n’a pas apprécié, donc il intente un procès qui risquerait de couler ce journal.
Donc, auditeurs de Oui FM, si vous voulez continuer à lire des critiques de cinéma qui disent ce qu’ils pensent, envoyez des mails à peterfondu@ouifm.fr et bien vous dites ce que cela vous inspire et si vous voulez vous manifester, apporter votre soutien à Brazil qui comme toute revue de cinéma a le droit et le devoir même d’exister, et bien n’hésitez pas, cela sera transmis aux intéressés et peut-être que vous ferez pencher la balance dans le sens de la liberté d’expression».

Peter Fondu, OUI FM, septembre 2003

Les aventures improbables de Terry Gilliam VF / VO

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